CARBONE. HYDROGÈNE. OXYOÈNE ET AZOTE
Anthracites. 92 à 95 2à3 3à4
Houilles. 75 à 90 5 à 6 6 a 18
Ligniles. 60 à 75 5 à 6 28 à oO
Tourbes. 60 5 à 6 3i
Anthracite. — L'anthracite est uneroche opaque et lirillanle, d'un noir vitreux, aven
T. XII
ROC
un certain éclat demi-métallique quelquefois très prononcé. La denslié varie de 1,6 à 2. La combustion est diflicile et donne beaucoup de chaleur.
La considération de la structure nous conduit à disiinguer trois types principaux d'anthracite suivant que la roche e.st .sc7((\stoide, compacte ou terreuse. A ces types se rapportent diverses variétés caractérisé s par la présence du graphite, de l'argile, du calcaire, du quartz ou de la pyrite.
Les terrains siluriens contiennent parfois de lanthracite : c'e.^1, par exemple ce que l'on observe en Bohème; mais ce combustible est beaucoup plus abondant dans les terrains dévoniens et carbonifères. C'est à ce dernier étage qu'appartiennent les gisements si abondants des États-Unis et ceux de la Russie. M. Éliede lieaumont rapporte à l'anthracite les combustibles qui .se nioiitreut dans les couchesjurassiques métamorphiques des Alpes, de la Savoie et du Dauphiné.
Relativement aux applications, l'anthracite est très recherchée. Étant plus riche en carbone que la houille, elle jouit d'un pouvoir calorifique qui dépasse celui de celte dernière; mais sa combustion est beaucoup plus difficile et ne s'obtient qu'à l'aide des appareils de cbaufTage très perfectionnés dont les habitants de l'Amérique du Nord se servent journellement. En France, on n'a pas pu employer l'aïuhracileâuchaunage des hautsfourneaux; elle sert surtout à la production de la chaux destinée aux usages agricoles.
Houille. — La houille que chacun counaît, est une roche ciiarbonneuse, toujours amorphe, noire, opaque, lirùlant aisément ave< flamme, fumée et odeur bitumineuse. Elit se ramollit et se gonfle pendant la combustion, au pointque les morceaux se collent entre eux. Lorsqu'elle a cessé de flamber, elle donne un charbon poreux (coke), solide e( dur, a surface mamelonnée et métalloïde. L| houille dilTère de l'anthracite par la matièrfl bitumineuse qu'elle donne par oislillatioa (goudron). Parmi les types de houille, nous signalerons surtout la iiouille compacte et la houille i,chistoïdc. On peut citer aussi la houille élastique, conuue des Allemaud-; sous le nom de Grobkolde.
Les variétés sont très-nombreuses: nous ne nommerons que celles qui sont caratérisées par la présence de l'argile, du calcaire, «le
HOC
la pyrite, de la sidérose et da fer phosphaté.
Depuis Je terrain dévouien (Asturies) jusqu'aux couches ternaires (Monte Bamboli), on trouve de la houille. Mais on sait que c'est surtout dans les dépôts arénacés, désignés sous le nom de terrain houiller, que le combustible qui nous occupe est le plus répandu.
Il est inutile de nous étendre sur les usages de la houille. Rappelons qu'en outre de la chaleur qu'elle donne rlireclement dans le foyer, elle fournit la force aux machine» à vapeur, la lumière aux cités que le gai éclaire, et lie splendides matières colorantes aux industries textiles. De plus, la houille compacte, désignée en Angleterre sous le nom de canncl-coal, est travaillée sous forme de vases et d'autres objets d'ornement. «;omme elle brûle d'une manière continue avec une flamme brillante, elle est quelquefois utilisée comme source directe de lumière.
Lignite. — Le lignite est une roche charbonneuse, noire ou brune, qui peut brûler aiiémeul, et qui donne une flamme éclairante et une fumée abondante : ses Iragnieuts ne te boursouflent pas et ne se collent pas comme il arrive |iour la houille.
Quatre types doivent être spécialement mentionnés, savoir : le lignite compacte, le le lignite schisloïde, le liguitt- xyloïde. et le lignite ter?-ewa;. Les variétés, d'ailleurs nombreuses, sont caractérisées surtout par la présence de l'argile, du calcaire, de la pyrite et de la blende.
Les ligniles ne commencent à se montrer que dans le trias (Wasselonne, Soult les-Bains, diverses localités du Var). On les retrouve, plus haut, dans le lias inférieur (Deister). Les grès verts supérieurs en contiennent aussi, comme on le voit, par exemple, à Saiot-Paulet, près du Pont-Saint-Esprit, dans le Gard. Mais c'est surtout dans la formation tertiaire que les liguites sont abondants. On les trouve d'abord au-dessous du calcairegrossier ou dans les parties inférieures de ce dépôt et dans les calcaires lacustre» de môme âge (Fuveau, Buhême, etc.). Dans l'étage miocène, on peut citer les gi.«ementsde Gorgas, de Saint-Martin de (iastillon (Vancluse), deSisteron, deDauphin, de Forcalquier, de Moule-Baraboli, de Busiano.
ROC
Enfin, on en connaît quelques dépôts, par exemple dans l'Isère, qui sont |)liocènes.
Parmi les lignites, le jayet est susceptible de poli, et sert à faire des hijoux. Le» lignites de beaucoup de localités sont employés pour le chauffage des appartements, la distillation, la cuisson du plâtre, du calcaire, des poteries, etc. Enfin, les liguites terreux de la variété pyriteuse, ont une tendance à s'effleuiir, qui les rend propres à la fabrication de l'alun et du sulfate de fer.
Tourbe. — La tourbe est une matière brune ou noirâtre, spongieuse et légère. Elle brûle facilement, avec cm sans flamme, en répandant une odeur analogue à celle des herbes sèches, et laissant après la première combustion une braise légère.
Nous distinguerons deux types de tourbe suivant qu'elle sera compacte ou fibreuse. La première est solide, homogène, à cassure terreuse et quelquefois luisante; l'autre est composée de fragments visibles de plantes : elle est doac phytogène, suivant l'expressioa indiquée plus haut.
C'est à une époque postérieure à Celle du dernier mouvement géologique, que se place la date de formation de la tourbe, qui peut, à bon droit, recevoir le nom de roche contemporaine. Les tourbières sont extrêmement abondantes à la surface de la terre, et leur riihesse est quelquefois considérable. En effet, on connaît des couches de tourbe ayant jusqu'à i8 mètres d'épaisseur.
On emploie la tourbe comme combustible, soit à son état naturel, sous forme de briquettes séchées au soleil; soit après qu'elle a subi une forte compression qui réduit son volume; soit enfin après avoir été carbonisée et convertie en une sorte de coke. En Islande, outre le chaullage, on applique la tourbe fibreuse à des usages très variés; par exemple, elle sert à la construction et à la couverture des cabanes ; sa remarquable flexibilité permet aussi d'en faire une sorte de couverture qu'on met sur le dos des chevaux pour tenir lieu de selle. Les cendres de la tourbe servent en agriculture pour amender les terres sableuses et calcaires.
Notre cadre est beaucoup trop restreint pour que nous puissions aborder l'étude de l'origine de> roches de notre quatrième groupe. Disons que tout porte à leur reconnaître une origioe commune, ce qui fait de
HOC
ROC
l'anthracite elle-itiênie un produit de (lécompositioii des matières vénétales placées dans des conditions convenables.
2e Série, — Soufre et sulfares.
5* Groupe. — Roches essentiellement formées
de SOUFRE.
Ces roches, dont l'importance stratigraphiqiie est très faible, appartiennent à trois types principaux , suivant qu'elles sont grenues, compactes ou lufacées. Dans le premier type se rangent les variétés pures; ce sont des roches présentant en général la couleur caractéristique du soufre. Au contraire, le soufre compacte a souvent un aspect des plus trompeurs, qui le ferait facilement confondre avec certains calcaires marneux, gris ou noirâtres. Le tufsulfureux est presque blanc. C'est surtout dans les terrains tertiaires que l'on rencontre le soufre, soit grenu, soit compacte; il est souvent calcarifère, et l'on pense qu'en général, il a été déposé par d'anciennes sources sulfureuses. Tel est le cas du soufre stratiforme de Sicile où il couvre une zone de 250 kilomètres de long, sur 90 kilomètres de large. Le tuf sulfureux est plus récent que les types précédents : on le rapporte, en général, à la période actuelle : tantôt il est dû à des dépôts d'eaux sulfureuses, tantôt i la condensation de vapeurs volcaniques.
Le soufre sertetitre autres usages à In fabrication de l'acide sulfurique, de l'acide sulfureux, de la poudre, des allumettes ; il est employé en thérapeutique et en agriculture pour tuer les parasites.
6* Groupe. — Roches essentiellement formées
de SULFURE DE PLOMB.
Le seul type important comprend la galène cristalline. C'est une matière peu abondante, que tous les lilhologisfes n'admettent pas au nombre des roches, m-ais qui doit, comme plusieurs qui vont suivre, V être comptée a cause du rôle qu'elle joue dans les filons.
Parmi les nombreuses variétés de galène, nous ne citerons que la galène argentifère à cause de son importance industrielle.
La galène est de beaucoup le plus important des minerais de plomb. Ses filons forment le type d'une classe particulière
que les géologues distinguent sons le nom de filons plombifères. Ils se rencontrent surtout dans les terrains schisteux et dans les terrains de transition ; mais ils remontent quelquefois dans le terrain secondaire et atteignent le lias. La galène se trouve aussi en gîtes de contact, et on la rencontre encore à un état de grando dissémination dans certains grès.
Le principal usage de la galène est de servir à rextracliou du plomb et de argent; elle produit aussi la litharge, tt les potiers s'en servent direclcment sous le nom A'alquifoux pour vernisser leurs poteries.
7^ Groupe. — Roches essentiellement formées
de SULFURE DR ZINC.
La blende cristalline constitue le seul type que nous ayons à considérer. Comme variété, nous signalerons la blende carbonifère et la blende ferrifère (blende noire).
C'est dans les ûlons plombifères que l'on rencontre la blende en plus grande quantité. Son usage principal est de servir, concurremment avec la calamine, à la fabrication du zinc.
8« Groupe. — Roches essentiellement formées
de SULFURE DE FER.
Ces roches doivent être réparties dans deux sous-groupes dont chacun correspond, d'après les principes que nous avons admis, à une composition quantitative particulière.
Dans le premier sous-groupe, nous plaçons le bisulfure de fer, et dans le second, le sulfure contenant 8 atomes de soufre pour 7 de fer.
Piirtle. — Le bisulfu-re de fer compreniJ, à notre point de vue, deux types bii-n distincts et qui correspondent à peu près à deux espèces minéralogiques différentes, suivant qu'il est compacte ou rayonne. Dans le premier cas, c'est, comme on sait, la pyrite proprement dite des minéralogistes, et dans le second c'est la pyrite hlaïuhe.
l'armi les variétés du premier type, nous citerons la pyrite aurifère.
La pyrite proprement dite est une des substances les plus réfiandues à la surface du globe. On la trouve dans les filons et au milieu des roches de tou;es les formations,
noc
ROC
et cette disséminatioii est duc, sans doute, à son mode de forrnntion. Ou pense qu'elle est duc à des sources minérales, contenant à la fois de l'acide sulfhydritjue et des sels de fer. Il existe encore de pareilles sources, comme celles de Chaudes-Aiguës dans leCantîil, celles de Bourbon-Lancy dans le département de Saône-et-Loire, et celles de H;imiiiam-Meskoutine en Algérie, qui déposent journellement de la pyrite.
La pyrite blanche est moins répandue que la précédente. Elle n'est cependant pas rare dans les flions métalliques, et se rencontre à un état de dissémination plus ou moins gninde dans une foule de terrains. C'est ainsi qu'elle existe dans les ampélites où, par sa décomposition, elle donne lieu à la formation du sulfate d'alumine; et dans les combustibles charbonneux, tels que la houille, le lignite et la tourbe, et c'est à sa présence qu'on attribue linflammation spontanée de certaines houillères. On trouve aussi la pyrite blanche, sous la forme de boules ou de rognons, dans les argiles, les marnes et la craie blanche.
Les us'tges de la pyrite jaune sont très peu importants. Anciennement, on l'employait en nature pour en faire des boutons et d'autres objets de peu de valeur. Dans les premiers temps de l'invention des armes à feu, on s'en est servi à cause de sa grande dureté au lieu de pierre à fusil qu'on lui a substituée plus tard.
Au contraire, la pyrite blanche présente de l'intérêt au point de vue des applications. La facilité avec laquelle elle se convertit en sulfate de fer qu.ind elle est exposée à l'air humide, en fait l'objet d'une grande opération à laquelle on donne le nom ûevitriolisation. Elle consiste à réunir en tas les pyrites concassées, et à les laisser s'effleurir spontanément. Il suffit ensuite de les lessiver à l'eau chaude pour dissoudre le sulfate de fer, en ajoutant un sel de potasse s'il s'agit de former de l'alun. Dans certaines localités, on soumet la pyrite à une espèce de distillation qui en extrait environ le tiers du soufre qu'elle renferme.
Pyrrholinc. — Le sulfure de fer de notre deuxième sous groupe est ordinairement décrit sous le nom de pynholine ou de pyrite magnétique. Nous ne nous occuperons que du type reafernianl les variétés compactes.
C'est une matière d'un éclat métallique peu prononcé, d'un brun de tombac ou d'un jaune de bronze mêlé de rougeâtre. Elle est magnétique.
La pyrrhotine est moins abondante que la pyrite. Elle forme de petits amas, tantôt dans les filons et tantôt dans les couches des terrains de cristallisation massifs et schisteux. Disons, en passant, que cette matière a été signalée dans diverses météorites.
9^ Groupe. — Roches essentiellement formées
de SULFURE DE CUIVRE ET DE FER.
Nous n'avons à considérer que la clialkopyrile compacte des minéralogistes.
C'est une matière d'un jaune de laiton dont la poussière est noire. Elle est cassante.
La pyrite cuivreuse est un des minerais les moins riches du cuivre, mais elle en est un des plus abondants et des plus habituellement exploités. Elle forme des amas ou des fiions dans les terrains schisteux cristallins, et on la rencontre aussi en veines et en rognons dans les terrains de sédiment qui ont été traversés par des sources thermales et par des roches éruptives, le plus souvent de nature serpentiueuse,
3* Série. — Oxydes.
10^ Groupe. — Roches essentiellement formées d'oxyde anhydre de feh.
D'après leur composition quantitative , nous répartirons ces roches en deux sousgroupes, savoir : celui de l'oxyde salin ou magnétique, et celui du sesquioxyde.
Magnétile. — L'oxyde salin qui porte en lithologie comme en minéralogie le nom de magnétile, est une matière d'aspect ordinairement métallique et quelquefois terreux.
Sa couleur est le noir brillant en masse, le noir de fer ou le gris d'acier; dans tous les cas, elle est d'un noir pur ou de charbon, lorsqu'on la réduit en poussière. Cette roche est fortement magnétique et quelquefois polaire.
Nous distinguons trois types principaux de magnétité, suivant qu'elle est ^raniiZaire, compacte ou terreuse. Parmi les variétés, il faut signaler tout spécialement dans ces
ROC
divers types des mag::étiles titanifèrcs, désignées souvent sous le nom de fer titane et des magnétiies chromifères appelées fer chromé.
La magnétite est un minerai de ferlrès important, surtout dans les régions où il abonde, comme celles du nord de l'aucien continent et quelques parties de l'Europe méridionale. Ce minerai appartient principalement aux roches d'origine ignée ou métamorphique. 11 forme des amas érupiifs d'une grande puissance au milieu des gneiss et des micaschistes, et surtout des roches amphiboliques , chloriteuses et serpentineuscs qui les accompagnent; ces amas forment quelquefois de véritables montagnes de fer magnétique, telles qu'au Taberz, en Suède, à Blagodat et à Kaschkana dans l'Oural.
Le traitement de la magnétite est fort simple et le fer produit est excellent. C'est avec ce minerai, provenant des mines de Suède et de Norvège, que les Anglais fabriquent leur acier si renommé.
Le fer titane est en général plus dur que le fer oxydulé ordinaire et offre une cassure plus vitreuse. Il est disséminé dans beaucoup de roches volcaniques et se présente sous la forme arénacée dans une foule de localités, et parfois en grande abonlance. Le sable dont il s'agit est par exemple commun dans le département de la Haute- Loire, aux environs du Puy en Vetay.
Les variétés chromifères (fer chromé) sont en général fort peu magnétiques et quelquefois même pas du tout. Les unes se rapportent au type compacte de la magnétite, les autres au type grenu. Elles sont exploitées comme minerai de chrome. Le fer "hromé présente les mêmes gisements que la magnétite pure.
Oligiste. — Dans le deuxième sous-groupe S'- placent, comme on l'a vu, les roches forniées de sesquioxyde de fer; on les désigne surtout sous les noms d'oligisle et d'/tématice. Ce sont des roches tantôt métalloïdes et brillantes, taniôt lilhoïdcs et ternes. La poussière est toujours rouge.
Ci«nq types principaux doivent être distingués ; ils correspondent aux structures cristalline, fibreuse, compacte, terreme et oolitfiique. Parmi les variétés il faut distinguer celles qui sont caractérisées par la
ROC
présence du quartz, du calcaire, du Ter oxydulé, du mica, de l'argile, etc.
Les types cristallin et compacte sont généralement des matières filonienncs.
Ainsi, dans la chaîne des Vosges, on les observe en Olons dans les terrains paléozoïques et dans le granité. Le gîte le plus célèbre est celui de Rio, dans l'île d'Elbe, où il constitue un amas énorme, une véritable montagne, logée dans les formations Iriasique et jurassique. Dans les Pyrénées et dans l'Isère, il est concomitant des minerais de fer carbonate. Le grès bigarré de Luiicl (Aveyrou) est cimenté par de l'oligiste.
Les types terreux et lithoïde se trouvent aussi en abondance dans les filons, par exemple à l'île d'Elbe, mais on les rencontre aussi en couches dans les terrains stratifiés. Ainsi, à la Voulte, dans l'Ardèche, on exploite une mine de fer en roche presque complètement composé d'hématite et qui forme un banc de plus de 2 mètres de puissance à la partie inférieure de l'étage oxfordien. Des minerais identiques se montrent dans le lias moyen (Veuzac), dans le liassuperieur(Villebois),àlabasederoolilhe inférieur (Ougney). Les terrains néocomiens dans les environs de Baux renferment des dépôts assez étendus de minerai de fer peroxyde. Enfin l'hématite doit êtrecitée comme principe colorant de la plupart des ^rès désignés sous les noms de grès rouges, ainsi que des argiles de même nuance.
L'oligisle est un des minerais de fer les plus riches et les plus importants à cause de la bonne qualité de fer qu'il fournit;rhématite donne aussi d'excellente fonte et l'on en fait encore la pierre à bruniravec laquelle se polissent les métaux. L'ocre rouge estua fer oxydé terreux souvent mêlé d'argile, qui fournit aux dessinateurs la sanguine qu'ils emploient comme crayon rouge.
11« Groupe. — Roches essentiellem formées d'oxYOE hydraté de fer. |
On les désigne d'ordinaire sous le nom de Umonile.
La limonite est une roche brune ou noire à rayure jaune ; elle constitue la plupart des minerais de fer des terrains de sédiment.
A notre point de vue, elle forme trois types principaux suivant qu'elle est com ■
ROC
pade, globaire ou lerreme. Les variétés les plus importantes sont caractérisées par la présence de l'argile et du quartz.
Elle appartient à des gisemenis fortdiCférents qui eut été pour M. Dufrénoy l'objet d'études spéciales.
Les variétés compactes, désignées souvent sous le nom d'hématites brunes, forment des filons puissants dans les terrains primordiaux, leslerrainspaiéozoïques et les terrains secondaires : ils remontent jusque dans les étages tertiaires.
La limonite globaire, comprenant les roches reniformes. pisolithiqurs et oolithiques, est abondante dans les terrains secondaires et tertiaires. Les minerais dits en grains sont tantôt libres, tantôt disséminés dans l'argile, dont ils se détachent par la simple dessiccation, tantôt reliés par une pâte de calcaire argiio-ferrugineux. Quand les grains sont très petits, le minerai est dit oolilhique : de pareils minerais se trouvent à divers niveaux géologiques, tels que le lias moyen, le lias supérieur, l'oolithe inférieure, la formation néoconiienue. Enfin certaines variétés terreuses dites minerais de marais sont d'origine moderne et appartiennent soit aux terrains tertiaires supérieurs, soit aux terrains d'alluvion.
Dans un mémoire qui, en 1845, a été honoré d'une médaille d'or par la Société hollandaisedes sciences de Harlem, M. Daubrée analyse et éciaircit les réactions superficielles qui provoquent journellement la dissolution de l'oxyde de fer, renfermé dans la terre végétale et dans les matériaux meubles de la surface des continents. Le fer, sous l'inQuence d'agents réducteurs qui le ramènent préalablement de l'état de peroxyde à celui de protoxyde, est dissout par l'acide carbonique et certains acides organiques qui se forment dans la décomposition des végétaux. Après un suintement plus ou moins prolongé, les filets d'eau dans lesquels le fer est dissous laissent ce métal se précipiter par suite de sou retour à l'état de peroxyde. C'est ainsi que se produisent les nombreuses sécrétions ferrugineuses que nous trouvons partout, jusque dans les alluvious contemporaines. Il faut remarquer aussi que par ces alternatives de réduction et d'oxydation, et par la formation de l'acide carbonique et de l'am-
moniaque qui en sont la conséquence, le fer disséminé dans les roches parait jouer un rôle dans la nutrition des plantes.
Les usages de la limonite, à part son emploi comme minerai de fer, sont peu nombreux, La roche qui nous occupe sert surtout comme matière colorante jaune.
12^ Groupe. — Boches essentiellement foi" mées d'oxYDE anhïdre de manganèse.
Pour nous, c'est la pyrolusite qui est tantôt compac/eet tantôt <er»ewse,c"est-à-dire qui peut appartenir à deux types différents. La pyrolusite est une matière à éclat métalloïde d'un gris d'acier ou d'un noir de fer. La poussière est noire. Parmi les variétés, il faut surtout mentionner celle qui est caractérisée par la présence de la baryte et qu'on désigne sous le nom de psilomélane.
On trouve la pyrolusite dans les terrains de sédiment qui avoisinent les roches cristallines, et particulièrement dans ceux qui ont été modifiés par ce contact, comme les terrains d'arkose. Elle forme dans ces terrains des amas irréguliers, quelquefois considérables, dirigés tantôt dans le sens de la stratification, tantôt transversalement. Souvent le rainerai imprègne tout le terrain, comme ferait une matière colorante que les eaux auraient dissoute et qui s'y serait infiltrée postérieurement. Les diverses circonstances qui accompagnent ces dépôts munganésiens ne permettent pas de douter que leur formation ne soit due à des sources minérales.
On emploie la pyrolnsite à divers usages. D'abord elle sert à la fabrication du chlore au moyen de l'acide chlorliydrique; eu second lieu, on en retire de l'oxygène en la soumettant à l'action de la chaleur ; enfin elle sert pour décolorer le verre dans les verreries.
13* Groupe. — Roches essentiellement formées rt'OXVDE HYDRATÉ DE MANGANÈSE.
L'acevilèse, appelée aussi manganiie, comprend deux types principaux stiivant qu'elle est coin/jac<e ou terreuse.
C'est une substance dont l'éclat est imparfaitement métallique. Elle est d'un brun foucé, passant au gris ou au noir de
fer quelquefois très brillaut. Sa poussière est brune, ce qui permei toujours de la distinguer de la pyrolusite.
L'acerdèse accompagne souvent la pyrolusite et forme des gîtes assez considérables dans les terrains de crislallisalion ou dans les terrains de sédiment qui en sont voisins. Elle se trouve souvent eu association avec les dépôts d'hémaliie. Ou la rencontre jusque dans les terrains des environs de Paris disséminée dans les gypses, les calcaires et les grès.
14* Groupe. — Roches e^sentiellemenl formées d'oXYDE ANUYDRE DE SILICIUM OU SILICE.
Ces roches connues sous les noms de quart?, silex, grès quartzeux, quartzite, etc., se rapportent pour nous à cinq types suivant qu'elles ont une structure cristalline, compacte, brechiforme, agrégée-granulmre ou afjrégre-schislo'ide. Elles forment des terrains entiers et jouent par conséquent dans la nature un rôle très considérable.
Les variétés sur lesquelles il nous est impossible de nous arrêter sont très nombreuses. Le gisement est très variable et l'origine est aussi très diverse pour les différents types. Sous ces deux rapports, il faut distinguer ce qui se rapporte : l°au quartz éruptif; 2° au silex; 3" au grès, 4° au quiirtzitc.
Les quartz en roche sont principalement abondants au milieu des roches granitiques, ainsi que dans les formations de schistes cristallins, qu'elles traversent dans tous les sens sous forme de flloiis; aussi, aux environs des Campaux, au sud de la ville de Saint-Tropez (Var), on observe l'intercalation du quartz éruptif au milieu des micaschistes. Le quartz constitue aussi une des gangues les plus abondantes des filons métallifères et offre dans cette position ces superbes groupes de cristaux qui font l'ornement des cabinets de minéralogie. On peut citer pareillement comme masses éruptives les filons énormes de quartz qu'on observe dans les environs de Pereta et de Montirlo en Toscane, et qui servent de gangue à du sulfure d'antimoine. Ces masses oui disloqué violemment les couches tertiaires nummulitiques à travers lesquelles elles se sont iubiuuées, H livré passage à des gaz volcaui-
ROC
ques qui ont donné naissance sur plusieurs points à des solfatares. Au nord de la Bresse, dans la vallée de la Moselle, on observe au milieu du granité des filons puissants, ramifiés de qunrtz an milieu duquel sont empâtés des fragments anguleux de granité arrachés à leur gisement au moment de la sortie de ces quartz éruptifs.
Le silex pyromaquese trouve en couche»
interrompues ou en rognons plus ou moins volumineux dans tons les dépôts sédimentaires; il est abondant surtout dans les divers étages du terrain jurassique (lias moyen), Alloue (Charente); à la base de l'oxfordien, dans le Jura où il est désigné sous le nom de chailles; dans l'étage du grès vert et de la craie blanche (Champagne, Normandie, environs de Paris) ainsi que dans les terrains tertiaires. Dans ces divers gisements, les silex renferment ou remplacent fréquemment des débris organiques, des coquilles, des madrépores, des bois, etc.
Les silex meuliers forment des masses et des amas au milieu des couches argileuses et dans les couches calcaires des terrains tertiaires. Elles sont comme cariées intérieurement, et leurs cavités sont tantôt vides, tantôt remplies d'une argile dure. La cassure varie avec le rapprochement des cellules. Lorsqu'elles sont un peu éloignées et que la meulière présente par conséquent des pleins, la cassure est unie et conchoïdale; dans le cas le plus ordinaire, elle est cornée. Ce dernier cas est Surtout fréquent dans les terrains tertiaires. Le bassin de Paris offre des meulières à deux étages distincts : le premier, associé au calcaire d'eau î douce de la Brie, constitue des couches irrcgulières sous forme d'amas au-dessus du terrain gypseux; le second, constitue des masses irrégulières qui ont généralement peu de suite et sont associées à une argile grossière qui constitue l'assisesupérieure des terrains tertiaires parisiens.
Les grès auxquels doivent être rattachés les poudingues et les sables sont formés aux dépens de roches qnartzeuses plus anciennes, détruites soit par les révolutions que le globe a éprouvées, soit par les causes qui agissent tous les jours. Cette origine coftiniuneexplique la ressemblance de toutes les roches arénacées qui nous occupent : ou en trouve de presque identiques entre elles
ROC
dans des terrains d âges géologiques très éloignés. D'un autre côté, les grès étant formés de débris de roches très diverses, on rencontre quelquefois, dans la même formiition, des grès dont les caractères extérieurs, dus à la présence de minéraux accidentels, sont très variables.
Les qu.irtzites ne sont autre chose que des grès métamorphiques composés de quartz grenu , de couleur généralement firisâlre, compactes et à cassure cireuse. Quelquefois la fusion des grains de quartz dont ils sont formés est tellement intime, que toute trace d'origine mécanique est effacée; on supposerait alors que les éléments de la roche ont été tenus primitivement en dissoluiion dans un liquide; mais avec quelque attention, il est facile de trouver des grains de quartz roulés, et de constater les passngcs de variétés à texture grenue à de véritables grès. Les quarlzites abondent dans les terrains pak'ozoïques,aux environs de Cherbourg, dans le m.issif des Ardenncs, aux États Unis. Ils sont également très communs dans les Alpes, où ils font partie de la formation ajlhracifère.
Les usages des roches de notre quatorzième groupe sont extrêmement nombreux. Avant l'application des poudres fulminantes, les silex pyromaques étaient d'un emploi très important pourla fabrication des pierres à fusil. Les silex roulés que l'on rencontre dans les terrains tertiaires et dans les alluvions sont recherchés à cause de leur dureté pour l'empierrement des routes. Le silex meulier sert à la confection de meules de moulin, le rapport des pleins et des vides est ce qui constitue une bonne pierre meuliùre. Il est nécessaire que les cavités soient nombreuses, mais peu étendues, pour que le grain puisse subir l'action de la meule. ).o variété de meulière de Brie, connue tpécialement sous le nom de meulière sans vuquUle, forme les meules si estimées de Il Ferté-sous-Jouarre et de Montmirail, qui Texporient dans presque toute l'Europe et même aux États-Unis. Les meules coquilières des environs de Paris (Meudon, Montmorency) fournissent des produits eirlusivement destinés aux constructions. Les grès sont beaucoup moins employés dans l'architecture que les pierres calcaires. Cepeudaot il eo est de plusieurs sortes qui
ROC
présentent assez de solidité et dont on se sert avec succès dans plusieurs contrées. Strasbourg est construit en grès vosgien; les palais les plus remarquables de P'iorence, ainsi que les dalles dont les rues de cette villeetdeLivournesontpavéeSjOnt emprunté leurs matériaux au grès nummulitique. Le irès de Fontainebleau fournit d'excellents pavés ainsi que le grès de Beauchamp; beaucoup de meules à moudre le grain sont formées avec les poudingues. Certains gr(3s fins servent à la fabrication de pierres à aiguiser. Les verreries font un très grand usage de sable blanc comme matière première,
15^ Groupe. — Roches essentiellement formées d'oxYDE hydraté de silicium.
Nous distinguons quatre types parmi les roches formées de silice hydratée. Les unes, en effet, sont compactes (Opale commune); les autres sont tufacées (Geyserite); d'autres sont zoogènes (Ti ipoli), et les dernières terreuses (G aise).
L'opale commune, dont fait partie la ménilite, constitue des rognons, des veines ou des plaques dans les porphyres argileux, et dans les argiles de terrains lertiaireset aussi dans les filons métallifères ; ses couleurs sont le jaune, le brun, le bleu, le rouge et le gris.
La geyserite, ou tuf siliceux, se présente en incrustations schisteuses autour des sources siliceuses de l'Islande. Elle se montre en masses concrétionnées d'un blanc grisâtre ou légèrement rougeâtre. Sa structure est cellulaire et testacée. Elle empâte fréquemment des pliintes à la manière des incrustations calcaires ; le Muséum possède un gant d'Islandais complètement incrusté de geyserite.
Les iripolis constituent des couches à structure schisteuse, mate et terreuse. Ces couches sont le résultat du dépôt de particules siliceuses presque impalpables, qui sont réunies en feuillets minces par la seule force d'adhésion favorisée par la compression. Chaque grain est dû, d'après Ehrenberg, à une dépouille d'infusoire. Les tripolis de Bilin, en Bohême, de Batras, de Creysseille et du mont Charray dans l'Ardèche, sont des exemples classiques de cette roche. Non loin d'Oberohe, dans le bail-
ROG
lagc hanovricii d'Ebsdoriï, on a cité deux couches de silice pulvérulente, parfaitement blanche ou grise, dont la puissance dépasse 9 mètres et qui sont exclusivement formées de dépouilles d'infusoires. Il en est de mêm:; de la farine fossile si'^na\ée pur M. Fournet, à Ceyssatet àriandan, dans le département du Puy-de-Dôme, et qui est composée d'infusoires d'eau douce vivants encore aujourd'hui. Aussi M. Fourqct a-t-il reconnu que la production de Ceyssat date de l'époque actuelle, et c'est la njême conclusion à laquelle est arrivé Éhreiiberg pour les farines d'Bbsdorff, qui sont en ce moment même en voie de formation.
La gaise, ou silice terreuse, dilTère du tripoli en ce qu'elle ne doit pas son origine à des animaux, et par conséquent à ce que sa structure n'est pas zoogène. Elle est le produit d'une précipit;ition chimique ou d'une torréfaction naturelle subie par dts argiles. La décomposition des silex de divers étages jurassiques, crétacés et tertiaires, donne naissance à une silice impalpable qui polit très bien les métaux. C'est à cette sorte que s'applique spécialement le nom de gaise, usité dans les Ardeunes.
16* Groupe. — Roches essentiellement formées
d OXYDE HYDRATÉ D'ALUMINIUU OU HYDRATE
d'aluuine.
L'hydrate d'alunune, dont Berthier a signalé l'existence depuis 1821 aux Baux, près de Tarascon(Bouches-de-Rhôue),elqui a reçu en conséquence le nom de Bauxite, est maintenant exploité pour la fabrication de l'aluminate de soude et pour celle de l'aluminium. Loin de ne former qu'un accident restreint, la bauxite constitue dans cette région de la France des gîtes isolés, mais assez nombreux et enchâssés dans le terrain crétacé. Ces gîtes sont alignés suivant une zone qui s'étend de Tarascon jusqu'à Antibes, sur plus de loO kilomètres de longueur. En outre, on a rencontré la bauxite au Sénégal et en Calabre; pins récemment elle a été découverte eu Irlande, aux environs d'Autrim, ainsi qu'en Autriche, à Vorheiia, où les gîtes se trouvent sur la limite des terrains Iriasiquc et jlurassiquc.
La bauxite est tantôt compacie, tantôt T. XU.
KOG
oolithique ; elle comprend par conséquent deux types distincts. Parmi ses variétés, il faut mentionner celles qui sont dues à la présence de la limonite.
4* Série. — Chloi-urcs.
17* Groupe. — Roches essentiellement formées de chlorure de sodium.
Le «e/g'emme se divise en trois types suivant (]u'il est saccharoïde, fibreux ou compacte. C'est une matière incolore et limpide à l'état de pureté, mais qui peut présenter des nuances très variées, par suite de mélanges accidentels.
Les substances accidentelles principales qui peuvent caractériser des variétés sont le brome, le soufre, le gypse, la polyhalite, la glaubérite, la boracite, l'argile, l'hématite, le bitume, le lignite et diverses substances colorantes qui s'évanouissent sous l'action de la chaleur, et dont la nature n'est pas complètement connue.
Le sel gemme se présente en dépôts plus ou moins considérables dans le sein de la terre et en solution dans certaines sources etdans les eaux des mer.-;. Les dépôts salifères soDt enclavés dans les terrains sédimentaires de toutes les époques : 1" dans l'étage silurien supérieurdu Canada ; 2° dans le terrain permien de l'Angleterre, etc. ; 3" dans le rauscheikalk du Wurtemberg, etc. ; 4" dans les marnes irisées oîi sont les dépôts les plus , nombreux et les plus importants; 5° dans le terrain jurassique de Salzbourg; 6' dans le terrain crétacé de la province de Constautine ; 7" dans les terrains tertiaires de la Pologne, etc.
On n'est pas fixé sur l'origine du sel gemme; ce qui est probable, c'est qu'il résulte de l'évaporation d'eaux marines préalablement isolées. On trouve, en effet, dans les dépôts de sel les mêmes matières que dans la mer, savoir : des chlorures de magnésium et de potassium, de la doloniie et du gypse. On y observe aussi le bitume avec une fréquence bien remarciuable.
L'usage qu'on fait du sel pour assaisonner les aliments est universel. Il est par cela même l'objet d'une consommation et d'un commerce immenses dans toutes les parties du monde. C'est au moyen du sel
UOG
ROC
qu'on prépare, comme on le sait, l'acide chlorhydrique et le chlore, ainsi que le carbonate de soude employés dans les verreries, les savonneries, etc. On s'en sert comme fondant dans quelques opérations métallurgiques.
18* Groupe. — Roches essentiellement formées
deCHLORURli DE POTASSIUM ET DE MAGNÉSlliM.
Ces roches sont désignées sous le nom de carnallite. La carnallite, jusque-là considérée comme un simple minéral, a été récemment découverte en quantité très considérable à Stassfurt, en Prusse, où elle forme une couche de plus de 30 mètresd'épaisseur.
Nous la laissons jusqu'à nouvel ordre dans un type unique. Son origine est évidemment la même que celle du sel gemme, auquel elle est associée.
En 1866 le gîte de Stassfurt a produit 150 000 tonnes de carnallite, dont l'effet immédiat a été de faire considérablement baisser le prix des sels de potasse. L'importance agricole et industrielle des sels de potasse a dans ces derniers temps engagé à les rechercher dans d'autres gisements de sergemme,et on lésa trouvés tout récemment à Maman, en Perse.
5« Série.
Fluorures.
19* Groupe. — Roches essentiellement formées de flcorure de calcium.
La fluorine, qui est la seule roche de ce groupe, appartient à un type unique, mais comprend plusieurs variétés.
C'est, comme on le sait, une roche souvent transparente, colorée de manières diverses par des substances organiques jusqu'ici mal connues. Les variétés principales sont dues à la présence du bitume, du quartz et de l'argile.
La fluorine fait partie des matières pierreuses qui, dans les filons métallifères, servent de gangue aux minerais et particulièrement à ceux d'oxyde d'étain et de sulfure de plomb. Ou la trouve aussi, disséminée en petites veines, dans les terrains de cristallisation, soit massifs, soit schisteux ou métamorpliiques, et même dans les terrains de sédiment secondaires ou tertiaires qui ont été traversés par des filons ou par des sources minérales.
On exploite la fluorine lorsqu'elle se tronve eu masses cousidérables, soit en général, comme fondant, soit comme rainerai de fluor et d'acide fluorhydrique. Qnand elle eut belle, on ru fabrique des vases et des objets d'ornements d'un bel efl''.'t et d'uQ prix très élevé.
6* Série.
Silicates.
20* Groupe. — Roches essentiellement formées de SILICATE DOUBLE d'ALUMINE ET DE PROTOXYDE.
Les roches de notre vingtième groupe seul extrêmement nombreuses; elles se rapportent à quatre sous-groupes caractérisés de la manière la plus nette par leur composition quantitative.
Pour exprimer cette composition quantitative d'une manière commode, nous recourrons à une méthode souvent employée par les minéralogistes, et qui consiste à représenter par des nombres simples les quantités d'oxygène renfermées dans le silice, dans l'alumine et dans le protoxyde : les trois chiffres dont il s'agit, calculés de façon à être aussi petits que possible, donnent ce qu'on peut appeler, pour abréger, le rapport atomique du sous-groupe considéré. Dans notre vingtième groupe , nous avons :
1" Des roches dans lesquelles les quantités d'oxygène, de la silice, de l'alumine et du protoxyde sont entre elles comme les trois nombres 2 : 1 : 1. Le minéral qui les constitue est le grenat, et on les nomme Gretites.
2^ Des roches dans lesquelles le rapport atomique est exprimé par les nombres 3 : 2 : l. On les nomme épidotites, l'épidolite étant leur minéral essentiel.
3° Les roches caractérisées par le rapport 12 : 3 : 1. Le minéral qui les constitue est connu sous le nom d'orthose.
4° Enfin des roches qui sont caractérisées par les nombres 6 : 3 : 1. Ou les appelle labradoriie, le minéral constituant étant le labrador.
Grenaiite. — Nous répartirons les roches de grenat en deux types, suivant qu'elles sont grenues oa compactes.
La greuatite est une roche pesante, qui vient par petites couches dans les terrains de
ROC
ROC
cristallisation, notamment dans les gneiss et dans les micaschistes. I,es principales variétés, d'ailleurs fort nombreuses, sont caractérisées par la présence de l'épidote, de l'idocrase, du quartz, du calcaire, du talc, du mii'a, du pyroxène, du feldspath, etc.
Epidotile. — Les épidotites sont tantôt grenues et tantôt compactes. Ce sont des roches stratiformes, généralement d'un vert de pistache, qui forment des lits assez minces et quelquefois des rognons dans les terrains primitifs stratifiés.
Les principales variétés sont dues à la présence de l'amphibole, du grenat, du quartz, du calcaire, du talc, du feldspath, etc. Orthose. — Les roches du iroisième sousgroupe, c'est-à dire celles qui sont essentiellement formées d'ori/tose, ont reçu des noms très variés, parmi lesquels il faut particulièrement citer ceux de : pétrosilex, eurite, porphyrite, argilophyre, stigmite, leptyoite, trachyte, ponce, pumite, domite, rétinite, obsidienne.
Nous les divisons, d'après leur structure, en neuf groupes [irincipaux qui sont : 1° le type de l'orthose massif, comprenant la plupart des eurites et des pétrosilex; 2° le type de l'orthose porphyroïih, comprenant la porphyrite ou porphyre feliispathique non quarlzifèrc et l'argilophyre; 3° le type de l'orthose noduleux^ qui comprend les stigmites; 4° le type de l'orthose gfrewu, formé des variétés les plus pures de leptynite; 5° le type de l'orthose poreux ou trachy tique, correspondant au trachyte ordinaire; 6° le type de l'orthose ponceux, comprenant les ponces et les pumites; 7° le type de l'orthose lerreux, renfermant la domite; 8° le type de l'orthose subvitreux, correspondant an rétinite ; et 9° le type de l'orthose vUreux, qui comprend les obsidiennes.
L'eurite,ou pétrosilex, a généralement la cassure translucide sur les bords, esquilleuse et souvent conchoïdale. El le est toujours plus ou moins fusible au chalumeau en un émail blanc (parfois pointillé de noir ou de vert), ce qui perniet, de la distinguer facilement du plitanite ou du quartzite compacte avec lesquels on pourrait quelquefois la confondre, mais qui sont infusibîes. Les teintes variées que présente le pétrosilex dépendent, soit de celle du feldspath lui-même, soit de celle des éléments accidentels qui y lont
associés. Cette roche ne (irésente aucune cavité huileuse ou celluleuse et n'est par conséquent jamais amygdaloïde. Sa densité varie de 2,.*i9 à 3.
Le type de la porphyrite, ou porphyre non quartzifère, est fourni par le porphyre rouge antique. Cette roche est remarquable par la présence fréquente, mais accidentelle, de l'amphibole en cristaux peu distincts. Elle forme ordinairement des enclaves transversaux, des dykes et des filons, soit dans la pegmalite, soit dans les étages cambrien, silurien, dévonien et carbonifère; mais, en Egypte, les épancheraents de cette roche semblent se rapporter à des époques plus récentes. La porphyrite est employée comme pierre de décoration. Les anciens en ont fait un grand usage pour une foule d'objets, tels que caves sépulcrales, baignoires, tables, socles, colonnes, statues, etc., dont une partie orne aujourd'hui nos musées.
L'argilophyre ne diffère de la roche précédente que par une contexture poreuse, due, suivant quelques lithologistes, à ce que la pâte s'est refroidie et consolidée très rapidement sous une faible pression. Cette roche présente souvent des cavités parfois amygdalaires et alors tapissées de matières siliceuses ; sa densité moyenne est égale à 2,9; sa couleur varie du grisâtre au jaunâtre, au brunâtre, au violâtre, au rougeâtre, etc.
La couleur du leptynite est généralement blanchâtre, grisâtre ou jaunâtre; cependant une variété, provenant de l'île de Ceyian, offre une teinte verdâtre, mais cette couleur disparaît au premier coup de chalumeau, et tous les leplynites fondent en émail blanc. Cette roche se présente en assises plus ou moins stratiformes qui constituent diverses alternances et de puissantes couches toujours subordonnées, soit à l'étage des gneiss, soit à l'étage des micaschistes. Une des variétés les plus fréquentes est celle que caractérise la présence du grenat.
Le trachyte est une roche presque entièrement composée de feldspath vitreux en grains microscopiques enchevêtrés, laissant des vides entre eux, et au milieu desquels sont souvent disséminés des cristaux discernables de la même nature. Le trachyte est très poreux, souvent cellulaire, a surface toujours âpre et rude au toucher. 11 fond au chalumeau, en verre blanc piqueté de points noirâtres
ROC
réss'.ltnnt, soit du for titane^, soit de l'amphibole, qui sont 1res fréquents. La couleur de cette roclicest ordinairement blanchâtre, grisâtre ou d'un gris jaunâtre; il est rare que la teinte snit brunâtre ou rougeâtre; cette dernière couleur est due à la présence d'une petite quantité de fer.
Tout le monde connaît la ponce, remarquable par sa structure légère, spongieuse et boursouflée. Cette roche est fibreuse ou filamenteuse, rude au touclier, assez dure pour rayer le verre et l'acier. Sa densité varie de 2,2 â 2,5; elle fond au chalumeau en nu émail blanchâtre. Sa texture cellulaire la rend communément si iég-ire, que souvent elle flotte sur l'eau. Sa couleur, ordinairement grisâtre ou blanchâtre, est quelquefoisjaunâlre, brunâtre, ou noirâtre. Son aspect, fréquemment soyeux et comme filé, est un effet de la force de projection qui a ét.ré la matière au sortir du centre d'éruption. Parfois la ponce se montre à l'état stratiforme, à la surface de quelques courants d'obsidienne; mais presque toujours elle est à l'état lapillaire, c'est-à-dire qu'elle résulte du refroidissement dans l'air, et de la consolidation, par petits fragments, des matières tracbytiques incandescentes, projetées par les volcans, et qui sont retombées sur le sol, où elles forment des couches incohérentes, mêlées de cendres volcaniques. Ces couches appartiennent à l'époque actuelle. A raison de sa dureté, de la finesse de son grain et de l'absence habituelle de cristaux, la ponce lapillaire est employée dans l'industrie à divers usages : réduite en poudre et délayée dans Peau, elle sert à polir le bois, l'ivoire, quelques pierres, et jusqu'à des métaux; à l'étal de pierre, elle sert à polir la surface des peaux, des parchemins et de beaucoup d'autres objets.
Le rétinite devrait peut-être se rangerdans le groupe suivant, à cause de la petite quantité d'eau qu'il paraît renfermer d'une manière normale. La présence de cette eau fait que, sous l'action du chalumeau, la roche décrépite, puis fond en une fritte spongieuse, ^ ou en un émail blanchâtre boursouflé, qui prend un volume trois à quatre fois et même souvent dix à douze fois plus considérable que celui du petit débris essayé. Les teintes sont blanchâtres, grisâtres, jaunâtresj brunâtres, vcrdâtres, et quelquefois
ROC
noirâtres. A la structure près, le stigmite a les plus grandes analogies avec le rétinite. F.nfiu, l'obsidienne est une roche parfaite» ment compacte, fondant toujours au chalumeau, sans boursouflement, en verre blanchâtre, lors même qu'elle est d'un noir f((ncé. C'est un verre naturel plus ou moins translucide, quelquefois opaque, rayant le verre; sa couleur, ordinairement noirâtre, est parfois grisâtre ou jaunâtre. Elle on"re une cassure largement couchoïdale. Elle constitue de grandes assises, des courants, ou des couches dans les terrains volcaniques, tertiaires ou actuels.
Les gisements de ces diverses roches sont trop variés pour que nous puissions entrer dans le détail de leur énumératlon. Disons seulement que l'orthose se trouve, soit en filons, soit en masses énormes dans les terrains porphyriques, soit en coulées dans les terrains volcaniques.
Ses usages sont nombreux et se rapportent surtout aux applications diverses des pierres dures dans les con«truciions et dans le dallage. Certains Irachytes sont employés, en outre, comme pierres meulières, et l'obsidienne peut être travaillée en objets d'ornement.
Labrador. — Notre dernier sous-groupe comprend les roches dont le feldspath constituant est le labrador. Nous y distinguons trois types suivant que la roche est grenue (labradorite, harmophanite^,compac/e(saussurite) ou scoriaciic (léphrine, en partie).
Les roches du premier type forment de petits enclaves transversaux, ou de grands filonsdykes, dans les terrains primitifs stratifiés, ou dans les épanchenients granitiques. Leurs variétés sont surtout caractérisées par la présence du quartz, de la tourmaline, de la pinite, du mica, etc.
La saussurite, appelée aussi jade, est une roche grasse et luisante, les fragments minces sont fortement translucides ; la couleur est généralement le blanc laiteux, le blanc jaunâtre, ou le gris. Cette roche se trouve en Corse, à la Nouvelle-Zélande, en Chine, dans les Indes, sous forme de rognons ou de très petites couches, dans l'étage des talcschiste:;.
Enfin, beaucoup de téphrincs doivent être citées ici comme formées de labrador scoriacé renfermant à peine des traces de py-
ROC
ROC
roîftne. Ce sont dos roches essentiellement volcaniques, quelquefois difficiles à distinguer des trachyles.
21* Groupe. — Hoches essentieUemenl formées de SILICATE HYDRATÉ D'AI.UMINE ET DE PROTOXYDE.
La cousidération tirée de la composition quantitative qui nous a conduit à créer des sous-groupes parmi les roches précédentes, doit nous porter à répartir les masses qui nous occupent maintenanteu deux catégories, caractérisées par les quatre nombres qui indiquent les quantités d'oxygène existant dans la silice, l'alumine, le protoxyde et l'eau.
Ces quatre nombres peuvent :
1*' Être 2. i. 4. 4. Dans ce cas, la roche porte le nom de chamoisile.
2" Être 6. 2. 5. 1 (environ) et alors la roche est appelée glauconile.
Chamoisile. — Les roches désignées sous le nom de chamoisite sont noirâtres ou d'un gris verdàlre; nous les répartirons en deux types, d'après leur structure, qui peut être compacte ou globuleuse.
Les variétés calcaire, magnésifère, quartzeuse et argileuse doivent être spécialement citées.
La chamoisile a été découverte à Chamoison, dans le bas Valais, et retrouvée dans les départements des Côtes-du-Nord, de Maine-et-Loire, etc. C'est dans le terrain de transition qu'on la rencontre.
On emploie la chamoisite comme minerai d8 fer, bien qu'elle ne donne en général, que 20 pour 100 de fonte, en moyenne.
Glauconile. — La glauconite se rencontre en rognons ou en enduits, dans les roches amygdalaires des terrains trappéens, ou en grains disséminés quelquefois avec profusion, dans les sables et les calcaires des parties inférieures du sol crétacé et du sol tertiaire. A ce sous-groupe se rapportent les terres vertes de Chypre et de Vérone, dont la dernière est employée en ipeinture sous le nom de baldogée.
'22® Groupe. — Roches essentiellcmenl for- ' mées de fldosiucate d'alumine et de