‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 4)Chapitre 14 sur 123 · PREMIER EMBRANCHEMENT · texte numérisé non relu

PREMIER EMBRANCHEMENT

\ésétau%. cryptosames anipliigèiies.

{Cryptogames cellulaires.)

Classe I". — FUNGINÉES.

Famille des Mucédinées.

On a signalé, dans ces derniers temps , l'existence de ces petits Cryptogames , ou peut-être, dans quelques cas, de Mycélium de plus grandes espèces dans des bois fossiles de l'époque tertiaire. M. Unger en a figuré dans le Chloris prologea deux espèces, qu'il rapporte au genre JVyctomyces établi par Hartig pour des Mucédinées qui se développent dans les bois pourris. On n'en a pas encore indiqué dans les bois des terrains plus anciens. Dans le succin , M. Gœppert a observé une moisissure développée sur un Insecte mort, et l'a décrite sous le nom de Sporolrichites heterospermus .

Famille des Hypoxylces.

Des Champignons parasites sur des feuilles fossiles de divers terrains se rapportent à cette famille, dont l'étude attentive des impressions de feuilles, surtout des terrains tertiaires , augmentera probablement le nombre. Sous le nom d'Excipulites Neesii , M. Gœppert en a décrit une espèce observée sur des feuilles de Fougères du terrain bouiller de Silésie.

M. Unger indique dans les terrains tertiaires un Hysleriles labyrinlhiformis et un Xylomites. Une autre espèce de ce dernier genre estsignalée par Gœppert sur des feuilles de Zamia du lias. Il indique aussi un Rhizomorpha fossile sous des écorces de bois fossiles des lignites tertiaires.

Enfin, j'ai observé sur des feuilles de graminées de Menât une espèce de Sphœria,

Ces faits nous montrent qu'anciennement , comme aujourd'hui , les piaules étaient le siège de végétations cryptogamiques parasites.

Famille des Champignons.

MM. Lindiey et Hulton, dans leur Fossil

\'EG

(lora, ont désigné sous le nom de Pulypo rites Bowmanni un fossile qu'ils comparent, quoiqu'avec doute, à un Polyporus , et qui provient des mines de houille du pays de Galles. Jai observé une empreinte analogue lians des échantillons du terrain houiller de Sardaigne, et qui ne me paraît pas différer du Carpolilhes umbonatus de Sternberg; quelques points de cette empreinte offraient des pores peu profonds semblables à ceux de certains Polypores des pays chauds.

M. Gœppert a représenté, dans tous ses degrés de développement, un petit Champignon analogue à une Pézize , qui est fixé sur un Insecte de la famille des Lépismées, contenu dans du succin; il l'a décrit sous le nom de Pezizites candidus.

Classe II. — ALGUES.

Je réunis sous cet ancien nom de famille toutes les plantes fossiles qui se rapportent à la classe des Algues sans les subdiviser en famille, parce que les caractères qui distinguent les familles qu'on admet actuellement sont fondés sur des détails d'organisation impossibles à apprécier sur les fossiles, et qui ne se traduisent pas d'une manière assez positive par des caractères extérieurs pour qu'on puisse les bien définir.

La variété même des formes de ces végétaux rend presque impossible d'en donner une définition générale; cependant l'absence presque constante de tiges et de feuilles distinctes , l'irrégularité fréquente de la fronde formée par la lige souvent étalée sous forme foliacée, l'absence de nervures nettes et régulièrement ramifiées , sont les caractères principaux qui les distinguent presque toujours des autres végétaux.

Quant aux genres dans lesquels on a tenté de les subdiviser, et de répartir les espèces assez nombreuses actuellement connues à l'étal fossile, ils ont souvent été fondés plutôt sur une comparaison générale et assez vague avec les formes des genres vivants, que sur des caractères précis; nous lâcherons de les limiter par des définitions plus positives.

Les formes souvent peu régulières et si variées des Algues ont fait rapporter à cette famille beaucoup de végétaux mal conservés, altérés par la pétrification, mais qu'un examen plus attentif et la comparaison avec les fo.'-.siles mieux conservés de la même épo-

que et souvent de la même localité peut cependant faire reconnaître pour des végétaut d'autres familles fortement comprimés , a contours en partie effacés et dont les linéaments intérieurs ont souvent disparu. Ou verra plus bas que la plupart des Caulerpiles des auteurs sont dans ce cas.

Toutes les Algues sont des Cryptogames aquatiques, et la plupart d'origine marine ; on les trouve dans les terrains d'époques les plus différentes, depuis les terrains de transition jusqu'aux derniers terrains tertiaires marins, mais leurs espèces sont souvent caractéristiques de certaines formations.

CoNFERviTEs, Brong.

On a donné ce nom à des fossiles de forme filamenteuse , ressemblant aux plantes de l'ancien genre Conferva, et formés de filaments simples ou rameux et diversement entrecroisés ou subdivisés qui, lorsqu'ils sont bien conservés, montrent des traces de cloisons transversales.

On a distingué jusqu'à ce jour sept espèces , mais dont plusieurs sont très mal connues et ne montrent que des traces troj) vagues pour qu'on puisse affirmer que ce sont des Cryptogames de cette famille et non pas des fibrilles radiculaires d'autres plantes.

Caulerpitrs , Sternb. {Fumides , § 9.

Caulerpiles , Brong. )

Ce genre d'Algues fossiles est celui qui a été le plus mal limité et dans lequel on a le plus souvent classé des plantes qui , mieux étudiées, me paraissent devoir occuper une position toute différente. J'ai commis moimême cette erreur en rapportant aux Fucoides dans la section des Caulerpiles , sous les noms de F. Brardii et Orbignianus , des plantes qu'un examen plus attentif et surtout une comparaison plus étendue m'ont fait reconnaître pour des rameaux de conifères du genre Brachyphyllum.

Mes Fucnïdes Hypnoides et Lycopodioide^, et les Caulerpiles pteroides et Schlotheimii de Sternberg sont dans le même cas et se rangent aussi parmi les conifères dans le genre Wahhia , ainsi que le Caulerpiles Bronuii du même auteur, qu'il avait lui-même rapporté plus tard aux Lyropodiles.

Plusieurs des plantes des schistes cuivreux du pays de Mansfeld , décrites par M. de

VEG

VEG

Munster, comme des Caulerpiles, ne me paraissent aussi que des états imparfaits de ces Walchia, si variés dans leurs formes suivant la partie de leurs liges ou de leurs rameaux, qui sont passés à l'état fossile, et souvent très déformés dans ces schistes par la pétrification et la pression.

Les Caulerpiles païens, dicholomus et crenulatus , décrits par M. Allhaus {in Dunk. et Mey. Paleonlogr., I, p. 31, tab. 4, fig. 2, 3, 4, et tab. 1 , fig. 2 ), sont évidemment, à mes yeuï, des fougères identiques avec d'autres espèces de cette même époque, mais altérées par la pétrification. Les deux premiers se rapportent à des Sphenopleris, voisins du S. dichoioma, et le dernier un Pecopleris, probablement le P. lodevensis. Ces plantes, qui représentent pour ainsi dire la silhouette de ces fougères légèrement effacées, n'ont aucun rapport avec les espèces vivantes du genre Caulerpa. Cette opinion me paraît tout à fait confirmée par l'impression des mêmes schistes cuivreux, figurée par M. de Munster dans les* cahier de ses Beytrœge, tab. 14, fig. 3, sous le nom de Caulerpiles bipinnalus , et qui est bien clairement une fougère à fronde bifurquée, très voisine du Sphenopleris dichoioma de ces mêmes schistes.

Le Caulerpiles Gœpperli , appartenant aussi aux schistes cuivreux d'Ilmenau, me paraît très voisine de VAlelhopteris Marlinsii, Germar, provenant du même terrain ; mais ces plantes, certainement étrangères aux Caulerpites, et qui me semblent devoir former un genre spécial, sont-elles des Algues ou des Fougères à frondes épaisses et coriaces; c'est ce qu'un nouvel examen très attentif des échantillons eux-mêmes pourra seul décider.

Les Caulerpites, du calcaire jurassique de Solenhofen, décrits par M.deSternberg sous les noms de C.princeps, ochrealus, serlularia, elegans , laxus , et probablement colubrinus , me paraissent bien certainement n'être que des états plus ou moins altérés des mêmes espèces de Tliuiles que ce savant avait aussi rapportées au genre Caulerpiles, sous le nom de C. expansus, Bucklandianus, llmiœformis , etc., et que M. Unger rapporte avec beaucoup de raison au genre Tliuiles. Le Thuiles divaricala ( Caulerpiles lliuiœforinis, Siernb.) a été également trouvé a Solenhofen en échantillons parfaiienieut

caractérisés, ainsi que le montre un échantillon plus complet qu'aucun autre que j'ai dessiné dans la collection de M. Stockes, à Londres; et avec un peu d'attention on retrouve facilement, sur les figures mêmes de M. de Sternberg, quoique assez imparfaites, l'insertion des feuilles et la disposition des rameaux qui caractérisent ce genre. D'autre» espèces d'Algues de ce même terrain , le Caulerpiles longirameus {Sternb.,11, tab. 29, fig. 3), et le genre particulier nommé par M. de Sternberg Dalioslichus {ibid., lab. 25, fig. 3 ) et adopté sous ce nom par M. Unger, ne sont encore que des branches de conifères qui rentreraient dans le genre Thuiles, tel qu'on l'a admis dans la plupart des ouvrages sur les Végétaux fossiles, mais qui, par leurs feuilles alternes en spirale, courtes, charnues et squamifonnes, se rapportent au genre Brachyphyllum : genre qui, avec les Thuiles cités ci-dessus, caractérise presque cette époque du calcaire jurassique»

La régularité de l'insertion des feuilles dans les échantillons bien conservés de ces fossiles, ne peut laisser aucun doute sur leur éloignement de la famille des Algues et des Caulerpa. Mais dans les échantillons fortement comprimés, en partie effacés, ou brisés et déformés, il faut se laisser diriger par la forme générale et par de légers indices pour classer ces empreintes imparfaites, dont chaque forme accidentelle est devenue un type spécifique.

On peut donner comme moyen général de distinguer les Caulerpa de certaines Conifères, que jamais ces Algues, telles que nous les connaissons dans le monde actuel , n'offrent de frondes à rameaux principaux pinnés; ils sont toujours fourchus ou plus ou moins régulièrement dicholomes : disposition qui permettrait plutôt de les confondre avec certains Lycopodes. Ce sont ces rameaux qui portent des appendices foliiformes , disposés avec peu de régularité tout autour de l'axe , ou distiques et très réguliers, comme des barbes de plume, mais dont le plan est dans le plan même de la fronde entière; au contraire, toutes les Conifères ont les rameaux pinnés ou verticillés, et jamais réellement dicholomes.

Je vais indiquer ici les espèces qui me paraissent pouvoir se ranger dans ce genre, en remarquant cepesidant qu'un examea

Page 1