PROTOXYDE
Ces roches renferment comme minéral commun de la mellilite; nous les répartirons en deux sous-groupes dont l'un contient les roches à néphéline et l'autre les BOches à amphigène,
Cccili'.e. — La cécilite de Cordier, caractérisée par la néphéline, est une roche grisâtre, gris verdâtre ou blanchâtre, souvent cellulaire, que l'on confond fréquemment, à cause de son aspect, avec la téphrine. Elle forme des assises dans le sysième volcanique démantelé et tertiaire des montagnes de Frascati et de Capo di Bove, près de Rome : celte ville eu est en partie pavée.
TuscuHte. — Les roches appelées tusculiie sont très analogues aux précédentes, à la
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fols par rns[)ect et par le gisement. Elle» en diffèrent par la substitution de l'amphigène à la néphéline.
59* Groupe. — Roches essentiellement formées de MICA ET de silicate d'aldmine.
Le silicate alumineux pouvant être de la macle ou de la staurotide, il faut distinguer ici les deux sous-groupes suivants.
Macline. — La mocline est une roche noirâtre ou LrunàLic, très tenace et fréquemment à grains fins. Lorsque ses éléments sont en grains microscopiques, la détermination devient très difficile, aussi a-t-elle été confondue par divers lithologistes avec le trapp dont elle est cependant absolument différente par sa composition minéralogique.
La roche qui nous occupe offre des gisements dilTérents : le type porphyroïde renfermant des cristaux déterniinables de macle, se trouve en assises puissantes à la partie supérieure de l'étage des micaschistes. Le type compacte constitue des couches dans l'étage des talcsehistes phylladiformes. Aux environs de Baréges (Hautes-Pyrénées), la macline joue un rôle fort important; on la trouve en outre en Suisse, en Saxe, aux États-Unis, etc.
Staurolite. — Las^awroWeestanaloguepar l'aspect à certaines variétés de la roche précédente; elle admet, comme minéraux accidentels, le graphite, le grenat noir et la pyrite magnétique. Elle constitue des strates subordonnées aux micaschistes, par exemple en Bretagne et en Suisse.
Il"- Série. — iiilieate et carbonate.
60'' Groupe. — Roches essentiellement fo>' mées de silicate d'alumine nyoRATÉ et de
calcaire.
Nous ferons quatre sous-groupes de ces roches, suivant qu'elles renfermeront de Vdigile, de Vargilile, du schiste ou du phyllade mélangé au calcaire.
Marne. — Les roches de notre premier sous-groupe sont connues sous le nom de marnes. Elles forment deux types principaux d'après leur texture qui peut être terreuse ou schisloide. Les variétés sont extrêmement nombreuses et participent à la fois de celles que nous avons citées aux roches
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nnitaires, à propos du silicate d'ulumiae hydraté et à propos du calcaire.
La marne est une roche d'apparence simple, quelquefois plastique, qui forme des couches, des amas et des filous. Elle est tendre, friable, happante à la langue. Son aspect est terne; ses couleurs sont le blanc. Je gris, le bleuâtre, le verdâtre, le rougeâtre, le jaunâtre, le brunâtre, le noirâtre, unies ou bigarrées. Les marnes sont très abondantes dans la nature, et forment quelquefois à elles seules des dépôts considérables. On les emploie à l'amendement des terres, et les plus argileuses servent à la fabrication de poteries.
Marnolile. — Dans notre second sousgroupe se placent les roches désignées sous les noms de marnolile et à''albérèse.
On doime le nom de marnolite à des marnes endurcies par un ciment siliceux. La marnolite est une roche non susceptible de faire pâte avec l'eau. Sa cassure est mate, terne et terreuse; ses principales variétés sont sableuses, bitumineuses, ferrugineuses. Fréquemment on la trouve sous forme de rognons, qui, par suite de retrait, sont tantôt cloisonnés ou étoiles, tantôt géudiques, avec cavités tapissées de cristaux de calcite et quelquefois de quartz hyalin. Ces boules portaient anciennement les noms de ludus et de sepcaria qu'on leur conserve encore quelquefois. La marnolite se trouve en couches, amas ou rognons dans le terrain silurien, daus le zechstein, le muschelkalk, lé lias, le terrain crétacé, le terrain tertiaire. Quelques variétés reçoivent les mêmes applications agricoles que la marne.
L'albérèse, comprenant le marbre ruiniforme de Florence, est une roche dure, compacte, susceptible de poli et présentant souvent des nuances agréables de jaunâtre et de gris, qui la font rechercher pour l'oruementaiion. Cette roche se trouve dans les terrains uuminulitiques de la Toscane.
Cahchiste. — Notre troisième sous-groupe correspond à peu près au calschisle de la plupart des lithologistes.
Le cahchiste forme des couches à structure généralement schistoïde, présentant parfois de grands feuillets semblables à ceux du phyllade tégulaire. Il est cohérent; ses couleurs sont le bleuâtre, le grisâtre, le
rougeâtre, le verdâtre, souvent unieâ, quelquefois veinées et tachetées de blanc. On doit citer les variétés pyriteuse et bitumineuse.
Calcaire phylladifère. — Enfin nous plaçons dans notre dernier sous-groupe les roches désignées sous le nom de calcaires phylladifères.
Le calcaire phylladifère, comprenant le marbre campan, le marbre rouge antique, la griotte d'Italie, etc., est une roche qui présente des couleurs vives et très variées, dues surtout à la matière phylladienne, en général parfaitement distincte et formant des veines ou des zones. Cette roche appartient surtout aux terrains cumbrieu^ silurien, dcvonien, jurassique et crétacé. La Suisse, le Piémont, les Pyréaés, la renferment en abondance.
6i* Groupe. — Roches essentiellement formées de mica et de calcaire.
Ces roches portent le nom de micalcire^ proposé par Boubée. Elles sont tantôt homogènes, tantôt cristaliifères, et appartiennent à l'étage des micaschistes. On les emploie comme pierres d'ornement. Les variétés très riches en mica sont quelquefois zonaires et présentent alors le faciès du gneiss.
62» Groupe. — Roches essentiellement formées d'HYDROSU.ICATE DE UAGNjÉSlB ET DE CALCAIRE.
Le silicate magnésien est tantôt du talc et tantôt de la serpentine : de là deux sousgroupes correspondant l'un au cipolin, l'autre à l'ophicalce.
Cipolin. — Le cipolin est confondu quelquefois avec l'ophicalce. Il se divise en plusieurs types, suivant qu'il est uniforme, zonaire, glandulaire ou pseudo-fragmentaire. On le rencontre dans l'étage des talcschistes cristaliifères.
Ophicalce. — On donne le nom d'opfetcalce à des roches qui forment des couches, des amas, peut-être des filons. Leur texture est saccharoïde, compacte , bréchiforme ou nodiiia/re. La couleur des matières talqueuses est souvent verdâtre, et celle du calcaire blanche; quelquefois celui-ci est rougeâtre. L'ophicalce est ordinairement subordonné dans les talcschistes et les serpentiues. 11 donne des marbres estimés, tels que le vert antique, le sarancolin, etc.
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63* firoupe. — Roches essentiellement formées d'amphibole et de calcaire.
Vhémilhrène forme des bancs, des amas ou des filons à texture granitoïde ou porphyroïde. Sa couleur est ordinairement le vert tacheté de blanc. Ses variétés principales sont dues à la présence accidentelle du feldspath, du mica, de la magnétite, etc. L'hémithrène est une roche peu abondante.
3e Division. — ROCHES TERNAIRES.
C'est-à-dire formées par le mélange de trois minéraux essentiels.
18^ Série. — Un oxyde et deux silicates.
64* Groupe. — Roches essentiellement formées de QUARTZ, DE FELDSPATH ET D'HYDRO- SILICATE D'aLDMINE (pHYLLADe).
Ces roches, assez mal définies jusque dans ces derniers temps, ont reçu le nom de grauwacke, nom qui est souvent employé pour désigner des roches très différentes, faisant partie des grès ou des masses analogues. La définition que nous adoptons pour la grauwacke est développée d'une manière remarquablement précise dans l'excellent ouvrage que M.Ch.d'Orbigny vient de publier.
La grauwacke est une roche grenue à parties plus ou moins fines; elle est à la fois dure et tenace; les couleurs, ordinairement grisâtres ou gris verdâtre, varient suivant la quantité de silicate alumincux que la roche contient. Elle renferme souvent des fragments, soit roulés et arrondis, soit anguleux, composés communément de feldspath, de quartz, de phyllade et parfois de phtanite ou de porphyre. C'est l'une des plus anciennes roches sédimentaires et elle s'est formée aux dépens des terrains primitifs, notamment des terrains talqueuxet des premiers dépôts phylladiens. On y trouve des restes organisés, qui fixent aux époques cambrienne et silurienne l'âge des masses puissantes qu'elle constitue. Quand elle n'est point altérée, la grauwacke est exploitée comme pierre de construction; les anciens en faisaient des haches. Les Vosges, la Bretagne, la Normandie, la Provence, les Alpes, le Hartz, contiennent de lagrauwacke. On l'a désignée quelquefois sous le nom d'euritine.
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65* Groupe.— fioch es essentiellement formées
de QDARTZ, DE FELDSPATH ET DE MICA.
Ces roches, dont l'importance géognostique est capitale, se divisent en trois sous-groupe; : Le premier renferme les masses connues sous le nom de granités, et résultent du mélange du quartz avec l'orthose et la mica ordinaire. Le second est consacré aux protogines, qui diffèrent des précédents en ce que le mica est d'une nature spéciale qui se rapproche du talc Le troisième, moins nombreux, correspond au rappakiwi, dans lequel l'orthose cède partiellement la place à l'oligoklase.
Granité. — Le granité est une des roches les plus importantes. Nous les divisons en trois types principaux, d'après sa structure qui peut être grenue, porphyroïde ou schistoïde. A ce dernier type se rapporte une foule de roches que divers lilhologistes séparent sous le nom de gneiss. Le granité est une des roches qui passent le plus facilement à la composition caractéristique de groupes différents, ainsi que nous avons déjà eu l'occasion d'y insister. Les variétés sont extrêmemejit nombreuses et dues, entre autres, au mélange de la pinite, de l'amphibole (syénilite de Cordier), du talc, de l'oxyde d'étain, etc.
On retrouve le granité dans des pays très divers, etil constitue à lui seul, dans les deuxbémisphères, des contréesd'uneétendue considérab'e. En général, il forme l'axe minéralogique des montagnes élevées ; et il constitue aussi des contrées tourmentées, des protubérances centrales surgissant comme des îles au-dessus des terrains qui enveloppent leur base.
Quoique le granité soit la base sur laquelle les terrains stratifiés se sont déposés, on ea cotmalt de date très moderne, par exemple, l'île d'Elbe renferme dans sa partie occidentale un vaste massif granitique dont le Monte Capanna est le point culminant et qui déborde au-dessus du terrain tertiaire nummulitique.
La difficulté de tailler le granité ne le fait employer, dans les constructions, qu'à défaut de toute autre roche. Cependant on le recherche pour en revêtir les massifs dont on veut éterniser la durée, pour les trottoirs des rues, des quais, etc.
Protogine. — La prologine diffère à pre-
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mière vue du granité, par la couleur vordâtre de son mica lalqueux. Ses types sout en rapport avec le> structures granitoïde, porphyroide, glandulaire et schistoïde qu'elle peut présenter. Le nombre de ses variétés est très considérable : le mica, la chlorite, l'amphibole, l'asbeste, le grenat, etc., sont les principaux minéraux qui peuvent les caractériser.
La protogine constitue toujours de puissantes assises stratiformes dans l'étage des talcschistes cristallifères : «C'est donc à tort dit M. Ch. d'Orbiguy, que la plupart des géologues la considèrent comme une roche d'épanchement formée à la manière des graniles. Cette erreur résulte de ce que la protogine à gros grains a souvent un aspect granitoïde et n'est stratifiée que d'une manière peu distincte (en grand, et par assises): telle est, par exemple, la protogine qui forme le sommet du mont Blanc. Mais pour la protogine à grains fins, la stratification est parfaitement marquée et souvent même la roche est schistoïde. Les deux variétés (à gros grains et à grains fins) contieunentd'ailleurs des couches subordonnées de diverses roches, notamment de talcschiste, de pétrosilex et de serpentine straliforrae, ce qui prouve la stratification de tout le système, n La protogine est employée aux mêmes usages que le granité.
Rappakiwi. — Le rappakhvi, ou granitite de Gustave Rose, se rencontre surtout en Finlande. Dans ce pays, il est formé de feldspath orlhose rougeâtre, de quartz gras, d'un peu de mica noir, et enfin de feldspath olisoklase, qui, disséminé dans la masse d'une manière irrégulière, forme souvent une sorte d'auréole autour des cristaux d'orthose. On exploite depuis longtemps cette roche dure pour les grands travaux maritimes de la Finlande, les fortifications de Cronstadt et celles de Saint-Pétersbourg. On s'en est servi aussi pour construire la cathédrale de Saint Pétersbourg et la colonne commémorative élevée à l'empereur Alexandre. Mais on a reconnu depuis peu que le rappakiwi s'altère assez rapidement.
66'^ Groupe. — Roches essentiellement formées de quartz, dk feldspath et de