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avons établi , M. Baudrimont et moi , dans notre Mémoire sur le développement du fœtus , tout récemment couronné par l'Académie des sciences.
Le vitellus est constitué, comme on le sait, de granules et de vésicules qui ont des diamètres très différents, etc.; mais , dans l'origine, la membrane vilelline ne contient que de l'albumine liquide, dans laquelle nage la vésicule germinative ou de Purkinje. Les deux sphères concentriques , la vitelline et la germinative, sont l'une et l'autre transparentes; et si l'on soumet à l'action de l'eau de barite leur contenu , on voit au microscope, et à l'aide de ce moyen seulement, des globules albuminoïdes d'une extrême petitesse. Petit à petit, et à mesure que l'ovule prend du développement, il apparaît dans les deux sphères des vésicules rondes et transparentes, dont quelques unes semblent en contenir de plus petites. Ce sont ces vésicules qui, réunies deux à deux, trois à trois, etc. , sur plusieurs points de la sphère germinative, constituent les taches de Wagner; ce sont elles aussi qui forment, plus tard, les granulations vitellines, interposées entre cette sphère et la membrane vitelline. A mesure que ces vésicules vitellines s'accumulent et se pressent les unes contre les autres , en se remplissant par endosmose de particules qui se concrètent , la transparence de la sphère vitelline commence à diminuer, et c'est alors qu'insensiblement on voit disparaître la sphère germinative. Examiné en ce moment, l'ovule a un aspect jaunâtre , les vésicules vitellines sont entourées de quelques taches huileuses; quelques unes semblent contenir un noyau central, d'autres n'en ont pas, et plusieurs granulations ne semblent pas avoir d'enveloppe vésiculaire. Or c'est dans ces éléments divers qu'apparaissent , après la fécondation et sur l'oeuf couvé, les premiers globules sanguins , sans qu'on puisse dire, d'une manière bien positive, qu'ils résultent de la transformation des vésicules simples du vitellus , des vésicules vitellines concentriques , des vésicules à noyau ou à granulation , ou enfln s'ils proviennent des petites taches huileuses. Dans tous les cas, l'aire vasculaire se dessine au milieu d'une multitude de vésicules huileuses par l'apparition des globules sanguins , qui , en les
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écartant , tracent les ramifications vasculaires alors dépourvues de parois. Tous les changements que nous venons de signaler, et que nous avons souvent constatés sur les œufs en voie de formation et sur ceux soumis à l'incubation , nous permettent de croire que les globules du Sang prennent leur origine de vésicules vitellines particulières ressemblant à celles qu'on rencontre primitivement dans l'œuf, et qui , comme celles-ci, subiraient une métamorphose complète avant de constituer un globule sanguin. Il y aurait, d'après cela, une puissance organisatrice qui présiderait à la formation du vitellus , et qui ferait passer par une succession non interron)pue de changements la matière albumineuse et liquide qu'on rencontre dans l'ovule , de l'état de simple vésicule à celui de granulation vitelline entourée ou non d'une petite sphère; et puis une seconde puissance formatrice, qui produirait sur les molécules organiques de l'œuf, mises en mouvement par la fécondalion et l'incubation, des modifications d'où proviendraient les globules sanguins. La sécrétion ovarienne fournirait les éléments du vitellus ; la fécondation et les phénomènes variés de l'incubation donneraient lieu a la production des globules du Sang. Ci-s globules , une fois arrivés au maximum de leur développement, se dissoudraient dans le sérum , et constitueraient avec ce fluide une lymphe plastique ou organisatrice, qui donnerait lieu à la formation de tous les tissus organiques; mais cette dernière hypothèse n'est pas encore basée sur des données positives, et ne saurait, par conséquent, être acceptée dans la science sans réserve.
Si nous passons actuellement de ces considérations générales sur le sang des Vertébrés à l'étude de ce même fluide chez les Invertébrés, nous voyons que, pour ces derniers, la science est encore bien arriérée.
Le Sang des Mollusques serait composé , comme celui des Vertébrés, de vésicules et de plastique. Les vésicules sont sans couleur; la membrane qui les forme est inégalement granulée ou ridée. Elles ne contiennent pas de noyau ; de là, suivant quelques auteurs, la variété de forme que présentent ces globules.
Dans les Animaux articulés, on trouve que le Sang est transparent ou bleuâtre chez les
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Cruslacés, leurs globules sont diaphanes, et composés de petites vésicules. H est clair et limpide dans le Scorpion , et ses globules y sont ovales, et pointus ou ronds.
Dans les Insectes , le Sang est différemmeiit coloré, suivant les ordres et les familles , ou même les genres qui composent ce groupe d'Articulés. Les globules font d'un volume variable, sphériques ou granuleux.
Dans les Annélides, le Sang est plus ou moins coloré en rouge; les vésicules ou globules sanguins auraient 0,0002 de ligne ayant un bord inégal : chaque \ésicule est faiblement colorée en rouge jaune dans la Sangsue, et le sérum du Sang dans ce même animal est jaunâtre.
Enfin dans les Zoophvtes, on trouve encore des globules chez les Échinodermes , surtout chez ceu\ qui sont pédicules ; mais ces globules ne se rencontrent plus chez les Intestinaux et dans les Acaléphes,
Ce sont la , comme on le voit , des données de peu de valeur; mais, il faut le reconnaître, on n'a même pas effleuré I étude du fluide nourricier chez les animaux inférieurs , et cette étude , qui laisse un champ vaste à l'observation, ne sera pas stérile au point de vue surtout des pliénouienes si importants de la Nutrition et de V Accroissement. Voy. res mots. (Martin Saint-Ange.)
SAl\G-DriAGO\. CHiM. —Suc résineux produit, par la Moutouchie Sang-Dragon.
Voy. PTÉROCARrE.
SAXGLIER. MAM. — Le Sanglier est l'animal sauvage d'où descend le Cochon domestique {voy. ce mot). Le Phacochère porte le nom de Sanglier d'Afrique, et le Pécari {voy . ce mot) celui de Sanglier d'Amérique, etc. (E. D.)
SAIVGSUE. Sanguisuga. annél. — Voy.
3ASGSUES.
SAXGSUE VOLA\TE. mam.— Le "Vampire {voy. ce mot) a quelquefois reçu ce nom, parce qu'il suce le sang des animaux endormis, après avoir écorché leur peau à l'aide des papilles cornées qui garnissent sa langue.
SANGSUES. ANNÉL, — Famille d'Annélides abranches et sans soies constituant l'ordre entier des Hirudinées, et correspondant à la famille du même nom fondée précédemment par Lamarck, et au grand genre
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Sangsue de Linné et de Cuvier. Celle famille, qui a pour type la Sangsue médicinale si généralement connue, renferme en même temps plusieurs autres genres pins ou moins analogues qui prcsenieni les caractères suivants : le corps cylindrique ou déprimé très contractile , et sans pieds ni branchies à l'extérieur, est terminé en ar rière par un disque musculaire aplati, faisant fonction de ventouse pour se fixer aux corps solides. La bouche est ordinairement aussi entourée d'une lèvre formant une cavité di latableen forme de ventouse: au moyen de cette ventouse la Sangsue se fixe après s'être allongée , autant que possible , avantque de détacher sa ventouse postérieure pour l<i rapprocher de l'antérieure , et pour recommencer ainsi ce mouvement de locomotion.
Plusieurs Sangsues peuvent, en outre, nager rapidement dans les eaux par un mouvement ondulatoire de leur corps. Leur peau molle et contractile est supportée par une couche musculaire proportionnellement très épaisse, et revêtue par un épiderme mince, diaphane, enduit de mucosité, et dont elles se dépouillent périodiquement. Leur peau , d'ailleurs, est pénétrée d'un pigment coloré, soit généralement, soit régulièrement réparti. Beaucoup de Sangsues présentent, d'ailleurs , en avant sur la partie antérieure , deux, quatre, six, huit ou dix points noirs oculiformes disposés symétriquement , et qui paraissent être des yeux imparfaits capables seulement de percevoir la îumière ou les couleurs. La surface du corp\ présente des anneaux ou segments plus ou moins nombreux (de 18 à 140), qui, chez quelques unes seulement, sont en rapport avec le nombre des organes internes; mais qui , chez d'autres , sont beaucoup plus étroits, et paraissent résulter de la subdivision des segments primitifs. La plupart des Sangsues sont lisses; mais quelques Sangsues marines, composant les genres Pontobdella et Branchellio, sont, les unes, hérissées de tubercules, et les autres munies de lames saillantes latérales formées par le bord prolongé des segments , et qu'on a pris mal à propos pour des branchies.
Toutes elles sont carnassières, ou bien elles sucent le sang de divers animaux; mais leur bouche et leur appareil digestif présentent des difl'érences très notables et
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caracléristiques. Ainsi les Sangsues proprement dites, les Hœmopis et les Aulastoma ont, au fond de la ventouse buccale, trois mâchoires denliculées, logées dans des plis symétriques du pharynx , et servant , soit à entamer la peau de l'animal dont elles vont tucer le sang., soit à écraser la proie vivante, dont elles se nourrissent ; d'autres, telles que les Nephelis , ont la bouche et le pharynx lisses et sans mâchoires ; d'autres mfin , telles que les Clepsine , ont une trompe charnue exserlile . au moyen de laquelle elles dévorent les Mollusques aquatiques. L'intestin présente des différences non moins prononcées. Ainsi , chez les Sangsues qui ne peuvent que rarement se gorger de sang, et qui sont ensuite exposées à jeûner fort longtemps , l'intestin présente d'abord un court œsophage, puis un tube large, boursouflé ou dilaté symétriquement , et divisé partiellement par des diaphragmes; chaque division qui correspond à un ganglion nerveux présente, à droite et à gauche, un prolongement plus considérable dans les Hœmopis et les Sangsues proprement dites; mais la dernière division de cet estomac présente dans ces mêmes genres deux prolongements très longs et volumineux dirigés en arrière. Dans l'Aulastome , les divisions de l'estomac n'ont que des renflements peu marqués, excepté la dernière, d'où partent aussi deux prolongements dirigés en arrière , mais plus grêles. Les Clepsines ont aussi, de chaque côté de l'estomac, six ou sept prolongements étroits, courbés en arc, non séparés par des diaphragmes et presque de même longueur, landis que les Sangsues et l'Haemopis ont onze divisions successives à l'estomac, et que les Branchellions en ont seulement six. L'estomac de la Pontobdelle est également divisé en cinq ou six compartiments par des diaphragmes incomplets ; mais le dernier co nparlimentse prolonge bien au-delà de sa jonction avec l'intestin en une poche unique étendue longitudinalement en dessous jusqu'à l'extrémité postérieure. Dans la Trochela, l'estomac, presque cylindrique, montre seulement à l'intérieur quatre brides ou valvules incomplètes, qui le divisent en cinq chambres; et dans les Néphélis enfin l'estomac est tubuleux , et continu en dedans comme en debors. L'estomac , chez toutes
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les Hirudinées , occupe plus de la moitié d« la longueur totale, et vient se joindre à l'intestin proprement dit par un orifice muni d'un sphincter représentant le pylore, et plus ou moins saillant dans la cavité de l'intestin. Cette dernière partie du tube digestif est très étroite chez les Sangsues et les Hœmopis , qui ne vivent que du sang des Vertébrés ; elle est, au contraire, presque aussi large que l'estomac chez les Néphélis , les Aulastomes et les r»-oc/ie(a,qui avalent une proie vivante tout entière, et chez la Bran-I chiobdelle. Les Clepsines ont l'intestin très( étroit , mais avec quatre paires de cœcums courts et sinueux, dont les premiers sont dirigés en avant ou transversalement, et les derniers s'étendent en arrière. L'orifice anal qui est précédé par une dilatation plus ou moins prononcée de l'intestin , en manière de cloaque, se trouve constamment au-dessus de la ventouse postérieure.
La fonction digeslive, chez les Sangsuesqui le nourrissent de sang, est très peu active, et un de ces animaux, après s'être gorgé de nourriture , peut rester des mois et même des années sans en prendre de nouvelle ; mais , dans ce cas , il cesse de s'accroître , et ne peut produire des œufs. Les Aulastomes, les Néphélis et les Trochela, toutes très voraces et avalant une proie vivante , doivent digérer plus vite, et, cependant, on retrouve quelquefois des Nais ou des Lombrics encore vivants en partie, dans leur estomac, plusieurs jours après avoir été dévorés. On conçoit, d'après cela , que le foie , les glandes salivaires , et les autres organes sécrétoires annexés à l'appareil digestif, doivent être fort peu développés chez toutes les Sangsues. On regarde comme tenant lieu de foie une couche mince et brunâtre recouvrant la partie moyenne du tube digestif. Quant aux glandes salivaires , elles sont représentées par un amas de petits corps granuleux blanchâtres entourant l'œsophage , ou formant deux masses distinctes chez la plupart de ces Annélides. D'autres organes sécrétoires, indépendants de l'appareil digestif, se voient aussi chez les diverses Sangsues. Ce sont d'abord tous les cryptes muqueux dont la peau est parsemée, et, plus particulièrement, une double série d'appareils qui occupent les deux côtés de la face ventrale, et qu'où a pris quelquefois pour des organes
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respiratoires ou pour des vaisseaux, ou même pour des annexes de rappaieil génital mâle. Os organes, dont on compte dix-sept paires chez la Sangsue médicinale , l'Hœmopis et S'AiiIaslome, s'ouvrent au dehors par de petits orifices situés latéralement sous le ventre au bord postérieur des anneaux de cinq en cinq , et dont la présence se maniTesie par les petites gouttelettes de liquide qui en sortent quand on irrite l'animal après l'avoir essuyé. Chacun d'eux se compose d'un tubeglanduleux, jaunâtre, replié ou sinueux et intestiniforme, s'abouchant, par son extrémité la plus large , dans un petit sac ovoïde membraneux, blanchâtre, contenant une humeur onctueuse transparente. Les tubes glanduleux , nommés d'abord artères pulmonaires par M. Moquin , et anses pulmonaires par Dugès , sont nommés plus généralement aujourd'hui glandes muqueuses ou anses mucipares. Les sacs membraneux, qu'on avait pris pour des trachées ou des poches pulmonaires, et que plusieurs auteurs nomment encore ainsi , sont les poches de la mucosité pour M. Brandt. Ces mêmes organes se trouvent beaucoup moins développés dans la Trocheta ; mais on ne les voit pas chez les autres genres de Sangsues ou d'Hirudinées. On a signalé aussi l'existence de glandes muqueuses dorsales chez plusieurs Clepsines, et l'on peut, d'ailleurs, considérer comme un organe sécrétoire beaucoup plus important le clitellum , la ceinture glanduleuse dans laquelle sont situés les orifices génitaux, et qui produit l'enveloppe des œufs multiples ou cocons ; mais nous en reparlerons plus loin.
Le système nerveux présente chez les Sangsues la même disposition générale que chez les autres animaux annelés ou articulés, et en particulier chez les Annélides et les Chenilles. C'est donc une chaîne ganglionnaire ventrale, qui s'étend longituditialement sur la couche musculaire à la l'ace interne, et qui, en avant, se termine par un ganglion sous-œsophagien , plus volumineux, cordiforme ou bifide, d'où partent deux branches latérales qui embrassent l'œsophage , et se joignent en dessus à un ganglion sus-œsophagien complétant ainsi un collier nerveux. Chaque ganglion, quoique paraissant quelquefois orbiculaire et unique, est essentiellement formé de deux
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ganglions symétriques, et se joint au précédent et au suivant par deux cordons pa» rallèles; de chacun d eux , partent latéralement et symétriquement des nerfs qui se distribuent aux organes; le ganglion susœsophagien envoie d'ailleurs un filet nerveux à chacun des yeux rudimentaires ou points oculiformes. Chez plusieurs Sangsuas, les cordons nerveux paraissent revêtus par une enveloppe noirâtre qui provient du vaisseau abdominal ; on a d'ailleurs signalé chez ces animaux une contractilité propre de ces cordons; mais on doit croire que c'est un effet produit par des Gbres musculaires de la gaîne nerveuse, comme celles que l'on reconnaît autour des nerfs optiques des Araignées. Les ganglions présentent d'ail leurs à riiitérieur une structure concrétionnéeou conglomérée, bien différente de celle qu'on observe chez les articulés.
La Sangsue médicinale , ainsi que I'Hjbmopis, l'Aulastomose et la Trocheta , ont 23 ganglions , non compris le ganglion susœsophagien ; les Branchellions et lesPontobdellesen ont 21 ou 22, la Néphéliset la Piscicole en ont 21 ; on en compte 20 seulement dans les Clepsines et 10 dans la Branchiobdelle. Chacun d'eux correspond à cinq anneaux ou segments du tégument, chez les Sangsues d'eau douce à sang rouge, cequi concorde avec le mode de distribution des autres organes, pour prouver que chaque groupe de cinq serments représente ici un des anneaux du corps d'un Articulé, d'une Chenille, par exemple. Pour les Sangsues de mer (Branchellio et Poniobdelle) , chaque ganglion correspond à trois segments; pour la Branchiobdelle c'est à deux segments , et pour la Piscicole, c'est à un seul segment que correspondent ces ganglions.
On conçoit que chez les Sangsues toutes les sensations doivent être fort obtuses, excepté celle du toucher, qui s'exerce surtout par le moyen des ventouses; ce n'est même que par induction qu'on peut attribuer à ces animaux le sens du goût, en les voyant abandonner une proie morte qu'elles avaient d'abord saisie avidement, ou en les voyant s'élancer de divers endroits sur une proie vivante, sur un poisson qu'on vient de jeter dans le bassin qu'elles habitent.
La plupart des Sangsues ont un sang
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rouge, limpide et sans globules; les Clepsineg seules ont le sang incolore, et d'ailleurs leur appareil circulatoire est peu distinct et parait en partie lacuncux. Qu.uit aux Sangsues à sang rouge , elles présentent un système de vaisseaux contractiles, dont les principaux sont disposés avec symétrie, mais sur la détermination desquels on n'est pas d'accord, parce que le cours du sang n'y a pas lieu toujours dans la même direction. C'est pourquoi quelques auteurs donnent le nom d'artères aux vaisseaux que d'autres veulent considérer comme des veines ; toujours est-il qu'on remarque chez la plupart de ces Annélides quatre troncs vasculaires principaux, disposés longitudinalement, l'un dorsal, l'autre ventral, recouvrant le cordon ganglionnaire qu'il paraît envelopper, et les deux autres latéraux plus ou morns sinueux, présentant des renflements contractiles. De chacun de ces troncs nerveux partent des vaisseaux qui se distribuent en se ramiflant dans les tissus et sur les viscères; les troncs latéraux seuls paraissent communiquer ensemble par des branches transverses, et toutes les autres communications vasculaires doivent avoir lieu par l'intermédiaire des vaisseaux capillaires. Les contractions des deux gros vaisseaux latéraux ont lieu six à dix fois par minute, et se propagent en sens inverse dans chacun d'eux , de telle sorte que l'un d'eux paraît vide en même temps que le vaisseau ventral , tandis que l'autre est gonflé de sang; M. Brandt considère comme (les «œurs ou des signes artériels les deux grands vaisseaux latéraux.
La respiration paraît s'efl'ectuer seulement à travers la peau, chez toutes les Sangsues, et c'est à tort qu'on a considéré comme des brancJiies les appendices cutanés des Branfhellions et les poches muqueuses des Sangsues; cette fonction , d'ailleurs, est si peu active que ces animaux, mis dans l'huile ou dans le vide de la machine pneumatique , peuvent résister pendant plusieurs jours à l'asphyxie. Cependant le besoin de respirer ou de chercher une eau plus aérée se manifeste chez la plupart de ces animaux ou par le mouvement ondulatoire de leur corps fixé par la ventouse postérieure, ou parce qu'ils se transportentsouvent à la surface du liquide.
Toutes les Sangsues sont hermaphrodites
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ou pourvues de deux apparefïs sexuels disliiicls, mâle et femelle; toutes se reproduisent exclusivement par des œufs, et c'est à tort qu'on a pu croire qu'elles pourraient se multiplier par division, comme les Planaires, ou reproduire les parties coupées; c'est ég.ilement à tort qu'on a cru vivipares certaines Clepsines qui portent leurs œufs d'abord, puis leurs petits adhérents à la face ventrale; mais des différences et des particularités fort remarquables s'observent dans la manière dont leurs œufs sont pondus, soit isolément, soit réunis dans une enveloppe commune ou dans un cocon; nous y reviendrons plus loin, et nous allons d'abord décrire les organes génitaux qui toujours s'ouvrent séparément au dehors par deux orifices uniques situés vers le tiers ou le quart antérieur de la face ventrale, et qui sont éloignés seulement de deux, de trois ou de cinq segments, suivant le mode de groupement des segments par rapport aux ganglions et aux autres organes; l'orifice mâle est généralement en avant; c'est seulement pour la Branchiobdelle que l'inverse a lieu. Ces orifices sont situés au milieu d'une ceinture plus pâle et ordinairement plus saillante, le Clitellum, comprenant quinze à dix-huit segments dont le derme, plus glanduleux, doit sécréter l'enveloppe des œufs.
L'orifice mâle se trouve sur le troisième segment pour la Piscicole, sur le douzième ou seizième segment pour les Branchiobdelles, entre le douzième et le treizième pour la Branchellion, entre le dix-septième et le dix-huitième pour les Pontobdelles , entre le dix-neuvième et le vingtième pour les Clepsines, entre le vingt-quatrième et le vingt-cinquième pour la Sangsue, l'Haemopis et l'Aulastome , entre le trenteunième et le trente deuxième pour la Néphélis , entre le trente - deuxième et le trente - troisième pour la Trocheta. L'appareil génital mâle se compose du pénis et de son fourreau , et de la bourse qui le renferme à l'état de repos, des épididymes et des conduits déférents, enfin des testicules et des cordons spermatiques. Le pénis des Sangsues médicinales, de rHœmopis et de l'Aulastome est très long (2 centimètres), exsertile, filiforme, blanchâtre; chez la plupart des autres Hirudinées, il est très court ou même représenté par un petit tubercule.
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Le pénis si long des Sangsues est protégé par une gaine lubuleuse repliée dans l'iniérieure de la bourse que l'on trouve immédiatement en arrière de l'orifice mâle C'est un sac blanc, ovoïde ou pyriTorme reposant sur le cordon nerveux et que l'on a quelquefois nommé la vésicule séminale (Thomas) ou matrice (Durondeau). La bourse du pénis, dans la Sangsue médicinale, est pyriforme, placée au-dessus du sixième ganglion ou un peu plus en arrière; celle des Pontobdellesest bilobéeetsituée entre le sixième et le septième ganglion ; celle de la Néphélis et de la Trocheta est transverse et recourbée de chaque côté, en avant et en dedans, de manière à figurer deux cornes courtes. Les épididymes, situés de chaque côté de la bourse du pénis, sont deux tubes pelotonnés formant deux corps blancs, ovoïdes, assez compactes et longs de 5 à 6 millimètres, chez les Sangsues médicinales. Ceux des Aulasiomes sont moins serrés; ceux des Pontobdelles sont à demi-déroulés; et ceux des Branchellions, des Néphélis et de la Trocheta sont tout-à-fait déroulés, plus ou moins sinueux. Les conduits déTérents partent des épididymes pour amener la liqueur séminale au col de la bourse du pénis ; mais ils ne sont distincts que là ou les épididymes forment une masse plus ou moins compacte; chez les autres Hirudinées, ils ne sont que l'extrémité antérieure et recourbée de l'épididyme déroulé. Les testicules sont des corps glanduleux ou des sacs blanchâtres, pédicellés, situés de chaque côté du tube digestif au-dessus de la chaîne ganglionaire; on en compte dix paires dans l'Aulaslotne, neuf paires dans la Sangsue médicinale,hui t paires dans rHœmopis, sept paires dans la Piscicole, six paires dans les Pontobdelles, etcinq paires dans le Branchellion.Ils correspondent aux divers ganglionsnerveux, à partir du huitième ou neuvième, et doivent par conséquent se trouver espacés, comme eux, de deux, trois ou cinq segments; ceux de la Néphélis etde laTrocheta, au lieu d'être distincts et disposés par paires , forment deux masses agglomérées, étroites, qui s'étendent en arrière, depuis le douzième ou depuis le seizième ganglion ju-squ'à l'extrémité postérieure. Ceux des Clepsiiies sont représentés par deux tubes très sinueux, dirigés en arrière, à partir de l'orifice mâle.
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aux deux côtés du tube digestif et remoiuanl vers l'extrémité antérieure, en devenant de plus en plus minces. Les testicules distincts des premièresSangsues s'abouchent parleur pédicule dans un tube longitudinal qui, de chaque côté, vient se rendre à l'épididynie correspondant, et qu'on nomme improprement cordon spermatique : c'est ce que MM, Brandt et Léo appellent conduit déférent {vas deferens), en même temps qu'ils donnent le nom de conduit éjaculatoire à ce que nous avons décrit précédemment comme conduit déférent; mais il est aisé de se convaincre ici quec'est tout-à-faitimproprement qu'on pourrait appliquer à des organes si dissemblables des noms empruntés à l'anatomie de l'homme.
L'appareil génital femelle qui, comme nous l'avons dit plus haut, s'ouvre en arrière de l'organe mâle, excepté chez les Branchiobdelles, est situé vis-à-vis le septième ou le huitième ganglion, entre les testicules ou leurs tubes de communication. Cet appareil se compose de l'utérus, de l'oviducte et des ovaires. L'utérus ou sac copulatoire que les premiers observateurs ont pris pour le testicule ou pour le cœur, est un sac ovo'ide ou oblong, assez volumineux chez les genres pourvus d'un pénis qu'il doit recevoir pendant l'accouplement; il s'abouche par un canal très court à l'orifice femelle. Cet organe, au contraire, est très petit, chez les genres dont le pénis est peu développé. L'utérus, couché en avant de l'orifice sexuel , reçoit à l'extrémitéopposée l'oviducte commun, tube plus ou moins long et sinueux, qui résulte de la jonction des deux oviducies particuliers. Les deux ovaires qui terminent cet appareil sont de petits corps blanchâtres, globuleux ou ovoïdes et larges de 1 millimètre environ. Chez la Sangsue médicinale, rjlœmopis et l'Aulastome, les ovaires sont, au contraire, des tubes ou cordons blanchâtres sinueux, plus ou moins rapprochés ou couchés l'un à côté de l'autre le long de la facei ventrale, et renflés à l'extrémité, chez la Néphélis , la Trocheta et le Branchellion. Ceux des Clepsines sont également sinueux et minces, d'abord écartés, puis rapprochés le long de la ligne médiane et contournés ou pelotonnés à l'extrémité. Les ovaires des diverses Sangsues renferment des ovc'es trèa petits, qui, plusieurs semaines après avoir
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.u- vivifiés par les spermatozoïdes dans l'acte de la fécondation, sont expulsés, soit séparément, goit collectivement, avec le liquide albumineux environnant et se trouvantalors contenus dans les enveloppes en cocons sécrétés par la ceinture glanduleuse. Les spermatozoïdes, contenus dans les testicules et dans l'épididyme, sont des globules demitransparents groupés en amas sphériques, larges d'un quinzième à un douzième de millimètre, dont le centre paraît occupé par un gros globule plus transparent et qui, à une certaine époque, sont pourvus de longs filaments aussi déliés que ceux des spermatozoïdes de Vertébrés et forment une sorte de chevelure autour de ces amas globuleux. Les globules, avant l'apparition de ces filaments qui sont immobiles, m'ont paru euxmêmes agités d'un mouvement alternatif de rotation, chez l'Aulastome. A l'époque de l'accouplement, les Sangsues se rapprochent deux à deux et appliquent l'une contre l'autre leur face ventrale en sens inverse, de manière que l'orifice mâle de chacune correspond à l'orifice femelle de l'autre. Les Branchiobdelles, pendant l'accouplement, se recourbent et s'entrelacent comme les deux anneaux d'une chaîne. Plusieurs autres Hirudinées sont simplement appliquées l'une contrel'autre.L'accouplementa lieu pendant la saison chaude et particulièrement au mois d'août; il dure plusieurs heures, et la ponte n'a lieu que quinze ou trente ou quarante jours après, suivant les espèces. Les Clepsinés , les Pontobdelles et la Piscicole pondent des œufs isolés; mais les Clepsines conservent leurs œufs adhérents à la face ventrale excavée de manière à former une poche incubatrice; ces œufs Sont globuleux, jaunâtres ou verdâtres ou rosés. Les œufs de la Piscicole qu'on trouve fixés sur les Poissons d'eau douce, en Allemagne, sont ovoïdes, rouge-brun et marqués de sillons longitudinaux. Les Pontobdellesattachent aux pierres ou aux coquilles du fond de la mer leurs œiifs au moyen d'un pédicule largement ép.ilé provenant de l'enduit formant une double enveloppe à ces œufs gros et globuleux. Toutes les autres Hirudinées renferment leurs œufs dans une coque ou capsule commune, nue pour la Néphélis et la Trocheta, e» revêtue d'un tissu spongieux qui lui a fait donner le nom de cocon, pour la
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Sangsue médicinale, l'Hœmopis et l'Aula*. tome. Chacune de ces coques renferme plusieurs œufs; les Néphélis et la Trocheta en produisent successivement sept à huit et même davantage; les Sangsues et Aulastomes ne produisent qu'un ou deux cocons et rarement trois.
A l'époque de la ponte, la ceinture {clitellum) se gonfle beaucoup et change de couleur; puis, quand l'instant est arrivé, elle sécrète une sorte de mucus qui se consolide, et devient corné au contact de l'eau ou de l'air humide , comme le byssus des Mollusques conchifères ou la soie des Insectes. La Néphélis ou la Trocheta n'a plus qu'à retirer son corps de cet anneau , qui se contracte et se ferme aux deux extrémités et qu'elle applique sur les pierres ou les plantes submergées. La Branchiobdelle qui produit aussi des capsules les fixe à l'extrémité d'un pédicule épaté sur les branchies de l'Écrevisse. Les Sangsues qui produisent un cocon se placent dans des troua de la terre humide, commencent d'abord par s'entourer d'une sorte de base écumeuse, qui, en se consolidant, devient l'enveloppe spongieuse, roussâtre, du cocon ; puis elles sécrètent par leur ceinture une coque analogue à celle des Néphélis , quoique plus grande et bosselée à l'intérieur par le contact des anfractuosités de l'enveloppe spongieuse. Quand elles ont retiré la partie antérieure de leur corps à travers celte capsule annulaire , l'élasticité de la substance cornée , encore molle , suffit pour rapprocher les extrémités et déterminer la fermeture presque complète du cocon. Les extrémités des capsules ou des coques sont d'ailleurs fermées par une sorte de bouchon ou d'opercule caduque résultant de la consolidation du mucus encore demi-fluide , et c'est par là que les jeunes Sangsues s'échappent à rinstantdel'éclosion. Les cocons de la Sangsue médicinale ont à peu près la forme et le volume des cocons du Ver-à-Soie; ils sont longs de 20 à 30 millimètres et sont larges de 12 à 18 ; leur enveloppe extérieure, qui a l'aspect du tissu d'une éponge fine, est épaisse de 2 à 3 millimètres. Les cocons de l'Hsemopis et de l'Aulastome sont seulement un peu plus petits que ceux des Sangsues. Les capsules contiennent un liquide gélatineux limpide ,
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plus analogue au mucus qu'à l'albumine, au milieu duquel se voient les vitellus ou germes, qui sont lenticulaires , jaunâtres cher les Sangsues et globuleux chez les Néphéiis. Les germes contenus dans les œufs simples ou dans les capsules nues se développent dans les eaux pures; ceux des cocons, au contraire, ne peuvent se développer que dans la terre humide où ils ont été déposés, car une immersion complète et trop prolongée les fait périr. Les embryons des Néphclis, dont le développement peut être observé facilement à travers leur capsule transparente brunâtre , offrent cette particularité remarquable qu'ils sont pourvus de cils vibraliles qui disparaissent complètement chez toutes les Hirudinées après l'éclosion. Les jeunes Clepsines de plusieurs espèces, comme nous Tavons déjà dit, se tiennent fixées, pendant les premiers temps de leur développement, à la paroi ventrale de leur mère; et l'on remarque alors quelquefois un mélange d'espèces qui prouve que c'est seulement un abri et non un aliment que ces jeunes Annélides viennent y chercher.
D'après tout ce que nous venons ds dire sur l'organisation des Sangsues , et d'après leur mode d'habitation dans l'eau de mer comme les Pontobdelles et les Branchellions, ou dans l'eau douce, ou partie dans l'eau , partie dans la terre humide comme les Aulastomes; d'après leur manière de vivre, en suçant le sang des Mammifères comme les Sangsues et l'Haemopis , ou celui des Poissons , ou celui des Crustacés comme les Branchiobdelles, ou celui des Mollusques comme les Clepsines, ou en avalant des Vers et d'autres animaux aquatiques comme l'Aulastome, la Trocheta et la Néphélis, on conçoit la possibilité d'établir parmi les Sangsues plusieurs genres bien distincts. Nous en ad^nettons onze d'après divers auteurs, mais en reconnaissant que plusieurs de ces genres sont basés sur des caractères trop peu importants, et qu'on pourrait les réduire à neuf, savoir : 1° Pontobdelle ; 2" Dranchellion ; 3° Piscicole ; i° Branchiobdélie; 5" Arp/ieh's, comprenant la Trocheta; 6° Aulastome; 7" Sangsue, comprenant VHœmopis; 8° Bdella ; 9° Clepsine.
Une première division comprend toutes les Sangsues à sang rouge et à système vas-
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culaire complet ; le genre Clepsine. dont le sang est incolore, forme seul la deuxième division. Une première section des Sangsues à sang rouge est formée des genres Pontobdelle, Branchellion et Piscicole tous p&rasites des Poissons, et ayant la ventouse antérieure d'une seule pièce , en forme de cupule , et séparée du corps par un étranglement. Les Pontobdelles et Branchellions, qui vivent sur les Poissons de mer, ont la ventouse antérieure plus concave; huit points oculiformes et la bouche avec trois mâchoires rudimentaires , ou représentées par trois points saillants.
1° Le Branchellio de Savigny {Branchiobdella, Blainville), dont le corps n'a que 48 segments, et qui vit sur la Torpille, se distingue par les expansions latérales et foliacées de ses 35 derniers segments : ses orifices génitaux sont derrière le 12* et le 15^ : il a huit yeux.
2° La PoNTOBDELLA de Leach {Gôl, Oken ; Albione, Savigny), dont le corps a 58 à 70 segments, et dont les orifices génitaux sont derrière le 17^ et le 20*, a six yeux disposés sur une ligne transverse. Plusieurs espèces sont hérissées de verrues oa de tubercules; les autres sont lisses.
3° La PiscicoLA de Blainville et de Lamarck ( Ihl Oken , Hœmocharis Savigny, Gnatho Goldfuss, Ichthyobdella Blainville ), qui vit sur les Poissons d'eau douce, a sa ventouse antérieure peu concave, et sa ventouse postérieure deux fois plus large. Elle a huit yeux ; son corps est formé de 23 segments, dont les 3* et 5* portent les orifices génitaux ; la seule espèce connue est longue de 20 à 30 millimètres , et terge de 1 à 2 millimètres; elle est gris jaunâtre; pointillée de brun, avec trois séries de taches blanchâtres caténiformes.
Une deuxième section des Sangsues à sang rouge comprend celles dont la ventouse, non séparée du corps par un étranglement , est formée de plusieurs segments et bilabiée ; toutes elles ont des œufs multiples. Parmi elles, on doit distinguer d'abord :
4° La Brancbiobdella d'Odier ( Microbdella Blainville ) , qui vit sur les Écrevisses; son corps, mou et déprimé, est composé seulement de 18 anneaux alternativement plus grands, dont le 11* et le 12* portent les orifices génitaux en sens in-
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verse de ce qu'on voit sur les autres Hirudinées. Elle est dépourvue de points ocuiiformes ; mais sa bouche est armée de deux mâchoires cornées , triangulaires , brunes , dont la supérieure est la plus grande L'espèce d'Odier est jaune, longue de S à 12 millimètres et se trouve sur les branchies de rÉcrevisse.
5" LaNÉPHÉLis de Savigny {Helluo, Oken; Erpobdella, Blainville), qui vit dans les eaux douces en dévorant des Planaires et divers petits animaux , a le corps lisse formé de 96 ou 98 segments peu marqués, et les orifices génitaux derrière le 31* et le 35*. Les yeux au nombre de huit, dont quatre forment un arc convexe sur le 1" segment, et les quatre autres sont disposés transversalement par paires aux deux côtés du troisième segment. La bouche, très grande, est dépourvue de mâchoires, et le tube digestif est partout presque également large et sans lobes ou cœcums. Les œufs sont réunis dans une coque ou capsule transparente, lisse et jauiie-brunâlre. La seule espèce connue [N. ocloculata) présente de nombreuses variétés, dont plusieurs ont été décrites comme des espèces distinctes.
6° La Trocheta de Dutrochet {Geohdella, Blainville), qui, peut-être, doit faire partie du genre Néphélis, n'en diffère que parla présence de 3 petites mâchoires rudimentaires, très comprimées, non dentelées, parle nombre des segments ou plis extérieurs qui est de 140; ce qui, avec la distance des oriflces génitaux situés derrière le 32* et le 37*, paraît indiquer que les segments primitifs sont ici divisés en S et non en 3 , comme chez les Néphélis. La seule espèce connue {T. subviridis) a d'ailleurs la faculté de pouvoir quitter momentanément les eaux qu'elle habite, pour chasseF les Lombrics qu'elle dévore avidement; elle est gris-roussàtre ou verdâlre , avec deux lignes dorsales brunâtres presque effacées; elle est longue de 8 à 12 centimètres. La capsule contenant ses œufs est oblongue, comprimée, brune, longue de 9 à 14, et large de 6 à 8 millimètres.
Les autres Sangsues à sang rouge ont leurs œufs réunis dans un cocon à enveloppe spongieuse ; leur corps est formé de 94 ou 95 segments, et leur bouche est armée de trois mâchoires ; mais d'abord il faut signaler comme incomplètement connu :
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?• Le genre Bdella de Sa\\gny {Llmnalis, Moquin ; Pateo6rfe//a, Blainville ), qui s« trouve dans les eaux douces en Egypte. Il n'a que huit yeux, ses mâchoires ne sont pas dentelées, et ses orifices génitaux sont situés l'un après le 23* ou 24*, l'autre après le 28« ou 29*. La seule espèce décrite ( B. nilotica Sav.) est brune en dessus, roux vif en dessous, longue de 8 à 10 centimètres , et large de 10 à 20 millimètres.
Les trois derniers genres de cette section ont dix yeux, des mâchoires plus ou moins dentelées , et leurs orifices génitaux situés derrière les 24* et 25* segments; ce sont :
8° L'AuLASTOMA de Moquin {Hœmopis, Savigny [en partie] ; Pseudobdella , Blainville), qui se dislingue par son corps mou, par ses mâchoires très petites à denticules émoussées peu nombreuses , par sa manière de vivre en dévorant les Lombrics, les Nais et les larves d'Insectes aquatiques, et par la structure de son estomac sans poches latérales, mais avec deux prolongements étroits de chaque côté de l'intestin qui est large, et se termine par un anus très large semilunaire. La seule espèce connue [A. gulo Moquin) a été confondue sous le nom à'Hirudo sanguisuga avec VHœmopis ou Sangsue de Cheval. Elle est nommée Hirudo gulo par Braun , Hirudo vorax par Johnson , Hœmopis nigrapar M. Savigny, Hœmopis vorax par M. Filippi, Pseudobdella nigra par M. de Blainville ; M. Moquin l'avait d'abord nommée .lt<;as<o»?ianîgresce((s. Cette espèce, très commune en France dans les eaux douces stagnantes, est ordinairement noire en dessus , et quelquefois brun-verdâtre avec des points noirs; son ventre est olivâtre clair, ou gris-verdâtre ou jaunâtre; elle est longue de6 à9cent., et large delOà ISmill.
9» L'H^MOPis de Savigny ( Hippobdella , Blainv.), ressemble à l'Aulastome par la mollesse de son corps, par ses mâchoires petites avec des denticules peu nombreuses, mais il se rapproche davantage encore du genre Sangsue par la structure de son appareil digestif et par sa manière de vivre en suçant le sang des animaux vertébrés, quoique ses mâchoires plus petites et moins acérées, incapables de percer la peau de ces animaux, I obligent à se Gxer aux membranes muqueuses de leur bouche, ou de leur gosier par exemple. L'espèce type nommée
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Hirudo sanguisugayiaT Linné, et par beaucoup d'autres auteurs qui l'ont confondue avec rAulastome, est V Hcrmopis sanguisoria |de M. S!x\\^nY,VHœmopisvoi-ax de M. Moquin, en 1826, dans sa 1'* édition. VHippobik'lla saiiguisuga de M. de Blainville est la vraie Sangsue de cheval dont la voracité a été singulièrement exagérée. Elle est longue de 8 à 12 centimètres et large de 10 à 15 millimètres, ordinairement brunroufsâlre ou olivâtre en dessus avec les bords orangés ou jaunâtres, et le ventre noirâtre plus foncé que le dos ; sa coloration d'ailleurs présente de nombreuses variétés. Elle se trouve dans les eaux douces de l'Europe, mais plus particulièrement dans les contrées méridionales de ce continent et dans l'Afrique septentrionale; elle a souvent causé des accidents graves chez les hommes ou les animaux qui l'ont avalée en buvant; parfois même on en trouve plusieurs fixées à l'intérieur de la bouche et du gosier des bœufs abattus pour le service de la boucherie en Algérie. Une autre espèce trois fois plus petite a été trouvée fréquemment sous les paupières et dans les fosses nasales d'un Héron {A7-deavirescens), à la Martinique.
10. Le genre Sangsue ou Hirudo ( Sanguisuga Savigny, lalrobdella Blainville) se distingue par ses mâchoires grandes, demiovales, très comprimées, à denlicules aiguës très nombreuses qui lui permettent d'entamer la peau des Mammifères, saisir et comprimer par sa ventouse orale; son corps en se contractant devient plus ferme et prend la forme d'une olive. Son estomac, comme celui de VHœmopis, est divisé par des diaphragmes en onze chambres avec des prolongements latéraux dont les deux derniers, beaucoup plus volumineux, sont couchés parallèlement à l'intestin qui est très grêle et terminé par un anus très petit, peu visible. L'espèce type [H. medicinalis ) a le corps déprimé, gris olivâtre, plus ou moins foncé en dessus avec six bandes ou rangées de taches longitudinales, et les bords plus clairs dentelés vert-roussâlre ou olivâtre; le ventre est olivâtre, ou jaunâtre, ou roussâtre, ou gris-blenâtre ordinairement tacheté de noir. Cette coloration d'ailleurs présente des variations encore plus considérables qui ont fait prendre plusieurs variclrs constantes jjour des espèces distinctes. On s'accorde.
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toutefois, à reconnaître, en outre de la Sangsue médicinale qui habite les eaux duucea de l'Europe et de l'Afrique septentrionale, plusieurs espèces étrangères ; telle est la Sangsue truite ( H. troclina Johnson ) , de l'Algérie, employée depuis 25 ans concurremment avec la Sangsue médicinale sous le nom de Dragon en France, et de Troutleech en Angleterre. Elle est verdâtre en dessus avec six rangées de petites taches noires plus ou moins séparées, bordéesd'orangé ou orangées bordées de noir; le dos est en outre bordé par une bande jaune- orangée, large, fortement crénelée; le ventre est jaune- verdâtre ou gris-jaunâtre avec une bordure en zigzag et quelquefois aussi taché de noir. On peut citer enfin la Sangsue granuleuse (H. g-rawMtosa Savigny), de l'Inde, employée par les médecins de Pondichéry, et caractérisée par une rangée de tubercules, au nombre de 38 ou 40, assez serrés sur chaque segment; elle est vert-brun avec trois bandes plus obscures sur le dos.
11. Le genre Clepsine Savigny {Glossipho- «ia, puis G/ossopoj-a Johnson, Erpobdella Lamarck, Glossobdella Blainville), constitue •eul la deuxième division des Sangsues, et comprend toutes celles dont le sang est incolore et le système vasculaire incomplet; leur corps plus transparent est nioins distinctement divisé en 57 ou 58 segments, et cependant il est plus ferme et quelquefois même presque cartilagineux ; aussi les Clepsines sont-elles incapables de nager. La ventouse antérieure est peu prononcée, formée en partie parla lèvre supériieure qui se compose de trois demi-segments; la bouche, assez grande et sans mâchoires, laisse sortir une trompe tubuleuse charnue; l'estomac présente latéralement 6 ou 8 lobes symétriques, simples ou pinnés qui lui donnent l'apparence d'une feuille pinnatifide quand il est coloré par la nourriture. L'intestin qui vient ensuite est également pourvu de lobes latéraux ou cœcums. Les yeux sont au nombre de 2 , 4 , 6 ou 8; l'orifice génital mâle est situé derrière le 19^ ou 20' segment, et l'orifice femelle derrière le 22' ou 23". Les œufs sont simples et portés par l'animal dans une excavation de la fac« ventrale, où les jeunes de plusieurs espèces restent longtemps encore après l'édosion. Le nombre des espèces de Clepsines
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est assez considérable; M. Savigny en fait deux tribu»: les unes Clepsines illirines, ayant deux yeux situés sur le second segment, un peu écartés et à corps étroit, telle est la C. bion-iia^a; les autres Clepsines simples ayant sur les trois premiers segments MX yeux rapprochés, et à corps large, comme la C. complanala, qui est VHirudo sexoculala deBergmann. M. Philippi fait un genre Hœmocharis avec les espèces qui ont plus de six lobes pinnés à l'estomac et dont le corps est étroit, telle est la C. marginala qui avait été successivement nommée Hirudo marginata par O.-F. Mt^ier, H. variegala par Braun , //. cephalola par Caréna , Piscicola marginala et P. tesselata par M. Moquin , et khlhyobdella marginala par M. de Blainville; elle est d'un brun vineux en dessus avec des rangées de points jaunes , longue de 10 à 15 millimètres et large de 2 à 3 millim., elle a 4 yeux et sa tête est notablement dilatée.
On a classé souvent mal à propos avec les Sangsues divers Helniinihes trémalodes, des Planaires et d'autres Vers qui mieux connus devront peut-être former des ordres distincts. Tels sont la Malacobdella de M. de Blainville que M. Blanchard a décrite récemment sous le nom de Xenislwn, et qui vit parasite des Mollusques bivalves du genre Mya. Une espèce voisine, parasite des Vénus, avait été nommée Hirudo grossa par O.-F. Mûller. M. de Blainville avait aussi proposé un genre Epibdella pour VHirudo hypoglo^si de Millier, ou PhyUine hypoglossi de Lamarck, qui paraît devoir faire partie du genre Trisiome de Cuvier, ainsi que les autres PhyUine t Nilzschia etCapsala des divers auteurs, que M. de Blainville indique comme devant faire partie de la même famille. M. Moquin range toutes ces fausses Sangsues dans la section des Hirudinées Planérietvnes.
Les Sangsues ont été connues dès la plus haute antiquité comme pouvant sucer le sang des animaux. Les Grecs les désignèrent sous les noms de Si^cDa , de ^[//.vân? et de ifdaiij.oi-co<;\ les Romains les nommèrent Hirudo et Sanguisuga; mais ce n'est qu'assez tard après l'ère chrétienne qu'on les a employées en médecine. A l'époque de la renaissance , Rondelet décrivit une Sangsue marine ( Ponlobdella muricala) ; plus tard ,
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en 1602, Aldrovande, dans sa compilation, mentionna encore trois autres Sangsues d'eau douce; mais ce n'est qu'à partir de la moitié du xvm* siècle que l'histoire naturelle de ces animaux commença véritablement à marcher. Trembley, en 1744, signalait une Clepsine; Rœsel , en 1750, une Branchiobdelle ; Hill, en 1752, et Bergmann , en 1755, décrivaient deux aulrea Clepsines; etBaster, en 1760, faisait connaître une Sangsue marine {Ponlobdellaverrucala ) différente de celle de Rondelet. Linné, venant enfin, établit définitivement le genre Hirudo déjà proposé par Ray, et y comprit toutes les espèces précédemment décrites et celles qu'il avait observées luimême ; de telle sorte qu'il en admettait 8 espèces dans la 12' édition de son Syslema nalurœ. Ce nombre fut ensuite porté à 14, par suite des travaux de> O.-F. MUller en 1774. Plus tard, à partir des premières années du xviu* siècle, de nouvelles espèces furent encore successivement décrites, savoir : la Sangsue swampine {Clepsine swampina), par Bosc, en 1802; VHirudo gulo {Aulasloma), par Braun, en 1805; la Pontobdella areolala, par Leach, en 1815; 1'//»'rudo troclina, par Johnson, en 1816; la Trochela subviridis, par Dutrochet,en 1817; la Bdella nilolina, VHirudo granulosa et le Branchellio torpedinis , par M. Savigny, en 1817. Plusieurs autres espèces, plus ou moins distinctes , ont aussi été signalées ou décrites par MM. de Blainville, Caréna, Guyon, Say et Gay, de sorte qu'aujourd'hui on porte le nombre des espèces à 52; mais plus du quart de ces espèces sont douteuses ou simplement nominales. Toutefois, ces Sangsues si diverses ne formaient encore que le seul genre Hirudo de Linné , quand Leach, en 1815, en distingua le genre Pon~ tobdella, que M. Oken désignait peu de temps après sous le nom de G61; le même auteur proposait aussi le genre Ihl pour la Sangsue parasite des Poissons d'eau douce (Piscicola), et le genre Helluo pour les Sangsues dépourvues de mâchoires (Ncphelis). Presque à la même époque, M. Rawlins Johnson, en 1816, donnait le nom de G/ossi/^/tonta à des Sangsues d'eau douce sans mâchoires, et munies d'une trompe , que M. Oken avait confondues dans son genre Helluo; mais M. Johnson avait le tort de changer , r«u-
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née suivante, le nom qu'il leur avait donné pour celui de Glossopora, qui n'a pu prévaloit contre celui de Clepsine , donné, en 1817, par M. Savigiiy, qui, dans un travail général sur les Sangsues , divisa ces animaux en sept genres : Branchellio , Albione [Pontobdella de Lesich) , Bdella, Sanguisuga {'Ilirudo), Ilœmopis, Nephelis et Clepsinr^. Dans la même année DiUrochet flt connaître le nouveau genre Trochela auquel il donnait son nom , et M. Savigny lui-même, en 1820 , dans la partie zoologique de la Descriplion de VÉgypte, ajoutait encore un autre genre Hœmocharis pour la Piscicole, ou Sangsue parasite des Poissons d'eau douce. Odier, avait, de son côté, proposé le ^cntc Branchiobdella pour la petite Sangsue parasite des Écrevisses , précédemment indiquée par Rœsel et oubliée depuis lors. M. Moquin enfin, dans un travail spécial sur les Hirndiiiées, en 1827, établit le genre Aiilastoma pour VHiriido gulo de Braun , ce qui porte à onze le nombre des genres, comme nous les admettons aujourd'hui, en laissant de côté les Hirudinées planériennes de cet auteur. M. de Blainville, en 1827, dans le Dictionnaire des sciences naturelles, sans connaître l'ouvrage de M. Muquin imprimé à Montpellier, avait donné une excellente idée des Hirudinées , qu'il partageait en onze genres : 1° Branchiobdella ( Branchellio Sayi^n'^]; 2° Pontobdella; 3" Ichtliyobdella (piscicola) ; 4° Geobdella ( Trochela) ; 5° Pseudobdella {Aulasloma) ; 6" Hippobdella ( Ilœmopis ) ; 7° latrobdella ( Hirudo ) ; 8° Bdella; 9° Erpobdella; 10° Glossobdella; 11° Epibdella; et 12" Malacobdella. Ces deux derniers genres , qui correspondent aux Hirudinées planériennes de M. Moquin, devront être exclus de l'ordre des Hirudidinées. De nombreux travaux, sur l'anatoinie et la physiologie de ces animaux, ayant été publiés depuis lors , M. Moquin a pu , dans une 2° édition de son Histoire des Hirudinées, présenter un résumé presque complet de nos connaissances sur ces Annélides, et y ajouter en même temps des détails (irécieux sur leur usage médicinal, sur le commerce auquel elles ont donné lieu , sur leur conservation et sur leur multiplication. Nous ne pouvons donc que renvoyer le lecteur à l'ouvrage de cet auteur pour tout ce que nous sommes forcés d'omettre ici. (Du.) r. XII.
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SANGUIN. MIN. — Espèce de Jaspe.
SANGUIN. BOT. PB. — Espèce de Cornouiller.
SANGUINARIA. bot. ph. — Genre de la famille des Papavéracées, tribu des Argémonées , établi par Linné ( Gen. , n. 665 ), el dont on ne connaît qu'une seule espèce, la Sanguinaria Canadensis Lin. , Dill., Lafnîc. {Sang, grandiflora Rose). C'est une planii^ herbacée qii croît au Canada et dans les montagnes des États-Unis.
SANGUINE. MIN. — Variété d'Oligfstc.
Voy. FER OUGISTE.
SANGUINOLARIA. moll. — Genre do Conchifères dimyaires établi par Lamarck dans sa famille des Nymphacées pour des coquilles transverses, subelliptiques, un peu bâillantes aux extrémités latérales, ayant le bord inférieur arqué, non parallèle au bord supérieur ou dorsal, et dont la charnière présente deux dents rapprochées sur chaque valve. Lamarck, sotis ce nom, comprenait quatre espèces vivantes dont les trois premières, ainsi que l'a démontré M. Deshayes, sont de vraies Psammobies, tandis que la quatrième seule, S. rugosa, que Linné avait nommée Venus deflorala, présente des caractères distincts qui doivent la faire prendre pour type du genre Sanguinolaire. En effet, au lieu d'être comprimée comme les trois autres espèces de l,amarck, c'est une coquille épaisse, régulière, assez bien close ; ses nymphes saillantes sont recouvertes par un ligamentextérieurépais, et sa charnière présente sur chaque valve deux dents dont une plus grosse est bifide et en cœur; les impressions musculaires sont presque égales, arrondies, et l'impression palléale forme en arrière une sinuosité étroite et peu profonde. M. Sowerby, au contraire, classe cette même espèce avec les Psammobies, et prend pour type du genre Sanguinolaire la seconde espèce de Lamarck {S. rosea] qui est le Solen sanguinolenlus de Linné, et il rapporte au même genre les Solétellines de M. de Blainville. (Duj.)
SANGUISORBE. Sanguisorba (de sanguis, sang; sorbere, absorber), bot. ph. — Genre de la famille des Rosacées , sectiofi des Sanguisorbées , à laquelle il donne son nom, de la Tétrandrie monogynie dans le système de Linné. Il e^t formé d'espèces herbacées vivaccs, propres aux parties tem- 19*
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pérees de l'hémisphère boréal. Ce sont des plantes parfaitement glabres, à tige droite , rameuse dans sa partie supérieure; à feuilles alternes , pennées avec foliole impaire , accompagnées de stipules adnées au pétiole; à fleurs hermaphrodites terminales, ramas- Bées en épis serrés , accompagnées de bractées et de bractéoles. Ces fleurs présentent : un calice à tube turbiné, à limbe quadriparti, coloré; pus de corolle; quatre étamines, insérées sur un anneau qui garnit la gorge du calice et opposées aux lobes de celui-ci, à longs filaments faibles et grêles; un pistil dont l'ovaire, renfermé dans le tube du calice, contient dans sa loge unique un seul ovule suspendu, et dont le style terminal porte un stigmate dilaté, très papilleux, A ces fleurs succède un akène renfermé dans le tube du calice endurci, subéreux et quadrangulairc. — Nous citerons comme type de ce genre la Sanguisorde officinale, Sanguisorba officinalis Lin., plante désignée sous le nom vulgaire de grande Pimprenelle , qui croît en Europe et en Asie, dans les prés , dans les marais tourbeux. Sa tige raide, droite, anguleuse, s'élève à un mètre environ ; ses feuilles sont formées de 9-15 folioles coriaces, d'un vert pâle en dessous, ovales, un peu en cœur à leur base, dentées ; ses stipules sont également dentées. Ses fleurs forment des épis ovales, et se distinguent par leurs élamines à peu près de même longueur que le calice, dont le limbe est caduc. On dit cette plante vulnéraire et astringente; on fait même dériver son nom de cette dernière propriété. 11 paraît aussi que son rhizome et sa racine sont usités dans quelques pays contre la diarrhée et la dyssenterie; mais, au total, elle ne figure plus que pour mémoire dans quelques traités de botanique médicale.
SA\GLiSOï;iîliES. Sanguisorbeœ. bot.
PB. — Tribu des Dryadées dans le grand groupe des Rosacées (voy. ce mot), laquelle a pour type le genre Sanguisorba. (Ad. J.)
SAIXGUISUGA. ANNÉL. — Nom donné par Savigny au genre Sangsue. Voy. sangsues.
SAMIILARIA, Leandr. {Msc). bot. ph.
— .Synon. d'^tt^wsfa, Leandr.
SAMCULA. BOT. PH.— Genre de la famille des Ombellifères, tribu des Saniculées, établi par Touruefort {Inst., 173). On en counaît
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une dizaine d'espèces, parmi lesquelles nous citerons la Sanicula Europœa Linn. [Sanicula officinalis Gouan., Caucalis Sanicula Crantz, Astrantia diapensia Scopoli, vulgairement Sanicle). C'est une herbe commune dans presque toute l'Europe; elle croît dans les bois et fleurit en mai et juin. Toute la plante, mais surtout la racine, a une saveur amère et astringente, très préconisée autrefois à litre de vulnéraire, mais à peu près hors d'usage aujourd'hui. (J.)
SAMCULÉES. Saniculeœ. bot. ph. — Tribu de la famille des Ombellifères {voy. ce mot), dans la division desOrlhosperniées, ainsi nommée du genre Sanicula qui lui sert de type. (Ad. J.)
SAI>iSt:viELLA, Reichenb. (Consp., n.
783). BOT. PU. — Synonyme û'Ophiopogon, Ait.
SAIVSEVIERA. bot. ph. — Genre de la famille des Liliacées-Aloïnées, établi par Thiiiiberg (Nov. Gen., 121). On en connaît quinze à vingt espèces qui croissent principalement dans les régions tropicales de l'Asie et de l'Afrique. Quelques unes sont cultivées dans les jardins, comme plantes d'ornement; parmi ces dernières, nous citerons les SansevierazeylanicaKedovil.,guineensisCai\an.^ carnea Andr. (J.)
SAXSOÎVNET. OIS. — Nom vulgaire de lEtourneau.
SANTAL. Sanlalum (du mot arabe Sandal ou Santal), bot. ph. — Génie de la famille des Santalacées , à laquelle il donne son nom, d'abord rapporté à tort par Linné à rOctandrie monogynie , et plus tard classé dans la Télrandrie monogynie, sa véritable place. Les espèces qui le forment sont des arbres et des arbustes, qui croissent naturellement dans l'Asie et l'Australie tropicale et dans diverses îles de l'Océanie. Leurs feuilles sont opposées, assez grandes; leurs fleurs , accompagnées de bractées caduques, sont hermaphrodites, et présentent: Un périanthe simple, lubuleux, ventru, adhérent à l'ovaire par sa partie inférieure, à limbe quadrifîde , muni à la gorge de quatre glandes qui alternent avec ses lobes; quatre élamines opposées aux lobes du périanthe, dont le filet porte à sa face postérieure un faisceau de poils; un pistil à ovaire demi - adhérent, uniloculaire , biovulé, surmonté d'un style simple, fili-
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forme, que termine un gtigmale à deux ou trois lobes peu prononcés. A ces fleurs succède une drupe monosperme.
Deux espèces de ce genre ont de l'intérêt comme fournissant deux des trois sortes de bois désignées sous le nom de Bois de Santal. La troisième sorte, connue sous le nom de Santal rouge, provient d'une Légumineusepapilionacée, le Plerocarpus santal inus {voy. ptérocarpe).
Le Santal blanc, Santalum album Lin., croit principalement sur les montagnes du Malabar. Il forme un arbre de forte proportion, à belle et volumineuse cime artondie; son écorce est brune et raboteuse; SOS feuilles oblongues lancéolées, rétrécies aux deux extrémités, aiguës au sommet, péliolées, sont entières, glabres; ses fleurs sont pcliies, disposées en petites grappes axillaires et terminales ; elles sont jaunâtres au moment où elles commencent a s'épanouir, et deviennent ensuite rougeàtres. Deux opinions différentes ont été émises au sujet du huis de cet arbre. Les uns ont avancé, avec Roxburgb, que son aubier constitue le bois de Santal blanc, tandis que sa partie centrale, ou le bois de cœur, forme le Santal citrin. Les autres ont, au contraire, assuré que ces deux sortes de bois proviennent de deux espèces différentes; la plante dont nous venons de reproduire les caractères fournissant seulement la première. Les observations de M. Gaudichaud paraissent démontrer l'exactitude decette seconde manière devoir; ce savant attribue, en effet, la production du Santal citrin a un arbre qu'il a nommé Santal DE Fretcinet, Santalum Freycinetianum Gaudich. {(Iran., p. 442, t. 45). Celui-ci se distingue par ses feuilles lancéolées, un peu obtuses, veinées, à limbe cinq fois plus long que le pétiole; parses fleurs grandes, rosées, i)|iposées, disposées en grappes terminales, simples. Aux îles Sandwich, cet arbre porte It! nom à'Oié-Ara. Son bois constitue, selon M. Gaudichaud, la seule production commerciale de ces îles. On l'indique également comme croissant aux îles Fidgi, aux Marquises, au Malabar, etc.
L'un ei l'autre de ces bois sont aromatiques et recherchés dans l'Inde, surtout à la Chine, soit pour ce motif, soit pour leurs Jiropriétés médicinales. Le Santal blanc est le moins précieux et le moins recherché des
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deux. Son odeur est douce, sa saveur un peu amère. Dans les contrées que nous venons de nommer, il est employé comme parfum et aussi comme stimulant, sudorifique, rafrat< chissant, etc. On s'en sert aussi, après l'avoir râpé, à faire une sorte de pâle dont on enduit la peau, lorsqu'on est en sueur. Ce bois arrive quelquefois en Europe; mais il y est très rarement employé. Le Santal citrin, ainsi nommé à cause de sa belle couleur jaune, est plus aromatique que le blanc, et de plus, son tissu serré permet de lui donner un beau poli qui le rend propre à lacon» fection des vases, coffrets ei de divers ouvrages de marqueterie. Il est extrêmement recherché par les Chinois qui, assure~t-on, «n ont déjà dépeuplé plusieurs îles del'Océanie, On l'emploie aussi comme parfum, en le brûlant dans les temples et les maisons. Mais on consacre surtout à cet usage celui dont la coloration est le moins prononcée, et qui dès lors est regardé comme moins propre être mis en œuvre. Enfin ce bois est égale ment usité comme substance médicinale (P. D.) SAIV'TALACÉES. Sanlalacoœ. bot. phan.
— Famille de gantes dicolylédonées apétales, périgynes, ainsi caractérisée: Calice lubuleux, à limbe 4-5-fide , dont la préfloraison est valvaire, et dont les lobes souvent épaissis à la base portent quelquefois en dedans une touffe de poils; il est entouré rarement d'un calicule extérieur. Étamine» en nombre égal et opposées à ces lobes à la base desquels elles s'insèrent, les dépassant à peine par leurs filets subulés, munis quel* quefois d'un faisceau de poils, terminé! chacun par une anthère biloculaire, introrse, tiès rarement quadriloculaire. Ovaire adbé> rent avec le tube qui l'égale ou le dépasse, cuntenantdansune loge unique deux, qualr< ou plus ordinairement trois ovules suspen« (lus au sotnmei d'un placentaire central ec forme de columelle. Style simple, court; stigmate capité, 2-3-Iobé , très rarement rayonné. Disque charnu, épanché sous forme de lame au-dessus de l'ovaire, prolongé en lobes, quelquefois en lames pétaloïdes alternant avec les divisions caiicinales. Fruit sec ou charnu, à endocarpe crustacé ou os. seux , monosperme. Embryon droit ou légèrement oblique, dans le centre d'un përisper;nc charnu, deux fois au moins pius
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long que lui, cylindrique , à radicule supcre ou tournée un peu latéralement en haut. On a constaté dans un assez grand nombre de genres et d'espèces un développement singulier de cet ovule, où de bonne heure le sac embryonaire perçant le nucelle le rejette à sa base et continue à grossir en dehors de lui, de manière que la graine, bornée à ce sac épaissi et à l'embryon, mûrit dépourvue d'autre tégument. Les Sautalacées sont des herbes annuelles ou vivaces, des arbrisseaux ou des arbres; à feuilles alternes, tendant quelquefois à l'opposition vers le bas, celles des rameaux, entières, penninervées, épaisses, quelquefois réduites à l'état d'écaillés ou même disparaissant complètement, dépourvues de stipules; à fleurs complètes ou plus rarement incomplètes par avortement, petites, groupées en épis, grappes ou panicules, quelquefois solitaires aux aisselles des feuilles, accompagnées de bractées et bractéoles. Les espèces arborescentes se rencontrent la plupart dans l'Asie et l'Australie tropicales, les frutescentes dans la région méditerranéenne et la partie tempérée de l'Amérique australe, les herbacées dans sa partie boréale ainsi que dans l'Europe et l'Asie centrales. On les trouve sous les deux dernières formes au cap de Bonne-Espérance. Parmi les produits de cette famille, les bois aromatiques de plusieurs espèces de Santals sont les plus renommés.
GENRES
Thesîum, L. (Thesiosiris etFrisea, Reich.).
— Nanodea, Banks {Balexerdia, Comm.).
— Chorelrum, R. Br. — Leptomeria, R. Br.
— Comandra, Nutt. — Fusanus, L. ( Colpoon, Berg.). — Osyris, L. {Casia, Tourn.).
— Sphœrocarya, Wall. — Santalum, L.
{Sirium, L.). — Mida, Conningh. — Pyruiaria, Michx. {Hamillonia, Muhlenb. — CalUnux, Raf.). — Cervantesia, R. Pav. — Myoschilos, R. Pav.
Après ces genres on place avec doute VOctaiillum, Lour., encore trop imparf.iitement connu ; VAnthobolus R. Br. et VExoearpus Labill., Santalacées à ovaire libre et pouvant, par suite de ce caractère, constituer un petit groupe séparé des Anihobi)lées, et enfin le Nyssa Gron. [Tupelo, Ad.), plus différent encore par le nombre de ses étamincs porté à dix dans les fleurs mâles,
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par son ovule unique pendant du sommeî de la loge , et ses cotylédons foliacés ondulés, indiqué en conséquence comme devant former le noyau d'un petit groupe des Nyssacées. (Ad. J.)
SAÎVTALOIDES, Linn. {Flor. Zeyl., n.
408). BOT. PH.— Synon. de Connarus, Linn.
SANTIA , Sav. {in Memor. malemat. de
Soc. ilal., VIII, 2, 479). bot. ph.— Syn. de
Polypogon, Desf.
SAiXTIA. BOT. PH. — Genre de la famille des Rubiacées-Cofféacées, tribu des Psychotriées, établi par Wight et Arnott (Prodr. Flor. penins. Ind. orient., 1, 422). Arbrisseaux originaires de l'Inde. Voy. rubiacées. SAI\TOLI!VA. BOT. ph.— Genre de la famille des Composées-Tubuliflores, tribu des Sénécionidées, établi par Tournefort (Insl., 260). L'espèce type, Santolina chamœcyparissus Linn. ( S. incana Lamk. et DC. , vulgairement Garderobe, Aurone femelle, petit Cyprès, etc.), croît dans les contrées chaudes qui avoisinent la Méditerranée. On la cultive fréquemment dans les jardins. (J.) SAIVVITALIA. BOT. PH. — Genre de la famille des Composées-Tubuliflores, tribu des Sénécionidées, établi par Gualter {in LamarckJourn. hist. nat., II, 176, t. 33). L'espèce type, Sanvitaliaprocumbens Lamk., est une herbe originaire du Mexique, et cultivée, en Europe, dans les jardins de botanique. (J.) SAPAJOU. MAM. — Voy. sajou.
SAPAIM. MAM. —Nom d'une espèce de Po latouche. Voy. ce mot. (E. D.)
SAPERDA {tjoLT^épS-nz, nom d'un poisson dans Athénée), ins. — Genre de l'ordre des Coléoptères subpentamères, de la famille des Longicornes et de la tribu des Lamiaires, créé par Fabricius [Syslema eleutheralorunif t. II, p. 328), adopté par Dejean {Catalogue, 3° édition, p. 376) et Mulsant {Histoire naturelle des Coléoptères de France; Longicornes, p. 185), et restreint par ces deux auteurs à quelques espèces seulement d'Europe et de l'Amérique septentrionale. Les types sont; les S. scalaris, Scylii, tumula, punctata et candida F. (G.)
SAPIIAIV. MAM. — Le Daman (voy. ce mot) portait anciennement ce nom, et c'est ainsi qu'il est désigné dans la Bible. (E. D.) SAPHANUS. iNS, — Genre de l'ordre des
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Coléoptères subpeiilainères, delà famille des Longicornes et de la tribu des Cérambycins, proposé par Mégerle, adopté par Dabi et Dejean, dans leurs Catalogues, et publié par Serville {Annales de la Société entomolog ique de France, t. III, p. 81). Le type, le Callidum spinosum ¥., est propre a l'Autriche. (G.)
SAPHEIMA. ACAL. — Genre de Méduses établi par Escbschollz pour trois espèces dont la première avait été primitivement décrite jous le nom de Geryo)iia dinema par Péron et Lesueur, et a été rangée par Lamarck parmi les Dianées, et par M. de Blainville dans le genre Campanella. C'est une très petite Méduse des côtes de la Manche dont l'ombrelle subconique, pédonculée, porte de petits tubercules marginaux et deux tentacules opposés; les deux autres espèces, observées par MM. Quoy et Gaimard qui en ont fait des Dianées, sont la S. bilentaculala du détroit de Gibraltar, grosse comme un noyau de cerise, et dont le pédoncule est mince et recourbé, et la S. Balearica de la Méditerranée, dont le pédoncule est conique, épais, blanc, teinté de rougeâtre. Lé genre Saphenia, qui fait partie de la division des Discophores phanérocarpes d'EschschoItz , est, comme tous les genres voisins, sans ovaires et dépourvu de points oculiformes au bord de l'ombrelle; comme eux, aussi, il présente un pédoncule allongé en manière de trompe, mais ce pédoncule est simple et non divisé à l'extrémité et, de plus, les Sapheûia sont caractérisées par deux cirrhes opposés plus longs au bord de l'ombrelle. Toutefois l'absence d'ovaires et la petitesse de ces Méduses permettent de penser qu'elles n'ont pas été observées à l'état adulte. M. de Blainville , qui n'admet point ce genre, fait, comme nous l'avons dit, delà première une Campanelle, et les deux autres sont pour lui des Geryonies. M. Lesson, au contraire, admet le genre Saphenia d'EschschoItz et le place dans son groupe des Méduses agaricines ou proboscidées. • (Duj.)
SAPHIR ET SAPHIR ÉMER AUDE. ois.
Espèces d'Oiseaux-Mouches. Voy. colibri.
SAPHIR. MIN. — On donneprincipalement ce nom, dans le commerce, aux variétés blanches ou bleues du Corindon hyalin.
SAPHIRIIME. Saphirina. crust. — C'est un genre de l'ordre des Copépodes, de la fa-
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mille des Pontiens, établi par M. Thompson aux dépens des Oniscus des auteurs.
Les Crustacés qui composent ce genre sont de très petite taille et se trouvent en haute mer ; ils flottent à la surface de l'eau, et répandent une lumière phosphorescente très vive. On en connaît deux espèce», parmi lesquelles je citerai la Sapuirinii: brillante, Saphirina fulgens Tomps. , Edw. ( Histoire naturelle des Crustacés, t. III, p. 415, pi. 37, fig. 1). Ellea été rencontrée dans l'océan Atlantique et au sud du cap de Bonne-Espéraïice. (H. L.;
SAPHIRINE. MIN. — Synon. d'HaQyne.
Voy. ce mot.
SAPI\. Abies. bot. ph. — Genre extrêmement important de la famille des Conifères- Abiétinées, à laquelle il donne son nom, de la Monœcie monadelphie dans le système de Linné. A l'article pin, nous avons déjà signalé les opinions divergentes qui ont régné à sou égard parmi les botanistes, dont les uns l'ont réuni aux Pins proprement dits et aux Mélèzes sous la dénomination commune do PinuSj dont certains l'ont séparé des Pins proprement dits, tout en le laissant réuni aux Mélèzes, dont les autres enfin l'ont regardé comme un groupe générique propre, distinct et séparé soit des Pins proprement dits, soit des Mélèzes. C'est cette dernière manière de voir que nous adoptons ici.
Ainsi envisagé, le genre Sapin se compose d'arbres généralement très élevés et fort élégants, surtout pendant leur jeunesse, par leur forme conique, élancée; leur tronc, régulièrement conique, se fait remarquer par sa rectitude; leurs feuilles sont persistantes, solitaires, disposées en spirale serrée, toujours linéaires, tantôt planes, et alors pourvues en dessous d'une bande de stomates de chaque côté de leur nervure médiane, tantôt tétragones, et portant alors une bande de stomates sur chacune de leurs quatre faces. Leurs chatons mâles sont solitaires et se développent soit à l'aisselle des feuilles, soit à l'extrémité de petits rameaux raccourcis; leurs chatons femelles sont terminaux ou rarement latéraux. Dans ces derniers, au moment de l'anlhèse, les bractées sont toujours plus longues que les écailles du chaton, tandis qu'elles finissent presque toujours par être plus courtes que celles-ci. Leur cône mûrit en un an; les écailles qui le forment
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sont coriaces, amincies à leur bord, et tantôt elles se détachent de l'axe au moment de la riisséminaliori des j;raines, laiilôt elles persistent après la sorlie de celles-ci. Cesgraines sont toujours ailées.
Dans son Synopsis Coni fer arum (Saint- Gall, 1847, in-8°), M. Endiicher, après avoir divisé tout le grand genre Pinux, limité par lui, conformément aux idées de Linné et de Lambert, en deux sous-genres, Sapinus et Pinus, subdivise le premier en cinq sections, savoir: Tsuga, Ahies, Picea, Larix, Cedrui. Il est évident que les trois premières decessectionsappartiennentseulesau groupe des Sapins, tel que nous le considérons ici, et que dès lors elles deviennent pour nous trois sous-genres. D'après le Synopais de M. Endiicber, elles renferment aujourd'hui trente-six espèces.
a. 3'sugia Endiicher {Micropeuce el Peucoides Spacb (Suites à Buffon, t. Xi) . Écailles du cône persistantes; bractées incluses ou très rarement exserles. Feuilles planes, brièvement péiiolées, à base du pétiole demicylindrique, à coussinet adné au rameau, dccurrcnt, épaissi dans le haut, laissant des cicatrices deini-orbiculaires ou presque en croissant.
Ce sous-genre emprunte son nom au Sapin Tsuga, Abies Tsuga Sieb. et Zuccar. Arbre indigène dans le nord du Japon, haut d'ordinaire de 7 ou 8 mètres, mais dont il existe aussi une variété naine qui ne dépasse pas 1 mètre de hauteur et que les Japonais cultivent dans leurs jardins. Par son port et la plupart de ses caractères, celle espèce ressemble beaucoup à la suivante.
Sapin du Canada, Abies Canadensis Michx. {Pinus Canadensis Lin.). Cet arbre croît naturellement dans les parties froides de l'Amérique septentrionale, de la Baie de Hudson jusque dans le nord de la Caroline ; mêlé au Sapin noir, il forme des forêts considérables dans la Nouvelle Ecosse, les Etals dcVermont, Maine et New-Hampshire. 11 porte aux Éials-Unis le nom de Hemlockspruce. Il est communément cultivé en Europe, dans les jardins paysagers, où l'élégance de son port, la fraîcheur de sa verdure lui donnent une place distinguée parmi ses congénères. Dans son pays natal, il s'élève à 2o et 30 mèlres, taiiiiis qu'en Europe, il n'atteint guère que le licrs de celle hauteur.
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Son tronc est gros proportionnellement; il émet des branches horizontales dont l'ensemble forme une cime d'abord pyramidale, plus tard irrégulière, et dont chacune porte un grand nombre de rameaux étalés en direction distique ; ces rameaux porlenl, dans leur première jeunesse,un duvet ferrugineux qui ne larde pas à tomber. Ses feuilles sont presque distiques, planes, un peu aiguës, très finement dentelées en scie à leur bord, glauques en dessous ; ses chatons mâles sont longuement stipilés et globuleux; ses cônes sont fort petits, lon^s a peine de 3 ceniinié- Ires. Ce Sapin a élé introduit en Europe par P. Collinson, en 1736; aujourd'hui il y est très répandu, mais seulement comme arbre d'agrément. Il en existe une variété naine, dont les branches étalées et touffues traînent souvent a terre et qui ne dépasse pas 1 mètre de hauteur. Le bois de celle espèce est blanc, peu résineux, de mauvaise qualité; son grain est grossier; très souvent ses couches sont désunies et, déplus, il a le défaut de pourrir vite; néanmoins on s'en sert fréquemment en Amérique, afin d'épargner les bonnes espèces de Sapins qui commencent à y devenir peu abondantes. Par compensation, son écorce est excellente pour le tannage des cuirs. A l'état cultivé, ce Sapin se recommande par la facilité avec laquelle il souffre la taille; aussi peul-on s'en servir avantageusement pour faire des palissades.
C'est encore à ce sous-genre que se rapporte le Sapin de Douglas, Abies Douglasii iJndl. (P(/iUs Douglasii Sabine, Lamb., Endl.), espèce observée par Douglas sur la côte occidentale de l'Amérique du Nord, entre 43" et 52" de latitude nord, où il forme de vastes forêts. C'est l'un des géants du genre et de tout le règne végétal. En effet, son tronc s'élève jusqu'à 50 et 67 mètres de hauteur, avec une circonférence de 7 a 17 mètres à sa base , et une écorce de plus de 2 décimètres d'épaisseur.
b. Abies Link {Picca Don, Loud., Peucc et Piceaster Spach). Écailles du cône se détachant de l'axe qui persiste ; bradées exserles ou incluses. Feuilles distinctement pé« tiolées, à pétiole cylindrique, épaissi par sa base, à coussinels décurrenis et se prolongeant en dessus de la cicatrice qui est orbi' culaire, sou\enllrès peu prononcée.
Parmi les vingt espèces rappoiiées aujovr
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d'hui à ce sous-genre , les deux suivantes doivent fixer notre attention.
Sapin en peigne , Abies pectinata DC. ( Pinus abies Du Roi , Pinus Picea Un.). Celte magnlGque et importante espèce est également connue sous les noms de Sapin commun, ou seulement Sapin, Sapin blanc.
Sapin argenté, etc. Elle croit sur les chaînes de montagnes de l'Europe moyenne et méridionale , des Pyrénées jusqu'au Caucase ; elle est surtout commune dans les Alpes, où elle forme de grandes et belles forêts entre 2,000 et 4,000 pieds de hauteur, descendant (luelquefois jusqu'à 1,000 pieds, s'élevant rarement au-dessus de 4,500. Elle ne se montre guère que sur quelques points ( par exemple en Suède), au-dessus de 50° de latit. N. Elle forme un arbre de 100 à 150 et 160 pieds de hauteur, recouvert d'une écorce blanchâtre. Ses rameaux et ramules sont opposés en croix , légèrement pubescents dans leur jeunesse ; ses feuilles, généralement insérées sur quatre lignes et déjelées vers deux côics opposés, sont linéaires, plus ou moins obtuses , vertes à leur face supérieure que parcourt un sillon longitudinal , marquées en dessous de deux lignes blanchâtres à stomates. Ses chatons mâles sont axillaires , plus courts que la feuille a l'aisselle de laquelle ils naissent. Ses cônes sont dressés, sessiles , cylindracés , longs d'environ 2 décimètres; et après que leurs écailles sont tombées, leur axe persiste longtemps. Ce Sapin est d'une très grande utilité sous divers rapports. Son bois est blanchâtre , facile à fendre longitudinalement, liant et élastique ; ces qualités, jointes à la rectitude presque parfaite des troncs qui le fournissent, permettent d'en faire des mâts, des vergues , surtout des poutres de très grande longueur et des plus fortes dimensions , et des planches qui forment , avec celles obtenues d'un Sapin élevé, la matière première de nos charpentes , de la menuiserie commune, etc. On l'emploie également pour d'autres usages fort divers. D'après M. Hartig , ce bois , pris sur un arbre de quatre-vingts ans, pèse (iG livres 14 onces par pied cube lorsqu'il est vert , et 41 livres 3 onces quand il est sec; tandis que , pris sur un arbre de quarante ans, il pèse seulement 37 livres 9 onces , à l'état sec , sous le même volume. Son écorce est
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employée pour le tannage des cuirs, dans quelques parties de l'Europe , particulièrement en certains points de la Suisse. Enfin ses produits résineux ont beaucoup d'importance, et sont assez analogues a ceux des Pins [voy. l'article pin). Us forment la Térébenthine de Strasbourg ; on en obtient aussi par la distillation de l'essence de Térébenthine et une sorte de Colophane. Ce Sapin entre dans les plantations des parcs et des jardins paysagers. Au point de vue médicinal il a aussi une certaine importance ; cai à part l'usage qu'on fait de certains d'entre ses produits résineux , ses jeunes pousses , connues dans les pharmacies sous le nom de Bourgeons de Sapin, sont assez fréquem ment administrées comme aniiscorbuliques, macérées dans du vin ou de la bière. Pour les plantations , on retire les graines de ce Sapin de cônes recueillis aux mois de septembre et d'octobre , et on les sème immédiatement. Lorsque ces semis sont destinés à fournir du plant pour leconimeice, un les fuit en terre de bruyère, et, au printemps suivatit , on place le jeune plant relevé eu motte dans une terre légère et a une exposition un peu ombragée. Pendant les grands froids, ou a le soiu de le couvrir de litière. Enfin , à la troisième ou quatrième année, les jeunes pieds sont propres à être mis en place ou livrés au commerce.
Le Sapin Baumier, Abies Balsamea Mill.
[Pinus Balsamea Lin.), est un arbre propre à la partie nord-est de l'Amérique septentrionale , surtout à la Nouvelle Ecosse , au Canada, la Nouvelle- Angleterre , New- York. 11 porte dans ces contrées ie nom de Fir Balsam , Balsam of Gilead. 11 est aujourd'hui fréquemment cultivé en Europe comme espèce d'ornement , et il est connu vulgairement sous le nom de Baumier de Gilead. Dans son pays natal, il s'élève à 15 et 16 mètres de hauteur; mais, dans nus contrées, il dépasse rarement 10 mètres. 11 se distingue par son tronc dont la grosseur décroît rapidement de la base au sommet , et qui se forme par une cime pyramidale à rameaux très étalés; par ses feuilles très nombreuses et serrées, distiques, blanchâtres en dessous, linéaires , planes , déjetées en plus grand nombre vers le haut que vers le bas ; par ses cônes dressés, ovales-cylindriques, rougeâtres, longs de 10 a 15 c«a-
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timètres. Le bois de cet arbre n'est pas employé, soit à cause de son peu de force, soit parce qu'il ne forme jamais que de petites pièces. Mais la Térébenthine, qui se ramasse en vésicules sous l'épiderme de son tronc et rie ses branches, et qui, à l'état frais, forme un liquide verdâtre, fort transparent, d'une saveur acre et d'une odeur pénétrante , est usitée en médecine. Presque toute celle qui entre dans le commerce se consomme en Angleterre. Cette substance est connue sous les noms de Térébenthine du Canada, Baume du Canada, faux Baume de Gilead.
P.irmi les autres espèces du même sousgpnrc, nous nous bornerons à citer VAbies grandis Lindl. {Pinus grandis Dougl. ), espèce gigantesque de la Californie, qui atteint jusqu'à 200 pieds de hauteur; VAbies Webbiana Lindl. ( Pinus Webbiana Wall. ) , gjande et belle espèce de l'Himalaya, dont le bois est compacte et légèrement rougeâtre ; enfin VAbies Pinsapo Boiss., découvert, il y a peu d'années , en Espagne, dans le royaume de Grenade , où il forme des forêts dans les zones montagnarde et sousfilpine de la sierra Bcrmeja , de la sierra de la Niève; il existe probablement aussi dans le Maroc.
c. Picea. Écailles du cône persistantes; bractées incluses. Teuilles sessiles ou très brièvement péliolées , tétragones, à coussinet décurrent épaissi supérieurement, laissant par leur chute une cicatrice rhomboidale.
L'espèce la plus importante de ce sousgenre est , sans contredit, le Sapin Epicéa , Abies Picea Mill. ( Abies excelsa DC. , Pinus Picea Du Roi, Pinus Abies Lin.), qui se range immédiatement à côté du Sapin en peigne pour son utilité. Elle porte vulgairement les noms d'Epicéa, Epivia, Pesse, Pinesse, etc. 11 est bon de faire remarquer que Linné a mal à propos transposé les noms que portaient primitivement le Sapin en peigne ou commun et VEpicea, en nommant le premier Pinus Picea, et le dernier Pinus Abies. De là sont résultées quelquefois des confusions que divers botanistes , MM. Du Roi , Link, Endliclier, ont cherché à rendre désormais impossibles en rétablissant ces noms spécifiques tels qu'ils devaient être , et en donnant à la première de ces deux espèces le nom de Pinus Abies , à la seconde
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celui de Pinus Picea. Le Sapin Epicéa croîl dans les chaînes de montagnes de l'Europe moyenne, surtout dans les Alpes, où il se maintient entre 4,000 et 6^,500 pieds d'altitude, n'arrivant que très rarement et pat exception jusqu'à 7,000 pieds; dans la presqu'île Scandinave , il s'avance jusqu'à 67' de latit. N. Dans les diverses localités où il se trouve , il forme de grandes et belles forêts remarquables par l'absence à peu près complète de toute autre végétation. Il manque entièrement en Espagne , dans ceux de nos départements qui longent l'Océan et la Méditerranée, dans l'Apennin, la Grèce eJ le Caucase. C'est le plus grand arbr^ d'Europe, car on le voit s'élever à 40 et 50 mètres , avec un diamètre de 2 mètres. Il est en même temps fort remarquable par la beauté de son port pyramidal. Ses branches, d'abord étalées horizontalement, finissent par devenir pendantes, et lui donnent alors un aspect triste auquel ajoute le vert foncé de ses feuilles. Son écorce est flexible et résistante. Ses feuilles sont rapprochées, raides et mucronées , comprimées-tétragones , longues seulement de 15 millimètres environ. Ses chatons mâles sont presque opposés, brièvement stipités vers le sommet des rameaux de l'année, tandis que les chatons femelles sont terminaux. Ses cônes sont pendants, cylindracés, longs de 15 àlGcentim., sur une épaisseur de 3 à 6 centimètres. On connaît plusieurs variétés de cette espèce, parmi lesquelles les plus curieuses sont la variété naine [Abies nana Hort.), qui ne dépasse pas les proportions d'un arbuste ordinaire , et celle qui a été nommée Viminalis par Wahlenberg , à cause de ses branches grêles, simples et droites. Loudon a signalé et figuré un fait très curieux que présente parfois celte espèce. Lorsque ses branches inférieures , devenues pendantes, viennent à toucher un sol humide , elles s'y enracinent , et donnent ensuite comme autant de nouveaux pieds. On voit qu'il se produit ici accidentellement quelque chose d'analogue à ce qui a rendu célèbre le Ficus religiosa, ou Figuier des Pagodes. Ce Sapin est beaucoup plus septentrional que le Sapin en peigne, dont il égale à peu près l'utilité. Ainsi il abonde dans la presc4u'île Scandinave , où ce dernier n'existe qu'exreplionnoUement; de là lui vient son nom vulgaire
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à'Epicea de Norvège. Il est aussi très commun dans le nord de rAllemagne , et c'est sur les côtes méridionales de la Baltique, particulièrement entre Meniel et Kœnigsberg, que se trouvent les plus belles forêts formées par lui. Son bois est blanc, tendre, facile à fendre longitudinalement, un peu inférieur en qualité à celui du Sapin en peigne, mais employé néanmoins concurremment avec lui et aux mêmes usages.
Quant à ses produits résineux, ils ont au moins autant d'importance que ceux de ce dernier. On le cultive quelquefois dans ies grands jardins paysagers. Bien qu'il croisse à peu près indifféremment dans toutes les terres , il réussit cependant beaucoup plus dans celles qui sont un peu humides. Il y acquiert de plus fortes dimensions et une durée beaucoup plus considérable.
Le Sapin noir, Abies nigra Michx. {Pinus nigra Ait.), vulgairement connu en Amérique sous le nom de Black Spruce , et en Europe sous celui de Sapinelte noire, est une belle espèce de l'Amérique septentrionale , oîi elle croît naturellement entre 44° et 53" de latit. N. Ce Sapin est aujourd'hui fort répandu en Europe dans ies parcs et les jardins paysagers. Il forme un arbre de 25 mètres de haut , sur 3 à 5 décimètres de diamètre à sa base, dont le tronc lisse, couvert d'une écorce brun-noirâtre, diminue très régulièrement et graduellement de grosseur de la hase au sommet. Ses feuilles tétragones , d'un vert sombre , pointiliées de blanc sur leurs quatre faces, étroites et aiguës, sont insérées tout autour des branches; ses cônes sont brièvement pédicules, penchés, longs de 4 ou 5 centimètres, d'abord rougeâtres , plus tard d'un brun-rougeàtre, et leurs écailles sont largement obovales , finalement onduiées-déchirées sur leur bord. Cette espèce a de l'intérêt sous ilivers rapports. Son bois est d'un grain serré et en même temps léger, élastique , très durable ; aussi les Américains en fontils grand usage pour leurs constructions navales ou autres. Même, dans certains cas, il paraît l'emporter sur le Chêne. Ses jeunes pousses servent à la préparation d'une liqueur anliscorbulique fort utile à bord des navires pour les voyages de long cours, et qui porte le nom de bière de Spruce, Spruce heer. Pour préparer celle liqueur, on fait
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bouillir dans l'eau les jeunes pousses du Sapin noir ; ou ajoute au liquide de la mélasse ou du sucre d'Érable, et on laisse ensuite la tout fermenter. Cette espèce a un accroissement rapide à l'état cultivé. Elle demande une terre humide et profonde et une exposition au nord.
Enfin le Sapin blanc, Abies alba Michx. {Pinus alba Ait. ), est également indigène de l'Amérique septentrionale , où clic croît entre 48" et 70" de latit. N. Elle porte dans ces pays le nom de While Spruce, et nos arboriculteurs lui donnent le nom de Sapinelte blanche. Son tronc ne s'élève guère audessus de 15 ou 16 mètres de hauteur, et ses branches, diminuant graduellement do longueur , donnent à l'arbre une forme régulièrement conique. Son écorce est de couleur plus claire que celle des autres Sapins. Ses feuilles tétragones, insérées tout autour des branches, sont d'un vert clair et marquées sur chaque face d'une ligne blanchâtre ; ce qui, joint à la teinte claire de l'écorce, a valu à l'espèce le nom qu'elle porte. Ses cônes sont pendants, pédicules , ovoïdes ou cylindracés , obtus à chaque extrémité , longs de 8 ou 9 centimètres. Ils mûrissent un mois plus tôt que ceux du précédent. Lo bois de ce Sapin est inférieur en qualité à celui des autres espèces du genre. Ses jeunes pousses sont quelquefois employées à faire de la bière de Spruce. Son accroissement est rapide, et à peu près égal dans toutes les terres. Il réussit très bien dans nos climats. (P. D.) SAPIMDACÉES. Sapindacsœ. bot. pu.
— Famille de plantes dicotylédonées, poiypétales, hypogynes, ainsi caractérisée : Calice de cinq folioles souvent inégales: deux extérieures souvent dressées et quelquefois soudées en une seule, une située du côté de l'axe; deux latérales, en général plus petites; toutes plus ou moins unies à leur base , à préfloraison imbriquée. Disque charnu, hypogynique ou soudé à la base dK calice, tantôt régulier et formant un anneau entier ou lobé , tantôt développé d'un seul côté à l'intérieur. Pétales alternes, insérés en dehors du disque, souvent doublés tous, ou les internes seulement, d'une écaille en forme de capuchon ou de crête ou d'un appendice infléchi , souvent réduits à quatre par l'avortement du cinquième enîre les
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( L-.jx divisions calicinales estérieures, égaus ou inégaux, manquant tons quelquerois , à piéfloraison imbriquée. Etamines insérées le plus souvent en dedans du disque, en nombre double , souvent réduites à huit , quelquefois à moins, très rarement en nombre quadruple et sur deus rangs , souvent excentriques ou unilatérales; à filets libres ou soudés , égaux ou inégaux; à anthères introrses, biloculaires , s'ouvrant longitudinalemeiit. Ovaire libre, central ou excentrique, a deux, quatre, ou plus communément à trois loges, renfermant le plus souvent un seul ovule ascendant, plus rarement suspendu; d'autres fois deux ou trois ovules superposés. Style terminal, simple, terminé par autant de stigmates qu'il y a de loges. Fruit 2-4-3-loculaire , ou 1-loculaire par avortement, tantôt charnu, tantôt capsulaire, ligneux, coriace ou membraneux , s'ouvrant par une déhiscence loculicide ou sepiicide ; d'autres fois composé de snniares, où chaque carpelle alors indéhiscent présente son aile terminale ou basil.iire. Graines solitaires ou géminées, globuleuses ou comprimées , le plus souvent dressées, à tégument crustacé ou membraneux, quelquefuis prolongé en aile, souvent nuiriies d'une expansion arillaire autour du hile. Embryon sans périsperme , rarement droit , le plus souvent courbe ou enroulé en spirale , à cotylédons incombants , quelquefois soudés en une seule masse charnue , à radicule dirigée en haut ou en bas suivant la direction de l'ovule , en dehors dans la plupart des embryons enroulés. Les espèces qui habitent, pour la plupart, entre les tropiques , surtout en Amérique , s'avancent rarement en dehors; ce sont quelques herbes à suc aqueux, plus généralement des arbres , arbrisseaux ou sous-arbrisseaux, ou souvent des lianes, fréquemment munies de vrilles. La lige de celles-ci offre une structure extrêmement remarquable par l'existence de plusieurs gros faisceaux ligneux, groupés plus ou moins régulièrement autour du corps ligneux central dans l'épaisseur de l'écorce , tantôt faisant saillie au dehors et présentant ainsi l'apparence de plusieurs branches greffées ensemble , tantôt cachés à l'intérieur par le corps cortical plus développ'é , ce qui leur donne l'aspect extérieur d'une branche ordinaire.
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Les feuilles sont alternes ou très rarement opposées , le plus communément ternées ou pennées avec impaire, ou 2-3-ternées, ou bipennées , quelquefois simples , ce qui résulte surtout de l'avoriement des folioles latérales, à folioles alternes ou opposées, entières ou dentées, souvent parsemées de points transparents ; les pétioles quelquefois ailés; les stipules caduques ou nulles; leg fleurs complètes ou incomplètes par avortement, en grappes simples ou ramifiées en panicules dans le.-quelles les pédoncules in« férieurs se changent assez souvent en vrilles. Leurs propriétés sont très diverses , dues à des substances astringentes et amères répandues dans leurs différentes parties, substances auxquelles s'associent, dans les Dodiinaeacées, de la résine et une huile essentielle. Les fruits, très vénéneux dans les unes, peuvent, dans les autres, se manger, et doivent leur saveur à du sucre, du mucil;ige, et des acides libres abondant dans le péricarpe charnu ou dans l'arille. Quelques uns, qui, en conséquence, ont reçu le nom lie Savoniers, sont employés au lavage des toiles , parce que leur pulpe mêlée à l'eau y détermine une mousse analogue à celle du Savon.
GENRES
Tribu 1. — Sapindées.
Ovules ordinairement solitaires. Embryon courbe ou rarement droit.
Cardiospermum , L. (Corindum , Tourn.)
— Urvillea, Kth. — Serjania, Plum. {Seriana , Schum.) — Toulieia, Aubl. (Ponœa , Srhreb.) — Bridgesia, Bert. (^Tripterocarpus, l\leisn.) — PauUinia, L. {Cururu, Plum. — Semiarillaria , R. Pav.) — Enourea , Aubl.
— Schmidelia, L. {Allophrjllus, L. — Ornitrophe, 3. — Toxicodendrort , GiBrtn. — Aporelica, Forst. — Gemella , Lour. — Usubis^ Burm. — Nassavia, FI. fl.) — Valenzuelia, Bert. — Irina , Bl. — Proslea, Cambess. — Lepisanthes , Bl. — Sapindus , L. — Erioglossum, Bl. — Malaijha, Aubl. (Ephielis, Schreb. — Ernstingia, Neck.) — Moulinsia, Cambess. — Cupania, Plum. (Trigonis, Jacq. — Vouarana , Aubl. — Molinœa , J.
— Gelonium, GxTtn. non Roxb. — Tina, Rœm. Sch. — Mischocarpus , Bl. — Stadmannia , Lam. — Guioa , Cav. — Blighia , Kœn. — Akeesia, Tuss. — HarpuUa, Roxb.
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— Bonnania, tL!\f.--Dimereza, Labill. — Diplopelalum , Spreiip. — lùUonia , DC — Digonocarpns et Trigonocarpus , FI. fl. ) — Aphania, B\. — Talisia, Aubl. [lAclacodea , R. Pav.) — Nephelinm, L. ( Euphoria, Comm.— Scytalia, Gxtln. —Dimocarpus, Loiir. — Pomelia, Forst. — Liichi, Sonner.)
— Thouinia, Poit. {Thyana, Hainilt. — ? Vargasia , Bert. ) — Ilypelate , P. Br. (Sphœrococca , DC.) — Melicocca, L. (Oococca, DC. — Casimira, Scop.) — Sleichera, W. (Cassam6Jujn,Runiph. — iiCoore.Gaertn.).
Tribu 2. — Dodon^acées.
Ovules géminés ou ternes. Embryon enroulé en spirale.
Kœlreuleria, Lam. — Cossignia, Camb.
— LlaguHoa,R. Pav. {Amirola , Fers.) — Diplopellis , Endl. — Dodonœa, L. — Alectryon, Gaerln. {Aledryon, Cunningh.— Et-onymoides, Soland.) — Plosslea, Endl.
Près de celte tribu se placent deux genres, qui en dilTèrent par leurs loges pluriovulées : le Xanlhoce^-as, Bung., le Magonia, Sl-Hil. (Phœocarpus , Mart. ); et, à la suite de la famille, plusieurs autres douteux, savoir : Picrardia , Ja^k. (Picrandia , Bl.) — Hedycarpus, Jack. — Valenlinia, Sw. — lîaearia^ Aubl. — Euslalhes , Lour. — Pedicellia, Lour. — Pappea, Eckl. Zeyh. — Plœroxylon, Eckl. Zeyh. — Hippobromus, Eckl. Zeyh. — Tarrielia , Bl. — Deinboellia, Schura.
Enfin le Meliosma , Bl. ( Millingtonia , Roxb. — Wellinglonia, Meisn.), qui se rapproche, par plusieurs caractères, des Sapindacées, endilVère par lextrême irrégularité de sa fleur, où, des cinq pétales, les trois extérieurs sont entiers , les deux autres plus petits et bifides ; les étamines opposées à ces pétales en même nombre; celles qui sont devant les trois premières stériles. Des trois loges bi-ovulées, deux avortent, et l'on a un fruit charnu l-loculaire et 1-sperme, dont la graine se replie sur une cloison saillante à l'intérieur. On a, en conséquence, séparé ce genre comme devant former le type d'un petit groupe des Méliosmées, qu'il constitue seul jusqu'à présent. (Ad. J.)
SAPIÎVDÉES. Sapindeœ. bot. phan. — Tribu de la famille des Sapindacées. Voy, ce mot. CAD. J.)
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SAPH^DUS. BOT. TH. — Voy. sa-vonieu, SAPIUM, Jacq. {Amer. 21-9, t. CLVllI).
BOT. PU. — Syn. ùeStdlingia, Gard.
SAPONAIRE. Saponaria. bot. pg. .— Genre de la familîe des Curyophyllées, de la Décandrie digynie dans le système de Linné. Les limites que l'immortel botaniste suédois lui avait assignées ont été modifiées dans ces derniers temps par suite des travaux importants dont la famille des Caryophyllées a été l'objet. Ainsi, l'une de ses espèces, le Saponaria vaccaria Linn., est devenue pour la plupart des botanistes le type du genre Vaccaria, Medik. D'un autre côté, M. Fenzl, dans le Gênera de M. Endlicher, a proposé un remaniement profond du genre Saponaire dont le résultat serait d'y introduire des espèces classées jusqu'à lui parmi les Lychnis et les Silène, et qui n'auraient d'autre titre à celte réunion que leur capsule sans loges, caractère d'une valeur fort douteuse, et la déhiscence double des dents capsulaires. Cette modification du genre qui nous occupe aurait eu encore ce singulier effet que son espèce type, la Saponaire officinale, aurait cessé d'en faire partie. Mais M. Al. Braun, dans ses études sur les Silences, a montré l'insuffisance des motifs qui avaient dirigé M. Fenzl dans son appréciation des caractères génériques des Saponaires, et il a rétabli ce groupe générique à peu près tel que Linné l'avait tracé, sauf la suppression des Vaccaria, en lui assignant les caractères suivants: Calice plus ou moins allongé, lyliniirique, rarement un peu renflé, à nervures longitudinales nombreuses(i5ou 23), réunies en réseau par des ramifications plus ténues, les parties occupées par ces nervures sur les diverses feuilles calicinalcs se touchant presque; pétales à onglet droit portant généralement des bandelettes ailées, pourvues, à la base de leur lame, d'une coronule formée de deux languettes pointues, à base perpendiculaire; lame indivise ou bipartite au sommet; deux styles un peu contournés à gauche, au sommet. Capsule portée sur un carpophore cylindrique ordinairement fort court, allongée, sans cloisons ou n'en offrant qu'une légère trace, s'ouvrant en quatre dents; coliimelle placentaire allongée, portant quatre rangées de graines sessiles, réniformes, aplaties, à dos convexe ou obliquement caréné, tuberculeuses.