‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 16 sur 173 · KHI · texte numérisé non relu

KHI

«sage de ces armes , et ensuite ils le dépècent avec des couteaux non moins mauvais l^ue hurs flèches.

Les Shangallas chassent le Rhinocéros non seulement pour sa peau et ses cornes, mais encore pour sa chair qu'ils aiment beaucoup et qui fait une grande partie de leur nourriture, ainsi que celle de l'Eléphant; tous les habitant-: du pays plat de l'Atbara ont la môme habitude. Cependant, cette chair, qui ressemble à celle d'un vieux Sanglier, est grossière , très dure, presque sans goût, et exhale une désagréable odeur de musc. La partie la plus délicate, dit-on, est le dessous du pied, qui est, ainsi que celui de l'Éléphant et du Ch.imeau , d'une substance cartilagineuse et molle.

Chardin (t. lil, p. 45) dit que les Abyssiniens savent dompter les Rhinocéros , et qu'ils les font travailler comme des bœufs ; mais ceci ne peut être qu'une grande errenr, car ces animaux, en Abyssinie comme i .rtout ailleurs, sont farouches jusqu'à la férocité, d'une indocilité caractéristique, et tontà-fait incapables de recevoir la moindre éducation. Il faut, je crois, attribuer cette opiniâtreté sauvage et indomptable à leur manque absolu d'intelligence.

En Abyssinie on nomme agagéer ( en français, coupe-jarret) les chasseurs de Rhinocéros, et ils savent poursuivre et abattre ce terrible animal avec autant d'adresse que de courage. Deux hommes, dont l'un habillé et armé de deux ou trois javelines, l'autre nu et n'ayant qu'une longue épée très lourde et très tranchante, sont montés sur le même Cheval , le premier en selle , et le second en croupe derrière lui. Il est essentiel que le coursier soit très vigoureux, fort agile, et surtout parfaitement dressé à cette chasse. Lorsqu'ils ont rencontré un Rhinocéros, cet animal effrayé prend la fuite , et les chasseurs se mettent aussitôt à sa poursuite. Si l'on considérai le volume énorme du corps de ce monstre, son poids et le peu de longueur de ses jambes, on est surpris de la vitesse de sa course , qui consiste en un trot redoublé et fort allongé, lui faisant faire en très peu de temps beaucoup de chemin, grâce à la longueur de son corps. Malgré cela, il ne faut pas croire qu'il coure ^dans la plaine plus vite qu'un Cheval : un cavalier monté surunmédiocrecoursierle dé-

RHT

passerait aisément s'il allait en ligne droite; mais il n'en est pas ainsi, et si on ne peut pas le joindre il faut moins l'attribuer à son agilité qu'à son habitude de traverser conti. nuellement d'un bois dans l'autre, de s'enfoncer toujours dans les endroits les plug épineux et les plus fourrés. Les arbres secs ou cassants qu'il rencontre sur son chemin sont baissés et tombent derrière lui à droite et à gauche, tandis que ceux qui sont verts et souples sont plies sous la masse de son corps et, par leur élasticité, se redressent avec violence derrière lui. Il en résulte que le chasseur , dans ces moments-là , ne peut le suivre que de loin, dans la crainte d'être gravement blessé par ces arbres, et pendant ce temps l'animal gagne du terrain. L animal a les yeux très petits, enfoncés, et la raideur de son cou l'empêche de tourner la tête avec facilité: aussi ne voit-il rien que ce qui est devant lui ; c'est ce qui fait que rarement il se détourne brusquement de la ligne droite et qu'il va constamment devant lui lorsqu'il déploie toute la vitesse de sa course.

Si le lieu où on le poursuit est assez découvert et assez spacieux, il n'échappe jamais aux chasseurs qui l'atteignent et le dépassent. Alors il s'arrête un moment, il hésite; puis reprenant sa course il fond avec furie siir le Cheval. Le cavalier évite facilement le terrible choc en changeant brusquement de direction, et c'est l'instant fatal pour le Rhinocéros. L'homme qui est eu croupe se laisse glisser à terre sans être aperçu du monstre dont toute l'attention se porte sur le Cheval, et tandis qu'il le cherche des yeux, le chasseur, avec son épée, lui coupe le tendon du jarret d'une jambe de derrière; l'animal tombe, et il devient incapable de fuir ou de se défendre; alors on le tue aisément, soit à coups de javeline, soit à coups d'épée.

Les seigneurs abyssiniens font quelquefois cette chasse, mais ils abattent ces animaux comme les colons du cap de Bonne- Espérance, c'est-à-dire à coups de fusil. Cet animal a la corne tellement sensible que Bruce dit en avoir vu un , pendant une chasse à Tcherkin, qui tomba raide et resta quelques instants étendu comme mort, quoiqu'une balle de mousquet n'eût fait que de casser l'extrémité de sa corne. Ce célèbre

voyageur ajoute qu'il en a vu tuer un autre qui avait un rudiment de troisième corne derrière la seconde , et qu'elle avait déjà 11 lignes de longueur. Des agagéers l'ont assuré que ce fait n'était pas rare, mais qu'il n'arrivait jamais qu'à de vieux mâles.

Sparman {Voxjage au cap de Bonne-Espérance) a mis en discussion la question, déjà agitée par d'autres naturalistes, de savoir si la corne du Rhinocéros était Oxe ou mobile, et il cite des chasseurs colons qui diaent avoir vu de ces animaux dont les cornes mobiles se choquaient l'une contre l'autre quand ils couraient. Si cette observation est vraie, elle a sans doute été faite sur un animal malade, chez lequel cet organe avait été ébranlé par un accident. Ce qu'il y a de certain, c'est que les cornes ne tiennent pas seulement à l'épiderme , comme l'ont dit quelques personnes, mais à la peau dans toute son épaisseur et au périoste qui recouvre les os du nez. Il en résulte qu'elle doit être fixe. (Roitaud.)

RIII1\0CÉR0S FOSSILES {voi/. Cuvier, Ossements fossiles, 2' édition, t. II; Kaup, Ossements fossiles de Darmsladt ; de Christol, Recherches sur les caractères des grandes espèces fossiles du Rhin; Owen, Mammifères et Oiseaux fossiles delà Grande-Bretagne; de Blainville, Ostéologie des Rhinocéros, etc.). MAM. Foss. — Des ossements fossiles de Rhinocéros se rencontrent en grand nombre dans le diluvium et dans le terrain tertiaire. On en a sans doute trouvé de tout temps, mais les premiers que l'on connaisse ont été découverts, en 1668, à Chartham, près de Cantorbéry ; encore furent ils pris d'abord pour des restes d'Hippopotame, mais annoncés ensuite par Grew, dans son Catalogue du collège de Gresham, pour des ossements de Rhinocéros. En 1731, on en rencontra en Hanovre, au pied méridional du Hartz, mais ceux-ci furent donnés, en 1752, par Hollman, dans les Jl/e'moiresde la Société de Gœttmgue, pour ce qu'ils étaient réellement. Un peu plus tard, Pallas découvrit, parmi lesossementsduCabinetdeSaint- Pétersbourg venus de Sibérie, plusieurs crânes de Rhinocéros, et, en 1773, il publia même la relation de la découverte d'un Rhinocéros entier trouvé avec sa peau, deux ans auparavant, sur les bords du Wilouï, l'un des aftluents de la Lena, à 64° de latitude nord.

RHl

Dans ses voyages en Sibérie, Pallas recueillit plusieursautresdébrisdecesanimauj qu'il envoya à Pétersbourg. Bientôt après, Merck en trouva dans la vallée du Rhin et dans plusieurs autres contrées de l'Allemagne, eti enfin la France et l'Italie en fournirent égale-i ment. Camper, en s'occupantdeladistinctionj des espèces vivantes, écrivit aussi sur le Rhi-^j nocéros fossile, et enfin G. Cuvier s'occupa/ de ces animaux, dans un mémoire qui fait partie de la première édition de ses Recfter» ches sur les ossements fossiles, et qui avait paru dans les Annales du Muséum d'histoire naturelle de Paris, en 1806.11 prouva alors, ce que Camper n'avait fait que soupçonner, que l'espèce que l'on trouve si abondamment en Sibérie, et qui porte aujourd'hui le nom de Rh. tichorhinus, est une espèce distincte des espèces vivantes. Depuis cette publication, on trouva non seulement ce Rhinocéros dans les cavernes de France et d'Angleterre, et dans les alluvions; mais on en découvrit diverses autres espèces dans les terrains tertiaires , en sorte que, dans la deuxième édition de son ouvrage, publiée en 1822, G. Cuvier put en établir trois grandes espèces et une plus petite. De nouveaux gise ments d'ossements fossiles ayant été reconnus depuis dans toute l'Europe et particulièrement en France, on y recueillit de nombreux débris de Rhinocéros, et il est résulté des investigations des divers paléontologistes qui ont travaillé sur ces nouveaux matériauxl'établissementd'un grand nombre d'espèces que M. de Blainville n'accepte pas et qu'il réduit aux trois grandes de G. Cuvier; mais nous pensons qu'il a porté trop loin ces réductions et que l'on doit en reconnaître quelques autres encore.

Les dents des Rhinocéros sont formées sur le même plan que celles des Palœothériums ; seulement la face externe des supérieures est moins régulière; au lieu de trois arêtes verticales, il en existe quatre : une à chacun des deux angles, une autre peu marquée au milieu, et une quatrième entre celle-ci et celle de l'angle antérieur. En outre, la colline postérieure de la couronne produit une saillie ou lobe qui s'avance dans la vallée intermédiaire, et qui se soude quelquefois avec une production semblable de la colline antérieure ou de la paroi longitudinale de la dent. Par l'usure, il se produit alors trois

RHI

fossettes. Le» dents inférieures se distinguciU de celles des Palœothériums en ce que leur croissant postérieur n'est pas complet et qu'il vient s'arc-bouter contre le flanc du croissant antérieur.

Une seule des espèces connues de Rhinocéros fossiles se trouve dans les terrains diluviens et dans les cavernes : c'est le Rh. ticho- >rhinus Cuvier, ainsi nommé de la cloison osseuse qui sépare les narines. Celte espèce était bicorne, grande, et à tête très allongée. Ses dents molaires supérieures se distinguent en ce qu'elles offrent trois fossettes très profondes, et en ce que l'arête de l'angle antérieur de leur face externe est la plus saillante. La dernière ne diffère des précédentes que par un peu plus d'étroitesse de la colline postérieure; le bord externe du croissant antérieur des dents inférieures n'est point une courbe régulière, mais offre deux angles mousses et presque droits. Cette espèce paraît n'avoir point eu d'incisives à l'état adulte, ni en haut, ni en bas, et, s'il en existait dans le jeune âge, elles ne pouvaient être que très petites. Elle ne portait que trois doigts à chaque pied ; on l'a rencontrée dans les cavernes de France et d'Angleterre, dans les alluvions de nos fleuves, et en très grande abondance en Sibérie, où un squelette entier a été trouvé dans la glace, couvert de sa chair et de sa peau.

Il paraîtrait, d'après M. Paul Gervais, que dans la caverne de Lunel-Vieil , près de Montpellier, il existe des débris d'un Rhinocéros peu différent des Bicornes d'Afrique. Toutes les autres espèces proviennent des terrains tertiaires supérieurs et moyens.

Le lih. leplorhinus Cuvier, qui se rapproche le plus du précédent, en ce que la cloison lie ses narines était en partie osseuse, en ce qu'il n'avait que des incisives rudimentaires, et en ce que plusieurs de ses mâchelières présentaient dans l'usure trois fossettes: mais la dernière de ces mâchelières n'offre, comme dans les espèces suivantes, point d'angle postérieur externe et se trouve ainsi avoir une forme triangulaire, et la seconde arête de la face externe de ces mêmes mâchelières est la plus saillante, de même aussi que dans les espèces suivantes. Cette espèce était plus élancée que le Tichorhinus ; on l'a reucùiitrée principalement en Italie, niais

RHI

M. Owen en a trouvé aussi en Angleterre dans le terrain pliocène.

M. J. de Christol avait pensé que cette espèce était la même que la précédente, mais MM. Owen et de Blainville la conservent, et M. de Christol lui-même m'écrit qu'il croit aujourd'hui s'être trompé.

Le Rh. megarhinns de Christol, monspesit» lanus de Serres, caractérisé par la grande longueur des os du nez et une réduction correspondante de l'intervalle comprifs enire l'échancrure nasale et l'orbite qui n'est quo la moitié de la longueur des os du net et le sixième de la tête. La saillie de la corne postérieure plus grande que dans l'espèce suivante. Les molaires supérieures n'ont que deux fossettes avec lobes de la colline postérieure. Les incisives supérieures , s'il y en avait, sont inconnues; les inférieures, au nombre de deux, sont petites et sortent à peine de leurs alvéoles. Du terrain tertiaire pliocène des environs de Montpellier.

Le Rh. incisivus Cuvier, Rh. Schleierma' cher i Kaup, Rh. incisivus mas., de Blainville, se distingue par le peu d'étendue de son échancrure nasale et par la grande longueur de l'intervalle compris entre cette échancrure et le bord antérieur de l'orbite qui égale celle des os du nez et qui est le quart de la longueur de la tête. 11 avait quatre incisives en haut, une paire mitoyenne beaucoup plus grande que la paire externe, au moins deux incisives en bas assez longues et taillées en biseau. Les molaires supérieures n'offrent que deux fossettes, mais avec un lobe saillant de la colline postérieure dans la vallée intermédiaire.

Dans les collines tertiaires sous-pyrénéennes, il en existe, selon M. Lartet, au moins quatre espèces que ce paléontoogiste caractérise ainsi qu il suit, dans une note qu il m'écrit :

Le Rh. Sansaniensis Larlet. Deuxinctsivea normales en haut, de moyenne grandeur; quatre en bas dont les deux mitoyennes plus petites; molaires à peu près rectangulaires sans vestige de bourrelet à leur base interne. Deux fossettes seulement. Os du nez large, épais, tout d'une pièce, et portant une empreinte de corne bien marquée; l'empreinte d'une seconde corne sur les frontaux. Forma du crâne remarquable par son brusque re-

RHI

Icvcment vers l'occiput. Trois doigts restitués pour chaque pied.

Le fi/i. brachypus Lartet. Deux grandes incisives aux deux mâchoires. Molaires volumineuses, toutes marquées sur leur bord interne d'un bourrelet dentelé, et qui se fait même sentir sur le bord externe; vallon médian très profond; la colline postérieure présente plusieurs lobes ou festons. Membres très robustes; articulations larges; os du métacarpe et du métatarse larges , aplatis et très courts. Trois doigts restitués pour chaque pied.

Le Rh. Cimogorrhensis ou de Simorre Larlet. Deux incisives à chaque mâchoire de moyenne grandeur. Molaires supérieures à b jurrelet interne dans les deuxième et troisième seulement; lobe des collines postérieures très développé et portant trois fossettes dans la couronne usée. Radius court; métacarpe au contraire très long, plus long que dans aucune autre espèce, quoique celle-ci ait dû être une des moindres pour la taille. Trois doigts restitués pour chaque pied.

Le Rh. telradaclylus Larlel, Acerotherium incisivum Kaup, Rh. incisivus fœm. deBlainville. Deux très grandes incisives à la mâchoire supérieure; quatre à l'inférieure , les deux latérales fortes et aiguisées, les intermédiaires petites, coniqueset peu apparentes. Molaires supérieures à bourrelet interne dans les deuxième, troisième et quatrième seulement. Lobes du bord postérieur souvent très développés et donnant lieu à trois fossettes sur les couronnes usées. Os du nez minces , étroits, non réunis par suture, sansempreinte de cornes. Un quatrième doigt, mais plus petit, aux pieds de devant, observé en place, à quoi nous ajoutons que l'intervalle qui sépare l'échancrure nasale de l'orbite est très court et la huitième partie de la longueur de la tête seulement.

Cette espèce, que M. Lartet dit être la plus l'icvéeen taille de toutes celles des Pyrénées, se trouve en Auvergne et dans les sablières il'Eppelsheim. C'est elle qui a servi de type ju genre Acerolherium de M. Kaup; mais, ;i ce nom fait disparaître la contradiction ,]ui existe entre le nom de Rhinocéros et la qualité de cette espèce qui ne porte point de cornes sur son nez, il a l'inconvénient de donner à un genre un nom qui pourrait couvenir à tous les animaui sans cornes.

RHI

C'est une preuve de plus que les noms qui ont une signiQcation ne valent rien pour les genres en histoire naturelle , car il se trouve toujours quelques espèces qui ne possèdent point la qualification exprimée par le nom de genre, et cependant il n'est aucun naturaliste et surtout aucun paléontologiste qui ne tombe dans cette faute.

M. de Blainville suppose que le Rh. tetradaclylus est la femelle du Rh. incisivus; mais comme, dans les Rhinocéros actuels, les femelles portent des cornes aussi bien que les mâles, rien n'autorise cette supposition qui se trouve d'ailleurs contredite par sa haute taille, puisque, chez les Mammifères, les femelles sont généralement moins grandes que les mâles.

M. Lartet m'annonce, au reste, qu'il y a pour chaque espèce de grandes variations de taille; ainsi il possède des molaires du Bh. Sansaniensis aussi petites que les analogues sur lesquelles M. Cuvier a établi son Bh. 7ninulus. Cependant cette dernière espèco existe bien réellement; car j'ai eu entre les mains , me dit encore M. Lartet , deux molaires supérieures trouvées dans le département de la Haute-Garonne plus petites encore et qui avaient un collet saillant très montant et bien marqué, même dans la dernière. L'individu auquel elles avaient appartenu ne devait pas dépasser de beaucoup la taille de nos plus grands Cochons.

Les caractères que M. Lartet assigne à ses espèces ne paraissant convenir à celles que nousavons mentionnées auparavantque pour le Rh. incisivus, qui est probablement son Sansaniensis, il s'ensuivrait que nous en aurions sept des terrains tertiaires ; mais il paraît bien qu'il faut encore distinguer deux époques dans ces terrains à Rhinocéros, et que les Rh. leptorhinus tl megarhinus sont moins anciens et appartiennent au terrain pliocène, tandis que les autres se trouvent dans le terrain miocène. Ainsi ce dernier terrain, celui où l'on rencontre pour la première fois les Rhinocéros, nourrissait en Europe les Rh. incisivus ou Sansaniensis, brachypus, Cimogorrhensis, telradacUjlus et minulus en nombre à peu près égal à celui des espèces vivantes. Mais celles-ci ne se trouvent pas à la vérité réunies sur un espace aussi limité puisque l'Afrique n'en a que deux ou trois au plus, le continent indien un seu5, et les

RHI

lies de la Sonde deux. Mais, à cette époque, l'Afrique n'était peut-être pas encore séparée de l'Europe, et ne formait avec elle qu'un vaste continent.

Quant aux Rh. eîalus Croizet et Robert , Pih. Golfussii Kaup, Rh. Merckii Kaup, ou Kirchbergensis JsËger {Mammifères du Wurtemberg), Rh. Sleinheimensis Jœger (ib.), Rh. chœrocephalusJ<E^eT(ib.), nous perisons, avec M. de Biainville, qu'il n'est pas possible de les admettre encore comme espèces distinctes, les caractères sur lesquels on les a établies étant trop fugitifs

Probablement elles rentreront dan» tes espèces dont nous venons de parler. Ainsi le Rh. elalus appartenant, suivant M. Pomel, au terrain pliocène, est sans doute ou un Megarhinus, ou un Leptorhinus.

Il a été trouvé dans les monts sous-Hymalayas des ossements d'un Rhinocéros unicorne; mais, comme MM. Falconnetet Cautley publient dans ce moment un grand ouvrage sur les fossiles de celle localité, il faut attendre sa publication pour connaître l'espèce ou les espèces de Rhinocéros qu'ils y enregistreront. (Ladrillard.)

Depuis la réd.iction dos doux articles qui présèdenl, les Rhinocéros ont clé l'objet de plusieurs observations nouvelles^ aussi bien ceux qui vivent actuellement en Afrique ou dans l'Inde, que ceux dont on trouve, sur différents points du glob , les débris enfoiiis dans les couches quaternaires ou tertiaires et dont les espèces ont disparu à des époques plus ou moins reculées.

Nous consacrerons à un résumé de ces observations, les lignes suivantes; ce sera le complément des détails exposés ci-dessus.

Page 1