‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 82 sur 173 · GLOBULES DU SANG · texte numérisé non relu

GLOBULES DU SANG

lOO.O 100,0 100,0 100.0 Enfin, d'après les analyses que M. Duma r a faites, comme on l'avait conclu, du reste, des propriétés des globules du Sang, ces corps appartiennent à la famille des matières ali)uminoï(ies. Si le carbone qu'ils renferment s'élève à un chi-ffre supérieur à celui de la caséine ou de l'albumine, c'est que dans les globules rouges il existe une matière colorante bien plus carbonée qu'elle.

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JI résulte de ces dernières recherches faites par M. Dumas : premièrement, que la conversion du Sang veineux en Sang artériel ne peut s'accomplir que lorsque les globules sont intacts; et secondement, que toutes les substances qui dissolvent ces globules empêchent la matière colorante du Sang veineux de rougir au contact de l'air. M. Bonnet est arrivé, de son côté, au même résultat en opérant diversement. J'y avais été conduit, dit l'auteur, en remarquant l'action dilTérenle qu'exerce sur le Sang l'eau pure et l'eau sucrée. Si le Sang veineux tombe dans de l'eau pure, il y reste noir, quelle que soit la durée de son exposition à l'air; s'il est mélangé à de l'eau sucrée, il rougit à l'air avec plus de rapidité qu'il ne le fait lorsqu'il est sans mélange. Le résultat de ces deux expériences serait le suivant: dans le premier cas, les globules se dissolvent dans l'eau pure, et y perdent la structure nécessaire à l'absorpiion de l'oxygène ; dans le second cas, au contraire, ils conservent cette structure, parce que l'eau sucrée ne les dissout pas. Sachant ensuite, par le résultat de plusieurs expériences , que leSang versé dans de l'eau sucrée conserve sa structure, et que, jeté dans cet état sur un filtre, il fournit une sérosité incolore, les globules restant sur le filtre , M. Bonnet a pensé que l'on pourrait profiter de cette propriété pour reconnaître l'action que peuvent exercer diverses substances sur les éléments du Sang. En effet, que l'on f^sse dissoudre, dit-il, une substance quelconque dans de l'eau sucrée, qu'on verse du Sang au sortir de la veine dans cette dissolution, et qu'on jette le tout sur un filtre, si les globules restés sur celui - ci rougissent 9u contact de l'air , et que la sérosité passe incolore, la substance expérimentée peut être îonsidérée comme sans action sur les globules, puisque les phénomènes s'accomplissent comme si aucune addition n'avait été faite à l'eau sucrée. Au contraire, si le Sang veineux reste noir et que la sérosité traverse le filtre, plus on moins teinte par la matière colorante du .'^ang, l'action de l'cuu sucrée a été neutralisée; la substance employée altère les globules.

En expérimentant d'après ces principes, l'auteur a trouvé qu'un grand noriihre de substances animales et végétales , même '

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parmi celles qui exercent sur l'économie l'action la plus puissante, telles que la Ciguë, la Noix vomique, le Seigle ergoté et la Morphine, etc., sont sans influence sur les globules du Sang. Ainsi, si l'on mélange leur décoction à l'eau sucrée et au Sang, les choses se passent comme si l'on avait mélangé simplement le Sang et l'eau sucrée.

Les substances animales qui ont été sans action sur les globules sont : le lait , l'urine, le pus frais inodore , les décoctions concentrées de corne de Cheval et de laine de Mouton.

Quant aux substances qui enlèvent à l'eau sucrée la faculté qu'elle a de conserver les globules , et qui sont telles que le liquide , jeté sur le filtre , passe coloré en noir et ne rougit plus à l'air, elles sont extrêmement nombreuses d'après l'auteur; et en cela, les résultats obterius par M. Bonnet différeraient un peu de ceux auxquels M. Dumas est arrivé.

D'après les données actuelles, sur la possibilité d'isoler les globules du sang , il est donc facile d'étudier convenablement ces corpuscules sous le double point de vue physiologique et pathologique. Mais quelle est l'origine des globules? quelle métamorphose subissent-ils , et quelle est leur dernière phase de développement? C'est ce qu'il nous reste à indiquer ici avec quelques détails , pour terminer tout ce que nous avions à dire sur les généralités de cet article.

Le travail le plus complet qui ait été fait sur l'origine des globules du Sang, sur leur mode de formation et sur leur fin, est celui de M. Donné. Voici à cet égard quels sont les résultats auxquels l'auteur est arrivé:

Les globules du Sang , dit-il , ne sont pas tous identiques, ni au même degré de formation ; ils ne résistent pas tous de même à l'action des agents chimiques, et la différence de leurs propriétés indique qu'ils na sont pas tous au même état de développe^ ment.

Les globules sont le produit du chyle incessamment déversé dans le Sang ; ces globules se réunissent trois à trois ou quatre à quatre, et s'enveloppent d'une couche albumineuse en circulant avec le Sang ; ils constituent de cette manière les globules blancs.

Les globules blancs une fois formés chan-

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gent peu à peu de Tonne; ils s'aplatissent, se colorent, ei la maiière intérieure granuleuse devient homogène ou se dissout; ils fie transforment enfin en globules sanguins proprement dits ou en globules rouges.

Les globules sanguins rouges n'ont eux mêmes qu'une existence passagère; ils se dissolvent dans le Sang au bout d'un certain temps, et constituent ainsi le fluide sanguin proprement dit.

Certaines substances sont susceptibles de se transformer immédiatement en globules sanguins par leur mélange direct avec le Sang.

Le lait, qui par sa constitution organique, par l'état de ses principaux éléments et par ses propriétés physiologiques; a la plus grande analogie avec le Sang , est surtout propre à démontrer celte transformation.

Les injections de lait dans les veines d'un grand nombre d'animaux, en certaines proportions , ne produisent, en efl'et , aucune action délétère , et la nature des globules de ce liquide permet de le suivre et de le reconnaître partout.

Or, l'observation démontre que ces globules, injectés dans les vaisseaux, se transforment directement en globules sanguins, par le même mécanisme qui fait passer les globules du chyle à l'état de globules blancs, et ceux-ci à l'état de globules rouges.

La rate, d'après M. Donné, serait spécialement chargée d'opérer cette transformation. C'est du moins dans cet organe qu'il a trouvé le plus grand nombre de globules blancs à tous les degrés de formation.

L'examen de la circulation dans les organes les plus vasculaires ne montre en aucun point les globules sanguins sortant de leurs vaisseaux, pour aller se combiner aux organes ou aux éléments organiques; mais la partie séreuse du Sang transsude au travers des parois vasculaires , et c'est là probablement le fluide essentiellement organisateur.

Enfin les jeunes animaux , nourris avec d'autres substances que le lait, s'élèvent et se développent beaucoup moins bien que ceux auxquels on conserve le lait de leur mère ; et l'influence d'une nourriture mal appropriée peut aller jusqu'à altérer sensiblement la forme et la nature des globules du Sang.

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Sans vouloir, en aucune façon, contester ici les faits énoncés par M. Donné, faits qui, pour la plupart, ont été admis dans \^ science, ne voit-on pas que l'explication que l'auteur donne de la formation des globuk-» n'est point généralisable, si l'on peut s'exprimer ainsi, et qu'elle ne s'applique qu'aux animaux adultes qui versent leur chyle lom formé dans le torrent circulatoire? En efTet, d'où proviennent ces globules du Sang lors. qu'apparaît l'aire vasculaire du Poulet , pat exemple? Sans doute, dira-t-on, la substance vitelline est l'analogue du chyle; mais, en admettant même cela, ne devraiton pas assister à un même mode de formation des globules sanguins, et ne devrait oft pas voir les globules vitellins suivre les mêmes métamorphoses que les globules chyleux. Or, à cf égard, les auteurs ne sont pas d'un avis unanime ; et pendant que les uns veulent que les globules du Sang dérivent de petits globules vitellins, à noyau diaphane de 0°',0125 à ©".OlS, nommés organo-plasliques, les autres, et de ce nombre sont MM. Prévost et Lebert, admettent que les globules du Sang constituent une transformation directe de ces mêmes globules organo-plasliques. Ces derniers se dépouilleraient d'abord d'une partie de leur contenu granuleux et vésiculeux ; ceux de ces éléments qui restent dans leur intérieur prendraient une teinte jaunâtre ; ensuite ces globules deviendraient ellipsoïdes , et puis, plus tard, d'une couleur rougeâtre.

Bien qu'en réalité il y ait peu de dllférence entre les diverses opinions que nous venons de faire connaître relativement à la formation des globules sanguins , il nous semble évident pourtant que toutes les divergences d'opinion viennent de ce que les observateurs n'ont point toujours tenu un compte très exact de l'époque évolutionnaire , et qu'il suffit , dans ce cas , de quelques heures de difl'érence pour que les résultats ne s'accordent plus. N'y aurait-il pas là, en efl'et, autant de phases difl'érentes de la métamorphose que subissent les globules vitellins ; et ne serait- ce pas la cause de ces changements qui donnerait lieu à la formation des globules sanguins ? Notre opinion à cet égard est basée sur de nombreuses recherches d'ovologie et d'embryologie. Voiei, au surplus, en quelques mots , ce que nour

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