‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 98 sur 147 · Hypostamiuées · texte numérisé non relu

Hypostamiuées

Iep'gyies périgynes hypugynes

Ihypogynes 8. , Hypocninllées.

périgynes 9. . Peiicoiolléps.

lépigynes. — Anlhèreslsoudéesenlreell îs, 10. . EpicoroUées synanlhèies.

|disliuctes i\. . EpicoroUées corisanlhèics.

Polypélales.. lépigynes 12. . Epipétale'es.

hypogynes 13. . Hypopétalées.

I périgynes 14. . Péripétalées.

Diclines 15. . Diclines.

Cette partie systématique du grand travail d'A.-L. de Jussieu a été souvent attaquée et modifiée, non pas dans sa division fondamentale, admise universellement, mais dans ses divisions secondaires, tirées de l'insertion des étamines. On leur a reproché d'admettre beaucoup d'exceptions, de contrarier plusieurs rapprochements naturels et d'en amener quelques uns qui ne le sont pas. Ces reproches sont quelquefois justes; mais cependant, quoiqu'un demi-siècle entier se soit écoulé depuis l'établissement de cette classification, et que bien des essais aient été tentés pour en substituer une meilleure, nous ne voyons pas qu'on ait jusqu'ici trouvé beaucoup mieux, rien du moins que justifie l'adoption de la généralité des botanistes.

Au reste, un grand pas vers l'établissement de la classification naturelle était fait; 'c'était celui de familles qui méritassent ce

nom, et c'est ce qu'exécuta A.-L. de Jussieu. H semble avoir signalé lui-même cette distinction des deux parts dans son œuvre, par le titre même de son livre qui annonce les genres disposés en familles naturelles, suivant une méthode employée au Jardin de Paris [Gênera plantarum secundùm ordines nalurales juxta melhodum in horlo regio Parisiensi exaratam). Il appliquait donc l'épithète aux familles et non à la méthode tout entière. Mais en exposant le premier les principes qui doivent présider à la classification,* non seulement des plantes, mais de tous les êtres organisés; en donnant, par les familles dans lesquelles il distribuait les végétaux et qui, pour la première fois, se trouvaient clairement et nettement définies, une base solide en même temps qu'un modèle à la science, il avait fait assez pour qu'on pût dater de ce moment la fondation de la méthode naturePe qui, dès lors,

TAX

ne fui plus à découvrir , mais à perfectionner.

Ses familles ont été toutes conservées avec les seuls changements qu'amène néressairement le progrès de la science, soit en apprenant à connaître à fond des plantes qui n'étaient connues qu'imparfaitement, soit en en faisant découvrir un grand nombre de nouvelles, pour lesquelles il faut ou former des cadres nouveaux ou élargir les anciens. Mais dans ces cas, si les limites conventionnelles changent , les rapports réelsne changent point, pas plus, par exemple, que ceux de divers points dans une étendue de pays qui, de province unique, serait scindée en plusieurs départements;

A.-L. de Jussieu ne cessa, pendant le reste de sa longue vie, de travailler luimême à ces perfectionnements et de préparer une seconde édition, qui ne devait jamais voir le jour; car les matériaux s'accumulaient à mesure que ses forces déclinaient et que sa vue affaiblie se refusait à des observations poussées à un degré de finesse et de précision de plus en plus élevé. Il se contenta donc de publier une suite de fragments dans de nombreux mémoires, oii il remaniait des familles ou des groupes plus généraux. Mais s'il en admit ou fonda beaucoup de nouvelles, et en modifia souvent la série en quelques points, je ne trouve pas dans ses écrits publiés ou manuscrits qu'il ait jamais changé la base même de son système, soit qu'il y attachât réellement peu d'importance, soit qu'il la trouvât suffisante, confirmé dans ce sentiment par le succès même de sa méthode et par l'habitude.

La connaissance intime des graines était un des fondements des familles nouvellement établies, et Jussieu en avait examiné par lui-même la structure et la germination sur un grand nombre d'exemples, sur tous ceuxque,pendantplusieurs années, le jardin et les collections de Paris purent offrir à ses observations. Mais pendant que son livre s'imprimait, il en paraissait en Allemagne un autre qui lui serait puissamment venu en aide, celui de Joseph Gairtner sur les fruits et les graines {De fructibus et seminihus planlarum, 1788-91). On conçoit toute l'importance de celte publication qui donna à la science la description et la figure exactes

TAX

de mille genres étudies par rapport à ces caractères d'une si grande valeur. Personne ne la sentit mieux qu'A.-L. de Jussieu qui, plus tard , dans une suite de treize mémoires, repassa en revue toutes ses familles, en contrôlant les caractères et la composition de chacune d'elles au moyen des documents nouveaux ajoutés par Gaertner. Celuici profita moins de l'ouvrage de Jussieu qu'il connut dans l'intervalle entre les publications de ses deux volumes; car il modifia à peine, dans le second, la classification qu'il avait établie dans le premier. Il est vrai qu'il n'annonce pas de plus haute prétention que celle d'une méthode purement carpologique et, de plus, s'appliquantseulement aux fruits qu'il a connus et fait connaître. Mais cette méthode, si les caractères du fruit et surtout de la graine eussent été évalués à leur taux véritable, aurait pu se rapprocher, plus que tout autre système fondé sur la considération d'organes partiels, de la méthode naturelle et présenter les genres combinés suivant leurs véritables rapports. Or ces rapports, Gœrtner ne parait pas les avoir clairement appréciés; ce que prouve l'étude de sa classification, dans laquelle il a eu surtout égard à une certaine disposition artificiellement symétrique, elles deux discours d'introduction où il développe ses idées sur la valeur relative de ces caractères. Il y établit fort sagement que c'est de l'ensemble des parties que doivent se déduire les rapports naturels; que, parmi ces parties, les fruits et graines, plus uniformes que celles de la fleur, doivent en conséquence fournir des caractères plus généraux ; mais il n'a pas vu, ou du moins signalé, leurs divers degrés de corrélation nécessaire , qui ne lui eût pas échappé s'il avait étudié sur la nature les unes aussi bien que les autres. Il admet deux ordres de caractères carpologiqueset spermatologiques: les uns communs à des familles tout entières ou au moins à des genres,. les autres beaucoup plus variables et conséquemmenl réduits le plus souvent à une valeur spécifique. Dans le premier ordre il place la situation des parties ( péricarpe, loges, placentaire et radicule); la forme du placentaire portant des graines en nombre défini ou indéfini; la nature charnue de l'arille et du test; l'absence du périsperme ou son grand dèvelop-

TAX

pemenl; la direction de l'embryon, droite ou remarquablement courbée; la différence de forme entre les cotylédons: dans la seconde, la consistance du péricarpe, du réceptacle commun et du périsperme; la grandeur et l'épaisseur de ce périsperme; les courbes ou plis moins prononcés des cotylédons; l'absence ou la présence delà plumule. Dans sa distribution systématique, il distingue d'abord les plantes en acotylédo- Dées , monocotylédonées et dicotylédonées, en faisant toutefois remarquer que cette distribution n'est pas toujours bien nette , et que souvent les unes passent aux autres. C'est que, pour les exemples par lesquels il croit justifier cette assertion, il a commis précisément autant d'erreurs , citant des embryons cotylédonés pour acotyléduiiés, tandis qu'il n'a pas étudié la ructilicalion des véritables cryptogames (à l'exception du Cbara), et admettant parmi les monocotylédonées des graines généralement reconnues aujourd'hui pour appartenir aux dicotylédonées. Les considérations qu'il emploie ensuite sont dans leur ordre .successif: la position du fruit supère ou itifère; la direction de la radicule infère, supère , centripète , centrifuge ou vague {c'est à-dire ne se tournant rigoureusement ni en Laut de la loge , ni en bas, ni en dedans, ni en dehors) ; le fruit simple ou compose (monocarpées et polycarpées); lesgraines pourvues ou dépourvues de périsperme (albuminées et exalbuminées); l'embryon droit ou courbe; la consistance diverse du péricarpe et sa déhiscence. Il continue à distinguer des gymnospermes et des angiospermes. Lliacune de tes divisions présente les mêmes roupes symétriquement répétées, ainsi que nous l'avons dit. Gaertner a fourni à la science une masse considérable de faits beautoup plus exactement observés et figurés l|u'il ne l'avaient été avant lui. Proclamons loute notre reconnaissance pour ce grand service par lequel il a aidé à fonder quelques unes de nos lois, s'il n'a pas pris luimême le rang de législateur.

L'influence que devaient exercer sur la marche de la botanique les principes et le modèle donnés par A.-L. de Jussieu, ne se fit pas sentir immédiatement, soit que les esprits fussent détournés de ces paisibles spéculations par le grand mouvement qui

TAX

agita toute la fin" du xvni* siècle, soit que le développement de la doctrine nouvelle exigeât dans ses adeptes des intelligences jeunes et neuves ,■ initiées par une étude longue et approfondie. Nous ne trouvons dans les dernières années de ce siècle que l'ouvrage de Ventenat ( Tableau du règne végétal selon la méthode de Jussieu, 1798), «lu'on ne peut guère considérer que comme une traduction française du Generd planlarum avec des modifications de peu d'importance.

Nous devons citer cependant quelques botanistes français contemporains e* ami? de Jussieu, qui adoptèrent ses idées et confirmèrent les bases de sa méthode: Desfontaines, par l'observation de la différence qu'offrent dans leur structure et leur accroissement les tiges des monocotylédonées et celles des dicotylédonées; Louis-Caude Richard, en constatant que les graines des unes et celles des autres présentent dans leur germination une différence également essentielle (endorhizes et exorhizes). Celui-ci contribua surtout au progrès, en portant dans l'analyse des parties de la fleur et du fruit une précision et une exactitude jusqu'alors inconnues, et rendant l'iconographie botanique, ainsi perfectionnée, un puissant auxiliaire de la description dont elle abrège et éclaircit merveilleusement l'étude. Son analyse des embryons endorhizes ou monocolylédonés, et ses mémoires sur plusieurs familles, malheureusement trop peu nombreux, sont restés des modèles en ce genre.

Dans les cours du xix' siècle, l'arrangement des plantes par familles est devenu d'un emploi de plus en plus général et s'est substitué aux anciens systèmes dans la plupart des ouvrages de quelque importance.

Il fut appliqué par De Candolle le premier à l'ensemble des végétaux indigèneiî (Flore française , 180c,) , par M. Robert Brown {ProdromusFlorœ novœ Hollandiœ, Londres, 1810), et par M. Kunlh ( Nova gênera et species plantarum quas ad plagam œquinoctialem orbis novi coUegerunt A. Bonpland et Al. de Humboldt, 1815-1825 (1)),

(ij Tous les détails analytiques des figures, si nombreus e\ si exacts dans rtt ouvrage, ont été dessim's par Tautt-ui lu»mêmi-, quoiqu'ils poitent le nom de M. Turpin , au piocian duquel on doit seuleinent la 6gcie générale de chtqtw plante-

TAX

h nn ensemble de végétaux exotiques. Dans ces trois flores, l'ordre de Jussieu est encore suivi assez fidèlement, cependant avec des modifications et perfeclionnemenls qui dans les disciples font reconnaître autant de maîtres.

Il l'est dans la Flore française, avec cette seule différence que les diclines sont transportées en tête des apétales ou incomplètes dont elles Tont partie, les polypétalées hypogynes rejetées à la fin, c'est-à-dire après les périgynes. La division des dicotylédonées en plusieurs classes d'après l'absence , la soudure ou l'indépendance des pétales et d'après la triple insertion des étamines, quoique suivie, n'est pas indiquée, et c'est seulement aux trois grands embranchements qu'est appliqué ce nom de classes.

M. Kunth, aujourd'hui professeur à Berlin , résida longtemps à Paris pour la rédaction du grand ouvrage cité plus haut, et put, dans le commerce intime des botanistes français les plus célèbres , A.-L. de Jussieu 8t L.-C. Richard, s'initier à la connaissance approfondie des familles naturelles qu'il a puissamment concouru à propager, ainsi que son illustre maître, le véritable fondateur de la géographie botanique , si étroitement liée à ces familles, M. Alexandre de Humboldt Dans cette flore d'une partie de l'Amérique qu'on leur doit, il n'y a d'autre rbangemen t apporté à la série du Generaplantaruni que la transposition des diclines de la fin au commencement des dicotylédonées. M. Kunth l'a également adoptée dans son Handbuch der Botanik., 1831, destiné à la connaissance des familles qu'il passe en revue au nombre de 260, et , enfin , dans le grand ouvrage ( Enumeralio plantarum hucusque cognitarum secundùmfamilias nalurales descriptarum , 1833-1843), dont la partie jusqu'ici publiée commence par les monocotylédones et ne les a pas encore épuisées.

M. Robert Brown, dans la préface de son Prodrome, s'exprime ainsi : Jussœanam methodum seculus sum , cujus ordines plerique verè nalurales, licet eorum classica dispositio, concedenle auctore non minus candido quam dodo, sœpè arlificialis, etquandoquè, ut mihi videalur , principiis ambiguis innixa. Il ajoute qu'il s'est peu inquiété de la série des familles, qu'avouerait avec peine la na-

TAX

ture, qui lie les corps organiques en un réseau plutôt qu'en une chaîne. Le premier volume du précieux ouvrage que nous venons de citer, commençant aux Fougères comprises parmi les monocotylédones, so termine avec les monopétalées périgynes; ce sera toujours pour les botanistes un profond regret que le second n'ait pas paru. Dans plusieurs mémoires, M. Brown a examiné un assez grand nombre de familles; les rapprochements partiels qu'il y a indiqués doivent être médités , comme tout ce qui est sorti de la plume d'un si grand maître, et d'autant plus qu'il annonce ces combinaisons de plusieurs familles en groupes naturels comme le premier et le grand pas à faire maintenant dans l'établissement de la méthode. Quant à leur ordre général, il déclare s'être conformé à peu près à celui qu'avait tracé De Candolle dans l'ouvrage dont nous allons parler.

Peu d'auteurs se sont occupés de la taxo^ nomie autant que De Candolle , qui avait exposé et discuté au long les principes avec une philosophie profonde et une élégante clarté, dans sa Théorie élémenlaire (1813), et qui les a ensuite appliqués à l'universalité des espèces végétales, dans l'ouvrage le plus completque nous possédions sur elles, el qui est encore en voie d'exécution {Prodromus systematis naturalis regni vegetabiiis, 1824- 1848). Le premier de ces livres présente une Esquisse d'une série linéaire et par conséquent artificielle pour la disposition des familles naturelles du règne végétal , titre dont on peutconclure, ainsi que des considérations préalables, qu'aux familles seules l'auteur attribuait la qualité de naturelles. Il commence par admettre les trois grands embranchements du règne végétal; mais aux caractères tirés de l'embryon il associe ceux de la structure anatomique qu'il a fait prévaloir plus tard , et il emploie les noms d'endogènes et d'exogènes pour définir par un seul mot ces différences essentielles que Desfontaines avait signalées dans les tiges des monocotylédonées et des dicotylédonées, et dans leur mode d'accroissement qui se poursuivrait de l'intérieur à l'extérieur dans les premières, de l'extérieur à l'intérieur dans les secondes : opinion dont les observations modernes ont fait reconnaître la fausseté, de laquelle résulte l'impropriété

TAX

(îeces termes. Ces observations multipliées ont constaté d'ailleurs des exceptions à ces cfiraetères de la structure anatomique, bien plus nombreuses qu'à ceux que fournit l'embryon, et la plus simple suffit pour apercevoir à quel point, dans les végétaux les plus

TAX

voisins elle est modifiée par la durée de la vie du végétal , et par le milieu dans lequel elle s'accomplit. Quoi qu'il en soit, le nombre des classes se trouve réduit à 9, d'après les considérations exprimées dans le tableau suivant:

Page 1