‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 78 sur 173 · XI. OEdipus (oc(S/w, J'enfle; -noûç, pied · texte numérisé non relu

XI. OEdipus (oc(S/w, J'enfle; -noûç, pied

SAt

Tschudi. — Langue petite, uniquement fixée par sa partie centrale; dents palatines nombreuses; peau lisse.

Salamandra plalydactyla Cuvier. De Mexico.

XII. Batracboseps (ÇaToaxoç, grenouille; <Jr,^l), seps), Bonaparte {Faim. ilal.). — Corps fort long; peau lisse; queue arrondie; membres courts, très distants, à quatre doigts.

Salamandra attenuala Eschsch. De la Californie.

XIII. HEMODACTYLina {-niu, demi; Sdxrv- Xoç, doigt), Tschudi. — Langue très longue, aiguë, large à la base, entièrement adhérente; dents palatines en séries ; peau presque lisse; tronc court; membres pourvus de quatre doigts réunis à leur base par une membrane.

Salamandra scutata Schlegel. De l'Amérique septentrionale.

XIV. Cynops (xuuv, chien; â^, faciès), Tschudi. — Tête large, aplatie; langue très petite, entièrement adhérente; dents palatines très petites, disposées sur deux longues séries; des parotides; peau granuleuse; tronc court; membres courts, robustes, les antérieurs à quatre doigts et les postérieurs àcinq.

Molge pyrrhogaslra Boié {Isis, 1826), ou Salamandra subcrislala Schlegel. Du Japon.

XV. HYNOBins, Tschudi. — Langue très grande, entière et adhérente; dents palatines disposées en séries obliques; parotides nulles; queue en partie comprimée, courte; membres courts, forts, les antérieurs à quatre doigts, les postérieurs à cinq.

Salamandra nebulosa Schlegel. Du Japon.

XVI. Mycetoglossus (^avxn;, champignon ; yliâdTa, langue), Bibron. — Pseudo-Triton, Tschudi. — Langue petite, orbiculaire, entière, simplement adhérente par son centre, en forme de champignon; dents palatines disposées le long de la ligne médiane en deux petits groupes arqués; corps long, cylindrique; queue courte, comprimée.

Triton subfuscus ou Salamandra rubra. Des États-Unis.

XVII. Geotriton {y~i , terre; rpizav, triton), Ch. Bonaparte. — Langue grande, circulaire, fixée par son centre au moyen d'uu pédoncule grêle et extensible ; dents très pe-

SAL

tites ; deui séries antérieures de dents palatines et deux postérieures; point de parotides ; peau lisse, mince, molle ; point de côtes ; queue longue, ronde; membres allongés; grêles; doigts courts, épais, palmés; point de verrues plantaires.

Geoirilon fuscus Ch. Bonaparte ( Faun.

Ital.; Amph. Europ., p. 67). Cette espèce, appelée aussi S. Savii et S. Genei, se trouve dans l'Italie centrale et méridionale, ainsi qu'en Sardaigne.

XVIII. EupROCTUs(£u, bien ; .TrpoîxTo;, croupion), Gêné {Beptiles de Sardaigne, 1840) ; Megapterna ( pE^aç, grand ; Tzrépva, base ), Savi {N. Giorn. lelter., 1839). — Langue grande, déprimée à peine, libre par ses bords latéraux et postérieurs; dents maxillaires assez grandes, courbées ; deux séries de dents palatinqj droites, divergentes; point de parotides; peau granuleuse; région anale des adultes en forme de cône saillant, terminé par l'ouverture cloacale; côtes bien développées, mobiles ; queue longue, subcomprimée; membres robustes; doigts longs, grêles, libres; point de verrues plantaires ; un arc osseux à la région sourcilière.

Molge platycephalus Otto ; Euproctus Rusconii Gêné; Megapterna montana Sayi.

De Sardaigne et de Corse.

Use pourrait que le ^ente Euproctus existât aussi dans les Pyrénées. Un exemplaire du Triton glacialis Philippe , du lac Bleu , près Bagnères de Bigorre, nous a montré, ainsi qu'à M. Westphaell , dans la collection duquel il est déposé, la saillie anale qui caractérise les Euproctus; mais nous ne lui avons pas reconnu tous les autres caractères de ces derniers. Depuis lors nous avons reçu de M. Philippe et sous le même nom deux exemplaires chez lesquels la saillie des organes génitaux n'existe pas. Ces deux derniers sont-ils bien de la même espèce que celui de la collection de M. Westphaell? Nous n'osons l'afGrmer; c'est un sujet à étudier de nouveau.

XIX. Triton, partim Laurent! {Reptil., 1768). — Triturus, Rafinesque. — Oiaccrds, Leuckart, Fitzinger {Syst. Rept., 1843). — Langue médiocre, ovale, papilleuse, libre seulement sur ses côtés; dents maxillaires assez grandes ; deux séries de dents palatines; point de parotides; peau lisse, molle, granuleuse; côtes très courtes, grêles ; queue

SAL

à peu près égale au corps en longueur, comprimée; doigts allongés, grêles, libres, lobés ou incomplètement palmés; des verrues plantaires.

Aux Tritons appartiennent plusieurs espèces européennes , toutes différentes des vraies Salamandresou Salamandres terrestres des mêmes pays par leurs formes extérieures, par leur genre de vie et par leur mode de reproduction.

Ces animaux sontabondants partout, dans les eaux stagnantes, les marais et les étangs. Les environs de Paris en possèdent plusieurs espèces. Là, comme dans beaucoup d'autres localités de France, tous les jeunes naturalistes les ont recherchés avec curiosité, suivant les variations que l'âge, le sexe, la saison apportent aux formes et à la coloration parfois très vive de ces petits animaux. On les appelle vulgairement Lézards d'eau. Autant ces Reptiles sont lents et embarrassés à la surface du sol, autant ils sont adroits et vifs dans l'eau. Leur queue comprimée est une rame dont ils se servent avec dextérité, et comme ils n'ont , grâce à leurs poumons chargés d'air, qu'une densité spéciflque à peine différente de celle du liquide au milieu duquel ils sont plongés, une petite dépense de forces suffit aux besoins de leur locomotion.

Quand les mares se sont desséchées et dans d'autres circonstances encore, les Tritons s'éloignent plus ou moins des eaux. On voit souvent sous les pierres humides, dans la mousse, etc., des Salamandres du genre Triton , et quelquefois elles sont assez éloignées des eaux. Leur queue est moins comprimée, et les mâles n'ont de crête ni sur cette partie du corps, ni sur le dos. Au contraire celles qui sont restées dans l'eau ont la queue très amincie et, pendant la saison des amours, les mâles ont sur tout le dessus du corps, sauf sur la tête, une crête mince et frangée. Leurs couleurs sont également très vives et très variées pendant cette partie de l'année.

Ces animaux font entendre un petit bruit qui leur est propre , et lorsqu'on les touche ils répandent une odeur tout-à-fait caractéristique. Nos différentes espèces de Tritons sont ovipares et non ovo-vivipares comme les Salamandres terrestres. Quand on prend des femelles au moment de la

SAL

poriie, elles se débarrassent dans les vases remplisd'eau, où on les a placées, d'une parlie de leurs œuTs. Ceux-ci tombent au fond de l'eau et on les retrouve par petits chapelets de trois, quatre ou quelquefois cinq ou six. C'est ce qui a fait dire a G. Cuvier et à d'autres auteurs, que les œufs des Tri ions fécondés par la laite qui pénètre avec l'eau dans les oviductes sortent en longs îhapelels. Mais ce n'est pas ainsi que les Tritons libres ou même ceux que l'on retient dans des vases commodes et appropriés se condensent. Les màles recherchent avec ardeur les femelles, et les agaceries dont ils les poursuivent montrent bien que la fécondation n'est pas, chez eux, un simple fait d'excrétion. Les femelles n'abandonnent pas leurs œufs à mesure qu'elles les pondent, et au lieu de les laisser tomber en chapelets au fond de l'eau, elles les déposent un à un sous les feuilles aquatiques des Persicaires, des Graminées, etc., ayant soin de les y coller et de replier sur chacun d'eux la feuille qui devra le protéger. C'est ce que M. Rusconi a vu et décrit avec beaucoup de soin dans l'ouvrage qu'il a publié, en 1821, sous le titre piquant d'i4mou/s des Salamandres aquatiques , et c'est ce dont nous nous sommes plusieurs fois assuré.

On doit au même auteur tout ce que la science possède relativement à l'embryogénie de ces animaux. A la sortie de l'œuf les jeunes Tritons manquent de pattes, ils ont des branchies extérieures qu'ils conser ve'ront jusqu'à ce qu'ils deviennent adultes, et ils portent en avant des branchies une paire de petits appendices que M. Ruscoiii appelle crochets et qui servent a les fixer. Ces appendices disparaîtront vers l'époque où se développeront les pattes antérieures et celles-ci se montrent quelque temps avant les postérieures. Les larves des Tritons conservent leurs branchies extérieures après le développement de leurs quatre pattes.

Lorsqu'on aura étudié le mode de parturition et la forme des jeunes sur un plus grand nombre d'espèces de Salamandrides, les caractères qui seront ainsi constatés devront être préférés, pour la classification de ces animaux, à ceux d'après lesquels on les partage aujourd'hui en Pleurodelini et Salamandrini.

Ces animaux ont été souvent étudiés par

SAL

les organologistes.Leur force de rédintégratien , la possibilité qu'ils ont d'être congelés sans en mourir et quelques autres faits non moins curieux les ont rendus célèbres en physiologie.

Triton marbré. Triton marmoralus Daudin. Cette espèce, que Latreille a nommée Triton Gesneri, est plus commune dans le midi de l'Europe, principalement dans le midi de la France. Elle est assez commune aux environs de Montpellier, sous les pierres et plus ou moins loin des eaux. On la trouva aussi aux environs de Paris, particulièrement à Fontainebleau, mais elle y est beaucoup plus rare. Elle est moins aquatique que les autres et on l'a quelquefois considérée comme un Geotrilon. Sa taille égale presque celle de la Salamandre terrestre. Ses couleurs sont un mélange agréable de vert, de brun et de jaune. Les femelles que nous avons observées avaient l'ovaire chargé d'un nombre considérable d'œufs.

Triton cbèté , Triton cristatus. Plus aquatique que le précédent mais de même taille ; il est noirâtre, avec le dessous du corps orangé, varié de taches noires ; ses côtés sont finement ponctués de blanc; ses crêtes sont unies et bien développées à l'époque des amours; son corps est très abondamment fourni de cryptes mucipares ; sa lèvre supérieure recouvre en partie l'inférieure sur les côtés.

Ce Triton est commun dans une grande partie de l'Europe et, assure-ton, dans l'Asie occidentale et boréale. Il est fort abondant aux environs de Paris dans les mares voisines du bois de Meudon , mais on ne le trouve pas à Gentilly, qui est la principale localité du Triton punclatus. On lui a donné plusieurs dénominations.

M. Ch. Bonaparte rapporte à cette espèce le Triton carnifex de Laurent!, qui est remarquable par une bande médio-dorsale de couleur soufrée, mais il n'est pas certain que ce ne soit pas une variété du T. marmoralus. Des Tritons qui paraissent semblables au T. carnifex, se récoltent en Italie, en Languedoc et aux Pyrénées. Ils vivent dans des lacs.

Triton alpestre , Triton alpestris. Brun plombé avec le dessous du corps orangé. I) est d'un tiers plus petit que le précédent. Ses flancs ont une série de points noirs. Il

SAL

a également eu plusieurs noms et entre autres celui de Wurfbainii. On le trouve en Italie sur les Apennins, en Allemagne, en Suisse et plus rarement en France.

M. Baillou l'a signalé aux environs d'Abbeville.

Triton ponctué, Triton punclalus. Brun verdâtre avec le dessous jaune ou roussâtre et tout le corps marqué de gros points noirs, arrondis. Le mâle est crête pendant le temps des amours. La femelle, un peu plus petite, sans crête, et à ventre jaunâtre, a reçu le nom de Triton abdominal, Latreille l'ayant d'abord prise pour une espèce distincte. Différents auteurs ont décrit cette espèce sous d'autres noms.

Le Triton ponctué est de toute l'Europe; il est commun dans beaucoup de localités.

Triton palmipède , Triton palmalus. Un peu plus petit que les deux précédents, olivâtre avec la lêie rayée; le mâle a les pieds de derrière palmés, principalement au printemps, et la queue terminée par un filet fibro-cartilagineux. Ce Triton n'est pas rare aux environs de Paris, à Meudon et dans quelques autres localités ; on le trouve aussi aux environs de Lyon, de Montpellier et de beaucoup d'autres grandes villes ainsi qu'en Angleterre, en Allemagne et en Italie.

D'autres Tritons ont été décrits sous les noms de Triton Bibronii (Angleterre), vi^totus, etc. Les principales espèces sont celles que nous avons indiquées ci-dessus.

XX. XiPHONURA (?iVo;, épée ; oùpx, queue), Tschudi. — Dents palatines disposées sur une seule rangée transversale; peau granuleuse; queue longue comprimée, ensiforme.

Salamandra Jeffersoniana Green. Espèce de l'Amérique septentrionale. (P. G.)

* SALAMAMDRIDES. Salamandridœ.

REPT. — Nom de la famille qui comprend les Salamandres terrestres, les Tritons et les genres établis aux dépens des uns et des autres. Voy. salamandre. (P- G.)

*SALAMAIV1DR11VA. rept.— M. Ch. Bonaparte nomme ainsi une tribu de la famille des Salamandres. (P. G.)

SALAMAIVDROIDES. bept. — Voy.

Page 1