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CHAPITRE III

DES ORGANES DE SÉCRÉTIONS QUI SONT EN RAPPORT AVEC CEUX DE LA VIE HE RELATION.

La vie de relation se divise en deux séries distinctes de phénomènes.

Les uns sont des impressions ou des changements éprouvés par Paction du monde extérieur sur les animaux.

Les autres sont des actions ou des réactions des animaux sur le monde extérieur.

Aux organes qui sont les divers instruments de ces phénomènes sont attachés des sécrétions variées qui contribuent à les entretenir à l'état normal, ou dont les produits sont en rapport direct ou indirect avec les phénomènes qu'ils manifestent. Nous les ferons connaître dans les deux sections de ce chapitre.

Section I'*.

Des organes de sécrétions qui appartiennent aux organes qui mettent l'animal en rapport avec le monde extérieur pour en recevoir ou pour en modifier les impressions.

Nous donnerons une idée générale, dans cette section , des organes qui servent directement ou indirectement aux fonctions de la peau , ou qui les modifient. Nous passerons ensuite à ceux qui appartiennent aux organes des sens spéciaux.

§ !•'. Des organes sécréteurs qui servent

directement ou indirectement aux fonctions

générales de la peau.

La peau est un organe compliqué à fonctions multiples.

C'est , en premier lieu , un organe de protection pour tout l'organisme, qui a pour emploi principal de modifier les impressions du monde extérieur et d'empêcher qu'elles ne troublent le jeu harmonique de cet organisme.

Elle est revêtue, à cet effet, de partie» insensibles, de plusieurs couches d'épiderme, de poils, de plumes, d'écaillés, de plaques, de boucliers plus ou moins solides, qui entrent, les uns ou les autres, dans la composition des téguments de telle ou telle classe , ou de tel groupe moins général.

(i) Dissertation citée , p. iSa.

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Chez les Verlcbrés aquatiques, elle a des organes glanduleux dont les produits l'empêchent d'être macérée par l'eau.

Chez les Vertébrés aériens, elle est le filtre à travers lequel le liquide nourricier perd, par la transpiration insensible, ou par !;> sueur, une partie de l'eau ou des autres matériaux qui entrent dans sa composition.

Elle est , enfin, l'organe d'une sensibilité générale, c'est-à-dire d'un toucher passif, ou d'une sensibilité plus spéciale, d'un toucher actif, restreint à quelques unes de ses parties.

Il n'est pas douteux que son impressionnabilitéaux agoriK physiques, aux moindres changements aLu.u.^pliériques que perçoivent incontestablement certains animaux, que sa sensibilité générale ou particulière, ne soient entretenues à l'état normal, par plusieurs des sécrétions dont nous ferons connaître les instruments dans ce paragraphe (1).

A. Glandes de la sueur.

L'une des plus intéressantes découvertes de la science actuelle de l'organisation, est celle des glandes de la sueur, chez VHomme et les Mammifères.

Ces glandes sont situées dans la profondeur du derme, et même dans le tissu adipeux sous-cutané. Leur canal excréteur traverse le derme et l'épiderme, et s'ouvre à sa surface par un pore en forme d'entonnoir. MM. Purkinje et Wendt démontrèrent, en 1833, l'existence de ce canal, dans la peau humaine, et sa disposition contournée en spirale ou seulement sinueuse, suivant les régions du corps (2).

MM. Breschet et Roussel de Vauzême (3) Grent, l'année suivante, l'importante découverte que, dans la peau de l'Homme,

(i) La Peau a déjà fait le sujet d'un article de ce Dictionnaire (voir ce mot au tome IX), dans lequel M. Flouiens a traité particulièrement de l'analomie comparée rie cet organe dam les races humaines. Notre célèbre collaborateur a donné une nouvelle preuve de l'intérêt philosophique que peut avoir l'étude de l'organisation, jusque dans les moindres détails, en s'élevant , de la considération des différences et des ressemblances que montre la peau des races ou variétés de l'espèce humaine, dans son organisation intime, à l'idée de l'unité de notre espèce.

(i) De epidermide humano , Vratislavi , i833 , et Archives ë» J. MûUer pour i834, p. 278 et suiv.

(i) Annales des st. nalur., t. II, p. 147 et suit. , et pi. IX

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les canaux en spirale ont leur origine dans des glandes particulières, prévues et non reconnues par M. Purkinje. Une année plus tard, en 1836, M. Gurtl confirma celte découverte dans l'Homme, et décrivit comparativement ces mêmes glandes et leurs canaux excréteurs , avec précision , dans les Mammifères domoétiques (1).

J'ai constate l'existence de ces glandes et leur structure dans le Cochon, \eCheval, la Chèvre et le Mouton (2).

On les rencontre partout dans la profondeur du derme, ou même sous la peau dans le tissu graisseux sous-cutané.

Leur volume relatif n'est pas le même dans toutes les espèces, le Cheval et le Mouton les ont très développées; elles sont petites à proportion dans le Chien.

Ces proportions sont en rapport avec la disposition que ces animaux montrent à se mettre en sueur.

Leur grandeur varie encore suivant les parties de la peau où on les observe.

Chez l'Homme c'est dans la plante des pieds ou dans la paume des mains que sont les plus développées.

Elles se composent, en général , d'un boyau contourné, faisant plusieurs circonvolutions, rapprochées de manière à lui donner la forme d'une pelote très aHongée (dans le Mouton); oblongue (dans la peau du crâne d» VHomme) ; presque sphérique (la paume de la main) ; ovale ( le scrotum du Cheval, la plante du pied du Chiw),

J'ai trouvé les traces du boyau sécréteui de la sueur dans la peau de l'aine du Cochon; elles n'y sont plus pelotonnées, mais séparées par des lobules de graisse.

Dans le Bœuf, ce ne sont plus que des capsules ovales. H en est de même de celles des parties de la peau du Chien qui sont couvertes de poils, où elles sont petites et difficiles à découvrir (3).

B. Des follicules sébacés du derme.

Le derme renferme, tout près de sa surface, ou un peu dans sa profondeur, un grand nombre de petites glandes désignées sous le nom de follicules sébacés. Ces glandes, chez les Mammifères, accompagnent géué-

(i) Archives de J. Hilltr p (?) Leçons d*anat. oonep., t.

(3)/*."d., a^édit., t.Via,p,

>ur l83&, p. 399.

VIII, p. C48-C60.

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ralement les poils, au nombre de deux pour chaque poil ; mais on en trouve encore dans les parties dénuées de poils.

L'humeur qu'elles sécrètent est en général onctueuse, de là le nom qu'elles portent.

' Leur structure diffère essentiellement de celle des glandes de la sueur. Elles se composent d'un amas de vésicules sphériques , à parois transparentes , dont chacune à son canal sécréteur. Cette réunion de vésicules en formedegrains, donne à la glande l'aspect d'une grappe. Un ou plusieurs canaux excréteurs, qui résultent de l'assemblage de tous ces canaux, particuliers à chaque grain, versent l'humeur de la glande à la surface de la peau, ou dans la capsulede chaque poil.

C'est une pommade naturelle qui, dans l'état normal, les rend plus ou moins gras, suivant certaines dispositions de races et individuelles. Ces dispositions déterminent le plus grand développement de ces glandes, qui appartiennent à la capsule de chaque poil, et Tabondaiice de leur sécrétion.

Disons, en passant, que parmi ces capsules pileuses , dont les poils ne se développent pas au dehors , celles du visage chez l'Homme, et particulièrement de la peau du nez, sont la demeure habituelle d'un très petit animal parasite, de la grande famille des Acariens ou des Mites. Il se loge entre le poil et la paroi interne de la capsule , près de l'embouchure du canal excréteur de la glande, et pénètre même dans ce canal. M. G. Simon, qui en a fait la découverte en 1842 , estime que les plus longs de ces Acariens ont au plus 0°"",062 de long et au moins 0'°°',043, sur 0°"°,010 de large. Dans sa forme définitive, cet animal a huit pattes, armées chacune de trois ongles; sa i^teest munie d'une trompe et de deux palpes labiaux.

Le vulgaire , en comprimant les pustules qui se multiplient chez certaines personnes aux environs du nez, en fait sortir une pommade épaisse qui prend la forme d'un ver. C'est, enfoui dans cette pommade, après l'avoir délayée avec un peu d'huile, et placée entre deux plaques de verre, que l'on découvrira , au microscope , ce petit parasite, dont très peu de personnes sont exemptes (1) dans le cours de leur vie.

(l) Sur ime mine qiii vit dans les rnpçtilpî piTtMij6i do

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M. le docteur Gruby a découvert que le même animal existe dans les follicules sébacés et pileux de la peau du Chien , et qu'il s'y multiplie extraordinairement, rend malade, et produit la chute des poils par plaques rondes. Il estime que 80,000 de ces Mites peuvent se loger dans un espace d'un centimètre carré. Cette espèce étant identique avec celle de l'Homme , on comprendra combien elle peut facilement se communiquer par les attouchements du Chien (1). On me pardonnera cette digres* sion en faveur de l'intérêt pratique du sujet.

C. Sécrétions huileuses ou visqu,euses faisant partie des téguments.

La sécrétion de la graisse a lieu, chez les animaux, pour des usages très différents.

Elle s'accumule autour des organes producteurs des ovules et des spermatozoïdes, chez les femelles etch z les mâles des Batraciens, pour fournir les matériaux de ces deux sécrétions organiques, ainsi que nous espérons l'avoir démontré (2).

Elle forme, dans les Épiploons, des réservoirs de substance nutritive, qui suppléent au défaut d'alimentation , durant le sommeil d'hiver , chez les animaux qui hivernent.

Chez beaucoup de Mammifères, et, plus particulièrement, chez les Pachydermes, les Amphibies quadrirèmes ou trirèmes, et chez les Cétacés, une graisse abondante, plus solide chez les Pachydermes, liquide ou huileuse chez les autres, fait partie essentielle des téguments , en formant, sous le derme proprement dit , une couche plus ou moins épaisse. Cette couche doit servir à conserver la chaleur du corps , et à rendre sa température indépendante de la température extérieure. Elle pénètre le derme, lorsqu'elle est huileuse comme chez les Cétacés, jusqu'à sa surface , qu'elle sert à préserve;' contre la macération de l'eau.

Cette sécrétion de corps gras de différente) nature, celte graisse, ce lard, ou cette huile, pour me servir des termes vulgaires, ont-ilî des organes particuliers ; ou le tissu cellulaire

l'bomme, aussi bien ■ l'état normal qu'à l'état de maladie, par le docteur Gustave Simon, médecin praticien, à Berlin Archives de J. Mûller pour i842, p. 218 et suiv., et pi. XI. t

(i) Comptes-rendus deFAead. des se, X. XX, p. 669.

(1) Mémoire cité «ur les organe* génito-orinairei det Bep tilei.

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qui lie et sépare tous les organes, leur sert-il simplement de réservoir?

Nous avons étudié les corps graisseux annexés aux organes de génération chez les Saliiinandres. Ces corps se composent, comme les glandes surrénales des mêmes animaux, de vésicules sphériques, de même couleur et de même volume, lesquelles renferment une buile transparente de couleur d'ambre (1).

Les observations de détails faites sur la graisse de divers animaux , permettent de généraliser cette observation (2). Cette subslJiiice sécrétée est généralement contenue dans de petites vessies membraneuses, de forme le plus souvent spbérique, mais qui devient polygonale lorsque les vésicules sont prt-ssées les unes vers les autres. Resterait à d(>( ider si cette vessie membraneuse est simplement le réservoir particulier de la graisse , ou si nous devons la considérer comme son organe de sécrétion?

La plupart des physiologistes, qui sont de la première opinion, pensent que la graisse est séparée du sang veineux, par les parois des veines, qui seraient les instruments de celte sécrétion.

Ceux de la seconde opinion citent à l'appui, les régions particulières où la graisse s'accumule, et la nécessité d'une membrane, comme agent général de toute sécrétion. Nous reprendrons ce sujet dans le dernier paragraphe de cet article , où nous traiii;rons de la théorie des sécrétions.

Nous trouvons d'ailleurs chez les Oiseaux des organes sécréteurs spéciaux de la substance huileuse.

Deux glandes pyriformes , rapprochées l'une de l'autre , s'unissant en arrière par leur extrémité pointue, qui sécrètent une humeur huileuse, source abondante d'une partie de celle qui enduit les plumes des Oiseaux aquatiques et les empêche de se mouiller. Aussi ces glandes sont-elles beaucoup plus développées chez ces Oiseaux.

Chacune d'elles est une agrégation de follicules ou de cellules allongées, cylindriques, qui n'aboutissent pas à des canaux ra-

(i) Comples-rendut de P Académie des aeiences , t. XIX , P'6- 9^7-

h) Voir entre autres les Reeherehet sur Pexistence det wésiculemdipeiuet, ptr H. Hollanl; Annales française et itians'ere d'anatomie et dt physiologie, t. I, p. I2i et 6Uiv., Cl pi. IV.

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hli

niifiés , mais qui restent en faisceaux pour former l'épaisseur de la glande. Ces tubes se terminent dans une cavité centrale principale et dans plusieurs autres secondaires, qui ont leurs orifices au sommet de la glande, autour de l'orifice de la cavité principale.

Les Reptiles couverts d'écaillés, ou de plaques ou de boucliers, ne les enduisent d'aucune humeur préservatrice. Maïs les Amphibies, qui manquent généralement d'écaillés , et dont la peau est nue, et les Poissons pourvus d'écaillés ou nus, ont à la peau des organes qui sécrètent une substance visqueuse destinée à la préserver de l'action dissolvante de l'humidité ou de l'eau.

Ces glandes forment des papilles saillantes plus ou moins sensibles, disposées avec une sorte de régularité chez les Salamandres.

La viscosité dont la peau des Poissons est habituellement enduite , a sa source dans des tubes qui s'ouvrent à la surface du corps, et dont les orifices, plus nombreux à la tête, sont ordinairement percés, avec régularité, sur les côtés du tronc et de la queue , et dessinent ce qu'on appelle la ligne latérale. Ceux-ci, chez les Poissons couverts d'écaillés, traversent d'avant en arrière, et de dedans en dehors , un canal fourni par chaque écaille de cette ligne latérale.

Dans le Lépisostée , ce Poisson dont les écailles ont l'apparence de l'ivoire, le tube solide de l'écaillé commence vers son bord antérieur , à sa face interne , et se termine à sa face externe, en deçà de son bord postérieur. Un tube muqueux principal envoie des branches à travers tous ces canaux (les écailles de la ligne latérale, qui s'y terminent près de leur bord libre. Les deux troncs principaux des lignes latérales communiquent entre eux par les tubes de la tête. En injectant du mercure par le tube d'une écaille , nous l'avons vu passer des troncs latéraux, dans des canaux ramifiés qui bordent les deux mâchoires. Le mercure avait pénétré de la dans des réseaux superficiels de cette région, très remarquables par leur complication.

Il y a d'ailleurs dans la tête , suivant les familles, des tubes muqueux superficiels et des capsules muqueuses profondes qui dépendent du même système; il serait trop long de les décrire ici.

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Ce système est très remarquable, entre autres dans le Lump ( Cycloplerus lumpus); il est double dans les Raies. Tous les Poissons de cette famille, même ceux qui sont électriques, ont des tubes muqueux superficiels, faisant des eontours et dessinant des festons , et s'anastomosant entre eux avant d'envoyer de e»urts rameaux se terminer à la peau pa| autant d'orifices analogues à ceux da la ligne latérale des vrais Poissons , ou des Poissons osseux.

L'autre système des tubes de la viscosité dans les Raies ordinaires, mais qui manque chez ceux de ces Poissons qui ont un appareil électrique, a son origine dans plusieurs agrégations d'ampoules glanduleuses , dont chacune ressemble à une boule de cristal , et produit un tube qui rayonne vers la surface du corps. La principale de ces agrégations est située à côté de l'angle des mâchoires, et recouverte par les muscles de cette partie.

Chaque ampoule reçoit un filet d'un nerf considérable provenant de la troisième branche de la cinquième paire.

Les tubes de ce centre principal se portent de là, en rayonnant, vers les deux faces du corps où leurs orifices sont dispersés.

J'ai décrit (1 ) deux autres centres de semblables tubes situés aux deux côtés de chaque narine, qui distribuent leurs canaux à la face inférieure du bec. Leurs ampoules reçoivent des fibres d'un rameau considérable du nerf maxillaire supérieur. La quantité de nerfs qui vont à ces organes, montrent indubitablement l'importance de leur sécrétion.

§ 2. Des glandes particulières des téguments, ou situées dans leur dépendance, qui appartiennent aux organes des sens spéciaux.

Les petites glandes de la peau du canal auditif externe, qui sécrètent le cérumen , montrent la structure en boyau pelotonné qui caractérise les glandes de la sueur (2),

Les paupières de VHomme et des Mammifères ont , le long de leur bord, une série de giandules qui sécrètent l'humeur épaisse, ilont l'abondance et l'épaississement , à la suite de la surexcitation de ces organes

(l) Leçons d'anat. eomp., t. VIII, p. 653 ett>54. <J) Icônes phisiolosUa. tabl. XVI, fig. XVI, A, B, C.

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ou de leur inflammation , a l'inconvénient de coller les deux paupières l'une contre l'autre.

Ces glandes sont des amas de petits grains réunis en grappes cylindriques, perpendiculaires au bord des paupières, plus nombreux dans la paupière supérieure que dan-^ l'inférieure. Ces glandes portent le nom de Méibomius chez VHomme. On voit sur le bord des paupières la série des orifices do leur canal excréteur. Elles existent aussi chez les Mammifères (1).

Lesanimauxdecette dernière classe, ainsi que les Oiseaux, ont dans l'angle interne do l'œil, derrière la troisième paupière, une glande considérable ou rudimentaire, suivant les espèces. Dans le premier cas, elle porte le nom de glande de Harder; dans le second, c'est exactement l'analogue de la caroncule lacrymale de l'Homme. Celte caroncule se compose de quelques cryptes qui versent une humeur blanchâtre épaisse, autour des points lacrymaux.

Lorsque cette glande prend un grand développement, comme chez plusieurs Rongeurs (le Lièvre , le Rat d'eau), les Carnassiers, les Pachydermes , les Oiseaux, elle se compose d'agrégations nombreuses de follicules sphériques, rassemblés en lobules. Ces lobules se réunissent successivement, par un canal commun, à un tronc principal excréteur , dont leur canal forme les branches. Ce tronc perce la troisième paupière, et s'ouvre à la face interne.

La glande lacrymale, celle qui sépare l'humeur des larmes, destinée à laver la surface du globe de l'œil , forme une troisième espèce de glande annexée au sens de la vue.

Elle a , chez les Oiseaux, la structure que nous venons de décrire pour la glande de Harder. Chez les Chéloniens elle se compose de lobes nombreux ramifiés , terminés en massue. Chaque lobe est un faisceau de tubes, qui vont perpendiculairement de le surface de la glande vers son axe, en se réunissant successivement et en grossissant à mesure; ils s'y terminent, par de nombreux orifices, dans un canal qui grossit lui-même après avoir reçu, par intervalles, les canaux centraux de chaque lobe.

Dans \es Mammifères, la glande lacrymale

(i) Voirl-uiivragecitédeJ. Muller.pl. V.fij. et».

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a une siruclure analogue à celle des glandes 6aiivaires(l).

Ce rapport est confirmé, chez les Ophidiens, par l'emploi de leur produit qui arrive I dans la bouche, à travers les voies lacrymales et nasales, et chez lesquels leur humeur a changé d'emploi.

Aussi ai-je trouvé les glandes lacrymales très développées chez les Typhlops (2), dont le globule de l'œil est cependant à l'état rudimentaire.

On sait que, chez les Ophidiens, l'œil est recouvert d'une sorte de verre de montre, formé par la conjonctive, qui est séparée de la cornée transparente par un espace vide. L'épiderme de cette partie , qui se détache de la peau avec celui de tout le corps , montre surtout cette singulière ressemblance.

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