‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 135 sur 173 · BANDES BLANCHES. (E. D · texte numérisé non relu

BANDES BLANCHES. (E. D

SESAME. Sesamum. bot. ph. - Genre de la famille des fiignoniacées, tribu des Sésamées, ou de la famille des Sésamées , d'après l'opinion de De Candolle et de divers autres botanistes qui font aujourd'hui de la tribu des Sésamées une famille particulière; de la didynamie angiospermie dans le système deLîQné. Tel que Dousle considérons

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ici avec De Candolle {ProdromuSt IX, p. 249), il ne correspond qu'à une portion des Scicimum de Linné, c'est-à-dire à la section de ce genre que M. Endlicher a nommée Eusesamum; la seconde section, Sesamopteris Endiic. , étant considérée comme un groupe générique distinct et séparé.Dans ces limites, le genre Sésame se compose de plantes herbacées annuelles, originaires de l'Inde, dont lés feuilles sont opposées ou alternes dans le haut, pétiolées, indivises, ou les inférieures divisées plus ou moins profondément en trois lobes. Les fleurs de ces végétaux sont solitaires à l'aisselle des feuilles, portées sur un pédicelle court qui présente deux glandes à sa base; elles se dis tingueu t par les caractères suivants: calice persistant, quinquéparti, à lobe supérieur plus court; corolle à tube élargi supérieurement, à limbe plissé, divisé peu nettement en deux lèvres, dont la supérieure écliancrée, et l'inférieure à trois lobes; quatre étamines didynames, accompagnées du rudiment d'une cinquième; stigmates à deux lamelles étroites. A ces fleurs succède une capsule à quatre angles obtus, séparés par autant de sillons, acuminée par la base du style qui a persisté , bivalve , biloculaire, et presque quadriloculaire par l'effet de ia forte saillie que fait intérieurement la côte médiane des deux valves et du reploiement des bords de celles-ci. Graines nombreuses obovées , renfermant un embryon à cotylédons charnus, oléagineux, deux fois pius longs que la radicule.

Le Sésame de l'Inde, Sesamiim indicurti DC. ,est une plante annuelle, spontanée dans les Indes orientales, et qui, de là, a été propagée par la culture dans le Levant, en Egypte, même dans les Antilles et dans les parties chaudes de l'Amérique. De sa racine blanchâtre, pivotante, s'élève une lige herbacée, droite, cylindrique inférieurement, à quatre angles obtus dans sa ' partie supérieure, qui est pubescente; ses feuilles sont opposées, étalées, de tissu un peu mou, glabres en dessus, pubescentes en dessous, ovales-oblongues ou lancéolées,!

les inférieures souvent trilobées. Ses fleurs sont blanches, lavées de rose, portées sur un pédicule court qui présente de chaque côté, à sa base, une glande jaune, en toupie , et une bractéole étroite. Sa capsula

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eat veloutée, pubescenle, obovée, mucionée par la base du style qui a persisté en forme de petite pointe. De Candolle distingue, dans cette espèce, trois variétés qu'il nomme a, grandidenlalum ; (3, subdentatum ; y, subindivisum. Celle dernière a été décrite par la plupart des auteurs comme une espèce distincte sous le nom de Sesammn orientale Lin. {S. oleiferum Mœnch. ). C'est surtout à elle que se rapportent les détails suivants. Le Sésame a un grand intérêt et une haute importancecomme plante oléagineuse; aussi est-il cultivé dans le Levant et en Egypte depuis très longtemps. 11 porte le nom vulgairedeJup'o/me. La graine renferme dansses cotylédons épais et charnus une forte proportion d'une huile fixe, de saveur douce, très lente à rancir, comparable à tous égards à l'huile d'olive, et souvent même préférée à celle-ci par les Orientaux. Cependant la plupart des Européens qui en ont fait usage l'oni trouvée inférieure à la bonne huile d'olive. Dans tout l'Orient, cette huile se consomme en quantités très considérables , soit pour les usages économiques, soit pour d'autres objets. Ainsi , c'est un cosmétique fort estimé des femmes; elles s'en servent pour entretenir la souplesse de leur peau, pouroindre leurs cheveux, et de plus elles en boivent journellement dans le but d'acquérir de l'embonpoint. D'un autre côté, l'huile de Sésame est employée comme substance médicinale, soit à titre de laxatif doux , soit contre les ophthalmies , contre les taches de la peau, les éruptions furfuracées, etc. La graine elle-même est un aliment estimé dans l'Orient. Enfin , il n'est pas jusqu'au marc qui reste après l'extraction de l'huile, qui ne fournisse dans ces contrées un aliment recherché. Mêlé avec du miel et du jus de citron , il forme une préparation alimentaire nommée Tahmé, dont le palais des Orientaux parait seul capable d'apprécier le mérite. L'huile de Sésame est éminemment propre à la saponification. Aussi la graine de cette plante forme-t-elle, depuis quelques années, l'objet d'un commerce considérable entre Marseille et l'Egypte ou le Levant. La quantité qui s'en consommait annuellement dans les savonneries de Marseille avait atteint, il y a peu d'années, le chiffre considérable de 10 ou 12 iiiillionsde kilogrammes. Mais l'augmentation de droits

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dont cette denrée a été frappée récemment en a sensiblement diminué l'importation.

Les tourteaux de Sésame ont aussi beaucoup d'importance; ils fournissent un excellent engrais et une bonne nourriture pour les bestiaux dont ils favorisent beaucoup l'engraissement. Aussi forment-ils aujourd'hui la matière d'un commerce assez considérable d'importation, surtout en Angleterre. On a essayé , dans ces dernières années, la culture du Sésame en Europe; maig les résultats qu'on en a obtenus ont été nuls, ou très peu satisfaisants. L'Algérie a paru oflrir beaucoup plus de chances de succès; cependant nous ne croyons pas que jusqu'à ce jour cette plante y soit entrée dans la culture habituelle et en grand. (P.D.)

SÉSAMÉES. Sesameœ. bot. ph. — Petit groupe de plantes dicotylédonées , monopétales , hypogynes, qui tient le milieu entre les Bignoniacées et les Pédalinées ( voy. ces mots ), et se caractérise par son fruit capsulaire, formé réellement de deux carpelles , comme le prouve sa déhiscence septicide en deux valves, mais où chacun d'eux se trouve subdivisé par une cloison médiane, de telle sorte qu'on compte quatre loges contenant chacune un rang de graines; celles-ci à radicule infère ou centripète, insérées sur une colonne centrale, qui finit par devenir libre. Il se compose de plantes herbacées de l'Afrique ou de l'Asie tropicale, à feuilles alternes ou plus souvent opposées; à fleurs solitaires à leurs aisselles. Elles se distribuent dans deux genres : le Ceratotheca , Endl., et le Sesamum, L. Ce dernier fournit , par rbuile extraite des ses graines, un objet de culture et de commerce important. (Ad. J.)

SESAMUM. BOT. PH. — Nom latin de Sésame. Voy. ce mot. (C. d'O.)

SÉSARME. Sesarma.CRUST.— Genre do l'ordre des Décapodes brachyures, de la famille des Catométopes , établi par Say aux dépens des Grapsus de Fabricius , et rangé par M. Milne Edwards dans sa famille des Grapsotdiens. Voy. ce mot.

Les Crustacés qui représentent cette cotipe générique se trouvent sur les côtes de l'Amérique , de l'Afrique et de l'Asie. Neuf espèces composent ce genre qui a pour type le Sésarme tétragone , Sesarma letragona Latr. {Hist. nat. des Crust., tom. VI

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pag. 71). Cette espèce a pour patrie l'Océan Indien. (H. L.)

SESBAN ou SESBANIE. Sesbania. bot.

PH, — Genre de la famille des Léguiiiineuses- Papilionacées, de la diadelphie décandrie dans le système de Linné, établi par Persoon {Enchir. bot.., t. H, p. 316) pour des plantes comprises par Linné parmi les jEschynomene, et par Willdenovv parmi les Coronilla. Depuis sa création, il a été un peu restreint par suite de la séparation du Sesbania grandiflora Fers. , ( jEschynomene grandiflora Lin.) en un genre distinct et séparé, VAgati Rheed. Les Sesbanies sont des arbustes et des herbes qui croissent dans toutes les contrées tropicales, et aussi dans les parties les plus chaudes de l'Amérique du Nord; leurs feuilles, brusquement pennées, ont un grand nombre de folioles; leurs fleurs sont le plus souvent jaunes, plus rarement rougeâtres , ponctuées de noir, en grappes; leur calice, accompagné de deux bracléoles, et en coupe, est quinquédenté ou quinquéfide , à dents ou divisions presque égales; leur corolle papilionacée a ses pétales presque de même longueur ; leur ovaire multi-ovulé porte un style en croch>.t , terminé par un stigmate en massue. Il leur succède un légume long et grêle , comprimé ou cylindrique, épaissi aux sutures, et divisé intérieurement en logettes par des étranglements et des sortes de cloisons dans l'intervalle des graines. — La Sksbanie d'Egypte, Sesbania jEgyptiaca Fers. {Mschynomer:

Sesban Lin. ), est un arbuste glabre , dont les feuilles comprennent environ dix paires de folioles oblongues-linéaires, obtuses, légèrement mucronées et glabres; ses fleurs, jaunes et petites, forment des grappes multiflores ; elles donnent un légume un peu comprimé et généralement arqué, très long. Elle croît naturclienient dans l'Inde, au Sénégal, en Egypte. Dans ce dernier pays elle est communément cultivée en haies , et elle rend de grands services , non seulement sous ce rapport , mais encore et surtout parce que la rapidité extrême de son accroissement lui permettant d'acquérir son développement complet en trois ans , elle fournit une assez grande quantité de bois de chauffage. M. Mérat (D.c<. demat. médic, Suppl. 657) dit , d'après le docteur Figari , aue les feuille» de celte espèce sont em-

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ployées en Egypte comme purgatives presque aussi souvent que celles de Séné. Le Sesbania cannabina Fers. , espèce annuelle du Malabar, doit son nom à ce que ses tiges, traitées comme celles du Chanvre, donnent, dit on, une bonne filasse. Quant auSesbania grandi/ïora Fers., il est devenu, comme nous l'avons dit, le type du genre Agali, que distinguent surtout un calice campanule, tronqué , et une corolle dont l'étendard est plus court que les ailes, et dont la carène est très grande. C'est une belle espèce à très grandes fleurs qu'on a conseillé d'introduire dans nos jardins, où elle produirait un bel effet. (P. D.)

SESELI. SeseZi. COT. ph. — Genre de la famille desOmbellifères, tribu des Sésélinées, à laquelle il donne son nom , de la pentandrie-digynie dans le système de Linné. Il comprend des végétaux herbacés, bisannuels ou vivaces, qui croissent spontanément en Europe, dans l'Amérique septentrionale et dans les parties moyennes de l'Asie, dont les feuilles pinnatiséquées ou lernées-décomposées , ont généralement une teinte glauque; leurs fleurs blanches, rarementjaunes, forment une ombelle composée, dépourvue entièrement ou presque entièrement d'involucre, mais qui présente des involucelles à plusieurs folioles; elles ont un calice à cinq petites dents courtes, et un peu épaisses. Le fruit, surmonté par les deux styles réfléchis, est ovoïde ou oblong, presque cylindrique sur la section transversale ; chacun de ses carpelles ou méricarpes présente à sa surface cinq côtes médiocrement saillantes, filiformes ou épaisses, dont les latérales souvent plus larges; chacun des sillons qui sépare ces côtes est parcouru par une ligne de suc propre (villa), tamlis que les extérieurs en présentent quelquefois deux.

De Candolle a subdivisé les Seseli en trois sous-genres qu'il a nommés : a. Hippomaralhrum; b. Hippomaralhroides ; c. Euseseli. La première de ces sections est très remarquable par ses involucelles dont les folioles se sont soudées entre elles sur leurs bords , et presque jusqu'à leur extrémité, de manière à former une sorte de cupule circulaire, dentée à son bord, qui embrasse la base de l'ombellule. Ce caractère singulier distingue ce sous-genre de toutes les autres plantes de la famille des

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Ombellifères. La plaïUe sur laquelle a été établie cette coupe est le Seseli fenouil des CHEVAUX, Seseli Hippomaralhrum Lin., plante des Alpes et du centre de l'Europe , où elle croît sur les rochers. Dans les deux autres sous-genres, les folioles de l'involucre sont entièrement distinctes et séparées, ou ^ien elles adhèrent entre elles seulement par teur base.

I Nous prendrons pour exemple du genre qui nous occupe le Séseli lomvEvx, Seseli torluosum Lin., vulgairement nomméSeseli de Marseille, Seseli officinal ou simplement Seseli. C'est une plante commune dans le midi de la France ou de l'Europe , oîi elle croît parmi les rochers, dans les endroits secs et rocailleux , sur les tertres arides et le long des chemins. Son espect général a quelque chose de dur; sa tige , presque ligneuse dans le bas, est très rameuse, tortueuse, striée, d'un vert blanchâtre, surtout aux nœuds; ses feuilles sont glauques, tripennées, à folioles lancéolées-linéaires, aiguës; les inférieures sont beaucoup plus grandes que les autres; ses fleurs sont blanches, ramassées et presque sessiles; leur ombelle manque d'involucre, et des involucelles sont formées de folioles linéaires-lancéolées, acuminées. DeCandollefaitobserverque, par la culture, cette plante perd entièrement la teinte glauque si prononcée qui la dislingue à l'état spontané, et qu'elle devient alors verte et herbacée , au point d'en être presque méconnaissable. La graine, ou plutôt le fruit du Séséli tortueux, a une odeur aromatique qui se rapproche assez de celle de l'anis ; on s'en sert quelquefois pour la préparation d'une liqueur de table agréable. En médecine, on le regarde comme anlhelmiiUique, diurétique, cordial , etc. 11 entre aussi dans quelques unes de ces préparations pharmaceutiques très complexes que nous a léguées l'ancienne thérapeutique, telles que le mi- Ihridate , la thériaque, etc.

Nous nous bornerons à mentionner comme commun dans toute la France, dans les lieux secs , le long des chemins, etc., le Séséli de montagne, Seseli monlanum Lin., qui est sans usages. (P. D )

*SÉSÉLIlVi<;ES. Seselineœ. bot pu. — Tribu des Ombellifères {voy. ce mot) ainsi nommée du genre; Seseli, qui lui sert de Ijpe. (Ad. J.)

T. XII

9ESERIIV. Seserinus, Cuv. poiss. - Genre d'Acanthoptérygiens se rapportant à la tribu des Scombéroïdes sans fausses pinnules, sans épines libres au dos, sans armure aiix côtés de la queue. Très voisin de la Fiatole , le Seserin ( Seserinus niichochirus , Val.) s'en dislingue néanmoins, aussi bien que de loub les Stromatées et Rhombes , par l'existence de deux ventrales très petites, qui ne sont réellement que des vestiges de ventrales. L'espèce dont il est ici question habite la Méditerranée, et n'atteint guère qu'une taille de 3 pouces. Sa couleur générale est plombée, marquée de bandes noirâtres.

*SESr«, Hubner; SESL-EIDiE, Dup.; SESIAKLE, Latr. ,Boisduval ; SESI ATICA, Grav. ; SESID^, Speger; SESIID^E , Blanch., etc. ins.— Synonymes de Sésiéides. Voy. ce mot. (E. D.)

SÉSIAfRES, Latr. ins.— Foy. sésiéides.

SÉSIE. Sesiaiiô',, teigne), ins. — Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Crépusculaires , séparé des Sphinx, par Fabricius {Syst. ent. 1775), qui leur associa d'abord les Macroglossa de Scopoli , mais qui plus tard {Syst. Glossat.) les en sépara détinilivement en leur appliquant la dénomination d'^geria, nom qui n'a pas été adopté, celui de Sesia ayant déjà été consacré par l'usage. Plusieurs auteurs se sont occupés des Sésies avec un grand soin , et nous devons particulièrement citer l'excellente monographie de Laspeyres, intitulée : Sesloa Europeœ iconibus et descriplionibiis illustratcB (Berolini, 1801), les travaux de Latreille, Godart, Duponchel et de MM. Boisduval, Ralzeburg et surtout Blisson qui, tout récemment {Annales soc. ent. de Fr. 2* série. t. IV. 1846), a étudié les métamorphoses de diverses espèces de ce genre de Lépidoptères.

Les Sesia, qui faisaient partie des Sphinx légitimée de Linné, ont, d'après Duponcheî {Tab. mélh. des Lép. d'Eur., 1844), lea caractères suivants : Antennes presque cylindriques, plus ou moins renflées au milieu, et du côté externe; toujours simples dans les femelles, et quelquefois ciliées , dentées ou peclinécs du côté interne, dans les mâles; souvent terminées par un petit faisceau do poils dans les deux sexes; tète beaucoup plus étroite que le corselet; yeux coupés en 35»

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aiii.iiide, peu saillants; palpes comprimés et velus ù la base, cylindiiques et presque nus dans le reste de leur longueur, pointus et recourbés à leur sommet; abdomen cylindrique, allongé, souvent terminé par une brosse plus ou moins épaisse et quelquefois trilobée; pattes fortes et longues ; crochets du bout des tarses très aigus et très petits; ergots des jambes postérieures très longs; ailes étroites, allongées: les inférieures toujours entièrement transparentes, et les supérieures quelquefois plus ou moins opaques*

Plusieurs de ces insectes, dont le vol est vif, de même que celui des Sphinx, mais qui se reposent souvent sur les feuilles et sur les fleurs , ressemblent à divers Hyménoptères et Diptères, et de là l'origine des dénominations spécifiques de apiformis , sphecitormis , chrysidiformis , ichneumoniformis, lipuliformis , etc., qu'on a appliquées à quelques uns d'entre eux. Les Sésies volent pendant la chaleur du jour, et se posent pour sucer le nectar des fleurs , tandis que les Sphinx ne volent que le soir et le matin, butinant en planant et sans presque s'arrêter. Les Sésies doivent vivre sous la forme de larve, de deux à trois ans, car à côté desChenilles que l'on trouve au mois d'avril et de mai, parvenues à toute leur grosseur, on en voit souvent de beaucoup plus petites auxquelles il faut au moins un an pour atteindre la taille des premières. Les chenilles sont, en général, de couleur livide, garnies de quelques poils rares, plus épaisses antérieurement que postérieurement, avec la tête forte et les pattes intermédiaires mamelonnées : elles se nourrissent généralement de la moelle des arbrisseaux ou des parties ligneuses de divers grands arbres , Et dans ces derniers temps, M. Blisson a démontré, pour quelques espèces, les endroits précis des végétaux oii on les rencontre constamment, ainsi que nous le dirons en indiquant les principales espèces. Avec les débris de la substance dont elles ont vécu , les chenilles se construisent dans l'intérieur des arbres une coque dont le dedans est tapissé d'une tenture de soie très unie et très serrée.

Les chrysalides sont allongées, atténuées, aux deux extrémités, et dentelées sur le bord des anneaux; elles ont sur la tête

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deux pointes saillantes, et sur chaque anneau du dos , à partir du corselet jusqu'à l'anus, deux rangs d'épines très fines, ui peu inclinées en arrière, et dont les postérieures sont plus courtes • les épines abdominales servent d'appui pour aider la iiymplie à se porter sur le devant de sa coque, et celles de la tête, pour la perforer. Quand elle est parvenue à engager à peu près toute sa moitié antérieure dans le trou que, sous la forme de chenille, elle avait pratiqué à l'arbre pour en sortir, ou qu'elle y avait trouvé tout fait, la chrysalide se repose quelques instants, puis le papillon fait des efforts pour l'ouvrir et se dégager de l'enveloppe sous laquelle il était emmaillotté.

On connaît un grand nombre d'espèces de Sésies , et cependant on n'a encore étudié jusqu'ici que les espèces européennes. Laspeyres, il y a près de dnquante ans, en décrivait vingt et une , et depuis , Godart , Duponchel , ainsi que M. Boisduval, en indiquent quarante-huit : nous citerons seulement :

La sÉsiE APiFORME. Scsio apiformis God.

Latr. Boisd. D'une envergure de deux pouces, et étant la plus grande espèce du genre. Elle est noire, avec la* tête et quatre taches jaunes sur le vertex; les ailes sont transparentes, avec les bords et les nervures noirs; l'abdomen est jaune, avec le premier et le quatrième anneau noir, garnis d'un duvet brun , et le cinquième, ainsi que les deux derniers, brunâtres en dessus. Elle se trouve dans presque toute l'Europe; on la rencontre sur les saules et les peupliers, depuis la fin de mai jusqu'à la fin de juillet. M. Ralzeburg a étudié les métamorphoses de ce lépidoptère. La chenille vit, dit-il, solitairement dans les tiges et les racines des saules et des peupliers : elle est légèrement pubescente, blanchâtre, avec jne ligne plus obscure le long du dos, et la tête grosse et d'un brun foncé; elle se métamorphose en mars et avril.

La SÉSIE MDTiL^FORME. Sesia mutilœformis, Lasp. God. Beaucoup plus petite que la précédente; noire, avec un segment de l'abdomen rouge. Les chenilles , selon M. Dlisson, sont couvertes d'une liqueur rougeâtre qui leur donne un aspect pâle . r ■ (iui les fait paraître d'une couleur fonr.r,

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quoiqu'elles soient blanchâtres : elles ha-i bitentsur les vieux troncs de Pommiers; on les trouve à Tentour et sur les bords des caries sèches, des parties coupées depuis plusieurs années, des endroits dénudés et de ceux où l'écorre est partiellement détachée. On les prend toujours sous l'écorce dans (a portion qui sépare la partie verte de la partie sèche. Elles vivent ainsi sur les limites de l'écorce et du bois vif, à couvert sous les bords desséchés ou en vw,b de décompositiou qui commencent à se déta-' cher, trouvant là probablement des sucs modifiés par le contact du bois mort ou des aliments constamment rafraîchis par la sève dont elles ne risquent pas d'être inondées. La chrysalide est d'une couleur jaune terre de Sienne claire. Ce lépidoptère se trouve assez communément en France.

La sÉsiE NOMAD^FORME. Sesia nomadoB' formis, Lasp. God. Assez grande; l'extrérnilé des ailes avec une tache jaunâtre sale ; des segments abdominaux et partie des pattes jaunes. D'après M. Blisson , les chenilles sont d'une couleur blanchâtre légères ment blanc-cendré ou terre d'ombre : elles se trouvent sur les vieux têtards de Chêne, et dans les mêmes conditions que celles de la S. tnutilœ formis. Elles atteignent toute leur grosseur au commencement de mai, se transforment vers le vingt de ce mois, et demeurent près d'un mois à l'état de chrysalide. Contrairement à ce qui avait été dit par plusieurs entomologistes, ces chenilles ne vivent pas solitairement; on en rencontre ordinairement plusieurs sous la même écorce. La coque est allongée et composée avec de petites parcelles d'écorce et de bois mort: elle est tapissée intérieurement de soie blanche. La chrysalide ressemble aux précédentes. Cette espèce n'est pas rare en France.

La sÉsiE VESPiFORME. Sesia vespiformis, Linné, Dup. L'une des plus petites espèces du genre; pointes des ailes noires avec une tache rougeâtre; pattes orange et jaune; des raies jaunes sur les segments du corps qui sont noirs. Les chenilles, de même que celles de la S. notnadœformis , vivent sur les vieux têtards de Chêne et sur les souches appartenant à ces arbres, presque coupées vas terre. On les trouve absolument de la même manière et dans les mêmes circon-

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stances que ces dernières, c'est-à-dire dam le pourtour des parties mortes des arbres. Elles ne vivent point solitairement : on en rencontre plusieurs assez près les unes des autres; ces larves parviennent à toute leur taille dans les vingt premiers jours d'avril , et l'insecte parfait parait dans les dix premiers jours de juin. Il se trouve dans toute l'Europe.

A l'égard des autres espèces, nous dirons seulement que la chenille delà S. tipuUformis, Linné, Gud., vit dans l'intérieur des tiges du Groseiller, et que celles de la s. asiliformis habitent probablement les troncs des Peupliers blancs et d'Italie. Enfin, en terminant cet article, faisons remarquer, avec M. Blisson {loco citato), que la plus grande partie des autres espèces de Sésies décrites par Laspeyres, Godart, Duponchel, etc., ayant été trouvées à l'état parfait, les unes sur les troncs des arbres ou sur le bois mort, et les autres dans les bois et les forêts, on peut conclure, d'après les observations de plusieurs entomologistes, que généralement les espèces de Sésies, dont on ne connaît encore que les insectes parfaits, vivent à l'état de larve dans des conditions analogues à celles que nous avons indiquées. Quant aux espèces que l'on prend sur les fleurs, il est probable qu'elles n'y viennent que pour butiner et non pour y déposer leurs œufs : ces insectes, ainsi que beaucoup d'autres, à cause de la rapidité de leur vol, pouvant aller très loin chercher leur nourriture. (E. Desmarest.)

*SESIÉIDES. Sesieidœ. ins. — Tribu de Lépidoptères , de la famille des Crépusculaires, créée par Latreille {Règ. an., 2* éd.) aux dépens des anciens Zygénides, et adoptée par tous les entomologistes , qui seulement , selon le mode de classification qu'ils avaient donné, en ont modifié plus ou moins la dénomination. Suivant, dans cet ouvrage, la méthode de Duponchel , nous avons dû adopter le nom qu'il a choisi, tonten reconnaissant que le mot de Sésiaires, indiqué par Latreille {Dict. class. ) , est plus ancien et plus harmonique que celui de SésiéideSf ! et doit probablement être préféré. I

A leur état parfait , les Sésiéides ont les antennes cylindriques plus ou moins fusi^ formes, tantôt simples , tantôt pectinées ou dentées ; ie front est arrondi , écailleux ; il

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y a deux stemmates distincts sur le ventre; les palpes sont séparés du front, débordent le chaperon et ont des articles bien distincts, les ailes sont plus ou moins transparentes ou vitrées, et en toit horizontal dans le repos : le vol est diurne, par un soleil ardent. Les chenilles sont vermiformes, décolorées , munies de fortes mâchoires et de deuxplaquesécailleuses, l'une sur le premier anneau , et l'autre sur le dernier; elles sont garnies , en outre, de poils rares , portant chacun un petit tubercule ; elles vivent et se transforment dans l'intérieur des végétaux. Les chrysalides ont les bords des segments abdominaux dentelés, comme cela se remarque chez les Cossus.

On ne place généralement que deux genres dans cette tribu : ceux des Thyris Illiger, et Se.s«a Fabricius {voy. ces mots); toutefois, M. E. Blanchard { Hist. des Ins., de Didot, 1845) y réunit le genre Chimœra. Voy. ce mot. ^ (E. D.)

*SÉSIEXS, Blanch. ms. — Voy. sesikides.

SESLÉRIE. Sesleria. bot. ph. — Genre de la famille des Graminées, tribu des Festucacées , de la triandrie-digynie d;;ns le système de Linné , formé aux dépens des Cynosurus Lin. Les espèces qu'il comprend habitent les montagnes de l'Europe. Leurs épillets comprennent de deux à six Heurs distiques , hermaphrodites , et se groupent comme en épi simple, globuleux ou oblongs. Les deux glumes de chaque épillet sont inégales; des deux glumelles ou paillettes de chaque fleur, l'inférieure est carénée, aristée-mucronée, souvent à trois ou cinq dents au sommet, tandis que la supérieure est bicarénée, bifide au sommet. Le caryopse est libre. Le type de ce genre est la Seslérie BLEUATRE Seslcîia cœrulea Ardu. \Cynosurus cœruleus Lin. ), qui croît sur les rochers et dans les prairies de presque toutes nos montagnes. (D. G.)

*SESS.(EA. BOT. PH. — Genre de la famille des Solanacées, de la pentandrie-n;onogynie dans le système de Linné, étal)li par Ruiz et Pavon pour des végétaux frutescents et arborescents du Pérou. (D. G.)

*SESSILIOCLES. CRUST. — Lamarcli , dans son Système des animaux sans vertèbres, désigne sous ce nom son second ordre des Crustacés qui correspond h ceux d'Amphipodçs, dlsopodes, de Phyllopodes, d'Ostra-

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codes , de Siphonostomes, de Pychnogoniddi et de Xyphosures. (H. L.)

SÉSUVE. SesMUîMmLin.BOT. ph. — Genre de la famille des Portulacées, dans laquelle il donne son nom à la tribu des Sésuviées , de l'icosandrie-trigynie dans le système de Linné. De Candolle (Prodr., lll, p. 453) le range dans la famille des Ficoïdées. Il comprend des plantes herbacées, charnues, qui croissent sur le littoral des mers, dans toutes les contrées tropicales et sous-tropicales. Leurs fleurs sont apétales, décandres ou polyandres , très rarement pentandres , et elles donnent une capsule à déhiscence circulaire , ou une pyxide , tri-quinquéloculaire , polysperme. Le type de ce genre est le SÉSUVE FAUX-PouRPiER, Sesuvium Porlulacastrum Lin., qui croît dans les sables maritimes aux Antilles , au Mexique et au Sénégal. Ou mange cette plante en salade, en Amérique , de même que le S. repens Lin., dans l'Asie tropicale. (D. G.)

*SÉSUVIÉES. Sesuvieœ. bot. ph.— Tribu des Portulacées [voy. ce mot) à laquelle le genre Sesuvium , qui s'y trouve compris , a donné son nom. (Ad. J.)

SÉTAIKE. Setaria ( de seta, soie ). bot. PH. — Palisot de Beauvois avait proposé de séparer en un genre distinct et séparé, sous le nom de Selaria , des espèces comprises jusqu'à lui dans le grand genre Panicum Lin. D'abord la plupart des botanistes n'ont pas cru devoir adopter ce genre , et ils en ont laissé les espèces, soit parmi les Panics, soit avec les Penniselum Rich. C'est cette dernière manière de voir qu'a adoptée M. Endlicher (Gen., n. 781), et, d'après lui, l'auteur de l'article Pennisetum de ce Dictionnaire. Mais, plus récemment, M. Eunth {Enumer., 1. 1, p. 149), et, avec lui, plusieurs autres botanistes, ont regardé comme ayant une valeur générique les caractères de ce groupe , et , par suite , ils ont admis le genre Sétaire comme distinct et séparé. Nous croyons devoir suivre ici leur exemple. Ce groupe générique , dont M. Eunth a défrit 56 espèces , est formé de gramens à feuilles planes, à panicule le plus souvent resserrée et spiciforme. Ses épillets sont biflores, munis d'un involucre persistant, unilatéral; leur fleur supérieure est hermaphrodite, rinférieure étant femelle ou neutre. Les deux glumes sont membraneuses, inégales.

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concaves et mutiques ; les glumelles ou paillettes de la fleur fertile sont coriaces , concaves , muliques , tandis que celles de la fleur stérile sont membraneuses; les deux glumellules sont charnues, tronquées-obtuses , glabres, collatérales. Le caryopse est libre dans les glumelles , qui l'enveloppent entièrement. L'espèce la plus intéressante de ce genre est la Sétairu d'Italie , Setaria ilalica Beauv. (Panicum Ualkum Lin.), vulgairement connue sous les noms de Panis d'Italie, Millet à grappes. Malgré son nom spécifique, on la croit originaire de l'Inde ; elle est cultivée abondamment dans le midi de la France, et de l'Europe en général , pour la nourriture de la volaille , et même de l'homme. Plus au nord, on la cultive comme fourrage vert. On la reconnaît au milieu de ses congénères à sa panicule spiciforme , dense , interrompue à la base; à son rachis hérissé; à ses involucelles de deux ou trois soies. On trouve communément dans les champs , les vignes , etc. , de toute la France , les Sela^'ia verticillala Beauv. {Panicum verlicillalum Lin.), Setaria glauca Beauv. {Panicum glaucum Lin.), et Setaria viridis Beauv. ( Panicum viride Lin.). (P. D.)

SETARIA. BOT. PH. — Nom latin de Sétaire. Voy. ce mot.

*SETELLA (diminutif de seta, soie).

INS. — Schranck {Fauna boic, II, 2, 1802) indique sous le nom de Setella un groupe de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, tribu des Tinéides, que les entomologistes français n'ont pas admis dans leurs ouvrages, et dont ils laissent les espèces dans le grand genre Teigne. Voy. ce mot. (E. D.)

*SETELLIA(av,'ç, teigne), ins.— Genre de Diptères créé par M. Robineau-Desvoidy {Essai sur les Myodaires, 1830), et placé par lui dans sa grande famille des Myodaires , division des Myodines. Ce genre ne comprend qu'une seule espèce, la S. a/Va Rob. - Desv., qui provient du Brésil. (E. D.)

*SETES (ct^'ç, teigne), ins. —Genre de Lépidoptères nocturnes de la famille des Tinéides, indiqué par Hubner (Cat., 1816), et qui n'est généralement pas adopté. (E. D.)

*SETHEI\IRA. INS. — Genre de la famille des Coréides de l'ordre des Hémiptères , établi par M. Spinola (Essai sur les

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Hémipt.). L'espèce type est le S. teslacea Spin., du Brésil. (Bl.)

* SETIA. INS. — Oken ( Lehrb., III , 1 , 1815) a créé sous cette dénomination un groupe de Lépidoptères, delà famille des Crépusculaires, de la tribu des Sphingides , qui n'est pas adopté par les entomologistes français. (E. D.)

*SÉTICÈRES. Selicera. crust.— Latreille, dans son Cours d'Entomologie, donne ce nom à la première famille de l'ordre des Lophyropes (Ostracodes), qui correspond à celle des Monocles de M. Milne Edwards.

(H. L.) SETICORNES ou CHÉTOCÈRES. ins.

— Noms donnés par Duméril à une famille d'Insectes Lépidoptères nocturnes (G. d'O).

SETIFER et SETIGER. mam. — Noms latins donnés au genre Tanrec. Voy. ce mot. (E. D.)

SETIGER. — Voy. setifer.

SETIGERA. MAM. — Illiger {Prod. syst.

Mam. et Av., 1811 ) indique sous la dénomination de Seligera une famille de Mammifères, qui correspond au genre Sus de Linné. Voy. les articles cochon, phascochère, PECARI et babyrocssa. (E D.)

*SETINA (diminutif de avîç, teigne), ins.

— Schranck indique sous le nom de Setince un groupe de Lépidoptères nocturnes de l'ancien genre Teigne , qui est devenu pour Stephens, Duponchel, M. Boisduval, etc., un genre distinct caractérisé par ses ailes supérieures presque aussi larges que les inférieures, et se croisant à peine par leur bord interne, lorsqu'elles couvrent celles-ci dan.s l'état de repos. On connaît une dizaine d'espèces de Setina, dont le type est le S. irrorea H., qui se trouve dans presque toute l'Europe. Un assez grand nombre des espèces de Setinœ de Schranck entrent dans le genre Lilhosia Boisd. (E. D.)

SÉTIPODES. Setipoda. ann.— Dans se,?

premières classifications, M. de Blainvilie désigna sous ce nom lesAnnélides pourvues de soies raides et pédiformes; cette classe a reçu depuis, du même savant, la dénomination de Chétopodes. (G. B.)

*SETODES. INS.— Genre de la tribu des Phryganiens , groupe des Mystacidites, de l'ordre des Névroptères, établi par M. Rambur {Insectes Névroptères, Suites à Buffon) sur des espèces très voisine» des Myslacida

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dont on ne devrait sans doute pas les séparer. M. Rambur en cite cinq espèces: les S. resperella Ramb., S. punclatella Ramb., S. asperella Ramb., S. punctata{Phryganea punclata Fab.), et S. puncldla Ramb. (Bl.)

SÉTO?J. poiss. — Nom employé pour désigner un sous-genre de Chétodon, le Chœtodon aelifer, Selon de Bloch. (G. B.)

SÉTOPHAGE. Selophaga. ois. — Genre "de la famille des Mnscicapidées, dans l'ordre des Passereaux, établi par Swainson, et caractérisé par un bec petit, à arête carénée; des ailes médiocres, à première et quatrième rémiges égales , les deuxième et troisième étant les plus longues ; une queue allongée et arrondie, des tarses minces. — Le type de ce genre est la Houpktte du Brésil {Mus. ruticilla Linn.), à plumage olivâtre en dessus , jaune en dessous, avec du rouge bordé de noir sur la tête , et un sourcil blanc. — M. Swainson a encore fait connaître le SÉTOPHAGE CRAMOISI , Set. mintata Swains. {Birds of Mex.), des bois de Valladolid et de Table-land; le Sétophage rouge, Set. rubra Swains., du Mexique ; et le Sétophage pkint. Set. picla Swains. , de Real-del-Monte au Mexique. Enfin M. Lesson a décrit sous le nom de Musc, olivater une espèce qui pourrait bien n'être qu'une femelle du Musc. ^Hticilla. (Z. G.)

^EUTERA (dédié au botaniste Seuter).

BOT. PH. — Genre de la famille des Asclépiadées, établi par Reichenbach pour une plante herbacée, voluble, de l'Amérique septentrionale. Ce genre a pour synonyme le Lijonia Eliott. (D. G.)

SÈVE. BOT. — La Sève est le fluide nourricier des plantes, celui qui, se portant successivement dans leur diverses parties, va fournir à chacune d'elles les matériaux oie son accroissement. Aussi l'a-t-on souvent comparée au sang des animaux, quant à son importance et au rôle qu'elle joue dans l'organisation végétale. La marche qu'elle suit pour arriver des extrémités radiculaires dans loutes les parties qu'elle doit nourrir ou, en d'autres termes, sa circulation ayant été déjà exposée dans l'excellent article Circulation par M. Ad. Brongniart, il ne nous reste ici qu'à étudier la Sève en elle-même, autant du moins que permet de le faire l'état actuel de la science.

Les physiologistes ont admis généralement

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Jusqu'à ce jour que la circulation de la Sèvj consiste eu un mouvement d'ascension par lequel elle s'élève jusqu'aux feuilles et à l'extrémité des branches, et en un mouvement de descension par lequel elle descend de ces dernières parties pour aller fournir aux branches, aux tiges et aux racines les matériaux de leur accroissement. Partant de cette idée, ils ont distingué une Sève ascendante ou Sève brute, et une Sève descendante ou Sève élaborée. Or la Sève ascendanle, n'étant formée que de l'humidité absorbée par les racines avec la petite quantité de matières qu'elle tenait en dissolution, constitue un liquide éminemment aqueux. Mais, dès l'instant où ce liquide est introduit dans le tissu des plantes, il commence à subir une élaboration qui modifie les proportions relatives de ses éléments constitutifs et qui, de plus, altère à des degrés divers sa composition. Dès lors il est facile de concevoir quelle diversité de composition l'on devra trouver dans ce liquide. En effet, comme il est prouvé que les racines absorbent indifféremment toutes les matières solubles qui leur sont présentées, nuisibles ou utiles, et seulement eu raison de la fluidité de la solution; comme de plus, dans des sols de nature différente, l'eau doit dissoudre des matières très diverses, il en résulte que, dès son introduction dans les plantes, la Sève brute doit varier beaucoup de composition d'une espèce à l'autre et, pour une même espèce, dans des localités différentes. En second lieu, comme, dès 1 instant où ce liquide a pénétré dans le tissu végétal, il commence à fournir à la nutrition; que, d'un autre côté, il paraît pouvoir se charger de substances primitivement di'pusées dans le végétal, sa composition doit varier en proportion du chemin qu'il a parcouru. Aussi Knight avait reconnu, et M. Biot a vérifié après lui, que la densité de ce liquide nourricier augmente à mesure qu'il s'élève dans l'intérieur de la plante. Pour ces divers motifs et pour quelques autres que nous passons sous silence, tels que la différence des saisons, des circonstances extérieures, etc., l'étude chimique des Sèves offre de nombreuses diificultéset fournit aux divers observateurs des résultats très diver-» gents. Il faudrait, en effet, pour que ces résultats fussent réellement comparables, que les liquides séveux, analysés par différent!

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observateurs, fusserilpris dans des conditions identiques; or, ce que nous avons déjà dit montre que cette identité de conditions est, sinon impossible, du moins très difficile à obtenir. Au reste, les travaux analytiques dont la Sève a été l'objet sont encore en très petit nombre et n'ont porté que sur très peu de végétaux différents. Ils se réduisent à peu près à ceux: de Vauquelin, sur la Sève d'Orme, de Hêtre, de Charme, de Bouleau blanc et de Marronnier; de M. Biot, sur le Sucre contenu dans les Sèves du Bouleau, du Noyer, du Sycomore, etc. ; de M. Langlois, sur les Sèves de la Vigne, du Noyer et du Tilleul ; de M. E. Brilcke, sur celle de la Vigne.

A toutes les difficultés que présente l'étude chimique des Sèves se joint celle de se procurer ce liquide en quantité suffisante pour l'analyser. M. Biot a fait connaître, à cet égard, un procédé qui, dit-il, réussit très bien (Voyez Nouv.Ann. du Muséum, 1833, 1. 11(1823), p. 271-283). Il consiste à percer dans un tronc déjà gros, au moyen d'une tarière, des trous cylindriques de 80 à 100 millimètres de profondeur, dans une diiection légèrement inclinée de dedans en dehors, et à introduire dans chacun de ces trous un petit tuyau de Roseau bien sec, aminci intérieurement en biseau, et qu'on enfonce à peine au-delà de l'écorce. Chaque tuyau de roseau est introduit dans le goulot d'un flacon et le tout est lulé avec soin de manière à ne pas permettre l'évaporation du liquide. Par ce procédé et par tous les autres qui ont pu être mis en usage, on ne recueille que la Sève ascendante. On a même reconnu que celle que l'on obtient ainsi diminue de densité à proportion que son écoulement se prolonge davantage. Quant à la Sève descendante, dont la plupart des physiologistes admettent traditionnellement l'existence, il ne paraltguère possible de la recueillir. Il est reconnu aujourd'hui qu'on ne peut regarder comme telle le latex, produit que toutes les observations récentes amènent à considérer comme le résultat d'une sécrétion; et, d'un autre côté, il semble difficile de regarder comme exprimant la composition de la Sève descendante les analyses du suc extrait des tissus naissants ou du cambium.

Les analyses fuites jusqu'à ce jour montrent que la Sève se compose toujours d'eau

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en majeure partie. Aussi sa densité est-dlc toujours de fort peu supérieure à celle de ce liquide. D'après M. E. BrQcke, celle de la Vigne, au moment de sa plus grande abondance, ne pèse que 1,001. Vauquelin porta la densité de celle de l'Orme à 1,003 (1). L'eau elle-même sert à la nutrition des plantes; mais, comme elle ne peut entrer que pour une assez faible part dans la composition des matières solides, il faut nécessairement que la Sève passe en quantité très considérable dans le tissu vcgélal pour fournir à l'accroissement des parties anciennes et au développement des nouvelles, particulièrement pour déposer les substances solides qui constituent les cendres des végétaux. Aussi, partant de cette idée, Vauquelin faisait le calcul suivant: <( Si la pesanteur » spécifique de la Sève d'Orme exprimait » exactement la quantité de matièrevégétale » qu'elle contient, il s'ensuivrait qu'il pas- » serait dans les vaisseaux de l'Orme 1626 •' myriagrammes d'eau pour la formation de 1) 4.877 myriagrammes de bois , et qu'un arbre qui pèserait 48753 myriagrammes /) aurait pompé dans la terre et exhalé en- 't suite dans l'atmosphère 16260 myria- >i grammes d'eau; enfin qu'un Orme qui » aurait augmenté de 2439 myriagrammes 1* dans les six ou sept mois que dure la vé- .) gélation, aurait absorbé 813 myriagram- • mes d'eau, ce qui est énorme. «Tout exagéré qu'est ce résultat, il peut cependant donner une idée de la grande quantité de Sève qui s'élève dans les plantes pour entretenir leur végétation.

La théorie d'Ingen-Housz et Sénebier qui a cours aujourd'hui dans la Physiologie végétale, faisant jouer un rôle extrêmement important à l'acide carbonique, on devait s'attendre à trouver cet acide dans la Sève. C'est en effet ce qu'ont vu Vauquelin et M. Langlois {Comptes-rendus, t. XVII, p. 505-512). Au contraire M. Biot a positivementaffirméavoirobtenuunrésultatopposé. Il est difficile de prononcer entre ces deux assertions contradictoires et, sur ce point,

(i) Il faut certainement expliquer par iine erreur typogr»« pliique la densité de o.oïC, attribuée par Vauquelin à la sève du Hêtre. — Il est très probable que ces indications de deu. site ont pour objet des sèves obtenues par des trous ou dei incisions pratiqués à une faible hauteur eu-Ue»JU» du niveau du loi.

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comme sur la plupart des autres relatifs à l'élude chimique de la Sève, de nouvelles recherches plus variées sont indispensabiement nécessaires.

Plusieurs sels existent dans les diverses Sèves qui ont été analysées jusqu'à ce jour. î insi M. Langlois a trouvé dans la Sève de Viiîiie du tartrate de chaux, du nitrate de potasse, des laclates alcalins, du chlorhydrate d'ammoniaque, du sulfate de potasse et du phosphate de chaus. Les plus abondants d'entre ces sels étaient le tartrate de chaux et le nitrate de potasse qui s'y trouvaient dans la proportion de 1 gramme 25 pour le premier, de 0 gramme 02 pour le second, sur un kilogramme de ce liquide. Dans la Sève du Noyer, le même chimiste a signalé des lactates de chaux, d'ammoniaque et de potasse, du malate de chaux, du chlorhydrate d'ammoniaque, du nitrate de potasse, du sulfate etdu phosphate de chaux. D'un autre côté, Vauqnelin avait signalé dans la Sève de l'Orme une grande quantité d'acétate de potasse, une petite quantité d'acétate de chaux, une assez forte proportion de carbonate de chaux et de légères tra ces de sulfate et de muriate de potasse.

La Sève renferme aussi, et en proportions variables, des matières organiques diverses. Ainsi Vauquelin a indiqué dans la Sève d'Orme une certaine quantité de matière végétale; dans celle du Hêtre, du tannin, de l'acide gallique, de l'acide acétique libre et une matière colorante susceptible de tein ■ dre la laine, le coton et le fil en un rougemarron très solide. M. Langlois a trouvé, de son côté, dans la Sève de la Vigne, de l'albumine végétale et, dans celle du Noyer, de l'albumine végétale, une matière gommeuse, une substance grasse. Enfin le liquide nourricier des plantes renferme souvent de la gomme et surtout, dans certains cas, du sucre. Les travaux de M. Biot ont eu pour principal objet d'y constater la présence et la nature de cette dernière substance. Ce savant physicien a vérifié ce fait bien connu que la Sève du Bouleau contient du sucre, un sucre fermentescible et, à l'aide de la polarisation circulaire, il a constaté que ce sucre est analogue au sucre de Raisin qui n'a pas subi la solidification. Dans la Sève de Sycomore, il a constaté également la présence d'un sucre fermentescible que l'analyse

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optique lui a fait reconnaître pour analogue au sucre de Canne. Il a encore trouvé du sucre dans la Sève de Noyer, bien que M. Langlois ait obtenu après lui un résultat contraire. La proportion du sucre dans la Sève devient assez forte dans quelques espèces pour que son extraction soit avantageuse.Ainsi, dans l'Amériqueseptentrionale, on perce chaque année un trou dans le tronc de l'Erable à sucre, afin de déterminer l'écoulement de la Sève sucrée qui donne à cet arbre sa principale utilité. D'après Jefferson, un de ces Érables de grandeur moyenne fournit, dans une bonne saison, environ 8 ou 9 décalitres de Sève desquels on extrait 2 kilogrammes 500 de sucre. Les jours chauds et les nuits froides en favorisent l'écoulement, qui se continue depuis le commencement du mois de février jusqu'au mois de septembre. Plusieurs Palmiers possèdent aussi uneSève très sucrée qui s'écoule en abondance, soit par les incisions pratiquées à leur stipe, soit par la section de leur spadlce {voy. palmiers). Un résultat très curieux est celui rapporté par M. Biot {Comptesrendus, t. XVII, p. 683) relativement à l'existence de sucres différents dans la Sève considérée en divers points de son trajet circulatoire. « Dans le Bouleau, dit ce savant, la Sève ascendante du printemps contient un sucre fermentescible qui exerce la déviation à gauche. En passant dans les jeunes feuilles, ce sucre est changé en un autre exerçant la déviation vers la droite et invertible, propriétés qui l'assimilent au sucre deCanne. Or c'est aussi cette dernière espèce de sucre qui existe dans le cambium du Bouleau. » Une inversion pareille a lieu dans le Sycomore par des phases contraires. Lesucre de la Sève ascendante de cet arbre est du sucre de Canne exerçant la déviation à droite et invertible. Dans les feuilles, il est changé en sucre différent exerçant la déviation à gauche ; et c'est cette seconde espèce de sucre, autre que celui de la tige, que contient le cambium du Sycomore.

Quant à la Sève descendante dont l'existence même est contestée par plusieurs physiologistes, on peut dire que sa composition chimique est entièrement inconnue, car on ne peut admettre, comme étant son expression, l'analyse du suc extrait du cambium du Tilleul que nous devons à M, Langlois.

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