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NOURRICIER

Dans l'embranchement des Vertébrés, la sécrétion de l'urine et son expulsion hors

(l) Voir la dissertation citée , oA cette structure, dans r*te de l'bomoie, e<t figurie avec beaucoup de uettct^.

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du corps contribue essentiellement à celle dépuration. Les sécrétions qui s'opèrent dans les poumons et qui rejettent dans le fluide ambiant respirable, certains principes du sang; qui en prend d'autres en échange, et par la même opération , dans ce même fluide respirable; ces sécrétions, dis-je, servent à la fois à la dépuration et à l'élaboration du liquide nourricier.

C'est à cause de ces rapports fonctionnels entre les organes de la respiration et les organes sécréteurs de l'urine, que je me suis déterminé à décrire ces organes, à la suite les uns des autres, dans le mêine volume des Leçons d'analomie comparée. C'est par les mêmes motifs que j'en présenterai une esquisse dans ce chapitre.

§ 1. Des reins ou des organes sécréteurs de l'urine.

Ils existent sans exception , chez tous les animaux vertébrés, chez lesquels ils sont toujours situés dans la cavité abdominale, et appliqués contre la paroi dorsale de cette cavité, par le péritoine qui recouvre leur face opposée ou viscérale.

Ils s'y portent plus ou moins en arrière ou en avant, suivant leur volume et la place qui leur est laissée par les autres vis* cères.

Les reins étant des organes chimiques, comme le foie, les glandes salivaires, etc., dont la fonction ne dépend pas de leur forme générale, mais de leur structure intime; varient de même singulièrement dans leur forme, du moins d'une classe ou d'une sousclasse à l'autre.

Chez les Mammifères ils ont généralement la forme d'un haricot, de telle sorteque leur bord interne présente une échancrure , ou une fosse, dans laquelle se voit le commencement de leur canal excréteur.

Leurs fœtus, y compris celui del'Homme, ont les reins divisés en reins plus petits, qui se soudent après la naissance en un seul organe.

Par exception, cette division de l'état fœtal se conserve non seulement dans les reins des Mammifères aquatiques, tels que \&Loulre, les Phoques, les Cétacés; mais, encore chez quelques Mammifères terrestres de grande taille , tels que les Ours, le Bœuf '(

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VÉiéphanl. Le Chat en présente des traces par les bosselures et les sillons de sa surface.

Chez les Oheaux les reins sont logés dans plusieurs fosses creusées dans la face supérieure du bassin , oîi ils sont divisés en trois parties, l'antérieure ou iléopel vienne; la moyenne ou pelvienne antérieure et la postérieure ou pelvienne profonde.

'Leur volume nous a semblé plus grand, à proportion , que chez les Mammifères.

Celle différence s'expliquerait, suivant quelques analomistes, par la nécessité de suppléer, au moyen de la sécrétion urinaire, à la transpiration cutanée, qui n'existerait pas chez les Oiseaux. Mais on n'a pas réfléchi que leur urine est très peu aqueuse chez la plupart, et que ce n'est que sous le rapport de l'eau entrant dans leur composition, que ces excrétions peuvent se suppléer, et se balancent chez l'Homme.

Les Reptiles et les Amphibies les ont de forme variée, comme le foie, suivant celle du corps et de la cavité viscérale qui en dépend. Il y montre d'ailleurs constamment des divisions en lobes, profondes ou seulement apparentes à la surface.

Les Poissons les ont très différents dans les trois sous-classes que nous avons adoptées (1).

Dans celle des Sélac<^ns, ils montrent encore par leur form^ ramassée et par leur moindre étendue que dans la sous-classe suivante, des rapports avec les reins des Reptiles et des Amphibies.

Chez Jes vrais Poissons ( les Osseux ) ils ont généralement un plus grand volume que dans les classes précédentes. On les voit s'éiendre contre la face vertébrale de la cavité viscérale jusque sous le crâne, dans une anfractuosité de cette cavité.

La sous-classe des Cyclostomes les a d'une forme toute particulière, en ruban; ils y sont enveloppés complètement par le péritoine.

La structure intime des reins se compose ssseritiellement de canaux sécréteurs et mo- ^jificatcurs, et de vaisseaux sanguins qui le;u- ap;jortent les matériaux de leur sécrétion.

Dans les Mammifères , les canaux sécré-

h) Voir notr» tableau des classe' du règne animal à In fin <h î'At'tiçH fftorAftATiOH de cet ouvi(ij<i.

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leurs forment la substance corticale oii extérieure des reins , et les canaux modificateurs la substance dite médullaire, parce qu'elle est centrale et entourée par la première. Celle-ci est plus rouge et montrs par sa couleur, qu'elle est pénétrée de plui de vaisseaux sanguins ; l'autre est pâle comparativement.

Les canaux sécréteurs sont des tubei membraneux, dont l'origine est un cœcum ou un cul-de-sac. Ces tubes se contournent, et se replient en nombreuses circonvolutions, dans la partie corticale du rein , jusqu'à la partie médullaire. Ici ils se redressent immédiatement, se réunissent successivement en tubes plus gros, qui convergent par faisceaux distincts vers la partie moyenne du bord interne du rein, pour se terminer dans les mamelons plus ou moins sensibles qui s'observent dans l'échancrurede cet organe. 11 y a cependant , à ce dernier égard , quelques différences peu importantes, dans les détails desquels nous ne pouvons entrer. Ce qui est constant, c'est le parallélisme et la direction en ligne droite des tubes modificateurs qui composent la partie médullaire; et la disposition plus ou moins sinueuse des tubes sécréteurs qui composent la partie corticale, ainsi que leur origine par des culsde-sacs.

L'étendue proportionnelle de ces deux parties varie beaucoup suivant les espèces, les genres ou les familles.

Dans la partie corticale, les tubes sécréteurs sont garnis d'un épithelium à cellules polygonales et à noyau (1).

Les Oiseaux n'ont pas ces deux parties bien distinctes. Cependant Ferrein a déjà montré des tubes droits et convergents vers une sorte de papille, dans un rein de Pigeon (2), et M. J. Millier dans celui d'un Faucon (3). Ceux que l'on peut considérer comme sécréteurs et qui occupent la plus grande partie de la substance du rein, n'ont pas la disposition contournée et très sinueuse; ils occupent , en ligne droite, la partie médiane d'un lobule, et ils réunissent les petits cœcums qui naissent de chaque côté, plus près de la surface.

(i) Volrla figure i de la planche XX des Uones phytiohgicaiie n. Wojncr.

(2} MC'in. de VAcad. des sciences de 1749, pi. XVI, A{. 7, (3) Ouv, citf.pl.XIlI, Og, I),

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Cette dilTcrence dans la str dure intime, ne peut manquer d'avoir des rapports avec les différences qui existent dans l'urine de ces deux classes, et particulièrement dans les proportions si grandes de l'eau, d;ins l'urine des Mammifères, et si faibles dans celle des Oiseaux.

La distinction entre les tubes sécréteurs et les tubes modificateurs, caractérisée par la disposition sinueuse des premiers et droite des derniers, se montre encore moins dans les autres classes des Vertébrés.

Il est même remarquable que, lorsqu'on peut reconnaître les deux sortes de tubes, ce sont les tubes modificateurs qui sont les plus sinueux. C'est ce que j'ai expliqué et démontré en détail, dans ma description des reins des Salamandres et des TrUons{l). Déjà M. J. Millier avait indiqué une différence analogue dans les reins de Couleuvres (2).

Parmi les Poissons, les deux sous-classes des Sélaciens et des vrais Poissons n'ont, en apparence, que des tubes sécréteurs, extrêmement sinueux.

Ils sont à peine sinueux, ou tout à fait droits, dans les Lamproies de la sous-classe des Cycloslômes (3).

§ 2. Des vaisseaux sanguins artériels et veineux des reins , et de leurs rapports avec

les tubes sécréteurs.

Les artères forment, avec les veines, le réseau capillaire qui enlace les vaisseaux sécréteurs, et colore plus fortement en rouge la substance corticale des reins de Mammifères.

On y trouve d'ailleurs un certain nombre de corpuscules, découverts par Malpighi et qui portent son nom ; que cet anatomiste célèbre regardait comme des glandes, et qu'il a pu injecter par les artères. Ces corpuscules sont en effet composés, sauf la pojChe membraneuse qui les enveloppe, d'un (peloton de ramuscules artériels, d'un rameau afférent et d'une radicule efférente, reportant le sang qui a traversé ce peloton dans le système veineux du rein. On doit supposer que ces mêmes corpuscules

(i) Compte rendus de l'Acad. des scienc, t. XIX, p. 955 et tiiiv., scuiirc ilu II novembre iSi4, etpl. II, Cg. 17, Ces Mémoires des savants étrangers, t. XI.

(1) Ouyr,igf cité, pi. XII, fig. 16, A et D.

(3) O.ivriige , iié Ai y MuUer, pi. XII, fig, 3 et 3, ou 6 et 4.

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sont comme invaginés dans une dilatation vésiculeuse, en forme decœcum,descanaui urinaires sécréteurs, ainsi que M. Bidder (1) pense l'avoir démontré ; et non simplement à découvert, dans la cavité même de cette dilatation, comme M. Bowmann (2) dit l'avoir vu. Les lois physiologiques des sécrétions ne permettraient pas celle de l'urine, à travers les parois artérielles, sans membrane intermédiaire.

Déjà, en 1844 (3), j'avais décrit, avec détails, ces corpuscules, dans les Salamandres et les Tritons, et montré leurs rapports avec les capsules qui forment le commencement des vaisseaux sécréteurs de l'urine.

L'idée, avancée par plusieurs physiologistes, que les corpuscules de Malpighi serviraient seulement à la sécrétion de l'eau qui entre dans la composition de l'urine, pourrait être infirmée ou confirmée, par la connaissance de leur nombre et de leur développement, comparé à la proportion d'eau que renferme l'urine.

M. Jacobson a découvert que, chez les ovipares, une partie des veines du bassin et des extrémités portérieures, au lieu de former immédiatement la veine cave, après s'être réunis et s'être portés au bord externe et postérieur des reins, s'y ramifiaient à la manière d'une veine porte. Il en résulterait que le sang veineux devrait contribuer à la sécrétion de l'urine, dans les classes où cet arrangement organique existe.

§ 3. Des canaux excréteurs des reins.

Chaque rein n'a généralement qu'un canal excréteur, 11 commence, dans la classe des Mammifères, par autant de petits entonnoirs membraneux qu'il y a de mamelons aboutissant dans l'échancrure du rein, par lesquels les canaux modificateurs versent l'urine. Les entonnoirs se réunissent ensuite dans un bassin commun qui se change immédiatement dans le canal étroil qu'on appelle uretère, et dont l'embouchure est dans la vessie.

Dans cet arrangement, les canaux excréteurs qui font partie du rein, ne se conti-

(i) Archives de J. Mullerpour i8i5 • Lettre de M. Biddet , du 12 septembre, p. 5o3.

(2) riiilosophical Traits., 1842, part, i, pi, IV, fig, i5.

(3) Comptes-rendus de l'Académie des science.!, t, XIX ^ (éance du 11 novçptbre i$44<

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nuent pas avec le canal excréteur unique qui est hors du rein. C'est comme l'ovaire et l'oviducle des Mammifères.

Dans la classe des Oiseaux, l'origine de l'uretère n'est plus en entonnoir; elle est formée d'un grand nombre de branches qui répondent chacune à un faisceau convergent de canaux uriiiaires modificateurs, formant encore une sorte de mamelon , en rapport avec la branche de l'uretère qui lient lieu ici de bassinet. C'est une disposition intermédiaire entre celle des Mammifères et des Serpents, chez lesquels les branches de l'uretère, qui s'introduisent entre les lobes des reins, se ramifient et s'amincissent beaucoup, pour se continuer immédiatement avec un canal urinaire modificateur.

J'ai démontré celte continuation dans les Salamandres et les Tritons, et fait voir que, chez ces animaux, il soit successivement du bord externe de chaque rein, d'avant en arrière, un nombre variable d'uretères, qui avaient été pris pour des vésicules séminales chez les mâles ; mais qui existent aussi chez les femelles, quoique moins développés. Le faisceau d'uretères se réunit en un seul canal fort court, qui s'ouvre dans le cloaque ou le vestibule génito excrémentitiel(l).

La continuité des canaux modificateurs H des canaux excréteurs, qui sont hors de l'organe, semble une imperfection, une dégradation qui met ces deux fonctions dans une plus grande dépendance.

§ 4. Delà vessie urinaire ou du réservoir de l'urine.

11 en est de l'existence du réservoir de l'urine, comme de celui de la bile; il varie «elon les classes et les familles.

Les Mammifères en sont tous pourvus; tandis que les Oiseaux en manquent, et que leurs uretères viennent se terminer dans le vestibule génito-excrémentitiel.

Il y a cependant, dans les Autruches et les Casoars, une disposition du cloaque et des )rganes de copulation , qui retient l'urine dans le vestibule commun , et fait que ces

(i) Fragments sur les organet gônito-urinaires îles R.|)tiles, et leurs produits 4' fragment , p. t)55 du tome XIX de» Coniples-vendui de P Académie des scieneei, séance du ii no- »efnbie i844, et t. XI des Mémoires des i* ■%<« étrangers, fl. 1, Bg. 9, «t pi. H, fi(. i6, 17, 20 et 21,

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Oiseaux urinent par intervalles, comme le» Mammifères.

Parmi les Reptiles, la sous-classe dei Chéloniens a une vessie urinaire considérable; tandis que celle des Crocodiliens en est dépourvue,comme toute la classe des Oiseaux. Dans la sous -classe des Saurophidiens, la plupart des Reptiles de l'ordre des Sauriens^ tous ceux de l'ordre des Protosauriens et des Protophidiens en sont pourvus; tandis que tout l'ordre des Orlhophidiens en est privé.

Ici, de nouveau, le vestibule génito-excrémentiiiel est l'aboutissant des uretères, qui y déposent, comme chez les autres Reptiles (les Chéloniens exceptés), une urine épaisse comme une pommade, prenant à l'air une consistance pierreuse.

La sous-classe des vrais Poissons (les Poissons osseux) est généralement pourvue d'une vessie urinaire ; mais elle y a, en général , très peu de capacité.

Celle des Cycloslomes en manque. L'urine y est portée immédiatement, au dehors, à travers une papille qui sert encore d'orifice commun aux canaux péritonéaux.

Dans la sous-classe des Sélaciens, la vessie urinaire peut être simpleou double; ou bien elle peut manquer, suivant les genres et les espèces. Dans ce dernier cas, les urines sont versées, par les uretères, dans une poche qui est aussi l'aboutissant des canaux déférents dont l'issue est dans le cloaque, à travers une papille saillante.

Si l'on se rappelle que la vessie urinaire a déjà servi, comme allantoïde, de réservoir d'urine chez les fœtus des Vertébrés à poumons, mais, qu'à cette première époque de la vie, sa principale fonction était la respiration, on sera étonné que, chez les uns (les Matiimifères) elle se soit métamorphosée pour ce premier emploi de réservoir d'urine, qui lui devient exclusif; que, chez les autres (les Oiseaux) elle ait disparu ; que, chez d'autres (les Chéloniens) , elle ait conservé peut-être une fonction compliquée , à en juger du moins , par sa vaste capacité et par ses rapports avec les vessies aquifères, dont les Emydes et les Chelydes sont pourvues (1).

Ajoutons que, dans les Amphibies, où elle n'a pas eu de fonction respiratrice dans la

(1) Leçons d'anal, camp., t. VII, p. 598, et Comptes-rtH" dut de l'Académie des tciencet, séance da7 octobre i83«.

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▼le fœtale, elle a ses parois tellement vasculuires, tellement injectées de vaisseaux (.ipillaires, charriant un sang d'nn beau rouge, ayant toutes les apparences d'un sang artériel ; que l'on est tenté de voir de nouveau , dans cet organe, une allantoïde qui respire dans certaines circonstances encore iudélerminées.

§ 5. Des rapports entre les organes urinaires et génitaux, et des différences sexuelles que présentent les premiers.

Les urines et la semence sontversées, chez les niàles des Mammifères, dans l'orijgine du canal de l'urètre et ils en parcourent toute retendue, pour sortir par l'extrémité de la verge.

Il n'y a d'exception que pour les Monotrémes, qui n'ont qu'un urètre pelvien, allant de la vessie au vestibule, dans lequel il conduit l'urine; tandis que la semence, qui suit la même voie, passe de l'extrémité vcslibulaire de l'urètre, dans un canal séminal particulier qui appartient à la verge.

Chez les femelles de cette classe, l'urine estversée dans le vestibule génito-excrémentitiel, par un très court urètre pelvien, et les produits de la génération suivent la même voie pour arriver dans le vestibule.

C'est ce vestibule qui est l'aboutissant des urines et des fèces, ainsi que des produits de la génération de l'un et de l'autre sexe, dans la classe des Oiseaux et dans celle des Reptiles; sans qu'il y ait eu de liaison antécédente, plus profonde, entre les organes uri- ;]aires et les organes génitaux. Mais, dans la ■;\asse des Amphibies, ces liaisons commencent bien plus tôt.

Les canaux spermatiques, chez les Batraciens anoures, traversent le rein pour joindre l'uretère qui devient, ainsi que l'urètre chez les Mammifères, le canal commun de l'urine et de la semence, qu'il conduit dans le vestibule génilo-excrémentiliel.

Chez les femelles de ces mêmes animaux, l'uretère n'a aucun rapport avec l'oviducte; il ne charrie jamais que de l'urine.

Chez les Salamandres et les Triions, il en est de même pour les femelles.

Les mâles ont, au contraire, comme ceux des Batraciens anoures, une intime et précoce liaison entre leurs organes génito-uriiiaires.

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Nous avons déjà parlé du faisceau d'ure-< tères qui sortent successivement du bord internedu rein. Les quatre ou sept premiers de ces uretères, sur dix-huit ou vingt, vont joindre le canal déférent et y portent une certaine quantité d'urine.

Dans les Batraciens anoures, c'est le sperme qui va chercher l'urine. Dans les Salamandres, c'est l'urine qui va se mêler au sperme.

Ces uretères, à l'époque du rut, ont un développement considérable, comparativement à ceux des femelles, et charrient une urine épaisse qui se montre déjà parfois dans les canaux urinaires modificateurs, et les injecte de manière à en dessiner toutes les sinuosités en rosaces de couleur blancjaunâtre.

Cette différence, dans les proportions des uretères multiples des mâles et des femelles, n'est pas la seule qui existe dans les organes urinaires. Je crois être certain que les reins des femelles sont généralement plus petits que ceux des mâles (1).

Si cetie observation est exacte, ainsi que j'en ai la conviction, ne pourra-t on pas la regarder comme une conséquence de la liaison qui existe chez les màlesentre les organes génilo-urinaires?

Je soumets ce fait aux physiologistes, ainsi que celui des rapports plus intimes entre les mêmes organes chez les mâles des Mammifères. Cette différence sexuelle n'aurait-elle pas une certaine inQuence sur l'activité des reins, que je regarde, en général, comme plus grande dans le seie mâle.

Il y a ici toute une série de questions physiologiques et de recherches à faire sur les rapports fondiomels des organes génilourinaires, à déduira des rapports organiques.

§ 6. Corps glanduleux surrénaux.

Ces corps glanduleux appartiennent, comme la rate, comme le corps thyroïde, aux organes modificateurs du sang ; qui peuvent lui servir encore de diverliculum , et qui sont annexés, dans ce but, à certains organes.

L'histoire des corps glanduleux surrénaux

(i) J'ai indiqué {Lf(oHi d'anat. eomp., t. VIII, p. 609 deux vessies urinaires annexée» charune a l'urelere da •on côté, dan» la raie bâtis maie . tandis qu'il n'y en • qu'uD bilobée, dans U {ewelle.

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doit suivre celle des reins, comme celle de la rate devait être réunie à celle du pancréas et du Toie.

Ces corps glanduleux existent dans toutes les classes des Vertébrés ; mais moins généralement dans celle des Poissons, où ils n'ont encore été décrits que dans la sousclasse des Sélaciens (1) et chez quelques Poissons osseux. (2).

Déjà, en 1805, nous avions constaté leur existence dans les trois premiers ordres de la classe des Reptiles , c'est-à-dire chez les Chéloniens , les Sauriens et les Ophidiens. Nous ajoutions que, dans ces deux derniers ordres , on les trouvait situés dans le repli du péritoine qui réunit les ovaires et les oviductes (3) ; qu'ils y étaient conséquemment séparés des reins.

Enfin nous avions fait l'observation générale que leur importance, si l'on en jugeait par le volume qu'ils alTectent dans chaque classe, allait en diminuant de celle des Mammifères à celle des Oiseaux, et de celle-ci à celle des Reptiles. Nous pourrions ajouter, en ce moment, que leur extrême petitesse, chez les Amphibies et les Poissons, étend à ces classes cette observation générale.

Il est remarquable que les corps glanduleux surrénaux présentent chez le fœtus humain exclusivement, un volume au moins aussi considérable que celui des reins; tandis qu'à l'âge adulte, il est àpeine d'un quinzième de ces organes.

Chez les Mammifères ce volume varie beaucoup avec l'âge , et il peut s'élever , chez les adultes, à des proportions bien plus grandes que dans l'espèce humaine.

Leur forme n'est pas moins variable que leur volume, et change d'un genre à l'autre. Souvent ils alîectent celle des reins. Ainsi , chez les Phoques et les Cétacés , qui ont les

(i) Existenza dette ftandatœ rénale de Batraci e de' Pessi, j837.

(i) Sur les reins accessoires dans les Poissons osseux, par le professeur Stannius. Areliives de J. Mûtler pour i83g,' p. 97, et pi. IV.

(3) Leeotti d'anatomie comparée , de G. Cuvier, rédigées parG.-L. Duvernoy, t. V, p. 348; Paris, i8o5. C'est donc bien à tort que M. le professeur E.ker, auteur d'une Monographie sur ces organes, a érrit qu'il n'était pas fait mention, dans les Leçons, des corps glanduleui surrénaux des Sauriens. Si ce dernier mot a été omis par la faute du copiste de I*ancien texte, dans la nouvelle édition , t. VIII, p. 68f). M. Ecker ne peut ignorer que les Irait premieis ordre* itlteptites comprennent los Sauriens.

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reins divisés, les corps glanduleux surrénaux le sont aussi.

Chez les Mammifères, l'aspect de leur substance, à la vue simple, a toutes les apparences de celle des reins. Comme, dans ces derniers organes , on peut souvent en reconnaître deux, bien limitées; l'une extérieure ou corticale , qui forme souvent plus de la moitié de l'épaisseur de ces glandes; elle est jaunâtre ou d'un rouge clair, et montre des stries parallèles dirigées vers la substance interne. Celle-ci, d'un tissu plus mou, d'un rouge foncé, forme le centre ou la partie médullaire de la glande.

Cette substance médullaire est composée, en presque totalité, d'un réseau devaisseaux capillaires veineux, à mailles serrées, rondes ou polygonales.

Dans la substance corticale, qui est composée de même d'un réseau capillaire sanguin, celui-ci paraît plutôt artériel (1) ; ses mailles sont allongées.

La veine principale, appelée veine c.ipsulaire , dans l'Homme et les Mammifères , forme généralement une sorte de réservoir au centre de la glande. Ce tronc veineux , après avoir rassemblé le sang de toutes les parties de la glande, se porte dans la veine cave, ou dans la rénale de son côté. L'absence de valvules doit permettre au sang de ces grosses veines de refluer dans la veine capsulaire, lorsque l'impulsion qu'il a reçue l'emporte sur celle du sang contenu dans ces dernières veines.

Des injections heureuses des vaisseaux sanguins avaient fait reconnaître un système glanduleux qui entre dans la composition de ces corps. Il se compose de petits boyaux membraneux , fermés de toutes parts , contenant une substance granuleuse , en grande partie de nature albumineuse, en partie graisseuse. Ces petits boyaux vont eo s'étendant continuellement, et disparaissent à mesure que d'autres se développent et les remplacent.

Ce système de boyaux glanduleux est entouré d'un réseau de vaisseaux sanguins.

On ne les trouve , chez les Mammifères , que dans la substance corticale , excepté chez le Cheval (2), et, probablement, chei

(i) Sur la structure des reins succentariés, par M. Nage., Archives de J. Mutler pour i83C. p. 303, et pi. XV. I2) Voir la )]uno£ra{iliie de M. Ecker, citée plus bat.

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rÉIéphant, où nous n'avons pu reconnaître les deux substances.

Les corps surrénaux des Batraciens sont désagrégations de vésicules sphériqucs, renfermant un amas de granulations également sphériques , ayant un certain degré d'opacité, conservant leur forme lorsque la vésicule qui les contenait s'est rompue.

Ces corpuscules jaune-orange , annexés , chez les Salamandres, aux parois des veines rénales afférentes ou de la veine cave , en avant des reins, me paraissent constituer l'organisation des corps glanduleux surrénaux dans leur plus grande simplicité, ou dans leur partie élémentaire glanduleuse. Cette partie a été décrite, avec beaucoup de détails, par M. le professeur Ecker dans son excellente Monographie (2).

Cet auteur pense que le fluide, riche en protéine et en substance graisseuse contenu dans les très petits boyaux glanduleux des corps surrénaux, passe, par exosmose, dans le système sanguin , après la rupture de ces petits boyaux.

La quantité de nerfs que ces organes reçoivent dans la classe des Mammifères et chez les Oiseaux, démontre leur grande activité (3).

§ 7. Des organes de la respiration.

Le liquide nourricier des animaux, tel qu'il est versé dans ses réservoirs , par les organes d'alimentation qui viennent de l'extraire des aliments, n'est pas encore propre à sa nutrition. Il faut qu'il soit mis en rapport avec l'air atmosphérique pour les animaux qui respirent l'air en nature, ou avec l'air combiné à l'eau, pour les animaux aquatiques. Il doit puiser, dans ce milieu ambiant respirable, la proportion d'oxigène qui est indispensable à la continuation de la vie animale, et s'y débarrasser de la quan-

(i) X'oir mon Hlimoije sur les organes génito-urinaires des Rt'ptili's. Comptes- tendus de l*Acadéniie des sciences, séance i» Il novembre i84«, t. XIX, p. g:,;.

(>) Lit strticture intime des reins succenturiès chez t'huDitnc tl les attimaul vertébrés, ilémuntree |iiir le dorteur Alixamli ,■ Erkcr. professeur à Baie. Brauuschweig, i846, in-4, 52 pages et ?- pliinrhes.

(!) Voir pour ces nerfs la figure 5 de la plnnrhe I de la Monograpliie ci-dessus . et la planrlie annexée à la Rsser- Iniinn de M. C. G. H. B. Bi rgmarin. De Olandulis supra retalibus. Goettinges, 1639.

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