‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 110 sur 173 · I. XII · texte numérisé non relu

I. XII

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Uté d'acide carbonique qui altérait sa composition normale (1).

Cette quantité d'acide carbonique, toujours en excès dans le sang qui a circulé dins l'organisme, qui en a nourri toutes les (larties, et dans le liquide nourricier produit par les organes d'alimentation, est le résultat de la combustion du carbone ; cetto combustion a de plus pour effet un dégagement de calorique qui contribue à élever la température de l'organisme au degré nécessaire à son activité. La peau, qui met cet organisme en contact avec le milieu ambiant, serait l'organe de respiration par excellence ; si elle n'avait pas pour fonctions premières, de protéger cetorganismeconlre l'action desséchante de l'air, de lui conserver sa température propre, et de le préserver en général des effets nuisibles des corps extérieurs.

Toutes ces nécessités ont exigé, dans les téguments des animaux aériens, et dans ceux de beaucoup d'animaux aquatiques , des conditions matérielles de protection, incompatibles avec la délicatesse des membranes, à travers lesquelles doivent s'exercer les actions physiques et chimiques de la respiration.

Il en résulte, qu'à l'exception des animaux aquatiques des classes inférieures, et des parasites internes, la respiration a été localisée dans des organes particuliers, où toutes les conditions organiques ont été admirablement arrangées, pour que le liquide nourricier vienne y subir l'action vivifiante du fluide ambiant. Cette action est une véritable sécrétion, dans laquelle le fluide respirable échange , comme nous venons de le dire, une certaine quantité de gaz oxigène, qu'il prend au fluide respirable, contre une certaine proportion d'acide carbonique qu'il lui donne; sans compter l'eau que l'air prend au sang, ou qu'il lui donne, suivant son état hygrométrique ; les proportions d'azote qui sont admises ou rejetées suivant des circonstances variables; et les effets variés que la température de l'air et sou électricité peuvent avoir sur cette sécrétion.

Je ne ferai qu'esquisser ici la structure intime de ses organes d^ns les animaux Vertébrés, en renvoyant pour plus de détails

(,) Voir, :

s phénon

: docteur Mailiii Saïut-Auje,

s chimiques de la respira.- Dictionnaire , rédigé par

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à uotre septième volume des Leçons â anatomie comparée (1) qui a paru eu 1840.

S 8. Poumons des Mammifères.

J'ai présenté un résumé de leur structure intime à rAcadéniie des sciences (2) dont je vais donner ici un extrait.

Les poumons des Mammifères se composent essentiellement de canaux aériens qui se ramifient et vont en diminuant de diamètre jusqu'à leur terminaison en cul-desac, très légèrement ou plus sensiblement dilaté.

Ces dernières ramifications m'ont paru varier beaucoup en longueur et en diamètre relatif, suivant l'âge et le genre de vie.

Elles se raccourcissent et se dilatent beaucoup chez les Mammifères plongeurs, au poiiit qu'elles ne semblent plus que des cellules rondes des avant- derniers rameaux bronchiques (3).

Dans les Jeunes animaux les vésicules bronchiques sont moins dilatées, à peine leur diamètre excède-t-il celui du ramuscule qu'elles terminent et qui est sensiblement plus long au premier âge de la vie (4). Mais avec le temps la vésicule terminale s'élargit de plus en plus , aux dépens de son pédicule tubuleux, qui se raccourcit à mesure, et finit par disparaître. Alors , on ne voit plus au tour de la branche dont ces pédicules étaient les dernières ramifications , qu'une agglomération de vésicules, composant le dernier lobule.

(l) Od pourra encore consulter avec fruit, sur ce sujet important , la dissertation de M. le profes>eur Lerebouilet, ayint pour tilre : y4nalomie comparée de F appareil respiratoire dans Ut animaux vertébrés , Strasbour§, i838.

(?) Le 7 janvier 1839.

(3) On pourra se convaincre de cette organisation à la vue d'une injection lie poumons de Loutre , que j'ai déposée dans 1^1 collection d'anatoniie physiologique du collège de France, et qui est figurée dans une planche sur la structure despouîii. ns deMamiinfèrts et d'Olseaui, que j'ai fait faire en 18J8, 9 Srraabourg , et qui a paru provisoirement avec la disser- Idtiun citée plus baut.

(») J'ai dépcis.', dans la collection d'anatomie physiologique du collège de France, un poumon de fœtus humain injecté au mil cure par M. li.i>h en l838, qui montre di^tinrtt nient lettedispositiOîi; elle est encore bien évidente, dans deux préparations de pounioxs de veau, admirablement injectées en blanc, que je dois à l'amitié de M. le professeur A. Retcius, et que j'ai également déposées dans cette collection. Les dernières ramifications broncbiqiu-s y sont à peine dilatées • leur extrémité. Pai-ci parla rapiuocliées, et formant une bifurcation, on jusqu'à cinq divisions groupées, pour former le dernier globule ; elles restent plus écartées dans d'autres places, et présentent l'aspect bipenne.

Les voies aériennes, extra et intra puImo< naires, sont essentiellement formées d'un tissu fibro-élastique, qui est pour ainsi dire le squelette du poumon. Par son extensibilité, il se prêle aux dilatations nécessaires pour l'introduction de l'air; par son élasticité, il tend toujours à reprendre un plus petit volume et à resserrer l'organe dans un moindre espace, lorsque la force qui l'a éteixlu a cessé d'agir.

Dans la préparation d'un poumon de Loutre, déjà citée, on voit a la fois la disposition des vaisseaux sanguins, leurs rapports avec les canaux aériens et leur diamètre relaliL

Quant à leur distribution , elle se fait toujours en réseau. Ce réseau enlace les extrémités des canaux aériens; il s'étale, se colle à leur surface, de manière que l'hœmatose puisse s'effectuer à travers trois membranes, la muqueuse respirante, la membrane fibro élastique qui fait le fond du tissu pulmonaire, elles parois des vaisseaux sanguins.

Le diamètre de ceux-ci , réduit aux plus petites dimensions, est bie* moindre que celui des vésicules terminales des canaux aériens, autour desquelles le réseau sanguin vient s'appliquer.

Ajoutons, pour l'histoire de la science, que si, dès 1 804 , j'ai adopté (1) la manière de voir de mon ami Reiseissen, sur les terminaisons des dernières ramifications bronchiques en simples culs-de sacs, j'ai fait comprendre, dans la note que je viens d'exliaire, et même déjà en 1838 (dans la publication de la planche annexée a la dissertation de M. Lerebouilet), les modifications qu'il fallait apporter aux descriptions de cet anatomiste célèbre.

Après avoir lu les publications qui cnt paru sur ce sujet, depuis cette époque, jo ne vois rien à ajouter, ni à corriger, dans la manière de voir que je viens d'exposer. Ces publications ne m'ont paru rien dire,

(i) Dans ma piemiére rédaction de cette partie des L«« co'is d*auatumit comparée.

(2) Mémoire sur ta structure des poumons, par M. le docteur iMandl, ^rc/iii/« générales de médecine, 1846; et la (ommuniraiion faite a l'Académie des sciences, par M, le liocteur Alquier, dans sa séance du 22 novembre 1 £.47. J'avais eu l'idée de l'injeciion métallique, exécutée très lieureuseinent par M. le docteur Alquier, pour connaître la surface interne des vjsirulesteruiinales, et savoir si e'ie est réticulée uu tout unie.

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tien absolument, qui n'ait été clairement développé avant leur apparition.

5 9. Poumons des Oiseaux.

Les poumons des Oiseaux sont petits, compacts et comme incrustés dans la face dorsale de la cavité tboracique , où ils ne doivent éprouver que très peu de mouvements de dilatation et de resserrement. C'est qu'au lieu d'avoir, comme les poumons des Mammifères, des canaui aériens fermés, au fond desquels l'air est arrêté, ils se continuent, par un certain nombre d'orifices de leur surface, dans plusieurs sacs membraneux extra-pulmonaires , qui occupent la cavité viscérale et pénètrent jusque dans les os.

Le tissu intime des poumons d'oiseaux se compose, en grande partie, d'un réseau très fin des vaisseaux, dans lesquels circule le sang pour la respiration ; ce tissu se replie dans tous les sens, entre les canaux aériens, qui le pénètrent de toutes parts. J'ai déjà dit, en parlant des réseaux sanguinsdu foie, que celui du poumon était formé de même par des branches pulmonaires assez considérables, d'où il naît subitement, sans diminution successive de ces branches en rameaux graduellement plus petits (1).

Les canaux aériens composent, dans leurs plus fines divisions, un réseau qui se croise dans toutes les dimensions avec le réseau des vaisseaux sanguins; de sorte que l'on pourrait comparer la structure des poumons d'Oiseaux, avec celle du foie, en supposant que, dans les poumons d'Oiseaux, les canaux aériens tinssent lieu des canaux biliaires. La ressemblance serait plus grande encore, si la structure du foie était continue telle que l'admetleiit MM. E.-H. Weber et Krukenberg, et si cet organe ne se partageait pas en lobules.

Les réservoirs aériens extra-pulmonaires, qui suppléent à la petite proportion d'air que peuvent comprendre les canaux aériens intra-pulmonaires , forment encore une grande différence d'organisation entre les poumons d'Oiseaux et ceux de Mammifères. Cette organisation exceptionnelle, quia pour double eflét d'augmenter la proportion de l'air qui vient respirer dans les poumons

(0 Voir la Bgure 5 de la planche déjà citée, pnblié» avec la Dissertation de H. Leieboullet.

et de diminuer la pesanteur spécifique d.: l'Oiseau , ne s'étend pas au réseau sanguin respirateur, dont l'emploi tout entier est dans le poumon.

Remarquons enfin q\ie dans un poumon d'Oiseau, la proportion de ce rése;iu sanguin est bien plus grande, que dans un poumon de Mammifère, relativement aux dimensions des canaux aériens intra-pulmonaires (1).

§ 10. Poumons de Hepliles.

Le tissu fibro-élaslique, qui a fuit la base des poumons en général, se développe beaucoup dans les poumons des Reptiles.

Ceux des Chéloniens et des Crocodiliens conservent encore des traces de la structure tubuleuse des poumons de Mammifères, pour les premières divisions des bronches; mais le tissu fibro-élastique qui en provient, ne tarde pas à intercepter des poches , divisées ou sous-divisées en cellules de plus en plus petites. Ces poches disparaissent dans les poumons, ou le poumon unique des vrais Serpents, qui ne forme plus qu'une grande poche celluleuse dans une partie de ses parois, dont une dans la partie la plus reculée.

C'est dans les parois intérieures de ces cellules que s'étale la muqueuse qui doit recevoir Taclion de l'air qui y pénètre ; c'est à l'intérieur de ces cellules que s'appliquent les réseaux extrêmement fins et serrés des vaisseaux sanguins, qui y conduisent le sang pour la respiration.

§11. Poumons d'Amphibies.

Leurs poumons ne diffèrent de ceux des Reptiles que par une moindre division de leur cavité. Ce sont des sacs élastiques à parois celluleuses et vasculaires. Le réseau sanguin , qui s'étale sur ces parois celluleuses , est d'une finesse extrême , et ses mailles sont très serrées.

Dans cette revue rapide de la structure intimedesorganes de la respiration aérienne des Vertébrés , je n'ai pas dû parler de

(i) J'ai cherché à expliquer ces différenres entre les poumons des Mammifères et ceux des Oiseaux, et relies, non moins remarquables, qui existent dans le mécanisme de leur respiration, par les nécessités du vol. qui permettent à l'oiseau des mouvements rapides dans l'atmosphère, oà il subit des variations correspondantes dons le poids de la température de ce milieu, s.Tris qu'il en résulte d'hémorrhagie ni d'tssouDement. Leçons d'anatomie comparée , tom. VII , pap; 212-2 li.

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ceux qui constituent le mécanisme de cette fonction, ni de la quantité proportionnelle du sang qui est soumise à la respiralion suivant les classes. 11 ne pouvait être question, dans cette esquisse, que des principaux arrangements qui mettent en rapport intime le liquide nourricier et le fluide respirable.

S 12. Des organes de respiration aquatique des Vertébrés , ou des branchies des Reptiles et des Poissons.

La petite quantité dair atmosphérique, contenue dans l'eau douce ou dans l'eau de mer, fait que la respiration des animaux aquatiques doit être moins abondante, sous le rapport de l'oxigène qui peut être absorbé , toutes choses égales d'ailleurs , que chez les auimaux qui respirent l'air atmosphérique. Mais il peut y avoir des compensations, telle que celle de la quantité de sang qui traverse , dans un temps donné , l'organe de la respiration.

Dans la classe des Poissons c'est tout le sang du corps, qui ne retourne au coeur qu'après avoir pris le chemin des branchies; tandis que chez les Reptiles et les Amphibies, les poumons ne détournent qu'une parlie de ce même sang.

Les branchies dififèrent essentiellement des poumons par leur forme en lames ou en filets saillants, qui peuvent paraître à découvert à la surface du corps, forme et disposition bien différentes des cellules ou des tubes creux ramifiés des organes de respiralion aérienne , qui sont toujours retirés dans les profondeurs d'une cavité viscérale.

Nous croyons avoir compris la raison de cette différence , par la nécessité de conserver les surfaces respirantes assez humides pour fonctionner ; il fallait les préserver contre l'action desséchante de l'air, chez les animaux qui le respirent en nature.

Quelle que soit la forme des lames respiratrices, il y a toujours un réseau capillaire, intermédiaire entre les artères et les veines branchiales , qui vient s'étaler à la surface «le ces lames, sous la muqueuse qui les revêt , dont il suit les nombreux replis.

M. Lereboullet a calculé que la surface respirante, en tenant compte des nombreux replis de la muqueuse branchiale, s'élevait, dans la Lamproie marine, à vingt-

sept fois la surface du corps de ce Poisson (1).

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