‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 7 sur 147 · SOU · texte numérisé non relu

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ceux d'à présent par des particularités inattendues, ou qu'il cherche à étahlir la classification de CCS uuimau\ par une appréciation rigoureuse des caractères qu'il est conduit à leur atiribuer. De semblables méprises avaient eu lieu également au sujet des Haiitheriums, qui sont des animaux marins propres à la période tertiaire, dont on rencontre des débris fossiles dans plusieurs parties de l'Europe; la science en possède malheureusement encore d'autres exemples.

Le crâne du Squalodon ressemble particulièrement à celui des Dauphins, et l'on peut surtout le comparer à celui des Inives ou à celui des Solalies; c'est d'ailleurs ce qu'il est facile de reconnaître par l'examen de la tèle presque entière d'un animal de ce genre que possède le musée de Lyon, et dont M. le professeur Jourdan a fait faire des figures de grandeur naturelle. Toutefois, les dents du Squalodon s'éloignent de celles des autres Cétacés, les postérieures étant bi ou même triradiculées, à couronne épaisse et denticulée, et fort différentes des antérieures qui sont longues, plus ou moins arquées et caniuiformes. 11 y a, au total, quinze paires de dents à chaque mâchoire. Si singulières qu'elles soient, elles ont cependant dans leur apparence générale une certaine analogie avec celle des Platanistes, Dauphins fluviatilesde l'Indus et du Gange; mais cette analogie est encore très éloignée. Elles semblent au contraire, au premier abord, du moins, plus comparables à celles du Zeuglodon (voy. ce mot), genre éteint de grands mammifères marins aussi nommés Hydrarchos, dont les débris ont été recueillis dans les dépôts tertiaires inférieurs de l'Alabama. Le Zeuglodon avait d'abord été pris pour un Reptile gigantesque, et nommé Dasilosaurus, mais les observations de MM. Owen et Muller ont montré qu'il devait être rapporté à la classe des Mammifères.

Cependant les naturalistes me paraissent avoir incomplètement apprécie les caractères qui distinguent le Zeuglodon ou Basilosaure, lorsqu'ils ont considéré cet animal comme appartenant à la même famille que le Squalodon. Quoique pourvu de dents, le Zeuglodon ressemble aux Baleines par plusieurs des particularités qui le distinguent, çt sa taille était comparable à celle de

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ces animaux; mais sa formule dentaire, diverses particularités de son crâne et de ses membres et sa forme cérébrale, à en juger du moins par le moule que j'ai pu obtenir à l'aide d'une portion du crâne de ce gigantesque Thalassothérien que possède le Muséum de Paris, semblent indiquer une similitude plus grande encore avec les Phoques, plus particulièrement avec ceux du genre Otaire. Le Squalodon reste au contraire un véritable Delphinien.

Plusieurs dénominations ont été appliquées au Squalodon, et différentes pièces fossiles, reconnues plus récemment pour appartenir à ce genre, ont servi à l'établissement de plusieurs espèces dont j'ai donné ailleurs l'énuméraiion. A part celui de Phocodon, dont il a déjà été question dans cet article, nous pourrons citer lessynonymes suivants du mot Squalodon : Delphinoides, Pedroni; Crenidelphinus, Laurillard ; Rhizoprion, Jourdan. Il en est peut-être de même pour les g. Stereodelphis et Smilacamphius, que j'ai moi-même proposés. Les g. Macrophoca, Leidy, Cygnorca, Cope, et Colophonodon, Leidy, font certainement aussi double emploi avec celui des Squalodons.

On a trouvé des restes de Squalodons dans différentes parties de l'Europe, et, tout récemment, M. Cope vient d'en signaler aux États-Unis.

J'en connais en France dans plusieurs localités qui sont, outre Léognan déjà cité, Saint-Médard, également à peu de distance de Bordeaux; Sallèles, aussi dans le département de la Gironde; Barie, près Saint- Paul-Trois-Châteaux(Drôme); Castries, Saint Jean-de-Vedas et Béziers (Hérault); peutêtre aussi Uzès (Gard). 11 serait également possible qu'il se trouvât auprès de Lyon.

Les autres pays qui ont fourni des débris analogues sont I.iutz, dans la haute Autriche ; l'île de Malte, si le Phocodon est bien le même animal que le Squalodon; le Crag d'Anvers, en Belgique; la province de G uèdre et Elsoo, en Hollande; et, d'après M. Ray Lancaster, le Crag d'Angleterre.

M. Van Benedeu a consacré un travail spécial à la description du Squalodon d'Anvers, et M. Delforlrie a récemment fourni de nouveaux documents au sujet de ceux de Léognan, doutiladécouvertdeux maxillaires inférieurs, sur lesquels M, Fischer et lui

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ont récemment donne des renseignements.

L'examen de la partie terminale du rostre de l'exemplaire de Barie, conservé au musée de Lyon, m'a permis, d'autre part^ de rectifier sur quelques points la synonymie très compliquée des fossiles de ce groupe, et j'en ai fait le sujet d'une notice oubliée dans les Bulletins de l'Académie royale de Belgique (P. Gervais).

♦ SQUALORAYA ( des deux noms génériques Squalusei Raya), poiss. foss. — (Ri^ iey, Lond. a. Ed. Phil. Journ., HI, 1833).

Voy. SPINACHORINE. (G. B. )

SQUALUS. POISS. — Voy. squale.

*SQUAiMEIXA. iNFus.— Genre de Rotateurs, établi d'abord parBory-Saint-Vincent, admis par M. Ehrenberg dans sa famille des Euchlanidota ou Pulytroques cuirassés, et caractérisé parla présencede quatre points rouges pris pour des yeux, et par un appendice terminal bifurqué. Ce genre nous paraît devoir être confondu avec le genre Lepadella, ainsi que les genres Metopidia et Stephanops, lesquels ne diffèrent guère que par ces prétendus yeux. M. Ehrenberg prend pour type la Squamella braclea et cite comme synonyme le Brachionus braclea de Millier, quoique ce dernier soit représenté avec deux pointes à l'origine de la queue; mais nous pensons que celte espèce doit être réunie à la Metopidia lepadella sous le nom de Lepadella rotundala; elle diffère de la Lepadella palella par l'échancrure bien moins profonde de son bord antérieur. La longueur de ces animaux est de 11 à 13 centièmes de millimètre. (Duj.)

SQLAHÎERIA, Hall. bot. ph. — Synonyme de Lalhrœa Lin., famille desOrobanchées.

SQUAMIFÈRES. bept.— Dans sa classification , M. de Blainville {Bull. soc. phil., 1816) indique sous le nom de Squamifères, sa classe des Reptiles, qui ne comprend que les ordres des Chéloniens, Ophidiens et Sauriens; celui des Batraciens constituant pour lui la classe des Nudipellifera ou Amphibiens. Voy. l'article zoologie. (E. D.)

*SQUA!\IMEI. MAM.— Vicq d'Azyr (Sysi.

anat. des anim. dans l'Encycl. mélh., 1792) donne le nom de Squammei comme synonyme d'EDENTÉs. Voy. ce mot. (E. D.)

SQUAMMIPENNES. poiss. — M. Cuvier a donné ce nom à une famille de Poissons,

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qui comprenait dans sa pensée les six premières espèces de Chœlodon d'Artedi , et lei genres que l'on pouvait former en réunis^ sant auprès de chacune d'elles les espècea découvertes depuis Linné. La dénomination de la famille traduisait le caractère extérieur le plus apparent de ces Poissons. Il reposait sur la disposition des écailles étendues sur la portion molle de la dorsale et de l'anale, et souvent même sur toutes les autres nageoires. Les deux premières impaires que nous venons de désigner ne se distinguer plus du tronc à cause de la continuité des écailles dont elles sont recouvertes. M. Cuvier était d'ailleurs obligé d'ajouter k la diagnose, que le museau desSquammipennes n'est ni renflé ni caverneux comme celui des Sciénoïdes. Cela est nécessaire dans plusieurs Nébris ; les Eques et autres Sciénoïdes ne se distingueraient pas desSquammipennes. Les Hœmulons ont aussi quelque chose d'approchant, mais les nageoires n'ont pas l'épaisseur de celles des Chétodons.

M. Cuvier a séparé cette famille en trois tribus. Dans la première , il a réuni les genres dont les espèces ont la bouche garnie de faisceaux de dents unes et en soie sur les mâchoires seulement; le palais étant lisse. Dans la seconde viennent se placer les espèces à palais lisse, mais avec des dents en carde ou tranchantes sur les mâchoires.

Enfin la troisième comprend les espèces qui ont des dents au palais. Dix-huit genres appartiennent à ces trois tribus.

J'avoue que je regarde la famille des Squammipennes comme tout à fait artificielle ; que les genres de la troisième tribu seraient placés plus convenablement auprès de plusieurs de nos Percoides ; que ceux de la seconde se rapportent à plusieurs de nos Sparoïdes, et qu'alors ou pourrait placer dans les Sciénoïdes les espèces à palais lisses ; les genres de cette tribu conduiraient à ceux des petits Sciénoïdes à six rayons e( voisinsdesPomacentres et Glyphisodons.Ou conçoit que celte manière de voir entraînerait une grande réforme dans la division des Poissons osseux, et qu'on ne peut traiiet cettequestion en quelquesorte que d'une façon accidentelle et à l'occasion d'un article se" paré de ce Dictionnaire. Il m'a suffi de donner cette indication au lecteur pour lui faire connaître ma pensée et ce qui reste à fairfc

sur cette partie de la zoologie. Tous ces genres se lient entre eux, et plusieurs même, comme les Pemplurides , marchent vers d'autres qui avoisiiient certains Scombéroïdes de la tribu des Zeus.

M. Cuvier avait bien signalé l'éloignement qui sépare plusieurs de ces genres , et il faisait remarquer avec raison qu'il n'est pas toujours possible que les rapports des genres soient du même degré; qu'il suffit, pour constituer un arrangement naturel , qu'il n'y ail pas de genres plus voisins a placer entre ceus que l'on rapproche. Cette philosophie élevée est digne de noire maître. Mais c'est en m'appuyant sur ces principes que je me suis demandé s'il n'y avait pas un autre mode de groupe naturel, qui détruisait, à la vérité, une famille établie, mais qui mettait ensemble les genres les plus voisins : c'est ce que j'essaierai de faire dans ma Philosophie ichthyologique. Je n'accepte pas cette famille des Squammipennes, parce que son caractère est, en quelque sorte, négatif, et que les genres réunis , par ce seul caractère de la présence des écailles sur les nageoires impaires, composent des familles artificielles, lorsque l'on est obligé de séparer plusieurs genres de Poissons qui offrent ce même caractère , en saisissant plusieurs autres traits dont l'ensemble les appelle dans d'autres familles.

J'ai réduit la famille des Squammipennes à celle formée par les Chétodons de Linné. On aurait un peiit groupe assez naturel comprenant, avec le genre Chétodon , plusieurs autres qui diffèrent par des caractères souvent peu importants. (Val.)

SQUAHIODERMES {squama , écaille; Jtp^xa , peau ). poiss. — M. de Blainville désigne sous ce nom, ceux des Poissons de sa classe des Gnalhodontes, qui OQt la peau couverte d'écaille8(Blainv.,/ottrn. de Phys., LXXIII, 1816). (G. B.)

SQUAHIOLIJMBRICUS {squama, écaille; lumbricus, lombric), ann. — M. de Blainville, dans un travail sur les Ânnélides. présenté à la Société philomatique de Paris en 1818, a désigné par cette dénomination un genre d'Annélides Chétopodes, de la famille des Lombrics. Les espèces qu'il y rapporte (L. armiger et squamosus ) oat , dit-il, les appendices composés d'un cirrbe,

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d'une écaille pellucide, recouvrant un fascicule flabelliforme de soies; depuis lors, le même naturaliste (Dict. des se. nal., t. LVII) a pris le L. squamosus pour type de son genre Scololepis , et le L. armiger est devenu le genre Scoloplos. Ces deux genres sont placés par lui dans la famille des Néréiscolés. (P. G.)

SQUATAROLA. ois. — Nom générique latin des Vanneaux-Pluviers, dans la méthode de G. Cuvier. Voy. vanneau. (Z.G.)

SQDATIIVE. Sqaalina (nom propre).

poiss. — Sous les noms de Squalina et Squalus en latin , de PtV/i en grec, les anciens connaissaient le poisson que nous désignons sous le nom vulgaire A' Ange de mer ou Angelot , et qui sert de type à ce genre. Pour Linné, l'Ange n'était qu'une espèce du grand genre des Squales; M. Duméril en forma un genre de ses Plagiostomes ; Cuvier l'adopta, et le plaça , parmi les Sélaciens , après les deux genres des Squales et des Marteaux , avant ceux des Scies et des Raies.

Les caractères qui distinguent les Squatines de tous les Squales, sont d'avoir la bouche fendue au bout du museau et non au-dessous; les yeux placés à la face dorsale et non sur les côtés ; la tête ronde; les pectorales grandes et se portant en avant. Ils sont pourvus d'évents , mais manquent de nageoire anale. La forme élargie de leur corps les rapproche des Raies ; mais ils ont les ouvertures .brancbiales latérales, et placées entre la tête eî les nageoires pectorales.

L'espèce désignée sous le nom d'Angelot ou Ange de mer ( Squalina lœvis Cuv. ; Sq. angélus Ris.; Squalus Squalina L. ) devient assez grande; elle est gris-bleu en dessus et blanc en dessous; ses nageoires pectorales très étendues, blanches , souvent bordées de brun, ont un éclat qui contraste avec la nuance bleuâtre du dos, et ont pu être considérées comme des ailes et lui mériter son nom. La chair de ces Poissons est blanchâtre, coriace et sans goût ; leur peau sert de galuchat. Ils vivent dans la fange, et se nourrissent des autres poissons qui s'y trouvent. On dit qu'ils ne craignent pas de s'attaquer à l'Homme.

Une autre espèce de la Méditerranée , le Squalina aculeata, Dum., a une rangée de

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fortes épines le long du dos. Lesueur en a décrit et figuré une belle espèce des Étals- Unis, à peau chagrinée, le Squat. Dumerilii (Acad. des se. nat. de Philadelphie , vol. 1 , p. 225; pi. 10).

Le genre Squaiine sert de type à des groupes, établis dans la famille des Squales, gous les noms de :

SQUATiNiE ( Swains. , Classif. , 1839 ) ;

Squatinini ( Bonap. , Syn. Vert. Sijst., 1837). (E. Ba.)

*SQUATI1VELLA. infcs. — Genre de Systolides ou Rotateurs établi parBory-Saint- Vincent, dans son ordre des Crustodés et ayant pour type le Brachionus cirratus de Muller, que M. Ehrenberg classe dans son genre Slephanops et qui nous paraît devoir être réunie au genre Lépadelle. Cette espèce est longue de 11 centièmes de millimètre et caractérisée par la présence de deux pointes en arrière du test. (Duj.)

* SQUATIMORAJA {Squatina , Ange de mer; Raja, Raie), poiss. — Les anciens croyaient que ce poisson était le produit de l'union de la Raie et de l'Ange, et c'est de cette singulière hypothèse que lui vient son nom latin dont nous donnons ici l'étymologie , et son nom grec de pivoÇaro,- , quia un sens identique {vlv-n, Squatina; PaTo;, Raja). Le nom générique de Squatinoi'aja est donc employé pour celui de Rhinobatus, plus généralement adopté. Au point de vue zoologique, les Rhinobates occupent, dans la famille des Sélaciens, une place intermédiaire aux Squalines et aux Raies , à cause de leur queue grosse, charnue, et garnie de deux dorsales et d'une caudale bien distinctes, du peu de largeur de leurs peclorales et de l'allongement du museau. Une espèce, le R. rlwiobatus, L., appartient à la Méditerranée; une espèce du Brésil , le fi. B/e''!ncus, Scbn., participe, dit-on, aux propriétés de la Torpille. Voy. rhinobate ,

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