METHODE DE TOURNEFORT
d. HEllBF.sonsou5-arbrisscaux
munis de fleurs
pelai. es
simples
monope'tales
régulières
campaniformes. .
iuluinlibuliformes
ou rotacées.
irrégulières [anomales. . . .
Ilabiées. . . .
polypétales
régulières
cruciformes. . .
rosacées. . . .
en ombelle, . .
carvophyllées. .
l.liacees. . - .
irrégulières [ papilionacées . .
lanomales. . . .
compose'es. . . .
.... flosculeuses. . .
semi-flosculeuses.
radiées ....
apétales
dépourvues de
fleurs
^lanetale
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nnlvno'lnloc
1 régulières, lirrcgulière
■ r- IV
papilionacées .
Ces classes sont subdivisées ensuite en sections, soit d'après des mudiCcalions secondaires de la forme de la fleur, soit, dans quelques cas, d'après la réunion du fruit et de la fleur ou leur séparation (fleurs diclines), soit enfin, et le plus souvent, d'après l'origine du fruit dérivant du pistil ou du calice (libre ou adhérent), ou d'après sa nature. Plusieurs de ses sections ou même des classes entières forment des groupes assez naturels; leur coordination générale pèche, d'abord par sa base comme la plupart des Byslèmes déjà cités, ensuite par le mélange fréquent des monocolylédonées et dicoiylédonées, enfin par le défaut de gradation régulière dans la série où nous voyons par exemple les cryptogames intercalés aux phanérogames. Un autre inconvénient est 'impossibilité, dans beaucoup de cas , de définir assez rigoureusement la forme de la corolle, pour qu'on sache à laquelle des classes elle doit précisément se rapporter; d'autant plus que le périanthe simple coloré, notamment celui de la plupart des monocotylédonées , est unç corolle pour Tournefort.
La méthode de Ray comparée à la sienne est incontestablement beaucoup plus philosophique : et cependant Tournefort a eu sur la marche de la science une influence plus grande, plus heureuse. Il est facile de se l'expliquer, par l'élude de leurs ouvrages. Dans ceux de Ray, les genres ne sont que peu ou point définis, et mal circonscrits, de telle sorte qu'ils comprennent sous un nom commun une foule d'espèces qui ne sorA pas véritablement congénères. Tournefort le premier sut établir des définitions et des circonscriptions avec une rigueur réellement scientifique, et y rapporter aux genres leurs véritables espèces. Il procéda dans ce travail d'après des lois bien fixées. Il reconnaîtdans les plantes cinq parties fondamentales, la racine, la tige, les feuilles, la fleur, le fruit avec la graine. La similitude dans toutes ces parties entraînerait l'identité spécifique ; ce n'est donc que la ressemblance d'un certain nombre d'entre elles qui constitue le genre, et il s'attache à démontrer que c'est celle de la fleur et du fruit, ou d'une de ces deux parties combinée avec une des trois autres, mais que ce dernier procédé ne doit
être suivi que dans les cas les plus rares et donne des genres d'une valeur secondaire. Les plantes dépourvues de fleur et de fruit doivent être classées en genres d'après les organes les plus remarquables qu'elles présentent; dans celles qui ont fleur et fruit, il faut toujours avoir égard à l'un et à l'autre, s'y borner lorsqu'ils offrent des distinctions suffisantes; sinon appeler à son secours des caractères accessoires, comme le mode de croître, le port, etc. ; rejeter de la définition générique les caractères superflus et ne pas s'inquiéter de l'étymologie du nom. Il termine enfin par cette restriction philosophique que ces lois peuvent souffrir des exceptions et que c'est au sentiment du botaniste à les admettre quelquefois. Quant aux espèces, les caractères rejetés comme n'étant pas d'une valeur générique en acquièrent une véritable pour leur distinction. Ces règles si sagement posées par lui, il les suivit fidèlement, et les vérifia dans toutes les plantes qu'il examina par lui-même tant dans ses nombreux voyages que dans le riche Jardin qu'il dirigeait. Enfin , aidé par un dessinateur habile, Aubriet, il représenta à la suite de ses éléments ou dans des dissertations séparées, les caractères de ses genres, au nombre de 700 à peu près, tels qu'il les traçait dans cet ouvrage, qui par cette double clarté des descriptions et des figures, donna à la science un modèle nouveau , à l'étude un secours sûr et facile. Il est à regretter qu'il ait négligé la structure intime de la graine dont Ccsalpin et Ray avaient poussé assez loin la connaissance et fait un heureux usage, et qu'il ait attribué aussi peu d'importance aux étamines que, malgré les découvertes déjà proclamées, il persistait à considérer comme des organes destinés à excréter les parties inutiles des sucs élaborés par la corolle pour la nourriture du fruit. Il ne les emploie en général que pour les genres apétales, mais d'une manière extrêmement vague, sans préciser leur situation , leur forme, leur nombre même. Quoi qu'il en soit, véritable fondateur des genres, il posa les bases sur lesquelles doit s'élever tout système général et prépara ainsi les travaux plus parfaits de ses successeurs.
L'école botanique du Jardin de Paris fut disposée par lui suivant sa classification et l'a
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conservée jusqu'en 1774. Cette classification fut adoptée, ainsi que sa méthode descriptive , par beaucoup de botanistes et dans de nombreux ouvrages parmi lesquels nous n'en citerons que deux des plus importants : l'/Zistoù-e des Plantes du midi de l'Europe publiée d'après le père Barrelier, par Antoine de Jussieu(1714), et celle des Plantes de l'Amérique par Plumier (1703). Celui-ci, averti par l'étude de ces végétaux des tropiques, rejeta sagement la division en herbes et arbres. Un professeur de Padoue, Jules Pontedera (Dissertationes bolanicœ, 1720) proposa, sans les appliquer, diverses modifications à la méthode deTournefort; une, assez heureuse, dans l'ordre général qu'il fait mieux procéder du simple au composé; plusieurs, qui sont des combinaisons un peu dilTérentes de classes ou de sections, auxquelles, en leur donnant plus d'unité systématique, il enlève leurcaractère naturel et pratique; la plupart qui ne consistent qu'en de simples changements de noms.
Un botaniste français contemporain de Tournefort , Pierre Magnol , professeur à Montpellier, mérite d'être cité dans l'histoire des systèmes pour deux essais dont on connaît le projet plutôt que l'exécution complète. L'un ne parut que dans un ouvrage posthume ( Novus character planlarum , 1720), et est généralement présenté comme fondé sur le calice. Mais , sous ce dernier nom , l'auteur comprend deux parties fort différentes : le calice externe (qui est le véritable), et l'interne qui est le péricarpe. Le dernier manquera quand il n'y aura que des graines nues ou absence de graines ; de plus , il pourra envelopper ou soutenir la fleur (c'est-à-dire être infère ou supère); il se présentera seul, quand il n'y a pas d'enveloppe florale ou qu'elle est colorée : souvent ils existeront tous deux à la fois. De là trois divisions pour les herbes et autant pour les arbres; les premières subdivisées d'après la corolle: en tout 15 classes. On voit donc que ce système prétendu calicinal s'appuie également sur des considérations tirées du fruit et de la fleur. Cette confusion du calice et du péricarpe , du périanlhe simple coloré avec la corolle , et l'application de notions imparfaites sur les fruits, l'eussent rendu d'un usage fort difficile, si jamais on s'en était servi. Cer)endani Linné lui a donné
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des éloges en en présentant le tableau , et c'est pourquoi nous avons dû le rappeler.
Magnol s'est fait plus d'honneur par un essai de classification antérieur, qu'il annonçait devoir appliquer à une liistoire générale des plantes {Prodromus historiœ generaUs planlarum, in quo familiœ planlarum per tabulas disponuiilur, 1709 ). Cet emploi du mot de familles pour désigner des groupes de genres rapproc'nés par un ensemble de caractères communs , et qu'il compare aux familles de la société humaine; quelques principes assez sages de cette classification naturelle exposés dans la préface : tels sont les litres de ce petit ouvrage à des éloges peut-être exagérés. En etfet , ces principes sont encore extréniemenl vagues , et si l'on examine leur application , on voit que les 76 familles établies par Magnol ne présentent pas des combinaisons plus parfaites que celles qu'on trouve déjà dans Morison, Ray et Tournefort , et que, désignées ici par quelques mots seulement, elles étaient bien plus complètement caractérisées par ces au- Ires auteurs. Enfin ce nom heureux de familles, si généralement adopté depuis, n'était pas entièrement nouveau, puisque dans un ouvrage imprimé en 1628, les Tabulœ phytoscopicœ du prince Frédéric Cesi , on le trouve déjà proposé, avec quelques apho rismes assez justes sur les rapports des plantes, rapports multiples, qui, quoiqu'ils forment une chaîne, rattachent à divers degrés chaque classe ou chaque plante à toutes /es autres, et permettraient ainsi de grouper diversement les chaînons : ul in manipulas alios alque alios colligentur,
La doctrine du sexe des plantes s'était répandue et confirmée par les recherches et les expériences de plusieurs botanistes au commencement du xvui* siècle. Une conséquence nécessaire de la détermination des organes qui concourent à la fécondation, devait être l'importance donnée à ces organes , les étamines et le pistil , reconnus dès lors comme les parties essentielles de la fleur. Considérés, soit en eux-mêmes, soit dans leur rapport mutuel , ils pouvaient fournira la classification une base nouvelle. Cette utile application d'une vérité récemment reconnue n'échappa point à un botaniste allemand , J. Henry Burckhard , qui , diin» une lettre adressée, dès 1702, à l'il-
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lustre Leibnitz , discuta les principe» de la classification des plantes, et insista sur la valeur des caractères que fournissent les étamines. Après avoir exposé, fort bien pour le temps, leur structure, celle du pollen et celle du stigmate, ainsi que les diverses manières dont on peut concevoir leur action réciproque , il montre que ces étamines se présentent combinées de même dans un même genre , et même dans tels groupes incontestablement naturels formés de plusieurs genres; qu'elles diflerenl, au contraire, dans des genres ou groupes différents; il signale, par exemple, leurs combinaisons qu'on a désignées plus tard sous les noms de didynames, tétradynames, syngenèses, monadelphes ( telles qu'on les voit dans les Malvacées, ou telles que dans les Papilionacées) ; leur nombre dilTérent, mais constant, dans un grand nombre de plantes et souvent en rapport avec celui des pétales. Il en conclut que les divisions principales doivent être tirées du nombre et de la configuration des étamines , les secondaires de la structure diverse du style : Genus summum à vesicularum seminalium numéro et configuralione , suballernum vero à diverse vaginœ structura desumplum fuerit. -Cependant , retenu encore par l'autorité de ses prédécesseurs, il veut conserver en première ligne le partage en arbres et herbes, puis en seconde les caractères de la corolle tant qu'elle existe, et ce n'est que pour les apétales qu'il propose ceux des étamines : eo quoi il se montre inconséquent à ses précédentes observations , puisque c'est précisément dans des groupes de plantes pétalées qu'il a constaté ces combinaisons remarquables et constantes dans leur variété de l'un à l'autre.
On trouve là certainement le germe du célèbre système sexuel de Linné. A-t-il connu celle lettre de Burckhard , qu'il n'a jamais citée , et qui , fort peu répandue à son apparition , ne l'a été plus tard (1750) que par la réimpression qu'en fitHeisterdans un but évidemment hostile à sa gloire? Estil arrivé par ses observations directes aux mêmes conséquences , qu'il a su et osé appliquer complètement à la classification ? C'est ce qu'il est difficile de décider, et ce qui importe assez peu. Linné trouva la science botanique dans un état de confusion
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non dépourvue, mais, au contraire, plutôt encombrée de notions et de règles diverses , parmi lesquelles il sut habilement choisir, les mettant en lumière ou rejetant dans l'ombre , et surtout les combinant et complétant , de manière à réunir en un corps des parties éparses , et donner la vie à ce corps. Son génie éminemment éclectique, caractère que, peut-être, on ne lui a pas assez reconnu, usa de son droit en s'appropriant toutes les idées qui lui semblèrent vraies dans la foule de celles qu'il rencontra autour de lui ; il les fit siennes d'abord, puis celles de la généralité des botanistes à force de talent et d'autorité. Ses sectateurs aveugles ont dit qu'il avait tout inventé; ses adversaires ont nié ses inventions , et, suivant une tactique trop commune , ils sont allés en rechercher les germes déposés autre part. S'il y avait, en effet, pris ces germes, il les avait fécondés, fait éclore et vivre, et placé ainsi son nom le premier en ligne , sinon en date, dans l'histoire de la découverte.
Mais nous n'avons à nous occuper ici que d'un des nombreux travaux de Linné, celui qui, à tort, peut-être, a le plus contribué à sa renommée, ce système des plantes qui parut, en 1735, dans des tableaux où , sous le titre de Syslema nalurœ , il présentait tous les êtres de la nature rangés dans un ordre nouveau. La curiosité put être éveillée non seulement par cette nouveauté , mais par l'originalité métaphorique de la rédaction , qui , à côté des caractères en langage technique , offrait leur traduction en langue vulgaire : dans laquelle les élarnines devenaient des époux , les pistils des épouses, avec la fleur pour lit nuptial et la plante pour domicile conjugal , avec leurs habitudes et leurs rapports divers quelquefois un peu trop hardiment exprimés. Ces tableaux se bornaient à l'énumératiun des noms des genres rapportés à leurs ordres. Mais bieutût après ( Gênera plantarum ,
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1737), leurs caractères furent nettement et comparativement exposés dans une langue claire et rigoureuse, dont les lois étaient en même temps fixées par un autre ouvrage {Crilica bolanica, 1737 ). Plus tard il compléta son oeuvre en y faisant entrer toutes les espèces alors connues rapportées à leurs genres (Species p/antarum , 1753), chacune désignée d'après sa nomenclature binaire , qui réduit leur nom à deux mots ( l'un substantif pour le genre , l'autre adjectif pour l'espèce), chacune caractérisée par une phrase courte, qui met en saillie les différences qu'elle présente comparée à ses congénères: de telle sorte que, par une suite d'éliminations successives , chaque plante peut être facilement rapportée à sa classe , dans cette classe à son ordre, dans cet ordre à son genre , dans ce genre à son espèce. Toutes ces réformes , fortifiées l'une par l'autre , furent adoptées par la pluralité des botanistes , qui classèrent , d'après le système linnéen , toutes les plantes nouvelles à mesure qu'on les découvrait. Il existe donc une foule d'ouvrages rédigés d'après lui, dans le courant du xviii* siècle et jusqu'à nos jours , et même la plupart des traités généraux ou species ont paru sous le titre de nouvelles éditions du sien , leurs auteurs ayant mis leurs noms sous le patronage de ce grand nom, et paraissant s'être réduits au rùle d'éditeurs. Nous nous contenterons de mention nerceux de Persoon, deGmelin, deWilldenow , de Sprengel , de Rœmer et Schultes. Citer tous les ouvrages particuliers, tous ceux qui sont destinés à faire connaître les plantes d'un pays, ou d'un jardin, ou d'un herbier, dans lesquels on a suivi le système sexuel , serait un travail beaucoup trop étendu ici , et plutôt du domaine de la b ibliographie.
Les classes de Linné se fondent sur les rapports des étamines, soit entre elles , soi t avec le pistil , rapports que fera facilement connaître le tableau suivant :
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SYSTEME DE LINNE.
Etnmincs
el
pist
touiours
I dunis dans