‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 41 sur 173 · UINÉRADX ESSENTIELS ET MINÉRAUX ACCIDENTELS · texte numérisé non relu

UINÉRADX ESSENTIELS ET MINÉRAUX ACCIDENTELS

Ceci nous oblige à dire quelques mots d'une distinction capitale qu'on doit établir malgré son arbitraire, que nous ne nous dissimulons pas, entre les divers minéraux qui peuvent entier dans la composition d'une roche donnée.

L'analyse minéralogique de certains granités donne, outre le feldspath, le quartz et le mica, du grenat, du talc, de la tourma- Jioe, de l'émeraude, de la topaze, du zicon,

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de l'andalousite, du disthène, de la pinite, dusphène, de la magnétite, de l'apalite, dd la fluorine, du graphite, etc. Mais ces derniers minéraux ne jouent évidemment dans la roche qu'un rôle tout à fait accessoire: et c'est ce qu'on exprime en disant qu'ils sont des minéraux accidentels. Le quartz, le feldspath et le mica sont au contraire, dans ce cas particulier, des minéraux essentiels.

Comment s'y prend ra-t-on pour reconnaître qu'un minéral est, dans une roche donnée, accidentel ou essentiel?

Deux cas peuvent se présenter : ou bien le minéral en question est très rare dans la roche, ou bien, au contraire, il y est très abondant. Dans le premier cas, l'étude des échantillons de collection sulûl; dans l'autre, l'observation sur le terrain peut seule conduire à la solution du problème.

Par exemple, le calcaire saccharoïde contient quelquefois de petites paillettes de graphite, elles sont rares et disséminées çà et là : évidemment le nom d'accidentel convient sans conteste à ce graphite. Au contraire, certains micaschistes sont complètement criblés de cristaux de grenat. Le grenat est-il essentiel ou accidentel ? L'étude de l'échantillon conduirait à répondre qu'il fait partie essentielle de la roche, mais l'examen de grandes masses de micaschistes montre que les régions grenatisées sont exceptionnelles, et que le grenat est par conséquent un accident de composition.

Ces exemples montrent quel vague doit exister dans la distinction des minéraux en accidentels et en essentiels. Les liihologistes sont nécessairement contraints, dans nonibru de cas, à trancher la question d'une manière tout à fait arbitraire, et dès lors il as faut pas s'étonner de voir varier plus ou moins la caractéristique qu'ils donnent d'uca même roche.

Quoiqu'il en soit, et nous reviendrons su» ce point, la présence des minéraux accidentels, qu'il est si important de bien étudier sous plusieurs points de vue et spécialemenli sous ceux de l'origine et du mode de formation, paraît le meilleur caractère pour l'éta-. blissement des variétés. Il prime, suivan* nous, les caractères de coloration qui na peuvent être employés que dans certains cas et d'une manière peu rigoureuse.

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I3F0SSIBILITÉ d'une CLASSIFICATION NATURELLE EN LITHOLOGIE.

Toutes les fois qu'on veut étudier uu très grand nombre «l'objets, la première chose à 'aire est évidemment de les classer. Sans ciassiGcation, en effet, il est impossible de se faire de ces divers objets une idée nette, et surtout d'éviter les redites.

En général, même quand on établit une ♦lassiCcation, on se propose de faire autre hosequ'unesimple disposition systématique, commode pour l'étude; ou a en général la prétention d'exprimer un fait naturel, ou, suivant l'expression de M. Coquand, « de se rapprocher de la marche suivie par la nature ».

Suivant nous, rien jusqu'ici ne justiCe cette prétention, et nous montrerons tout à l'heure, en peu de mots, que tous les systèmes pro|)Osés jusqu'ici, malgré la manière dont quelques-uns ont été présentés, sont essentiellement artificiels, c'est-à-dire expriment souvent tout autre chose et quelquefois le contraire des rapports qui semblent bien être écrits dans le grand livre de la nature.

Nous allons plus loin, et nous posons en principe qu'une classification naturelle des roches est tout simplement impossible, et que même le nom si précis de Classificalion paraît ne guère convenir au simple Arrangement plus ou moins méthodique auquel, eu définitive, on est obligé de se résigner.

La raison de ceci est que les rapports des roches sont beaucoup trop nombreux et beaucoup tropcomplexes pourpouvoir être exprimés, soit par des séries linéaires, soit par des séries parallèles, soit même par des systèmes à trois dimensions plus ou moins analogues à la vis teUurique de M. de Chan- Lourtois. On pourra bien faire dans ce sens i;u travail ayant une certaine apparence de méthode, mais il perdra toute sa signification lorsque, passant de la théorie à la pratique, on vomira, par exemple, classer d'après lui une collection un peu nombreuse. C'est que les caractères des roches sont loin d'être absolus, et ce point mérite évidemment d'appeler notre attention.

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