‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 77 sur 173 · V. Salamandra, Laurenii partim; Ch · texte numérisé non relu

V. Salamandra, Laurenii partim; Ch

Bonap. {Fauna ital.). — Langue médiocre , subcirculaire, libre seulement sur les côtés; dents très petites; deux séries palatines flexueuses, écartées à leur milieu, convergentes ailleurs; parotides grosses; peau lisse, glanduleuse; côtes médiocres; queue longue, grêle, arrondie; doigts épais, courts, libres.

La principale espèce de celte division est la Salamandre maculée , Salamandra maculosa Laurenti , appelée aussi Salam. vulgarisa te7Testris. Elle existe principalement dans l'Europe centrale et on la trouve dans beaucoup de localités en France. Sa longueur égale 0,10 environ; sa couleur générale est d'un noir luisant, légèrement

SAL

teinté en dessous de rose avec de grandes taches d'un jaune vif.

Cette espèce, à laquelle paratt appartenir principalement l'honneur d'avoir suggéré tous les contes absurdes que l'on a débités pendant si longtemps et que l'on débite encore au sujet des Salamandres dans beaucoup d'endroits, est un animal parfaitement inoffensif, et dont l'observation donne lieu à beaucoup de remarques intéressantes pour l'histoire naturelle. Elle vit principalement dans les bois, surtout dans les parties humides, soit sous la mousse, soit dans les herbes, soit dans les conduits souterrains.

Elle sort de préférence la nuit et se nourrit de Vers, de petits Mollusques et d'Insectes. On la conserve facilement en captivité, et elle peut y rester plusieurs mois sans prendre de nourriture. On s'aperçoit toutefois, à son amaigrissement, de la souffrance plus ou moins longue qu'elle a éprouvée.

Bien différentes sous ce rapport des Tritons ou Salamandres aquatiques de nos pays, les Salamandres terrestres sont ovovivipares. Leurs petits, assez nombreux pour chaque gestation dans cette espèce, se développent dans les oviductes, et lorsqu'ils viennent au monde ils ne diffèrent guère, à l'extérieur, des adultes que par la présence de branchies , par leur queue qui est comprimée au lieu d'être carénée et par un autre mode de coloration : leur vie est alors tout-à-fait aquatique, aussi les femelles vont-elleslesdéposerà l'eau àmesurequ'elies les mettent bas. On peut avec des soins obtenir ce résultat en captivité, et nous y avons réussi en plaçant au milieu d'une caisse, dans laquelle nous tenions des Salamandres terrestres, une simple assiette remplie d'eau. Le nombre des petits est assez considérable et peut même dépasser trente. Les conditions au milieu desquelles la mère s vécu accélèrent ou ajournent sa ponte; si l'on prend dans les bois des Salamandres pleines, et prêtes à déposer leur fardeau , on peut , en leur ouvrant le ventre , en tuer les fœtus tout vivants. C'est ce que dom Saint-Julien , bénédictin de la congrégation de Cluny, avait déjà constaté, ainsi que nous l'apprend la lettre qu'il a écrite à Lacépède et que ce dernier a publiée (1), Toutefois, c'est par erreur que l'auteur cité

(i) Çuadr.ovip.,X,ll,i9g, T, XII.

SAL

leur accorde deux fortes napeoircs antérieures et leur refuse les pieds de derrière; il a pris les branchies pour des nageoires et il n'a pas vu, ce qui était pourtant facile, que les quatre pattes existent déjà. Nous nous sommes assuré qu'il en est bien ainsi, et Funck, qui a publié , en 1827, un livre intitulé de Salamandrœ terreslris vita , evolutione et formalione, l'avait également vu. Dom Saint-Julien n'a gardé que 24 heures les larves de Salamandres qu'il avait ainsi extraites chirurgicalement du ventre de la mère ; nous avons conservé près d'un moi§ celles que nous nous sommes procurées par le même procédé.

On a signalé comme une variété bien distincte dans l'espèce des Salamandres maculées, sous la dénomination de S. macuhs rubris notata (Burquet, Soc. linn. de Bordeaux, 1845), une Salamandre plus petite, à taches peu nombreuses, ne formant point de bandes et rouges au lieu d'être jaunes. Cette variété est du département de la Gironde. Nous signalerons en même temps une autre espèce propre au même département, etqueBory(Dicf.c;ass., t. XV, p. 68)appelle S. variegata. Celle-ci a une ligne médiodorsale d'un rouge orangé plus ou moins vif et quelquefois de semblables sur les côtés; son ventre est rougeâtre. M. Bragnier dit l'avoir prise aussi auprès de Toulouse. Le même auteur décrit dans les Éléments de la Faune française, d'après M. (,esson , une autre Salamandre sous le nom de S. elegans. Celle-ci est des environs de Rochefort. Il serait bon de la comparer avec le Triton marmoralus , ce que nous n'avons pu faire.

Est-ce bien une vraie Salamandre quo Bory {loco citato) a décrite sous le nom de 5. funebris, d'après quelques exemplaires qu'il avait vus en Andalousie. Personne ne l'a encore constaté.

Le même doute n'est pas permis au sujet de la Salamandre corse [S. Corsica Savi), qui est de Corse et de Sardaigne. Celle-ci ressemble bien plus à la Salamandre maculée. La dernière espèce que l'on cite actuellement dans ce genre est la Salamandre NOIRE {S. aira), du Piémont, de la SuissCj de l'Allemagne méridionale et mêmedes environs de Metz où M. Hollandre a constaté sa présence. Elle est noire. Nous avons déjà 17*

SAL

dit a l'article reptiles qu'elle ne met bas que deux petits à chaque portée.

VI. MoLGE, Merrem, partim; Bonaparte (Fa«no t7al.).—PsEi]D0-SALAMANDRA,Tschudi.

— Yeux grands ainsi que l'ouverture de la bouche; langue grande, ovale, adhérente par son milieu; dents palatines disposées en forme de V ; parotides fortes; peau lisse sans tubercules dorsaux, ni pores latéraux; queue comprimée près de sa pointe; pattes courtes.

Molge striata Merrem. — Salamandra Nœvia Schlegel. Du Japon.

VII. Ambystoma, Tschudi. —Tête forte, convexe; langue médiocre, subcirculaire, libre sur ses côtés; dents palatines nombreuses en série transversale interrompue ; parotides faibles; peau lisse; sans pores dorsaux ni tubercules sur les flancs ; queue arrondie, oblongue.

Salamandra subviolacea Barton. De l'Amérique septentrionale.

VIII. Onïchodactylus { ovuÇ , ongle ; ôûy- Twios, doigt), Tschudi. — Dactylonyx, Bibron. — Tête élargie, arrondie; langue subcirculaire allongée; dents palatines en ligne transverse, onduleuse; parotides peu visibles; point de pores dorsaux ni latéraux; queue sub arrondie; doigts revêtus, à certaines époques, à leur extrémité de petits ongles cornés; c'est une disposition que l'espèce type de ce genre et le Dactylèthre présentent seuls parmi les Batraciens.

Salamandra Japonica Houtt. et Scbiieider; Salamandra unguiculata Temm. et Schlegel ; Onychodaclylus Schlegeli Tschudi. Espèce propre au Japon.

IX. Plethodon, Tschudi. — Phatnoma- T0RK1NA, Bibron. — Des dents petites nombreuses sur toute la région buccale du crâne; parotides faibles; peau lisse sans pores dorsaux ni latéraux; queue arrondie.

Salamandra glulinosa Green. Des États- Unis.

X. Cylindrosoma (xihvSpoç, Cylindre; cStAM, corps), Tschudi. — Langue grande; dents palatines rangées sur deux séries allongées; peau lisse; corps allongé, grêle; queue longue, subcomprimée; quatre doigts devant et cinq en arrière.

Salamandra longicauda. De l'Amérique «eptentrionale.

Page 1