‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 99 sur 147 · ARRANGEMENT DE DE CANDOLLE · texte numérisé non relu

ARRANGEMENT DE DE CANDOLLE

Végétaux

vasciiluires colyléJonés,

cellulaires ou

icolyle'doiiës

exogènes

ou

dicolyle'done's.

. Coi olle j polype'tale. Pétales 1 hypogynes. I Ipéiigjiicss. a

I monopéti.li'. . . .Ipe'rigyiie. . 3

^Ple b

endogènes ] phanérogames 6

ou monocotyle'donés[cryptogames , . ?

Ifoliaces 8

laphylles. ■....., ...9

Dans une seconde édition de sa Théorie (1819), il donne à la première classe le nom de Thalanii flores, aux deuxième et troisième réunies celui de Caliciflores, à la quatrième celui de Corolliflores , à la cinquième celui de Monochlamydées. Il subdivise les Thalamiflores en quatre groupes secondaires qu'il appelle cohortes, d'après une expression proposée par Heister, et qu'il caractérise par l'existence de plusieurs carpelles distincts, lorsqu'il n'y a qu'un ovaire par la placentation pariétale ou axile, et enfin, dans un nombre de cas très borné (il ne l'est pas encore assez), par le fruit gynobasique. Ces subdivisions ont disparu dans une dernière édition posthume (1844), et en partie dans le Prodrome.

On voit que les trois dernières classes tépondent aux acotylédones de Jussieu ; la première à ses hypopétalées, la deuxième à ses péri- et épipétalées, la troisième à ses épi-et péricorollées , la quatrième à ses hypocoroUées, la cinquième à ses apétales et diclines, la sixième à ses monocotylédones. Il pose donc les mêmes bases pour son échafaudage systématique: l'absence ou la présence de la corolle, l'indépendance ou la cohésion des pétales, et l'insertion des étamines, si ce n'est qu'il confond l'épigynique et la périgynique dont la distinction , en effet, est rarement facile; mais il en généralise moins l'emploi auquel il n'a pas recours pour les classes les moins riches en familles. Par contre, il multiplie celles des

acotylédonées, en dehors desquelles on s'étonne de trouver une classe de cryptogames. Une autre diiïérence s'observe dans la marche générale qui procède en sens inverse, c'esl-à-dire des végétaux les plus composés aux plus simples, et a, suivant De Candolle, l'avantage de commencer ainsi par les végétaux qui sont les mieux connus, avantage qui résultait seulement de l'état imparfait de la science, et tend à s'effacer chaque jour Pour établir dans la série des familles celte succession descendante, il « place au pre- » mier rang celles qui ont le plus grand » nombre d'organes distincts et séparés les 11 uns des autres, et, à mesure qu'il voit des 11 familles où quelques uns des organes se M soudent ensemble et par conséquent dis- 11 paraissent en apparence, il les rejette dans » les rangs inférieurs. » Nous reviendrons plus loin à l'examen de ce principe.

L'ordre de De Candolle se voit suivi dans une foule d'ouvrages modernes, sans doute en raison de son mérite, mais aussi peut-être en raison de la commodité, par l'aide que prête à la rédaction de tout livre énumérant une certaine suite de genres ou d'espèces, l'existence d'un ouvrage général, celui que nous avons précédemment mentionné, qui, dans des familles disposées suivant cette même série, présente celle de tous leurs genres et de toutes leurs espèces avec leurs caractères ; comme le système de Linné a dû probablement à son Species et à ses éditions successives le privilège d'être ei longtemps

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«t presque exclusivement suivi dans les ouvrages analogues d'une époque précédente, ainsi , aujourd'hui, la classification de De Candoile offre un avantage très réel, celui d'être dans tous ses détails la plus familière à la plupart des botanistes sectateurs de la méthode naturelle.

Depuis longtemps déjà M. Robert Brown avait indiqué ce qui reste à faire pour arriver à l'ordre naturel. Il avait écrit: « Un arran- » gement méthodique et en même temps » naturel des familles est, dans l'état actuel M de nos connaissances, peut-être impratica- 5» ble. Il est probable que le moyen d'y ar- >> river un jour serait de la laisser pour le » moment de côté dans son ensemble, et de » tourner toute son attention à la combinai- » son de ces familles en classes également » naturelles et également susceptibles d'être » définies. L'existence de plusieurs de ces n classes naturelles est déjà reconnue. «Tels sont, en effet, certains groupes qui, dans quelques cas, ne sont autrechosequedes familles même primitivement établies par Jussieu, sous ce nom, maintenant scindées en plusieurs, comme les Algues, les Rosacées, les Légumineuses, les Urticées ou la classe entière des Synanthérées; et qui, d'autres fois, «e composent par le rapprochement de plusieurs familles distinctes dès le principe, comme, par exemple , des Cypéracées et des Graminées, des Caryophyllées et autres à périsperme central et farineux, etc., etc.

Cette direction indiquée par un des plus grands maîtres de la science, ne pouvait manquer d'être suivie, et elle l'a été, en effet, par la plupart des botanistes qui se sont depuis occupés de la solution du problème de la clas- «ification naturelle. Cependant il n'ont peutêtre pas obéi assez rigoureusement au conseil, puisqu'au lieu de se bornera ces perfectionnements partiels, qui doivent précéder la réforme générale, ils ont abordé les uns et l'autre à la fois. Ilsont essayé de réduire toutes les familles en un certain nombre de ces groupes que M. Brown appelle classes, groupes beaucoup plus limités que ceux auxquels Jussieu appliquait ce nom. L'espace nous manque malheureusement pour exposer ici et définir toutes ces combinaisons, pour l'étude desquelles nous sommes forcé de renvoyer aux ouvrages originaux, dont il nous reste à passer les principaux en revue, en in-

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sistant principalement sur ceux dans lesquels l'application a été portée le plus loin.

M. C. Agardh, dans une suite de thèses^ publiées en Suède, de 1821 à 1826, sousIeS titres A' Ayhorismi bolanici et de Classes plantarum, proposa de tels groupes ou classes au nombre de trente-trois; mais, pour leur composition, il eut égard à des affinités plus susceptibles d'être senties que définies. Ses premières divisions répondent à peu près à celles de De Candoile, avec quelques différences pourtant , surtout dans les noms. Ainsi il appelle acotylédonés les végétaux cellulaires, pseudocotylédonés les vasculaires cryptogames, cryptocotylédonés les endogènes, phanérocotylédonés les exogènes, et subdivise ceux-ci en six groupes d'après l'enveloppe florale simple ou double, l'intérieur monopétale ou polypétale, et, dans ces deux derniers cas, hypogyne, périgyne ou discigyne: ce dernier mode d'insertion, que lui seul a distingué, consiste dans l'existence d'un disque périgynique, ou le plus souvent hypogynique, portant les étamines, et se lie fréquemment à celle d'un gynobase. Il fait passer l'insertion avant la cohésion ou l'indépendance des pétales qui ne lui paraissent pas essentiellement différentes, et de là le mélange alternatif de mono et de polypétales, peu favorable certainement à l'ordre naturel.

C.-J. Perleb a publié, à Fribourg, en 1836 {Lehrbuch der Nalurgeschichte der Pflanzenreich), un arrangement qu'il a reproduit avec quelques modifications, en 1838 {Clavis classium, ordinum et familiarum), et dans lequel 330 familles sont distribuées en 48 ordres ou classes secondaires, rapportées elles-mêmes à 9 classes primaires qui répondent précisément a celles de De Candoile, mais seulement ont reçu des nom» différents et procèdent en sens inverce, c'està-dire du simple au composé (1 . Prolophytœ; 2. Muscosœ ; 3. Filicinœ; 4. Ternariœ; 5. Monochlamydeœ; 6. Thalamanlhœ; l.Calycanthœ;S. Calycopetalœ;9. Thalamopelalœ).

Un autre botaniste allemand, M. F. -T.

Barl]ing{Ordines naluralesplantarum, 18Z0) procède également des cryptogames aux cotylédonées, et admet huit divisions dont les quatre premières (plantes cellulaires homonemées et hétéronemées , vasculaires cryptogames «^ inonocotylédones) ne sont^ autre

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chose que les quatre dernières de De Candolle prises en ordre inverse. Quant aux dicotylédonées, il y distingue les apétales, monopétales et polypétales , et d'abord une certaine division des Chlamydoblastées{c''es.là-dire de plantes dont l'embryon est renfermé dans un sac particulier ou vitellus) , où il a le tort de comprendre, avec les Pipérinées et Hydropeltidées qui offrent en effet cette disposition, ses Aristolochiées composées de plusieurs familles qui ne l'ont pas réellement, non plus que les Chloranthées. Les 60 classes secondaires qu'il distribue dans ces premières, sont caractérisées avec assez de détails, comme on le fait ordinairement pour les familles.

Dans tous les arrangements systématiques que nous venons de passer en revue, nous avons vu les premières divisions se correspondre généralement et comprendre chacune une collection, plus ou moins considérable, de plantes liées par quelques caractères communs, soit de fructification, soit de végétation , ordinairement des deux à la fois. Mais l'étude plus approfondie de l'organisation vérifiée dans un plus grand nombre de végétaux, devait amener la connaissance ;le structures exceptionnelles qui , propres à plusieurs, les rapprocheraient entre eux en les éloignant des autres, et multiplieraient ainsi lesdivisions primairesen donnantlieuà la formation de certains groupes également importants par le caractère, s'ils le sont moins par le nombre. Il est vrai que cette importance peut souvent être considérée comme arbitraire et dépendre d'un point de vue particulier où se place le classificateur. Nous en avons montré un exemple dans la classe des Chiamydoblastées de Bartling, fondée sur l'existence d'un périsperme double, dont l'intérieur constitue un petit Sac auCiur de l'embryon, repoussé à la pointe t'e la graine et au-dessus du périsperme extérieur. Le caractère pris ainsi en j considération, en entraîne-t-il à sa suite plusieurs autres de quantité et qualité suffisantes? c'est là qu'est la question. Or, elle semble devoir se résoudre négativement pour les Chiamydoblastées , même en excluant toutes celles qui ne méritent pas ce luun, puisqu'on n'observe pas entre les l'iuntes ainsi rapprochées (par exemple entre le Poivre et le Nympha;a ) une somme de

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ressemblances qui commande la conviction.

Cette somme est plus considérable entr< certains végétaux parasites sur des racines, ou plus rarement sur des branches, dont l( Cylinus offre l'exemple parmi ceux de notre pays, le Raflesia, si célèbre par sa gigantesque fleur, parmi les exotiques. Ces parasites, par leur axe réduit à une tige extrêmement contractée , ou même à un simple empâtement en ferme de thallus, où le tissu vasculaire, très clairsemé, §e distribue sans ordre bien manifeste, ainsi que par leur embryon consistant en une petite masse cellulaire sans distinction départies, ont paru à quelques auteurs mériter une place tout à fait à part entre les Acolylédonées et les Cotylédonées; et ce groupe a reçu le nom de lihizanthées , parce que la plante semble le plus ordinairement consister en une fleur implantée sur une racine étrangère. D'autres botanistes l'ont admis, mais en le circonscrivant plus étroitement et le faisant redescendre au rang déclasse secondaire parmi celles des Dlcotylédonées, se fondant sur l'existence du nombre quaternaire ou quinaire des parties de quelques unes de ces fleurs, sur la structure des organes de la fécondation, sur l'influence de cette végétation parasite qui peut déterminer pour le bouton sortant de terre des ressemblances extérieures avec les Champignons, mais non de véritables affinités, et modifier les tiges en dissimulant leur véritable type, comme le fait par exemple pour les plantes aquatiques l'action du milieu ambiant.

Le point de vue original sous lequel M. Rob. Brown , le premier, considéra les organes femelles des Cycadées et des Conifères , dans lesquelles il signala, au lieu do pistils, de véritables ovules nus , provoqua naturellement l'examen consciencieux de toutes les autres parties de ces végétaux, si distincts d'ailleurs parleur foliaison et leur port fiénéral. On constata une composition particulière dans leur bois, formé presque entièrement par une sorte de fibres poreuses qui leur sont propres, et, encore à la suite de M. Brown, la pluralité d'embryons dans leurs ovules. La valeur des caractères ainsi liés entre eux était donc bien moins contestable que dans les groupes précédents, et Ai. Âd. Brougniart en fit celui des Gym'

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nospermes, dont il confirma l'établissement par l'étude des fossiles : car, à diverses époques géologiques, ces végétaux paraissent avoir joué dans la flore de notre globe un rôle très important , plus qu'à l'époque actuelle.

Il était utile de faire connaître ces groupes que nous allons voir paraître à un rang plus ou moins élevé dans les classifications qu'il nous reste à examiner.

On en doit plusieurs essais à M. J. Lindley. Nous ne nous arrêterons pas sur le premier {An introduction to the natur al System of botainj, iS30), qui rappelle les divisions de De Candolle, excepté pour les exogènes où le caractère de l'insertion est mis de côté, celui de la corolle simplifié par la réunion des achiamydées aux polypétales, et le groupe des gymnospermes établi en opposition aux angiospermes, dans le sens que nous venons d'expliquer et non dans celui des auteurs plus anciens. Le second essai eut pour titre: Nixus plantarum , 1833; et ce mot, qu'on peut traduire par tendances, était substitué à celui de classes sous lequel , dans toutes les pages précédentes, nous avons, avec M. Brown, désigné les groupes naturels de familles; le nom de classes restitué aux divisions principales au nombre de 5 (les Exogènes angiospermes et gymnospermes, les Endogènes, les Rbizanthées, les Asexuées). La première de ces cinq classes était subdivisée en trois sous-classes des polypétales, apétales ou incomplètes et monopétales; chacune d'elles ainsi que la classe des endogènes en plusieurs cohortes, unissant chacune plusieurs de ces nixus , qui réunissent eux-mêmes plusieursfamilles avant d'arriver auxquelles on trouve ainsi six ordres de groupes subordonnés. Les caractères des cohortes sont tirés de la proportion du périsperme lorsqu'il existe , des rapports d'indépendance ou d'adhérence des

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carpelles entre eux ou avec le calice , de la direction courbe ou droite de l'embryon, etc. Cet ordre fut à peu près reproduit dans une seconde édition du Système natwel de 6otanique, 183G, où le mot de nixus fut remplacé par le nom plus heureux d'alliances. C'est dans ce dernier ouvrage que M. Lindley a proposé des désinences constantes pour les noms qui désignent un même ordre de groupes. On sait qu'on est convenu en général d'appeler chaque famille du nom d'un de ses principaux genres , de celui qu'on peut considérer comme le type autour duquel viennent se rallier tous les autres. Jussieu le mettait simplement au pluriel (les Rosiers, les Cistes, les Géraniums, etc.). Depuis, pour mieux éviter la confusion, on conserva le nom en en changeant la terminaison (Rosacées, Cistinées, Géraniées, etc.). C'est à ces terminaisons variées (en acées, ées, inées, idées, ariées ) que M. Lindley proposa d'en substituer une constante, celle en acées, conservant celle en ées pour les tribus ou sous-divisions naturelles des familles, et la remplaçant par aies dans la désignation des alliances. Les Myrtales seront donc un certain groupe de familles dont celle des Myrlacées fait partie , et les Myrlées une des tribus de cette famille.

L'ouvrage le plus récent de M. Lindley {The vegelable Kingdom., 1846) présente une exposition encore plus développée, de tous les groupes jusqu'aux familles inclusivement, et leur arrangement y est de nouveau remanié et modifié. Le nombre des classes primaires se trouve porté à sept par le dédoublement de la troisième et de la cinquième, leur nom soumis aussi aux lois d'une nomenclature uniforme par la désinence commune en ogènes , leur ordre général ramené du simple au composé, le» subdivisions en cohortes supprimées. Voici le tableau des classes tel que le donne l'auteur.

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