‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 169 sur 173 · SON · texte numérisé non relu

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SOMOPLATUS ( çûaa , corps ; Tr^aro; ,

large), ins. — Genre de l'ordre des Coléoptères pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Féroniens, établi par Dejean {Species général des Coléoptères , t. IV, p. 16 ) sur une espèce du Sénégal, nommée 5. substriatus. (G.)

SOIVCHUS. BOT. PH.— Nom latin des Laitrons. Voy. laitron.

SOIVCORUS, Rumph. bot. ph. — Synon.

de Kœnwfetia Lin.

SOA'DARÉ. Sondarus. ins. — Genre de la famille des Coréides , groupe des Anisoscéliles, de l'ordre des Hémiptères, établi par MM. Amyot et Serville sur une espèce de la Guiane [S. nenialor Am. et Serv.) très voisine des Paryphes , mais remarquable toutefois par la saillie des tubercules sur lesquels sont implantées ^s antennes, et par la dilatation et le redressement des côtés du prothorax. (Bl.)

SOLDERA (dédié au botaniste allemand Sonder), bot. ph. — Genre établi dans la famille des Droséracées, par Lehmann {Pugil., p. 44; PI. preissianœ, 1, p. 256), pour des herbes très élégantes qui ont le port des Drosera, à feuilles inférieures en écailles, les autres orbiculaires, peltées, revêtues de poils glanduleux; à fleurs blanches ou rosées, octomères. M. Lehmann en décrit deux espèces de Sytan-Bwer: S. macrantha et S.

Preissii. (D. G.)

SO\ERILA. BOT. PH. — Genre de la famille des Mélastomacées, placé à la suite des Lavoisiériées, formé d'herbes annuelles et de petits arbustes propres à l'Asie tropicale, à feuilles opposées, inégales dans chaque paire, l'une des deux restant presque rudimentaire; à fleurs roses, régulièrement trimères. Walpers reproduit les diagnoses de vingt-sept espèces. (D. G.)

SONGAR. MAM. — Espèce de Hamster de Sibérie , décrite par Pallas sous le nom de Mus songarus. (E. D.)

SOIVIVAIMT. REPT. — Nom spécifique d'une espèce du genre Crapaud {voy. ce mot), qui porte aussi quelquefois la dénomination de Sonnante. (E. D.)

SOIVIVERATIA (dédié par Linné fils au voyageur naturaliste Sonnerat). bot. ph. — Genre de la famille des Myrtacées, tribu des Myrtes, formé de petits arbres de l'Inde, à rameaux tétragones, à feuilles opposées,

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sans points pellucides; à grandes fleurs solitaires, à fruit charnu, demi- supère, entouré par le calice, creusé de dix à quinze loges qui renfermentde nombreuses graines logées au milieu de la pulpe. L'espèce la plus remarquable de ce genre est le Sonneratia acida Linn. {Rhizophora caseolaris Linn. ; Mangium caseolare rubrum Rumph.), de la Nouvelle-Guinée et des Moluques, dont le fruit est comestible et renferme une pulpe acide qui a valu à l'espèce le nom qu'elle porte. (D. G.)

SOIMVETTE. MOLL. — Nom vulgaire employé, comme ceux de Cloche et Clochette, pour désigner la Calyptrée équestre. (G. B.)

SOIMIVINIA (dédiéau naturaliste Sonoini).

BOT. PH. — Genre de la famille des Asclépiadées, établi par Reichenbach pour un sousarbrisseau voluble du Chili, distingué par sa couronne slaminale à cinq folioles obtuses, relevées intérieurement d'une petite écaille; par ses masses polliniques ventrues, pendantes; par son stigmate prolongé en long bec indivis. Celte plante est le Sonninia Menziezii Dne. {Diplolepis Menziezii Roem. etSchutt.). (D. G.)

SOPE. poiss. —Nom vulgaire d'une espèce de Cyprinoïdes appartenant au groupe des Ables , tribu des Brèmes , le Leuciscus ballerus. Val.; Cyprinus ballerus , Linn., Art. (G. B.)

*SOPHIA (doyia, sagesse), ins.— M. Robineau-Desvoidy {Essai sur les Myodaires, 1830) a créé, sous ce nom, un genre de l'ordre des Diptères, division des Muscides, qui correspond au genre àes Scotiptera {voy . ce mol) deM. Macquart. (E. D.)

* SOPHIA. ACAL. — Nom donné par Pérou à un genre de Radiaires de la famille des Callianirides , dont une espèce est mentionnée, dans Lamarck, comme synonyme du Callianira diploptera ( Lamarck, An. s. verL, t. III, p. 41, 1840). (G. B.)

SOPHIA. BOT. PH. — Nom spécifique d'un Sisymbre.

SOPHIO. Poiss. — Un des noms vulgaires de la Vandoise , espèce de Cyprinoïdes du groupe des Ables. Voy. vandoise. (G. B.)

SOPHISTEQUES, Commers. bot. ph.— Synonyme de Gomphia.

SOPHORA (de Sophera, le nom arabe d'une espèce), bot. ph. — Genre de la famille des Légumineuses-Papilionacées, dans la-

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(•jiielle il donne son nom d la Iribii des So- |thoré€g, de la Décandrie monogynie, dans le système de Linné, Le groupe générique établi sous ce nom par Linné et dans lequel les botanistes postérieurs avaient fait entrer un assez grand nombre d'espèces, a été démembré et réduit successivement, dans ces derniers temps. Par là ont été formés, à ses dépens, les genres OrmosiaJàcks. , Edwardsia Salisb., Slyphnolobium S choit. Ce dernier a été créé pour la plus intéressante de ses espèces, le Sophora japonica Linn. Après ces suppressions, le genre Sophora reste formé de plantes arborescentes , frutescentes et herbacées de l'Asie moyenne et tropicale, des parties moyennes de l'Amérique, à feuilles pennées avec foliole impair/i éloignée de la dernière paire; à fleurs en grappes axillaires ou terminales, généralement simples ; elles sont distinguées par les caractères suivants : Calice largement campanule, tronqué obliquement ; corolle papilionacée, à pétales peu près de même longueur, à carène dipétale; dis étamines libres; ovaire presque sessile, pluri-ovulé, auquel succède un légume en chapelet, indéhiscent, aptère, polysperme. M. Bentham, dans sa révision des genres de Légumineuses (4miaL Wiener, M«s., II, p. 87), a divisé les Sophora en quatre sous-genres : Maya, Eusophora, Dichosemœa, Pseudosophora, auxquels M. Endlicher en joint avec doute un cinquième, le Palrinia Rafin. Nous nous bornerons à citer, comme exemple, le Sophora alopecuroides Lin., espèce herbacée, vivace, de l'Orient. (D. G.)

SOPHORÉES. Sophoreœ. bot. ph. — Tribu des Papilionacées(uoî/. légumineuses), ainsi nommée du genre 5op/iora qui lui sert de type. (Ad. J.)

S0PHR0\A1\THE. bot. ph. — Genre de la famille des Scrophularinées, établi par M. Benlhaim {in Lindley, a nalur System, of Botan., p. 445), et ensuite réuni par luimême (Prodromus, X, p. 405) aux Graliola, en qualité de simple sous-genre. (D. G.)

*SOPHR01MA (u5;, sain ; <fpm, esprit).

INS. — Genre de l'ordre des Lépidoptères, de la femille des Nocturnes, tribu des ,Pyralides, créé par Hubner {Catal, 1816), adopté par Duponchel qui lui donne pour caractères : Ailes supérieures traversées au milieu par deux lignes dont l'extérieure se

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continue sur les ailes inférieures. Ce genre comprend deux espèces; la plus connue est la S. encorlualis W. V., qui se trouve dans les bosquets ombragés de l'Allemagne , tandis que la seconde espèce , la S, durivalis H., du même pays, habite les bois secs. (E.D.)

SOPHROIVIA, Lichst. bot. ph. et en. — Genre rapporté avec doute par Endlicher, comme synonyme, au Wilsenia Thanh., famille des Iridées.

Un genre de Champignons a été établi, sous le même nom, par Persoon, dans la Botanique du voyage de l'Uranie; mais il est aujourd'hui rapporté, comme synonyme, au genre P/ia/Zws Mirheli. (D. G.)

SOPHRONICA (atitppov, prudent), ins.

— Genre de l'ordre des Coléoptères subpentamères , famille des Longicornes et tribu des Lamiaires, proposé par Dejean ( Catalogue, 3° édit., p. 375) pour une espèce du cap de Bonne-Espérance, la S. car' bonaria Dej. (C.)

SOPHROIVITIS. bot. ph.— Genre de la famille des Orchidées, tribu des Épidendrées, établi parM. Lindley {Bot. Reg., tab. 1129) pour une petite plante épipbyte, sans bulbes, à fleurs assez grandes, en grappes axillaires, distinguées surtout par leur colonne ailée des deux côtés à son sommet, et par leur anthère terminale, 8-locuIaire. (D. G.)

SOPUBIA. bot. ph. — Genre de la famille des Scrophularinées , tribu des Gérardiées, établi parHamilton pour des plantes herbacées de l'Inde, voisines des Gerardia, dont elles ne formaient d'abord qu'un sousgenre, dans les premiers travaux de M. Bentham sur les Scrophularinées. Elles se distinguent des Gerardia principalement parce que leurs quatre anthères sont fertiles, et que chacune présente une loge pollinifère et une autre vide et atrophiée. L'espèce principale du genre est le Sopuhia trifida UamWt. {Gerardia Sopubia Benth.), de l'Himalaya et de Ceyian. (D. G.)

SORA. MAM. — Un Insectivore, propre à Madagascar, qui faisait autrefois partie du genre Tanrec, et qui est aujourd'hui le type du groupe des Ericules {Voy. ce mot) de M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire, porte le nom vulgaire de Sora. (E. D.)

SORAMIA, Aublet. bot. ph.— Synonyme de Dolicarpus.

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SORANTHE.Salisb.BOT. ph.— Synonyme de Sorocephalus R. Brown.

, SORBIER. Sorbus. bot. ph. — Genre de la famille des Pomacées, rangé par Linné dans ricosandrie-trigynie de son système. Créé par Tournefort, adopté par Linné, Jussieu, De Candolle , etc., ce groupe générique est aujourd'hui réuni par beaucoup de botanistes aux Pyrus, parmi lesquels il ne forme plus qu'un simple sous-genre. Il est, en effet, impossible de ne pas reconnaître que les caractères par lesquels on le distingue n'ont qu'une faible importance. Ils consistent en un calice demi-adbérent, turbiné, à cinq dents; en cinq pétales brièvement onguiculés, poilus ou laineui dans le bas, réfléchis; dans un ovaire adhérent à 2-5 loges bi-ovulées, surmonté d'autant de styles libres plus ou moins laineux, géniculés vers le sommet; à cet ovaire succède un fruit charnu, à endocarpe-membraneux ou crustacé, globuleux ou pyriforme, à 2-5 loges monospermes.

Les Sorbieu sont des arbres ou des arbrisseaux, à feuilles pinnatipartites ou pennées avec foliole impaire, portant des glandes sur leur pétiole commun ; à fleurs blanches, disposées en corymbes. — Bien que les caractères que nous venons d'énumérer ne paraissent pas avoir une grande valeur , non seulement M. Spach (Suites à Buffon , II, pag. 91, 96) les a regardés comme pouvant bien autoriser l'isolement des Sorbiers , mais encore il a cru y voir des motifs suffisants pour légitimer la subdivision dtf ces végétaux en deux genres distincts : les Sorbiers proprement dits et les Cormiers, Cormus, Spach. Nous regarderons ici ces Jeux groupes comme des sous-genres.

A. Coimus, Spach. Dents du calice re- ^urbées en dehors, marcescentes; pistil à 5 loges, à 5 styles fortement laineux dans loute leur longeur; fruit généralement pyfiforme.

1. Le Sorbier domestique. Sorhus domesbVo. Lin. (Cormus domesa'ca, Spach ; Pyrus sorbus f Lin.), est la seule espèce de ce .sous-genre. Il croît spontanément dans les forêts des montagnes de l'Europe mélidionale; Desfontaines l'a aussi observé dans celles de l'Afrique septentrionale. Il est vulgairement désigné sous le nom de Cormier. C'est un arbre qui s'élève à 12-16

mètres de hauteur, et dont le tronc droit, revêtu d'une écorce grisâtre, se termine par une cime pyramidale. Ses feuilles présentent 11-17 folioles dentées en scie, velues en dessous, finissant par devenir glabres; son fruit a la forme d'une très petite poire, jaunâtre, teinte de rouge sur un côté. Ce fruit, vulgairement nommé Corme, est très tpre; mais il s'adoucit beaucoup en devenant blet, et il est alors agréable à manger. Dans cet état, on en fait une assez grande consommation dans nos départements méridionaux. On s'en sert aussi en quelques pays pour la préparation d'une sorte de cidre. Mais c'est particulièrement pour son bois que cet arbre a de l'importance. Le bois du Sorbier est rougeâtre, susceptible d'un très beau poli, d'un grain fin, compacte, et d'une dureté qui le rend précieux pour la confection des vis, des rabots, des poulies, etc., pour la gravure sur bois, pour les moyeux, les dents de roue, et pour tous les objets qui doivent résister à de nombreux frottements. Pour ces divers usages, il l'emporte sur tous nos autres bois indigènes, parmi lesquels celui de Buis seul l'égale en dureté et en densité. Lorsqu'il est sec, il pèse 72 livres 2 onces par pied cube (Loudon). La culture de cet arbre mériterait d'être l'objet de plus de soins, et devrait être étendue plus qu'elle ne l'a été jusqu'à ce jour. Le Sorbier domestique se développe très lentement et arrive à une grande vieillesso. On peut le multiplier par la greffe sur le Poirier et l'Aubépine, mais alors il ne réussit jamais aussi bien que lorsqu'il a été élevé de graine. Comme d'un autre côté il reprend difficilement à la transplantation, on recommande de le semer sur place autant que possible.

C. Sorbus, Spach. Dents du calice dressées pendant la floraison, puis se rabattant en dedans et devenant charnues; pistil généralement à 3 loges, plus rarement 2-4, à styles en même nombre que les loges, et laineux à leur base; fruit petit, globuleux ou presque turbiné, ombiliqué aux deux extrémités

2. Le Sorbier des oiseleurs, Sorbus aU' cuparia. Lin. {Pyrus aucuparia, Gœrln.), vulgairement nommé Cochêne , est un arbre de 8-9 mètres de haut, spontané dans

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tes bois montagtieux de toute l'Europe , et dans la Sibérie. Ses feuilles présentent 13 17 folioles ovales-lancéolées, dentées en scie, presque glabres; Ses bourgeons sont cotonneux. On le cultive communément dans les parcs et les jardins anglais, à cause du bel effet que produisent ses grands corymbes de fleurs blanches , et eurlout ses petits fruits arrondis, rouges, qui persistent longtemps. Ces fruits sont très âpres et fort astringents; néanmoins on les mange dans le Nord après que la gelée les a adoucis. On s'en sert aussi pour la préparation d'une sorte de cidre. Cet arbre aime les expositions septentrionales, et, en général, les climats froids; vers le Nord, c'est l'un des derniers représentants de la végétation arborescente. Son bois est dur et compacte, mais néanmoins inférieur en qualité à celui du Cormier. On le multiplie généralement par la greffe sur le Néflier et sur l'Aubépine.

On cultive aussi communément dans les bosquets et les parcs le sorôier de laponie, Sorbus hybrida. Lin., espèce spontanée en Ecosse et en Scandinavie, dont les feuilles sont pinnaliQdes oit pihnaliparlites, dont les fruits sont un peu plus gtos que ceux du précédent, et persistent également sur l'arbre pendant longtemps. (P. D.)

SORBUS. BOT. PH. — Voy. sorbier.

SORDAWALITE. min.— Nom donné par Nordenskioldàun minéral noir, ayant l'apparence de bitume, et qu'on a trouvé près de la ville deSordawala, en Finlande, où il forme de petites veines dans un Trapp. Il est amorphe, et paraîlêlre coniposéd'un Silicate d'Alumine, de Fer et de Magnésie, mélangé d'une petite quantité de Phosphate. Il donne un peu d'eau dans le tube fermé, fond au chalumeau en un globule noir qui prend, au •"eu de réduction, un éclat métallique. Avec e Borax, il donne un verre transparent i'ane teinte verdâtre. Il est soluble^ en parie, dans l'acide chlorhydrique. (Del.)

SOREMA. BOT. PU. — Genre de la famille lies Nolajiacées, établi par M. Lindley (Bot. Heg., 1844, tab. 48) pal' un démembrement des Nolana, et distingué par les caractères suivants: Corolle campanulée; vingt ovaires libres, amoncelés, donnant des drupes uni- Inculaires, monospermes, ouvertes à la base. Lus plantes qui forment ce nouveau genre

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sont des herbes annuelles, toutes du Chili, couchées, à feuilles charnues, à fleurs élégantes, ressemblant à celles des Convolvulacées. On en connaît aujourd'hui sept espèces décrites par MM. Lindley etMiers. Celle sur laquelle le genre a été d'abord formé est le Sorema paradoxa Lindley {^Nolana paradoaa Lindley). (D. G.) i

SOREX. MAM. — Nom adopté par les naturalistes pour désigner les Musaraignes ( Voy. ce mot ). Cette dénomination de Sorex répond à notre mot Souris , et a été quelquefois employée pour indiquer ce Rongeur, ainsi que le Lérot. (E. D.)

*SOREXGLIS {sorex, musaraigne ; glis, loir). MAM. — M. Diard (Asiat. Research., XIV, 1822) a indiqué sous cette dénomination un genre de Mammifères carnassiers de la famille des Insectivores, et qui correspond au genre Tupaia. Voy. ce mot. (E. D.)

*SOREXIl\IEyE. MAM.— M. Lesson (/Voiiu.

tab. duJRèg. antm. Mam., 1842) désigne sous cette dénomination une famille de Mammifères insectivores, qui comprend les genres Mygale, Galemys, Solenodon, Sorex, Macroscelides, Tupaia et Gymnura. (E. D.)

SORGHO. BOT. PH. — Nom spécifique d'une espèce de Houque ou plutôt d'Andropogon. Voy. houque. (D. G.)

SORGUUM. BOT. PH. — Nom spécifique latin du Sorjiho. Voy houque. (D. G.)

SORÏA, Adans. bot. ph. — Synonyme d'Euclidium R. Brown , famille des Crucifères. (D. G.)

♦SORICES, A. G. Desm. ; SORICII , Vicq-d'Azyr; SORICID^E , Ch. Bonap. ; SORlCirVA , Gray. mam. — Division des Insectivores qui correspond à celle des SoriciENS. Voy. ce mot. (E. D.)

*S0RICIDE1\S [sorex, (cis, souris; dens, dent), poiss. — Genre de Poissons Acanthoptérygiens, de la famille des Sparoïdes (Gr. V. Munster, Beilr. zur Pelref.t V, 1842) (G. B.)

SORICIEIMS. mam. — A. -G. Desmarest {Nouv. dict. d'hist. nat.) indique sous cette dénomination une petite famille de Mammifères insectivores, comprenant les genres Musaraigne , Desman , Scalops et Chrysochlore. (E, D.)

* SORIDIA. BEPT. — M. Gray ( Aiin. of nat. hist.f II, 1839) indiauc sous cette d*-

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nomination un genre de Reptiles de Tordre des Sauriens, famille des Scincoïdiens. Une seule espèce {S. lineata, Gray loco citato), provenant de l'Âustralasie , entre dans ce genre. (E. D.)

SORIIVDEIA. BOT. PH.— Genre de la famille des Anacardiacées, établi par Dupetit- Thouars pour de petits arbres de Madagascar et de l'Afrique tropicale, à fleurs polygamesdioïqucs, à drupe comprimé, renfermant un noyau Olamenteux, monosperme. L'espèce principale est le Sorindeia madagascariensis DC. , qui porte, à Madagascar, le nom vulgaire de Manguier à grappes. (D. G.)

SORITES ( aupsc'Tir,; , accumulés les uns sur les autres ). foram. — Genre de Foraminifères indiqué par M. Ehrenberg {Abh. Berl. Akad., 1838). (G. B.)

SORMET. Sormelus. moll. — Genre de Mollusques gastéropodes voisin des Bullées, et incomplètement connu d'après une description d'Adanson, le seul naturaliste qui l'ait observé vivant dans les sables de la côte d'Afrique , près de l'embouchure du Niger, à une faible profondeur. Sa coquille , très petite, unguiforme, est mince, transparente «t assez semblable à celle des bullées ; de même aussi elle ne recouvre qu'une petite partie du corps de l'animal , qui est demi-cylindrique, plat en dessous avec un plan locomoteur entouré d'un sillon. Suivant Adanson , il n'y a ni tête , ni tentacules, mais seulement une ouverture buccale antérieure, et une autre ouverture latérale plus grande servant à la respiration et à la sortie des excréments. (Duj.)

SORMULE. poiss. — Un des synonymes vulgaires du Surmulet. Voy. mclle. (G. B.)

âOROCE A ( de soroco , nom que porte l'espèce type chez les Botocudos). bot. ph. — Genre de la famille des Ârtocarpées, établi par M. Aug. St-Hilaire (Mém. du Mus., t. VII, p. 473) pour un arbre du Brésil à fleurs dioiques , en grappes , remarquable par l'extrême inégalité de ses deux cotylédons. Dans sa monographie des Artocarpées, M. Trécul annonce que M, Gaudichaud se propose de publier prochainement une revue monographique de ce genre , dont il possède plusieurs espèces inédites. (D. G.)

SOROCEPHALUS. bot. ph.— Genre de la famille des Protéacées , détaché par M. Rob. Brown des Spalalla Salisb. pour

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des arbustes du cap de Bonne-Espérance « comme ces derniers, caractérisés par leur périanthe régulier et par leur stigmate vertical. M. Endlicher divise ce genre en deux sous -genres : Mischocaryon et Cardiocaryon. (D. G.)

SOROSE. BOT. — M. Mirbel avait donné ce nom à une sorte de fruit agrégé dont le Mûrier fournit un excellent exemple, et que L.C. Richard a nommé Syncarpe. (D. G.)

*SOROSPORE. Sorospora(ab)poi, amas; awopo;, semence), bot. cr.— (Phycées.)Genre établi par M. Hassall (Brit. Freshw. Alg.) dans la tribu des Palmellées, et renfermant quatre espèces qui appartiennent au genre Palmella de la plupart des auteurs. (Bréb.)

♦SORUBIM (mot barbare), poiss.— Nom d'un genre de Poissons siluroïdes (Spix, Fisc. Brasil., 1829). (G. B.)

SOSYLUS. INS. —Genre de l'ordre des Coléoptères tétramères , famille des Xylophages, établi par Erichson {Naturgeschichte der Ins. Deutsch, 1845, p. 288), qui le comprend parmi ses Colydiens boihridériniens. Ce genre a pour type le Colydium rufipes Fabr. , espèce qui est originaire de l'Amérique méridionale. (C.)

SOT. poiss. — Un des noms vulgaires de la Raie oxyrbinque. (G. B.)

SOUARI, Aublet. bot. ph, — Genre établi par Aublet pour des arbres de l'Amérique du Sud, et qui est regardé aujourd'hui comme une section du genre Caryocar.

SOLBUSE. ois. —Nom donné spécifiquement par BuffoD à la femelle du Busard St-Martin. (Z. G.)

SOUCHE, bot. — Ce mot a été employé dans des sens divers; mais, dans l'état actuel de l'organographie végétale, il sert à désigner la portion persistante de la lige des plantes vivaces , de laquelle partent annuellement les tiges aériennes; on voit dès lors qu'il est synonyme de Rhizome; Il n'existe, en effet, aucune différence réelle entre les Rhizomes des Iris, des Fougères de nos contrées et la portion persistante d« la tige des plantes herbacées vivaces; on ne voit donc pas pourquoi l'on établirait une distinction entre ces organes similaires, pourquoi l'on conserverait dans la science deux mots qui pourraient faire croire à des différences imaginaires. (D. G.)

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SOUCHET. Spalula. ois. — Genre de la famille des Canards, établie par Boié sur l'espèce à laquelle la dénomination spécifique de Souchet a été particulièrement donnée. Voy. canard. (Z. G.)

SOUCHET. Cî/pertts(xûiT£ipoç, nom grec de ces plantes et des joncs), bot, ph. — Très grand genre de la famille des Cypéracées, tribu des Cypérées; de la triandrie-monogynie dans le système de Linné. Le nombre des espèces qu'il comprend est très considérable; dans son Enumer. (II, p. 2), M.Kunth, bien qu'en détachant les Kyllingia Rottb., n'en décrit pas moins de 345. Ces nombreuses espèces sont répandues sur toute la surface du globe. Leur chaume simple porte presque toujours, à sa partie inférieure, des feuilles engainantes à leur base, graminées, généralement planes; leurs fleurs forment des épis qui se groupent à leur tour en fascicules, en capitules ou en ombelles. Considérés en particulier, ces épis présentent plusieurs fleurs , dont les écailles sont imbriquées, distiques, égales et florifères; quelquefois les inférieures sont plus petites et sans fleur. Chaque fleur a trois étamines, plus rarement une ou deux, et un pistil à trois styles tombants; elle manque absolument de soies et d'écaillés. Le fruit est un akène triangulaire, plus rarement comprimé, souvent surmonté d'une petite pointe formée par la base persistante du style. — Parmi les nombreux Souchets aujourd'hui connus , quelques uns méritent d'être signalés.

1. SoDCHET Papyrus, Cyperus Papyrus Lin. Cette espèce célèbre appartient à un petit groupe que Willdenow avait cru pouvoir isoler pour en former un genre à part, sous le nom de Papyrus ; elle prenait dès lors le nom de Papyrus antiquorum WiWd. C'est une grande et belle plante qui s'élève de 2 à 3 mètres, et qui croît naturellement dans les marais de l'Egypte, de l'Abyssinie, de la Syrie, de la Sicile et de laCalabre. Son chaume triangulaire, épais, glabre, embrassé seulement à sa base par des gatnes stériles, se termine par une grande ombelle composée , à nombreux rayons allongés , filiformes, triangulaires; chacun de ces rameaux porte à son tour une ombellule à 2-3 rayons; l'involucre est court, à environ 5 bractées , tandis que les involucelles présentent trois longues folioles, filiformes,

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linéaires; les épis sont oblongs-linéaires comprimés, à 6-8 fleurs chez les individus spontanés, à 12-13 fleurs sur les pieds cultivés.—Le Papyrus était chez les Égyptiens le symbole de la Basse-Egypte; sa souche féculente servait d'aliment; mais le principal avantage de cette plante était de fournir la matière sur laquelle les anciens écrivaient. Nous reproduirons textuellement et par extraits les détails donnés récemment par M. Champol I ion - Figeac ( £ncî/d. du xix* siècle, vol. XXXVI, p. 451), sur la préparation et les usages de ce papier. « Après avoir » arraché la plante du Papyrus, au temps » ordinaire de sa récolle , on coupait sa ra- » cine, qui était appropriéeà divers usages... » On coupait aussi le haut de la tige, en » conservant un tronc de 1 à 2 pieds de » longueur, en général tout ce qui avait » vécu sous l'eau et y avait blanchi par l'ef- » fet de cette immersion. C'est de ce tronc » qu'on enlevait successivement la première » écorce , et toutes les pellicules suivantes «qu'on porte à 10 ou 12. Ces pellicules » étaient plus fines et plus blanches à me- M sure qu'elles étaient plus voisines du cœur » de la plante et qu'elles avaient plus long- » temps vécu dans l'eau... Ces pellicules » fraîches étaient étirées et étendues, battue» 3» et mises en presse; on les collait ensuite » bout à bout pour en former des feuilles... » Il nous est parvenu des feuilles dedimen- » sions différentes... des livres plies à plat )) et de plusieurs feuilles ; enfin des rouleaux » ayant jusqu'à 20 mètres de longueur... )> Comme cette matière végétale étendue » était de sa nature très friable, toutes les » feuilles étaient doublées... et alors on )> avait le soin de croiser les fibres , de les » coller en angle droit les unes sur les au- » très... Le poids d'une presse donnait enj) suite une première préparation, et abatw tait les aspérités ; on achevait de polir )) avec la pierre ponce , l'agate ou l'ivoire ; )) enfin, pour garantir le Papyrus, ainsi pré- » paré, de l'humidité et des Insectes, on le » plongeait dans l'huile de cèdre avant de » s'en servir ; et certes , ce procédé était » d'une grande efficacité, puisqu'il nous est » parvenu des feuilles de Papyrus et des i> rouleaux entiers écrits au xvni^ siècle » avant l'ère chrétienne... Les vieux rou- » leaux de Papyrus (couverts d'écriture) 43*

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I» servaient ,• en Egypte , pour faire des » chaussures; plusieurs feuilles cousues en- • semble formaient la semelle... Ces vieux j» souliers sont (aujourd'hui) autant de doit cuments utiles à rarchéologie et à la

«philologie Le monde romain avait

» adopté l'usage du Papyrus devenu, pour «Alexandrie, une branche de commerce » des plus importantes... Les empereurs » grecs et latins donnaient leurs diplômes » sur le Papyrus; l'autorité pontiGcale y >» écrivit aussi ses plus anciennes ordonn nances. Les chartes des rois de France » de la première race furent également ex- » pédiées sur le Papyrus... Pour écrire .sur » le Papyrus on employa le pinceau ou le » roseau et des encres de différentes cou- » leurs; l'encre noire fut la plus générale- » ment usitée. » — Le Cyperus Papyrus est fréquemment cultivé dans les jardins pour la légèreté et l'élégance de ses grandes inflorescences. On le met dans un bassin pendant l'été; l'hiver on le rentre en jsefre chaude, en plongeant son pot dans l'eau ou en l'inondant. On le multiplie par division des pieds.

2. SoDCHET COMESTIBLE , Cyperus esculen- (ttsLin. Celte espèce porte le nom vulgaire A" Amande de terre. Elle croît spontanément dans le midi de l'Europe, en Orient, dans l'Afrique septentrionale et méridionale, et de plus on la cultive assez souvent comme plante alimentaire, à cause des tubercules ovoïdes qui terminent ses racines. Son chaume triangulaire, glabre, porte, dans sa partie inférieure, des feuilles planescanaliculées qui l'égalent en hauteur ou le surpassent même, et qui sont rudes au toucher à leur bord et sur leur carène; ses ombelles ont un involucre à 4-6 bractées plus longues qu'elle, et 7-10 rayons; ses épillets comprimés, linéaires ou lancéolés, comprennent de 10 à 18 fleurs. Les tubercules de ce Souchet sont très féculents ; ils ont le volume d'une noisette et une saveur assez analogue à celle de la châtaigne. On les mange ordinairement cuits , ou bien l'on en fait une émulsion très agréable. On cultive cette plante dans une terre bien ameublie, légère et humide; on la plante au mois de mars en plaçant peu profondément en terre trois ou quatre tubercules par places, espacés de 3 décimètres envi-

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ron, La récolte et l'arrachage se font automne.

3. Le SoDCHET LONG, Cypcrus longus Lin. est une espèce assez commune dans une grande partie de l'Europe , à laquelle on donne le nom vulgaire de Souchet odorant. Elle a un long rhizome rampant, noirâtre, annelé d'espace à autre, duquel s'élèveru des chaumes triangulaires , de 5 à 10 décimètres de haut , ordinairement plus longs que les feuilles; les bractées de son involucre sont ordinairement beaucoup ping longues que l'inflorescence. Le rhizome de cette plante a une saveur un peu amère et une odeur agréable, surtout lorsqu'il est frais. Dans l'ancienne médecine on administrait fréquemment son infusion dans l'eau et dans l'alcool en qualité de médicament légèrement tonique, stomachique et digestif. Aujourd'hui on n'en fait guère usage sous ces divers rapports, mais on l'emploie habituellement dan$ la parfumerie.

Le Souchet rond, Cyperus rotundus Lin., espèce également indigène , a des propriétés médicinales analogues à celles du précédent, mais plus prononcées. On n'en fuit presque plus usage en médecine. (P. D.)

SOUCi. INS. — Nom donné vulgairement auxColias hyale etedusa. Voy. l'article co- LIADE. (E. D.)

SOVCl, Calendula. bot. ph. — Genre de la famille des Composées, tribu des Cynarées, de la Syngénésie- polygamie-nécessaire dans le système de Linné. Le groupe générique, établi sous ce nom par Linné, a été démembré dans ces derniers temps, et les espèces qui en ont été détachéesont pris place dans les genres Tripteris Less., Blaxium Cnss., Dimorp/io//ie6aVaill,Par là, sa circonscription s'est trouvée fortement restreinte. Dans ses nouvelles limites, le genre Souci se compose de plantes herbacées, propres à la région Méditerranée et à l'Europe moyenne, à feuilles demi-embrassantes, rudes au toucher, entières, à capitules de fleurs ^aunes terminaux et solitaires, dont l'involucre est formé de folioles"'lancéolées-linéaires,paucisériées , et dans lesquels les fleurs du rayon sont femelles et fertiles , tan.dis que celles du disque sont mâles. Aux fleurs du rayoa succèdent des akènes arqués en dedans terminés en bec, et hérissés de pointes sur

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leur côté convexe. L'espèce la plus remarquable de ce genre est le Souci officinal, Calendula officinalis Liiin., vulgairement désigné sous les noms de Souci , Souci des jardms. C'est une plante annuelle du midi de rEurope, où elle croit dans les champs et les vignes. Sa tige, droite, légèrement anguleuse, rameuse, s'élève de 3 à 5 décimètres; ses feuilles sont obovales, obtuses, les inférieures rétrécies en pétiole à leur base, un peu épaisses, couvertes de poils courts un peu raides; ses capitules sont gi'Liids, terminaux , d'un j<iuiie orangé très vif; les akènes qu'ils produisent sont tous également courbés en bateau, et relevés de pointes sur leur côté convexe. Le Souci officinal se trouve dans tous les jardins, où on le cultive en pleine terre, à une exposition un peu chaude. Il a donné par la culture quelques variétés beaucoup plus belles que le type. Toutes ses parties exhalent une odeur forte et peu agréable; sa saveur est amère et un peu acre. Il agit comme stimulant, et longtemps on a fait grand usage de ses sommités fleuries dans les cas d'aménorrhée. On l'a aussi employé comme antispasmodique, même comme antifébrile, antiscrofuleux, etc.; mais aujourd'hui , il n'est guère plus usité que dans la médecine des campagnes. On se sert quelquefois de ses corolles ligulées pour falsifier le Safran. Le Souci des champs, Calendula arvensis Lin., si commun dans les vignes et les champs de toute la France, possède des propriétés à peu près analogues; mais il est inusité. (P. D.)

SOUCI D'EAU. BOT. PH. — Nom vulgaire du Callha pafuslris.

SOUCOLRROUS et SOUCOLRRïS.

BEPT. — M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (Diciionnaire classique, t. XV, 1829) dit que l'on indique, sous ces noms, deux énormes Reptiles de genre indéterminé, mais paraissant être des Ophidiens qui vivent dans quelques lacs du Brésil. Les Soucourrous ne différent des Soucourrys que parce que les premiers sont bleus et les seconds gris. On a.'JS'ire que certains individus ont jusqu'à 60 pieds de longueur, (E. D.)

SOLDE. Salsola. bot. pb. {Sal, sel).

• — Genre de la famille des Chénopodées, tribu dés Salsolées, de la Pentandrie-Digy- Qie dans le système de Linné. Le genre

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linnëen de ce nom, étendu considérablement par les botanistes, a été complètement rema-i nié dans ces dernières années, et un bon nombre d'entre les espèces qu'on y avait rangées se trouvent aujourd'hui réparties; dans les genres Echinopsilon Moq., Kochia Roth , Suœda Forsk., Ualimocnetnis C. A. Mey., Halogelon C. A. Mey. , Anabasis Lin. Malgré ces nombreux retranchements, le genre Soude est encore nombreux, puisque M. Moquin-Tandon en signale 35 espèces dans sa Revue monographique des Chénopodées, publiée en 1840. Ces espèces sont des plantes herbacées , ou sous-frutescentes, qui croissent sur le littoral des mers dans tous les climats tempérés. Leurs feuilles alternes ou opposées sont charnues et presque cylindriques; leurs fleurs sont axillaires, sessiles, hermaphrodites, et caractérisées de la manière suivante : Périanthe à 5 folioles qui finissent par se dilater autour du fruit en aile transversale; 5 étamines opposées aux folioles du périanthe; ovaire déprimé , uniloculaire , uniovulé, surmonté de deux styles généralement soudés à leur base. A ces fleurs succède un utricule déprimé , enfermé dans le périantbe persistant, et développé sur son côté dorsal en 5 ailes. L'embryon est contourné en limaçon et dépourvu d'albumen.

Plusieurs espèces de ce genre , le Salsola Soda Lin., les Sa/so/o ^ait Lin. et T'rag'MS Lin., que divers botanistes regardent comme des variétés d'une même espèce , ont eu une grande importance, qu'elles ont a peu près perdue depuis la découverte des procédés pour la fabrication en grand des soudes artificielles. On recueille ces plantes sur le littoral de la Méditerranée, et l'on en obtient du carbonate de Soude, qui sert ensuite à la fabrication des savons et des verres. Pour cela, ces plantes sont coupées et placées en tas , de manière à subir une dessiccation assez complète; on les brûle ensuite dans des fosses creusées en terre, et l'on brasse fortement la matière incandescente qui provient de cette combustion. Or, pendant cette combustion , l'oxalate de soude que renfermaient les plantes se transforme en carbonate de Soude. De plus, l'agitation de la matière pendant sa combustion détermine l'agglomération des résidus en une masse demi-pierreuse et dure qui est livrée

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au commerce, et dans laquelle le carbonate de Soude entre pour des proportions variables, pour 23 à 30 sur lOO dans les Soudes d'Alicante, qui sont les plus estimées, pour 14 ou 15 sur 100 dans les Soudes de Narbonne, ou même pour beaucoup moins dans les qualités inférieures. Ce Carbonate de Soude impur provenu de l'incinération des Salsola et de quelques autres Chénopodées littorales était arrivé à un prix extrêmement élevé pendant le blocus continental; mais depuis la fabrication dessoudes artificielles, il a tellement baissé de prix que sa fabrication a été presque entièrement abandonnée sur le littoral de la Méditerranée pour lequel elle était une source de richesses. (P. D.) SOUDE. CHiM. et MIN. — Substance alcaline, provenant de la combinaison de l'Oxygène avec le corps simple métallique nommé Sodium. On lui donnait anciennement le nom d'Alcali minéral pour la distinguer de la Potasse, que l'on appelait Alcali végétal, dénominations fort impropres, puisque la Potasse et la Soude se rencontrent toutes deux dans les plantes et dans les minéraux. Celle-ci existe, en effet, dans un grand nombre de végétaux marins; toutes les espèces du genre Salsola peuvent en donner, et l'on en relire aussi des Algues et des Fucus. Elle n'est jamais libre dans la nature; elle y est toujours à l'état de combinaison , soit avec des matières organiques, soit avec les acides minéraux , notamment avec les acides carbonique, cblorbydrique , sulfurique, azotique , borique et silicique. La Soude a été regardée comme un corps simple , jusqu'au moment où Davy la décomposa par le moyen de la pile, et parvint à en extraire le Sodium, métal solide, mais mou et ductile comme la Cire, d'un blanc d'argent très éclatant ; un peu plus léger que l'eau . fusible à 90° et volatil; absorbant l'Oxygène et décomposant l'eau à la température ordinaire. La Soude est un protoxide de Sodium, composé d'un atome de Métal et d'un atome d'Oxygène , ou , en poids, de 74 de Sodium et de 26 d'Oxygène. Elle est blanche , très caustique , déliquescente et par conséquent soluble dans l'eau, pour laquelle elle a une grande affinité. Exposée à l'air libre à la température ordinaire , elle e» absorbe d'abord l'humidité et l'Acide carbonique, puis bientôt elle se dessèche et s'effleurit, ce qui

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peut servir & la distinguer de la Potasse , à laquelle elle ressemble tant par l'ensemble de ses caractères. On peut encore distinguer ces deux alcalis l'un de l'autre en versant leurs solutions dans une dissolution de Platine : la Soude n'y produit point de précipité ; la Potasse en donne un qui est jaune. Combinée à l'Acide carbonique, elle donne le sous-carbonate de Soude du commerce, que l'on emploie pour les lessives , pour la fabrication du Verre et du Savon dur.

Dans les méthodes minéralogiques où les genres sont formés d'après les principes électro-positifs , la Soude est la base d'un genre composé de plusieurs espèces , dans lesquelles elle est unie aux Acides carbonique, borique, azotique et sulfurique. On plaçait autrefois dans le même genre, sous le nom de Soude muriatée ou hydrochloratée, le Sel commun ou Sel marin , regardé aujourd'hui par tous les chimistes comme un simple chlorure de Sodium. Nous ren verrons , pour l'histoire de cette espèce importante , au mot Chlorure , d'une part , et, de l'autre, au mot Sël gemme, art. Roches, p. 179. Nous avons traité du Borax ou de la Soude boratée à l'art. Borates; de la Soude azotatée ou nitratéeà l'art. Nitrates : il ne sera question ici que des combinaisons formées par la Soude avec les Acides carbonique et sulfurique.

On connaît aujourd'hui trois combinaisons de la Soude avec l'Acide carbonique, toutes les trois sont hydratées et cristallisent en prismes obliques rbomboïdaux. Deux sont solubles dans l'eau ( le Natron et l'Urao ) ; la troisième est insoluble ( la Gay- Lussite ).

Le Natron est un sel soluble, efflorescebt, d'une saveur urineuse , caustique, faisant effervescence avec les Acides. On ne le trouve point cristallisé dans la nature : on ne le trouve qu'en solution dans les eaux de certains lacs, ou en efflorescences pulvérulentes sur leurs bords. Les cristaux qu'on obtient par l'art sont des octaèdres à base rhombe , tronqués sur deux sommets , et passant à la forme tabulaire. Le Natron est composé de 1 atome de Soude , 1 atome d'Acide carbonique et de 10 atomes d'Eau, ou de 37 parties sur 100 de Carbonate sec et de 63 d'Eau. Le Natron abonde en Egypte dans une vaiiée qui porte le nom de Vallée

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des Idcs de Natron, et qui est située à 90 lieues du Caire. Suivant Bertbollet , il «'y forme journelleuienl par la décomposition réciproque du Sel commun et du carbonate de Chaux que renferment leurs eaux saumâlres. Les lacs de Natron se trouvent au milieu d'un terrain calcaire , qui renferme probablement des dépôts de Sel gemme. Les lacs natrifères de Debreczin , en Hongrie, se trouvent également dans le voisinage de montagnes calcaires , près desquelles existent des dépôts salifères considérables. Le Natron se présente aussi sous la forme d'efflorescences neigeuses, à la surface du sol, dans les plaines, sur de vieilles murailles, dans les caves des villes, etc. Les principaux usages du Natron, qui est connu dans le commerce sous le nom de Soude , sont d'entrer dans la composition du Verre, etde former, avec l'huile, la base des Savons durs. Une grande partie des Soudes du commerce sont aujourd'hui préparées artificiellement.

L'Urao, appelé aussi Trôna, n'est pas efflorescent, comme l'espèce précédente:

aussi le trouve-t-on en masses solides , striées , assez considérables et assez inaltérables a l'air pour qu'on l'emploie comme pierre de construction . Il est formé de 2 atomes de Soude , 3 d'Acide carbonique , et 4 d'Eau. Il cristallise en prismes obliques rhomboïdaux, dont les pans font entre eux un angle de 1 32° 30', tandis que la base est inclinée sur eux de 103" 45'. Il se trouve en abondance a Sukena, dans le Fezzan, en Afrique, et à Lagunilla , près de Mérida, en Colombie.

La Gay-Lossite ( ou Natrocalcite ) a été trouvée par M. Boussingault en cristaux disséminés, dans l'Argile qui recouvre la couche de Trôna de Lagunilla en Colombie. Ce sont des octaèdres obliques rhomboïdaux; ils sont transparents quand ils n'ont point subi l'action de l'air ; mais à la longue ils deviennent opaques et .blanchâtres. Ils sont composés de 1 atome de carbonate de Soude , 1 atome de carbonate de Chaux, et 5 atomes d'Eau.

On connaît deux espèces de Soude sulfatée, l'une anhydre, et l'autre hydratée. La première est connue sous le nom de Thénardite, la seconde sous celui de Sel de C.lauber.

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La Thénardite est blanche, «oluble et transparente quand elle est pure; mais elle perd sa transparence par l'exposition à l'air, dont elle absorbe l'humidité. Elle cristallise en octaèdres rhomboïdaux, qui dériventd'un prisme droit de 125". Elle est composée de 57 parties d'Acide sulfurique et de 43 de Soude. Elle provient des salines d'Espartines, près d'Aranjuez en Espagne ; des eaux salines, qui, dans l'hiver, suintent du fond d'un bassin , se concentrent dans l'été par évaporalion , et laissent déposer la Thénardite sous formes cristallines.

La Soude sulfatée hydratée, ou le Sel de Gtauber, est très soluble , très efflorescent, d'une saveur amère. Il cristallise en prismes obliques rhomboïdaux de SC 30'. Il est formé de 1 atome de Sulfate sec et de 10 atomes d'Eau. On le trouve en efflorescences , ou en croûtes cristallines , à la surface de certaines caves, ou de Roches schisteuses en relation avec des terrains de Sel gemme ; puis en dissolution dans les eaux de plusieurs lacs et de différentes sources. (Del.)

SOUDURE. BOT. — Il arrive souvent que deux organes ou deux parties d'organes se trouvant exactement juxtaposés dans leur première jeunesse, contractent adhérence l'un avec l'autre, ou se soudent plus ou moins complètement. On en voit fréquemment des exemples. Ces soudures sont uniquement accidentelles, et n'entrent pas du tout dans l'organisation normale de la plante. Mais il est quelques soudures pour ainsi dire normales , qui ont une importance beaucoup plus grande; ce sont celles qui s'effectuent constamment entre des parties similaires dans un même verlicille, ou entre des parties dissemblables dans des verticilles différents. Dans le premier cas se trouvent les soudures des feuilles con nées ; celles des sépales, dans les calices gamosépales; des pétales, dans les corolles gamopétales; des filets et des anthères , dans les étamines adelphes et syngénèses; des carpelles entre eux, dans les pistils syncarpés. Dans le second cas se rangent les soudures des étamines avec les corolles gamopétales ; des étamines gyi.andres avec les pistils; des calices avec les ovaires infères , etc. L'étude des soudures considérées en général est un des points les

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plus curieux et les plus importants de la botanique philosophique, et elle a jeté beaucoup de jour, dans ces derniers temps, sur divers points obscurs de l'organisation végétale. Mais l'espace ne nous permet pas d'entrer ici dans les détails de cette élude, et nous nous bornerons sur ce sujet au peu de mots qui précédent, renvoyant aux ouvrages oîi cette importante question est iraiiée avec les développements qu'elle mérite , surtout à la Théorie élémentaire de la botanique de De Candolle, et à la Morphologie de M. Aug. Saint-Hilaire. (D. G.)

SOUFFLET, poiss. — Nom vulgaire d'une espèce de Cbelmon. (G. B.)

SOUFFLEUR A BEC DORÉ. hah. — — Nom sous lequel on désigne quelquefois I'Hyperoodon. Voy. ce mot. (E. D.)

SOUFFLEURS, mam.— Les marins désignent en général sous ce nom les petits Cétacés appartenant au genre Dauphin, et qui font sortir des jets d'eau de leurs évents quand ils nagent à la surface de la mer. Dans ces derniers temps , les naturalistes ont pris la même dénomination pour indiquer une famille particulière de Cétacés. (E. D.)

SOUFRÉ. IMS. — Une espèce particulière de Lépidoptères du genre Coliade (voy. ce mot) porte le nom vulgaire de Soufré, et quelquefois également celui de Soufre.

SOUFRE. MIN. — Corps simple, combustible, non métallique, d'un jaune citrin, très fragile, solide, fusible à 111°; ayant, lorsqu'il a été fondu, une densité de 1,99; faisant entendre, lorsqu'on le serre dans la main, un petit craquement dû à la rupture de ses parties intérieures; acquérant, par le frottement, l'électricité résineuse. Le Soufre brûle sans laisser de résidu et en répandant des vapeurs acre» et suffocantes, accompagnées d'une flamme bleue, qui devient blanche et vive si la combustion est rapide. Le Soufre est susceptible de dimorphisme, et on l'obtient artificiellement sous deux formes qui appartiennent à des systèmes différents: le système orthorhombique ou prismatique, droit, à base rbombe, et le système klinorhombique. Par la simple fusion dans un creuset, il donne des cristaux aciculaires que Mitscherlicb a reconnus le premier pour être des prismes obliques à base rbombe, inclinée

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de 85° 54' sur les pans qui font entre eux l'angle de 90" 32'. Dissous dans le carbure de Soufre, il cristallise par évaporalion en octaèdres droits, à base rhombe, dont la forme est la même que celle des cristaux de Soufre naturel. Le Soufre eslassez abondamment répandu dans la nature , où il existe tantôt pur ou simplement mélangé, tantôt à l'état de combinaison avec l'Oxygène et différents métaux, et formant ainsi des Sulfates et des Sulfures métalliques. Lorsqu'il est libre de toute combinaison, il constitue une espèce minérale, bien déterminée, sous le nom de Soufre natif.

Le Soufre natif dans l'état de pureté, est transparent, (l'un jaune pur ou tirant sur le verdàtre et d'un éclat vitreux dans la cassure. Il se présente fréquemment eu masses cristallines «t en cristaux complets et réguliers. Jusqu'à présent, le Soufre natif n'a offert que des formes appartenant à un seul système cristallin. Elles dérivent d'un octaèdre droit, rhomboïdal, dont les angles sont de 106° 38' et 84" 58' vers un même sommet, et 143* 17' à la base. Un clivage, parallèle aux faces de cet octaèdre, est sensible dans quelques cristaux. Toutes les formes portent l'empreinte de cet octaèdre dont elles dérivent par de légères modifications sur les angles et sur les arêtes. La dureté du Soufre est inférieure à celle du Calcaire; il a deux axes de double réfraclion ; son pouvoirréfringentestconsidérable; il double les images des objets, même à travers des faces parallèles. Ses variétés de couleur sont: le jaune pur, le jaune miellé, le jaune verdâtre, le blanchâtre, le gris et le brun. Ces dernières couleurs, qui sont jointes à l'opacité, paraissent dues à un mélange du Soufre avec des matières argileuses ou bitumineuses. Quant aux teintes rouges, ou rouge-orangé, que l'on observe dans quel ques cristaux de Sicile ou des îles Lipari, elles paraissent dues à la présence d'une certaine quantité de Réalgar ou de Sélénium. Les principales variétés de structure du Soufre sont le Soufrefibreux, le concrétionné le terreux et le compacte, ce dernier souveni sous forme nodulaire.

Le Soufre affecte deux gisements principaux : 1" dans les terrains volcaniques; 2° dans les terrains de sédiments de tous le» âges et surtout dans les parties de ces 1er-

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rains qui avoisinent les sources minérales; on l'a rencontré aussi dans les terrains de cristallisation et dans quelques gîtes métallifères; mais il nese rencontre là qu'accidentellement et toujours en très petite quantité. Tous les volcans en activité produisent du Soufre, et c'est surtout dans les volcans à demi éteints ou passés à l'état de Solfatares qu'on le trouve en grande abondance. II se dégage constamment des fissures du sol, se dépose sur toutes les matières environnantes où il forme quelquefois des croûtes et des concrétions cristallines, et on le retrouve dans le sol même jusqu'à la profondeur de quelques mètres. Il abonde ainsi dans l'île de Vulcano, une des lies Lipari, et à Pouzzoles, près de Naples, dont le vieux cratère porte le nom de Solfatare par excellence, qui a été exploité de toute antiquité, et oi!i le Soufre se renouvelle perpétuellement. Il est très abondant aussi en Islande, et dans les volcans de la Guadeloupe et de l'ile de Bourbon.

Dans les terrains de sédiment, on trouve le Soufre à tous les étages, mais seulement dans les lieux où il y a eu anciennement des phénomènes volcaniques ou des sources minérales sulfureuses. Il y est en amas irréguliers, associé à des Sulfates ou au Sel (gemme, et ordinairement accompagné d'Argiles ou de Marnes. On le trouve ainsi jusque dans les Marnes gypseuses des terrains tertiaires. Les plus beaux échantillons de Soufre qui se trouvent dans les collections, proviennent tous des terrains sédimentaires, et les principales localités qui les ont fournis sont Girgenti, en Sicile; Césenne, près de Ravenne, en Italie; Conilla, près de Cadix, en Espagne, et SaintBoës, près Dax, en France.

Les eaux chargées d'hydrogène sulfuré, qui sourdent en divers lieux de l'intérieur de la terre, abandonnent souvent du Soufre terreux sur leur passage (source d'Enghienles-Bains, près de Paris). Il se forme aussi journellement du Soufre par la décomposition des Sulfates, dans les lieux où ces sortes de sels se trouvent en contact avec des matières organiques en décomposition.

Le Soufre est employé à différents usages; il sert à la fabrication des allumettes, à celle de l'acide sulfurique, et surtout à la fabrication de la poudre à cauon dans laquelle il

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entre pour un dixième et où il est mêlé au nitre et au charbon. On l'emploie pour sceller le fer dans la pierre, pour former des moules et pour prendre des empreintes. La médecine s'en sert à l'extérieur contre les maladies de la peau, et à l'intérieur contre les maladies chroniques du poumon et des viscères abdominaux; enfin il est la hase des eaux dites sulfureuses ou hépatiques. On se procure tout le soufre dont on a besoin de deux manières: en le recueillant immédiatement dans les Solfatares ou Soufrières naturelles et le séparant des matières terreuses avec lesquelles il est mélangé, ou bien en l'extrayant des Pyrites, c'est-à-dire des composés qu'il forme avec le Fer et le Cuivre, et qui sont abondamment répandus dans la nature.

On donnait anciennement le nom de Soufre rouge des volcans au Réalgar ou Arsenic sulfuré rouge. (Del.)

SOUFREE A QUEUE, iws. — Geoffroy Tentomologisie a donné ce nom à la Fhalœna sambucaria. (E- D )

SOUFRIÈRE. MIN. — Voy. SOLFATARE.

(Del.)

SOUÎL ET SOUILLE. HAH. — Les chasseurs appellent ainsi les endroits fangeux que les Sangliers habitent de préférence aux lieux plus secs. (E. D.)

SOLI-MAIVGA. Cinnyris. ois. — Genre de l'ordre des Passereaux, de la famille des Ténuiroslres de G. Cuvier, de celle des Cinnyridées de M. Lesson , et des Neclaritiidées de 6.-R. Gray. On lui assigue pour caractères un bec médiocre, légèrement recourbé, quelquefois droit, aigu, à bords finement dentelés en scie ; des narines situées à la base du bec , à demi closes par une membrane un peu voûtée; une langue longue, extensible, profondément fourchue à son extrémité ; des tarses minces et nus ; des ailes médiocres , et une queue souvent terminée par deux brins.

Quelques auteurs, tels que Linné, La< tham , G. Cuvier , ont considéré les Souï- Mangas comme des Grimpereaux ; mais , ainsi que l'a très judicieusement fait observer Vieillot, ils n'ont de ceux-ci que la courbure du bec ; ils n'en ont ni les mœurs, ni les habitudes , ils ne grimpent point , et ont un genre de vie tout différent.

Les Soul-Mangas, dont le nom générique

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signifie, dit on, Mange-Sucre, dans le jargon des Madécasses , se servent, comme les Colibris, de leur langue extensible et bifide, pour extraire et absorber le suc mielleux des fleurs, et pour saisir les petits Insectes, dont ils font, dit-on, aussi leur nourriture. D'après Vieillot, cette langue, de nature cornée, creusée en gouttière, forme une sorte de trompe, dont l'extrémité est munie de plusieurs filets dans lesquels réside le sens du goût. Ces filets serviraient non seulement à déguster la liqueur, mais encore seraient une espèce de crible propre à empêcher les matières les plus grossières de passer avec la liqueur sucrée. Les cornes de l'os hyoïde, longues et déliées, vont, en remontant derrière la tête, s'implanter au front, et servent, comme chez les Pics, à pousser la langue hors du bec, suivant la profondeur à laquelle l'oiseau a besoin d'atteindre pour trouver sa nourriture.

Selon la plupart des auteurs , les Soul- Mangas ont un ramage agréable, un naturel gai , beaucoup de vivacité dans les mouvements , et aimant la société de leurs semblables. Les uns construisent leur nid dans les buissons et sur les arbustes, d'autres le placent sur un tronc d'arbre. La ponte est de deux à quatre œufs.

Les mâles de la plupart des espèces ont un plumage riche en couleurs éclatantes et métallisées ; mais ils ne portent ce plumage que dans la saison des amours ; à toute autre époque ils ne se distinguent point des femelles , dont la livrée est terne et sans éclat.

Les SouY-Mangas appartiennent exclusivement à l'ancien continent; ils habitent principalement l'Afrique ei l'archipel Indien , et peuvent être considérés dans ces contrées comme les représentants des Colibris , qui , eux , sont originaires du nouveau continent.

lUiger, et, à son exemple, plusieurs ornithologistes, ont confondu sous le nom de Nectarinia les Sucriers et les Souï Mangas ; G. Cuvier les a séparés génériquement. Il a conservé aux espèces dont le bec n'est point dentelé sur les mandibules le nom de Neclarinia (Sucrier), proposé par Illiger, et a réuni, sous celui de Cinnyris (Souï-Manga), celles dont le bord des mandibules est finement dentelé.

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Eu égard à la forme du bec , Vieillot a établi dans le genre Souï Manga deux groupes principaux : l'un pour les espèces à bec arqué, l'autre pour celles à bec droit. A ce dernier groupe n'appartient que le Souï- Manga mignon, Cin. elegans Vieill. {Gai. des Ois., pi. 178, etOîS. dorés, pi. 65), oiseau du Brésil , et probablement , d'après Vieillot, d'Afrique et des Grandes-Indes.

Les espèces à bec arqué sont très nombreuses. G. Cuvier les distribue dans deui groupes , selon que la queue est égale ou inégale. Au premier groupe se rapportent les Certhia splendida, Shaw ; Caffra, Edw.; Superba, Vieill.; Lotenia, Gmel. (Buff.,pi. enl., 573, f. 2. et 3 ) ; Amelistina, Y ieiU.; Chalybœa, VieiW. iBxiïï., pi. enl., 246, f. 3); Cyanocephala, Vieill.; Senegalensis, Vieill.; Lepida, Sparm.; Sperala, Gmel. — Fuligi' nosa, Shaw.; liubrofusca, Shaw,; Currucor ria, Gmel. ; les Neclarinia solaris , Temm. {pi. col., 341 , f. 3 ); Lepida, Lath.; Exnimia et Pecloralis, Temm.; les Cinnyris croceus , Aspasiœ , lucidus, sanguineus , ruber, thoracicus, lutcoventer et flavovenler, espèces nommées par M. Lesson dans son Traité d'ornithologie, à l'exception de la dernière , qu'il a décrite dans la Revue zoologique pour 1840, p. 353.

Parmi les espèces du second groupe , c'est-à-dire parmi celles dont les mâles ont les deux plumes médianes de la queue plus longues que les autres , nous citerons les Cinnyris famosus, Vieill. (BufT., pi. enl., 83, f. 1) ; Pulchellus, Vieill. {B\iiï.,pl. enl., 670, f. 1); Violaceus, Less. (BuQ., pi. enl., 670, f. 2); les Nectarinia metallica , Licht. (Temm., pi. col., 347, f. 1 et 2); et Mystacalis, Temm. {pi. col., 126, f. 3).

Quelques autres espèces , que l'on avait d'abord placées parmi les Souï-Mangas , en ont été séparées plus tard. De ce nombre est le Nectarinia longirostris Temm., qui est devenu le type du genre Arachnothera , et le Cinnyris javanicus Swains., sur lequel a été fondé le genre Anthreples. (Z. G.)

SOULAMEA. BOT. ph. — Genre rapporté comme anomal à la suite des Polygalées. Il a été créé par Lamarck pour un petit arbre des Moluques et de l'Océanie à petites fleurs formées d'un calice triparti, de trois pétales linéaires, de six élamines égales, à anthères biloculaires s'ouvrant par une fente longitu-

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dinale; d'un ovaire à deux loges uni-ovulées , surmonté de deux stigmates sessiles , auquel succède une capsule obcordée, biloculaire, indéhiscente. Son espèce unique est le S. amara Lam. (D. G.)

SOULAIVGÏA (dédié à Soulange-Bodin).

BOT. PH. — Genre formé dans la famille des Rhamnées, par M. Ad. Brongniart, pour des espèces décrites antérieurement comme des Pliylica , desquels elles se distinguent surtout par leurs anthères uniloculaires, réniformes, s'ouvrant comme en deux vulves par une fente périphérique, et par leur stignoate tridenté ou triûde. (D. G.)

SOLLCIE. Pelronia. ois. — Nom vulgaire d'une espèce du genre Moineau, devenu générique de la division qui a été fondée sur cette espèce. (Z. G.)

*SOULÈVEMEI\TS. géol. — Voy. systèmes DE MONTAGNES et TERRAINS.

SOULGAIV. MAM. — Une espèce de Lago- MYS {voy. ce mot) porte le nom de Soulgan. {E. D.)

SOULILI. MAM. — Espèce de Mammifères quadrumanes du genre des Guenons. Voy.

le mot CERCOPITHÈQUE. (E. D.)

SOURCE. GÉOL.— Si l'eau qui tombe des nuages est en petite quantité, elle humecte seulement le sol qui la reçoit, et l'évaporalion la reporte dans l'atmosphère. Mais, si la pluie ou la neige est abondante et con< tinue, l'eau filtre à travers les terrains meubles ou perméables, et elle descend dans l'intérieur de la croûte du globe, jusqu'à ce qu'elle rencontre une roche imperméable; alors elle glisse dessus; elle en suit les sinuosités qui, semblables à des gouttières , la ramènent à la surface de la terre : telle est l'origine des sources, des fontaines, etc. Les filets d'eau produits par les sources ordinaires, se réunissent d'abord en ruisseaux, puis en rivières, et finalement en fleuves.

Les eaux, en coulant à travers les masses minérales de l'écorce du globe, s'y chargent de diverses substances qu'elles portent avec elles quand elles sourdcnt à la surface du soL

En général, celles qui sortent des terrains anciens ou sablonneux, sont limpides et pures; mais celles qui ont traversé des montagnes calcaires et surtout des montagnes gypseuses, sont chargées d'une quantité plus ou moins grande de carbonate et de sulfate

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de chaux qui les rend peu agréables à boir^ et impropres à certains usages. Il en est à peu près de même de celles qui ont séjourné dans des terrains de transport, où des substances pyrileuses, animales et végétales ont donné lieu à la formation de quelques matières solubles. Les eaux qui ont traversé des roches imprégnées de semblables matières, et qui en contiennent une quantité notable, indépendamment du carbonate et du sulTate de chaux, sontles eaux minérales. Les fleuves, n'étant que la réunion d'up grand nombre de sources, doivent contenir les mêmes substances; mais, celles-ci étant étendues d'une grande quantité d'eau, y sont à peine sensibles. Les eaux courantes se chargent, surtout dans les temps de crue, de matières terreuses , qu'elles déposent ensuite, sous forme de limon, dans les lieux où leur vitesse se ralentit.

Nous reviendrons sur les sources minérales proprement dites.

Parfois les couches qui retiennent les eaux, ayant une forme concave, présentent de grands enfoncements dans lesquels les filtrationsse rassemblent; elles y restent et produisent comme des réservoirs souterrains où plonge encore la partie du terrain perméable qui est au dessus. Le niveau de ces eaux stagnantes, s'élevant par l'effet des filtrations toujours affluentes, finit par trouver une issue qui conduit au jour le trop plein du réservoir; et il se forme ainsi une source. C'est aussi dans de pareils réservoirs ou lacs souterrains qu'aboutissent nos puits.

Les sources ne sont d'autres fois qu'un produit indirect de la filtration des eaux pluviales, telles que celles du Loiret; elles jaillissentaumilieud'un terrain entièrement plat, et ne proviennent que de la filtration des eaux de la Loire qui coule à 4 kilomètres de distance. Quand les eaux pluviales tombent sur une roche, directement ou non, elles s'y enfoncent, en suivant ses fissures et ses fentes, jusqu'à ce que la roche devienne entièrement compacte ou imperméable. A ce moment, toutes celles qui soni descendues par des fissures en communication, se réunissent et suivent la plus inférieure des fentes qui peuvent les conduire au jour; d'où il résulte que, dans les roches peu fendillées ou dont les fentes ne pénètrent qu'à une petite profondeur, les sour»

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ces serorl en grand nombre mais peu abon- «i.uitcs. Tel est le cas des terrains anciens et piiiicip.iiement des terrains granitiques: les eaux y sourdent de tous côtés; elles y ijont pures et limpides, miiis rarement en fiieis volumineux. Si, au contraire, les roches sont perméables à l'eau et présentent des fissures qui atteignent de grandes profondeurs, l'omme dans les calcaires des terrains crétacés et ooliiiques , alors les eaux pluviales y descendent très souvent bien audessous des vallées voisines; elles s'y rassemblent et forment de grands réservoirs souterrains. Les énormes grottes que ces roches contiennent leur fourniront un emplacement convenable: ce sera la plus basse des fissures aboutissant à ces cavités qui amènera au dehors le trop plein du réservoir et qui donnera lieu à une source dont la force sera en quelque sorte proportionnelle à l'étendue superficielle du réservoir, ou plutôt à celle du sol qui y envoie ses eaux. D'après cela, les sources seront peu nombreuses dans de pareils terrains , des vallées entières ou des espaces de plusieurs lieues carrées en seront dépourvus; mais celles qu'on y trouvera seront souvent remarquables par leur volume. En effet, les sources qui sont célèbres par la prodigieuse quantité de leurs eaux, sortent des montagnes calcaires.

Dans de pareilles montagnes, ces diverses dispositions de grottes et de leurs communications donnent lieu parfois au phénomène des fontaines inlermillentes. Si le canal par lequel l'eau sort du réservoir souterrain est courbé en forme de siphon et verse plus d'eau qu'il n'en arrive dans le bassin, lorsqu'il aura vide toute celle qui sera entre e niveau de sa convcïilé et le point où il vi^oulit dans le réservoir, récoulemcnt ces- ^il^, et il ne reprendra (pie lorsque l'eau, 'eeîvant continuellement le produit des fil- ?ai'"ns, sera de nouveau parvenue à la ..auteur de la convexité du siphon. Tel est le cas de la fontaine de Funtes-Borbe, située dans le département de l'Ariége.

En général les sources sont, toutes choses étant égales d'ailleurs, plus abondantes dans les montagnes que dans les plaines, et celle différence peut provenir des trois causes suivantes: 1° Il pleut davantage sur les pays montagneux; car, lorsque l'atmosphère com-

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menée à se troubler, c'est ordin/iireniont autour des cimes des montagnes que les premiers nuages se forment et s'accumulent.

Le fait de la plus grande quantité d'eau qui tombe sur les lieux élevés est aussi confii mé par l'expérience directe. 2° Il y a vraisemblablement sur les sommets des montagnes une plus grande précipitation invisible de vapeurs; les arbres, les plantes, les mousses qui y végètent, ne peuvent manquer de contribuera y favoriser la formation des sources. Outre cette action des plantes sur Ig condensation des vapeurs suspendues dans l'air, la fraîcheur qu'elles répandent autour d'elles et l'obstaclequ'ellesopposentà ce queles rayons du soleil atteignent facilement le sol ainsi recouvert, empêchent ou du moins diminuent considérablement j'évaporaiion des eaux tombées sur ces lieux; elles les contraignent, au contraire, à s'y enfoncer et à produire des sources. La diminution des eaux de sources, dans certaines contrées, paraît être due principalement au défrichement.

3" Les glaces et les neiges qui couronnent les hautes montagnes fournissent un aliment continuel à beaucoup de sources qui sortent de leurs pieds, même durant les plus grandes sécheresses; et c'est précisément à l'époque des plus fortes chaleurs, lorsque !e§ autres sources diminuent, que celles-ci augmentent et contribuent de cette manière à maintenir la force des grands cours d'eau, On voit donc, d'après les considérations précédentes, que la forme, la végétation des montagnes, leur élévation au dessus du so) environnant, en général, leur imperméabilité plus grande que celle des terrains des plaines, leurs pentes rapides, leurs fendille-! ments, leurs couches inclinées, etc., contribuent à faire bientôt reparaître au jour les eaux qui sont tombées sur les contrées élevées, et, par conséquent, à y rendre les sources plus nombreuses que dans les régions basses.

L'existence de véritables courants d'eau i:]ui se meuvent soit dans les couches séd'.ment-aires perméables, soit dans les fissupes d'un terrain imperméable, est un fait conPH de temps immémorial et dans beaucoup rie pays; pour citer un exemple, nous pouvops rappeler ces puissantes nappes d'eau qu'on rencontre dans la France septentrionale et dans la Belgique, et qui, dans ces localités^

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renJcnt difficile l'exploitation dn terrain houiller. D'ailleurs, sans creuser des pulls, ne voit-on pas les sources de nos fleuves sortir subilemenl du sein des masses minérales, parfois sous des volumes puissants, comme les sources de Vaucluse? Ne connaîton pas aussi, au milieu des terrains stratifiés , des lacs tels que celui de Zirkuilz, en Carniole, dans lesquels vivent des aniftiaux , Comme dans les lacs de la surface du globe? Les courants d'eau ont souvent la faculté de remonter et de prendre un niveau plus élevé que celui de leur gisement dans l'intérieur de l'enveloppe terrestre où ils se meuvent, quand on vient à les atteindre par un puits ou par un trou de Sonde. Quelquefois celte force d'ascension est assez considérable pour qu'ils s'épanchent à la surface du sol , et qu'ils soient même susceptibles d'être élevés à des hauteurs encore plus grandes au moyen de tuyaux. Un tel phénomène constilue les fontaines jaillissanles, connues sous les noms de fontaines artésiennes , de puits artésiens, etc.

L'origine des fontaines jaillissantes a été l'objet de beaucoup de discussions : parmi les hypothèses qui ont été tentées, il en est seulement deux qui peuvent soutenir un examen approfondi; et bien qu'elles divergent, en ce sens qu'elles attribuent la force ascensionnelle des eaux à des causes différentes, il ne serait pas impossible que l'une et l'autre fussent vraies. Néanmoins, dans la plupart des circonstances, un puits artésien n'est autre chose que la branche verticale d'un siphon , dont l'autre branche peut être faiblement inclinée, et avoir par conséquent son Ouverture à des distances considérables. L'eau monte dans la branche artificielle, c'est-à-dire dans le trou de sonde, en raison de l'élévation de la branche naturelle. Si cette dernière est plus élevée que la surface sur laquelle on établit le puits artésien , l'eau jaillit, par cet oriGce, au-dessus de la surface du sol; sinon, elle lui reste inférieure.

D'ailleurs, pour plus de clarté, fappelons-nousla manière dont les eaux tombées de l'atmosphère pénètrent dans certaines couches des terrains stratifiés. Songeons maintenant que c'est uniquement sur le penchant des collines ou à leur sommet que ces couches se montrent à nu par leurs

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tranches; que là est leur prise d'eau, et qu'elle a ainsi lieu sur des hauteurs. Erifin , ne perdons pas de vue que les couchas aquifères, après être descendues le long du flanc des collines , s'étendent horizontalement ou presque horizontalement dans les plaines; qu'elles sont souvent comme emprisonnées entre deux lits imperméables de glaise, de marne, etc., et nous concevrons l'existence de nappes liquides souterraines qui se trouvent naturellement dans les conditions hydrostatiques, dont les tuyaux de conduite ordinaires nous offrent des modèles artificiels. Dès lors, nous concevrons aussi qu'un trou de sonde pratiqué dans les vallées, à travers les terrains supérieurs, jusques et y compris la plus élevée des deux couches imperméables entre lesquelles une nappe liquide est renfermée, deviendra la seconde branche d'un siphon renversé, et que l'eau s'élèverait dans le trou de sonde à la hauteur que la nappe liquide correspondante conserve sur les flancs de la colline où elle a pris naissance, si la force ascensionnelle qui résulte de ce retour de niveau n'était contrariée par les frottements contre les parois du tuyau, et par la résistance de l'air.

D'après les réflexions précédentes, tout le monde doit comprendre comment, dans un terrain donné et sensiblement horizontal, les eaux souterraines placées à divers étages, peuvent avoir des forces ascensionnelles différentes; on expliquera également pourquoi la même nappe jaillit ici à une plus grande hauteur, tandis que là, elle ne monte pas jusqu'à la surface du sol : de simples inégalités de niveau deviendront la cause suffisante de semblables anomalies. Les frottements limitent aussi la quantité d'eau qui peut être déversée, de sorte que le pouvoir ascensionnel diminuera généralement, à mesure qu'on augmentera le diamètre du trou de sonde.

La seconde hypothèse attribue le phénomène des fontaines jaillissantes à l'élasticité des couches minérales et à la pression que les parties supérieures exercent sur les parlies inférieures; les eaux iiifiltrées dans ces dernières tendent dès lors à s'élancer vers la surface du sol, aussitôt qu'un trou dé sonde vient à leur ouvrir un passage. Mai* nous ferons remarquer que la première eï»

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plication est beaucoup plus simple et qu'elle s'adapte mieux au régime ordinaire des eaux; car la continuité du phénomène des puits artésiens exige nécessairement, pour leur alimentation, une origine constante, qui ne peut être autre que l'infiltration des eaux. Or, on ne conçoit pas bien comment l'action unique de la pesanteur suffirait pour engager des eaux dans des couches oîi elles se trouveraient comprimées au point de reprendre un niveau supérieur à celui de leur point de départ. Kous ne dirons rien des hypothèses encore moins probables que celle de la compression, et qui sont cherchées les unes dans la capillarité, d'autres dans la pression des gaz contenus vers la partie supérieure des réservoirs souterrains, d'au- Ires dans la masse liquide qui tenait jadis les terrains de sédiment en suspension ou en dissolution , etc.

Les courants d'eaux souterraines et la faculté que possèdent ces eaux de reprendre des niveaux plus ou moins élevés, sont des faits dont l'expérience seule peut donner la certitude. Mais, lorsque nul antécédent ne fournit des indications, il y a incertitude complète sur le succès d'un puits artésien. Or, c'est ici que les connaissances géologiques deviennent d'un grand secours , car si, dans aucune circonstance , elles ne peuvent 'suppléer à l'expérience ni indiquer d'avance réussite, du moins elles serviront, dans ,ertains cas, à calculer les chances et à présenter des probabilités; tandis que dans d'autres, elles prononceront nettement qu'il ne doit point exister d'espoir. En elTet, les eaux artésiennes, d'après ce que nous avons dit de leur origine, circulent généralement dansun milieu perméable et entre deux surfaces imperméables. Cette première donnée implique nécessairement des conditions de composition : ainsi, l'on sait, par exemple, que les sables sont essentiellement perméables, tandis que les argiles sont imperméables; donc les alternances de sables et d'argiles deviendront les plus favorables à l'établissement des puits artésiens. Les terrains cristallins qui sont imperméables et souvent non stratifiés, devront, au conjtraire, être placés à l'autre extrême : bien plus, un sondage commencé dans une masse de granité ou de porphyre, n'offrira pas les moindres chances de succès , à moins

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que, par le plus grand des hasards, il ne rencontre quelque filet d'eau ascensionnelle qui existait dans les fissures, ou dans des couches recouvertes par un épanchement de roches plutoniennes.

Il importe que le sondeur artésien soit guidé non seulement par la composition du sol, l'allure des couches, celle des failles, les soulèvements, etc., mais aussi par la forme de ce sol et par son niveau relatif à celui de certaines eaux courantes sur la terre. Il faut donc choisir pour une tentative de ce genre un point peu élevé dans une plaine ou une vallée; car il est évident que les plateaux isolés, les crêtes qui déterminent les limites des bassins sont des lieux où il n'y a aucune chance favorable. Au contraire on devra chercher des espaces plus ou moins encaissés par des saillies dominantes, vers lesquelles les couches de la plaine ou de la vallée se relèvent quelquefois de manière à présenter leurs tranches. Il résulte, en effet, de pareilles dispositions, que les eaux extérieures s'infiltrant dans les couches perméables qui affleurent, en venant s'appuyer sur les coteaux de bordure et suivant avec ces couches des inflexions du fond, sont d'autant plus susceptibles d'être rencontrées par les trous de sonde et de donner naissance à des fontaines jaillissantes, que les points d'infiltration sont plus élevés. Cela est si vrai que la majorité des puits artésiens actuellement connus se trouve dans les alternances argilo-sablonneuses qui , depuis la formation des terrains tertiaires, se sont déposées dans les dépressions du sol.

Dans les pays bas , il y a des cavités dans lesquelles des rivières s'engouffrent; il arrive même que, dans ces bassins, il se crée des fontaines jaillissantes naturelles, ou, en d'autres termes, que les eaux qui circulent intérieurement remontent par des fissures, de manière à produire des Sources bouillantes, rejetant les sables et les pierres au moyen desquels on tenterait de les obstruer. Un grand nombe de marais et de lacs sont ainsi alimentés, et lorsque, dans les temps de sécheresse, l'évaporalion a baissé leur niveau, on peut souvent distinguer les points de jaillissement à un bouillonnement plus ou moins prononcé qui agite la surface des eaux. En outre, on a vu dans la mer des Indes une abondante source d'eaw

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douce à environ 145 kilornèlres de la côte la plus voisine. Il y a donc aussi dans l'Océan des sources d'eau douce qui jaillisgenl verticalement à la surface et qui viennent évidemnîent des terres par des canaux naturels situés au-dessous du lit de la mer.

Les terrains tertiaires sont les mieux constitués pour l'établissement des puits artésiens ;la cause en est dans deux circonstances : 1° la disposition de ces terrains généralement par bassins ; 2" la fréquence des couches de sables perméables dans les différents termes de la série supercrétacée. Au reste, quelque peu considérable que soit encore le nombre des tentatives faites pour la recherche des eaux souterraines, la plupart des bassins tertiaires importants possèdent déjà leurs puits artésiens.

Les terrains crétacés et oolitiques, quoique moins bien constitués que les précédents pour l'établissement des fontaines jaillissantes, présentent cependant encore des circonstances favorables ; il semble donc que les eaux pluviales doivent pouvoir les traverser avec facilité, et circuler dans leur masse jusqu'aux plus grandes profondeurs. Malheureusement les tentatives ont été rares, et souvent infructueuses dans les terrains crétacés et oolitiques; c'est qu'en eiïet le phénomène se passe ici sur une plus grande échelle, les couches sont généralement plus épaisses, les alternances moins fréquentes, et les points de départ des eaux plus éloignés. Ainsi, il faut presque toujours, dans ces terrains, pousser très bas le sondage, afin d'obtenir des résultats satisfaisants. C'est pourquoi les sources sont plus rares, mais infiniment plus abondantes dans les terrains crétacés et oolitiques que dans les terrains supercrétacés. D'ailleurs, les uns comme les autres offrent des couches perméables dans certains termes de leur série, car on voit se répéter dans les divers étages des terrains crétacés et oolitiques, sables, calcaires et argiles, les trois éléments des puits srtésiens. Les couches sableuses font donc supposer l'existence de nappes intérieures. Ces terrains se sont également iJéposds en bassins, mais en bassins beau- -'coup plus considérables , et dont la disposition a été ordinairement changée. Depuis longtemps on a remarqué les rapports frappants qui existent entre les dernières cou-

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f ches des terrains tertiaires, et les couches inférieures à la craie; on trouve, en effet , au-dessus et au-dessoos de la craie des argiles et des calcaires presque semblables. Ainsi, les nappes souterraines doivent être notnbreuses au milieu de ces parties perméables, et il est probable que sur la plupart des points peu élevés d'un bassin crayeux, oîi les sondages seront poussés jusque dans les sables inférieurs, on rencontrera des eaux abondantes. Le succès du puiis artésien de Grenelle en est la preuve la plus éclatante. L'épaisseur de la craie reste le seul obstacle qu'on ait à vaincre; à la vérité, il peut arriver qu'elle ail une puissance immense. Les circonstances géologiques deviennent moins favorables à l'établissement des fontaines jaillissantes, à mesure qu'on descend l'échelle des terrcins précédents.

Cependant le terrain du trias parait en> core propice à la recherche des eaux jaillissantes. De ce terrain sortent la plupart des sources salées réunies par bandes sinueuses, diversement alignées, et qui semblent indiquer l'existence et la direction des fleuves souterrains.

Nous n'avons d'exemple de fontaine artésienne ni dans le terrain houiller, ni dans le terrain de la Grauwacke.

Quant aux terrains plus anciens, on conçoit, d'après ce que nous avons dit, qu'ils sent toutà-fait impropres à l'établissement des puits artésiens. Les fentes et les Assures des roches granitiques, les crevasses qui séparent chaque masse de la masse contiguë, ont en général peu de largeur, peu de profondeur, et communiquent rarement entre elles; à la moindre distance, il y a solution de continuité. Dans les terrains granitiques, les eaux d'infiltration ne doivent donc avoir que des trajets très bornés; chaque filet liquide achève son cours pour ainsi dire isolément et sans se fortifier par des filets voisins. L'expérience montre en effet que, dans les roches de cette sorte, les sources sont très nombreuses, très peu abondantes, et qu'elles sourdent à de faibles distances de la région dans laquelle l'infiltration des eaux s'est opérée. Les exemples de puits artésiens annoncés comme obtenus dans le granité , sont évidemment inexacts. Ainsi, il importe de le dire, il y

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aurait même de la folie à s'engager dans des sondnges difficiles et dispendieux pour se meure à la recherche de Assures aquifères propres à un puits artésien dans les terrains inférieurs au terrain de la Grauwacke.

En résumé, bien qu'on ne puisse poser des règles absolues dans la recherche des eaux artésiennes, les principes géologiques qui résultent des fontaines jaillissantes connues, sont assez précis pour guider d'une manière très utile.

Les marées agissent sur quelques puits artésiens, car on y observe une espèce de flux et de reflux. En général, les fontaines artésiennes ne s'épuisent point à la longue, puisque la quantité d'eau fournie par certaines d'entre elles n'a point varié depuis plusieurs siècles.

Les opérations du sondage s'exécutent par plusieurs procédés différents : on emploie une sonde rigide en fer, c'est-à-dire la sonde ordinaire; ou bien on se sert d'une sonde à chaîne ou à corde, c'est-à-dire de la sonde chinoise; ou, enfin, on se sert d'un procédé mixte, c'est-à-dire de tiges en bois et à coulisses.

En général, les sources sont de petits courants d'eau qui prennent leur origine, comme nous l'avons dit, dans les phénomènes atmosphériques, pénètrent plus ou moins profondément dans la crotJte superficielle du globe , et , après un trajet plus ou moins considérable, finissent par trouver une issue à la surface du sol; mais on doit distinguer deux autres genres de sources : 1° celles qui résultent de la fonte des glaciers, et qui sortent directement de ceux-ci; 2° celles dont l'origine n'est pas bien connue, et qui arrivent de parties très |)rofondes de la croûte du globe. On peut donc établir trois catégories parmi les sources : 1« les sources ordinaires, 2° les sources des glaciers, 3° les sources dont le point de départ est situé très profondément. Ces diOérentes sources peuvent être thermales , minérales, etc. ; peut-être pourrait-on dire que les sources de la 3""^ catégorie sont toujours thermales ou minérales, ou bien thermales et minérales. Les sources se montrent en plus grand nombre dans les contrées de montagnes que dans les autres parties de la surface de la terre ; enfin, elles offrent une

foule de particularités qu'il nous est impossible de décrire ici.

Généralement on est surpris de la constance des sources ordinaires, mais on devrait également s'étonner de la constance des fleuves, des rivières, etc. ; car tout s'enchaîne dans la nature. Or, s'il est évident que ces grands courants d'eau résultent de la réunion d'une infinité de sources, il est certain que les sources sont dues à l'évaporation et à !a condensation de l'eau qui s'élève à chaque instant de la surface des mers, des lacs et des fleuves, et surtout à la perlé que ces grands amas d'eau ne cessent dô faire par les filtrations. Cette perte énorme,, qui peut alimenter toute les sources d'un pays de plaine, est difficile à calculersur les cours d'eau naturels, mais on en a la preuve dans les travaux d'art.

Malgré la constance des sources pour urt très grand laps de temps, il est des localités qui n'en offrent plus autant qu'autrefois, ou bien dont les eaux fournies par leâ sources ont diminué beaucoup. Ainsi, nous avons vu les habitants de plusieurs contrées s'inquiéter depuis quelques années de la diminution de certaines sources. On a essayé de trouver la cause de celte perte; mais, parmi toutes les hypothèses qui ont été faites à ce sujet, une seule mérite d'être citée : elle consiste à regarder les défrichements et les déboisements comme la cause principale de la diminution des eaux de certaines sources depuis près d'un siècle. Il est bien entendu que nous ne parlons point de celle diminution lente et progressive des eaux qui résulte des phénomènes généraux de la vie du globe; nous envisageons seulement les diminutions qui paraissent être des anoma* lies dans les lois générales. Au reste, les dérèglements remarqués dans l'état de l'atmosphère de certains pays, dans leur climat, etc., dérèglements qui peut-être aussi proviennent de la même cause, donnent également une idée des anomalies observées dans un grand nombre de sources.

Parmi diverses autres particularités que présentent certaines Sources, nous citerons la suivante : Il existerait, d'après plusieurs rapports , dans le déparlement des Deux- Sèvres, à 100 kilomètres environ de la mer, une Source soumise aux influences du flux el du reflux de l'Océan. Quoi qu'il en soit, pen-

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ianl nos voyages en Vendée , nous nvons ?u , dans les environs du Givre, une Source galée qui , nous a-t-on assuré , jouit des mouvements p('riodiques de l'Océan. Ces anomalies, dans les deux localités précédentes, s'expliqueraient assez facilement, en admettant des canaux souterrains allant jusqu'à la mer. Or les deux localités se trouvent sur les terrains oolitiques, terrains qui offrent d'immenses cavités.

Les deux derniers faits que nous venons de mentionner ont de l'intérêt , non seulement par rapport à leur anomalie , mais encore parce qu'ils viennent foriifier la principale hypothèse admise pour expliquer les puits artésiens.

Les Sources minérales et souvent même les Sources thermales sont de deux sortes : les unes constituent les Sources minérales ordinaires , et les autres les Sources minérales accidentelles.

Les Sources minérales ordinaires, qui sont toujours thermales, se rapportent à un ordre de phénomènes qui nous semble appartenir presque autant aux phénomènes ignés qu'aux phénomènes aqueux. En elTet, les principes dont ces eaux sont imprégnées et chargées n'ont souvent aucun rapport avec les terrains desquels on les voit sortir. En outre , une même Source a généralement une composition et une température à peu près constantes; on ne peut attribuer cette composition, non plus que la haute température de plusieurs de ces Sources , à des dissolutions , à des combinaisons ou à des décompositions qui s'opéreraient accidentellement dans la partie supérieure de l'écorce du globe. D'un autre côté, lorsqu'on observe que ces Sources se trouvent le plus communément dans les terrains plutoniens , et lorsqu'on attribue les phénomènes volcaniques à des émanations qui partent d'une portion du globe terrestre dont la température est excessivement élevée , on peut regarder comme très probable qu'il doityavoir des tuyaux disposés de manière à ne laisser passer que des gaz, qui se bornent à échauffer ou à imprégner certaines eaux de leurs principes. Les Sources thermales à différents degrés, qu'on rencontre en tant de lieux sur la surface de la terre , aussi bien que les jets de vapeur ou fumarolles , s'expliquent avec la plus grande facilité par

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cette température propre et croissante du globe terrestre , et par les fissures qui pénètrent jusqu'à une prufondeur plus ou moins considérable. Les eaux arrivent alors à la surface avec la température qui correspond au point d'où elles proviennent, et l'un sait qu'il ne faut que 3 kilomètres de profondeur pour qu'elles soient bouillantes. On conçoit alors aisément comment , pendant les tremblements de terre , il peut apparaître de nouvelles Sources chaudes dans une contrée, et comment celles qui existaient peuvent se perdre, il suffit, pour le premier cas , que quelques fissures établissent communicstiun depuis la surface jusqu'à la profondeur convenable, et , pour |e second , que la communication existante «e trouve interceptée.

Il est possible aussi que l'eau arrive à l'état de vapeur plus ou moins chauffée, ou même que les gaz dont elle est composée arrivent de l'intérieur du globe , et que, dès lors, des combinaisons nouvelles se f.issentàune petite dislance de la surface, (lour donner lieu aux produits des Sources minérales.

Les Sources mine'rales accidentelles doivent leur origine à la circulation des eaux dans l'écorce superficielle du globe, et à la dissolution ou décomposition de certaines substances qu'elles rencontrent sur leur passage. Elles peuvent aussi être thermales suivant les combinaisons qui se sont opérées, ou la profondeur qu'elles ont atteinte dans leur trajet.

Indépendamment des éruptions boueuses accidentelles , il se fait dans beaucoup de localités , à travers des crevasses , souvent loin des volcans ordinaires, des dégagements continus de gaz hydrogène carboné , tantôt seul, tanlôtaccompagné d'une quantité plus ou moins considérable d'eau et de matières boueuses qu'il pousse en avant : c'est ce qu'on a nommé les volcans d'air, les volcans de boue , et ce qu'on désigne aussi sous le nom de Salzes, parce que le liquide renferme souvent des matières salines, et, entre autres, le Sel commun et le sulfate de Chaux.

Sous le nom de Geyser , on désigne des sources jaillissantes d'eau bouillante assez nombreuses en Islande. On en indique d'un grand volume; mais il en est une surtoui

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Iremarquable : de demi heure en demi-heure, elle projette, suivanties auteurs, unecolonne d'eau bouillante de 70 mètres de diamètre, qui, parfois, s'élève à 600 mètres de hauteur. Les eaux de ces Sources renferment de la Silice , qui se dépose bientôt , au dehors , à l'état d'hydrate , sur tous les corps environnants, et qui forme quelquefois des monticules très étendus , au sommet desquels se trouve l'ouverture du goufre par où le liquide s'échappe.

Les Sources thermales et beaucoup de Sources minérales froides, sans présenter des circonstances aussi remarquables que celles des Geysers , des Salzes , etc., se riipportent cependant au même ordre de phénomènes, parce qu'elles viennent aussi des profondeurs de la terre pour se rendre à l'extérieur. Ces eaux renferment également en solution différentes matières qu'elles amènent à la surface du sol , comme de la Silice , du carbonate de Chaux , des oxides de Fer, etc. Ces matières forment alors des dépôts plus ou moins importants , comme nous l'avons vu en parlant des Geysers, etc., et comme nous allons l'indiquer encore. On voit souvent, au milieu des terrains stratifiés , des matières diverses qui semblent s'être intercalées au milieu de celles qui ont été formées par la sédimentation générale. Certains dépôts se trouvent pénétrés, çà et là, de matières étrangères, tantôt disposées en concrétions plus ou moins volumineuses et en veines qui semblent avoir rempli des fissures , tantôt réparties uniformément dans toute la masse. Ailleurs , entre ces deux couches distinctes , se trouvent, par place, des dépôts différents limités dans tous les sens, en formant de grandes lentilles ou des amas plus ou moins volumineux. Ces circonstances indiquent nécessairement des précipitations locales , accidentelles , indépendantes de la sédimentation générale , et ne pouvant manquer de rappeler les effets des Sources qui amènent tant de matières de l'intérieur du globe, et produisent des dépôts plus ou moins étendus à sa surface.

Il est probable que c'est par des Sources silicifères, analogues à telles de l'Islande et de Saint-Michel , qu'est due la pénétration de certains sédiments par la Silice , qui , tantôt , consolide quelques parties de leur

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étendue comme dans les Grès divers, tantôt y foraie des rognons plus ou moins volumineux comme dans la Craie, des veines plus ou moins nombreuses, quelquefois des amas considérables , comme la meulière du Calcaire siliceux ou celle des dépôts supérieurs.

On est également conduit à penser que certains dépôts de gypse, comme ceux qui se trouvent aussi dans le calcaire siliceux, ont été de même produits sur place par les Sources, qui peut-être amenaient en même temps les malièies terreuses qui les accompagnent. Il en doit être de même pour les gypses de plusieurs entres terrains, quoique dans certains cas cette substance ait été produite par une transformation sur place des calcaires existants.

Beaucoup de dépôts salifères, au milieu de leurs argiles et accompagnés de gypse, ne peuvent manquer de rappeler le phéno • mène des salzes, ou, en général , celui des Sources qui amènent à la fois des matières en suspension et des matières dissoutes, dont les eaux peuvent déboucher dans des lacs aussi bien qu'à la surface du sol desséché, et pénétrer par la force d'ascension dans toutes les fissures du terrain à travers lequel elles se dégagent.

Les dépôts de soufre des terrains calcaires, qui sont d'ailleurs accompagnés de gypse et d'argile, et souvent dans le voisinage des dépôts salifères , doivent encore avoir une origine analogue. 11 en est de même des matières bitumineuses qui ont imprégné des sables et des calcaires, et aussi d'un assez grand nombre de dépôts de limonitc des terrains calcaires , quoique ces matières aient pu être ensuite entraînées par les eaux courantes pour entrer dans la sédimentation générale. Enfin, il y a beaucoup de circonstances où les dépôts ne peuvent s'expliquer que par des Sources qui les ont formés autour d'elles, et en ont imprégn les roches préexistantes ou contemporaine.s (A. Rivière.)

SOURCIL, Bonaterre. poiss. — Nom vulgaire employé pour désigner le Chétodou vagabond, Chœlodon vagabundus Linn.

SOURCIL D'OR. POiss. — Nom vulgaire d'une espèce de Coryphaene. (G. B.)

SOURCILIEK. POiss. — Nom vulgaire

sou

d'une espèce de Gobioïdes du genre Clinus, Clinus superciliosus Cuv. et Vaii.-, Blcnnius supeixiliosus Linn. (G. B.)

SOURD. REPT. — Ce nom est donné, en erpétologie: l" à une espèce de Lézard qui, au Sénégal, chasse les Blattes avec ardeur et en détruit un grand nombre; 2" à la Salamandre terrestre qui habite le midi de la France. (E. D.)

SOLKDOIV. MOLL. — Nom vulgaire du Cardium ed%ile sur les côtes occidentales.

SOURICEAU. MAM. — Nom vulgaire des leunes Mammifères de l'espèce de la Souris. (E. D.)

SOURIS. MAM. — Espèce de Rongeurs du genre des Rats {voy. ce mol). — La même dénomination a été donnée à plusieurs espèces distinctes de Mammifères; c'est ainsi que la Souris des bois se rapporte au genre des Sarigues ; la Souris d'eau à celui des Musaraignes; la Souris de montagne est le Campagriol Lemming ; la Souris de terre est une espèce du genre Mulot , etc. (E. D.)

SOURIS, poiss.— Un des noms vulgaires du Batistes capriscus. Voy. baliste. (G. B.)

SOURIS. MOLL. — Ancien nom vulgaire du Cyprea lurida.

SOURIS-CHAUVE. MAM. — Synonyme de Chauve-Souris. Voy. cbeiroptères. (E.D.)

SOURIS DE MER, poiss.— C'est le nom commun sous lequel on désigne, sur certaines côtes, des Baudroies et des Cycloplères. (G. B.)

SOUROUBEA , Aublet. bot. ph. — Synonyme de Ruyschia Jacq. (D. G.)

SOUS- ARBRISSEAU. Suffrutex. bot.

— On donne ce nom aux plantes plus ou moins ligneuses, au moins à leur base, dont la taille reste peu élevée, et qui ne donnent pas de bourgeons proprement dits. Du mot \Sii\n suffrutex, on forme l'adjectif sous-/';mtescent et suffrulescent. (D. G.)

SOUSLIC ou SOUSLIK. mam. — Espèce de Mammifères qui se rapporte au genre des Spermophîles. Voy. ce mot. (E. D.)

SOUTHWELLIA. bot. ph. — Ce genre, établi dans la famille des Sterculiacées par Salisbury, est regardé aujourd'hui comme formant une section des Slerculia. (D. G.)

SOUVEMEZ-VOUS DE MOI. bot. ph.

— Nom vulgaire du Myosotis paluslris, Wiih.

SOUZA. BOT. PH. — Genre du Flora fiu-

T. XII

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mtnenHs , qui rentre, comme synonyme, dans les Sisyrinchium. (D. G.)

SOWERB.^A (nom d'homme), bot. pu.— Genre de la famille des Liliacées , tribu des Anihéricées, établi parSmilh pour une plante herbacée vivace de la Nouvelle-Hollande , à feuilles filiformes; à fleurs roses en ombelle ramassée, terminant une hampe nue : ces fleurs ont un périanthe à six divisions profondes, étalées et égales ; trois étamines stériles et trois fertiles; un style persistant. L'espèce type est le S. juKceaSmilh. (D. G.)

SO\'A. BOT. PU. — Mœnch a formé s®us ce nom , dans la famille des Légumineusespapilionacées, section des Glycinées , un genre distinct pour le Dolichos soya Lin., quia reçu dès lors de lui le nom de Soya hispida. Celle plante croît dans l'Asie tropicale, et ses graines sont un aliment estimé des Japonais. (D. G.)

SOYERIA (nom d'Homme), bot. ph. — Genre de la famille des Composées, tribu desChicoracées, formé par Monnier(W!erac., 7S-) pour les espèces (rHieraciuni que Lapeyrouse avait distinguées génériquement sous le nom de Lepicaune, et pour quelques Crépis. Les caractères qui séparent ce genre des Ilieracium consistent dans les écailles extérieures de l'involucre étalées; dans des akènes comprimés, terminés par un bec plus court qu'eux-mêmes; et dans une aigrette formée de plusieurs rangées de poils simples, soyeux. Parmi les espèces de ce genre nous citerons le Soyeria blatlarioides Monn. {Hieraciuvi blatlarioides Lin.), le S. lampsanoides Monn. {Hieracium lampsanoides Gouan) , belles plantes des Alpes ei des Pyrénées. Nous ferons observer que De Candolle [Prodr., VU) n'a pas adoplé ce genre. (D. G.)

SOYMIDA (de Soymido, nom indien de l'espèce unique), bot. ph. — Genre établi dans la famille des Cédrélacées par M. Ad. de Jussieu pour un grand arbre de l'Inde, dont le bois ressemble à celui d'Acajou, dont l'écorce est amère, et fort usitée comme fébrifuge dans les Indes , à Java, etc. Pour ce dernier motif, cet arbre a été nommé Soymida febrifnga A. Jiiss. (D. G.)

*SPACIIEA (nom d'homme), bot. ph. — Genre de la famille des Malpighiacées, proposé d'abord par M. A. de Jussieu dans lea Icônes seleclœ de M. Delessert it. III, p. 19,

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tab. 31 ), et caraclérisé ensuite déGnilivemenl i>;ir lui dans sa Monographie des Malpighiacées. Il comprend des arbres et des arbustes? d'Amérique, à petites fleurs rosées, en grappes terminales simples, caractérisées surtout par leur calice à 8-9-10 glandes ; par leur pistil hiloculaire dont les 2 styles assez courts se terminent par deux stigmates tronqués, et qui devient un fruit didyme formé de deux carpelles osseux. Ces caractères distinguent les Spachea des Byrsonyma, dont ils sont très voisins. L'espèce type du genre est le Spachea elegans A. Juss. (MalpighiaelegansC.-A. Meyer ; Bjyrso?!!/ma elegansDC). Cinq autres espèces ont été décrites par M. A. de Jussieu dans sa monographie. (D. G.)

SPADACTIS. EOT. PII. —Genre proposé par Cassini, dans la famille des Composées, tribu des Cynarées , pour des espèces à'Atractylis. On le considère aujourd'hui comme formant une section de ce dernier genre.

*SPADAITE ( nom criiomme ). mik. — De Kobell a dédié à monseigneur Medici Spada un minéral qui se lrou>e en petites masses amoiplies et compactes avec la Wollastonite à (>npo di Uove , près de Rome. Il est rougeàtre, et a un faible éclat gras. Il donne de l'eau pur la calcination et se fond en émail blanc. C'est un silicate de magnésie hydraté, ou combiné avec un hydrate magnésien. L'acide dilorlndrique l'attaque, quand il est en poudre fine, et il se sépare de la liqueur des flocons de silice. (Del.)

SPADICE. BOT. — On nonime ainsi une sorte d'inflorescence indéfinie propre aux végétaux monocotyléiions. C'est un épi de fleurs unisexuelles , plus ou moins complètement embrassé par une spalhe , et dans lequel les fleurs sont très rapprochées , sessiles sur un axe commun épais et souvent charnu, dans lequel elles sont môme plus ou moins enchâssées par leur base. Le Spadice est simple dans les Aroïdées , rameux Chez les Palmiers, et, dans ce dernier cas, il jporle vulgairement le nom de régime.

»SPADICirLORES. SpacUdflorœ. bot.

PH. — M. Endiichcr a établi sous ce nom , parmi les Monocolylédons, une classe caractérisée particulièrement par des fleurs unisexuelles, rangées en spadice, sessiles.

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et disposées de sorte que les femelles occii» peut le bas de l'inflorescence. Cette classe comprend les familles des Aroïdées, des Typhacées et des Pandanées. (D. G.)

SPADOMA. BOT. en. — Genre de Champignons gastéromycètes, créé par Pries (en 1817) pour une espèce du Brésil qui a la forme d'un Phallus, et qui, dans la classifi* cation de IM. Léveillé, appartient aux Thécasporées-Endolhèques , tribu des Angiosarques, section des Onygénées.

Lessing avait proposé sous ce même nom, en 1 S32 , et par conséquent à une époque bien postérieure , un genre de Composées- Mulisiacées. Par une singularité remarquable, M. Endlicher n'a pas observé qu'en adoptant pour ce second genre la dénomination proposée par Lessing, il conservait, dans son Gênera , deux groupes génériques dKTérents sous le même nom. De Candolle a voulu éviter cet inconvénient majeur, et il a donné [Prodromus, t. VII, p. 22) au Spadonia Less. le nom de Moquinia. (D. G.)

*SPAD0ST1LES. bot. ph.— Genre établi par M. Bentham (Annal. Wien. Mus, t. II , p. 80 ) dans la famille des Légumineuses-Papilionacées, tribu des Podalyriées, pour des arbrisseaux de la Nouvelle Hollande, voisins des Pulténées, parmi lesquels certains d'entre eux avaient d'abord été rangés. Ils se distinguent de ces dernières plantes surtout par leur calice prufondément bilubié , à lèvre supérieure très grande , bifide, l'inférieure étant formée de trois divisions étroites; par leur ovaire glabre que surmonte un style comprimé-dilaté à la base, incurvé en crochet. M. Bentham a décrit deux espèces de ce genre , les S. Cunninghami et Sieberi, auxquelles M. Endlicher en a ajouté quatre. (D. G.)

*SP^LOTIS (<T7T£'o;, caverne; oS; , oreilles), ins. — Genre de Lépidoptères, de la famille des Nocturnes, tribu des Nociueiides, créé par M. hoisduy a\ {Index met. Lep. Eur., 1844) aux dépens des groupes des Nuciuœ, Agroteset AmphipyrœTre'ilsckUe, et aiJopU par tous les zoologistes. Les Spœlulis ont lei antennes plus ou moins crénelées dans les mâles, et filiformes dans les femelles; les ailes luisantes; les supérieures plus ou moins étroites et allongées, d'un gris tantôt brun, tantôt blond, tantôt bleuâtre, ave^' l«s lacbei

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orilinairM peu distinctes dans beauroiip d'osi'tres. Les chenilles sont glabres, cylin- 'Jriijin's, «Je couleurs sombres, avec des taches c I) ut* j formes sur le dos. Elles se cachent pendant le jour, et se répandent, pendant la iruiJ, sur les plantes basses dont elles se nourrissent. Leur métamorphose a lieu dans la icrre. M, Boisdnval place vingt-trois espèces dans ce groupe, et toutes proviennent d'Europe, On peut prendre, pour type, le S, ravida II.Tr.Dup., qui se rencontre assez communément en France, pendant les mois de juin et juillet. (E. D.)

SPAEi\DOi\CÉE. iS'paendoncea(du nom du célèbre peintre de fleurs Van Spaendoiick ). Bor. PU. — Le genre de Légumineuses Papilionacées, formé sous ce nom par Desfuiilaines, se rapporte, comme simple «ynonyme, au Cordia Eorsk. (D. G.)

*Sr/iLACODON (")->o;^^, taupe; ô^ov';, dent). MAM. — Genre de Mammifères de la famille des Carnassiers insectivores, indiqué pariM. Vand [Inslit., n. 378, 1843) et ren- Iran t dans le groupe naturel des Musah aignrs. Voy. ce mot. (E, D.)

*SPALACOPUS i<jT^^U^, taupe; -Kovq, pied).MAM. — M, Wugler (/sis, 1832)désigne, sous ce non), un genre de Rongeurs de sa famille des l'sammoryclicœ, qui n'est généralement p;is adopté. (E. D.)

*SPAIvAI\iGIIi;. Spalangia. ms.— Genre de la tribu des Chalcidiens, groupe des Spalangiiles de l'ordre des Hyménoptères, établi pur Latreille et adopté par tous les entomologistes. Les Spalangies se font remarquer principalement par leur tête ovalaire, leurs antennes filiformes de onze articles un peu comprimés; leurs mandibules bidentées; la larière des femelles cachée, etc. On en connaît peu d'espèces. Le type est le .S", nigra Latr., répandu dans une grande partie de l'Europe. (Bl.)

SPALANGIENS. iNS. — M, Brullé [Ins.

lIymé)iopl., Suites à Buff.) désigne ainsi, llans la famille des Chalcidides de l'ordre lies Hyménoptères, un groupe corresponllant à celui des Spalangiiles {voy. ce mot). Il n'y comprend toutefois que les genres Si'alangia , Cerocephala et Thcocolax Wesiw. (Bl.)

*SPALAIVGIITES. Spaîangiitœ. ins. — Groupe de la tribu des Chalcidiens. de l'ordre des Hs"'énoptères, distingué des groupes de

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la même tribu par un thorax presque carre et un abdomen ayant un long pédicule.

Nous rattachons aux Spalangiiles les geiirci Spalangia Latr., Cerocephala "We^lw., Macrog!eneHWesl\v.,rirenelln\id., Chrysulampus Nées von Esenb., Cea Ilalid. (Bl.)

SPAI.AX ( (jToiÀa?, taupe ). mam. — Le Grecs donnaient le nom d'Aspalax à un petit animal fouisseur, que les commenta teurs ont considéré comme devant être la Taupe ordinaire. Guldenstœdt (iVou. Comment. Pelrop. , XIV ), le premier, décrivit cet animal , et fit voir qu'il était très différent de la Taupe, et devait être rapporté à un genre particulier qu'il nomma Spalax , genre que d'Erxleben adopta ensuite , ainsi que Lacépède, qui changea ce nom en celui de Talpoïde. Cette dernière dénomination , comme celles d'Aspalax, proposée par Olivier, et d'Aspalamys, indiquée par de Lamarck , n'ont pas prévalu , et le nom de Spalax ainsi que celui plus vulgaire de Rat- Taupe ont subsisté. Toutefois les Spalax de Guldenstœdt ont été restreints : les genres Bathyergus et Georychus ont élé formés à leurs dépens, et, dans ces derniers temps, d'autres encore, ceux des Siphneus et Lemmomys, que nous n'indiquerons que comme de siniples subdivisions secondaires, ont été admis par quelques zoologistes.

Les Spalax constituent un genre de Rongeurs de la division des Clavicules , et qu'on peut caractériser ainsi d'une manière générale relativement à leur système dentaire ; incisives \ , molaires \~\ , total 16 dents. M. Cuvier {Dents des Mammifères) en a donné une très bonne description.

Le corps des Spalax est assez robuste , allongé, cylindrique; les pattes sont courtes et propres à fouir, quoique moins robustes que celles de la Taupe, et elles conservent la division des doigts, comme dans les Rongeurs ordinaires , si ce n'est qu'il y en a cinq aux pattes de devant, de même qu'à celles de derrière, également terminées par des ongles forts et obtus. La tête, très large à cause de la grande saillie des arcades zygomatiques, est plate en dessus, et terminée par un museau cartilagineux très obtus. Le cou, très musculeux , n'est pas plus étroit que la tête. Les yeux ne sont nullement apparents, parce que la peau ne se replie pas

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et ne s'amincit pas pour former les paupières et la conjonctive, et que le rudiment du globe de l'œil, réduit à la grosseur d'une graine de Pavot, est recouvert par une bande tendineuse. Il n'y a pas de trace d'oreille externe, et seulement on voit le méat auditif en écartant les poils. La queue manque totalement. Il n'y a que deux mamelles inguinales.

Les animaux de ce groupe sont essentiellement souterrains ; ils vivent dans l'intérieur de la terre où ils se creusent des galeries, et, sous ce point de vue, ils se rapprochent de la Taupe, tandis que par leur système dentaire, et conséquemment par la manière dont ils se nourrissent , ils ont de nombreux rapports avec les Rats, mangeant des racines et des graines, et faisant de grands ravages dans les campagnes. D'après ce que nous venons de dire, on comprend pourquoi les Spalax des naturalistes ont reçu du vulgaire la dénomination de Rats- Taupes , nom qui rappelle la ressemblance que ces Rongeurs offrent, et par leur conformation, et surtout par leur mœurs, avec les Taupes et avec les Rats.

On ne place plus dans ce genre que trois espèces , qui appartiennent à l'Europe , à l'Asie et à l'Afrique , et qui , toutes trois , sont devenues les types de genres distincts, seloa des zoologistes modernes.

§ 1. Spalax Guldenstœdt.

Le Rat-Tadpe ou Zemni BulTon , Spalax lyphlus Oliv., Desm., llliger ; Spalax microphthalmus Guid.; Spalax major ErxI.; Spalax Pallasii Nordin.; Slepetz ou Rat-Taupe AVEUGLE. Un peu plus gros que notre Rat ordinaire, la longueur totale de cet animal est de 7 pouces 1/2, sa tête seule ayant fi pouce 9 lignes : son pelage est très doux, composé de poils très fins et courts, dont la base est cendré-noirâtre et l'extrémité rousfcàire, doij résulte une teinte générale grise lavée de roussâtre ; la tète est grosse, pyramidale, anguleuse sur les côtés ; les narines sont arrondies , étroites ; les incisives sont d'un jaune orangé ; la langue est charnue , épaisse, plate, obtuse et lisse; les yeux sont rudimentaires et recouverts par la peau; l'ouïe est très développée; la queue est nulle.

Une variété de cette espèce, le Spalax

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typhlus variegatus A. -G. Desm. , en diffère en ce que son pelage est maraué de grandes taches blanches irrégulièrement disposées.

De même que les Taupes , les Zemnis vivent en société, et se creusent des galeries souterraines peu profondes et qui commu* niquent avec des cavités plus basses , où ils sont à l'abri des eaux pluviales. C'est principalement dans les plaines unies et fertiles qu'ils établissent leur demeure, parce qu'ilsy trouvent en grande abondance les racines du Gazon ordinaire et du Cerfeuil bulbeux dont ils font leur nourriture habituelle. Outre des racines, il paraît qu'ils mangent aussi parfois des graines, des fruits et des légumes, dont ils font provision d'hiver dans leurs terriers. Leur démarche est irrégulière et brusque ; ils marchent aussi bien en arrière qu'en avant : au moindre bruit , ils s'arrêtent, écoutent, et, quand on les attaque, se défendent avec courage. Le temps des amours est le printemps, et se prolonge jusqu'en été. La femelle fait deux ou quatre petits.

Le Zemni habite la Syrie, la partie sud de la Russie, la Perse, la Pologne, la Hongrie et la Grèce ; mais c'est en Russie qu'on le trouve plus communément.

§ 2. SiPHNEUS Brandt.

Le ZoKOR G. Cuvier, Mus ospaZaa; Pallas, Gm., Bodd.; Lemnus Zokor A. -G. Desm.

Cet animal a 8 pouces S lignes de longueur totale , et sa queue , avec ses poils, n'a que 11 lignes. Les yeux sont extrêmement petits , mais néanmoins visibles et bordés de paupières épaisses et ridées. Les formes du corps sont assez analogues à celles du ZemnL Les oreilles consistent dans un seul petit ruban cartilagineux très court, qui entoure le méat auditif. Les membres sont courts et robustes, et ceux de devant ont cinq doigts, dont les deux intermédiaires sont pourvus d'ongles longs, comprimés, arqués et tranchants. La couleur générale du pelage, composé de poils touffus et un peu rudes , est d'un gris cendré en dessus et d'un cendré blanchâtre en dessous.

Ce Rongeur vit sous terre dans des galeries très longues et superficielles : les racines dont il se nourrit habituellement sont celles du Lilium pomponium, de VErylhronium et des Iris.

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Il se rencontre dans l'Asie russe, particuiièremeut dans les steppes de l'irtisch.

Le JoKOR, de même que le Rat sukk.ukan dont nous allons nous occuper, a él6 placé pendant lonj^temps dans le genre des Lemnings; mais sa véritable place naturelle est à côié du ZiiMNi dans le genre Spalax.

§ 3. Lemuouts Lessoa {Balhyergus Brandt).

Rat sukerkan , Spalax minor Erxleben ; Mus talpinus Pallas, Gm. Sa taille est d'environ 3 pouces 9 lignes : sa tète est grosse et raccourcie ; son museau est épais et très court; ses oreilles consistent dans un seul petit rebord qui entoure le méat auditif; ses yeux sont très petits; ses membres sont courts et robustes; ses mains ont cinq doigts garnis d'ongles forts , et sa queue est très courte. Son pelage est d'un gris brun en dessus et blanchâtre en dessous.

Il vit sous terre et ne sort que la nuit ; il n'hiverne pas; l'accouplement a lieu Jiu mois de mars, et il n'est pas très productif. Les racines du Lalhyrus esculenta et du Phlomis tuherosa sont la nourriture habituelle de ce rougeur, dont il existe une variété noire, avec les quatre pieds blanchâtres, que Pallas désigne sous le nom de Mui talpinus aler.

Ce rongeur se trouve dans l'Asie russe , surtout dans les steppes d'Astracan et dans les monts Ourals.

Quant au Spalax javanus G. Cuvier, il est le type du genre Nïctoleptes de M. Temminck. Voy. ce mot. (E. Desmarest.)

*SPALLAiVZANIA (Spallanzani , naturaliste). INS. — Genre de l'ordre des Diptères, de la famille des Muscides, créé par M. Robineau-Desvoidy {Essai sur les Myodaires, 1830) et qui n'a pas été adopté. (E. D.)

SPALLAI\'ZAI\IA (dédié au célèbre physiologiste italien Spallanzani ). bot. ph. — Genre de la famille des Rubiacées , tribu des Hédyotidées, créé par De Candolle [Prodromus, t. IV, p. 406) pour un arbre de Madagascar qu'il a nommé Spallansania corymbosa. Deux autres genres avaient antérieurement reçu ce nom; mais ni l'un ni l'autre n'a été conservé. L'un, proposé par Necker, se rapporte, comme synonyme, au genre Guslavia Lin., de la famille des Myrlacées; l'autre, établi par Pollini , a dû

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rentrer, comme synonyme, dansl'il rwnonfa» créé antérieurement par Necker pour VAgrimonia agrimonoides Lin. (D. G.)

SPALME. MIN. — Nom que l'on dont)ait autrefois au bitume niallhe, qu'on faisait entrer dans la composition du goudron dont on enduit les navires. (Del.)

SPANAIMIIE. BOT. PU. — Genre créé par Jacquin dans la famille des Ombellifères, tribu des Mulinées, pour VHydrocolnle SpananUie Wilhi. , plante herbacée du Pérou , à feuilles en cœur, dentées; à fleurs blanches , longuement pédiculées , formant une ombelle presque composée ; à fruit ovale, aplati , présentant sur chaque méricarpe trois côtes dorsales et deux latérales extramarginales rapprochées de la commissure. (D. G.)

* SPAIVIE. i'pania (cTTtavtoç, rare). iNS. — Meigen(5î/s^ Beschr., VI, 1830) a créé, sous cette dénomination, un genre de Diptères qu'il place dans la division des Hybotides, et que M. Macquart {Histoire naturelle des Diptères, des suites à Buffun de Roret, t. I, 1834) met dans sa famille des Brachystomes, tribu des Leptides, tout en faisant observer qu'il serait peut-être plus convenable de les rapprocher des Anthraciens. Les Spania ont la trompe un peu saillante et les ailes à nervure interno-médiaire, n'atteignant pas le bord; la cellule anale étant fermée près du bord interne de l'aile. On ne connaît qu'une espèce de ce genre, le S. nigra Meig., loco citalo; elle a été prise aux environs de Hambourg et de Bruxelles. (E. D.)

*SPAt^IOPTILON (artavtoî, rare; ^-A.

iov, plume). BOT. PH. — Genre de la famille des Composées, tribu des Cynarées , formé par Lessing ( Synops., p. 10) pour le Carduus linearis Thunb. , plante du Japon , à feuilles linéaires, glabres, ramassées , dentées-épineuses; à capitules penchés, présentant un involucre d'écaillés sèches, piquantes. Ses aigrettes sont formées d'un seul rang de paillettes sétacées. L'espèce type est le S. lineare Less. (D. G.)

*SPAMOPLS (aTravtoç, rare ; ttoS,-, pied). INS. — Genre de la tribu des Chalcidicns, groupe des Miscogastérites, de l'ordre des Hyménoptères, établi par M. Walker sur des espèces ayant des antennes de treize articles; des pattes grêles avec l'extrémité des jambes intermédiaires reofléeen massue, etc.

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Le type est \e S. dissimilis Walk., trouvé en Angleterre. (Bl.)

SPANIL'S. INS. —Voy. spAvius.

*SPA\OTRICHU!W. bot. ph.— Genre de la famille des Composées, tribu des Sénécionidées, proposé par E. Meyer (in Collée. Drége), et admis par De Candolle et Endlicher, comme section du genre Osmiles Casfiini. (D. G.)

SPAR.4CTE.tS'po)-ac/es. OIS.— Genre créé par Vieillot sur un Oiseau que Vaillant a figuré sous le nom de Bcc-de Fer. Mais cet Oiseau, de l'avis de M. Temmiruk et de plusieurs autres naturalistes, aurait été fabriqué avec le corps d'un Barbicnn, la huppe d'un Drongo et les pieds d'une Pie Grièche ; par conséquent la division à laquelle il sert de type doit être rayée daGenera des Oiseaux. (Z. G.)

*SPARACTIJS. INS. — Genre de l'ordre des Coléoptères tétramères, famille des Xylophages, créé par Erichson {Naturgesch. der Ins. Deuls., 1845, p. 256) qui lui assigne, pour type, le S. inlerruptus, espèce propre à la Nouvelle-Hollande. (G.)

SPAtlAILLON. poiss. — Nom vulgaire du petit Sargue {Sargus annularis, Cuv. et Val.; Sparus amiulariSf L.), nommé encore Sarguet et Baspaillon. (G. B.)

SPARASIOIV ( <T»rap«<7<T6) , déchirer), ins. ^- Genre de la tribu des Proctotrupiens, groupe des Platygastérites , de l'ordre des Hyménoptères, établi par Latreille {Gênera Cruslaceorum et Insectorum) et adopté par tous les entomologistes. Les Sparasion se distinguent des genres voisins par leurs antennes de douze articles ; leurs palpes maxillaires de cinq articles, leurs palpes labiaux de trois; leur abdomen un peu plus long que lu tête et le thorax réunis, avec la tarière des femelles cachée. Le type du genre est le S. frontale Latr. Ceraphron cornutus Juriiio). (Bl.)

SPA'RASSE. Sparassus. Auachn. — C'est un genre de la tribu des Araignées, clabli par Walckcnaër aux déjiens des Thomisiis des auteurs.

Ces Aranéides épient leur proie, courent après, se renferment pour pondre entre des feuilles qu'elles ploient ou dans les cavités des arbres, les interstices des plantes et des rochers, où elles se construisent de longs fourreaux de soie.

Ces Aranéides, dont on connaît environ cinq ou six espèces, sont propres à l'Europe et à l'Afrique. Comme représentant celte coupe générique, je citerai IcSparasse éme- BAUDE. Sparassus smaragdulusW â\ck. J'ai pris souvent cette jolie espèce dans les jardins, à Paris et dans ses environs. (H. L.)

SPARASSIS. BOT. CR. — Genre formé par Pries pour une grande espèce de Ctavaria qui atteint 3 décimètres de hauteur, ei qui croît à terre dans les bois de Pins. Dans la classiGcation de M. Léveillé, ce genre appartient aux Basidiosporés-Ectobasides, section des Clavariées. (M.)

♦SPARATLAIMTOELIUM. BOT. ph. — Genre de la famille de Gyrocarpées, formé par M. Martius, pour des arbres du Brésil à feuilles éparses, entières, un peu coriaces; à petites fleurs polygames, réunies en très grand nombre en panicules terminales, monopérianthées , présentant 4-5 étamines qui alternent avec les divisions du périanlhe et dont les anthères s'ouvrent en valvules; à ovaire infère, uniloculaire, devenant un drupe sec, monosperme. (D. G.)

*SPARATTOSPERMA. bot. ph. -Genre formé par M. Martius pour deux plantes de la famille des Bignoniacées dont l'une, qui est le type du genre, a été figurée dans la Flora fluminensis, vol. VI, tab. 49, sous le nom de Bignonia leucantha. Ce genre se distingue, dans la section des Catalpées à laquelle il appartient, par ses graines en plusieurs rangées de chaque côté de la cloison. Son espèce type a été nommée Sparallos' perma lilhontripticum Mart. (D. G.)

SPARAXIDE. Spar-aœis. BOT. PH. — Genre de la famille des Iridées, formé par Ker pour des espèces d'Ixia dont le périanthe en entonnoir a le tube court et grêle, le limbe grand, profondément divisé en six lobes presque égaux, étalés en étoile. On cultive assez souvent leSpAitAxmE agbandes fleurs, Sparaxis grandiflora, belle plante à grandes fleurs d'un violet foncé, portant une tache blanche à la base de chaque division du pé> rianthe. (D. G.)

SPARAZÏOIV. INS. — Voy. sparasion.

SPARCETTE ou ESPARCETTE. bot.

PH. — L'un des noms vulgaires du Sainfoia cultivé. Voy. sainfoin.

SPARE. Sparus. poiss.— Artédi, Linné, Lacépède, Bloch , Shaw., et d'autres natu-

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