‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 47 sur 173 · PROTOXYDE · texte numérisé non relu

PROTOXYDE

Le mica en roche est peu abondant, et formé seulement de petits amas stratifiés,

ou des couches peu étendues dans l'étnge des miraschistos. C'est, une roche toujours schistoïde, dont les principales variétés sont caractérisées par la présence du feldspath, de Iq tourmaline, du coridon, etc.

23* Groupe. — Roches cssentiellemenl formées de silicate d'alumine hydraté.

L'analyse quantitative conduit à établir quatre sous -groupes parmi ces roches. Ce sont les sous-groupes du phyllade, du schisls de Vargile et de Vargilite.

Phyllade. — Le phyllade est une roche schistoïde de couleur très variable, que nous laissons sans subdivisions de type, et qui comprend diverses variétés dues à la présence de l'anthracite, du calcaire, du quartz, etc.

Cette roche est très commune dans la nature et appartient à divers étages. Les phyU lades constituent des assises puissantes, e se trouvent: \° dans les terrains cambrien et silurien où ils succèdent en stratification concordante aux terrains talqueux primitifs, comme à Deville et à Fuinay, dans les Ardennés, ainsi qu'à Angers (Maine-et-Loire)- 2° dans les terrains anthraxifères alpins, oùiis sont fréquemment calcarifères, commu à Briançon (Hautes-Alpes) ; Césanne et le mont Genèvre ; les environs de Servoz dans la vallée de l'Arve, en Savoie ; le Val de Tigncs, etc. 3° enfin dans les terrains nummuiitiques, comme à Claris en Suisse.

Parmi les usages des phyllades, rappelons que ces roches servent à couvrir les édifices, à faire des dalles, des table», des planches à écrire (ardoises), etc. Les meilleures ardoises de France sont peut-être celles d'Angers, à raison de leur structure très flne, régulièrement schistoïde, et de leur grande durée; aussi, leur extraction s'élève-t-ello annuellement à une valeur d'environ 2 millions. Les ardoises de Fumay sont aussi très estimées.

Schiste. — Le schiste, appelé aussi schiste argileux, et comprenant la novaculite et la lérénite, est une roche d'apparence analogue au phyllade, mais qui s'en distingue facilement à ce caractère qu'il perd sa cohérence par l'exposition aux influences météoriques et se transforme en argile, c'est-à-dire en une terre faisant pûte avec l'eau. Cette roche

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forme des couches à texture schisfoïde, à feuillets rommunément droits, non suscep libles d'uno division indéfinie, mais donnant souvent d(» petits |)0lyèdrps terminés par des faces qui ne présentent aucun indice de division ultérieure. Elle e^t ordinairement tendre; ses variétés siliceuses passant au jaspe sont plus dures. Parmi les variétés, il faut citer celles qui sont caractérisées par le mica, l'oligiste, la limnnite, l'anthracite, le bitume, l'andalousitc.

C'est dans les terrains anciens et particulièrement dans les couches siluriennes qu'on rencontre les schistes.

Certains schistes très fins sont désignés sous le nom de novaculite et sont très recherchés comme excellentes pierres à aiguiser les rasoirs, les lancettes, les canifs, etc. Au Canada il en existe une variété (pierre à calumet) remarquable par sa couleur rouge uniforme, due à du peroxyde de fer, et qui est très employée par les Indiens pour la fabrication de leurs pipes et de divers autres objets.

Argile. — Notre troisième sous-?roupe, celui des argiles, peut êtr'^ divisé en trois types, savoir : 1° celui des roches terreuses etlâches (kaolin); 2» celui des roches terreuses et serrées (argiles plastique, snectique, cimolithe, etc.) ; et 3° celui des roches schistoïdes {kleb^chieffer des Allemands).

Le kaolin ou terre à porcelaine est une roche infusible, faisant difficilement pâle avec l'eau et happant légèrement à la langue. Il forme des amas ou des filons dont la couleur est ordinairement blanche et quelquefois jaunâtre, firisâtre, verdâtre ou rougeâtre. Il est employé, comme on sait, pour la fabrication delà porcelaine.

L'argile plastique fait avec l'eau une pâte tenace qui conserve les formes qu'on lui imprime, et qui, par l'action du feu, devient dure, fragile, rude au touclier, et perd la propriété de faire pâte avec l'eau. Elle forme des couches, des amas et des fiions. Ses couleurs sont le blanc, le grisâtre, le noirâtre, le brunâtre, le rougcâtre, le rosaire, le verdâtre, le bleuâtre, unies ou bigarrées. Parmi les variétés très nombreuses de l'argile, on peut citer celles qui sont dues à la i>résencc du mica, du charbon, du sel marin, de l'oxyde de fer, etc.

L'argile sert à la fabrication des poteries,

des briques, etc. Sous le nom de îmecfrtc, on se sert de certaines argiles pour dégraisser et donner le lustre aux draps et aui autres étoiles de laine (terre à foulon).

Enfin le hlebschieffer ou schiste happant, est une rociie schistoïde remarquable par la force ave:; laquelle elle happe à la langue et qui, lorsqu'elle est desséchée, absorbe l'eau avec sifflement. Son aspect est terne; sa couleur est le grisâtre passant au brunâtre ou au blanchâtre.

Argilile. — Enfiu l'argiliie est une rorho infusible, qui ue fait point pâte avec l'eau, et offre souvent la propriété de se rompre naturellement en très-petits fragments anguleux tendant à la forme cuboïde ou rhomboïdale irrégulière. Elle a ordinairement des couleurs assez vives ; grisâtre, verdâtre, violàtre, rougeâtre et quelquefois noirâtre.

Cette roche forme des couches dans diverses assises du sol sédimentaire, telles que les terrains dévonien, houiller, triasiqup, crétacé et même tertiaire. Elle peut, dans certains cas, servir comme pierre de construction.

24^ Groupe. — Roches essentiellement formées de silicate hydraté de magnésiiî.

Ces roches sont très nombreuses; nous les diviserons en quatre sous-groupes d'après les résultats de leur analyse quantitative, savoir: 1° le sous-groupe de \3i niagnésile; 2° le sous-groupe de la serpentine; .3° le sous-groupe du stéaschiste; et 4° le sousgroupe du chloriloschiste.

MagnésUe. — Le premier sous-groupe comprend la magnésite ou écume de mer.

Elle se rapporte à deux types principaux. C'est une roche compacte ou schisioMe^ opaque, terne et d'aspect terreux, de couleur blanche, grise, jaune ou rosàtre ; spongieuse, très légère quand elle est desséchée, et happant fortement à la langue; faisant difficilement pâte avec l'eau. Certaines variétés sont calcarifères, argilifères, etc.

La magnésite forme des couches dans les terrains lacustres tertiaires et divers autres terrains. C'est surtout sur les côtes de la Crimée et de l'Asie Mineure ainsi qu'à la Nouvelle-Galles du Sud que se trouvent les variétés les plus pures. On emploie l'écume

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de mer à fabriquer des pipes très estimées; les variétés moins pures servent à la préparation de la magnésie et de ses sels.

Serpentine. — Les serpenlines constituent notre deuxième sous-groupe. Elles se répartissent en quatre types principaux, suivant qu'elles sout compactes, schistoïdes, globulaires on bréchiformes.

Ce sont des roches tenaces, mais tendres. L.i couleur est souvent le vert foncé; d'autres fois le brunâtre, le noirâtre, le rougeâtre; ordinairement bigarrée et rarement unie.

Parmi les substances accidentelles qui caractérisent les principales variétés, il faut citer la diallage, le calcaire, le grenat, le quartz, la grammatite, le fer chromé, etc.

On trouve dans les montagnes granitiques de la Provence, des Vosges, delà Vendée et du Limousin, des dépôts circonscrits de serpentine, que M. Élie de Beaumont considère comme postérieurs au terrain triasiqueet antérieurs au terrain jurassique. La Ligurie, la Toscane, la Corse et les Alpes du Dauphiné sont, en Europi% la patrie par excellence des roches serpentineuses. En Toscane, la serpentine associée à l'euphotide et au mélaphyre forme un système considérable, dont l'histoire géologique, suivant la très juste remarque de M.Coquand, est absolument indivisible. Les montagnes formées par ce système sont de moyenne hauteur et ressemblent à des coupoles dont la base est généralement associée à des couches appartenant à l'étage nummuiitique.

Il est incontestable que les serpentines sont postérieures au terrain tertiaire éorène, car non-seulement on voit celui-ci traversé par les serpentines, sous forme de dykes et de ûlons, mais encore les modifications énergiques qu'il a subies à leur contact en fournissent une preuve tout aussi convaincante.

La serpentine, notamment celle qui appartient au type pseudo-fragmentaire, est exploitée sur une grande échelle pour la marbrerie de luxe. On l'emploie à la confection d'une foule d'objets d'art, tels que vases, socles, pendules, encriers, colonnettes, etc., et elle est d'autant plus propre à ces usages qu'elle se rapproche davantage du véritable ophicalce. Les variétés talquiuses sont appliquées dans quelques

pays, comme pierres ollaires, à la confectioa (le poêle et de fourneaux, et l'on en fait aussi quelquefois des vases réfraciaires.

Stéaschisle. — Notre troisième sousgroupe comprend le stèaschiste. (ù'est une roche qui forme des couches à texture schisteuse plus ou moins compacte, grenue, porphyroïde ou amygadaloïde. Elle est quelquefois douce et onctueuse au toucher; souvent rude, propriété qui paraît due aux matières accidentelles. Son éclat est ordinairement luisant , ses couleurs sont souvent le vert, quelquefois le grisâtre, le jaunâtre, le rougeâtre, le brunâtre, etc. Comme variétés principales, on peut citer celles qui sont dues à la présence du quartz, du feldspath, du grenat, du calcaire, etc.

Les stéaschistes sont associés avec le»

micaschistes et les schistes cristallins. Ils se lient d'une manière insensible aux talcschistes qui sont essentiellement formés de talc et de quartz, par les variétés quartzeuses qui sont très abondantes. On rencontre surtout les roches qui nous occupent dans les chaînes des Alpes et dans les Pyrénées. Elles existent aussi en Corse, dans le Tyrol, en Toscane.

Quand il est homogène et uniforme, le stèaschiste fournit une excellente pierre réfrnctaire, avec laquelle on revêt l'intérieur des hauts fourneaux, etc. Cette roche fournit aussi d'excellents moellons et des pierres de taille.

Chloriloschisle. — Dans notre quatrième et dernier sous-groupe se placent les roches appelées chloritoschistes ou talcschistes chloritiques. Elles sont essentiellement schistoïdes et très souvent verdâtres. C'est au chloritoschiste que se rapporte la pierre ollaire qui se laisse tourner facilement et s'emploie en conséquence à la fabrication d'une foule d'objet servant dans les usages domestiques et qui supportent parfaitement l'action du feu, tels que marmite, poteries et autres vases propres à cuire les aliments.

25® Groupe. — Roches essentiellement formées de silicate anhydre magnésie.

Les roches de notre 25« groupe se divisent très-naturellement eu deux sousgroupes, suivant que le rapport entre les quantités d'oxygène de la silice et de la ma-

goésie est représenté par 2 : 1 on par 9: 4. Dans le premier cas, le miDéral constituant est du pyroxène; dans le second cas, c'est de l'amphibole.

Pyroxène. — Le pyroxène constituant, pouvant appartenir à trois espèces niiuéralogitjues distinctes, savoir : la coccolillie, la dialiage et l'hyperlhène, oa désigne les roches qui en résultent sous trois noms didérents. Le premier est la pyroxénVe, le second la diallagiie et le troisième Vhypersliiénite que certains minéralogistes classent en dehors du groupe du pyroxène, et que d'autres, en échange, regardent comme une simple variété de dialiage.

La pyroxénile, appelée souvent coccolithe, est une roche essenlielleinent grenue. Les minéraux accidentels qui caractérisent ses principales variétés sont : Tapaiite, le calcaire, le talc, le mica, l'amphibole, le feldspath, etc. C'est dans les lerrainsprimitifs de granité, de gneiss et de micaschistes que se trouve la coccolithe, en amas slraliformes ou en rognons : ainsi, elle affecte un pareil gisement dans le Tyrol, dans le Piémont, en Suède, etc. On l'observe à Arendal, en Norwége, sous la forme de filons.

La diallagiie ou dialiage en roche est tantôt grenue et tantôt compacte. Le talc, la serpentine, l'hypersthène, le feldspath, caractérisent ses principales variéiés. La diiillagile forme tantôt de petits lits, des «rnas ou des couches dans les terrains straliformes (étages des talcschistes); tantôt des veines, de petits filons ou des amas, notamment dans les serpentines. On peut l'observer, entre autres, en Toscaue, eu Piémont et dans la Valteline.

Haussmanu donne le nom (Thyperthénite à l'hyperlhène, en masse, des minéralogistes: c'est une roche essentiellement grenue, qui présente de nombreuses variétés dues au quartz, au calcaire, au mica, à la dialiage, au labrador, etc. Celte dernière fait passer la roche à l'état de sélagite ou hypérite. L'hyperthéuile constitue tantôt des couches stratiformes dans les divers étages du sol primitif, tantôt des enclaves transversaux ou des dykes dans les mêmes terrains, et quelquefois dans les terrains sédimenlaires; on la trouve dans un grand nombre de localités.

Amphibole. — UathpIiHioUte est la seule

roche de ce second sous-groupe; elle est ou ichistoïde, ou grenue, ou compacte, et cuiuprend diverses variétés caractérisées par la présence du quartz, du disthène, du talc, du mica, du pyroxène vert, de la dialiage, de l'épidote, du grenat, du feldspath, etc. I.'amphibolite schist(/iiJe, très riche en minéraux accidentels, se trouve en couches ou en amas subordonnés, dans les étages des gneiss, des micaschistes et des talcschistes. Elle se rencontre, par exemple, au bourg d'Oisans, au Saint-Gothard, en Sardaigne, en Piémont, dans le Tyrol, etc. Les amphibolites grenue et compac4.e, sont ordinairement dépourvues de parties accidentelles. Elles forment des enclaves transversaux et des dykes dans les terrains crétacés supérieurs et tertiaires inférieurs comme à Bagnères de Bigorre.

7^ Série.

Carbonates.

26^ Groupe. — Roches essenliellement formées de caubonate de fer.

Ces roches sont connues sous le nom gêné rai de sidérose. Nous y distinguerons trois types, comprenant : le premier, les variétés spaihiques (mine d'acier) ; le second, les variétés schtstuïdes (blackband), et le dernier, les variétés lilhoïdes (fer des houillères). Les principales substances accidentelles sont le quartz, l'argile et le bitwne.

La sidérose spathique est une substance de filous qu'on rencontre dans les terrains anciens, et même dans les terrains secondaires, oii elle est généralement accon)paguée de cuivre pyriteux et de fer oligiste. La sidérose schistoïde, disséminée princijjalemeiit dans le terrain houiller, se retrouve dans la plupart des terrains secondaires en bancs ou en rognons intercalés dans ces terrains et contemporains des couches qui les contiennent. Le fer carbonate lithoïde se trouve aussi en rognons dissénMnés au milieu des argiles et des schistes bitumineux de la formation permienne des environs d'Aboy, près de Rodez (Aveyron). La formation jura», sique renferme quelquefois du carbonate de fer : ainsi la mine de la Voultc (Ardèche), qui est exploitée sur une couche de plus de 2 mètres de puissance, à la base de l'étage oxfordien, est composée d« fer oxydé

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roiîgp, et de fer carbonate. Daus bcancoup de iocalitës, on observe, au milieu (.les élases marneux jurassiques, des rof?nons très riciies en sidér ise et susceptibles de fournir de véritab es minerais. Tels sont les rognons que le 1 remarque dans le lias supérieur des environs de Milhau (Aveyron) et d'Orpicrre (Drôme) et dans l'oxfordieu de la Vouite. Les marnes du terrain néoiomicn supérieur renferment, dans la province de Constantino, des rognons très volumineux de celte substance; Dufrénoy en cite pareillement dans les grès verts delà Biscaye; la porliori du terrain tertiaire, désignée sous le nom de terrain nummulitique, contient, en Toscane, de nombreux rognons de siilérose litboïde; enfin rappelons qu'en 1837, M. Ch. d'Orbigny a découvert à Vanvres et à Vaugirard, aux portes de Paris, une variété d'argile plastique, intéressante en ce qu'elle renferme une multitude de petits globules de carbonate de fer qui pourrait être exploité avec avantage, si le banc dans lequel il se trouve devenait un peu plus puissant.

I,a sidérose est un minerai important pour la préparation du fer et particulièrement propre au traitement dit à la catalane. Bien que généralement tous les terrains houillers contiennent du fer carbonate litboïde, ce n'est que dans un petit nombre de localités qu'il existe avec assez d'abondance pour donner lieu à l'établissement de hauts fourneaux. Quand cette circonstance se présente, la réunion du combustible et du minerai permet de fabriquer le fer à un prix très modéré : telle est la cause de la supériorité incontestable de l'Angleterre pour la production du fer.

27" Groupe. — Boches esaenikllement formées de carbonate de zinc.

Ces roches sont désignées sous le nom de ralnmhie, qn\ s'applique aussi quelquefois à i"liy(irnsilicale de zinc et surtout au mélange (II' cet hydrosiiicate avec le carbonate de

z IU-.

C/cstunc substance présentant un aspect lillioïde, une couleur blanche ou jauiuUre, une cassure vitreuse et qui est opaque et quelquefois translucide. Deux types doivent éirc distingués^ suivant que la calamine est toncrétionuée, et par conséquent crislaliine yu qu'elle est compacte. Les variétés sont T. XII.

du.-'s à la présence du silicate de zinc, de la sidérose, du carbonate de manganèse, etc.

La calamine se rencontre dans deux gisements différents; I" enfilonsdansles terrair.s anciens ou de transition, comme à Matloclc, dans le Derbyshire; ce gisement est le plus rare; 2" en amas nu en gîtes irréguliers avec le silicate, au milieu de terrains de sédiment plus modernes, comme à Mendip-hili, en Angleterre; à Tarnowiiz, en .Silésie; et surtout à Altenberg ou Vieille Montagne, près de Moresiiet, en Belgique. Ces derniers dépôts, les plus considérables de tous, se trouvent au milieu du calcaire carbonifère, dans des poches plus ou moins profondes ou des cavités en forme d'entonnoirs évasés, placés au-dessus de fentes provenant de grandes dislocations du sol. Le minerai remplit ces cavités avec des argiles ferrugineuses, et il est souvent associé à des sulfures de plomb, de zinc, de fer et de cadmium. Suivant M. Uelanoue, qui a fait une étude particulière de ces gîtes, la calamine n'est pas une épigénie de la blende comme on l'a cru ; elle serait due à la réaction des carbonates calcaires ou magnésiens du terrain sur les eaux thermales 0!i métallifères qui l'ont traversé anciennement.

^S'' Groupe. — Roches essenticUement formées de carbonate de magnésie.

La ginbertile, considérée longtemps comme un minéral rare, a été découverte en masses pures et considérables aux environs de Kraubath, en Styrie, où elle est exploitée pour les besoins des laboratoires et de l'industrie. Le récent rapport consacré par M. Danbrée à l'examen des matières minérales exposées à Paris, en 1867, nousapprend qu'on a récemment rencontré la giobertiio en Autriche, près de Brnck, dans la vallée de Fragvuess,dans les terrains anciens qu'on rapporte au système silurien. Elle y forma des couches à la manière du fer spalhique, auquel elle ressemble beaucoup par l'aspect.

Un autre gisement important de celte substance vient d'être découvert à Grochau, près de Wartha, en Silésie, où il est exploité, non-seulement pour préparer des sels de magnésie, mais aussi de l'acide carbonique,' exempt d'odeur, et d'un prix de revient très peu élevé. Des couches considérable»

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que l'on rencontre dans les terrains anciens du Canada, et que l'on prenait pour du calcaire ou de la dolomie, consistent, d'après les analyses de M. Sterry Hiint, en carbonate de magnésie. Enfin, celle même substance est signalée par M. Biake dans plusieurs localités de la Californie, où elle constitue des couches pures, atteignant 2 mèlrcs d'épaisseur, e( associées à des talcschistes et à de la serpentine.

Deux types principaux de giobertite doivent être affectés, l'un aux variétés spathiqtics et l'autre aux variétés compactes. Ces variétés sont d'ailleurs caractérisées par la présence du calcaire, du disthène, de la magnésite, etc.

29* Groupe. — Roches essentieUement formées de CARBONATE DOUBLE DE MAGNESIE ET DE CHAUX.

La dolomie se divise en quatre types, suivant qu'elle est grenue, schisloïde, compacte ou terreuse. Les variétés sont dups, pour la plupart, à la présence du calcaire, au quartz de la stéaiite ou de l'argile.

La dolomie appartient à toutes les formations sédimentaires. On commence à la rencontrer dans les terrains paléozoïques des Pyrénées ; elle existe en masses considérables dans le terrain permieu de l'Allemagne centrale, ainsi que de l'Angleterre; dans le terrain triasique, et surloul dans l'étage des marnes irisées, elle forme à des niveaux différents, des masses régulièrement stratifiées qui alternent avec du sel gemme, des argiles et des gypses. On la rencontre en couches continues sur de grandes étendues, séparées par des couches de calcaire on d'argile, à la partie inférieure du lias du suil et du sud-ouest de la France, notamment dans les départements de la Dordogne, de la Corrèzc, du Lot, de TAveyron, du Tarn et de l'Hérault. Près de Monlbron (Charente) , elle se montre dans 1 étage jurassique inférieur; dans une grande p.irtie de la Provence et sur quelques points du Jura, les calcaires portlandiens passent a la dolomie ; ou cite la roche qui nous occupe dans la formation néocomieuue. Enfin, M. Elle deBeaumont a reconnu dans le terrain de craie de Paris une roche de dolomie qui se trouve au milieu même de

cette formation et sur différents points qui embrassent une étendue de plusieurs lieues.

L'origine de la dolomie a beaucoup exercé la sagacité des géologues, et l'on peuse généralement maintenait que des sources, aux diverses époques géologiques, ont amené dans les mers des eaux chargées de carbonate de magnésie, et que ce sel s'est incorporé au carbonate de chaux tenu en dissolution dans les mêmes mers. Il s'est déposé alors, au lieu d'un carbonate simple, un double carbonate de chaux et de magnésie. Cette hypothèse est rendue probable par les remarques de M. Daubeny, qui a constaté à Is Torre de l'Annunziata, que certaines eaux thermales salines et acides précipitent, entre autres produits, du carbonate de magnésie, Cert&inesdolomies cristallines subordonnées aux micaschistes, ou se montrant en relation avec les roches cristallines d'origine ignée, sont dues évidemment à des actions métamorphiques. La théorie la plus généralement adoptée pour expliquer leurformation e.«t due à Léopold deBuch. Elle repose sur l'hypothèse qu'au moment de l'apparition des roches plutoniques, la magnésie se dégagea à l'état de vapeur, pénétra dans les couches de calcaire et constitua, en s'interposant à leur substance", un carbonate double de chaux et de magnésie. Cette hypothèse a été très vivement attaquée par divers géologues, au premier rang desquels il faut citer le savant et regrettable M. Fournet.

La dolomie sacchfiro'ide pure a été employée par les anciens comme marbre statuaire. Elle sert encore comme pierre de construclion. Les doloinies compactes et terreuses sont susceptibles de donner de bonnes chaux hydrauliques et même des ciments.

30' Groupe. — Roches essentiellement formées de carbonate de chaux.

Ces roches, connues sous le nom de calcaire, forment un des groupes les plus nombreux. Nous le divisons en huit types principaux correspondant : 1° au calcaire saccharoïde; 2° au cilcaire fibreutc; 3" au calcaire compacte; 4,° au calcaire .(//oftt./; 'ère . comprenant les calcaires tuben uleux, bro v: - (elle, pisolilhiques et oolithiques; 5° ; :. calcaire spongieux; 6° au calcaire zoo g

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et phytogène ; 7» au calcaire terreux, et 8° au calcaire élastique.

Les variétés sont extrêmement nombreuses; nous signalerons surtout celles qui sont dues à la présence de l'argile, du qu.irtz, de la filauconie, de la limonite.

Le calcaire est l'une des substances les phis abondantes elles plus répandues; il se rencontre dans les terrains de toutes les époques et de tous les modes de formations ; mais à l'état déroche, c'est-à-ilire eu grandes niasses, il appartient surtout aux terrains sédlmeniaires dont il forme un des éléments essentiels. Il se présente, d'ailleurs, dans ces terrains avec des caractères qui varient suivant les étapes Dans les terrains schisteux cristallins, il offre généralement les structures lamellaire et saccharoide. Les marbres salins de Paros, de Carrare, des Alpes et des Pyrénées, ont été regaidés longtemps comme primitifs, mais on a reconnu que ce sont des calcaires secondaires, la plupart de l'âge du lias ou de la craie. Dans les terrains de sédiment les plus anciens, on rencontre des calcaires compactes fins, à teintes foncées, et riches en fossiles, dos calcaires d'un gris cendré ou noirâtre, ou des calcaires marbres de différentes couleurs, renfermant des trilobites et des coquilles caractéristiques (orthocères, nautiles, produclus, etc.) ; daus l'étage carbonifère, les calcaires sont ordinairement noirâtres ou d'un gns bleuâtre, et contiennent de nombreux débris d'encrines; plus haut, dans le terrain permien, ce sont des calcaires d'un gris cendré, dits zechstein, souvent poreux ou celluleux,. quelquefois fétides ; plus haut encore, on trouve un calcaire coquillier de couleurgrise, ditmuschelkaik et où les ammonites se rencoutrent pour la première fois. A la baie des terrains jurassiques est un calcaire marneux, dit calcaire du lias, à teinte encore très foncée, souvent de couleur bleuâtre; et dans les parties moyennes et supérieures, descalcaires compactes ou oolithiques de couleur plus claire, blancs ou jaunâtres, parmi lesquels se trouvent les bancs de pierres lithographiques et de pierres à chaux hydraulique. Le sol secondaire se termine par les calcaires crétacés, qui renferment les diverses \ariélés de calcaire terreux, dit craie verie ou glaucouieuse, craie grise ou jaunâtre (tuffau) et craiç blanche. Les calcai-

res grossiers, 'es calcaires siliceux et les travertins, les faluns, appartiennent aux divers étages du sol terliisire. L'époque actuelle est^ riche aussi en calcaire : les atolls et les conglomérats modernes, tels que ceux de la Guadeloupe, ea sont la preuve.

Il n'y a pas lieu d'insister sur les usages du calcaire, qui sont parfaitement conaas; rappelons seulement que la statuarre, l'architecture, la fabrication des chaux et des ciments, la lithographie, fa peinture, l'agriculture, tirent parti de cette précieuse substance.

31* Groupe. — Roches essentiellement formées de cakbonate de soude.

Lenalron se rapporte à un type unique.

C'est une substance saline, d'une saveur urineuse, caustique, dont les principales variétés sont caractérisées par la présence du sel gemme, du sulfate de chaux, du sable quartzeux ou de l'argile.

Cette roche appartient à l'époque actuelle. Elle se présente sous forme d'efflorescences, d'incrustation, de croûte ou de couche superficielle parfois très étendue à la surface de la terre, notamment sur les bords et aux environs de certains lacs ou lagunes, dont les eaux en renferment une certaine quantité. Les amas d'eau dont l'évaporation produit le natron sont vraisemblablement alimentés par des sources minérales. Le natron vient aussi former des efflorescences dans les volcans, à la surface des laves et des scories.

Le natron est d'une grande importance pour ses usages dans les arts, où on le remplace maintenant, depuis quelque temp>!, par du carbonate de soude artificiel. Il est exploité avec activité, principalement en Egypte et daus l'Inde. C'est le nilre d'Héiodote et de la Bible.

8« Série.

Phosphates.

32'' Groupe. — Roches essentiellement formées de phosphate de chaux.

Ces roches sont tantôt saccharoïdes e tantôt compactes : de là l'établissement de deux types comprenant, le premier, \esnpa lites, et le second, les phosphorites. D'après Gustave Rose, ces matières contienuent.

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d'une manière constante, une certaine quantité de chlorure et de fluorure lie calcium. Le quartz et le calcaire caractérisent les principales variétés.

M. Daubrée a récemment 'publié sur la chaux phosphatée une notice pleine d'intérêt, à laquelle il convient que nous empruntions quelques détails, relatifs surtout au type compacte et terreux.

Sous cet état terreux, la phosphorite n'a rien qui puisse attirer l'attention. Présentant, selon la nature des substances dont elle est mélangée, des colorations variées blanche, jaune, verdûtre, noire, elle peut être facilement confondue avec le calcaire impur; aussi est-ce un titre de gloire de Berihier que d'avoir su reconnaître en 1818 la véritable nature des rognons de phosphorite du cap La Hève. Dans cette localité, comme à Vissant, dans le Pas-de-Calais, la phosphorite se trouve dans le terrain crétacé. Les découvertes de Berthier portèrent en Angleterre l'attention sur des rognons semblables, renfermés aussi dans le terrain crétacé (dans le grès vert), dans les comtés de Kent et de Surrey. Ces rognons sont devenus l'objet d'une active exploitation. En France, la même matière fut retrouvée au même niveau, dans les départements du Nord et des Ardonnes, oîi on la rencontre aussi dans la craie blanche, et aujourd'hui, grâcesurtoutaux recherches de MM. Mengy, de Molon et Lory, la chaux phosphatée est connue dans trente-neuf de nos départements. La l'rancea produit en 1867 environ 24 000 tonnes de phosphorite, djnt la valeur est d'environ 18 francs la tonne.

La chaux phosphatée a été découverte aussi dans beaucoup d'autres pays, tels que le Nassau, la VVestphalie et la Belgique. Elle forme des filons puissants en Espagne et en Portugal, et entre comme partie constituante de certains filons métallifères. Il y a de l'intérêt à énumérer rapidement ces ■lilTérents gisements.

Les terrains tertiaircstrès récents, coniius en Angleterre sous le nom de a-ag, renfrment des couches d'ossements que l'on exploite dans le Suffolk comme phosphate de chaux. — Les rognons rencontrés jusqu'à présent dans le terrain creiacé sont suriuut concentrés dans les couches du gault, comme à Grand-Pré et à Nouviou-Porcico.

A ce niveau, ils constituent une zons rt.'narquableinent étendue; car elle a été poursiiivic dans diverses parties de l'Angleterre../ dans l'est de la France et jusque dans le département des Alpes-Maritimes. Elle a été retrouvée en Espagne, en B'ohême et même] en Russie. En outre, le terrain crétacé renferme deux autres étages de phosphorite :', l'un, sur la limite du grès vert supérieur, à la base des marnes de la craie (Montb)is, Saint-Morel, Sainte-Marie, département des Ardennes), et l'autre à la partie inférieure de la craie blanche (environs de Rcthrl). Dans le terrain jurassique, on connaît depuis longtemps la couche que l'on a désignco sons le nom de bone bed ; eUe est très intéressante, non-seulement par l'abond.mce des débris d'os et de dents do vertébrés dont elle est partiellement formée, mais aussi par sa continuité. Certaines couches du lias abondent en coprolithes. — Dans le trias on connaît aussi, à Lunéville par exemple, des couches où abondent des coprolithes, dents, écailles et autres débris de reptiles et de poissons. — Dans le terrain houiller, on peut citer les gisements de Wesiphalie. — C'est au calcaire dévouiea que se trouvent superposés les gîtes de fer dans lesquels la phosphorite a récemment été découverte en abondance dans le Nassau. — Certaines couches du terrain silurien du Canada contiennent du phosphate de chaux en quantité considérable. — Enfin les couches cristallines associées au gneiss renferment parfois beaucoup d'apalite; on cite, par exemple, à North Elmsiey, un calcaire pétri de phosphate de chaux, qui forme des couches de 3 mètres d'épaisseur.

Certaines roches éruptives présentent de l'apatite, soit en cristaux confus, soit eu veines, comme dans la Wétérnvie, le Nassau et la Bohème. Le iiiême minéral fait aussi partie de filous métallifères, conmie en Saxe et en Estramadure, etc.

L'apatite est très recherchée pour le phosphore qu'elle contient, et offre un intérêt spécial pour l'agriculture.

9^ Série. — Mîtrates.

33^ Groupe. — Roches essenliellemenl formées de NITRATE DE SOUDE.

La nitraUne est une roche blanche faiblement déliquescente, d'un- saveur fraichï et

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an peu ainère. Elle a été découverte en Bolivie dans les environs d'Yquique ; elle forme un lit de plus d'un mètre d'épaisseur, sur une étendue de près de quarante lieues, dans les districts deTarapaca et d'Atacama. Ce lit est quelquefois mêlé de sable et il est recouvert par une couche d'argile. On l'exploite avec avantage pour la préparation de l'acide nitrique. Ou a cherché aussi à l'utiliser dans la fabrication delà poudre, mais on a renoncé à cet emploi parce que la nitratiuc est un peu trop déliquesceoie.

10« Série. — Sulfates.

34® Groupe. — Roches essentiellement formées de SULFATE DOUBLE d'ALUMINE ET DE POTASSE.

Il y a quatre types à distinguer, suivant que Valunile est compacte, porphyroïde, terreuse ou bréchoide.

C'est une roche blanchâtre, grisâtre, jaunâtre ou rosâtre, dure et (ipaque. Sa formation, qui se continue encore aujourd'hui, estliée d'une manière intimeau dégagement du gaz sulfhydrique qui s'exhale des profondeurs. A Montioni, à Campiglia et à la Tolfa, où la fabrication de l'alun a été pratiquée sur une vaste échelle, l'alunite forme des gisements circonscrits au milieu des schistes argileux rougeâtres de l'époque jurassique. Ceux-ci, par l'action de l'hydrogène sulfuré, ontété transformés en une pierre d'alun plus ou moins parfaite. D'ailleurs, la manière dont l'alunite se produit encore aujourd'hui dans la solfatare de Pereta, donne l'explication des causes auxquelles on doitattribuerl'oripine des anciennes alunites. On assure que dans celte localité le gaz sulfhydrique se décompose, et que le produit de cette décomposition est du soufre qui se dépose et de l'acide sulfurique, lequel se forme par un procédé analogue à celui que l'on remarque dans les eaux thermales. L'acide sulfurique, réagissant à son tour sur les roches à travers lesquelles il suinte, les altère plus ou moins profondément; ainsi, sur les points d'attaque, les calcaires sont convertis en pypse, les grès sont blanchis et les schistes argileux convertis en alunites, sans que la stratification ait été dérangée.

Les principales variétés sont dues à la

présence du soufre, du quartz, de la liraonite, etc.

Cette roche est exploitée comme mine d'alun. 11 suffit de la griller pour qu'elle abandonne ensuite à l'eau une grande quantité de ce sel double.

35*^ Groupe. — Roches essentiellen}enl formées de sulfate de bahyte.

La barylinee&i une roche peu abondante, ordinairement blanche ou jaunâtre, et quelquefois noirâlre. Nous en faisons deux types correspondant à la structure lamellaire et à la structure compacte. Parmi les substances accidentelles qui caractérisent les variétés de barytinc,i! faut citerspécialemeut le bitume, qui teint en noir le sulfate de baryte de Gosiar et de Freyberg.

La barytine est essentiellement une matière de Olon.

36^ Groupe. — Roches essentiellement formées de sulfate de strontiane.

La célesline se rapporte à un type unique, comprenant des roches laminaires. Elle a les plus grandes analogies d'aspect et même, dans certains cas, de gisement avec la barytine. Cependant sa formation est en général plus récente ; elle se trouve dans les roches basaltiques et surtout dans les terrains de sédiiuent, où elle ne commence guère à paraître que vers le point où finit la barytine. A partir de là, on la rencontre aux divers étages jusqu'aux formations les plus supérieures. Son gîte principal est dans les formations gypseuses où elle s'associe au soufre, au gypse et au sel gemme; les marnes du gypse de Montmartre la renferment sous forme de rognons.

Citons, parmi les variétés, la célestine calcarifère, qui se présente en masse tuberculeuse, et la célestine barylifère, qui forme des masses radiées et de petites couches.

On emploie la célestine comme minerai de strontiane.

37® Groupe. — Roches essentiellement formées de sulfate anuïdrede chaus.

Vanhydrile, appelée aussi karslémte, se rapporte pour nous à trois types distincts, suivant qu'elle est saccharoide, compacte ou élastique. Elle est ordinairement de coa*

leur blaucbe ou grbâtre et quelquefois bleuâtre. Les matières accidentelles qui caractérisent ses principales variétés sont le quartz, le sel gemme, l'argile, le bitume et le soufre.

L'anhydrite constitue quelquefois des couches ou amas subordonnés dans les terrains primitifs stratiformcs et dans quelques terrains sédimentaires ; elle est alors d'origine sedimentaire. D'autres fois elle forme des amas transversaux épigéniques dans les terrains calcaires de divers étages, qui, après avoir été fissurés, ont été ensuite traversés par des vapeurs sulfureuses et acides qui ont transformé en sulfate le carbonate de cbaux préexistant.

Les plus belles variétés de cette roche, celles qui proviennent de Vulpino en Italie, par exemple, s'emploient à faire des tables et des chambranles de cheminées d'un aspect assez agréiible. Une variété grenue, connue sous le nom de marbre bleu du Wurtemberg, est exploitée pour la décoration. Toutefois ces marbres exposes à l'air humide se ternissent très vite par suite de leur propriété de se transformer en gypse; ils ne peuvent donc être employés qu'à l'intérieur.

38* Groupe. — Roches essentiellement formées de sulfate de chadx hïdbaté.

Ces roches, désignées sous le nom général de gypse, comprennent trois types principaux, suivant qu'elles sont saccharoides, grenues ou fibreuses.

Le gypse, ordinairement blanc et habituellement à l'état cristallin, se reconnaît aisément à son peu de dureté qui permet à l'ongle de le rayer aisément. Le sel gemme, le calcaire, l'argile, caractérisent les principales variétés.

On rencontre le gypse dans deux gisements bien différents : tantôt il est en couches puissantes qui paraissent contem- [loraines du terrain qui les renferme, et formées comme lui par voie de sédiment; tels sont les dépôts de gypse des marnes irisées qu'on trouve dans la Meuse, la Meurthe et l'Aveyron, ou bien ceux des terrains tertiaires de Paris et d'Aix en Provence; tantôt il est en amas plus ou moins considérables, mais que tout annonce être jpOâtcriciusauK lucbei» qui les cuulieiiueut

et qu'elles traversent et coupent irrégulièrement. Tels sont les dépôts des terrains métamorphiques des Alpes et des Pyrénées, uù le gypse est associé à des roches plutoniques; tels sont aussi les dépôts des mines de sel gemme et de soufre, et des teiraius traversés anciennement par des sources thermales et oîi il est accompagné de différents sulfates, de dolomie, de bitume, etc.

On sait que le principal usage du gypse est de fournir le piàlr;' par la calrinalion. En outre, la variété très finement grenue qu'on nomme albâtre gypseux sert à faire des vases, des socles de pendules, des statuettes, etc.

2«' Division. — ROCHES BINAIRES.

Roches formées par le mélange de deux minéraux différents. Nous les avons rangées suivant l'ordre même adopté pour la classification des minéraux simples; le minéral arrivant ie premier dans cette classification déterminant la place de la roche dont il fait partie.

Chacun des groupes qui vont suivre est caractérisé par la nature minéralogique des éléments des roches qu'il comprend ; il admet des sous-groupes chaque fois que ces éléments peuvent appartenir à des espèces minéralogiques distinctes. Les types seront, comme dans la première division, caractérisés par la structure, et les variétés par la nature des minéraux accidentels.

11* Série. — Carbone on carbure et Bilicato.

39® Groupe. — Hoches essentiellement formées de BITUME ET DE SCHISTE ARGILEUX.

Le naphtoschiste est une roche feuilletée grisâtre ou brunâtre, brûlant avec facilité en dégageant une odeur bitumineuse.

Cette roche forme des couches puissantes et multiples dans les terrains houillers d'un très grand nombre de localités, telles qu'Autun (Saône-et-Loire), Bussières-la-Grue (Allier), Vouvant (Vendée), Boghead (Ecosse); on la retrouve dans le lias supérieur des environs de Dorchester. Elle est exploitée comme source d'huile de schiste et de gui (i'ccluiiate.

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40*= Groupe. — Boches essentiellement formées d'anthracite et de phyllade.

Vampélile ou schiste graphique présente une structure schisloïde, souvcut tonrmonléc et quelquefois terreuse. Celte roche est souvent péutHrée de pyrite de fer, dont la décomposition engendre du sulfate de fer et d'alumine, qui donne naissance à deseffloresccnces. On rencontre assez communément l'ampélite dans les Pyrénées et en Bretagne, associé aux schistes argileux de la période silurienne. Il est aussi en relation avecdesgrès micncés.dnns lesquels on trouve des orthocères, comme dans la gorge d'Es quiéry. Au-dessus du pont des Soupirs, [rès de Bagnèrcs-de-Luchoi), l'ampélite renferme des macles dont la couleur blanche ressort d'autant plus vivement que la roche qui leur sert de gangue est parfaitement noire. Le gisement le plus ordinaire de l'ampélite est cependant le terrain houiller.

Les variétés calcarifères et pyriteuses doivent être spécialement mentionnées. La dernière est appliquée depuis un temps immémorial pour l'amendement des terres à vignes, et c'est de là que vient le nom même de la roche. L'ampélite terreuse sert à faire des crayons noirs, dits crayons d'Italie ou crayons des charpentiers.

12* Série. — Car9>one on carbure et carbonate.

41* Groupe. — Roches essentiellement formées d'anthracite et de calcaire.

Uanthraconite est toujours cristalline et constitue des couches dans la formation silurienne de la Suède, de la Norwége, etc.

13^ Série. — Ocux oxydes.

42« Groupe. — Roches essentiellement formées de fer oxïdulé et de cohindon.

Vémeri comprend deux types principaux, correspondants aux structures compacte et grenue. C'est une roche de couleur foncée, dont les variétés principales sont caractérisées par la présence du quartz, de la chlorite, de l'oligiste, etc. Elle se trouve en couches ou en amas strati formes dans les étages des gneiss et des micaschistes. Ses principaux gisements sont en Saxe, en Chine, dans les Indes et en Asie Mineure. On connaît l'usage de l'émeri que sa dureté rend propre au polissage des corps durs.

43* Groupe. — Roches ossentiellement formées d'oligiste et de quartz.

Vitabirile est tantôt grenue et tantôt schisloïde. Le talc, le mica, le feldspath, caractérisent ses principales variétés. Elle est souvent aurifère, et traitée alors comme minerai d'or.

L'itabirite est abondante dans diverses localités du Brésil, telles qu'Itabira, Villa Rica et Mariana: on la retiouve en France, en Italie, en Grèce, etc. Elle accompagne souvent l'itacolumite et gît, soit au contact desgneiss et des micachisies, soit dans l'étage des talcschistes.

i4* Série. — Oxyde et silicate.

44" Groupe. — Roches essentiellement formées d'? Fer chromé et de péridot.

Ces roches, dont nous ne connaissons jusqu'à présent qu'un seul échnntillon, d'ailleurs de petite taille, qui figure dans la collection du Muséum, ont reçu de M. Hochtetter, qui les a découvertes, le nom de (lunile. Elles forment à la Nouvel!e-Z<lande la chaîne (ies montagnes de Dun. Un trait fort intéressant de ces roches est d'être identiques au point de vue minéralogique avec certaines météoritespéridotiques très rares, dont celle de Chassigny (1815) est le type le mieux caractérisé.

45^ Groupe. — Roches esaentieUemeni formées de quartz et de tourmaline.

Ces roches, appartenant à un type unique, ont été très heureusement désignées sous le non d'hyalotourmaliie. Parmi les variétés, doit être signalée celle qui résulio de la présence de l'orthose, comme minéral accidentel.

L'hyalotourmalite est assez rare, ell« forme des veines, des amas, des filons ou des dykes dans les granités de quelques localités telles que : Quesnoy, près d'Avranches (Manche); Saint-Jean de Nay (Haute-Loire); environs de Bland (Morbihan); Predazzo (Tyrol) ; Heidelberg; île d'Elbe; Kieringbrikka (Suède); États-Unis; Brésil.

46^ Groupe. — Roches essentiel! e ment formées de quartz et de fei.dspatu.

Ces roches sont très nombreuses et se rapportent à huit types principaux, d'après leur

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structure, qui peut être : 1° grenue {grmnlites) ; 2° graphique (pegmatite) ; 3" porphyroïde (porphyre quartzifère); 4° granitoïde (id.) ; 5° schistdide (id.) ; Q" globulaireipyromérlde) ; '" grésiforme (arkose); 8° élastique (brèches porphyriques). Ce groupe comprend, comme on le voit, les rociies désignées en général sous les noms de pegmatite, de porphyre quartzifère eld'arkose.

Le nombre des variétés est considérable. Elles sont dues à la présence des minéraux que nous avons déjà signalés comme se présentant accidentellement dans les roches formées exclusivement de feldspath.

Il y a beaucoup d'intérêt à dire un mot du gisement des roches qui nous occupent.

Les pegmatites se trouvent dans des conditions très différentes. Tantôt elles constituent des assises slratiformes puissantes et de grande étendue dans l'étage du gneiss; tantôt elles résultent d'épanchements et constituent des enclaves transversaux ou bien de grands filons-dykes, soit dans le sol primitif stratifié, soit dans les enclaves granitiques et quelquefois dans les terrains sédimentaires. La pegmatite stratifiée a la môme origine que le gneiss qui l'entoure, c'est-à-dire qu'elle paraît résulter, comme les autres terrains primitifs, du premier refroidissement planétaire. On sait que la pegmatite grenue est employée, sous le nom de petunzé (mot chinois), à faire la couverte ou le vernis de la porcelaine, après avoir été préalablement pulvérisée et broyée. La décomposition delà pegmatite fournit presque tous les beaux kaolins dont on se sert pour fabriquer la porcelaine.

Le porphyre quartzifère est l'une des roches les plus abondantes. Il constitue des enclaves transversaux, des dykes et des filons qui ont commencé à se former à la fin de l'époque cambrienne, mais se rapportent surtout aux dislocations et nombreux cpanehements qui ont eu lieu après le dé[iôt des terrains houillers. Quelques porphyres, tels que ceux des Vosges, sont plus récents; ils paraissent dans quelques localités avoir une origine éruptive et s'être formés à la manière des laves. Eu effet, les détritus, conglomérats et couches de matière très alternées qui accompagnent ces porphyres, semblent correspondre aux déjections volcaniques. Oq emploie le porphyre comme pierre

de décoration, et c'est en vue de cette application qu'on l'exploite en Suède, en Corse, dans les Vosges, etc. Les prismes porphyriques de Kreutznach (Palatinat) sont facilement convertis eu pavés excellents au moyen de simples cassures transversales.

C'est ainsi, par exemple, que la ville de Bingen est en partie pavée.

Le type globulaire qui porte, comme on vient de voir, le nom de pyroméride, est assez rare. Il se trouve surtout en Corse et dans le Var où il forme de petits enclaves ou des dykes, soit dans les terrain? siluriens, soit dans certains enclaves de porphyre. Il en existe aussi dans un certain nombre d'autres localités. Une fois poli, lo pyroméride présente un très bel aspect qui le fait rechercher comme pierre d'ornement.

Anciennement, l'arkosen'étaitcounue que dans le terrain infraliasique où elle se montre en abondance, par exemple à Avallou, dans l'Yonne. Mais on a reconnu' qu'elle figure dans presque toute la série des étages composant l'ensemble des terrains sédimentaires. En eiret, il en existe en France dans les terrains siluriens (chaîne de TEsterel); dans les terrains houillers (Creuzot près d'Autun, Saône et Loire); Alais (Gard), etc., dans les marnes irisées. On en trouve également dans les terrains tertiaires du Tarn, de la Haute-Loire, du Puy-de-Dôme, etc.

47^ Groupe. — Roches essentiellement formées de QDAtiTZ ET DS. SILICATE d'aLVMINE HYDRATÉ.

Ces roches appartiennent à trois sousgroupes principaux, suivant que le silicate est de rarj:ile, du kaolin et du schiste. Les roches du premier sous-groupeappartienneut à deux types bien distincts, suivant qu'elles sont compactes on arénacées. Dans le premier cas, on les désigne généralement soui les noms de jaspe, de lydienne, etc.; dans le second cas, ce sont des psammites. Le second sous-groupe contient des métaxites, et le troisième les traumates.

Jaspe. — Le jaspe est une roche opaque, même sur les bords les plus minces; la matière alumineuse qu'il contient est souvent riche en oxyde de fer, ce qui lui donne des couleurs jaunes ou rouges plus ou moins foncées : d'autres fois, ce sont des matiëres

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aiilhraciteuses accidentelles qui le colorent en noir. Dans ce dernier cas, il reçoit le nom spécial de phtanite et sert comme pierre de touche. Les jaspes sont stratiformes, et tonstituent, soit des lits de rognons, soit des touches très minces, mais d'une grande étendue, subordonnés à divers étages, depuis la période cambrieniie jusques et y compris la période tertiaire. Les plus beaux jaspes, dits jaspes sanguins, se trouvent sur • tout eu Italie, en Sibérie et en Egypte. On en fait différents objets d'ornement, de décoration et de bijouterie.

' Psammite. — Le psammite, appelé souvent grès argileux, grès de houillères, forme des couches, des amas, peut-être des filons. Il est tenace ou friable, quelquefois meuble ; ses couleurs sont le rougeâlre, le grisâtre, le jaunâtre, le verdâtre, le brunâtre, ie noirâtre, le blanchâtre, etc.; unis ou bigarrés. Le psammite est souvent micacé, d'autres fois charbonneux, maclifère, etc. Il est extrêmement abondant dans la nature. On l'emploie comme pierre à bâtir, pierre à paver, pierre à aiguiser, etc.

Mélaxile. — Le raétaxite se reconnaît à ce que l'argile qu'il contient appartient à la variété dite kaolin. Il estde couleur blanchâtre^ grisâtre, jaunâtre, brunâtre, violâtre, etc. On le regarde comme un produit d'altération de l'arkose. Le métaxite contient souvent des débris de végétaux. Comme l'arkose, il appartient a toutes les périodes du sol sédimentaire. II commence à apparaître dans le terrain silurien, mais c'est surtout à l'époque houillère qu'il forme des assises puissantes. Quelquefois, le métaxite est recherché pour le kaolin qu'il contient et qu'on empluie à faire de la porcelaine; en général, il sert comme pierre de construction ou comme meule de moulin (mill slone grilt des Anglais).

Traumate. — Dans le traumate, le silicate d'alumine hydraté doit être rapporté non plus à l'argile ni au kaolin, mais au schiste. Le feldspath et le mica se présentent quelquefois comme partie accidentelle et caractérisent alors des variétés. Cette roche constitue des couches quelquefois puissantes, dans les terrains cambneus, siluriens, devoniens, houillers et uummuiitiques.

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48* Groupe.— BocAes essentiellement formées de QUARTZ ET DE TALC OU siUcates analogues,

A ce groupe correspond le talcile proprement dit. C'est une roche toujours schistoïde, extrêmement commune, qui constitue des assises puissantes. Elle contient peu de minéraux accidentels. Parmi les localités où cette roche est le plus abondante, on cite surtoutles environsde Cherbourg, le passage du Simplon, et diverses localités de l'Italie.

49^ Groupe. — Roches essentiellenient formées de quartz et de mica.

Elles se répartissent en deux grands types principaux suivant qu'elles sont grenues ou schisloïdes et portent, dans le premier cas, le nom de greisen et dans le second celui de micaschistes.

Le greisen compte un grand nombre de variétés dues à la présence accidentelle de la tournaline, du feldspath, de l'oxyde d'étain, etc. C'est une roche qu'on trouve en amas transversaux ou en dykes dans les massifs granitiques; elle contient souvent les filons stannifères, par exemple en Bretagne.

Le micaschiste oEfre desvariétés feldspathique, grenatique, talqueuse, etc. Il est extrêmeraeat répandu et forme des couches puissantes souvent contournées. La Bretagne, les Alpes, la Flandre, la Norwége, l'Egypte, les États-Unis, en contiennent des masses considérables. Le micaschiste est quelquefois employé comme pierre de construction.

15® Série. — Oxyde et carbonate,

SO^Groupe. — Roches essentiellement formées de quartz et de calcaire.

Ces roches étant toujours grésiformesj nous les maintenons dans un type unique correspondant en partie à la molasse.

La molasse contient souvent de l'argile avec le calcaire ; cependant les types bien caractérisés, tels que le grès ordinaire de Fontainebleau, sont exclusivement formés de quartz et de calcaire. La molasse marneuse doit être considérée comme une variété ; elle est d'ailleurs extrêmement abondante, principalement en Suisse et en ilulriche, où elle forme, dans les terraius

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tpniaires, d'immenses dépôts sir;iliaes dout !a puissance dépasse parfois 1 000 mètres. On emploie la molasse comme moellou eteomme pierre à paver (voy. notre 68« groupe).

16» Série.

Deux silicates.

Groupe. — Roches esseritiellement formées de SILICATE DOUBLE D'ALDMINE ET DE PROTOXYDE ET DE SILICATE ANHYDRE DE «ACNÉSIE.

Ces rociies, extrêmement nombreuses, se divisent naturellement en cinq sous-groupes dont les types sont : l'éclogite, la dibasile, la dolérile, la syénite ci le diorite.

Ëdogile. — L'éclogite, formé de grenat et d'épidotp, est une roche généralement grenue, dont les principales variétés sont caractérisées par la présence du quartz, du pyroxèue, du feldspath, etc. Elle est fort peu auoudautc et cuiislilue des amas ou des petites couches de peu d'étendue dans les terrains primitifs stratifiés. En raison de l'éclat des couleurs verte et rouge de certaines de ses variétés, l'éclogite est employé à la confection de petits objets d'ornement.

Dibasile. — Notre deuxième sous-groupe est consacré à une roche assez rare désignée par Cordier sous le nom de dibasile, et qui est composée de diopside et d'orthose. Les variétés principales sont dues à la présence du quartz et du mica. Elle constitue, soit des couches ou amas stratiformes, soit des dykes dans les terrains primitifs, et a été signalée, entre autres localités, aux environs d'Ax (Ariége) et à Sainte-Marie aux Mines (Vosges).

Dolérile, etc. — Le feldspath labrador et le pyroxèue donnent par leur mélange nais sauce à des rociies extrêmement nombreuses. On leur donne d'habitude des noms dilTérenls suivant que le pyroxèue qu'elles contiennent est de Vaugiie, de la diallage, de V hypersUiène ou du diopside.

Les roches contenant de l'augite sont eonnues sous les noms de dolérile, mélapliyre, téphrine (eu partie], spilite, wacke, mimosile, Irapp, peperino, etc Ellesappartienneut à sept types suivant que leur structure est grenue (dolérite, mimosile), porphyroïde (dolérite), scoriacée (dolérite, to4>liriue), amygdaloïde (spilite, miraosite),

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<erreMse(wacke), compar<e(mimosite, trapp], dastique Cpeperino).

Il serait très difficile de donner d'une manière générale des notions un peu précises sur les roch's dont il s'agit. Leur grand nombre est compliqué par ce fait que leur gisement et leur origine sont diverses : bornons nous à dire qu'elles sont essentielle ment volcaniques et que beaucoup d'entre elles sont récentes.

La dolérile se forme encore actuellement, elle appartient principalement aux terrains volcaniques de l'époque pliocène où elle constitue de grandes assises et quelquefois des enclaves transversaux et des dykes.

Nous devons remarquer que les roches les plus communes décrites sous le nom de dolérites et qui sont riches en fer titane ne différant en rien d'essentiel du basalte, ne fiiiureut point dans notre 5!^ groupe et seront décrites plus tard. Les principales variétés de la dolérite telles que nous la définissons sont dues à la présence accidentelle du fer titane, du péridut et de l'oligiste.

La mimosile ne diffère guère de la précédente que par la finesse de son grain. Elle est généralement d'âge plus ancien et se trouve en amas considérables dans les terrains houillers et dans les couches tertiaires. Elle renferme .souvent du fer titane et passe alors au basalte.

La téphrine, comme sou nom l'indique, se distingue par sa couleur cendrée; elle est scoriacée, rude au toucher, tenace. Le pyroxène qu'elle contient lui donne parfois une apparence porphyroïde. Nous n'avons ici rien à ajouter à ce que nous avons dit de l'origine et du gisement de cette roche, qui sont les mêmes que ceux de la téphrine non pyroxénique, signalée dans notre 20* groupe. Le mélaphyre est, comme on le sait, une roche à base composée d'une pâte due au mélange du pyroxèue et du feldspath, enveloppant des cristaux de ces minéraux. Elle forme des .filons, des amas, peut-être des couches et des typhousà texture porphyroïde, quelquefois huileuse ou conglomérée.

La paie et les cristaux de pyroxène sont ordinairement verls, les cristaux de feldspath d'un blanc passant souvent au verdâlre ou au rougeâtre. Ses variétés principales sont dues à la présence du mica, du quartz, de la markassite, de la méuaka-

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Dite, etc. Le mélaphyre est une roche importante dans la nature, elle est souvent susceptible de prendre un beau poli et d'être employée comme pierre de décoration.

Le spilile est une roche à base d'apparence simple, principalement formée (Je pyroxène et lie feldspath, qui renferme des noyaux de calcaire et d'autres minéraux évidemment non essentiels. Cette roche forme des filons, des amas, des couches à texture atnygdaloïde. Sa pâte est ordinairement peu dure, ses couleurs sont le grisâtre, le rougeâtre, le noirâtre, le vordâtre, etc. Aucune roche ne renferme autant de minéraux que le spilite, c'est le gîte de la plupart des zéolitbes ainsi que des agates, des améthystes, etc.

Le trapp ne diffère de la dolérite que parce que ces éléments ne sont pas visibles à l'œil nu. C'est une roche d'apparence simple et qui forme des filons, des amas, peutêtre des couches ordinairement divisées par un très grand nombre de fissures ; ce qui fait que ses massifs donnent extérieurement l'idée d'un escalier, il est dur et très tenace lorsqu'il n'est pas altéré. Ses couleurs sont ordinairement le vert foncé ou le noir verdâtrC;, d'autres fois le noir bleuâtre.

La wacke est une roche terne, grisâtre, brunâtre, rougeâtre, jaunâtre ou verdâtre. Elle renferme beaucoup de minéraux qui la foui insensiblement passer au spilite, de façon qu'il est impossible de donner une bonne définition de cette roche.

Il en est de même pour la pépérine qne l'on peut considérer comme une waclie élastique. Elk' forme des couches et des filons dans lesquels on retrouve souvent des fragments de roches différentes, telles que le basalte, la téphrine, la phinolitbe, la ponce, etc. La pouzzolane, si employée comme mortier, se rapporte à la pépérine.

Euphotide. — A côté de ces roches s'en iilacent qui sont formées de labrador et de Jiallage; elles sont désignées sous les noms (Vcupholide et de varioUte; les lithologistes f nt assez généralement d'accord aujour- (! Iiui pour les réunir sous la dénomination unique d'euphotides. Le.s principales variétés sont dues à la présence du calcaire, du talc, du mica, de l'amphibole, de l'hypersthène, de la serpentine, du grenat, etc. L'un de» type« les plus intéressaats qu'elles

présentent est celui qui est caractérisé par la structure globulaire, et qui correspond à la variolite de la Durance, C'est, comme on sait, une roche composée d'une pâte et de grains ou de noyaux, les uns et les antres formés des mêmes éléments minéralogiques, le labrador et le diallage. La pâte est ordinairement grisâtre, rougeâtre ou verdâtre, et les noyaux de teinte moins foncée.

Les euphotides sont remarquables, au point de vue géognostique, par leur liaison avec les serpentines qu'elles accompagnent très habituellement, et par exemple en Ligurie,en Toscane, en Savoie, dans les Alpes du Dauphiné, etc. Cependant il arrive de rencontrer des dépôts entièrement composés d'euphotide à l'exclusion de la serpentine ; mais il n'en est pas moins vrai de dire que, par suite de la subordination réciproque de ces roches et de leur distribution géographique, leur histoire devient commune.Bornons-nous donc à renvoyer ici à ce que nous avons dit relativement aux serpentines.

Susceptibles d un beau poli, les euphotides sont très recherchées comme pierre d'ornement.

Nous avons à signaler encore des roches formées de labrador et d'hypersthène ; on les désigne, à l'exemple de Cordier, sous le nom de sélagite, et souvent on les confond avec les hypérites. La sélagite est une roche très tenace, de couleur grisâtre, gris verdâtre, brunâtre ou noirâtre, souvent à gros grains, mais quelquefois à grains fins, auquel cas elle ressemble beaucoup au diorite avec lequel on l'a souvent confondue. Les principales variétés sont dues à la présence de l'amphibole, du mica, du talc, etc. Cette roche constitue tantôt des couches straliformes dans les divers étages du sol primitif; tantôt des enclaves transversaux ou des dykes dans les mêmes terrains, et aussi dans les terrains sédimentaires anciens. Les Vosges, l'Ecosse, le Piémont, le Tyrol, la Saxe, la Suède, le Canada, peuvent être cités comme des localités où se montre la sélagite.

Syénite. — La syénite est une roche grenue, formée d'amphibole et d'orthose. Ses principales variétés sont dues à la présence du quartz et du mica. Elle forme des enclaves transversaux considérables, mais moins puissants que ceux du granité, dans

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le sol primilif et dans les terrains sédimentaires les plus anciens. Les Vosges, le Piémont, la Corse, la Saxe, la Norwége, le Sinaï, etc., présentent de la syénite en abondance.

Cette roche est employée aux mêmes usages que le granité; elle prend un plus beau poli, ce qui tient sans doute à l'absence du mica,

Diorite. — Les roches de notre cinquième sous-groupe, le diorite et l'aphanite, sont formées d'oligoklase et d'hornblende. Lediorite formedes filons, des amas, peut-ôtre des couches et des typhons à texture g'raniluïde, porphyroïde, schistoïde ou orbicuiaire. Ce dernier type, appelé quelquefois granité globuleux de Corse, est composé de gros noyaux sphéroïdaux dans lesquels la hornblende et le feldspath son: disposés par couches concentriques. Ces noyaux sont agglomérés par une pâte de diorite granitoïde. Le diorite est très tenace lorsqu'il n'est pas altéré. La hornblende du diorite est ordinairement verte, quelquefois noire, et le feldspath blanc ou verdâtre. Parmi les variétés, on peut citer celles que le quartz et le mica caractérisent.

Uaphanile est simplement pour nous le type compacte du diorite. Cette roche forme des Glons, des amas et des couches. Elle est assez tenace lorsqu'elle n'est pas altérée; sa dureté est variable. Ses couleurs sont le grisâtre, le rouge verdâtre, le noirâtre. La principale variété de ce type est caractérisée par la présence du mica; Hauy lui donnait le nom de sélagite, employé, comme on l'a vu, par Cordier dans un tout autre sens.

52^ Groupe. — Roches esientiellement formées de feldspath et de zéolith£S.

Ces roches comprennent une partie de celles qu'on désigne d'habitudesous les noms de leucostite, de phonolite, de perlite, etc. dont l'autre partie doit èlre maintenue, à côlé du trachyle, dans notre 20'^ groupe consacré aux roches exclusivement feldspathiques. Cette circonstance montre que pour le gisement et les caractères extérieurs, nous D'avons rien à ajouter ici à ce que nous disions à propos du trachyle.

Nous distinguons parmi les roches qui

nous occupent quatre types principaux suivant que !a structure est phorphyroïde, compacte, schiHoïde ou vitreuse. On distingue facilement ces roches des trachytes à l'attaque partielle que leur font subir les acides dans lesquels, comme on sait, leszéolithes sont solubles.

Rappelons que les variétés schisteuses de phonolithes sont exploitées dans la Franct centrale, à la Roche-Tuilièreetà Sanadoire, et sont employées à la manière des ardoises, pour la couverture des édifices.

53^ Groupe. — Roches essentiellement formées de .7Htllade et d'albite.

Ces roches, désignées souvent sous le nom de phyllades porphyroîdes , sont abondantes dans certaines régions et par exemple eu France, dans les Ardennes.

54' Groupe. — Roches essentiellement formées de feldspath et de mica.

On peut diviser en trois sous-groupes les roches très nombreuses auxquelles nous sommes arrivés. Dans le premier sous-groupe se rangent les roches formées de feldspath orthoseetde mica ordinaire; dans le second, les roches formées d'orlhose et de mica brun ; dans le troisième enfin, les roches formées d'oligoklase et de mica ordinaire.

Le premier de ces trois sous-groupes comprend des roches qui se rapportent à deux types, suivant qu'elles sont schistoides ou compactes : ce sont le gneiss et le leptynolithe schisteux pour le premier type, et le leptynoUthe compacte pour le second.

Gneiss. — Ce que nous entendons par gneiss est, comme on le voit, une partie seulement des roches ainsi appelées par beaucoup de géologues. Nous avons cru devoir rendre à cette roche la définition qu'en a donnée Brongniart, parce que sans cela il est impossible de la distinguer du granité schisteux. Le gneiss, admet comme parties accessoires, pouvant 1 caractériser des variétés, le quartz, le talc,! le grenat, le graphite, etc. C'est peut-être lai roche la plus abondante de la nature. Elle constitue la plus grande partie de l'immense étage dit des gneiss, qui aune puissance de plusieurs lieues, ainsi qu'on peut le constater dans diverses contrées où les terrains primordiaux stratifiés ont été plus ou moini

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rclovf's sur la tranche. C'est la roche inférieure fondamentale du soi primitif et, par conséquent, la dernière zone de l'écorce terrestre que nous puissions atteindre. N'oublions pas toutefois que les éruptions des roches nous font connaître des zones plus profondes encore, où le roches magnésiennes, comme on le sait, Vraissent jouer le rôle prépondérant.

A raison de sa structH V schisteuse et de la facilité avec laquelle! peut l'exploiter, Je gneiss est employé dan le Limousin pour des constructions. Aux environs de Chiavenna, en Valteline, il existe une variété de gneiss surmicacé et tabulaire qui sert à couvrir les maisons.

Leleptynolitheest une roche quelquefois compacte mais le plus souvent schistoïde et tabulaire. Il est noirâtre, brunâtre ou grisâtre. La principale matière accessoire caractérisant une variété est la macle, qui se montre très souvent en cristaux imparfaits ou entrelacés; citons aussi les variétés pyriteuse et graphiteuse. Le leptynolilhe forme toujours des couches subordonnées, soit aux gneiss, soit, plus ordinairement, aux laïcités phylladiformes.

Minette. — Notre second sous-groupe comprend deux types d'importance inégale. Le premier, correspondant aux roches grenues, renferme les variétés de minette; le second, affecté aux masses compactes, contient les variétés de kératite (Cordier) .

La minette, désignée souvent aussi sous le nom de fraidronite, est une roche tenace, ordinairement noirâtre ou brunâtre, mais aussi parfois soit violâtre, soit verdâtre. Les principales variétés sont dues à la présence du quartz, de la chlorite, du calcaire, de la hornblende, etc. Cette roche constitue des filons dykes ou petits amas transverses dans les gneiss, les micaschistes, les talcichistes, les granités, lessyéniteset dans les terrains de transition; en raison de sa dureté et de sa ténacité, elle est exploitée pour le pavage des rues et pour le ferrage des routes ; on s'en sert aussi pour la construction des maisons, comme de véritable pierre de taille.

La keralite est d'un brun noirâtre, verdâtre, violâtre ou rougeâtre ; à la fois très dure et très tenace, elle se rompt en fragments irréguliers à bords aigus : elle est

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absolument adelogène. La keralite existe dans diverses localités, telles que le ravin inférieur de Baréges, dans les Pyrénées où elle se montre en abondance. Elle forme un vaste système, imparfaitement stratifié et succédant au gneiss dans la partie la plus élevée des plateaux montueux qui occupent le centre du grand massif de montagnes de la forêt Noire (grand-duché de Bade). Ce système est coupé par la route de Fribourg à SchafTbausen dans sa portion située entre les groupes au nord-ouest de Leuzkirch et le lac Titisée. On trouve aussi la keralite dans les montagnes de la rive droite du Doeisam, entre Fribourg et Zurten. Enfin, elle constitue des couches souvent puissantes et subordonnéesaux micaschistes, près et k l'ouest sud-ouest de Schweibez, eu Saxe (Ch. d'Orbigoy). Le pavage et l'empierrement des routes sont les priucipaux usages de cette roche.

Kersanlon. — Enfin les roches de notre troisième sous-groupe sont connues des lithologistes sous les noms de kersanlon ou de kersantite.

Comme les précédentes, c'est une roche de couleur foncée; elle est peu dure mais très tenace, tantôt à grains moyens, plus souvent à grains fins. La texture en est poreuse et les pores sont souvent remplis de calcaire provenant sans doute d'infiltration.

Les priucipales variétés sont dues à la présence de l'amphibole, du calcaire, du quartz, de la chlorite, du grenat, etc.

Les terrains primitifs, ainsi que les terrains sédimentaires anciens, renferment seuls le kersanton. Il y forme, soit des enclaves transversaux, soit des filons-dykes, son nom lui vient de celui du village de Kersanton près Brest, oij il est très abondant ; on le retrouve dans les Vosges.

Grâce à la propriété que possède le kersanton d'être à la fois très tenable et facile à tailler, on s'en sert souvent non-seulement pour le pavage et les constructions, mais aussi pour la sculpture. Beaucoup d'églises bretonnes sont décorées de nombreuses corniches et de chapitaux de kersanton. ,

5o^ Groupe. — Roches essentiellement formées de feldspath et de talc. \

L'association du feldspath et du talc constitue une roche que Juriue a désignée

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sons le nom de dolérine. On la confond souvent avec le talcschisie. Cette roche est à grains fins et constitue souvent de petits lits dans l'étage des talcsehistes. La dolérine se montre au mont Rose, en Piémont, dans le Tyrol autricliien, etc.

56* Groupe. — Roches esaerdiellement formées de schiste et d'andalousite.

Ce sont des roches de trnnsitioa essentiellement porphyroïdcs, abondantes, par exemple, dans diverses localités de la Bretagne.

57* Groupe. — Roches essenlieUemenl formées de péridot et de pyroxène.

On a donné le nom de Iherzolithe au mélange du péridot et du pyroxène. Ce dernier minéral se présente à la fois à l'état d'enslatite et de diopside, de façon qu'à première vue la roche paraît ternaiic.

Les Iherzolithes se répiirtissenten trois types principaux, suivant qu'elles sont granulaires, compactes ou clastiqries. Les variétés les plus importantes sont caraeiérisées par l'anthophyllite, le fer titane, le spinelle picotite, etc.

Dans les Pyrénées, la Iherzolithe forme, notamment au bord du lac de Llierz(Ariége), de petits enclaves transversaux dans les terrains jurassiques. On la retrouve dans beaucoup d'autres localités, comme le Tyrol, la Toscane, le Nassau^ etc.

58« Groupe. — Roches essentiellement form'-es (le daux silicates d'alumine et de

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