‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 95 sur 147 · pélale · texte numérisé non relu

pélale

polypétale 17

Imparfîute

manquaut.

L'auteur considérait comme corolles les périanthes simples colorés; il étendait la dénomination de composée à des fleurs réellement simples, celle de l'Hellébore par exemple, et définissait l'irrégularité beaueoup plus largement qu'on ne le fait aujourd'hui, l'admettant dans les fleurs où l'on n'observe pas un style central, simple et columnaire, où les étamines ne sont pas en nombre proportionnel à celui des divisions, etc. Au reste, il indique seulement £es cadres sans les remplir, puisque, dans ses trois grands volumes, il n'a traité et illustré que trois de ses classes, les onzième, quatorzième et quinzième. H les subdivisa •i'après des caractères tirés d'un autre organe , le fruit, en se servant de la nature du péricarpe et surtout du nombre des loges.

T. xm.

H. Heucher compléta l'œuvre de Rivin, en appliquant son système à un ensemble de genres (Index planlarum horli Vi7-lembergensis, 1711). C'est d'après cet ouvrage qu'on a donné la liste de ces genres réduits à leurs classes. Divers autres auteurs la suivirent aussi, vers cette même époque, en la modifiant chacun à sa manière. Nous citerons seulement Ruppius {Flora lenenis, 1718) qui réunit les composées en une classe unique, et en exclut avec raison celles qui ne le sont pas véritablement.

Chrétien Knaut (Melhodus plantarum genuina, 1716) en adopta les classes, tout en les distribuant difl'éremment. Car il commença par séparer les plantes en deux groupes principaux : l'un où la corolle est d'une seule pièce et dans lequel les fleurs soni

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«impies ou composées ; l'autre où la corolle est composée de plusieurs pétales, et là les six combinaisons de Rivin dans chacune desquelles ces pétales peuvent être uniTormes ou difformes, c'est-à-dire la corolle régulière ou irrégulière. Le système, ainsi modiGé, fierait bien plus naturel dans sa division fondamentale qu'il ne l'est avec sa forme originelle, si Knaut avait bien su définir les fleurs monopétales et n'avait pas compris les apétales parmi elles. Il forma ensuite un second tableau de caractères tirés du fruit, et l'appliqua rigoureusement à chacune de ses classes tirées de la corolle, et au milieu de plusieurs conceptions fausses et singulières, on doit y en reconnaître une juste et plus avancée queson temps, celle qui rejette les graines nues pour n'y voir que des péricarpes monospermes.

La méthode de l'Anglais Jean Ray avait précédé celle de l'Allemand Rivin, puisque, après l'avoir ébauchée dès 1668 pour faire partie d'un ouvrage de l'évêque Wilkins {Real character), il la publia en 1682 augmentée et perfectionnée dans un volume à part {Melhodus plantarum nova). Mais il ne s'arrêta pas là, et ne cessa, jusqu'à sa mort, d'y apporter les améliorations que lui suggéraient soit ses propres études, soit les publications des botanistes contemporains.

C'est ce qu'on voit dans son principal ouvrage {Historia plantarum definita melhodo naturœ vesligiis insistente, 3 vol. in -fol., 1686-1704), et, enfin, dans un autre volume (Melhodus plantarum emendata et aucta , 1703), dernière expression de ses idées systématiques. C'est celle-là que nous suivrons, en faisant remarquer qu'elle a su mettre à profit les découvertes et les conceptions qui se sont produites à cetle même époque; que, si la méthode de Ray, en 1682, précédait celles de Rivin et Tournefort, elle les suivait, en 1703 , et que son éclectisme , si remarquable par sa sagacité , en avait tiré quelques réels perfectionnements.

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Il aurait bieu dû rejeter avec Rivin celte antique division des plantes en arbres et herbes sur le fondement ruineux de laquelle les systèmes se sont obstinés si longtemps à bâtir. Ray, au contraire, crut la justifier par le caractère des bourgeons, manquant dans les herbes, persistant dans les arbres. Il sub- .divise ensuite les premières en vingt-cinq classes ou genres, comme il les appelle, par des considérations tirées successivement: lYa l'embryon, 2° de la fleur, 3° du fruit. QuanJ aux arbres, il sépare d'abord ceux dont les feuilles ont la forme de celles du Roseau ou de l'Iris, et ce sont précisément les monocotylédunés. Il ne fait pas mention, il est vrai, de la structure de leur embryon; mais il avait fort bien distingué le mode de nervation différent dans Iss feuilles des deux grands embranchements des phanérogames, et la coexistence fréquente du défaut de bourgeons latéraux, par conséquent de ramification, avec la présence d'un cotylédon unique. Ensuite il divise les autres arbres (ce sont les cotylédonés) suivant que la fleur s'y présente séparée du fruit ou contiguë à lui, en d'autres termes, suivant qu'ils sont ou ne sont pas diclines ; et, enfin, il les subdivise d'après des caractères tirés du fruit sec ou charnu, semblable à une baie ou à une pomme, ombiliqué (c'est-à-dire adhérent) ou non ombiliqué (c'est-à-dire libre). Il n'a pas signalé et numéroté chacune de ces divisions, au nombre de quatorze, comme autant de classes ou genres; mais il semble leur attribuer cette valeur, par le caractère typographique employé pour la phrase qui résume leur caractère botanique, le même qui a été précédemment employé pour désigner les classes des herbes. II en résulterait donc en tout trente-neuf classes , quoique Linné, dans le tableau qu'il en a donné, n'en compte que trente-trois. Voici celui qu'o.. peut tracer d'après l'ouvrage même de Ray, en substituant les termes modernes a quelques termes ancien» et aujourd'hui peu iutelligibles dont il se sert.

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Ray, par de nouvelles subdivisions établies dans chacune de ses classes et qu'il présente presque toujours sous la même forme, celle de tableaux analytiques, arrive définitivement aux genres ; et dans ce travail il s't»ide de considérations tirées de toutes les parties de la plante. Déjà nous avons pu remarquer cet emploi des différents organes dans le tableau général de sa méthode, qui mériterait aiusi ce nom dans son acception la plus généralement admise. L'auteur, par le titre même de son grand ouvrage, nous indique qu'il tendait à la rendre naturelle , c'esti-dire à montrer les plantes suivant l'ordre 4ue leur assigne dans la nature l'ensemble jle leurs rapports; et l'on doit avouer que s'il n'a pas trouvé la vraie route, il s'en est bien souvent rapproché. Sa division des plantes d'après l'absence ou la présence de la fleur, puis du cotylédon simple ou double (s'il l'avait fait passer au premier rang au lieu de la laisser au second), était celle que nous considérerions aujourd'hui comme la plus naturelle incontestablement. Beaucoup de ses classes et des groupes subordonnés offrent des associations naturelles aussi. Un des premiers après son compatriote Grew , il avait reconnu la fonction des étamines dans la fécondation des végétaux, et l'on pourrait en conséquence s'étonnerqu'ayant proclamé l'importance physiologique de ces organes, il ne leur en ait donné aucune en tant que moyen de classiGcation. Mais il est rare que les conséquences des grandes découvertes s'en déduisent immédiatement. Il fallait le temps d'étudier à fond dans leurs diverses modifications, dans leurs divers rapports, les étamines qui, reléguées au rang d'organes simplement excrétoires, avaient jusque là moins fixé l'attention. Les successeurs de Ray ont donc pu mieux que lui connaître et mettre à profit la valeur des caractères tirés de ces organes.

La méthode de Ray fut suivie par son Hève et ami Samuel Dale dans la partie phytologique de sa pharmacologie (1690), m nécessairement il ne cite que les plantes médicinales. Elle le fut aussi par Christophe Knauth, qui y proposa quelques (liangements assez peu heureux et n'y fit pas entrer les perfectionnements apportés Kcemrncut par l'auteur lui-même à l'époque de sa publication {Enumeralto plan-

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tarum circa Halam spontè provenientiumf 1687).

Paul Hermann démontrait les plantes du jardin de Leide , d'après un ordre systématique qui semble combiner ceux de Morison et de Ray, ordre dont ses leçons recueillies par un de ses élèves, Lothaire Zumbach (Florœ Lugduno-batavœ flores, 1690), nous donnent la connaissance, présentée il est vrai assez confusément, parce que les démonstrations s'étaient réglées d'après des nécessités de saison qui intervertissent l'ordre graduel du simple au composé. 01. Rudbeck rétablit en partie et modifia cet ordre dans une dissertation inaugurale (1690) ; et c'est d'après lui que Linné en a donné le tableau, beaucoup plus net que l'original, mais qui y ajoute peut-être. Quoi qu'il en soit, il est aisé de voir que Hermann divise les plantes en herbes et arbres, les premières en pétalées et apétalées , les pétalées d'après les caractères du fruit gymnosperme ou angiosperme , et dans chacune de ces divisions d'après les éléments de ce fruit , éléments qui sont des graines nues, des capsules ou des siliques. En dernière analyse on retrouve beaucoup des associations et des noms même de Morison et de Ray. Linné y compte 23 classes; il y en à certainement beaucoup plus dans Zumbach.

C'est ici qu'on doit citer aussi la méthode de Boerhaave , quoique publiée plus tard {Index planlarum horti Lugduno-Balavi , 1710 et 1727); car c'est, à très peu près, celle de Ray, si ce n'est que quelques classes y sont interverties, quelques autres réunies ou au contraire divisées ( comme celles- des herbes dicotylédonées à fruit capsulaire), et que plusieurs y sont désignées par d'autres noms nouveaux.

Ce fut en 1694 quePitton de Tournefort, professeur de botanique au Jardin de Paris, publia ses éléments où est établie sa célèbre méthode. Cet ouvrage, qui expose les genres rangés d'après cet ordre nouveau, avec leurs caractères, et rapporte à chacun ses espèces simplement indiquées par le nom ou la phrase qui servaient à les désigner dans les auteurs, reparut plusieurs années plus tard avec de nouveaux développements et en latin { InslUuliones rei herbariœ, 1700). Tournefort conserve la division générale en. berbes et arbres; toutes les autres portent

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lur la cofolle, son absence ou sa présence, et dans les cas de beaucoup les plus Tréqueuts où elle existe , sur sa composition et

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principalement sur sa forme. C'est donc la un véritable système, puisqu'il se fonde sur une seule partie de la plante.

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