‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 4)Chapitre 16 sur 123 · DEUXIÈME EMBRANCHEMENT · texte numérisé non relu

DEUXIÈME EMBRANCHEMENT

Tésétaux cryptogames aerogèiieii*.

Classe 111. — MUSCINÉES.

Famille des Hépatiques.

Il y a peu de temps, aucun représentant de celte famille n'avait encore été indiqué à l'état fossile. Quelques échantillons, fort bien conservés, trouvés dans le calcaire siliceux des environs de Sésanne (partie inférieure du terrain tertiaire), y montrent évidemment la présence d'une espèce de Marchanlia à fronde assez grande, lobée à lobes allongés, accompagnée de portions incomplètes des organes de fructification que je ferai connaître sous le nom de Marchantites Sesannensis.

M. Gœppert, dans son bel ouvrage sur les corps organisés du Succin, a figuré et décrit avec détail trois espèces de Jungermannia du groupe des Jungermannes à tiges distinctes, portant des feuilles distiques; il lésa désignées sous le nom deJungernianniles,et leur analogie avec les Jungermannia du nonde actuel ne laisse aucun doute.

Famille des Moasses.

J'ai déjà indiqué, sous le nom de Muscites, quelques fossiles qui me paraissaient rentrer dans cette famille; mais des échantillons plus complets m'ont prouvé que les petits rameaux que j'avais décrits sous le nom de Muscites squamatus, sont des fragments de branches d'une Conifère voisine du Taxu-

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cbum europœum, à petites feuilles imbriquées. J'en ai observé de grandes branches «vec des fruits provenant des meulières de Neauphle-le-Chàteau, près de Versailles.

Le Musettes SloUzii de Sternberg a déjà été rapporté aux Juniperiles par M. Unger, et le Musettes Sternbergianus {Dunker, Weald , \). 20, tab. 7, fig. 10) me paraît aussi plutôt lin rameau deCoiiifère.ainsiqueM.Duuker en exprime lui-même le doute.

Il n'y aurait donc, parmi les plantes anciennement rapportées à la famille des Mousses, que \eMuseites Tournalii du terrain d'eau douce tertiaire d'Armissan qui représenterait cette famille à l'état fossile.

Mais les recherches de M. Gœppert, sur l<;s plantes contenues dans le Succin, ont fourni des additions importantes à nos con • naissances dans ce genre; il y a signalé, en tlTet, cinq espèces de cette famille, dont quatre me paraissent bien évidemment lui appartenir; la deTit\ère , Musciles hirluUisimus, me paraît plus douteuse.

La rareté des Mousses fossiles et leur absence complète jusqu'à ce jour dans les terrains anciens sont cependant un des faits les plus singuliers de la botanique géologique, car ces plantes sont actuellement les compagnes ordinaires des Fougères et des (Conifères, dans la plupart des localités oîi ces familles sont abondantes.

Classe IV.

FILICINÉES.

Famille des Fougères.

La famille des Fougères, si nombreuse à l'état fossile dans les terrains de presque toutes les époques, mais surtout dans les terrains anciens, est une des plus faciles à reconnaître à la forme et à la structure de ses frondes, même dans le cas très ordinaire de l'absence des fructifications.

Dans leur état parfait, on sait que les Fougères présentent une tige tantôt rampante, souterraine ou superficielle, souvent appliquée sur les troncs d'arbres, les rochers ou le sol; tantôt dressée, soit courte et peu tipparente, soit très allongée, et s'élevant sous la forme d'un tronc simple ou quelquefois bifurqué, qui peut atteindre jusqu'à 10 à 15 mètres de hauteur.

Ces tiges ont une structure interne qui les fjit fdcilciiient reconnaître. Elle consiste en

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des faisceaux vasculaires, cylindriques ou aplatis et à coupe sinueuse, formant par leur réunion un cylindre ligneux qui entoure une moelle centrale; chacun de ces faisceaux est, en général, contenu dans un étui d'un tissu ligneux , plus dense, et présente au contraire, au centre, le faisceau ou la bande des vaisseaux rayés qui forme un de leurs, caractères essentiels.

Ces gros faisceaux fibro- vasculaires, peu nombreux et constituant le cercle ligneux de ces tiges, se modifient cependant dans certaines tribus; ainsi, dans les Dicksoniées, ces faisceaux se réunissent en une zone continue, sinueuse, qui n'est plus séparée par des espaces celluleux, continus au tissu cellulaire central et cortical.

Dans les Marattiées {Angiopteris et Danœa), les faisceaux vasculaires n'offrent plus la même disposition régulière en un seul cercle, et ne sont pas circonscrits par un étui fibreux, dur et résistant, comme dans les Fougères ordinaires, et surtout dans les Cyathéacées.

La forme cylindroïde et non aplatie , à coupe sinueuse, de ces faisceaux, fournit encore un caractère propre à distinguer la plupart des Fougères herbacées et les Lomaria ou Bleehmim arborescents des Cyathéacées,

Tous ces caractères, comme on le verra, ont beaucoup d'importance pour la distinction des tiges fossiles de Fougères qui, quoique moins fréquentes que leurs frondes, se sont cependant montrées souvent dans divers terrains.

Extérieurement, ces tiges se reconnaissent encore à leur forme cylindrique, simple, rarement bifurquée, mais surtout aux impressions laissées par les pétioles qui ne sont jamais amplexicaules, mais toujours circulaires ou elliptiques, à grand axe vertical, ou rhomboïdales, quelquefois enfin semi-circulaires ou reniformes; même lorsque le pétiole est ailé à sa base ou comme auriculé, ainsi qu'on l'observe dans VOsmunda regalis , Wlngiopleris, ]es Marallia, etc., il se rétrécit à son insertion et n'embrasse pas la tige par les expansions latérales.

Ces pétioles présentent à l'intérieur un ou plusieurs faisceaux vasculaires très symétriquement disposés. Tantôt un seul dont la coupe est en forme de demi ter-

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et

de ou d'U , ou replié régulièrement et enroulé aux deux extrémités. Cette forme, très prononcée chez les Dicksonia, se retrouve chez les Osmnnda, Aneimia et genres voisins, et ce caractère se montre après leur chute sur les cicatrices qu'ils laissent sur la tige.

Tantôt, au contraire, les faisceaux sont nombreux, étroits, et laissent des cicatrices punctiformes, disposées avec symétrie.

Quant aux frondes, leur extrême régularité, leurs découpures ordinairement profondes, répétées, leurs nervures fines, souvent dichotomes, les font habituellement reconnaîtreaupremieraspect.Maisil faut cependant signaler des exceptions essentielles à se rappeler pour ne pas exclure de cette famille des plantes qui lui appartiennent. Ainsi les feuilles des Platycerium ou Stemaria, les feuilles avortées et basilaires des mêmes plantes et des Drynaria, ne sont plus régulièrement symétriques.

Quant aux nervures, si elles conservent généralement leur flnesse et leur netteté, elles sont souvent anastomosées, suivant des modes très variés qui permettent presque toujours au botaniste exercé à l'étude de celte famille de les reconnaître, mais qui exigeraient de longs détails descriptifs pour les signaler et les faire comprendre sans le secours de figures.

Enfin , dans la plupart des Fougères, les fructifications sont portées à la face inférieure des feuilles, et la disposition des groupes que leurs capsules constituent forme un des caractères les plus essentiels pour la détermination des genres de Fougères; cependant quelquefois le parenchyme des feuilles disparaissant dans les frondes fertiles , ces parties fructifiées semblent alors former des grappes ou des épis indépendants des feuilles.

Mais à ces caractères de disposition générale des fructifications s'ajoutent, comme caractères très essentiels, la présence, dans beaucoup de cas, d'une membrane qui les recouvre ou les enveloppe , et surtout la structure même des capsules. Ainsi les caractères fondamentaux de la classification générique des Fougères vivantes sont :

1° f-a structure des capsules ;

2° La disposition du tégument meuibraneux qui les accompngne souvent;

3° La forme et la position des groupes de capsules ;

4° Le mode de nervation des feuilles.

De ces caractères, les deux premiers nous manquent complètement dans l'étude des Fougères fossiles, ou du moins les cas où l'on peut réellement observer avec quelque certitude la structure des capsules sont extrêmement rares; le troisième peut s'observer plus souvent , mais il ne l'a pas été cependant dans un dixième des espèces fossiles connues ; enfin le dernier, considéré dans les Fougères vivantes comme le moins essentiel , et n'ayant été introduit que récemment dans la délimitation des genres , est le seul que nous puissions observer sur tous les échantillons bien conservés de ces fossiles.

Placé dans des conditions semblables , devons-nous chercher à calquer la classification des Fougères fossiles sur celle des Fougères vivantes, et employer des dénominations trompeuses en donnant les noms de Gleicheniles , (\' Adiantites , de Cheilanthites, à' Hymenophyllites , de Trichomaniles , de Diplazkes , A'Asplenites , d'AcrostichiteSf de Woodwardites , d'Aspidiles , de Cyalheiles , d' Hemilelites , de Polypodites , à des plantes fossiles dont les affinités avec les genres dont on a dérivé leurs noms sont non seulement très faibles et très douteuses dans beaucoup de cas, et pourraient être aussi intimes avec d'autres genres vivants , mais sont quelquefois même contraires à toutes les vraisemblances ?

Aussi M. Gœppert, qui avait introduit la plupart de ces dénominations , espérant trouver, dans les caractères de fructification qu'il avait observé plus fréquemment que les savants qui l'avaient précédé, un moyeu de faire concorder la classification des Fougères fossiles avec celle des Fougères vivantes, a-t-il renoncé depuis, dans la plupart des cas, à ces dénominations pour admettre une nomenclature, une division par genre indépendante de celle adoptée pour la création actuelle ; nomenclature qu'on peut ne considérer, si l'on veut, que comme provisoire, mais qui est préférable tant que l'on ne ser.i pas parvenu à connaître avec plus de pré'ision, dans la généralité de ces fossiles, les caractères de fructification, base de la classification des fougères vivantes, ou à détcr-

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