ROUVEL ARRANGEMENT MÉTHODIQUE DES BOCHES
Ce que ce système présente de particulier, c'est la rigueur avec laquelle le principe de la subordination des caractères y est appliqué, et nous croyons que c'est le seul moyen de faire quelque chose de vraiment pratique, quant aux besoius de ceux qui étudient.
Il n'était possible de le faire qu'en se conformant à la règle dont nous parlions plus haut, et qui consiste, dans la caractéristique des roches, à mettre absolumentde côté toutes les considérations géologiques, pour se renfermer exclusivement dans le domaine de la lithologie pure.
Nous répartissons d'abord les roches daus de grandes divisions, d'après le nombre de leurs éléments constituants. Nous avons ainsi les roches unitaires, les roches binaires et les roches ternaires, car on verra qu'à l'exception de quelques roches élastiques, toutes peuvent se ranger dans ces trois divisions.
Chaque division comprend des groupes
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exclusivement caractérisés par la composition niiiiéralogique. C'est ainsi que toutes les roches essentiellement formées de feldspath et de mica sont réunies daus le même groupe.
S'il se trouve que ces minéraux essentiels peuvent subir des variations dans leur composition, à chacune d'elles correspond un sous-groupe. Ainsi les roches qui nous occupent se répartissent en trois sons-groupes : le premier comprend les roches for* mées d'orthose et de m'en ordinaire (gneiss, leptynolithes) ; le second, les roches formées d'orthose et de mica brun (minette, kéralite); le dernier enfin, les roches formées de mica ordinaire et 'd'oligoklase (kersanton).
C'est d'après la structure que les groupes (ou les sous-groupes quand il y eu a) se divisent en types. Ainsi, le groupe des roches essentielleraect formées par le mélange du quartz avec le feldspath comprend des masses se rapportant à sept structure»
principales : nous en faisons sept types distincts. Ce sont ceux qui correspondent aux roches : 1° grenues (grauulite), 2» graphiques (pegmatite), 3° porphyroides (porphyre feld«puthique quartzifère), 4° graniloïdes (id.), 5» schistoïdes (id.), 6° globulaires (pyroméride), et 7° grésiformes (arkose).
Maintenant, chacun de ces types admet des variétés dues exclusivement a la présence de minéraux accidentels, et l'on ne voit d'indétermination possible que dans le cas où plusieurs de ces minéraux se présenteraient à la fois. Dans ce cas, la roche pourrait au même titre être considérée comme appartenant à plusieurs variétés, mais celles-ci étant toutes comprises dans le même type, le vague ne serait pas très grand.
Il est bien entendu que pas une seule des divisions et subdivisions qui viennent d'être indiquées n'a de valeur absolue. L'arbitraire intervient à chaque instant dans notre système comme dans ceux qui l'ont précédé, mais nous croyons avoir fait un progrès en formulant à l'.ivance les limites daus lesquelles cet arbitrairepourra s'étendre, de façou, qu'à priiri, en voyant une roche, on peut savoir à quelle scrte de division correspond tel ou tel caractère en particulier. Les leçons que nous avons été
chargé tont récemment de professer au Muséum d'histoire naturelle, devant les dièvps d'agronomie, nous ont permis d'apprécier la valeur pratique de l'arrangement auquel nous nous sommes arrêté.
Description des roches.
Nous voici maintenant pourvus de toutes les connaissances principales qui nous paraissent nécessaires pour aborder d'une manière fructueuse la description des roches.
Celle-ci, sous peine d'être, selon nous, absolument inutile, doit comprendre, outre la caractéristique de chaque roche, des notions sur son gisement, son origine probable et sur ses principaux usages ; car ces divers caractères ne sont pas de trop pour contrebalancer le vague de la caractéristique.
Nous les donnerons très succinctement, ne craignant pas de mettre à contribution les meilleurs ouvrages, tels que ceux de MM. Brongniart , d'Omalius, Coquand, Daubrée, et surtout le livre récent de M. Ch. d'Orbigny, que nous aurons bien des fois l'occasion de citer.
l'e Division. — ROCHES UNITAIRES
Roches formées d'un minéral essentiel, unique. Nous les classons d'après l'ordre suivi le plus généralement dans les classifications minéralogiques, et spécialement d'après le système de M. Delafosse.
1»* Série. — Carbone oa earbares.
l»' Groupe. — Roches essenliellement formées de graphite.
Au point de vue lilhologique on ne peut admettre qu'un seul type, celui du graphite compacte, les variétés cristallisées étant trop rares pour être considérées comme drs roches. Ce graphite n'est pas toujours pur, on connaît une variété dite ttrieuse qui contient de l'argile ou de l'alurtiine, et nous pouvons encore distinguer le t;raphile qnaitzifère qui contient une grande quantité (le silice anhydre, disséminée en fr;ipments plus ou moins anguleux; le graphite calca. tifère, reconnaissable à l'effervescence an'il
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proouit sur l'influence des acides; et le graphite ferrugineux chargé d'oxyde de fer.
Le graphite se rencontre généralement dans les terrains de cristallisation et surtout dans ceux qui sont stratifiés, comme dans les terrains de gneiss, de micaschistes, de calcaire saccharoïde et de schiste argileux. Il forme des amas stratiformes et se présente aussi en couches ou en rognons. On l'a rencontré dans un grand nombre de localités, parmi lesquelles M. Ch. d'Orbigny cite: Borrowdale en Angleterre, la Houlque, près Bagnerre de Bigorre ; Payolles (Hantes- Pyretiées); Schwarzbach en Bohême; Passau en Bavière; Brunn, Toubitz et Ranb en Autriche; Norherg en Suède; diverses régions de la Sibérie, surtout dans la partie orientale ; Katnapoore dans l'île de Ceylan; Natal; le Canada; la Colombie; la Nouvelle-Zélande, etc.
Le principal emploi du graphite est de servir à la fabrication des crayons dits de mine de plomb. Mêlé avec de l'argile, le graphite de Bavière sert à former les creusets, dits creusets de mine de plomb ou creusets noirs de Passau. Broyé avec de la glaise, il forme une espèce de pommade onctueuse qui sert à adoucir le frottement des engrenages; on en frotte la fonte et la tôle pour les préserver de la rouille; on en couvre les poêles de terre, afin de leur donner l'aspect de la fonte; enfin on l'emploie à vernisser la grenaille ou le plomb à giboyer.
2e Groupe, —iîoc/ies essenliellement formées par des hydrogènes carbonés.
Les minéraux ayant cette composition qualitative sont fort nombreux, mais les pétroles méritent seuls de figurer parmi les roches. Leur état liquide les distingue d'ailleurs de toutes les substances dont nous aurons à parler, et interdit les divisions en divers types, puisque leur structure est nécessairement la même.
Parmi les variétés nous devons distinguer surtout le pétrole pur, désigné souvent sous le nom de iiapthe ; le pétrole asphaltifére, pinson moins coloré en brun par dissolution d'un bitume solide, et le pétrole sulfurifère reconnaissable à son odeur désagréable.
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f-e gisement du pétrole a été ëluflié avec beaucoup de soin, surtout dans ces dernières années. Dans le Ken-iucky et le Tennessee, le pétrole est fourni par les couches siluriennes inférieures. Un autre niveau très productif, celui du Canada occidental, appartient au terrain dévonien inférieur, et c'est à ce même terrain dévonien, mais à son niveau supérieur, qu'appartiennent les couches les plus riches, celles de la Pennsylvanie occidentale, du groupe important de Oil Creek. A un niveau encore plus élevé, k divers étages du terrain carbonifère, se trouvent des sources très abondantes; les plus importantes de la Virginie occidentale appartiennent au terrain carbonifère supérieur. Comme on le voit, les sources américaines les (ilus riches se trouvent dans les terrains les plus anciens, mais certaines couches relativement récentes sont pétrolifercs. Ainsi, dans la Caroline septentrionale et dans le Connecticut, on a trouvé un peu d'huile minérale dans le trias. Le Colorado et rUtah en présentent à proximité des lignites du terrain crétacé. Enfin les pétroles de Californie appartiennent au terrain tertiaire.
L'Amérique du Nord est devenue le pays le plus riche en pétrole, mais cette substance existe dans beaucoup d'autres régions, parmi lesquelles on peut citer Amiano, dans l'ancien duché de Parme; le mont Zibio, près de Safresolo, aux environs de Morène; les abords des Salses de Barrigazzo et de Pie- Ira Mala en Toscane; Girgenti en Sicile; Coalbrookdaleen Angleterre; Gabrian, près de Pézenas, en France; Béchelbronn en Alsace; Tîle de Zante ; diverses régions du Caucase, de la Perse, de l'Inde; Rangoun en Birmanie; la Chine, le Japon, etc.
On sait que lu principale application du pétrole est l'éclairage ; et elle a donné naissance à une des industries les plus actives. D'après le rapport publié par M. Daubrée il la suite de l'Exposition de 1867, les États- Unis seuls ont fourni en 1866, 302 338 912 litres de pétrole. Certains puits de la Pennsylvanie ont donné par jour 220 000 litres, et jusqu'à 600 000 litres. Outre l'éclairage, le pétrole sert encore comme dissolvant des matières grasse.s, et on a essayé de le faire servir à des usages pharmaceutiques. Les chimistes l'emploient pour
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conserver le potassium et d'autres métaua très oxydables.
Quoique le gisement du pétrole ait été étudié dans beaucoup de contrées, l'origine de cette substance n'est pas déterminée avec certitude. On l'a fait généralement dériver des substances organisées par une transformation analogue à celle qui a produit la houille. Cependant, des considéralions tirées delà disposition des pétroles aussi bien que de la possibilité de les reproduire synthétiquement, sans le secours des corps organiques, ont conduit à penser que les pétroles peuvent avoir une origine franchement minérale, aussi bien que l'hydrogène carboné ou l'acide carbonique qui s'exhalent des nombreux orifices volcaniques.
3* Groupe. — Boches essentiellement formées d'un minéral résultant de la combinaison
DU CARBONE, DE L'HYDROGÈNE ET DE l'OXY-