‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 93 sur 173 · SAIT · texte numérisé non relu

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et l'adresse avec laquelle ces Poissons franchissent la cataracte. Il y a aussi en Irlande deux autres sauts très renommés : l'un à Leixlif, l'autre à Bally-Shannon. Pour fran-^ chir la chute de la rivière, les Saumons dé-'f crivent une courbe de 7 à 8 mètres, afin de dépasser les 5 mètres de la hauteur du rocher. Souvent leurs premières tentativcs> sont infructueuses; mais, loin de perdre courage, ils font de nouveaux efforts jusqu'à, ce qu'ils aient atteint le sommet de la chute: ils disparaissent alors dans le fleuve. Au pieii de la cataracte , on voit des Marsouins et de grands Squales bondir dans l'eau , attirés qu'ils sont dans cet endroit par l'abondance de la proie que leur procurent les Saumons. Le nombre des Cétacés y est assez considérable pour croire qu'il y aurait du profit à y établir une pêche régulière. Une fois entrés dans les rivières , les Saumons y remontent assez haut, car on en prend dans la Seine jusqu'à la hauteur de Provins. Ils entrent aussi dans !a Marne. Les Saumons sont moins abondants dans ces rivières que dans la Loire, et dans les grands affluents de ce fleuve. Ils entrent aussi dans le Rhin, dans l'Elbe et dans tous les grands fleuves du nord de l'Europe. La pêche du Saumon se fait le plus souvent dans les pêcheries sédentaires; mais on le prend quelquefois aussi avec la senne. On le pêche aussi à la ligne en amorçant avec l'Ammodite {Ammodyles lobianus). Sir 'Williarn Jardine et Ilumphrey Davy regardent ce petit Poisson comme un très bon appât. Le nombre des individus de cette espèce est si considérable que quelques pêcheries d'Angleterre fournissent une moyenne de deux cent mille Saumons par an. On dit que la pêche est encore plus considérable en Eco.-se ou en Norvège. Il n'est pas rare que l'on porte à Berghem deux mille Saumons frais en un jour. La pèche du Saumon serait d'un produit considérable en Islande, si le manque de bras et la pauvreté des habitants no mettaient obstacle à l'établissement des pêcheries, qui exige toujours des frais assez considérables. Quelques auteurs prétendent quo les habitants négligent la pêche du Saumon parce que le fond des baies est infecté par les Phoques. La présence de ces animaux , loin d'être un obstacle sérieux, deviendrait, au contrairej un produit avantageux ajouté

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à celui que l'on tirerait du Poisson. Dans la Laponie orientale, on préfère l'espèce de Morue appelée le Dorsh au Saumon ; aussi négiige-l-on la pêche de ce dernier Poisson. Mais en Norvège, et surtout dans le district de Dronlheim , la pêche est exploitée en grand, soit sur le bord de la mer, soit sur les eaux intérieures. Les côtes du Danemark, du Julland et du Ilolstein ne sont |)as très bien pourvues de Saumons ; mais la Baltique en est extrêmement riche, et on en fait une pèche considérable dans toutes les eaux du golfe de Finlande et de Bothnie, ainsi que dans les eaux de la Laponie suédoise. En l'rance , les côtes de la Picardie sont assez bien fournies de Saumons; il n'y en a pas autant sur celles de la haute et de la basse Normandie , mais il y en a beaucoup sur les côtes de Bretagne, et en avançant vers le sud-ouest, on en prend aussi beaucoup dans la Gironde et même dans l'Adour. Les pêcheries de Bretagne ont perdu malheureusement de leur importance à cause des barrages que l'on a faits sur un grand nombre des rivières de cette province. On a , en outre, perdu les belles pêcheries de Blavet et de Châteaulin. Il ne serait pas cependant difficile à l'administration de concilier les intérêts du service des travaux hydrauliques avec les avantages que l'on retirait autrefois de ces pêches si productives. On sèche ou on sale le Saumon pour le conserver. C'est surtout en Livonie que l'on prépare avec activité ce Poisson. Hambourg en reçoit des cargaisons considérables , que le commerce distribue dans toute l'Europe sous le nom de Saumons de Hambourg. Pour lui donner un bon goût, on prétend qu'il faut employer de préférence les branchages de l'Aune ou du Genévrier, mêlés avec des brindilles du Myrica gale. Lorsque le Poisson a frayé , il semble épuisé ; son corps se couvre de taches rouges. Il nage si faiblement que le courant l'entraîne ; il a besoin de se refaire par un nouveau séjour dans la mer. La chair devient fade , huileuse et cotonneuse. J'en ai vu pêcher dans l'Autie : les pêcheurs leur donnent le nom de Truites guiluises.

Le Saumon croît assez vile. Les petits portent, comme toutes nos espèces de Truites, une livrée marquée par plusieurs bandes «crticales brunes qui s'elTacent avec l'âge.

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Pour reconnaître les petits Saumons des jeunes Truites avec lesquelles il est facilo de les confondre, il faut avoir recours au caractère de la dentition, car nous recevons souvent, sous le nom de Saumoneaux du Rhin , de jeune Truites mêlées avec le frui du Saumon.

Le Poisson dont je viens de présenter fort en abrégé la description et l'histoire de ses mœurs , est le type d'un genre caractérisé, à côté des Truites, des Forelles, par le corp:i du vomer lisse et sans dents.

Il existe sur nos côtes une seconde espèce de ce genrequi devient aussigrande.etque l'on connaît sous le nom de BiicAno [Salmo hamatus). Cette espèce se distingue par le crochet saillant que portent à la mâchoire inférieure les deux sexes. J'ai constamment vérifié la présence de ce caractère sur les femelles que l'on dépèce dans nos marchés. L'erreur de regarder le Bécard comme le mâle du Saumon est si commune, je dirai même si populaire, que l'on vend des tranches de Bécard dont on peut voir le ventre rempli d'œufs , sous ce nom de Bécard ou de mâle du Saumon. Les couleurs de cette espèce sont différentes de celles de la précédente. Le dos est toujours plus gris; le coi^js est couvert de nombreuses taches rouges. Le Bécard entre dans les fleuves longtemps après le Saumon. Les individus de cette espèce très commune ne se réunissent pas en aussi grand nombre. La chair est moins rouge el beaucoup moins bonne. Je crois que le Bécard est plus commun dans le Rhin et dans les grands lacs de la Suisse que sur nos côtes occidentales de l'Océan. Il me parait que c'est lui que l'on trouve dans le lac de Constance.

Ni le Saumon ni le Bécard n'existent dans la Méditerranée ou dans la mer Noire; mais cette mer nourrit plusieurs autres espèces du genre des Saumons. Une d'elles , qui est très commune dans le Danube, est le Huca {Salmo Hucho). Celui-ci, remarquable par la longueur de sa tête et de son corps , se prend souvent à Vienne.

L'Omble Chevalier (Salmo umbla) est une autre espèce de Saumon , très commune dans la Suisse et dans le Tyrol. Elle l'est aussi beaucoup en Angleterre , car c'est le Charr des Anglais.

Il faut aussi rapporter au genre des San-

R30IIS le S.aviiLiN ( Salmo Salvdinus ), des eaux douces de l'Europe centrale. Outre le Saumon , la Norvège nourrit encore trois autres espèce de ce genre; le Roïe (Salmo alvinus ), qui habite les lacs alpins de la Laponie , et qui est un des bienfaits de la nature pour les Lapons des Alpes boréales. Sa chair est excellente ; c'est une des espèces que la sage économie des habitants de ce pays sait transporter d'un lac dans un autre, et propager avec grand soin.

Une autre espèce norvégienne est le Kul- MUND ( Salmo carbonarius ), Poisson à chair blanche , molle et peu estimée. Celui-là ne s'élève jamais dans les lacs alpins ; il se tient dans les régions basses et boisées de la Norvège occidentale.

Une troisième espèce de ce pays est le RcEDiNG (Salmo Ascanii)^ que l'on trouve principalement dans les lacs voisins de la mer. On peut conserver cette espèce dans des réservoirs ou dans des étangs.

Je ne puis , dans un article de Dictionnaire, indiquer toutes les espèces encore peu connues quePallas a décrites. On peut consulter V Histoire des Saumons, publiée dans ma grande Ichlhyologie, où je crois avoir fait connaître, d'après Pallas, plus de douze espèces de Saumons des eaux douces ou salées de la Sibérie, et dont plusieurs mériteraient, sans aucun doute, de fixer l'attention des économistes, à cause des pêches abondantes dont elles pourraient devenir l'objet. Il y a aussi plusieurs autres espèces de Saumons dans les grands lacs de l'Amérique septentrionale et sur toutes les côtes boréales de ce vaste continent. Plusieurs égalent pour la taille notre Saumon d'Europe , et si elles étaient convenablement salées ou fumées, elles pourraient être, avec avantage, importées dans notre commerce européen.

Je n'ai mentionné dans cet article que des espèces de Salmonoïdes qui se rapportent au Saumon. Pour compléter l'histoire de ces Poissons fort importants, jerenvoieà l'article TRUITE, où je ferai connaître les espèces de ce genre, dont quelques unes ne le cèdent pas aux Saumons pour la taille ou pour l'importance commerciale. (Val.)

&ALRAUJA. BOT. PU. — Genre de la famille des Ternstrœmiacées, tribu des Sauraiijées, établi par Willdenow ( m Berlin. n. Schrift., t. III, p. /iOG, t. 4). On connaît

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environ 20 espèces de ce genre, parmi lesquelles nous citerons les Saur, fascicidala W iiW. , Noronhiana , cauliflora , pendula, Ileinwar-dtiana , gigantea Blum. , arbres ou arbrisseaux de l'Asie et de l'Amérique tropicale.

Les parties vertes des Saiirauja contiennent une grande quantité de mucilage. Les jeunes fruits de plusieurs espèces sont recherchés comme denrées alimentaires.

SAURAUJÉES. Sauraujeœ. bot. va. — Tribu de la famille des Ternstrœmiacées (voy. ce mol), ainsi nommée du genre Saurauja qui lui sert de type. (Ad. J.)

SAURE. Sawnts (çaûpo;, lézard), poiss.

— Genre de l'ordre des Malacoptérygiens abdominaux, famille des Salmones, établi par G. Cuvier (Règ. anim., t. II, p. 313), qui lui donne les caractères suivants: Museau court; bouche Tendue jusque fort en arrière des yeux; bord de la mâchoire supérieure formé en entier par les intermaxil laires ; beaucoup de dents très pointues le long des deux mâchoires, des palatins, sur la langue et les pharyngiens, mais aucune sur le vomer; huit ou neuf, et souvent douze ou quinze rayons aux ouïes. La première dorsale est un peu en arrière des ventrales , qui sont grandes ; des écailles couvrent le corps, les joues et les opercules; et leurs viscères ressemblent à ceux des Truites.

On rapporte à ce genre un assez grand nombre d'espèces dont la plupart vivent dans la Méditerranée; telles que les Salmo saurus L., fœlens Bl., badi G. Cuv., etc. Ce sont des Poissons très voraces. (M.)

SALREL. poiss. — Nom vulgaire sur les côtes de Picardie et de Normandie , du Caranx vulgaire, Caranx tracliurus [Scomber id. Linn., Bl.).

*SAURÎCIITIIYS. POISS. F0S5.- Genre (!e Tordre des Ganoïdes , famille des Sauroïilcs hétérocerques, établi par M. Agassiz [Recherches sur les Poissons fossiles). On en connaît huit espèces qui proviennent des terrains Iriasiques.

SAURIEXS. Saura, bept. — Les ani.

maux désignés par les anciens naturalistes sous le nom général de Lézards, sont devenus pour Al. Brongniart, G. Cuvier et tous les zoologistes modernes, sous la dénomination de Sauriens, un ordre distinct de la classe

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des Reptiles. Leurs caractères les plus essentiels sont les suivants: Aiiirrianx à corps allongé, arrondi, écailieux ou chagriné et sans carapace; ayant le plus souvent quatre pattes, a doigts garnis d'ongles ; oITraiit une queue allongée et présentant à sa base un cloaque le plus souvent transversal ; à paupières visibles, ainsi que le tympan ; ayant un sternum et des côtes très distinctes et mobiles, et des mâchoires dentées, à branches soudées; enfin les œufs ayant une coque dure , crétacée , et les petits ne subissant pas de transformation.

Le corps allongé, arrondi des Sauriens ne permet, parmi les Reptiles, de les rapprocher que de certains Ophidiens et de ceux des Batraciens qui ont une queue; leurs écailles ou les petites granulations régulières dont leur peau est garnie, suffisent pour les éloigner de tous les Amphibiens , comme l'absence de la carapace les isole de tous les Chéloniens. Leurs pattes, presque constamment au nombre de quatre, les distinguentdes Serpents, qui n'en ont pas le plus souvent ou qui n'en présentent que des rudiments; et leurs doigts, dont les extrémités sont garnies d'ongles , peuvent servir à les séparer des Batraciens qui ont une queue. Ce même prolongement de la colonne vertébrale sert à les différencier de suite de la famille des Batraciens anoures ; la fente transversale de leur cloaque les sépare de tous les Batraciens urodèies , ainsi que des Tortues. La présence, presque toujours constante, des paupières et celle d'un tympan, servent à les distinguer des Serpents qui en sont toujours dépourvus. Le sternum est un caractère essentiel et distinclif d'avec les Serpents, comme l'existence des côtes séparées et mobiles peut servir à les éloigner : 1° des Batraciens chez lesquels ces os sont très courts , et 2" des Chéloniens où ils sont soudés entre eux. Puisque les Chéloniens n'ont jamais de dents, la présence de ces corps, fixés au sommet ou dans l'épaisseur des mâchoires, peut caractériser les Sauriens, et en outre, comme chez eux les branches de la mâchoire supérieure sont soudées ou réunies par une symphyse solide, c'est une différence notable d'avec la plupart des Serpents dont les mâchoires, tant supérieures qu'inférienres, ne sont pas jointes solidement dans

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la ligne médiane, où souvent elles peuvent s'écarter l'une de l'autre et dilater aiii i l'entrée de la bouche. En outre, la coq n; dure des œufs et les jeunes ne subissant ii.is de métamorphoses, peuvent encore faim distinguer îes Sauriens des Amphibiens.

Les Sauriens semblent se lier aux autres classes des animaux vertébrés par quelques analogies de forme, de structure ou d'hal.ilude : nous citerons quelques exemples. Les Crocodiles, qui vivent constamment dans l'eau et ne peuvent se traîner que péniLlcment sur le sol , ont, parla conformation de leurs pattes, quelque analogie avec les Phoques et les Lamantins ; les Dragons, par les membranes dont ils sont pourvus et peut-être mieux encore les animaux perdus qui portent le nom de Ptérodactyles, et que certains naturalistes font rentrer dans l'ordre des Sauriens , se rapprochent des Chauves-Souris et même des Oiseaux; les Basilics et les Istiures par les rayons osseux qui soutiennent les nageoires du dos et du dessus de la queue; les Scinques par leurs écailles placées en recouvremeni les unes sur les autres; les Ichthyosaures , animaux perdus que l'on a placés quelquefois avec les Sauriens par la disposition de leurs squelettes , ont des rapports avec plusieurs groupes de la classe des Poissons ; les Geckos et les Phrynocéphales se rapprochent beaucoup de certains Amphibiens du groupe des Salamandres. Enfin , si l'on pénètre dans la classe même des Reptiles, on trouve aussi des analogies entre les Sauriens et certains animaux des autres ordres; mais nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet et nous nous bornerons seulement à faire observer d'une manière générale, que l'on remarquera toujours des rapports plus ou moins intimes entre deux animaux de classes dilTérentes, mais ayant les mêmes habitudes et vivant dans le mêmi! milieu.

D'après ce que nous avons déjà dit, on peut aisément distinguer les Sauriens des ordres que l'on admet dans la classe de; Reptiles: les Chéloniens, les Ophidiens, et les Batraciens ou Amphibiens , dont M. de Blainville fait, à juste raison une classe tout-à-fait distincte de celle des Reptiles. En effet, les Sauriens diffèrent des Chéloniens par le défaut d'une carapace, par leurs ver-

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lèbrés dorsales n'étant pas soudées entre elles, et par leurs côtes mobiles; parce qu'ils ont des dents et non un bec de corne ; que leur épaule et leur bassin ne sont pas recouverts par les vertèbres, et enfln parce que leur cloaque présente une fente transversale au lieu d'un oriGce allongé et arrondi. On les sépare des Ophidiens par le mode d'articulation du corps de leurs vertèbres, qui n'offre pas antérieurement de portion sphérique; par l'existence constante d'un sternum, des os de l'épaule, et le plus souvent du bassin et des pattes; par la présence de deux poumons également développés, celle des paupières et le plus habituellement du conduit auditif externe , ainsi que la soudure ou l'immobilité des pièces qui constituent l'une et l'autre mâchoire chez ces Reptiles. Enfin, les Sauriens peuvent être distingués des Batraciens, parce que leur tête est unie à l'échiné par un seul condyle; que leurs côtes se joignent constamment à un sternum ; que leurs pattes sont munies d'ongles cornées; que leur corps est le plus souvent piotéf^é par des téguments écailleux ; que les mâles ont des organes génitaux externes destinés au rapprochement des sexes; que leurs œufs ont une écaill&calcaire, et que les petits en sortent avec les formes qu'ils doivent conserver pendant le reste de leur existence.

Pour compléter la caractéristique de l'ordre des Sauriens, nous allons passer en revue les divers points de leur organisation, et nous étudierons leurs mœurs.

Relativement aux organes du mouvement, les Sauriens sont ceux de tous les Reptiles qui se rapprochent le plus des Mammifères, par la variété et la rapidité de leurs divers mouvements ; et chez eux on retrouve plusieurs modes de progression , tels que ramper, marcher, courir, grimper, nager, plonger et voler. Toutefois, en général, le tronc allongé et pesant de ces animaux ne peut être supporté par les membres et ils ne marchent qu'avec gêne. Leurs bras et leurs cuisses, courts et grêles, sont peu musculeux et articulés trop en dehors; leurs coudes et leurs genoux sont trop anguleux et ne peuvent pas s'étendre complètement, pour leur donner la force de soutenir longtemps le pniiis de leur corps qui est transmis par l'axe de l'échiné. Néanmoins,

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malgré cette conformation si vicieuse en apparence, ils peuvent exécuter des mouvements très variés et subordonnés à l'action qu'ils doivent produire pour opérer tous lei modes de transport du corps. D'ailleurs la forme de la queue, le prolongement de certaines parties du dos et des flancs, la conformation et les proportions des doigts, la disposition des ongles, etc., dénotent la faculté qu'ils ont de se mouvoir au milieu des eaux ou à leur surface (Uronecles), ou de serpenter et se glisser à l'aide des sinuosités qu'ils impriment à leur queue {Uiohenes) ; ou de marcher et courir sur des terrains plus ou moins solides ; ou de grimper sur les branches ; ou de pouvoir adhérer aux corps, même les plus lisses ; ou de s'élancer dans l'air et de s'y balancer en protégeant leur chute (Eurnérodes), etc. Du reste, les organes du mouvement sont toujours parfaitement en rapport avec les habitudes et les séjours divers de chacun des genres de Sauriens : ainsi ceux qui , comme les Crocodiles , ont des pattes palmées ou dont les doigts sont unis entre eux par des membranes, et dont la queue allongée est latéralement comprimée, pourront nager avec facilité, et se traîneront difficilement sur la terre; ceux qui, au contraire, comme les Lézards et les Basilics, auront des doigts grêles et très développés, une queue plus longue que les premiers, pointue et conique, aurontune vie terrestre et se trouveront sur le sable brûlant ou les rochers arides; chez d'autres (Geckos), les doigts seront aplatis en dessous, la queue trapue, les pattes courtes , le ventre plat , et ces animaux auront la faculté de s'appliquer sur les plans où ils s'accrocheront, et adhéreront fortement. Dans quelques unes (Dragons), des productions membraneuses provenant des flancs et étalées plus ou moins , leur permettront de s'élancer dans les airs et de s'y soutenir, comme à l'aide d'un parachute. Les pattes grêles, allongées, les doigts opposables et en forme de tenailles des Caméléons, ainsi que leur queue , qui devient préhensile, sont des indices de leur vie habituelle et de la faculté qu'ils ont de se percher sur les arbres et les branches. Enfin, chex les Orvets et les Ophisaures, les pattes disparaîtront, le corps s'allongera et l'animal devenu Serpent par sa forme générale en

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aura les mœurs. C'est surtout dans les clini.iis les plus chauds et les plus humides tout à la fois que les Sauriens se présentent en plus grande abondance et que leurs mouvements y sont le plus actifs: ainsi, pour ne citer qu'un seul pays, l'Egypte, dont la lernpérulure est si brûlante, et le sol périodiquement humecté par les inondations du Nil, oITre un nombre immense de Sauriens, et ils s'y font remarquer par leur souplesse, leur agilité et la force de leurs mouvements.

Le nombre des vertèbres diffère considérablement, surtout dans la région caudale. Ou eu trouve plus de 140 en totalité dans certains Varans ; dans les Crocodiles, il y en a environ 80; le moindre nombre est au moins de 40, comme dans les Scinques; à cliaque région de l'échiné, le nombre des vertèbres peut aussi varier dans les diverses espèces ; la région cervicale en a habituellement 8, et cependant il n'y en a que 5 dans les Caméléons ; au dos , on en compte 30 dans les Varans et les Orvets, et au-delà de 100 dans les Chirotes; la région lombaire n'est formée que d'une seule vertèbre ou de deux, et le bassin habituellement de deux; enfin les vertèbres caudales varient beaucoup en nombre; les Scinques n'en ont que 20, et les Iguanes, Varans, etc., au moins 120. Quant à la forme des vertèbres, elle se rapproche assez de celle des Reptiles dont on a parlé ailleurs. Les céphaliques coiisiiiuent une tète constamment articulée par un seul condyle sur la partie postérieure et inférieure de l'occipital , en avant , ou , pour mieux dire, au-dessous du trou qui livre passage à la moelle épinière; les mouvements de celle tête sont généralement très bornés, et quoiqu'il y ait une sorte d'atliis qui se meut sur une éminence épistroclée de l'axis , les mouvements de torsion ou de rotation sur la colonne vertébrale sont à peine notables.

Tous les Sauriens ont des côtes distinctes les unes des autres et servant à l'acte de la respiration et aux mouvements généraux du irouc. Ces cotes sont arrondies et à peu près «gales dans toute leur étendue; la longueur des côtes varie ainsi que leur nombre, qui suit celui des vertèbres.

Le sternum , quelquefois très développé, est en grande partie cartilagineux; il n'y

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a d'osseux, même dans de très vieux Crocodiles, qu'une seule pièce en forme de spa« tule plate et allongée. Le sternum consliiuc le plus souvent avec l'épaule une espèce de cuirasse pour protéger le cœur et les gros vaisseaux.

La plupart des Sauriens sont pourvus de quatre pattes (Crocodiles, Lézards); plusieurs d'entre eux n'en ont que deux (Bipes, Chironectes), et il en est qui n'en ont plus, tels sont les Orvets et les Ophisaures, qui entrent réellement dans cet ordre, et que G. Cuvier avait placés avec les Ophidiens. Les membres antérieurs, quand ils existent, ce qui est le plus habituel, sont composés d'une épaule, d'un os unique pour le bras , de deux pour l'avant-bras , d'un carpe au poignet, d'un métacarpe et de doigts divisés en phalanges, dont la dernière porte le plus souvent un ongle toujours conique et pointu. L'épaule est formée de trois os réunis en ceinture pour envelopper la partie antérieure de la poitrine; deux de ces os, qui sont la clavicule et le coracoïdien , s'articulent sur la partie antérieure et latérale du sternum, et concourent avec le troisième, qui correspond à l'omoplate, pour former une cavité commune dans laquelle l'extrémité supérieure de l'os du bras vient s'articuler ; la forme et la disposition de ces os varie suivant les groupes , et même chez les Crocodiles on ne remarque plus de clavicule. L'o3 du bras ou l'humérus s'articule avec l'épaule comme celui des oiseaux. Les os de l'avantbras n'offrent pas de particularités remarquables ; le cubitus est en général plus long et plus solide que le radius. La main atteint en totalité plus de longueur que l'avantbras; le carpe varie pour le nombre des os, qui forment toujours deux rangées distinctes; les métacarpiens et les phalanges varient également et de forme et de nombre, suivant une foule de circonstances. Les membres postérieurs manquent assez souvent dans les espèces placées à la fin de la série des Sauriens; lorsqu'ils existent, on y remarque le b;issin , la cuisse , la jambe , le tarse, le mélatarsc et les doigts. Le b.issiii est composé par trois os; l'iléon, qui sar. ticuleen haut sur les deux piècesdu sacrum, le pubis et l'ischion, placés au-dessous de l'articulation fémorale, l'un en avant, l'autre en arrière: souvent ces trois os se rcu-

<, crûssent, comme ceux de Tépaulc , pour for- \ tner la cavité articulaire, qui reçoit la tête (in fémur; mais ce fait n'est pas général. L"os de la cuisse, ou fémur, ressemble à l'humérus. A la jambe , le tibia est ordinai • rement plus gros que le péroné, quoique ce dcrnjer présente une extrémité tarsienne très développée; la rotule est assez grosse. I.e tarse varie comme le carpe. Le pied ou paite postérieure présente l'analogie la plus complète avec la main.

Tous les Sauriens sont pourvus d'une queue qui diffère de longueur selon les es- [lèccs, mais qui habituellement est assez longue. On a établi , d'après les différences de forme de cet organe, trois divisions admises par la plupart des zoologistes : 1° les Vronectes, dont la queue est aplatie en dessus ou de côté; 2° les Eumérodes , qui ont une queue arrondie, coniqueetdistincte des autres parties du corps ; et 3" les Urobèncs, dont la queue , également arrondie et conique, fait suite au tronc sans distinction mur(jwée.

Les muscles se distinguent en ceux qui sont destinés à mouvoir le tronc ou les membres; ils varient considérablement pour le nombre et le développement, suivant les modifications subies par le squelette dans les différents genres ; les fibres sont peu colorées, et même habituellement blanches.

Nous ne pouvons donner ici la description des divers muscles; l'indication même des principaux nous mènerait trop loin, et nous renvoyons les lecteurs aux traiiés spéciaux d'anatomie comparée. La chair des Sauriens est recherchée pour les tables dans divers pays, surtout parce qu'il ne s'y développe que peu de tissu graisseux. On a attribué à cette chair des propriétés médicamenteuses : c'est ainsi qu'en Amérique la Dragonne et l'Iguane sont regardés comme présentant aux friands un mets délicieux; que certaines espèces d'Ameiva sont employées comme antisyphiiitiques , et qu'en Asie les Scinques sont réputés aphrodisiaques.

La sensibilité est peu développée chez les .'^.uiricns , et il en est de même des organes ih's sens , qui, à l'exception de celui de la \ision, assez complet, sont presque tout- «fait à l'état rudimentaire. La faiblesse lie leurs sens , le peu d'abondance do leur

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sang et leur température froide viennent exiiliquer comment ces Reptiles peuvent rester i)lusieurs mois dans un engourdissement parfait, et comment ils peuvent, sans mourir, supporter de très longs jeûnes. On explique aussi par les mêmes causes, auxquelles on doit encore ajouter la lenteur de la circulation du sang, comment ils ne perdent pas la vie au moment même où on leur coupe la tête ; et si on n'a pas attaqué une partie aussi importante que la tête, si on s'est borné à leur couper les pattes ou la queue, non seulement ils n'en meurent pas, mais encore ces parties ont la faculté de se régénérer au bout d'un certain temps, qu; même quelquefois n'est pas très long. Malgré leur peu d'instinct et leur stupidité habituelle, il parait que dans l'ancienne Egypte les prêtres étaient parvenus à élever des Crocodiles en captivité, et qu'ils s'en faisaient suivre dans les fêtes religieuses.

Le cerveau est peu développé chez les Sauriens; toutefois la cavité du crâne, surtout en arrière, est à peu près remplie par la masse cérébrale qui est, pour ainsi dire, moulée dans cet espace. La paroi fibreuse n'offre pas de replis membraneux transverses ou longitudinaux pourséparer l'encéphale en région postérieure et en latérale. La surface de la masse cérébrale ne présente pas de sailliessinueuses qu'on puisse considérer comme des circonvolutions de la matière pulpeuse. I! y a des lobes disposés par paires ; tels sont les tubercules olfactifs , les lobes optiques, etc. Le cervelet est la portion la moins développée.

Les nerfs qui proviennent de l'encéphale sont beaucoup plus grêles que ceux qui sont produits par la moelle épinière; ce qui, semble en rapport avec la grande irritabilité musculaire et la moindre énergie de leurs organes des sensations.

Chez les Sauriens, la peau étant presque toujours recouverte d'écaillés plus ou moins fortes, on comprend que le sens du toucher soit très imparfait et qu'il ne puisse s'exercer que difficilement. Les doigts sont réunis entre eux par une membrane dans le plus grand nombre des espèces, et, dans celles où ils sont isolés, ils sont garnis en dessous d'écaillés assez épaisses pour ôter presque toute sensibilité à cette partie. La queue, toutefois, dans le Caméléon, peut, jusqu'à un certain

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point, être comparée aux doigts, sons le rapport de l'exercice du sens du toucher. Nous n'entrçrons pas dans des détails sur l'organisation intérieure de la peau, et nous noierons seulement quelques particularités remarquables. Les écailles qui couvrent la jieau donnent des caractères pour la distinction des espèces par leur forme et leur disposition, La peau oITre quelquefois des plis auxquels on a donné des noms particuliers; tel est un renflement particulier que l'on voit parfois (Iguanes) sous le cou et qui porte le nom de fanon. Enfin la peau peut présenter à sa surface des pores et des papilles.

Comme les Sauriens se nourrissent tous d'animaux vivants dont ils s'emparent brusquement au moment même où ils les aperçoivent, on conçoit que, chez eux, l'organe de l'odorat ait été peu développé, puisqu'il n'était pas destiné à faire connaître instantanément l'existence, même éloignée, de la proie qu'ils auraient a saisir. En général les fosses nasales sont très peu développées; elles n'ont ni sinus, ni cornets ; les conduits nasaux ont très peu d'étendue en longueur et en largeur; la membrane olfactive qui les tapisse est peu humide et colorée habituellement en brun-noiràtre. Les orifices externes des narines, qui sont souvent munis de petits cartilages et de bords mobiles, sont, en général, distincts et séparés: tel est l'organe de l'odorat chez les Caméléons, Stellions, Varans; il est plus compliqué dans les Crocodiles.

Le sens du goût est également très peu développé dans les Sauriens. Chez la plupart d'entre eux, la langue est assez longue, charnue et mobile. Celle du Caméléon est cylindrique et peut être très considérablement allongée. Elle est, au contraire, tellement fixée par ses bords et par sa pointe, chez les Crocodiles, qu'elle paraît manquer.

L'appareil de l'audition est peu parfait; aussi les Sauriens ne paraissent-ils pas avoir l'ouïe bien fine, et sont-ils muets ou ne font-ils entendre que des sons rauques, confus et désagréables. L'organe se compose habituellement d'une cavité intérieure, peu développée, dans les os des parties latérales du crâne, laquelle communique largement avec la gorge, et se trouve fermée au dehors, soit par les téguments communs, comme

dans les Caméléons, soit par des écailles analogues à celles du reste du corps, comme dans les Orvets , tandis qu'il y a un véritable tympan situé tantôt a fleur de tête, tantôt dans un conduit auditif très court, dans les Opliisaures et dans le plus grand nombre des autres genres.

L'organe de la vision est assez compliqué, et se rapproche de celui de tous les Repliics. Les yeux sont saillants et assez gros ; ils sont mobiles et logés dans les orbites; ils sont constamment pourvus de paupières qui varient en nombre, en forme, eu direclioi» et en mobilité. Le sens de la vision est très actif chez ces animaux, et il faut que leurs yeux soient très forts pour n'être pas altérés ou détruits par les rayons qui brûlent les pays qu'ils habitent. Quelques espèces sont privées de la vue, au moins en apparence, car les yeux sont très petits ou cachés; c'est ce qui a lieu chez les Orvets. ChezquelquesScinques, il n'y a pas de paupières, et elles sont très courtes dans certains Geckos. Dans toutes les espèces qui ont des paupières, et c'est le plus grand nombre, la conjonctive est toujours humide, et l'humeur des larmes qui la mouille se rend dans les fosses nasales. Le globe de l'oeil est protégé en avant par des lames cornées ou osseuses, placées dans l'épaisseur de la sclérotique. Enfin, dans les Geckos, et probablement dans tous les Sauriens qui marchent la nuit, l'ouveiture de la pupille se présente sous forme d'une fente linéaire quand l'animal est exposé au grand jour.

Les Sauriens se nourrissent exclusivement de chair vivante; un repas leur suffit pour plusieurs jours, et on s'est même assuré que des Crocodiles peuvent rester plusieurs mois sans prendre de nourriture, principalement pendant l'hiver. Mais, s'ils ne mangent que rarement, il faut dire aussi que chacun de leurs repas est extrêmement copieux ; ils font principalement la chasse aux petits Mammifères, Oiseaux, Poissons, Mollusques «t Insectes, et se font remarquer par leur voracité qui est surtout très connue dans les grandes espèces de Crocodiles.

Les mâchoires sont assez solides et portent des dents qui, elles-mêmes, sont assez fortes et varient de forme et de position. Comme, dans les Sauriens, M. Wagler et quelques autres zoologistes ont tiré des ca-

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rartères de ces organed, nous devons en dire quelques mots. On dislingue les dents fn celles de la mâchoire supérieure, de '.'inférieure et du palais : elles sont toujours simples, coniques, inégales, isolées, à racines creusées en cône dans les Crocodiles, et comprimées .sans véritables racines dans tous les autres Sauriens. Les dents palatines sont implantées dans la membrane du palais, et serveitl, à la manière d'une herse, à retenir la proie et à l'empêcher de rétrograder; elles ont reçu des noms divers, tels que ceux d'incisives , de lanières, etc. , suivant leur position ou leur forme.

La bouche est constamment privée de lèvres; elle est largement fendue, ce qui permet aux Sauriens d'avaler de grandes pièces de chair. La cavité de la bouche est bordée au-dessus par un plafond assez plat, peu charnu , formé par les laraes palatines des os incisifs, dessus-maxillaires, du sphénoïde, et par les branches ptérygoïdes. On y voit les orifices des arrière-narines qui s'ouvrent vers le tiers postérieur de cette région , et les fentes qu'elles forment sont parfois séparées par la simple cloison du vomer. Il y a peu de distance entre le plafond et le plancher, qui est mobile, plus ou moins élargi, suivant l'écartement des branches de l'os de la mâchoire inférieure : tout cet espace est occupé par la langue, le tubercule de la glotte et tous les muscles qui sont destinés à agir sur ces parties, principalement ceux qui proviennent de l'hyoïde et de l'os sous-maxillaire.

Nous avons parlé de la langue en indiquant l'organe du goût.

L'hyoïde varie considérablement pour la forme, et quelquefois par son développement, même dans les espèces d'un même genre.

Très simple dans les Crocodiles, il est très complexe dans les Varans , Lézards, etc.

Les organes glanduleux destinés à sécréter la salive ne sont pas très développés chez les Sauriens. Us forment plutôt des cryptes nui s'ouvrent sur les bords extérieurs des gencives et sur le pourtour des attaches de la langue, que de véritables glandes sécrétoires munies d'un conduit; toutefois, il n'en est pas ainsi chez les Varans.

Le canal digestif est généralement peu étendu en longueur : il commence dans la bouche là où Gnit le palais , car dans

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grande majorité des espèces il n'y a ni épiglotte, ni voile du palais, ni pharynx. L'œ.sophage se confond presque toujours avec l'estomac sans qu'on puisse distinguer une sorte de cardia. L'estomac, retenu sur la colonne vertébrale par un repli membraneux, qu'on regarde comme un mésentère, est grand, souvent ovale et fort allongé; il n'offre généralement pas de cul-de-sac, et le pylore est à peine visible.

L'intestin ne présente généralement pas d'appendice propre à indiquer une division en intestin grêle eten gros intestin. Le gros intestin se termine par une cavité dans laquelle aboutissent les voies urinaires, les canaux de la génération des deux sexes , et les résidus des aliments, ce qui constitue un vé« ritable cloaque, s'ouvrantà l'extérieur par une fente transversale et garnie de pores laissant suinter une humeur grasse et très odorante.

Le foie n'offre qu'une seule masse allongée dans la plupart des Sauriens. Quoiqu'il y ait deux lobes larges dans les Crocodiles et les Caméléons, le foie chez les premiers est situé plutôt sur la ligne moyenne que du côté droit.

Il y a une vésicule du fiel.

On retrouve une rate dans les Sauriens ; quoique le plus souvent située à gauche dans la cavité de l'abdomen chez quelques espèces , elle occupe quelquefois la région moyenne, à quelque distance du foie, dans l'épaisseur d'un prolongement du mésentère. Sa forme est arrondie, et sa couleur rouge foncé.

Les reins varient quant à leur position ; ils se terminent dans le cloaque immédiatement et sans l'intermédiaire de la vessie.

L'accroissementdes Sauriens est très lent, et cela est la conséquence de leur longue vie et de leur engourdissement, pendant lequel la vie est en quelque sorte arrêtée. Quelques espèces de Crocodiles et d'Iguane? >icquièrent avec le temps de très grandes dimensions. Les Sauriens vivent en général très longtemps ; l'âge avancé auquel ils peuvent parvenir ne doit pas étonner dans des animaux à sang froid, qui transpirent à peine, qui se passent facilement de nourriture, et qui réparent aisément les pertes qu'ils éprouvent.

La circulation du sang chez les Sauriens

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n'est pas aussi complète que dans les aniniaiu de» classes supérieures : ce n'est qu'une fraction de la grande circulation , traction plus ou moins grande, suivant les f;enres , et produisant des effets plus ou moins marqués. Il résulte de là que l'action lie l'oxygène sur le sang est moindre que dans les Mammifères et les Oiseaux, et que, si la quantité de respiration de ceux-ci, où tout le sang est obligé de passer par le poumon avant de retourner aux autres organes, est représentée par l'unité, on ne pourra exprimer la quantité de respiration des Sauriens que par une fraction de cette unité, d'autant plus petite que la portion du sang qui se rend au poumon à chaque contraction du corps sera moindre. De là aussi moins de Torce dans les mouvements, moins de finesse dans l'exercice des sens , moins de rapidité dans la digestion, moins de violence dans les passions; de là l'inaction, la stupidité apparente, les habitudes communément paresseuses, la température froide, l'engourdissementhivernal, qui caractérisent les Sauriens en général.

Le cœur a toujours deux oreillettes et un seul ventricule , qui est parfois divisé par des cloisons imparfaites; il est généralement petit et présente des variations dans les divers genres pour sa forme et sa position parmi les organes internes. Les veines pulmonaires sont réunies en un seul tronc . au moment où elles atteignent le cœur. Il existe aussi chez eux deux aortes postérieures, une gauche et une droite. Les systèmes veineux et artériel ne présentent que des modifications plus ou moins profondes de ceux des Reptiles en général ; aussi n'en parlerons-nous pas ici. Les vaisseaux lymphatiques et chylifères des Sauriens n'offrent pas de différences bien notables d'avec ceux des Chéloniens. Certains lOrganes spéciaux semblent liés au système iVeineux d'une manière particulière; ce sont deux sacs membraneux et vasculeux situés à la partie inférieure du bas-ventre entre les muscles et le péritoine, et qui semblent propres à sécréter et à garder un suc nutritif destiné à être résorbé dans les mois rigoureux de la mauvaise saison lors du sommeil hivernal.

Les poumons , constamment au nombre de deux , sont à peu près symétriques* plus

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ou moins prolongés dans la cavité abdominale; souvent même, dans quelques genres, l'air qu'ils admettent peut de là s'insinuet dans des cavités accessoires, sortes d'appendices, de sacs ou de réservoirs qui se prolongent et communiquent avec des loges où l'air est ensuite destiné à divers usages, et, en particulier, employé à la production ou à la modification de la voix. La trachée, qui établit le passage de l'air de la bouche aux poumons , se divise bientôt en deux troncs principaux de bronches, qui aboutissent directement et brusquement dans les sacs pulmonaires sans s'y subdiviser. L'air pénètre de là dans deux sortes de cavernes garnies de cellules membraneuses lâches, dont l'orifice devient béant, et ne s'élargit qu'autant que le sac Ici-même prend de l'expansion, de sorte que les poumons, desséchés artificiellement après avoir été gonflés par le souffle, offrent dans leur intérieur des mailles plus ou moins lâches ou des réseaux dont la disposition varie suivant les espèces , mais dans l'épaisseur desquels on voit des vaisseaux sanguins assez rares se ramifier dans l'épaisseur des cloisons membraneuses. Dans l'acte de la respiration, les mouvements d'inspiration et d'expiration ne sont pas fréquents et réguliers comme chez les animaux supérieurs ; ils sont souvent suspendus pendant très longtemps et par des intervalles fort inégaux; les côtes peuvent se soulever et s'abaisser , et aident ainsi l'acte de la respiration. La production de chaleur est nulle chez les Sauriens , et ces animaux se mettent en équilibre de température avec le milieu dans lequel ils sont plongés; ils rentrent donc dans la division des êtres à sang froid. Un phénomène particulier, lié au système circulatoire, se remarque dans les Caméléons et sera signalé ailleurs : chez ces Sauriens la couleur de la peau peut varier suivant les besoins et les passions éprouvées par ces animaux.

Tous les Sauriens ont un accouplement réel. Dans les mâles, les testicules sont placés dans lacavitéabdominale, collés en avant de la face inférieure des reins; presque tous ont chacun deux pénis cylindriques, courts, le plus souvent hérissés d'épines disposées d'une manière régulière : le Crocodile fait exception à cette règle générale, et ne présente qu'un seul pénis. L'épididyme fornie«

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|)nncipalement chez les Lézards, un corps gros, détaché, plus long que le testicule, et composé (les replis du canal déférent, qui va s'ouvrir dans le cloaque; il n'y a pas de vésicules séminales. Les femellesontchacune deuxovaires ordinairement plus étendus que ceux des oiseaux, et où les œufs prennent un .iccroissement très grand ; elles n'ont pas de clitoris. Ces femelles produisent des œufs rarement colorés ou tachés, dont l'enveloppe est plus ou moins dure, et elles les déposent dans le sable ou dans la terre, où la chaleur !es fait édore; jamais elles ne les couvent. Les petits qui sortent des œufs ont la forme qu'ils doivent conserver toute leur vie, et ils n'éprouvent pus diverses métamorphoses , comme les Amphibiens. Chez quelques femelles,comme lesOrvelsel certainsLézards, les petits eclosent dans l'intérieur des oviductes, de sorte que ces mères paraissent vivipares.

Les Sauriens se trouvent principalement dans les pays les plus chauds du globe : l'Egypte, les côtes brûlantes de l'Afrique et les rives du Sénégal, du Nil et de la Gambie, en présentent beaucoup; en Amérique, les plages de l'ûrénoque et du fleuve des A^mazones, ainsi que les solitudes intertropicales en contiennent également un grand nombre d'espèces; enfin les archipels des Moluques et des Antilles en possèdent encore plusieurs. Dans les pays froids, les Sauriens disparaissent entièrement, et dans nos climats tempérés nous n'en avons qu'un petit nombre d'espèces. L'Europe en compte 31 espèces que nous croyons devoir indiquer (1).

1" Geckos. * Ascalabotes muralis, * Hemidaclylus verruculatus , * Phyllodaclylus europœus.

2" Caméléons. Chamœleo vulgaris.

3" iGUANiENs. SleUio vulgaris , Stellio caucasiens.

4° Lacertiens. * Tropidosaura algira , Notopholis nigro-punclala, JSolopholis moreotica , IS'olopliolis Filzingeri , Zoolûca montana, * Zooloca vivipara , * Lace) la slirpiv.m, * Lacer la viridis , "^ Thimonocellalus, l'odarsis oxycephala , * Pudarsis muralis , * Podarsis oxycephala , * Psammodromus

(i) Les espèces particulières à la Faune française, au nombre (le quatorze , sont indiquées ùaiis cette liste par uri * qui Viéicdo le non.

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Edwarsianus , * Psammodromus cinereus.

* Acanthodaclylus lioschianns , Eremiasvo, lox , Ercmias variabilis, Ophiops elegans.

S"» Chalcidiens. Pseudopus serpenlinus.

6° SciNcoïDiENS. Ablepharus pannonicus,

Ablepharus bivitlalus , Gongylus ocellatus ^

* Seps chalcides , * Anguis fragilis , Ophiomorus miliaris.

Si nous jetons un coup d'œil rapide sur les débris fossiles que l'on a rapportés à l'ordre des Sauriens , nous verrons que l'on n'en trouve pas de traces dans les terrains de transition contemporains des premières créations animales. Mais il n'en est pas de même dans la période secondaire, et l'on y voit beaucoup d'espèces du groupe des Crocodiles, si peu nombreux en espèces aujourd'hui ; puis les Plésiosaures, que quelques zoologistes ont réunis aux Crocodiles , les Plérodactyles et les Ichthyosaures , que l'on a aussi parfois placés avec les Sauriens; les premiers se rapprochant, sous plusieurs points de vue, des Crocodiles, mais les derniers ressemblant beaucoup plus aux Amphibiens, et venant établir le passage de cette classe à celle des Poissons. La période tertiaire avait aussi quelques Sauriens, mais ils y sont moins différents de ceux de nos jours : on en a surtout observé dans l'Iiiiie et dans l'Europe. Pour cette dernière parlie du globe, ils appartiennent, dans certains cas , à des espèces qui n'y vivent plus aujourd'hui : c'est ainsi qu'il existait pendant, l'époque tertiaire des Crocodiles sur divers points de la France ; tandis qu'aujourd'hui il n'y en a qu'en Afrique, en Asie, dans la Nouvelle-Irlande, ainsi qu'en Amérique.

Plusieurs Sauriens, et particulièrement les Crocodiles, qui étaient adorés chez les Égyptiens , sont connus depuis la plus haute antiquité. Leur nom , ainsi que nous l'avons dit au commencement de cet article, provient du mot aaupo;, employé par Arislote pour désigner le Lézard , que l'on doit prendre comme type de cet ordre. Nous ne chercherons pas ici à indiquer tous les naturalistes qui , en très grand nombre , se sont occupés des Sauriens , soit sous le point de vue anatomique ou descriptif, soit sous celui de la classification ou des mœurs; nous ne citerons que les principaux , renvoyant, pour plus de détails , à l'article BËr-

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FILES de ce Dictionnaire , et aux traités spéciaux, pailiculièrement à l'excellent ouvrage de MM. Duméril et Bibron sur VErpéloîogie générale dans les Suites à Buffon de Téditeur Roret (tom. II, 1835).

Linné, dans son Systema natwœ, ne formait de tous les Sauriens que son seul genre Lacerla. Laurent!, le premier, établit plusieurs groupes dans ce grand genre; ces groupes sont d'abord devenus des genres, et maintenant, pour nos zoologistes modernes, ils constituent des familles de l'ordre des Sauriens, ordre qui a été créé, en 1799, par Alexandre Brongniart.

G. Cuvier, dans son Règne animal, divise cet ordre en six familles : 1° les CnocoDi- LiENS (g. CrocodUus); 2" les Lacertiens (g. Monitor, Lacerla) ; 3" les Iguaniens (g. Slellio , Agania, Istiurus, Draco, Plerodaciylus, Iguana , Ophryessa , Basilicus , Polychrus , Echineles, Opiurus , Anolius); 4° les Gec- KOTiENS (g. Gecko); 5" les Gaméléoniens (g. Chameleo); 6" les Scincoidiens (g. Scincus, Seps, Bipes, Chalcides, Chirotes). Quant aux Orvets ouAnguis, ils étaient placés au commencement de l'ordre des Ophidiens.

M. de Blainville a donné une classification particulière des Sauriens, qu'il ne conserve pas comme un ordre distinct de la classe des Reptiles; il en retire les espèces fossiles anomales , et il place comme des classes ou ordres particuliers : 1° les PiÉno- DACTYLES avaiit les Tortues , et établissant le passage des Oiseaux aux Reptiles 2° les Plésiosaures, qui lient les Chélonien aux Crocodiles, et ne forment qu'une divi sien secondaire; et 3° lesIcniHYOsAUREs, qu servent à combler le vide que l'on remar quait entre les Amphibiens et les Poissons et qui sont ainsi un des chaînons importants de la série zoologique. Une partie des Sauriens de G. Cuvier constitue pour M. de Blainville son ordre des Émvdosauriens, comprenant les Crocodiles, subdivisés en Crocodile proprement dit, Caïman et Gavial. Les autres Sauriens sont réunis aux Ophidiens pour former l'ordre des Saurophidiens ou BispÉNiENs; mais tandis que les Ophidiens constituent un sous-ordre spécial dont nous ne devons pas parler maintenant, les Sauriens proprement dits en forment également un , qui est subdivisé en un assez grand nombre de familles, telles que celles des

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Geckos, Caméléons, Agames , Dragon», Iguanes , Sauvegardes et Lacertiens ; cette dernière partagée en tribus , savoir les Tupinambis , Lézards, Bipèdes, etc.

Nous ne parlerons pas des nombreuse* classifications qui ont été proposées pour l'ordre des Sauriens par MM. Oppel, Fitzinger, Merrem , Wagler, Latreille, Gray, Wiegmann, Charles Bonaparte, etc., et nous terminerons cet article en donnant quelques détails relatifs à la classification de MM. Duméril et Bibron, l'une des plus récentes et celle qui a été généralement suivie dans les divers articles erpétologiques de ce Dictionnaire.

MM. Duméril et Bibron subdivisentPcrdre des Sauriens en huit familles particulières , dont les caractères sont particulièrement tirés : 1° de la forme du corps; 2° de celle des membres et surtout des extrémités; 3° de la forme et de la disposition de la queue; 4" de la peau et de ses annexes; 5'^ de la langue et de divers autres organes, etc. Ces huit familles ont reçu les noms de :

1° CrOCODILIENS ou AsPIDIOTES ( àcT7tti5i,J-

Tin;, qui porte une légère cuirasse), dont la peau est à écussons osseux sur le dos et a plaques carrées sous le ventre; la queue comprimée et carénée; la mâchoire inTcrieure très longue et dépassant le crâne on arrière; pas de langue, ou plutôt cet organe étant très petit et attaché au palais; fosses nasales longues; les doigts postérieurs réunis par une membrane.

2° Gaméléoniens ou Chélopodes (x»î'''^'»

pince; tzoùç, pied). Téguments chagrinés; langue vermiforme; queue prenante; pattes à doigts réunis en deux paquets opposables.

3° GeCKOTIENS ou ASCALABOTES ( àffxaXa-

gojTV)?, nom donné aux Geckos par Aristote). Corps aplati; pattes courtes; téguments nus ou tubercules; doigts élargis, plats en dessous, à angles pointus; langue courte et charnue.

4° Varaniens ou Platynotes (-rr^arv;, élargi ^ vSto?, dos). Queue généralement comprimée et propre à une vie aquatique; tèle n'offrant pas de larges plaques polygones ; langue longue , très fourchue , pouvant rentrer dans un fourreau comme celle des Serpents ; le corps recouvert à sa surface

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