‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 4)Chapitre 13 sur 123 · III. PERCNOPTÈRES · texte numérisé non relu

III. PERCNOPTÈRES

(Genre Neophron Savig. ; Percnopterus G. Cuv. )

Dec allongé, grêle, très crochu à l'extrémité; narines longitudinales; face seule nue , le cou étant emplumé.

Le type de cette division est le Néophuon percnoptère, Neop . percnopterus Sa\\g. (Buf., pi. enl. , 427 et 429 j ; Calh. percnopterus Ternm. C'est le plus commun des Vautours dans tin grand nombre de contrées. On le trouve en Afrique , en Asie et , en Europe , dans la Norvège, en Espagne, en Grèce, en Sardaigne, en Italie, en Suisse et dans le midi de la France. (Z. Gerbe.)

VAUTOURI\S. VuUurini. ois.— Famille de l'ordre des Rapaces fondée par llliger sur le grand genre Vultur de Linné, et comprenant toutes les divisions qui ont éié créées à ses dépens. (Z. G.)

VAVAIMGA. BOT. PII. — Genre proposé par Rohr, qui se rattache comme synonyme au genre f^anguiera Coinriiers. , de la famille des Rnbiacées. (D. G.)

* VAVÉE Favœa (du nom de l'île Vavao , l'une des îles des Amis), bot. pu. — Genre de la famille des Tiliacées, sous-ordie

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des Elaîorarpées, formé par M. Bentham (tu Hook. London Journ. of Roian., vol. Il, pag. 212) pour un vcgéial frutescent? ou arborescent? de l'archipel des Amis, à feuilles simples, rapprochées au sommet dos rameaux, stipulées; à inflorescence en cymc toute pubescente. Cette plante est le Vavœa Amicorum Ben th. (D. G.)

VAZA. OIS. — Nom donné par M. Lesson à un groupe de la famille des Perroquets , fondé sur \e Psitt, vaza, Shaw. (Z. G.)

VEAU. MAM. — Nom du jeune dans le genre des Bœufs. — Voy. bœuf. (E. Ba.

VEAU-MARI\. MAM. — Nom vulgaire des Phoques. (E. Ba.)

* VEDIA ( nom mythologique ). ins. — Ilnbner désigne sous cette dénomination un genre de Lépidoptères de la famille des Nocturnes, tribu des Géométrides. (E. D.)

VÉGÉTATIOîV. — Voy. physiologie végétale.

VÉGÉTAUV, PLANTES. Vegetabilia ^ Plantœ. bot. — Les Végétaux sont des êtres organisés, fixés et immobiles, au moins dans leur ensemble, insensibles; dont ks éléments chimiques essentiels sont l'oxygène, l'hydrogène, surtout le carbone; dont l'élément anatomique fondamental est la cellule; qui se nourrissent au moyen do fluides absorbés par des points divers de leur surface, et élaborés dans toutes les parties de leur tissu intérieur. Leur ensemble constitue le règne végétal, l'un des deux grands embranchements des êtres organisés. Le nombre des espèces végétales qui composent ce règne tout entier est extrêmement considérable, même en faisant abstraction du celles qui ont disparu par l'efl'et des grandes révolutions géologiques, et dont les restes, plus ou moins altérés, existent encore dans l'épaisseur des couches terrestres. Il s'élève à près de 10(t,000 pour les plantes déjà décrites par les botanistes , et tout démontre que ce chiffre, tout considérable qu'il est, sera bientôt fortement dépassé. En efl'et, un relevé approximatif, exécuté tout récemment au Muséum d'histoire naturelle de Paris , a fait évaluer de 113 à 120,000 les espè-es de plantes réunies dans l'immense herber de cet établissement. Or si, partant de celte base , on essaie d'évaluer approximativement les ricliesses végétales des p.iys encore inexplorés ou imiiarfailement expioics

par les voyageurs , on arrivera sûrement à ne pas regarder comme exagéré le chiGTre de 200,000 pour reiisemble des espèces qui peuplent probablement la surface entière de notre globe.

La partie de l'histoire naturelle qui s'occupe de l'histoire des Végétaux est la botanique. Elle étudie ces êtres sous les points de vue sous lesquels se présentent les êtres organisés {voy. les articles anatomie végétale , PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE , ainsi que ceux auxquels ils renvoient), comme aussi sous celui de leur classification ( voy. l'article taxonouie), de leur description , de leurs usages, etc. De là résultent dans celte science des embranchements distincts désignés par des dénominations particulières , et dont le tableau a été présenté à l'article Botanique. {Foy. botanique.)

La science des végétaux n'est pas arrivée tout d'un coup au point où elle est parvenue aujourd'hui. Comme toutes les branches des connaissances humaines, elle a passé par une suite de développements progressifs ; elle s'est enrichie successivement des découvertes et des travaux d'un grand nombre de savants. L'histoire de ses progrès, acquis au prix des efforts de tant d'hommes éminenls, a été tracée avec détail à l'article Bolanique, auquel nous nous contenterons de renvoyer. Voy. botanique.

Les Végétaux sont la plus belle parure de la terre. Leur douce verdure repose et charme les yeux, et par l'infinie diversité de ses nuances, soit d'une espèce à l'autre, soit aux diverses époques de la végétation annuelle d'une même espèce, elle répand sur la nature une admirable variété; mais leur beauté n'est que le moindre de leur mérite. Dans l'ordre général de la nature , le rôle le plus important leur a été assigné. C'est, en effet, sur eux que repose l'existeuce des animaux. Parmi ceux-ci, les uns tirent immédiatement desplantesleur nourriture exclusive : ce sont les animaux herbivores , frugivores , granivores , ceux qui se logent dans l'épaisseur même des tissus végétaux pour s'en nourrir ; d'autres vivent en dévorant les premiers : ce sont les carnivores, dans le sens le plus large du mot, dont l'existence repose médiatement sur le règne végétal. C'est donc, en dernière analyse , au règne végétal que nuire terre doit sa population animée. Aussi

le développement de celle-ci est-il toujours en rapport avec la richesse de la végétation. Dans les déserts arides de l'Afrique et de l'Asie , les oasis sont seules peuplées ; tandis que toute l'étendue des savanes herbeuses des pampas de l'Amérique est parcourue par des troupes innombrables d'animaux. L'homme lui-même obéit à celle loi générale de l'existence. Malgré la végétation luxuriante dont la nature a doté de vastes contrées , il ne forme jamais que des peuplades misérables et peu nombreuses dans ces lieux privilégiés en apparence. Pour arriver à posséder tout le bien-être qui seul lui permet de former des peuples nombreux, il est obligé de modifier la marche de la nature, de changer la végétation des contrées qu'il habite, et d'accroître, par tous les moyens qui lui ont été révélés par l'observation et par la science, certains produits végétaux nécessaires à son existence et à celle des animaux qu'il a ployés à son joug.

Ce rôle majeur des Végétaux , dans l'ordre général de l'univers , tient essentiellement à leur genre de nulrilion qui leur permet de modifier la nature minérale au profit des animaux. En effet, ceux-ci réclament nécessairement pour se nourrir un aliment organique, tandis que les Végétaux puisent autour d'eux dans le règne minéral les substancesqui, élaborées ensuite dans leur tissu, deviendront les matériaux de leur accroissement. Dans l'état actuel de la science, tout démontre que l'aliment des plantes est essentiellement minéral, et que si certaines d'entre elles , les vraies parasites , peuvent se nourrir de matières déjà élaborées et par conséquent organiques ; si les autres paraissent , dans certaines circonstances, pouvoir également emprunter quelque chose aux matières de nature organique avec lesquelles leurs racines sont en contact, on ne doit voir là que des faits tout spéciaux d'une valeur secondaire, et qui n'infirment en rien le grand principe aujourd'hui admis par la majorité des physiologistes, savoir : que les Végétaux sont le canal par lequel les éléments minéraux du globe passent dans le corps des animaux.

Les Végétaux jouent encore, parmi les êtres vivants, un rôle d'une haute importance au moyen de leur respiration. Dans l'article respiration végétale , nous avons

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exposé à cet égard la théorie admise de nos jours, d'après laquelle les plantes absorbent l'acide carbonique que la respiration des animaux , la fermentation , la combustion, etc., versent incessamment dans l'atmosphère, et s'approprient le carbone de ce gaz de manière à rendre libre son oxygène. Une portion de cet oxygène est répandue dans l'atmosphère pendant le jour, et peut ensuite servir à la respiration animale. Cette théorie , parfaitement satisfaisante à plusieurs égards , n'est malheureusement pas appuyée sur des faits rigoureusement démonstratifs, ainsi que nous avons e.«sayéde le montrer dans l'article que nous venons de citer. Mais en l'absence de faits direcieriient démonstratifs, elle s'appuie sur des inductions d'une grande force. Ainsi il est «ortain que le principe dominant des Végél-iiix est le carbone , et que ce carbone pro- ^ient de la décomposition de l'acide carbonique dans lequel une proportion de ce corps simple est combinée avec deux proportions d'oxygène. La fixation de ce carbone entraîne donc nécessairement l'isolement d'une grandequantilé d'oxygène ; or, comme la proportion de ce gaz qui se fixe dans le végétal est notablemeni moindre que celle qui existaitdans l'acide carbonique; comme, en outre, il peut aussi en provenir une certaine quantité de la décomposition de l'eau, il doit nécessairement y avoir, dans le végétal vivant , dégagement d'une certaine qtiantité d'oxygène surabondant, et , par suite, exhalation de ce gaz dans l'atmo- .«phère. Cette relation entre la respiration animale et la respiration végétale est certainement l'un des faits les plus frappants dans la statique des êtres organisés.

I,es plantes sont composées d'organes divers auxquels sont dévolues les fonctions dont l'ensemble constitue la vie de ces êtres. Ces organes et ces fonctions ont été , dans le corps de ce Dictionnaire, l'objet de nombreux articles qui , réunis , présentent un tableau de l'organographie et de la physiologie végétales. Dans l'article physiologie VÉGÉTALE , nous avous cherché à établir un lien commun entre ceux de ces articles qui ont pour objet les grands phénomènes de la vie des plantes. Dans celui-ci , nous devons également former à grands traits une sorte de cadre dans lequel viendront se ranger

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ceux qui ont pour objet les organes du végétal. Dans les lignes qui suivent, il ne sera question que des Végétaux phanérog.ime {vny. PHANÉROGAMKs), U'S cryptognmcs ayart été l'objet d'un article étendu dans lequel leur organisation a été étudiée avec détail.

(Voy. CRYPTOGAMES.)

Au moment de la germination des graines, la première partie de la plante qui apparaît au dehors est la radicule, qui devient ensuite la racine de la plante développée {voy. racine). Aussitôt que cette partie a pénétré dans le sol , elle fournit au jeune végétal un appui solide, en même temps qu'elle absorbe les matériaux qui serviront à son développement. Dès cet instant , on voit la jeune tige s'élever au-dessus du niveau du sol {voy. tige). La racine et la tige forment l'axe de la plante, duquel sortent successivement ou auquel se rattachent les divers organes appendiculaires. Ceux-ci sont regardés, d'après la doctrine aujourd'hui régnante de la métamorphose, comme n'étant autre chose que des feuilles, soit normales, soit diversement modifiées. Mais, en les considérant uniquement au point de vue organographique et sans s'inquiéter de leur nature réelle , on est conduit à établir des catégories parmi eux. Les feuilles proprement dites forment cette série d'organes qui commence aux cotylédons, et qui finit aux feuilles florales ou aux bractées ( voy. feuilles) ; elles sont accompagnées , chez beaucoup de plantes, d'expansions foliacées qui , tantôt semblent en faire essentiellement partie, et tantôt semblent en être presque indépendantes. Ces expansions , dont la texture , la consistance et la forme varient beaucoup, ont reçu le nom de stipules {voy. stipules). Les feuilles situées sur la plante, dans le voisinage des fleurs, prennent souvent une forme, une texture, même une coloration qui établissent visiblement , dans certains cas, une transition entre les organes foliacés normaux et les enveloppes florales. Ces feuilles modifiées sont les bractées {voy. bractées). La portion de l'axe qui porte les fleurs se présente dans des condi* lions diverses de ramification , de développement relatif, etc. Il en résulte plusieurs dispositions des fleurs sur la plante, ou des inflorescences ( voy. inflorescence ) de diverses sortes. Quant à la fleur [voy. fleu»

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onsidérée en elle-niéine, c'est un enscinb'e très complexe dort;aiies chargés de la plus impurtante fonction, celle de la fécondation, première phase de la reproduciion, et, par suite, de la conservation des espèces végétales. Dans sa plus grande complicalion, elle se compose du périanlhe {coy. itRiANTHK) ou dcs en vcloppcs florales, calice et corolle (voy. calice et cokoli.e), et des organes reproducteurs. Ceux- ci sont des deux seies : l'organe mâle ou l'étamine (uoy. étamine) qui renferme et produit le pollen [voy. pollen), et l'organe femelle ou le pisiil {voy. pistil). En outre, un grand nombre de fleurs présentent encore des organes particuliers, développés à des degrés très divers, auxquels on a donné le nom de nectaires {voy. NF-CTAiitEs). Le phénomène imporlantque la fleuraéléchargéed'accomplir est la fécondation opérée par le pollen sur les ovules (voy. ovule) contenus dans le pistil. Ce phénomène accompli, les enveloppes florales et les étamines se flétrissent et disparaissent. Toute l'activité vitale se concentre dès lors dans le pistil, et particulièrement dans son o\aire {voy. ovaihe). De là résulte la formation du fruit {voy. fruit) pour laquelle les parois de l'ovaire donnent naissance au péricarpe (voy. pékicarpe), t.indis que les ovules qu'elles abritaient deviennent les graines (voy, ghaine). Cellesci , parvenues à leur maturité, se montrent aptes à germer sous l'influence de certaines circonstances , et à recommencer ainsi la série de développements dont elle-même avait été le dernier terme. Les parties , dont nous venons de ramener les noms dans l'espèce de table des matières qui précède , sont parfois accompagnées d'organes qui n'entrent pas dans le plan général de la plante, et qui, pour ce motif, sont fréquemment appelés organes accessoires; ces organes accessoires sont tantôt de simples dégénérescences (voy. DÉGiiNÉiiEscENCE ) de diverses parties des plantes, tantôt des productions particulières et de natures diverses. Ce sont; 1" les piquants, que leur nature et leur origine font distinguer en épines (voy. épines) et aiguillons (uoy. aiguillons); 2° les vrilles (voy. vbilles); S" les poils (voy. poils). (P. D )

VKGÉTALX FOSSILES, bot. pu.— Sous ce liire je lue propose de passer eu rc\ue

les diverses formes végétales dont les recherches géologiques ont constaté l'eiislence aux dilTérenies époques de la formation du globe, qui ont précédé celle à laquelle il a pris les caractères de végétation que nous lui voyons actuellement, et d'indiquer l'ordre dans lequel elles se suut succédé à la surface de notre terre.

Ou pourrait étudier séparément chacune de ces flores successives et faire ainsi le tableau chronologique du règne végétal; mais sous le rapport botanique, celte marche aurait l'inconvénient de nous obliger à revenir un grand nombre de fois sur les caractères des diverses familles sans pouvoir les traiter jamais d'une manière générale; je crois donc que ce tableau de la végétation du globe pendant les diverses périodes de sa formation doit être précédé d'une revue générale des familles qui ont des représentants dans celte longue histoire de notre globe; de simples énumérations, précédées de quelques observations sur les caractères prédominants de la végétation de chaque époque, nous donneront ensuite la chronologie du règne végétal.

Avant de passer à l'examen des diverses familles auxquelles on peut rapporter les divers Végétaux trouvés à l'état fossile, je crois qu'il ne sera pas hors de propos de fixer un moment l'alienlion sur les difléreiits étals dans lesquels ils se rencontrent, et sur les précautions qu'on doit prendre pour ne pas se laisser induire eu erreur par ces divers modes de conservation.

Les végétaux que nous trouvons à l'état fossile ne sont presque jamais , on peut même dire je crois jamais, complets ; ce ne sont que des portions ou des fragments de végétaux, des tiges, des rameaux, des feuilles, des fruits ou rarement des fleurs isolés des autres organes de la plante. Sous ce rapport nous nous trouvons dans le même cas que pour les Végétaux actuellement existants lorsque nous recevons des portions isolées et incomplètes d'un végétal exotique liont la délermination nous oITre souvent de grandes difiicultés. Mais, eu outre, les Végétaux fossiles, ainsi réduits à quelques uns de leurs organes isolés, ne les offrent presque jamais dans un état de conservalion qui permette de les étudier dans toutes leurs parties tonslituaules. Ainsi, les i:i;c»

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n'offreiit souvent que leur forme extérieure, (Ml, dans d'autres cas, que leur slruciure interne, souvent altérée dans beaucoup de points; les feuilles n'offrent, dans bien des < .is, que d'une manière imparfaite le réseau (Je leurs nervures , et rarement leur épiderme et ses détails de structure peuvent ôire convenablement étudiés ; pour les fruits le plus souvent la forme externe seule peut nous diriger dans l'appréciation de leurs aflinités, leur structure interne étant détruite ou fortement altérée par la compression ou par la pélriflcation.

Les divers modes de conservation des Végétaui: à l'état fossile peuvent se rapporter cependant à deux classes principales.

L'impression ou moulage de' la plante accomp.igiiée de la destruction complète du tissu végétal ou avec conservation de peu de ses parties constituantes; la pétrification ou la carbonisation qui conserve d'une manière plus ou moins complète la structure des tissus des organes des végétaux en changeant compiéiementou eu modiûant seulement leur nature.

L'impression ou le moulage d'une manière absolue, c'est-à-dire sans conservation d'aucune partie des organes mêmes du végétal plus ou moins altérés est assez rare; cependant, c'est l'état habituel des Végétaux fossiles dans le grès bigarré et dans les calcaires tertiaires.

La plaie occupée par le végétal est vide ou le végétal n'est remplacé que par une matière ordinairement ferrugineuse , quelquefois calcaire ou argileuse qui n'offre pas d'organisation , qui , par conséquent , n'est pas le végétal pétriGé. On ne peut donc dans ce cas juger que des formes extérieures du végétal, et souvent le meilleur moyen, jiour le faire a>ec exactitude, est, après avoir «ulevé avec soin la matière amorphe qui remplit le creux laissé par le végétal, de couler dans cette cavité ou dans ce creux , naturellement vide, de la cire, du soufre ou iDule autre matière qui représente exactement les formes du végétal détruit.

L'empreinte avec conservation de quel- (]ues parties du tissu végétal est très fré- «jnente pour les tiges du terrain houiller; I- est leur mode habituel de conservation et, ici, l'appréciation exacte des diverses formes (Ju véijctal exige beaucoup d'utlealiou.

Dans la plupart de ces tiges la partie superficielle, sorte d'épidcrme épais et ligneux, est passée à l'état de charbon compacte et anihraciteux , tout le reste de la plante a été détruit et remjilacé par de l'argile, du grès micacé, souvent même par un grès grossier, sans aucun indice d'organisation; quelquefois cependant cette destruction des tissus internes est moins complète : les plus résistants se sont conservés et sont passés à l'état charbonné : ce sont les parties ligneuses ou vasculaires dont la place et quelquefois même la structure est indiquée par des linéaments charbonneux; c'est ce qu'on a remarqué depuis longtemps pour \eStigmaria ficoidesel ce que M. Corda a observé dans plusieurs tiges des mines de houille de Bohême. Quel(|uefois, outre l'axe ou le cylindre ligneux proprement dit, il y a une zone corticale interne , puis l'écorce externe qui sont ainsi conservées et le tissu cellulaire intermédiaire est détruit. Ces diverses zones de tissu plus dense qui, séparées par de larges couches de tissu cellulaire détruit, s'enveloppent l'une l'autre comme autant de cylindres emboîtés les uns dans les autres et se sont conservées isolément , ont chacune leur forme spéciale et souvent une forme différente à leur surface externe et interne. Une même tige peut ainsi don nerlieu à des formes très diverses, chacune cylindroideet ressemblant à autant de tiges différentes.

J'ai déjà signalé, il y a très longtemps, ce fait pour les tiges de Sigillaire dont la tige, dépouillée de son écorce charbonneuse, superficielle, avait servi a constituer le geure Syringodendron.

Dans le Lomalophloios crassicaule de M. Corda, l'axe vasculaire forme un cylindre finement strié qui pourrait être pris pour une tige d'un genre particulier, et le cylindre médullaire que ce cylindre vasculaire entoure, offre des sillons transversaux , particuliers qui, suivant cet auteur, ont servi à caractériser le genre Artisia; j'ajouterai que des échantillons de celte tige ou d'une autie espèce très analogue des mines de Saarbruck, m'ont offert une zone intermédiaire entre la surface externe et l'axe vasculaire qui paraît correspondre à l'origine des bases des feuilles, et qui offre tous les caractères de la lige figurés par W. de

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.siernberg sous le nom de KnorriaSellowH.

On doit donc, dans ces tiges à tissus inrompléiement cnnservés , bien distinguer les diverses zones de tissu d'une même tige, »!t leurs surfaces externe et interne qui produisent autant d'apparences diiïérentes.

Ce que je viens de dire des tiges s'apjilique également aux fruits dont l'épaisseur du péricarpe donne souvent lieu à deux formes très différentes , et dont les cavités, «lans daulres cas , ne sont pas les cavités n-elles, mais, au contraire, les espaces occupés par un tissu différent détruit et même quelquefois par toutes les parties solides.

Les Végétaux carbonisés ou passés à l'état de ligniles donnent lieu à moins d'observations; cependant il faut remarquer que «lans cette altération leurs tissus ont souvent éprouvé des modifications qui en rendent la juste appréciation difficile. Enfin , assez fréquemment une portion des organes des Végétaux passés à l'état de lignite s'est transformée en pyrite , ou bien des pyrites sous forme globuleuse se sont formés au milieu de ces tissus et pourraient , au premier aspect , être pris pour un caractère d'organisation. La coupe de certains bois dicotylédons fossiles ressemble alors souvent à celle d'une tige monocotylédone.

La pétrification donne plus souvent lieu dans les tissus à des changements apparents dont il faut bien reconnaître l'origine.

1° Dans certains cas, tous les tissus ne se sont pas également conservés pendant la pétrification, et c'est surtout dans les bois silicifiés qu'on en voit des exemples fréquents. Le plus souvent les tissus mous, plus altérables, se sont détruits comme pendant une macération , tandis que la tige était placée dans les circonstances propres à la silicification, et les tissus plus résistants ont seuls conservé leur caractère en se siliciBant. Souvent alors le tissu cellulaire est remplacé par de la calcédoine amorphe, et les tissus ligneux et vasculaires se sont seuls pétrifiés en conservant les formes qui les caractérisent ; quelquefois , quoique plus rarement, c'est l'inverse qui a lieu: le tissu cellulaire s'est sIT ifié en conservant son organisation , et les tissus plus denses ont disparu pendant la pétrification en laissant alors des cavités à leur place, soit que ces tissus n'aient jamais été silicifiés, soit que,

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transformés en une matière plus altérable, ils se soient détruits plus tard. Ainsi j'ai vu plusieurs exemples de bois de palmiers silicifiés dans lesquels la place des faisceaux fibreux était , en grande partie du moins, représentée par des cavités vides, le reste du tissu étant silicifié.

2° Quelquefois des tissus de même nature sont diversement conservés dans les diverses parties d'un même échantillon. Dans quelques cas, c'est comme une sorte de macération partielle qui a détruit la structure dans certaines parties , tandis qu'elle est bien conservée dans des points voisins; mais il est d'autres cas où d'une manière nette, brusque et régulière, le tissu est pétrifié sur un point et détruit à côté: c'est ce que montre surtout un bois fossile remarquable décrit par M. Witham sous le nom d' A nahathra pulcherrima , et ce que j'ai revu dans quelques autres échantillons. La pétrification siliceuse paraît avoir eu lieu d'abord sur certaines zones très nettement limitées et le plus souvent sous forme de sphères isolées. Dans toutes ces parties le tissu est parfaitement conservé; mais autour de lui, dans les espaces intermédiaires , ce tissu s'est entièrement détruit et a été remplacé par de la silice amorphe. Au premier abord, et sur une coupe transversale, les parties silicifiées sembleraient autantdefaisceaux ligneux distincts, et donneraient à ces tiges une structure très anomale ; mais un examen attentif montre que les rayons médullaires et les zones ligneuses sont continus d'une partie à l'autre, et qu'on peut rétablir, pour ainsi dire, le tissu partout. En outre, on voit que ces sortes de faisceaux ne se continuent pas dans la longueur : ce sont des sphères isolées, résultats d'une pétrification partielle , enveloppés dans une masse siliceuse amorphe.

3° Enfin il arrive très souvent que pendant la silicification le végétal a été comprimé, brisé et déformé, des fissures remplies par de la silice cristallisée ou amorphe le traversent, les tissus ne se continuent plus régulièrement; mais il est presque toujours facile d'apprécier ces altérations et d'en annuler l'effet.

On voit qu'avant de chercher à comparer un végétal fossile aux Végétaux vivants, il faut : 1° reconstruire aussi complétcmeut.

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que possible, d'après les parties conservées elles données générales de l'anatomie et de l'orgaiiographie végétale, les portions de plante qu'un a sous les yeux.

2" Chercher quels pouvaient être les rapports de ces portions de plante avec les autres organes de la même plante en recherchant surtout leurs points d'attache , leurs formes et leurs rapports vasculaires ; tâcher en général de se diriger surtout d'après les traces de structure plutôt que d'après les formes extérieures.

3° S'efforcer de recompléter un végétal en voyant si, parmi les fossiles du même terrain- et surtout des mêmes couches et de la même localité, il n'y en aurait pas qui pourraient appartenir à la même plante.

Tant qu'on n'a pas reconnu d'une manière positive la connexité de ces divers organes, on ne doit cependant considérer leur réunion pour former une même plante que comme une simple probabilité, que des faits positifs peuvent infirmer ou confirmer.

Cette connexion des diverses parties d'une même plante est l'un des problèmes les plus importants à résoudre de la paléontologie végétale et c'est aux savants, qui peuvent s'en occuper sur les lieux mêmes oij ces fos siles se rencontrent, qu'on doit surtout le recommander.

Je passe maintenante l'énumération méthodique par famille des divers genres de plantes fossiles observés dans l'ensemble des terrains qui composent l'écorce du globe; je n'entrerai dans quelques détails sur les espèces que lorsqu'elles offrent quelque chose de remarquable, ou lorsqu'elles doivent donner lieu à des remarques critiques, nécessaires pour fixer les limites de certains genres où l'on a, je crois, confondu des plantes très diverses.

Je donnerai ensuite une énuméralion , par terrain, de ces mêmes genres, avec l'indication approximative du nombre des espèces, et un résumé du caractère particulier que leur réunion imprime à la végétation de chaque époque.

PREMIÈUE PARTIE.

ÉNUMÉRATION MÉTHODIQUE DES FAMILLES ET DES GENRES DE VÉGÉTAUX FOSSILES.

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