‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 66 sur 147 · IX. — Système des Pats-Bas et du sud dc PATS DE Galles · texte numérisé non relu

IX. — Système des Pats-Bas et du sud dc PATS DE Galles

Les formations du grès rouge et du zechstein, déposées primitivement en couches à peu près horizontales au pied des montagnes du Harz, du pays de Nassau , de la Saxe, sont bien loin d'avoir conservé leur horizontalité primitive. Elles présentent, au contraire, un grand nombre de fractures et de dérangements, dont une grande partie affectent en même temps les formations du grès bigarré et du muscheikalk , mais dont une certaine classe ne dépasse pas le zechstein , et paraît s'être produite immédiatement après son dépôt. De ce nombre sont les failles et les inflexions variées dirigées moyennement de l'est à l'ouest, que présentent les couches du grès rouge, du weissliegende, du kupferschiefer et du zechstein, dans le pays de Mansfeld, accidents d,ont M. Freisleben avait déjà indiqué que la production devait être antérieure au dépôt du grès bigarré.

Ces accidents remarquables de la stratification des premières couches secondaires du Mansfeld me paraissent n'être qu'un cas particulier d'un ensemble d'accidents de stratification, qui, depuis les bords de l'Elbe jusqu'aux petites îles de la baie de Saint-Bride, dans le pays de Galles, et jusqu'à la chaussée de Sein, en Bretagne, affectent toutes les couches de sédimentdontia formation n'estpas postérieure à celle du zechstein. Dans cette étendue de 280 lieues, toutes les couches dont il s'agit, parloutoù elles nesont pas dérobées à l'observation par des formations plus récentes auxquelles ces mouvements sont étrangers , se présententdans un état plus ou moins complet de dislocation. Il y a même des points, comme à Liège , à Mons , à Valeuciennes, sur les flancs des Mendip-HillS)

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dans le bassin houiller de Quimper, oft elles présentent les contorsions les plus extraordinaires, où leur profil offre par exemple la forme d'un Z , ou des formes plus bizarres encore. Ces accidents de stratification ont pour caractère commun , que les couches se sont pour ainsi dire repliées sur elles-mêmes sans s'élever en montagnes considérables, qu'ils n'occasionnent à la surface du terrain que de faibles protubérances malgré la complication des contorsions que les couches présentent à l'intérieur, et que les plis (ou les lignes defrartiire) se sont produits par moitié, dans une direction parallèle à un grand cercle qui traverserait le Mansfeld perpendiculairement au méridien de ce pays, et, pour l'autre moitié, suivant les directions des dislocations que présentaiont déjà en chaque point les couches plus anciennes, affectées par des bouleversements antérieurs. Ainsi, dans la bande de terrain carbonifère qui s'étend d'une manière presque continue depuis le pays de Marck, jusqu'aux environs d'Arras , les couches de calcaire, de grès, d'argile schisteuse et <ie houille, se dirigent tantôt presque de ï'e^t à l'ouest, parallèlement au grand cercle cidessus désigné . tantôt presque du N.-E. au S.-O (E. 35" N, dans leCondros), parallèlement à la stratification des terrains schisteux anciens de l'Eiffel et du Hundsrtlck. Sur les bords du canal de Bristol et dans tout le midi du pays de Galles , on voit de même la stratification souvent très contournée du système carbonifère osciller entre deux directions, l'une courant de TE. un peu N. à l'O. un peu S., parallèlement à ce même grand cercle ci-dessus désigné; l'autre courant de l'E. 10» S. à l'O. 10' N., parallèlement à la direction des couches de schistes et de grauwacke du nord du Devonshire, qui probablement s'élevaient en nioiilagnes avant le dépôt de la série carb'jnifère (ou du moins avant le dépôt du millslone-grit et du terrain houiller). On les voit aussi en approchant du pied des niouiagnes schisleuscs anciennes qui couvrent le nord du pays de Galles , participer àla direction N. E.-S. 0. qui domine dans ces montagnes. Un phénomène du même genre se reproduit dans le bassin houiller de Quimper. Malgré la grande étendue de terrains récents qui séparent les terrains

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carbonifères de la Belgique de ceux des bords du canal de Bristol, et qui rend leur continuité problématique, on peut remarquer que de part et d'autre les contorsions qui affectent les couches présentent des caractères communs , dont l'un , par exemple, consiste en ce que les contournemenls son! beaucoup plus forts dans la partie méridionale de la bande disloquée que dans la partie septentrionale.

Les lignes précédentes, textuellement extraites de l'article sur les soulèvements des montagnes, inséré en 1833 dans la traduction française du Manuel géologique de M. de La Bêche, et, en 183i,dans le 3* volume du Traité de géognosie de M. d'Aubuisson et continué par M. A. Burat (1), contiennent une caractérisation complète du Système des Pays-Bas et du sud du pays de Galles , tant sous le rapport de son âge, que sous le rapport de sa direction. Les observations faites depuis seize ans n'ont pas détruit l'exactitude de ce premier aperçu, mais elles permettent de lui donner aujourd'hui beaucoup plus d'étendue et de précision.

Afin d'y parvenir, je commence par tracer exactement, à travers l'Europe, le grand cercle de comparaison qui traverserait le Mansfeld perpendiculairement au méridien de ce pays. La ville de Rothenburg, située sur la Saale , par 51° 39' de lat. N. et par 9 "24' 30" de long. E. de Paris, pouvant être considérée comme le centre du pays de Mansfeld , le grand cercle de comparaison que nous cherchons à construire n'est autre chose que la perpendiculaire à la méridienne de Rothenburg. On peut déterminer son point d'intersection avec un méridien quelconque par la résolution d'un simple triangle sphérique rectangle, et l'on trouve ainsi que son prolongement occidental coupe:

Le méridien de Mons ( 1° 37' 20" E. de Paris), par 31" 23' 25" N. (58' 25" au N. de Mons) , sous un angle de 83" 54' 4";

Le méridien d'East-Cowes , dans l'île de 'Wight ( 3" 36' 30" 0. de Paris ) , par 50 5o' 20 " N. (9' 43" au N. de Cowes), sousun angle de 79" 49' 33";

Le méridien de P]ymouth( 6° 29' 26";'i rO. deParis), par 50" 33' 31" N. (10' 35" au

(i) Voinme» déjà cités, pag. 63i et 31*.

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N. de Plymouth), sous un angle de 77° 35* 40";

Le méridien de Milford (Pemrbokeshire, 7° 22' 6" 0. de Paris) , par 50" 25' 53" N. (1° 16' 49" au sud de Milford ), sous un angle de 76° 55' 1";

Le méridien du mont Saint-Michel (près Penzance , Coriiouailles, 7° 48' 54 " à l'O. de Paris), par 50 2i' 52" N. (14' 52" au N. du mont Saint-Michel), sous un angle de 76° 34' 21";

Et enGn le méridien du cap Clear ( pointe méridionale de l'Irlande, 11" 49' 34' 0. de Paris), par 49» 40' 26" N. (1" 44' 30" au sud du cap Clear ) , sous un angle de 73» 29' 55".

Dans son prolongement oriental , la perpendiculaire à la méridienne de Rolhenburg coupe le méridien de Taganrog ( sur la mer d'Azof, 36° 35' 57" à l'E. de Paris) par 48° 20' 53 ' N. (r 8' 40" au N. de Taganrog), sous un angle de 69° 0' 2".

Il serait facile de calculer un plus grand nombre de points de ce grand cercle de comparaison, mais ceux qui viennent d'être indiqués suffisent amplement pour les comparaisons que nous avons à établir.

D'abord, une parallèle menée par Mons «notre grand cercle de comparaison, qui passe à 58' 25 " plus au nord, fera avec le méridien de Mons un angle de 83° 54'4 ' diminué de quelques secondes ( excès sphérique d'un petit triangle rectangle). En nombres ronds, l'angle se réduit à 83° 54' et la parallèle court de l'E. 6° 6' N. à l'O. 6' 6' S. du monde. La direction générale des plis du terrain houiller dans cette partie de la Belgique est représentée aussi exactement que possible par une ligne tirée de Namur a Douai , ligne qui passe un peu au sud de Mons, en io dirigeant de l'E. 6° 30' N. à rO. 6" 30' S., par rapport aux lignes horizontales de la projection de la carte de Cassini. Mais à Muns ces lignes forment, avec les parallèles astronomiques , un angle d'environ 1° 15', d'où il résulte que le plissement général du terrain houiller se dirige de l'E. 5 15 N. à l'O. 5° 15' S. du monde, en formant, avec la parallèle à notre grand cercle de comparaison , un angle de 51' seulement, qu'on peut considérer comme à peu près négligeable. J'ai indiqué ailleurs (1), en

(I) Dam Is premier volume de l'Explication dt la Carte

T. XUl.

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nomb^es ronds, la direction E. 5°N.-0.

5" S., comme représentante Mons le Système des Pays-Bas. Celle-ci coïncide encore plus exactement avec les orientations qui s'observent en Belgique; mais je préfère continuer à discuter l'orientation que j'avais indiquée primitivement. Le défaut d'espace m'empêche de donner ici aucuns détails sur le plissement si remarquable des terrains carbonifères des Pays-Bas. On en trouvera un aperçu, pour ce qui concerne le nord de la France et une partie de la Belgique, dans le chapitre Vil de VExplication de la carie géologique delà France, 1. 1, p. 726. Je passe immédiatement aux terrains carbonifères des îles Britanniques.

Pour voir comment la direction de la perpendiculaire à la méridienne de Rolhenburg s' dulapieauxor'KinlalionsohseTxéet dans le midi du pays de Galles , je pars du point oij la perpendiculaire à la méridienne de Rothenburg coupe le méridien de Milford. Elle le coupe, ainsi que je l'ai dit, à 1° 16' 49'' au sud de Milford , sous un angle de 76° 55' 1''. Une parallèle menée à ce grand cercle par Milford même, coupe le méridien astronomique sous un angle qui se réduit, en nombres ronds, à 76° 55'. Elle se dirige de l'E, 13" 5' N. à l'O. 13° 5' S. du monde. Construite sur une carte d'Angleterre, elle va passer un peu au sud de Hereford, un peu au nord de Ledbury, et presque exactement par Dormington, au nord de la vallée d'élévation de Woolhope. On peut aisément la tracer d'après celte seule indication , sur la carte de sir RoderitkMurchison , et sur celle de M. Greenough, et on voit immédiatement qu'elle représente assez exactement plusieurs des grandes lignes stratigraphiques des terrains paléozoïques du midi du payg de Galles; mais elle ne les représente pas toutes, car, ainsi que je l'ai annoncé ci-dessus, ces lignes affectent en même temps les directions de plusieurs Systèmes très différents les uns des autres. Afin de comparer les éléments de cette structure en apparence si compliquée , aux types que nous avons établis précédemment, je transportée Milford, avec les précautions déjà indiquées plusieurs fois , les directions du Syslème du Finistère, du Système du Westmoreland el du

Sêotosique de ta France , on a imprimé O. 5' N.-E. 5* Si; c'est une faute; il drvait y avoir 0. 5" S. — E. i» N.

Hunds) iick et du Syalènie des Ballons, et je trouve qu'a Milford :

Le Système du Finistère se dirige à i'E. 22" 12' N.du monde;

Le Système du WestmorelandetduHundskuckkVE. 41M3N. ;

Le Système des Ballons à I'E. 7° 3' S.;

Et le Système du Forez au N. 21° 50' 0. Je remarque en outre que les lignes de projection de la carte de l'ordonnance dévient, de même que celles de la carte de Cassini, des directions des méridiens et des parallèles astronomiques , et qu'aux environs de Milford la divergence est denvirofi 2° 15', d'où il résulte qu'a Milford:

Le Système du Finistère se dirige à I'E. 19" 57' N. de la carte de l'ordonnance;

Le Système du Wesmoreland et du Hundsriick à I'E. 38'^ 58' N. de la carte de l'or donnance;

Le Système des Ballons à I'E. 9° 18' S. de la carte de l'ordonnance;

Le Système du Forez au N. 19° 35' 0.

de la c;irte de l'ordonnaiice;

Et le Système des Pays-Bas à I'E. 10° 50' N. de la carte de l'ordonnance.

Ces orientations peuvent être employées sans erreur sensible, dans toute l'étendue des feuilles de VOrdnanceSurvey . A Plymoulb et au mont Saint-Micbel , l'orientation du Système des Pays-Bas serait toujours, à très peu de chosfc «jrès, E. 10° 50' N. de la carte de ror(ionnanc\.\

D'après ces données, je pv.'is facilement comparer les directions normav»s de mes différents Systèmes avec celles qu\ se dessinent dans les excellents travaux straiigraphiques publiés dans ces dernières années par les géologues anglais, et particulièrement par sir Henry de La Bêche.

Je vois, par exemple, que les crêtes de roches irappéennes qui s'élèvent au milieu des roches siluriennes , entre Saint-David's Head et la vallée de l'Afon-Taf ( feuille 40 de !a carte de l'ordonnance j , oscillent autour de deux directions moyennes qui courent l'une à I'E. 8° ^ N., et l'autre a I'E. 30° N. de la carte de l'ordonnance. La première ne s'éliiigne que de 2" 20' de la direction du Système des Pays-Bas : la seconde, intermédiaire entre la direction du Système du Westmoreland et du Hundsriick, et celle du Système du Finislère , Tait un angle de

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8° 58 avec l'une et de 10' 3' avec l'autre.

Entre Llandeilo-Fawr et Taly-Lly-Chan, la direction moyenne des couches siluriennes est E. 34° N. de la carte de l'ordonnance; c'est à 4° 58' près la direction du Système du Westmoreland et du Hundsriick. De Llandeilo-Fawr à Newcasile-Emlyn et au-delà (feuille 41 de la carte de l'ordonnance), la direction moyenne générale des couches siluriennes est E. 28° N. C'est-à-dire à peu près intermédiaire entre la direction du Système du Westmoretand et du Hundsriick, et celle du Système du Finistère.

D'autres directions moins soutenues, mais assez fréqiientes, et certains alignements généraux, se rapprochent beaucoup de i'E. 20° N., c'est-à-dire de la direction du Système du Finistère. Quelques unes sont presque exactement E. 0.

La direction moyenne des principaux filons métalliques tracés sur les feuilles 59 S.-E. et 57 N.-E. de la carte de l'ordonnance , au sud de la rivière Dovey , est E. 23" 30' N. C'est à 3" 33' près la direction du Système du Finistère.

La bande de schistes noirs siluriens, comprise entre deux failles, qui coupe à angle droit la bande houillère de la baie de Saint- Bride à Noiton-Cross ( feuille 40 de la carte de l'ordonnance), se dirige à I'E. 24" N. de la carte de l'ordonnance; elle forme donc avec la direction du Système du Fmislère un angle de 4° 3' seulement.

Enfin, celle-ci ne s'écarte que de 4" ' environ des lignes que sir Roderick Murrhisoa à tracées sur sa carte sous la dénomination d'axes du Pembrokeshire septentrional. Celle qui est figurée dans la baie de Saint-Bride, va passer dans l'intérieur tout près de Roch, puis entre Reyneaston et Ambieslon, en se dirigeant à I'E. 24" 7 N. de la carte de l'ordonnance, c'est-à-dire en formant avec la direction du Système du Finistère un angle de 4° 48' seulement.

Au sud du havre de Milford et dans la presqu'île de Rhos-Sili, la direction des belles lignes stratigraphiques dessinées par une série de bandes de roches siluriennes , de vieux grès rouge, de calcaire carbonifère, de millslone-grit , de terrain houiller, et de roches de trapp, oscille très légèrement autour de I'E. 10° S. de la carte de l'ordonnance: c'est à 42' près seulement la direo

tion du Système des Dallons; et cette direction coïncide aussi presque exacternent avec celle des lignes que sir Roderick Murchison a tracées sur sa carte, sous la dénuniinaliun d'axes du Peinbrokeshire méridional. L'une de ces lignes prolongée passe à peu près par Talbenny, par Langwtn, et un peu au nord de Saint Issels, en se dirigeant à i'E. 10° j S. de la carte de l'ordonnance, et en fai- «ant avec la direction du Suslèmcdes Ballons un angle de 1° 12' seulement.

La direction du Système des Ballons se retrouve au nord de la presqu'île de Rhos- Sili, à 1" 42' près, dans la direction E. llo S. de la carte lie l'ordonnance qui domine généralement dans le terrain houiller entre Swansea et l'embouchure (>6 la rivière de Bury , et qui se continue dans le Pembroke!>hire, jusqu'à la baiedeSaint-Bride. Cette même direction domine généralement aussi dans le midi du Glamorgan, dans les environs de Bristol , et dans les Mendip-Hills, qui sont à peu près le prolongement des accidents siratigraphiques du midi duPembrokeshire et du Glamorgan.

Les directions du Système des Ballons et du Système des Pays-Bas se manifestent l'une et l'autre très fréquemment dans les accidents stratigraphiques des couches carbonifères des Mendip-Hills et des environs de Bristol , et elles s'y croisent en un grand nombre de points. J'en citerai un seul exemple. L'Ilot calcaire de Steep-Holme, dans le canal de Bristol, s'élève au point de croisement de deux accidents stratigraphiques appartenant respectivement aux deux Systèmesquéje viensd'indiquer. D'une part, il est dans le prolongement de la crête de Warle Hill ; et d'après la feuille 20^^ de la carte de l'ordonnance, la ligne de Warle- Hill à Steep-Holme se dirige a l'O. 13oS.de la carte de l'ordonnance, en faisant avec les directions du Système des Pays-Bas un aug,\e de2° 10'. D'autre part, l'îlotdeSleep-Holme est dans le prolongement de la crête deBleadon Hill, et la ligne de Bleadon-Hill a Steep- Holme se dirige à l'O. 13" N. de la carte de l'ordonnance , en formant avec la direction du Si/slème des Ballons un angle de 3° 42'. Les lifiiies menées de Steep-Holme à Bleadon-Hill et à Warle-Hill , forment entre elles un angle de 26°, taudis que l'angle formé parles directions calculées des deux

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Systèmes est de 20' 8'. La différence totale se réduit a 5" 52 : elle me parait peu considérable pour des lignes dont la longueur n'est pas très grande, et dont la direction ne peut être mesurée avec une très grande précision.

Si l'on poursuivait, plus à l'est l'encore, la direction de la série des dislocations que nous venons de suivre du Pembrokeshire aux environs de Bristol , on traverserait la partie de l'Angleterre que recouvrent le terrain jurassique et les terrains plus modernes ; mais on atteindrait au-delà du Pasde-Calais la protubérance carbonifère du bas Boulonnais, dont les accidents stratigraphiques ont probablement une liaison souterraine avec ceux que nous venons d'étudier, et, plus loin encore, le massif des terrains paléozoïques du Brabant méridional, où quelques accidents stratigraphiques ont à peu près la direction du Système des Ballons. Il me paraît évident qu'il a dû exister dans cette zone une grande ligne de dislocation du Système des Ballons, et, en effet, les cartes de l'ordonnance indiquent dans son voisinage beaucoup d'indices de discordance de stratification entre le calcaire carbonifère et le millstone-grit; mais il est également évident qu'il y a eti dans cette zone des mouvements de dislocation postérieurs au terrain houiller, qui partage lui même, en beaucoup de points, la direction du Sys/èrne des Bol/ons; j'attribue ce dernier fait à ce que des dislocations du Système des Pays-Bas, se produisant dans cette même zone avec leur direction caractéristique, comme à Warle-Kiil, ont donhé un nouveau développement aux sccidents stratigraphiques préexistants du Système des Ballons.

Sur la lisière nord du bassin houiller du Glamorgan, la direction du Système des Ballons se rencontre beaucoup plus rarement que sur sa lisière méridionale; mais la direction du Système du VVestniorelatid et dv. Hundsriick s'y combine fréquemment avec celle du Système des Pays-Bas.

La ligne tirée de Milford à Dormington, qui représente la direction de ce Système, ne coïncide aux environs de Milford même qu avec un petit nombre d'accidents stratigraphiques; mais, un peu plus à l'est, elle représente, sur une assez grande longueur, la direction dominante. Les lignes polygo-

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nales, d'une apparence baslionnée, que sir RoderickMurchison avait tracées sursa carte, entre Llandeilo- Abereywyn et Llandeilo- Fawr, ne se trouvent pas reproduites sur les feuilles de VOrdnance-Survey, ou bien elles y sont remplacées par le tracé plus compréhensible d'une direction générale parallèle au Stjstème des Pays-Bas, coupée par de nombreuses failles.

La direction du Système des Pays-Bas représente aussi assez exactement le bord du terrain carbonifère au sud de Llandeilo- Fawr dans les crêtes du Mynydd-Mawr, du Pen-y-Rhiw-Ddu au Mynydd-Llangyndeyrn.

Ici les bandes étroites de calcaire carbonifère et de vieux grès rouge, dirigées à l'E. 14oN., se rapportent évidemment au ii/sième des Pays-Bas , avec l'orientation duquel elles ne forment qu'un angle de 3° 10'.

Les grandes lignes géologiques de la région silurienne expirent, en quelque sorte, à l'approche du bassin carbonifère; cependant elles y produisent une certaine impression. La ligne de contact du terrain silurien et du vieux grès rouge suit pendant longtemps au S.-E. et à l'E. deLlar,vadock une direction E. 34° N. de la carte de l'ordonnance. C'est à 4° 58' près la direction du Système du Westmoreland et du Hundsriick. Cette direction pénètre visiblement dans le calcaire carbonifère, le millstone-grit et le terrain houilleraus montagnes deTair-Carn- Uchaf, de Tair-Carr-îsaf , de Smithfaen , au Mynydd-Bettws, dsns le district d'Amman, et dans la contrée où les deux branches de la rivière de Bury .rennent leur source , au midi de Llandeilo-Fawr.

Les deux directions se croisent donc sans 6e confondre et sans beaucoup s'altérer par leur réaction mutuelle dans la vallée de la rivière de Bury.

Un croisement du même genre s'observe dans la partie supérieure de la vallée de la rivière de Swansea, la Tawe.

Enfin, la direction du Système des Pays- Bas se dessine, au nord de Merthyr-Tydfil , par une grande ligne tirée de Pont-Neddfychan sur la rivière de Neath, par Penderyn et Froonnon-y-Coed à Abergavenny. Cette ligne court à l'E. 10» N. de la carte de l'ordonnance, en formant, avec la direction du Système des Pays-Bas, uu angle de 50' leulement. 11 est même à remarquer que

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celle différence de .'iO' est comptée dans le même sens que la différence de 51', indiquée ci-dessus à Mons ; d'où il résulte que les couches houillères les plus riches de la Grande-Bretagne et de la Belgique, celles de Merthyr-Tydfil et de Mons, se coordonnent dans leurs inflexions à deux directions, entre lesquelles nos constructions et nos calculs ne nous révèlent qu'une différence d'une seule minute.

Il serait illusoire d'attribuer une grande importance à l'extrême petitesse de cette différence. Les deux directions comparées entre elles ont été mesurées sur la carte , dans le Hainaut et dans le Glamorgan , et n'ont été évaluées qu'en nombres ronds. Une évaluation plus précise aurait probablement conduit à une différence d'orientation plus considérable. La matière ne comporte pas la précision des minutes , et lorsque deux directions comparées ne diffèrent que de 1 degré ou même de 2 ou 3 degrés, on peut les considérer comme sensiblement parallèles.

Ce serait plutôt ici le lieu de montrer que, lors même que ces déviations ne rentrent dans les limites d'exactitude qu'on ne peut guère espérer de dépasser, elles sont quelquefois susceptibles d'une discussion qui en atténue l'importance. M. Gras (1) et M. Le Play (2) ont déjà fait voir comment la direction d'un Système de dislocations peut se combiner avec celle d'un autre Système pour produire une direction mixte. Sans chercher àappliquerici les formules trigonomélriques et les ingénieuses constructions de mes savants collègues, je remarquerai' simplement que les lignes tracées sur la carte de sir Roderick Murchison, sous les dénominations d'axes du Peuibrokeshire septentrional et du Pembrokeshire méridional, formant entre elles un angle de 35'- 15', et les directions du Système du Finistère et du Système des Ballons , transportées à Milford , formant entre elles un angle de 29° 15' ; la différence totale est de 6", ce qui suppose une différence moyenne de 3" seulement relativement à chacune des deux directions.

Ces différences prises en elles-mêmes pour-

(i) s. Gras , Statistique minèralogique et écologique da département de la Drome.

(ï) Fr. LepUy, Annalet det mines, î' série, t. IV, f, S*3

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raient être considérées comme peu considérables, eu égard à la structure compliquée de la contrée dans laquelle elles s'observent; cependant la partie de ces différences qui doit être attribuée à des irrégularités dans les phénomènes ou dans les observations , est réellement beaucoup moindre.

D'abord , en fait, la différence totale 6° ne se partage pas ainsi par parties égales entre les deux axes : elle se porte principalement sur celui des deux dont la direction est le moins nettement déterminée, sur Taxe du Pembrokeshire septentrional comparé à la direction du Syslcme du Finistère.

Pour l'axe du Pembrokeshire méridional la différence n'est que de lo 12', et cette différence rentre, quant au sens dans lequel elle s'observe , dans une loi déjà observée dans une contrée voisine ; car nous avons vu ci-dessus , p. 231, que, dans le nord du Devonshire, la direction des couches est, comme ici, plus éloignée de la ligne E.-O. que la direction calculée du Système des Ballons, Seulement, dans le nord du Devonshire, la différence n'est que de 27', tandis qu'ici elle est de 42' d'après les mesures prises sur la carte de l'ordonnance , et de 1° 12' d'après la direction donnée par sir Roderick Murchison à l'axe du Pembrokeshire méridional.

La seconde partie 4° 48' de la différence totale de 6° se rapporte à l'axe du Pembrokeshire septentrional , qui s'éloigne de la ligne E. -0. de 4° 48' de plus que la direction calculée du Système du Finistère. Or cette déviation cadre, de son côté, avec un phénomène de même genre dont il est naturel de la rapprocher. Nous avons vu précédemment , p. 194, qu'à l'île d'Ouessant, près d'une masse granitique, la direction observée des schistes s'écarte de même de la ligne E.-O. plus que la direction calculée du Système du Finistère. La différence est même plus forte que dans le Pembrokeshire septentrional , car elle s'élève à 5" 19' 29". La direction donnée par sir Roderick Murchison à l'axe du Pembrokeshire septentrional se rattache à celle de certaines niasses de trapp et de granité, qui se trouvent, par conséquent, orientées à très peu près de la même manière que les masses granitiques de l'île d'Ouessant.

Mais , dans le Pembrokeshire , on peut

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entrevoir Ja cause de la déviation dont semble affectée l'orientation de ces masses éruptives. La direction du ^ys^ème duFmîSlère n'apparaît ici que comme directioitcf'emprunt, et il serait en soi-même assez naturel qu'en se reproduisant, cette direction se fût rapprochée de celle du Système du Westmo' reland et du Hundsriick, car cette dernière, quand elle s'est reproduite dans la même région, s'est rapprochée de son côté de celle du Système du Finistère, et elle s'est déviée dans ce sens d'une quantité supérieure à la déviation éprouvée par la direction du Système du Finistère, puisque nous l'avons trouvée de 4° 58' et même de 10" 58' plus voisine qu'elle n'aurait du l'être dû la ligne E.-O.

Il semble réellement que ces deux directions , en se reproduisant simultanément, aient eu une tendance à se composer en une seule , et il est même probable que cette tendance a eu beaucoup d'énergie , car en peut lui assigner une cause très puissante. En effet, la formation du terrain houiller du sud du pays de Galles a été accompagnée, comme celle de tous les terrains houil- 1ers, d'un enfoncement lent et graduel qui, pour le centre du bassin du Glamorgan , a été de plus de 3,000 mètres. La faible étendue de ce bassin ne permettrait pas d'appliquer ici, sans modiûcations , les considérations que j'ai présentées ailleurs (1) au sujet de l'enfoncement qui a dû accompagner la formation du bassin jurassique de la P^rance septentrionale; mais il n'eu est que plus évident qu'un pareil enfoncement a dû faire jouer tous les plis qui pouvaient préexister dans les terrains environnants , et que l'enfoncement de la ligne médiane du bassin où se sont accumulées les couches houillères du Glamorgan et du Pembrokeshire, a dû faire tourner chacun des deux bords du bassin autour d'une charnière horizontale. Là où il existait dans la masse du sol des plis de deux directions peu différentes l'une de l'autre, comme c'était probablement le ca.? pour la lisière septentrionale du bassin houiller, le mouvement de flexion occasionné par l'enfoncement lent du centre du bassin a dû tendre a produire des plis dans une direction intermédiaire à celles des plis préexis-

([) Explication dt la Carte géoloimuii delà Franei,t,\\, p. 620.

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tants.Be là une sorte de raccordement entre hs deua-. direclions , telle que celle qu'on observe au nord de Caermarihen ei la pro ductioa de quelques direcliuns irrégulières.

Au reste, celle déviation de la direciiondu Système du Weslmoreland et du Hundsriick n'est pas un fait isolé; nous avons déjà vu ci-dessus, p. 224, qu'à la pointe S. -0. de l'Ardenne, la direction du même Système s'infléchit de plusieurs degrés pour se rapprocher de la ligne E. et 0. , de même qu'à la pointe S.-O. des montagnes du pays de Galles. Ces diverses déviations ne sont donc pas de simples anomalies fortuites; mais elles appartiennent à des faits généraux qui, probablement, deviendront eux-mêmes des lois.

Si des irrégularités que présentent les cartes géologiques du pays de Galles méridional, on déduisait encore toutes les singularités apparentes dont l'application des formules et des constructions de M. Gras et de M. Le Play donnerait immédiatement l'explication, ce qui pourrait paraître livré simplement aux caprices du hasard dans les complications qui résultent de la coexistence de plusieurs Systèmes de directions, se réduirait à assez peu de chose.

Malgré ces déviations partielles et déterminées par des causes qu'on peut entrevoir, il est certain que les directions des Systèmes du Finistère, du Westmoreland el du Hundsriick, des Ballons, du Forez et des Pays- Bas , se manifestent souvent avec une fidélité dont on a lieu d'être surpris au milieu du labyrinthe si compliqué des dislocations du pays de Galles méridional ; et je ne crois pas avoir fait une supposition dénuée de vraisemblance en disant qu'un ridement de l'écorce terrestre opéré après le dépôt du terrain houiller parallèlement au grand cercle de comparaison du Système des Pays Bas , a fuit renaître les ridements qui s'étaient effectués antérieurement , et a imprimé aux couches houillères les directions du Système des Ballons, du Système du Westtnoreland el du Hundsriick, el même, en quelques points, celle du Système du Finistère, qui était cachée dans les profondeurs du sol sous-silurien. Celte supposition me paraît encore mieux motivée a l'égard de la direction quadruple des dislocations post-carboniferes du pay» de Galle» méri-

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dional, qu'elle ne l'étaii pour la double ou triple direction des couches carbonifères de la Belgique, à laquelle je l'ai appliquée dès l'origine.

Le terrain houiller du pays de Galles méridional est traversé par un grand nombre de failles que sir Henry de La Bêche a figurées avec un grand soin sur la carie de l'ordonnance. Elles sont assez généralement perpendiculaires aux lignes terminales du terrrain houiller et, par conséquent, aux directions des plis dont il est affecté. La formation du plus grand nombre d'entre elles est probablement une simple conséquence de la formation des plis eux-mêmes, de même que, dans les chaînes de montagnes, la formation des fissures transversales est une conséquence du soulèvement de l'axe; quelques unes appartiennent peutêtre à des Systèmes de dislocations plus modernes. On peut remarquer aussi dans celte contrée quelques accidents stratigraphiqnes , dont la direction se rapproche plus de la ligne E.-O. que celle du Système des Pays-Bas.

Le même ridement s'est fait sentir également dans le nord du pays de Galles, où on peut saisir la trace d'une longue bande de dislocations du Système des Pays-Bas, qui joue un rôle important dans la structure stratigraphique des îles Britanniques.

Dans son mémoire déjà cité (Esquisse de la structure géologique du pays de Galles), M. le professeur Sedgwick, après avoir parlé des dislocations anciennes qui nous ont déjà occupé, ajoute ce qui suit: « A une » époque plus moderne a été formée la » grande dépression de la vallée deClwyd. » Ver.s le mêtne temps et probablement )) avant la période du nouveau grès rouge, » a été formée une ligne de grande dislo- » cation marquée par un lambeau de cal- » caire carbonifère près de Corven , alTec- )) tant les plongenients des couches de toute » la contrée intermédiaire jusqu'aux grands » filons de Minera, el, enfin , soulevant » une grande masse de calcaire carbonifère » près de Caergwrle dans le Fliiitshire. »

Je crois que la première de ces deux dislocations se rapporte au Sysième du Forez dont la vallée de Clwyd aUecte à peu près la direction, el que la seconde appartient au Sysième des Pays-Bas. Corven se trouve

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k ppii près par 53° 1' de lat. N. et par 5" 46' de lorij;. 0. de Paris. Le grand cercle d» comparaison du Sysième des Pays-Has coupe le méridien de Plymoiilh, fi» 29' 26" 0. de Paris, par PO- 33' 31" N., sous un anclede 77i 33' 40'. La direction ainsi déterminée, transportée à Corven, devient N. 78'9'E.,ou E. 1 loSl' N.O., 11"3I'S.

Si l'on construit sur une carie d'Angleterre une ligne qui traverse Corven, suivant celle direction on voit qu'elle passe à peu prés, d'une part à ChesterGeld, dans le Derbyshire, et de l'autre un peu au sud de Pwllheli dans la presqu'île de Caernarfon. Celte lipne ne coïncide sur la carte de M. le professeur Sedwick avec aucun accident stratigraphique très marquant; mais, construite sur la carte de M. Daniel Sharpe, déjà citée précédemment, elle est exactement parallèle à plusieurs lignes straligraphiques assez remarquables, et elle forme un angle de 6 à 7" seulement avec un grand nombre d'autres qui ne s'en éloignent que pour se rapprocher d'autant de la direction du Système des Ballons. Sans prétendre m'immiscer en rien dans la discussion qui existe au sujet de cette contrée entre M. le professeur Sedgwick et M. Daniel Scharpe, je crois que les apparences exprimées sur la carte de ce dernier doivent faire présumer qu'un des éléments de la structure compliquée dont l'analyse est controversée , a été un pli de l'écorce terrestre qui a contribué à accroître la complication en déterminant un nouveau jeu dans les fentes eUes plis déjà existants et dedirectians dilTérenles. Ainsi la grande faille que M. le professeur Sedgw ick a tracée de Corven vers les plaines du Chesbire, en passant au nord du district de Minera, suit à peu près la direction du Système du Westrnoreland àt du Hundsruck ; mais «-Ile pour rait se rapporter par son âge à la formalion du pli dont nous venons de parler, et appartenir ainsi au Système des Pays-Bas, de même que certains plis du calcaire carbonifère et du terrain houiiler qui suivent lans le Condros uqe direction exactement semblable.

Mais si la direction du Système des Pays- Bas, transportée a Corven, ne fournit qu'un moyen accessoire de compléter l'explication d'un réseau de dislocations très compli- <iuces , il suffit de la reporter à 36 kiloniè-

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très dans le sud aux environs de WelcbPooI, pour qu'elle donne immédiatement la clef de l'une des séries d'accidents orographiques et straligraphiques les plus remarquables des Iles Britanniques.

Dans la seconde édition de sa belle carte géologique de l'Angleterre, publiée en 1839, M. Greenough adonné une attention particulière à l'expression du relief des montagnes du pays de Galles. Cette carte figure avec une grande netteté une série de crêtes parallèles dont l'une part de Welch-Pool même et qui toutes se dirigent à l'ouest un peu sud vers le massif de Plynlimmon. Le basfond de Surn-Gynfelyn, dans la partie méridionale de la baie de Cardigan, n'est probablement que la prolongation sous-marine de l'une de ces crêtes dont la plus méridionale, partant de Bishops-Castle, se termine à LIanhystid, au nord de l'embouchure de la rivière Virrai. Le pied méridional de celte dernière crêie est dessiné sur une longueur de plus de 33 kilomètres par le cours presque rectiligne dans son ensemble des rivières Iswilh et Virrai, Une ligne tracées de llanhystid à Eylwysnewidd, en remontant le cours presque rectiligne des vallées du Cwm-Virai et de l'IiUviih , se dirige à l'E. 1 1° N. de la carte de l'Ordonnance. Elle forme avec la direction du Système des Pays- Bas un angle de 10' seulement ! Cette-série de crêtes croise les lignes straligraphiques de la contrée et plusieurs séries d'autres crêtes dirigées parallèlement au Système du Longmynd, au Système du Westmoreland et du Hundsruck, au Système du nord de l'Angleteire; mais elle ne se confond pas avec elles, et tout indique qu'elle a été produite postérieurement.

Elle n'est elle même qu'une fraction d'un ensemble beaucoup plus étendu. Si, à partir deNoUingham, on trace sur la carte d'Angleterre une droite parallèle à la direction déterminée ci-dessus pour Corven, cette droite passera un peu au sud de Derby et d'Uttoxester, puis un peu au nord de Stafford, de Schrewsbury et de Welch-Pool ; elle longera les crêtes que nous venons d'étudier, et elle atteindra les côtes d'Irlande, un peu au sud du havre de Wexford. <

De Noltingham à Uttoxester , celte ligne représente la troncature qui termine, vers le sud, le massif carbonifère du Derbyshire et

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la limite septeutrionale de la dépre>9ion que remplit, immédiatement au sud de cette troncature, la partie du nouveau grès rouge qui est postérieure au Magnesian limestone ; elle est parallèle à la ligne jalonnée au sud de cette même dépression par les relèvements du terrain houillerqui l'amènent au jour à Asby de la Zouche , à Tamworth , à Dudley, à Coolbrook-Dale et près de Schrewsbury.

Le massif carbonifère du Derbyshire , abstraction faite de quelques légers festons, «e termine carrément près de Nottingham par deux lignes droites qui se croisent à peu près à angle droit. L'une, parallèle a la stratification du terrain houiller et au Système du nord de l'Angleterre, court au N. 5» 0. , elle est bordée par le grès roug«, \eMag7iesian litnesione et le nouveau grès rouge. L'autre, dirigée à l'O. quelques degrés S,, parallèlement au Système des Pays-Bas, est bordée seulement par le nouveau grès rouge postérieur au Magnesian limeslone, mais le grès rouge et le Magnesian limeslone , d'après la colorialion , très expressive, de la arte de M. Greenougii , ne se sont déposés ni le long de cette dernière ligne, ni même en aucun point de la dépression qui borde la troncature mérirlioiiale du Derbyshire. N'est-il pas évident, d'après cela, qu'il existe là deux accidents stratigraphiques sensiblement perpendiculaires entre eux; le côté oriental de Derbyshire appartenant au Système du nord de l'Angleterre , qui est antérieur au grès rouge et au Magnesian limestone, et la troncature méridionale du Derbyshire appartenant au Système des Pays-Bas et étant postérieure au grès rouge et au Magnesian limeslone, mais antérieure à la partie subséquente de la formation du nouveau grès rouge?

C'est à cette même époque que les crêtes, dirigées à l'O. quelques degrés à., que M Greenough a figurées sur sa carte près d€ Wcich-Pool, doivent avoir reçu leur relief caractéristique. La ligne tirée de Nottingham, dans la direction du Systems des Pays-Bas, après avoir longé ces crêtes et le bas fond de Sarn-Gynfelyn, .■Hleuit les côtes d'Irlande, ainsi que je l'ai déjà iit, un peu au sud du havre de Wexford. Elle suit ensuite la direction de la côte méridionale de l'Irlande , en passant un peu au nord de

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Dangravan et de Corke . et elle atteint la baie de Kenmare , en laissant , au sud , la saillie que forme celte même côte, en s'avançant jusqu'au cap Clear.

Cette partie méridionale des côtes de l'Irlande présente une série d'accidents orographiques et stratigraphiques dans lesquels le Système des Pays-Bas se dessine avec une netteté toute particulière.

Pour comparer plus rigoureusement la direction du Système des Pays-Bas à celles des accidents statigraphiques du midi de l'Irlande, je rappelle que le grand cercle de comparaison du Système des Pays-Bas coupe le méridien du cap Clear, 11" 49' 34'' à l'Q. de Paris, par 49° 40' 28' de latitude , sous un angle de 73" 29' 55"; la direction ainsi déterminée, transportée au cap Clear même, devient N. 73" 29' 30" E. ou E. 16° 30' 30 ' N.-O. 16° 30' 30" S. Il est facile de la construire sur la belle carte géologique de l'Irlande, publiée par M. GrifSth, et on voit qu'elle y est représentée par une ligne qui, partant du cap Clear, va passer à 6 ou 700 mètres (moins d'un demi-mille) au sud du cap Seven-Heads et du cap Old-Head-of- Kinsale, et qui représente aussi exactement que possible la direction des couches de vieux grès rouge qui forment tous les caps de cette côte.

Les lignes anticlinales et synclinales que les différentes assises de la série carbonifère, du vieux grès rouge et des schistes anciens, forment entre le cap Clear et Killarney, ont une direction moyenne exactement semblable. Seulement, aux approches de Corke et dans les environs de Killarney, oii le mill' slone-grit paraît être en gisement transgressif par rapport au calcaire carbonifère, on voit cette direction se combiner avec une direction 0. un peu N que j'ai déjà signalée ci-dessus comme devani être rapportée au Système des Ballons. De plus, dans les pointes qui donnent un contour si dentelé à la côte d'Irlande, entre le cap Clear et l'embouchure du Shanon, et qui constituent en quelque sorte le Finistère britannique, on Voit fréquemment se dessiner une direction E 2o à 30 N., qui me paraît devoir être rapportée au Système du Finistère dont elle dévie seulement un peu vers le nord ; car la direction de ce Système, transportée de Brest au cap Clear, est E. 25'^ 31' N. Cette direc-

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lion affecte, en quelques points, le milhtonegrit et le terrain bouiller, et il en est de iiièitie de la direction du Système des Ballons, ce qui me paraît prouver qu'ici, comme dans le sud du pays de Galles, ces deux directions ont été reproduites comme directions d'emprunts l'époque de la formation du Système des Pays- bas. Mais c'est autour de la direction de ce dernier Système qu'oscillent le plus souvent les directions des couches de culm et de houille que renferme le mUlstonegrit du S.-O. de l'Irlande.

La direction du Système des Pays-Bas se dessine , d'une manière très exacte et très prononcée, dans un grand nombre des traits orographiques et stratigraphiques de l'intérieur de cette lie. Ainsi on la retrouve, d'après la carte de M. Grifflih, dans les montagnes de Caltye, dans celles de Ballinruan et autres au sud et au nord de Kilmallock; dans les montagnes de Slieve-Bernagh , de Siieve-Boughta , et de Slieve-CuUane au nord et au nord-ouest de Limerick ; dans les montagnes de Gurlev? et de Killgarrow, au nord de Boyle, etc. , montagnes dont la formation est évidemment postérieure au dépôt du millstone-grit , et sans doute aussi a celui du terrain houiller. Le magnesian- Umestone n'existant pas en Irlande, et le nouveau grès rouge ne se montrant que dans le nord de cette île, on ne peut pousser plus loin la détermination de leur âge relatif.

Mais je ne puis m'étendre, ici, plus au long sur la structure si intéressante et si compliquée de l'Irlande; je me bâte de revenir à l'Angleterre pour examiner les accidents ttratigraphiques du Système des Pays-Bas , qui existent dans le Devonshire et le Gornouailles.

Nous avons vu que la perpendiculaire à la méridienne de Rothenburg coupe les méridiens d'East- Cowes , de Plymouth et du mont Saint-Michel (près Penzance), à 9' 43", à 10' 35", et à 14' 53" au nord de ces trois points respectivement. Il est facile de la construire, d'après ces données, sur une carte d'Angleterre quelconque. On voit alors que le grand cercle dont il s'agit passe à peu près par Deal (Kent), par Petworth- Sussex , par Sidmouth (Devonshire), et par Saint- Colomb minor (Cornouailles), et que ea direction représente , aussi exactement

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que possible, la direction générale de la cola méridionale de la Grande-Bretagne. Celte côte, étant formée en partie de craie et de dépôts tertiaires, ne peut avoir été façonnée qu'à une époque postérieure de beaucoup à la formation du Système des Pays-Bas; mais la conformité de direction générale que je viens de signaler me porte à croire que la direction du Système des Pays-Bas a été reproduite , comme direction d'emprunt, par l'une des révolutions les plus modernes qui ont agi sur le sol de l'Angleterre. De là il résulte que cette direction doit être fortement imprimée dans les couches paléozoiques et dans les roches plus anciennes qui supportent les formations modernes du midi de l'Angleterre, et qu'on doit s'attendre à la trouver très clairement marquée dans les parties du Devonshire et du Cornouailles dont le sol est composé par les roches antérieures au nouveau grès rouge.

Le grand cercle de comparaison du Système des Pays-Bas , dont je viens de tracer le cours d'une manière générale, serait représenté, sur la carte de l'ordonnance, par une ligne sensiblement droite, qui ferait, avec les lignes horizontales de projection , un angle de 10» 50' environ, en se dirigeant de l'E. 10" 50' N. à l'O. 10" 50' S. de la carte de l'ordonnance.

Les feuilles 23 et 24 de la carte géologique de l'ordonnance, publiée par sir Henry de La Bêche , montrent en effet que dans le midi du Devonshire , entre Tor-Bay et Plymouth, la direction moyenne des masses lenticulaires de trapp qui affleurent au milieu des terrains schisteux, est assez exactement représentée par une ligne tirée d'Ughborough a l'Ile Saint-Nicolas. Or cette ligne se dirige à l'O. 10° S. de la carte de l'ordonnance , et ne fait , par conséquent , avec la direction du Système des Pays-Bas, qu'un angle de 50'.

La direction d'une grande partie des masses de trapp , des dykes d'Elvan et des filons métallifères qui, dans l'espace situé entre Plymouth et Launceston, près des bords de la Tamer, traversent les schistes compris entre la masse granitique du Darlmoor etcelledu Bodmin-moor, se rapproche beaucoup de la précédente. Sauf quelques anomalies , l'orientation de la plupart de ces masses s'éloigne de moins de 10» de 23*

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«elle que nous venons d'indiquer, et , d'après la feuille 23 de la carte de l'ordonnance , un certain nombre d'entre elles s'y rapportent exactement. En général cependant, elles se rapprochent un peu plus de la ligne E.-O., et la direction moyenne est à peu prés 0. 5° S. de la carte de l'ordonnance : cette direction moyetme forme, par conséquent , avec la direction du Système des Pays-lias, un angle de 5" 50'.

La direction d'une nombreuse série de dykes de trapp et d'Elvan , qui , d'après la feuille 30 de la carte de l'ordonnance, coupent le killas duCornouaiiles, entre Padstow et Saint-Austle , et au nombre desquels se trouvent les dykes d'Elvan , que le tracé de sir Henry de la Bêche détache si piitoresquement du granité du Bodmin-moor , est également 0. 5" S. de la carte de l'ordonnance.

Plus près de la pointe du Cornouailles , à l'O. (leTriiro, on retrouve encore, dans les dykes d'Elvan et dans les filons métalliques tracés sur les feuilles 31 et 33 de la carte de l'ordonnance, beaucoup de directions qui o>cillent de quelques degrés autour de la même direction 0. 5° S. Mais on trouve plus souvent encore des dneciions qui oscillent légèrement autour de l'O. 23* S. de la carte de l'oniounance , et l'on voit plusieurs dykes d'Elvan passer de l'une à l'autre des deux directions par une inflexion plus ou moins adoucie, ce qui montre clairement que l'une et l'antre ont été produites simultanément. La première me parait flevoir être rapportée au Système des Pays- Bas, malgré la divergence de 5" .SO' que j'ai déjà .«signalée , et la seconde au Système du Finisière , qui aurait encore fourni ici une direclion d'em,prunt.

La direction du Système du Finiatère , transportée de Brest au mont Saint-Michel, près Penzance, devient E. 22° 30' N. du monde, ou E. 20* 9' N. de la carte de l'ordonnanr-e. La différence avec la direction moyenne mentionnée ci - dessus est de 4° 5l'; mais il est à remarquer que cette différence est comptée dans le même sens, et qu'elle est presque de la même quantité qu'à l'Ile d'Ouessanlet dans le Pembrokeshire. Les directions que j'ai indiquées dans le S. 0. de l'Irlande, comme se rapportant, eo principe, au Système du Fi-

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nistère, éprouvent aussi une déviation «lans le même sens. L'existence de cette déviation devient ainsi une sorte de règle dans toute la contrée maritime dont nous parlons.

La direction du Système du Finistère est fortement dessinée sur les cartes de l'ordonnance par les masses de roches amphiboliques qui sont intercalées dans les killas entre Penzance et Redruih ; mais celles-ci pourraient bien dater de l'époque aniésilurienne à laquelle s'est formé le Système du Finistère.

On observe encore d'autres directions dans les dykes d'Elvan et de trapp , et dans les filons métalliques du Cornouailles et du Devonshire , telles que celles des Systèmes du Longmynd, du Morbihan et des Ballons , ce qui n'a rien de surprenant. On les voit fréquemment aussi se contourner autour des protubérances granitiques, ce qui est plus naturel encore.

L'ensemble des masses granitiques du Devonshire, du Cornouailles et des îles Sorlingues se coordonne à une ligne brisée analogue à celles que décrivent les bandes de calcaire carbonifère du Condros , mais dont les deux branches forment entre elles un angle plus obtus. En Belgique, les lignes brisées dont nous parlons présentent des angles d'environ 60°. Dans le S.-O. de l'Angleterre , les directions normales des Système des Pays-Bas eidu Finistère, auxquelles se rapportent les lignes dont il s'agit, forment entre elles un angle aigu de 9° 19' ou un angle obtus de 80" 41'. Mais avec les déviations qu'elles présentent habituellement dans le Cornouailles et le lJevon>liire, ces deux directions forment un angle aigu d'environ 20°, ou un an^le obtus d'environ 70". Or tels sont , en effet, a peu près les angles que forment entre elles deux lignes, menées l'une du centre du groupe des îles Sorlingues au centre de figure de la masse granitique du Bodmin-moor, et l'autre de ce dernier point au centre de figure de la masse granitique du Darlmoor. Je suis très porté d croire que <es deux directions sont en rapport avec les deux époques d'eruptiou desubstances granitiques signalées dans ceg contrées par sir Henry de la Bêche (1).

(i) H. T. de la Bèdie . Rtuoil «n the Geolosï of Carm wall, Devon aiid wtit Somertel-

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On retrouve la seconde de ces deux directions au nord elà l'est de la zone granitique, dans la partie du Devonsliire où le nouveau grès rouge recouvre en siraiificaiion discordante les roches paléozoïques. On voit fréquemment reparaître dans la structure stratigraphique de celte contrée deux directions qui font entre elles un angle de 15 à 20°. L'une est celle des plis des couches du Système carbonacé (Système des Ballons); l'autre est celle d'un grand nombre de failles, de filons, et de quelques dykes de rudio éruplives qui ont accidenté plus tard ce même terrain dans une direction E. 3 à 7° N. de la carte de l'ordonnance {Système des Pays-Bas).

Cette dernière direction se dessine assez en grand dans le bord septentrional du golfe que forme le nouveau grès rouge au milieu des CDilines du terrain carbonacé de Silverton à Jacobstow. Une direction presque exactement parallèle, ou dirigée E. 7°N. de la carte de l'ordonnance , se manifeste de même à WasGeld , au nord de Tiverton , et les masses de porphyre rouge quartzifère, contemporaines des premières couches du nouveau grès rouge qui s'élèvent aux environs de Silverton, s'allongent à peu près dans le même sens.

En moyenne, toutes ces directions s'écarlent d'environ 6° de celle du Système des Pays-Bas pour se rapprocher de la direction E.-O.

Cette déviation n'existe pas dans toute l'étendue du Devonshire et du Cornouailles ; car sur la ligne de Tor-Bay à Plymouth, les dislocations qu'on peut rapporter au Système ies Pays-Bas sont , ainsi que nous l'avons ?u ci-dessus, presque exactement parallèles au grand cercle de comparaison de ce Système. Ce serait cependant une erreur de la considérer comme un accident purement fortuit et purement local. Nous avons déjà remarqué que la direction du Système des Pays-Bas se retrouve, et sans doute, comme direction d'emprunt dans la direction générale de la côte méridionale de l'Angleterre; or elle s'y retrouve avec ses déviations, car la direction légèrement sinueuse de la grande ligne anliclinale de l'île de Wight et du Qorsetshire peut être représentée par une ligne tirée de Culver-ClilT ( île de Wight) à Wevmouth , et celte ligne fait précisément

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aussi un angle de 6° avec le grand cerci» de comparaison du Système des Pays-Bas, en se rapprochant, comme nous venons de le voir en Devonshire, de la ligne E.-O. Cette circonstance conduit naturellement à penser que les accidents du Système des Pays Bas , qui existent sans douleau-dessous du Dorseishire et de l'île de Wight dans le sous sol paléozoïque, y existent avec la même déviation que dans une partie du Cornouailles et du Devonshire. On voit donc que celle déviation a tiû embrasser une certaine étendue, et je suis d'autant moins porté a la considérer comme un simple accident fortuit, qu'elle est dans le même sens et presque de la même quantité que celle que la carie de M. Daniel Sharpe indique, ainsi que nous l'avons vu précédemment, p. 2.")4 , dans un certain nombre de lignes straligrapliiques du nord du pays de Galles, aux enviions de Corven, et que dilTérenls accidents slraiigraphiques , plus rapprochés de la ligne E.-O. que la direction du Système des Pays-Bas, s'observent aussi dans le sud du pays de Galles et dans le sud de l'Irlande.

Malgré sa réapparition en différents points fort éloignés les uns des autres, cette direction déviée qui s'observe surtout dans des failles et des filons plutôt que dans les plis des roches paléozoïques, est cependant moins persistante que ne le sont celles qui courent dans une direction sensiblement parallèle au grand cercle de comparaison du Système des Pays-Bas; et lorsque je remarque, en outre , que celte direction E. 5" N. de la carte de l'ordonnante divise en deux parties sensiblement égales l'angle formé par la direction du Système du Finistère (E. 19» 57' N. de la carte de l'oriloiinance), et par la direction du Système des Ballons (E. 9° 18' S. de la carte do rordonnance) , je suis porté à n'y voir autre chose que la direction du Système dos Pays-Bas déviée, et, pour ainsi dire, déjetée par l'influence mécanique des dislocations du sol préexistantes.

Dans un avenir plus ou moins prochain, lorsqu'on possédera pour une partie un peu considérable de l'Europe des cartes géologiques comparables à celles de VOrdnance Survey, les stratifjraphes auront sans doute à s'exercer fréquemment sur des directions

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accidentelles du genre de celle-ci, directions dont l'existence n'est pas plus contraire au principe des directions, que l'existence des faces secondaires des cristaux n'est contraire aux lois fondamentales de la cristallisation.

En langage cristallographique cette direction accidentelle s'appellerait un décroissement tangent à l'angle obtus formé par les deux directions du Système du Finistère et du Système des Ballons.

On peut concevoir, en effet, qu'un effort mécanique postérieur à la production de ces deux directions ait pu tendre à faire naître accidentellement une direction intermédiaire entre elles, au lieu de faire renaître séparément ces directions elles-mêmes. Mais il faut remarquer en même temps , qu'ici la direction E. 5" N. de la carte de l'ordonnance n'est que la direction moyenne d'un groupe de fentes et de filons assez divergents dont plusieurs présentent des inflexions, et dont quelques uns suivent exactement, au moins dans une partie de leur cours , la direction du Syslème des Pays- Bas, d'où il me paraît résulter que la direction accidentelle ne peut être considérée comme distincte par son âge de la direction normale, et que tous les accidents stratigraphiques que nous venons de suivre dans le Devonshire et le Cornouailles appartiennent en principe à un seul et même Système qui, d'après la direction principale, doit être le Système des Pays-Bas.

Leur âge, autant qu'il peut être déterminé, les rapporte en effet à ceSystème. Elles sont toutes postérieures au dépôt des roches paléozoïques du Devonshire, et même au plissement queces roches ont subi dans la direction du Syslème des Ballons, et en masse elles sont antérieures au dépôt du nouveau grès rouge. Le tracé des cartes de l'ordon- Dance et les descriptions de sir Henry De la Bêche (1) ne laissent aucun doute sur ce dernier point. Il n'y a d'exception que pour certaii^es failles qui coupent le nouveau grès rouge, mais qui, probablement, appartiennent au même groupe de dislocations modernes que la grande ligne anticlinale du Dorsetshire et de l'Ile de Wight, La seule incertitude qui pourrait subsister sur l'âge

(i) Report on thc Geology of Cornwatlt Devon and wcst tuntntt, p. lia.

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des autres accidents stratigraphiques formant le groupe principal dont il s'agit seulement ici, résulterait de l'incertitude de l'âge des couches les plus anciennes du nouveau grès rouge du Devonshire et du conglomérat magnésien des Mendip- Hilis, qui repose de même en stratification discordante sur les couches carbonifères affectées par les accidents stratigraphiques du Syslème des Pays-Bas.

Ce conglomérat magnésien a été mis en parallèle, pendant longtemps, avec le magnesian limeslone du nord de l'Angleterre. Mais déjà , en 1833, j'ai pu m'appuyer sur l'autorité de M. le professeur Sedgw'ick pour regarder les conglomérats magnésiens des environs de Bristol et des Mendip-Hills comme plus récents que la calcaire magnésien du nord de l'Angleterre, qui est parallèle au zechstein (1). Aujourd'hui les travaux de sir Henry de la Bêche prouvent clairement que ces conglomérats magnésiens sont loin de former, comme le magnesian limeslone, un étage distinct à la base du nouveau grès rouge. Dans l'index des couleurs et des signes employés dans le Geological Survey de la Grande-Bretagne pour le S.-O. de l'Angleterre et le S. du pays de Galles , sir Henry de la Bêche indique un calcaire et un conglomérat magnésiens comme faisant partie de la série du nouveau grès rouge, et il ajoute en note que dans la contrée dont il s'agit ces roches se présentent dans toutes les parties de la série. Les coupes figurées par ce savant géologue , sur les feuilles 1 1 , 13, 14,15,16, el surtout n des Horizontal Sections jointes au Geological Survey , ne laissent aucun doute à cet égard.

Les conglomérats magnésiens du S.-O de l'Angleterre s'étendant dans toute la hauteur du nouveau grès rouge , la présomption d'ancienneté qui avait paru résulter de leur composition magnésienne se trouve détruite. On pourrait, à la vérité, se fonder sur les ossements de Sauriens thécodontes trouvés par M. le docteur Riley et M. par Stutchbury dans le conglomérat magnésien de Durdham- Down , près de Bristol (2), pour soutenir que cette

(i) Manuel géologique, trad. frantaisc, p. 633. (2) lieport on Ihe Gvologjr 0/ Cornu'alt , Devon and m** Somerset, p. 219.

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partie des conglomérats magnésiens descend Jusqu'au niveau géologique du zechstein ; mais comme les Siluriens thécodonles peuvent exister dans le grès des Vosges aussi bien que dans toutes les autres couches du terrain permien de sir Roderick Murchison, je crois qu'on est moins fondé que jamais à regarder aucune des parties du nouveau grès rouge et des conglomérats magnésiens du S.-O. de l'Angleterre comme plus ancienne que le grès des Vosges.

Les parties les plus anciennes et les plus grossières de ce dépôt me paraissent correspondre au poudingue de Malmedy dans l'Ardenne, que je crois pouvoir rapporter au grès des Vosges; et les faits observés dans le S.-O. de l'Angleterre et dans la Belgique me paraissent concorder avec ceux signalés ci-dessus aux environs de Notlingham et de Derby, pour placer l'origine du Système des Pays-Bas entre le dépôt du magnesian limestone et celui du grès des Vosges.

Si du Devonshire et du Cornouailles nous passons actuellement aux côtes méridionales de la Manche , nous verrons des accidents straligraphiques que toutes leurs allures conduisent à rapporter encore Sku Système des Pays-Bas iouev un rôle assez important dans la presqu'île de Bretagne. Nous avons reconnu dans la structure si compliquée du sol de cette contrée, et dans les dentelures multipliées de ses côtes, des traces plus ou moins évidentes des huit systèmes de dislocations que nous avons étudiés avant de nous occuper du Système des Pays-Bas. Ces dislocations ne se révèlent à l'extérieur que par de faibles proéminences. Les saillies qu'elles peuvent avoir déterminées au moment où elles ont été produites paraissent avoir été rasées postérieurement, ce qui a donné aux horizons de la Bretagne ce caractère de platitude et de monotonie qui fatigue l'œil du géologue. La presqu'île de Bretagne est cependant traversée par une zone où se dessinent des reliefs un peu plus saillants, et où différentes cimes atteignent et dépassent même la hauteur de 400 mètres au-dessus de la mer. Cette zone, remarquable par ses accidents orographiques, s'étend de l'est, quelques degrés nord à l'ouest, quelques degrés sud, depuis les environs de Falaise et d'Âlençon

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jusqu'aux pointes extrêmes du Finistère, la pointe de Saint-Mathieu et la pointe du Raz, au delà desquelles le groupe d'îles que termine lîle d'Ouessant, ainsi que la chaussée de Sein, prolonge en quelque sorte la région accidentée au sein même de l'Océan La côte septentrionale de la Bretagne , presque rectiligne dans son ensemble, de l'île d'Ouessant à l'île de Brchat, et prolongée par le Banc des Minquiers au nord de Saint-Malo, dessine le côté nord delà région accidentée, suivant une ligne dirigée de TE. 10° N. à l'O. 10" S. de Cassini. Une ligne tirée de l'E. 4" N. à l'O. 4° S. de Cassini, depuis la montagne des Avaloirs, près de Pré-en-Pail , qui, sans dépasser la hauteur de 417 mètres , forme la cime la plus élevée de toute la presqu'île et la plus méridionale des montagnes des environs d'Alençon, jusqu'à la crête de la montagne Noire au nord de Gourin (Finistère), dessine le côté méridional de la même zone , dont la direction moyenne est E. T N., 0. 7" S.

L'accidentation particulière qui distingue la zone dont je viens de parler est probablement l'effet d'un phénomène géologique particulier, dont M. Boblaye avait déjà consigné l'indication dans quelques passages de son mémoire sur la Bretagne, cités précédemment, p. 206, et que M. Dufrénoy a signalés plus explicitement dans le 3* chapitre de VExpUcalion de la Carte géologique de la France. Après avoir mentionné deux des époques anciennes de dislocation dont les traces sont les p'.tis manifestes eue Bretagne, M.D'ifrcnoy en distingue une troisième sur laquelle il s'exprime ainsi : « La » troisième, beaucoup plus moderne que les i> deux précédentes , et dont nous ne sau- » rions fixer l'âge géologique, s'est propagée » presque de l'E. à l'O., tirant cependant » de quelques degrés vers le N. La forme » générale de la côte septentrionale de la M Bretagne se rattache à cette cause qui a » influé si puissamment sur la conflguralion » de cette contrée : elle se retrouve dans la » direction de toutes les cimes granitiques » qui la traversent de l'E. à l'O. Elle paraît » le résultat de l'arrivée au jour des gra- » nites qui les composent (1). »

(i) Dufr^'noy . Explication de la Carte sCologiqut àê France, t. I, p. iSi,

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Les masses granitiques se montrent en eiïei en plus grand nombre, et avec des contours plus morcelés, dans la zone accidentée dont nous parlons, que diins tout le reste de la presqu'île; et au milieu de leurs contours festonnés on y voit souvent se dessiner des directions qui tendent vers l'O. 4° à 9" S., et en moyenne ;''. peu près vers 10. 7" S. Ces directions se font particulièrement remarquer dans l'orieniation générale de la masse granitique coupée par la Mayenne, au sud de la ville de M;iyenne, dans le département du même nom; dans celle de la masse granitique qui traverse la partie mériiiionale du département de la Manche, depuis Dernières, à l'E.-S.-E. de Vire (Calvados) jusqu'à Caroles sur la baie de Cancale; dans celle de la série de masses granitiques qui deJuvigny (Manche) s'éleud par le Mont-Tomblaine, le Mont- Saint-Michel et le Mont-Dol, jusqu'à Château-Neuf (llleet-Vilaine); dans la forme générale de la masse granitique de Ilédé; dans l'orientation des limites méridionales des masses granitiques de Dinan et de M(jncontour, de la masse granitique de Quintin, et des massifs granitiques qui s'élèvent au nord de Brest et de l'entrée de l'Iroise.

Cette direction est loin d'être la seule ijui 8e dessine dans les contours et les alignements des masses granitiques de la Bretagne, même dans la zone que nous considérons; mais il existe en Bretagne comme en Cornouailles, et dans beaucoup d'autres pays, des roches graniloïdes de plusieurs époques. Indépendamment des porphyres quarlziferes qui deviennent quelquefois granitoldes , M. Dufrénoy distingue en Bretagne des granités de deux âges différents. Il dit que la postériorité du granité porphyroïde par rapport au terrain de transition est cenaine, et il ajoute que probablement ce graniie est assez moderne, attendu que le terrain bouiiler de Quimper, dont les couches sont contournées dans tous les sens, paraît avoir été bouleversé par des roches qui en dépendent (I).

C'est en effet vers la pointe de la Bretagne, et particulièrement en approchant de Quimper, que les directions dont nous nous occupons se dessinent de la manière la plus distincte.

(i) Dufrénoy, Exf-'icati»n d* la Carte géolosique de la trance, t I, p. 194,

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Ainsi qu'on peut s'en assurer sur la carte géologique de la France , et mieux encore sur les belles cartes géologiques des départements des Côtes-du Nord et du Finisière, exécutées par M. Lefébure de Fourcy , ingénieur des mines, les lignes orographiques et stratigraphiques de la montagne Noire, entre Carhaix et Quimper, la côte méridionale de la baie de Douarnenez, qui forme le flanc septentrional de la presqu'île de Ruz , et diverses lignes straligrapbiques de la presqu'île de Crozon, des environs de Brest, de lacontréeau midi de Belle Isle-en- Terre, etc., courent en moyenne à l'O. 7« S. de la carte de Cassini. Mais a Quimper (lat. 47" 59' 50" N., long. 6» 26' 42" 0.), les lignes de projection de Cassini font avec les orientations astronomiques un angle de 4° 47' 54". De là il résulte que les lignes orographiques et stratigraphiques dont je viens de parler se dirigent, à très peu près, de l'E. Il" 48' N. à l'O. 11" 48' S. du monde.

Or la perpendiculaire à la méridienne de Rothenburg, coupant le méridien de Plymoulh (6" 29' 26 0. de Paris ), ainsi que je l'ai dit ci-dessus , sous un angle de 77" 35' 40", il est aisé de voir qu'une parallèle qu'on lui mènerait par Quimper se dirigerait à très peu près, en négligeant les secondes, de l'E. 12" 23' N. à l'O. 12° 23' S. du monde. La direiiion des lignes orographiques et stratigraphiques dont je viens de parler ne s'écarte donc de la direction du Système des Pays-Bas que de 35', et elle s'en écarte dans le même sens que les lignes stratigraphiques des environs de Mons et de Merthyr-Tydfil. auxijuelles elle estparallèle à 15 ou 16 minutes près.

Il me paraît naturel d'attribuer à ces accidents stratigraphiques, orientésdansleur ensemble suivant la direction du Système des Fays'Bas , l'état de dislocation dans lequel se trouvent les terrains bouillers de Quimper et de Kergogne ( Finistère . Les terrains bouillers de Suint-Pierre-la-Cour (Mayenne) et de Littry (Calvados) , quoique plus éloignés de la bande de terrain dislo()uée par les mouvements récents des gianites, présentent aussi quelques dérangements qu'on peut rapporter à la même époque ; mais ces dérangements n'affectent , i)ab le» dépôts de l'âge du grès bigarré c>

des itiariies iris('es (\\\\ convient une parlie des départemenls du Calvados et de la Manche. Ainsi tout ce qu'on peut constater relativement a l'âge de la série de dislocations qui traverse la Breiagne d'Aleoçon à la pointe du Raz cadre avec sa direction pour la rattacher au Système des Pays-Bas.

Il existe encore , dans plusieurs autres parties de la Krance, des dtslocationsque tout conduit a rapporter au Système des Pays- Bas.

Un gisement de houille sèche, qualifiée d'anthracite, a été reconnu à Smcey (Côied'Ur), où il fait parlie d'une bande de terrain houiller coniuie sur une longueur de 24 kilomètres, de Ruffey (Côte dH)r, entre Courcelles-lez Sémur et Bierre) à Villiersles-Nonains (Yonne . Dans cet intervalle, les affleurements carbonifères se montrent dans tous les vallons qui traversent le terrain d'arkose , et entament les terrains plus anciens sur lesquels ce dernier repose en couches à peu près horizontales. Le terrain houiller, encaissé au milieu des premiers, est recouvert par l'arkose en stratification complètement discordante. Aux recherches de Sincey, les couches carbonifères près du jour plongent au N. ; mais à la profondeur de 150 mètres, elles inclinent vers le sud d'environ 60». Dans leur en semblé elles sont presque verticales. Les affleurements houillers occupent rarement une largeur de plus de 100 à 200 mètres, et sont ordinairement bordés vers le nord par des protubérances d'eurile et de granité à petits grains. La série de ces affleure- Vients forme une bande presque reciiligne, dirigée de l'E. 2" N. à l'O. 2" S. (!) de Cassini. Sincey se trouvant par 47" 26' 40' de lat. N., et par 1» 47' 30" de long. E. de Paris, l'orientation astronomique de ce lieu fait un angle de 1° 19' 10" avec celle de Cassini, d'où il résulte que la bande houillère de Sincey se dirige de l'E. 0" 40' 50" N. à l'O. 0" 40' 50" 0. du monde.

Nous avons vu ci-dessus que la perpendiculaire à la méridienne de Rothenburg coupe le méridien de Mons ( 1° 37' 20' a l'E. de Paris) sous un angle de 83" 54' 4". Une paiallèle a ce grand cercle de comparaison menée par Sincey C(jupe le méridien astronomique sous un angle de 84° 2' ( en

(1) Exeluation de ta Ljrte géologique de la France, t. I , |>. 6112.

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négligeant les secondes ) , ou se dirige de l'E. 5° 58' N. à l'O. 5o 58' S. du monde. Elle forme par conséquent avec la direction de la bande houillère un angle de 5° 17' Celle différence est sans doute assez forte, mais elle est comptée dans le même sens ,. et elle est presque de la même grandeur que celle dont nous avons constaté l'existence au Cornouaillo Je crois qu'elle ne doit pas empêcher de rapporter au Système des Pays-Bas le redressement des couches houillères de Sincey, redressement que sa date relative, en tant quelle peut être déterminée, rapproche d'ailleurs du Système des Pays-Bas, puisqu'il a été effectué entre le dépôt du terrain houiller et celui des premières couches de lias.

Je suis encore porté à rapporter à cette même catastrophe les dérangements multipliés qu'ont subis les couches houillères de Sarrebruck, avant le dépôt du grès des Vosges, qui s'est étendu horizontalement sur leurs tranches, et les mouvements moins considérables que paraît avoir éprouvés le sol des Vosges , entre le dépôt de grès rouge qui n'a rempli que le fond de quelques dépressions , et celui du grès des Vosges qui s'y est élevé beaucoup plus haut, et y a recouvert des espaces beaucoup plus considérables.

Ainsi que MM. dOeynhausen et de Déchen l'ont indiqué depuis longtemps , le gisement du terrain houiller de Sarrebruck paraît être discordant avec celui des assises du terrain de transition. Au pied du Hundsruik, on voit en divers lieux , et notamment à Nonnweiler, sur la roule de Birkenfeld a Trêves , les couches du terrain houiller reposant en stratification complètement discordante sur les tranches des couches inclinées des quartziies , dont la penteS.E. de Hundsrûck est composée(l).

Les couches de terrain houiller sont dirigées en général de l'E. N.-E. à l'O. S.-O. (2). Cette direction est à peu près la même que celle de l'aligneinent général des masses de mélaphyre, qui ont percé le terrain houiller aux environs d'Oberslein et de Kirn. L'une et l'autre ont probablement été déterminées en grande partie par celle de la base méri-

(1) Explication rie la Cuite s^ologique de la France, t. 1, 1>. 698.

(a) Ibid., p. 701.

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dionale des Hundsrûck à laquelle elles sont à peu près parallèles. L'éruption des mélaphyres et le plissement du terrain houilier sont antérieurs au dépôt du grès des Vosges, et me paraissent devoir être rapportés au Système des Pays-Bas , malgré la déviation facile à expliquer que présente leur direction commune.

Les mélaphyres des Vosges me paraissent avoir de grands rapports avec ceux des environs d'Oberstein et de Kirn, et je suis porté à supposer que, comme ces derniers, ils ont fait éruption après le dépôt du terrain houilier, et même après le dépôt de grès rouge, mais avant celui du grès des Vosges (1). L'apparition au jour de ces petites masses de mélaphyre , qui ne jouent qu'un rôle peu important dans le relief général des Vosges, aurait coïncidé avec le plissement des terrains houillers des Pays-Pas et de Sarrebruck, et avec l'abaissement général du sol des Vosges, qui a permis au grès des Vosges de le recouvrir en grande partie.

Le sol de la forêt Noire a présenté dans le même moment un phénomène semblable, et le sol du pays de Nassau a éprouvé en même temps un plissement qui y a contourné les couches dévoniennes suivant une double direction, dont l'une est parallèle à la crête du Hundsrilck , tandis que l'autre, courant à l'O. quelques degrés S., est sensiblement parallèle au grand cercle de comparaison du Système des Pays-Bas.

Le temps et l'espace me manquent pour acheverd'examiner ici, une à une, toutes les autres lignes de dislocation qui, en divers points de l'Europe , pourraient être rapportées au Système des Pays-Bas. Je me bornerai à citer encore une contrée où il joue un rôle très remarquable : c'est le terrain carbonifère du Donetz , dans le midi de la Russie.

Nous avons vu ci-dessus que la perpendiculaire à la méridienne de Rolhenburg, prolongée à l'est, coupe le méridien de Taganrog (36° 35' 57" à l'E. de Paris) par 48° 20' 53 ' de lat. N. sous un angle de 69° 0' 2'', c'est-à-dire, en négligeant les secondes, à 1*> 9' au nord de Taganrog , et en se dirigeant de l'O. 210 N. à l'E. 21» S. Or, si l'on marque sur la carte de sir Roderick

(i) Expticaligm di ta Carte géolosigue de la France, 1. 1, f. 368.

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Murchison nn point situé à l" 9' au N. de Taganrog , et qu'on trace par ce point une ligne dirigée de l'E. 2î« N. à l'O 21" S., on verra d'abord qu'elle passe à peu près par Butschak sur le Dnieper au sud de Kief, et par Troilinska sur la rive droite du Don ; qu'elle représente, aussi exactement que possible, l'axe longitudinal de la région carbonifère ; qu'elle est parallèle à la direction générale de la ligne qui termine cette région le long du cours du Donetz, et à la direction générale de la grande steppe granitique de la Podolie et de l'Ukraine, représentée par une ligne tirée de Saint-Konstantinof à Karakuba.

Mais ce n'est pas tout : si l'on trace cette même ligne sur la belle carte géologique de la chaîne carbonifère du Donetz insérée par M. Le Play dans l'atlas du Voyage dans la Russie méridionale , publié par M. Anatole Déniidufl', on verra qu'elle représente très sensiblement l'orientation moyenne des directions des couches carbonifères que mon savant collègue y a tracées par centaines. Elle les représente très bien en moyenne dans la plus grande partie du terrain carbonifère ; les seules parties de ce terrain qui échappent à la règle sont celles qui, vers le N.-O. , embrassent et percent en quelques points le terrain marno- salifère de Bakniouth. Ici la direction des couches carbonifères dévie généralement, en moyenne, de 18 à 20° vers le N.-O. , et cette exception est une vérification nouvelle et peut-être assez heureuse du principe des direclions.

En elTet, la direction du i'î/s/ème des Ballons, qui, au Brocken, dans le Hartz, est E. 19" 15' S., étant transportée dans la chaîne carbonifère du Donetz, au point où la perpendiculaire à la méridiennede Rothenbiirg coupe le méridien de Taganrog (lat. 48o 20' 53' N., long. 36° 35' 57 " E. de Paris), devient E. 40° 6' S. Elle coupe la direction du Système des Pays-Bas sous un angle de 19' 6', et elle est sensiblement parallèle à la direction particulière suivant laquelle dévient les couches du terrain carbonifère aux approches de Bakmoulh.

M. Le Play représente le terrain gypso-salifère qui remplit le fond du bassin de Bakmouth comme beaucoup moins disloqué que la partie du terrain carbonifère sur lequel il repose. 11 y figure cependant quelques inclinaisons de couches qui se coordonnent

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généralement à la direriion du Système des Pays-Bas, et ne prennent qu'accidentellement celle du Système des Ballons.

MM. Murcliison et de Verneuil ont rapporté au terrain perniien, d'après les fossiles qu'ils y ont trouvés, le terrain gypsosalifère de Bakmouth (I); et la manière dont il est représenté sur la fig. 3, pi. I, du t. 1" de de leur savant ouvrage, suppose qu'il ne partage pas toules les dislocations du terrain carbonifère , quoiqu'il en ait éprouvé [ui-même de très considérables. Toutes ces circonstances s'expliqueront trèssiinpleinent si l'on admet, comme l'indiquent les directions des couches, que le sol de celte contrée a éprouvé deux dislocations, au moins, après le dépôt du terrain carbonifère : l'une immédiatement après le dépôt de ce terrain suivant la direction du Système des Ballons; l'autre après le dépôt d'une grande partie du terrain perinien, suivant la direction du Système des Pays- lias. Cette dernière aurait reproduit en quelques points, dans le terrain permien , la direction du Système des Ballons, comme elle l'a reproduite dans le terrain houiller du Pembrokeshire. Elle aurait façonné la steppe granitique de l'Ukraine et de la Podolie en même temps et de la même manière qu'elle a façonné les contrées légèrement montueuses des bords du Rhin et de la Meuse, et les zones les plus accidentées de la Bretagne et du Devonshire.

La contemporanéité de ces différents accidents exige seulement que l'on regarde le terrain gypso-salifèrede Backmouth comme ne représentant que la partie du terrain permien qui est antérieure au grès des Vosges et au conglomérat magnésien, avec ossements de Sauriens thécodontes des Mendip-Hills, supposition qui me parait en elle-même aussi vraisemblable que toute autre. Les premiers dépôts postérieurs à l'apparilion du Système des Pays-Bas, les conglomérats magnésiens inférieurs des environs de Bristol , les conglomérats rouges inférieurs du Devonshire, le poudingue de Mal medy, les poudingues qui recouvrent le terrain houiller du Palatinat autour des masses de mélaphyre d'Oberstein et de Kirn , le grès des Vosges, etc., forment dans les parties de l'Europe où le Système des Pays-Bas a surtout exercé son influence, un

(i) liusiia in Europe and ilie Uial mounlaim, t. I, p. ii5.

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horizon géognostique très distinct, mais très discontinu. Ces dépôts manquent dans la région du Donelz comme dans beaucou|) d'autres; mais sur les fl.incsde lOural , où l'influence du Système des Pays Bas parait avoir été peu sensible, ces dépôts existent en stratification concordante avec ceux qui représentent le grès rouge et le zechslein ; de sorte que MM. Murchison , de Verneuil et Keyserling ont été conduits à les comprendre tous ensemble dans leur terrain permien.

Indépendamment des autres considérations qui nous ont conduit à les grouper ensemble, toutes les dislocations que nous venons de suivre depuis les pointes S.-O. de l'Irlande jusqu'à la pointe orientale de la chaîne carbonifère du Donelz, ont encore des caractères communs très remarquables. Nulle part elles n'ont donné une grande saillie aux rides qu'elles ont produites. Bien difl"érentes en cela de plusieurs des systèmes antérieurs , et particulièrement du Système des Ballons, nulle part les roches érupîives ne s'y sont élevées à une grande hauteur , et souvent elles sont restées cachées dans les profondeurs de l'écorce terrestre. Peu de systèmes portent aussi évidemment l'empreinte d'une compression latérale. Les plis des couches les plus remarquables ont été des plis rentrants dans l'intérieur de la terre, tels que ceux des terrains houillers des Pays- Bas et du sud des pays de Galles; et l'on peut remarquer que dans ces contrées (abstraction faite de la pointe de Pembrokeshire) les dislocations dont le système des Pays-Bas se compose se distinguent decelles qui forment le système immédiatement antérieur, dont quelques géologues les rapprochent chronologiquement, en ce qu'elles n'ont que très rarement donné passage à ces roches trappéennes dépourvues de quartz (toadslone, whinstone), qui forment presque constamment le cortège des failles N.-S. du système du nord de i Angleterre.

Mais sans donner généralement passage aux roches éruptives, ces plis rentrants et serrés, latéralement ont cependant facilité l'issue de certaines émanations mét.iliifèrcs qui ont imprimé un cachet particulier aux parties de l'Europe que traverse la zone affectée par le Système des Pays-Bas. Je veui parler des émanations magnésiennes

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auxquelles le conglomérat magnésien des en- (iroiisde Bristol et les dolomies de dépôtdu ^lès bigarré et du mnschelkalk doivent leur composition; des émanations zincifères et plomjjifères auxquelles sont dus les dépôts superficiels de calamine , de blende et de galène des Mendip-Hills, des Pays Bas, de la Silésie , etc., et peut-être celles qui ont produit les dépôts de manganèse du Devonshire et de la base méridionale du Hartz. Toutes ces émanations ont commencé à se faire jour immédiatement après la formation du Syslème des Pays-Bas , mais elles ont continué à se développer pendant une assez longue période géologique ; et c'est ainsi qu'elles ont pu produire les dépôts de galène renfermés dans le grès bigarré de Bleyberg, près d'Ain-la-Chapelle , et les dépôts de calamine et de galène renfermés dans le muscheikalk dolomitique de Tornowiiz, en Silésie.

Ainsi que je l'ai annoncé au commencement de ce chapitre, j'ai préféré me borner à discuter la manière dont la direction du Système des Pays-Bas est représentée par le grand cercle de comparaison que j'avais ailtipté provisoirement en 1833, c'est à dire par la perpendiculaire à la méridienne de Fitilhenburg. J'ai fait voir que ce grand cercle satisfait encore à peu près aux observations actuelles. Il est cependant à remarquer qu'il s'en éloigne très souvent d'environ un degré , et presque toujours dans le même sens , d'où il résulte que le grand cercle dirigé à Mons, de l'E. 3° N. à l'O. 5° S. , que j'avais proposé subséqueumient (1), a|)proche plus encore de représeuter la moyenne des observations.

On peut remarquer en outre que la perpendiculaire à la méridienne de Rolhenburg approche beaucoup d'être perpendiculaire su grand cercle de comparaison du Syslème du nord de l'Angleteire , qui se dirige dans le Yoredale au N. 5° 0. Ces deux grands cercles se coupent un peu au nord de Portsnioutli sous des angles d'environ 95° 41', et 84" 19', l'angle aigu étant tourné vers le pôle boréal. Il s'en faut donc de 5"4l' seulement qu'ils ne soient perpendiculaires

(i) Explication de la Carte géol. de la France, t. I, p. 17. l.a ilésisiiation de ce grand cerrie y a été imprimée inrorr.rteinent; on a mis E. 5° S.-O. S* N., Uiidi» «JuM ûU.ut t.. itje E b' N.-O. 5> S,

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entre eux. Ainsi que je l'ai déjà indiqué, et comme je le montrerai plus loin , il serait très naturel que les directions de deux systèmes formés à deux époques immédiatement consécutives se rencontrassent à angle droit ; or si l'on prenait pour grand cercle de comparaison du Syslème des Pays- Bas celui qui passe à Mons en se dirigeant de l'E. 5» N. à l'O. 5° S., cette condition approcherait davantage d'être satisfaite, car la rencontre aurait lieu sous des angles d'environ 94° 50' et 85" 10'. Il ne s'en faudrait donc plus que de 4<^ 50' que les deux Systèmes ne se rencontrassent à angle droit, et cette nouvelle considération se joindrait ainsi à la précédente pour faire regarder le grand cercle de comparaison passant par Mons comme préférable à la perpendiculaire à la méridienne de Rolhenburg.

Il y a par conséquent tout lieu de penser qu'en proposant en second lieu de prendre pour grand cercle de comparaison du syslème des Pays-Bas celui qui passe à Mons en se dirigeant de l'E. 5° N. à l'O. 5" S. , ce qui changeait la direction première de 50 minutes , je me suis rapproché d'autant de la vérité, et j'emploierai ce dernier grand cercle de comparaison , dans la suite du présent travail, de préférence au premier.

Toutefois , ce grand cercle de comparaison ne peut être considéré lui-même que comme provisoire. La détermination définitive du grand cercle de comparaison du Syslème des Pays-Bas exigerait une revue plus complète encore que celle que je viens de faire de toutes les dislocations qui peuvent être rapportées à ce Système, et l'application régulière de la méthode que j'ai développée au commencement de cet article. La présomption que les deux Systèmes doivent être perpendiculaires entre eux peut d'autant moins suppléer à cette détermination rigoureuse, que le grand cercle, dirigé dans le Yoredale au N. 5° 0., n'est lui-même , pour le Syslème du nord de l'Angleterre, qu'un grand cercle de comparaison provisoire , et que ce serait seulement à un grand cerctv de comparaison définitif, et rigoureusement déterminé pour ce système , qu'on pourrait s'attendre k trouver celui du Système des Pays-Bai exactement perpendiculaire.

Le temps et l'espace me mauqnent pour

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pousser plu» loin ici ces recherches , qui duimeraient pour le Système des Pays-Bas un nouveau grand cercle de comparaison dilTérenl des deux précëdeiils, qui probablement ne passerait ni par Roiheriburg, ni par Mons, niais qui sérail irop peu éloigné de Tun et de Tauire pour que l'emploi de l'un ou de l'autre de ces derniers pût conduire, dans la pratique, à des erreurs importantes.

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