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VÉIVUS. AST. — Voy. ASTRES.
VÉ\US Venus, moll.— C'est à la beauté et à la variété de couleurs, à l'élégance des dessins dont est ornée leur coquille que les Mollusques acéphales dont il s'agit ici doivent leur nom mythologique. Cuvier, M. de Blainville et autres zoologistes adoptèrent ce genre tel qu'il avait été conçu par Linné. Cuvier le plaça parmi ses Acéphales lestacés, dans la famille des Cardiacés; M. de Blainville, dans sa famille des Conchacées. Dans celte acception , le genre Vénus comprend un grand nombre d'espèces dont l'animal est ovale, assec épais, ayant les bords du manteau onduleux et munis d'une rangée de cirrhes tentaculaires ; deux tubes susceptibles de plus ou moins de saillie, quelquefois réunis l'un à l'autre; un pied grand, comprimé, qui lui sert à ramper. La coquille est régulière, inéquilalérale , équivalve et, en général, solide et complètement fermée; les dents et lames de la charnière sont rapprochées sous le sommet en un seul groupe. La forme est généralement [ilus aplatie et plus allongée parallèlement à la charnière , que chez les Bucardes. Les côtes, quand la coquille en est ornée, sont presque toujours parallèles aux bords, ce qui est le contraire de leur disposition chez les Bucardes. La charnière est composée d'au moins trois dents cardinales sur chaque valve, et manque toujours de dents latérales. Le ligament, épais el bombé, est extérieur.
Les VÉNUS offrent de nombreuses difl'érences de détails dans la forme générale de la coquille, le nombre des dents de la charnière, la grandeur du sinus paléal, etc. Ces caractères, diversement interprétés par les
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conchyliologistes, ont présenlé aux uns une valeur surfisanle pour former des genres distincts, aux auuos le moyen d'établir des subdivisions dans le grand genre foiidamenlai. H faudrait connaître complètement l'animal des dilTérentes espèces pour pouvoir se prononcer à ce sujet.
Lainarck partageait les Vénus de Linné en deux genres : les TcHuset les Cythérécs. Il caractérisait celles-ci par l'existence, sur la valve droite, d'une quatrième dent cardinale, située sous la lunule, et d'une fossette correspondante profonde sur la valve gjucbe. 11 réservait le nom de Vénus aux espères qui man(|iient de celle quatrième dent. M. Desbayes a montré que de nombreuses espèces présentent celte dent à l'état rudimenlaire et empêchent ainsi de préciser des limites entre deux groupes qui se ressemblent d'ailleurs extrêmement, et qui, des lor.s, ne doivent pas èlrezoologiquement séparés.
Plusieurs auteurs, en prenant pour base de leur classification des dillérences plus faibles encore, des caractères tout à fait ariifi-iels, ont établi des genres qu'on s'accorde généralement è ne point admettre.
11 faut, en conséquence, réunir aux Vénus une partie des l'uUaslra de Sowerby, les Mysia de Leach , les Chione de Megerle, les ilerne, Tiigotia, Circe, Dosina de Schumacher, etc. — Le genre /If/emix, pijraît avoir été fondé par Poli sur des caractères plus importants, tels que la réunion des siphons, la forme anguleuse très ai«uë et allongée du sinus ()aléal, le pied de l'animal , etc.; mais, lions le répétons, il faudrait avant tout que l'anatomie nous eût plus éclairés sur la structure des espèces voisines. — Les Volupies de M. Defrance semblent ne différer guère des Vénus; mais elles ne sont pas suffisamment connues pour être définiliveineiit classées.
Les espèces vivantes du genre Vénus, tel que nous venons île le définir, s'élèvent à plus de 150. Elles vivent dans le sable et l'on en trouve dans toutes les mers; plusieurs soni rares et très redierchées dans les collections pour leur beauté. Si lesCi/'/icVces et les Vénus de Lam.irdi ne constituent pas deux genres distincls , on peut néanmoins les admettre comme formant deux sections et grouper autour d'elles les espèces en
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les rattachant à certaines caractéristiques, comme l'a fait M. de Blainville. Il faut cependant distraire du genre Vénus, tel que l'entend M. de Blainville , les genres Astarte, Macoina, Siminia. Les limites nécessaires decet article ne nous permettent pas d'entrer dans le détail de ce groupement. Nous citerons seulement comme espèces remarquables, les plus répandues dans les collections : — La Vénus a VEimuiis , Venus verrucosa, L., très abondante dans les mers d'Europe. — La Véncs croisée , Venus decussata, L., qui se trouve dans tout l'Océan européen , et particulièrement dans la Méditerranée. — La Venus chione, L., CythéjiÉE FAUVE de Lamarck, coquille d'une grande taille, d'un fauve un peu marron, de la Méiiiterranée, de l'océan Atlantique et d'Europe.
Les Venus fossiles sont très nombreuses, principalement dans les terrains lerliaires. (E. Ba.)
*VE1VUSIA (nom mylh.). ins. — Genre de Lépidoptères nocturnes de la tribu des Géométrides,créé par M. Curtis {Z?/i(. Ent., XVI, 1839). (E. D.)
VEPRIS. Vepris. bot. ph. — Commerson admettait un genre de ce nom; M. A. de Jussieu l'a admis d'après lui { Monogr. des Rutac, in Mém. du Mus.,\o\. XII, p. 509, tab. 26, fig 41), en le réduisant à une seule espèce, peut être à deux. Ce genre appartient à la famille des Zanthoxylées. L'espèce qui en est le lype est le Vepris inennis, A. Juss. (Toddalia paniculala, Lam. ; T'e;jm obovala, G. Don), petit arbre de l'île Bourbon, à feuilles trifoliolées et à fleurs diclines. (D. G.)
VER A SOIE. Sericaria. ins. — Le Ver à soie forme aujourd'hui le lype d'un genre distinct de Lépidoptères, famille des Nocturnes, tribu des Bombycides, auquel on donne le nom de Séricmue, Sericaria, et qui a pour principaux caractères : Antennes fortement pectinées dans les mâles ; les ailes étendues, marquées d'une tache abdominale. C'est à tort que l'on a attribué à Lalreille la création du genre Sericaria appliqué au Ver à soie; nous croyons avec M. Guérin-Méneville que l'on devrait prendre cet insecte célèbre comme le lype du groupe des Bom- 6;ya; proprement dits, puisque la dénomination de oop£v^ lui était attribuée dans l'an-
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tiqiiitp. Toutefois, pour suivre IVxemplf' rie la plupart des luitur.ilistes , nous ne Pavons pas fait (l;ins ce Dictionnaire.
Latreille établit que le Ver à soie, ou Sericaria mori , est originaire des provinces septentrionales de la Chine , et que sa culture était déjà suivie sous l'un des preniiers monarques de ce pays , c'est-à-dire à une époque qui remonte excessivement loin.
On désigne sous le nom de Seres (du persan zer ou ser, mot qui veut dire or), un peuple particulier qui semblait anciennement faire une occupation particulière de l'industrie de la soie; mais à quel peuple attribuer ce nom de Seres? Les nombreuses recherches des savants n'ont pas éclairci ce point d'une manière complète; cependant il est probable qu'il est question sous ce nom du peuple chinois. C'est d'une des colonies du céleste Empire, qu'au vi" siècle, sons le règne de Justinien , deux moines parvinrent, non sans danger, car l'euportation du Ver à soie était rigoureusement défendue , à transporter cet insecte jusqu'à Constantinople. Au ix° siècle, les Maures, qui anlérieurement à cette époque avaient introduit le Ver à soie sur les côles d'Afrique, le propagèrent dans les provinces de la Péninsule ibérique alors sous leur domination. Au xn' siècle, Roger II, roi de Sicile, introduisit cet insecte et l'arbre qui nourrit sa chenille dans TancieM Péloponèse , qui , maintenant, a tiré de là le nom de Morée, parce que la culture du Mûrier y est presque exclusive. Au xiu" et au xiv* siècle, l'industrie de la soie fut propagée en Italie. Au commencement du xiv*^ siècle, à l'époque où Clément V transféra le saint-siége à Avignon, le Mûrier fut planté pour la première fois dans les environs de celle ville. Puis au xv° sièi:le, il se propagea (lut\s le Dauphiné et dans d'autres provinces françaises. Au XVI* siècle, le Mûrier continua à se répandre en France, et sous Henri IV on en vit, pour la première fois, dans le Languedoc, la Provence, la Touraine, et jusque dans le jardin des Tuileries, à Paris même , où Olivier de Serre établit une magnanerie qui , après avoir prospéré quelques années , ne put continuer de fonctionner à cause du climat de notre capitale et du peu de soins que l'on donnait aux Vers à soie. Également vers le XV* siècle , le Mûrier passa en Angleterre et
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en Amérique, où il se prnp.ipea facilement. La marche de cet arbre dans des pays nouveaux pour lui, et, par conséquent , celle de l'insecte qu'il nourrit, se continua assez rapidement depuis cette époque, et, dans les deux derniers siècles, on vit la Belgique, la Prusse, l'Allemagne, la Suède, et même quelques provinces de la Russie, obtenir les cultures du Mûrier et du Ver à soie. Aujourd'hui on a réussi à faire des éducations de Vers à soie aux environs de Paris, ainsi que dans le nord de la France, et nul doute que d'ici à peu d'années on ne voie cette industrie prendre un grand développement dans celte dernière partie de la France, où le Mûrier résiste encore assez bien à la froide température de nos hivers et aux gelées tardives du printemps.
Nous avons suivi l'introduction, dans le.« diverses parties du globe, du Mûrier et de son insecte; il nous reste à dire quelques mots de l'étofle elle-même formée avec les fils du cocon du Ver à soie , c'est-àdire de la soie. L'usage de la soie ne se répandit en Europe que très lentement; elle conserva pendant plusieurs siècles une valeur immense. Chez les Romains de l'époque de l'empire , où le luxe était devenu une nécessité de la vie , l'usage de la soie éiait encore très restreint. On sait , en elTet, que l'empereur Vespasien refusait à l'impératrice sa femme une robe de cette étotTe , disant : « Donnerai je tant d'or pour si peu de soie? » La soie, par son prix élevé , est restée pendant très longtemps le partage presque exclusif des hautes classes de la société; mais l'extension considérable donnée à l'industrie qui la produit la popularisa de plus en plus, et aujourd'hui on n'ignore pas que l'on peut se la procurer à bas prix. C'est qu'aussi l'industrie séricicole a pris dans beaucoup de pays, et surtout en France, une extension énorme; que des millions de bras ont été nécessaires pour la inetire en pratique, et que des populations de grandes villes sont presque entièrement employées aux fabrications qui en dérivent.
Un grand nombre de littérateurs, de naturalistes, d'agriculteurs, d'industriels tels que les Virgile, Vida, Giulaldi, Tessauro, Parisoni, Nozzolini, Giorgetii, Miniscolchi, Pargueddu, Bettali, Borelli, Olivier de Serre, Latreille, Keferstem , Bonafous , Robi-
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net.clc, ont décrit avec le plus grand soin, et parfois envers jKJmirables, l'introduction successive du Mûrier cl du Ver à soie d.ins les diverses régions du monde, les modes de culture à employer, les procédés déducalion les meilleurs et les plus écom-miques , etc. Nous n'avons voulu ici qu'cflleurer ce sujet du plus haut intérêt, et sur lequel M. Guérin-Méneville a donné quelques détails dans l'ariicle BOMBYX de V Encyclopédie moderne (t. VI, Paris, 1847).
Le VKn A soiK proprement dit , Serkaria mori. Bombyx mori , Linné, est un Lépidoptère d'assez petite taille; ses ailes, qui ont à peu près 30 millim. d'envergure, sont d'un blanc sale, rosé, tirant un peu sur le jaunâtre, ornées, chez le mâle, d'un croissant et de deux bandes transversales brunàlres; les antennes sont {grisâtres. La chenille, ou le Ver à soie du vulgaire, rappelle beaucoup la chenille des Sphyngides; elle est épaisse, avec la tête petite; le premier anneau de son corps est très renflé , et lavant-dernier est muni d'un tubercule qui a quelque ressemblance avec la corne que l'on remarque ciiez les Sphynx. Le cocon, ou chrysalide, est ovale, formé d'un ni, >oit blanc, soit vert-pomme, soit jaune doré.
La chenille du Sericaria mori , comme l'indique son nom spéciOque, se nourrit de feuilles de diverses espèces du genre MuniER, AJonis. Les Vers à soie élevés avec les feuilles du Motus nigra donnent une soie fine et nerveuse; mais il est reconnu que la feuille du Murus aWa est plus nutritive et préférée par les chenilles; enfin, assez récemment, on a employé avec avantage les feuilles du Morus mullicauHs , aussi nommé ,l/o»us cucuHata, en Italie surtout. On a cherché à nourrir les Vers à soie avec d'autres vcgctnux. pour suppléer le Mûrier, quand les gelées tardives suspeiideni sa végétation ; toutefois ces diverses plantes ne peuvent pas remplacer cet arbre dune manière absolue, mais seulement temporairement :
tels sont la Ronce sauvage, le Rosier, l'Orme, VÉpine-vinelle, le Pissenlit, l,; Pariétaire, lu Laitue, lÉrable deTarlarie, la Scorsonère, la Caméline et la feuille d'un arbre de l'Amérique du Nord, le Maclura aurantiaca , préconisé dans ces derniers temps par M. Bonafous. Nous ne nous étendrons pas
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plus longtemps sur ce point d'histoire naturelle agricole qui est plutôt du domaine de la botanique que de celui de l'entoniologie, et nous renvoyons nos lecteurs aux ouvrages spéciaux de MM. Bonafous , Robinet, Amans Carrier, Camille Beauvais, Brunet de Lagrange, etc.
Les lieux où l'on élève les Vers à soie portent le nom de Magnaneries , du mot Magnas qu\, dans le midi de la France, sert à désigner les chenilles du Sericaria mori. De grands soins doivent être donnés pour faire arriver à bien l'éducation des Veis à soie; on verra des détails à ce sujet dms les ouvrages spéciaux sur l'industrie de la soie, qui a été assez importante pour faire créer dans plusieurs pays des sociétés scientifiques et agricoles, portant le nom de séricicoles, et qui s'en occupent exclusivement : ici nous ne pouvons citer que quelques uns des faits les plus inipurtants.
Les œufs n'éclosent que six jours après avoir été soumis à l'incubation , laquelle commence à une température de 15° Réaumur et se termine à 20° et quelquefois 2 4". Les jeunes Vers doivent être maintenus les premiers jours de leur naissance dans une chambre dont la température est de 20° Réaumur; le second jour à 19^ et tout le reste de la vie à 18°, tandis que l'hygromètre marque 80". Pour élever les Vers provenant d'une once de graine { 34 à 40,000 vers environ ) , c'est le nom que les agriculteurs donnent aux œufs, il faut deux livres de feuilles de Mûrier. Pour indiquer en quelques mots le grand intérêt industriel que l'on retire de la culture du Ver à soie , nous croyons devoir rapporter les faits suivants et donner des chiffres qui les démontrent d'une manière positive. Dans la magnanerie de la Cauiandière (Vienne), appartenant à MM. Miller et Robinet, une once d'œufs a produit (iO Kilogr. de cocons (190 à 200 pour 1/2 kilogr.); dans celte éducation les cocons sont revenus aux propriétaires à 1 fr. 55 c. le 1/2 kilogr. Ayant fait filer leurs cocons chez eux, la filature de la soie leur a coûté 5 fr. 30 c. le 1 /2 kilogr. qu'ils ont pu vendre à raison de 36 fr. 50 c. En 1835, notre commerce a exporté de la soie pour la somme de 186,975,304 fr. ; la consommation intérieure a été de
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100,000,000, ce qui fait un mouvement commercial annuel de 286,975,304 fr.
Les chenilles du Sericaria mori éclosent au printemps ; dans les pays chauds on parvient à les élever à l'air libre, mais dans nos régions cela n'est plus possible, en raison surtout de nos printemps généralement froids et qui les tueraient; le climat de l'Algérie pourrait mieux leur convenir que celui de notre France continentale, et nul doute que dans un temps donné il ne s'y élève un certain nombre de magnaneries.
Les chenilles, lorsqu'elles viennent de sorlir de leurs œufs, sont entièrement noires et hérissées de poils; elles changent quatre fois de peau avant de passer à l'état de chrysalide. A l'approche de chaque mue, la chenille mange peu ou cesse même entièrement de manger; elle s'amincit de plus en plus et se dépouille avec moins de peine : elle émet des brins de soie qu'elle fixe aux corps environnants pour que sa peau soit retenue lorsqu'elle fera des elTorts pour la quitter. Pendant les deux premiers jouis après la mue, le Ver à soie tombe dans un état de langueur, il a peu d'appétit encore, mais bientôt il mange de nouveau avec appétit et devient même très avide. A mesure que la chenille mue et prend de l'âge, elle augmente de plus en plus de grosseur; sa couleur s'éclaircit davantage et elle finit par devenir blanchâtre. Le temps nécessaire pour que le Ver parvienne à toute sa crois sance varie beaucoup suivant la température à laquelle il est soumis et qui ne doit pas être trop élevée; on conçoit qu'il n'arrive que lentement à l'époque où il doit se transformer en chrysalide quand il est sous l'influence d'une basse température, et qu'au contraire sous l'action de la chaleur il mette beaucoup moins de temps. Toutefois, en moyenne, on peut dire qu'il faut cinq à six semaines pour élever les chenilles du Sericaria mori.
Quand la chenille se métamorphose en chrysalide ou cocon, elle s'enveloppe d'une grande quantité de filaments généralement jaunâtres , parfois blanchâtres ou verdâtres, qui constituent la soie. On n'a pas connu pendant longtemps d'une manière satisfaisante l'organe producteur de la soie; mais, d'après les travaux d'un grand nombre de naturalistes, et surtout d'après ceux de
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M. Straus-Durckein, il cstccrlain que celle matière est renfermée à l'état liquide dans deux vaisseaux très déliés qui, parlant de la tête de la chenille où ils sont réunis, s'étendent dans l'intérieur de l'animal, et se rangent après quelques sinuosités près du dos : ces vaisseaux sont jaunes, bhmcs ou verdâtres , suivant la nature du liquide qu'ils contiennent, et produisent à l'exlorieur les filaments qui constituent In soie. La longueur du fil produit par une '.seule chenille est d'environ 1,S00 mètres; co fil est double, c'est-à-dire composé île deux brins très déliés, collés dans toute leur longueur par un enduit iiarliculier. La soie dont est formée l'enveloppe des cocons offre plusieurs couches superposées l'une à l'autre, et dont le nombre, variant en raison de la vigueur de la chenille, semble être, en général, de six. D'après cela, on voit que chaque cocon est formé d'un fil continu, et que dès lors il est nécessaire, pour 01er la soie, d'avoir le cocon intact. Aussi toutes les chrysalides sont tuées, pour que les papillons, en veuiiut à éclore, ne percent pas leurs cocons. Pour cela faire, on les mot dans une bassine chauflee à une forte Icnipéraiure, et cette opération est désignée sous le nom à'élouffage. On ne garde qu'un petit nombre de cocons pour avoir des œufs, qui , ainsi que nous avons déjà eu occasion de le dire, portent le nom vulgaire de graine.
Les Vers à soie sont sujets à plusieurs maladies qui en détruisent un grand nombre ; les principales sont: la grasserie, qui rend les chenilles plus blanches , très onctueuses, et les empêchent de filer; la consomption, qui les fait croître très lentement et les rend trop molles; la jaunisse, qui, vers la cinquième mue, les fait bouffir et présenter sur leurs corps des taches d'un jaune doré; enfin la muscardine, à la suite de laquelle le Ver se. tord, se racornit, prend une teinte rouge, se durcit, et finit par se couvrir d'une moisissure blanchâtre, qui n'est autre chose qu'un cryptogame microscopique, le Botrylis bassiana, dont le germe se développe dans le corps de l'in secte en une multitude de ramifications qui ne tardent pas à le faire périr. Comme la Muscardine détruit un très grand nombre de Vers à soie, beaucoup de naturalistes
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ei .l-.igriculteiirs ont cherché à étiulier celle maladie et à en anôler les ravages. Le meilleur procédé qui ail clé proposé ne l'a éié que dans ces derniers temps, par MM. Guérin-Méneville et E. Robert, et semble très convenable pour arrêter le mal : ce procédé consiste à faire évaporer de i'esgence de térébenthine dans l'atelier où se tiennent les Vers à soie et dans celui où vont les graines.
Arrivés a leur entier accroissement, les Vers à soie cherchent les endroits favorables pour construire leurs cocons; dans les magnaneries, on garnit alors les châssis de rameaux de bouleau, de bruyère, etc., et c'est entre les branchages que sont déposés les cocons. Ce travail est terminé en trois ou quatre jours , et au bout de sept ou huit on peut récolter les cocons.
Les Sericaria mori éclosent au bout de quinze jours, si les chrysalides sont tenues à une température de 15". Les papillons sortent de leurs cocons à six ou sept heures du matin; les accouplements se font à huit heures; vers les deux heures, dans les magnaneries , on déiache les mâles , et l'on pose les femelles sur des linges pour qu'elles puissent y coller leurs œufs, qui sont approximativement au nombre de 500 par femelle. Les œufs sont d'abord blancs ou jaunâtres; mais bientôt ils passent au gris ou au brun, même au noirâtre. Pondus en été, ils restent ainsi, sans aucun changement manifeste à l'extérieur, jusqu'au printemps de l'année suivante. C'est à cet état que l'on peut les faire voyager pour transporter les Vers d'un lieu à un autre; et ils peuvent, sans périr, supporter des degrés assez forls de température, soit élevés, soit au contraireau dessous dezéro du thermomètre.
Telle est, d'une manière générale, l'histoire du Ver à soie, sur laquelle nous avons cru devoir nous étendre en raison de la grande importance que cet insecte offre dans l'industrie; et cependant nous regrettons de ne pouvoir en dire davantage, tant il y a de faits intéressants, sous le point de vue scientiGque et sous celui de ses applications à l'agriculture et au commerce, dans l'histoire du Sericaria viori.
Il nous resterait à parler peut-éire d'antres Lépidoptères que l'on pourrait employer dans l'an séricicoie, dont quelques uns
seraient avantageusement introduits en Europe, et qui appartiennent soit au genre 6'ej icaria proprement dit, soit au genre Bombyx, qui n'en est qu'un démembrement; mais l'espace qui nous est réservé ne nous permetque de les signaler. Tels sont le Bombyx religiosœ, Helfer, de l'Assam, qui entre dans la subdivision des Sericaria; le Bombyx cyn(/i!a,Fabr.,de la Chine; le Bombyx my/ina, Drury, du Bengale; le Bombyx cecropio, Fabr. , originaire des États-Unis d'Amérique, et dont récemment M. H. Lucas a pu élever des chenilles à Paris et obtenir des papillons; enfin, \e Bombyx pavonia major, Linné, de notre Europe, dont on a vainement, jusqu'à présent, cherché à utiliser la soie grossière.
A côté des espèces utiles que nous venons d'énumérer, la nature a placé d'autres espèces qui, au contraire, sont nuisibles à l'agriculture. Ces Lépidoptères appartiennent aussi à la tribu des Bombycides , et sont par conséquent très voisins des Vers h soie, si même ils ne rentrent pas dans le même genre naturel : tels sont le Botnbi/x neuslria ou la Livrée, le Bombyx processiunea ou Processionnaire des chênes, le Bombyx pini ou Pileuse du pin, etc., qui se trouvent dans les bois ou vergers de presque toute l'Europe, et dont il a été parlé dans d'autres articles de ce Dictionnaire. ;É. DESMAiitsT.)
VER LLISA\T. ins. — Voy. lampyius.
■yÉUATllE. Veratrum (dérivé, selon certains auteurs, de verlo, je tourne), uot. j'u. — Genre de la famille des Mélanlhacées , tribu des Vérairées, à laquelle il donne son nom; rangé par Linné dans la polygamiemonœcie de son système; formé par Tournefort (InsUlut. rei herbar., pyg. 272, lab. 145), et adopté avec la même circonscription par tous les botanistes. Dans ces derniers temps , M. Kunth en a séparé en genre distinct deux espèces pour lesquelles M. Asa Gray avait formé une simple section sous le nom de S:enaiUhium. Les Véralres sont des plantes vivaces rampantes , qui croissent sur les grandes montagnes de l'Europe , de l'Amérique septentrionale et tropicale en deçà de l'équateur; leurs feuilles sont ovales ou ovales-lancéolées , acuminées , nervées; leurs fleurs, souvent polygames par l'effet d'un avortement, forment une panicule terminale, et se dis-
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tingiient par un périanlhc à six folioles colorées , sessiles, persistantes; par sixélaniiiies insérées à la base du périanthe, et dont les anthères sont rénifornies; par u?i ovaire à trois loges miilli-ovulées, surmonté de trois slyles continus aux loges, divergents et en cornes, auquel succède une capsule dont les trois carpelles se séparent plus ou moins coriiplélement et s'ouvrent par leur angle interne; chacun de ceux-ci renferme un grand nombre de graines comprimées, à test lâche.
Les espèces de ce genre aujourd'hui connues sont peu nombreuses. Parmi elles , le ViinATRE BLANC, Veratium album. Lin. , jouait un rôle important dans l'ancienne médecine. 11 croît dans les pâturages des Pyrénées, des Alpes , et généralement des montagnes de l'Europe moyenne, dans l'Europe septentrionale et la Sibérie. Il porte les noms vulgaires de l'araire. Ellébore blanc. Cette espèce a, commeses congénères, des propriétés fort énergiques et même redoutables. Elle agit comme purgatif drastique; elle constitue même un poison acre, qui enflamme violemment les organes , et dont l'administration doit être accompagnée de grandes précautions. Aussi son usage estil aujourd'hui à peu près entièrement abandonné. Son suc empoisonne les armes. Les pâtres des Pyrénées connaissent et redoutent ses fâcheux elfets. Celte espèce est quelquefois cultivée dans les jardins comme plante d'ornement. Le Vératre noir, Veratruin nigrum. Lin., est indiquécommecroissaiit dans les pâturages de l'Auvergne, de la Douigogne et de l'Alsace ; on le trouve en Autriche, en Carniole, dans la Sibérie et jusqu'au Kamtschaïka. II se distingue du précédent par ses fleurs d'un pourpre- noirâtre, très ouvertes. Il en a, du reste, toutes les propriétés. On le cultive plus fréquemment pour l'ornement des jardins.
Le Vératre Cévadille , Veralruin Sabadilla, Retz , est une espèce remarquable , indigène du Mexique , des Antilles , mais non de la Chine, comme l'a dit Wilhlenow. Longtemps on n'en a connu que des débris de Heurs, les capsules et les graines, seules parties de la plante usitées en médecine et que le commerce apportât en Europe. Sa tige est simple, droite , chargée île feuilles ovales obiongues , obtuses; ses fleurs, en
panicule simple, diffuse, pourpre-noir, sont un peu penchées, portées sur des pédicules très courts, et les folioles de leur périanthe sont ovales-lancéolées, étalées en étoile. D'après M. Kunlh, cette plante ressemble beaucoup au V. viride, Aiton. Ses fruits ont moins d'un centimètre de long; chacune de leurs loges renferme deux graines allongées, aiguës aux deux extrémités, noirâtres. Ce sont ces graines pulvérisées qui constituent la Cévadille ou Sébadille , substance très énergique, qu'on administre à l'intérieur contre les Vers, particulièrement contre le Tœnia, et à l'extérieur en poudre ou en pommade, surtout contre les poux de la tête. Ce dernier emploi est journalier dans le midi de l'Europe, bien qu'il en résulte parfois des maux de tête ou même des vertiges. M. Asa Gray avait pensé que le Veratnim Sabadilla, Retz, devrait probablement former un genre à part. M. Lindley a proposé, en ed'et, d'en faire le type de son nouveau ^euve Asagrœa, dans lequel elle prendrait le nom de Asagrœaoffuinalis, Lindl.
C'est dans les graines de la Cévadille que Pelletier et Caventoù ont trouvé, en 1S19, la Véralririe (C'^H'^N'O'^) , alcaloïde déjà vu en 1818 par Meisner : c'est une substance très acre, qui agit comme un poison actif et comme un violent sternutatoire. Elle se trouve également dans la plupart des autres Vératres , ainsi que dans les bulbes du Colchique d'automne. (P. D.)
*VÉRATRÉli;S. Veraireœ. bot. ph. — Salisbury donnait ce nom à la famille de Monocolylédons que M. lîob.-Brown a nommés Mélanlhacées ; ce dernier nom est aujourd'hui adopté par tous les botanistes. (D. G.)
VERBASCÉES. Ferbasceœ. bot. ph. — Tribu de la famille desScrophularinées {voy ce mot), comprenant le Ferbaacum e.1 un petit nombre de genres voisins, que primitivement on avait rapportés aux Solanacées.
VEKBASCUM. bot. pu.— Nom latin du genre Molène, Voy. molène. (D. G.)
VERJiENA. BOT. PH. — Nom latin du genre Verveine. Voy. verveine. (D. G.)
VEKBEiVACÉES Verbenaceœ. dot. ph.
Famille de plantes dicotylédonées, monopétales , hypogynes , ainsi caractérisée : Calice tubnieui ou campanule, à 4-3 (liés rarement 6-S ) divisions ou dents , égales ou
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disposées eo (lc;i\ U'vies, persistant et souyent accrescent. Corolle lubuleuse, dont le limbe ordinairement bilabié se découpe en 4-5 (1res rarement f) 12) divisions imbriquées. Elaminrs insérées sur le tube de la corolle, alternant avec ses lobes en nombre égal, ou le plus fréquemment réduites à quatre didynaines, ou même en apparence a deux, par l'état rudimentaire des deux supérieures, incluses ou saillantes; à anthères dont les deux loges, liées par un connectif quelquefois appeiidiculé, parallèles ou divariquées, s'ouvrent par une fenle longituilinale ou très rarement par un pore apicilaire. Ovaire libre, placé sur un disque annulaire, composé de deux ou quatre carpelles soudés ensemble, picscntant par conséquent autant de loges ou un nombre double, par suite de la réflexion des cloi>;ons qui partage en deux chacune d'elles. Siyle terminal, simple, que surmonte un stigmate simple ou bifide. Dans chaque loge, ovules solitaires ou plus rarement géminés, dressés etanatropes, ou suspendus a un placentaire ascendant et alors campulitropes. Fruit composé de 2-4 ou 6 carpelles qui restent unis à la maturité par leur péricarpe coriace ou drupacé, avec autant de noyaux distincts ou confondus , ou se séparent le plus souvent en restant chacun indéhiscent, plus rarement en se partageant en deux valves.
Graines dressées. Embryon sans périsperme, à radicule infère, à cotylédons droits, (^pais, oléagineux.
Les espèces , qui , pour la plupart, croissent entre les tropiques des deux hémisphères, et ne s'avancent qu'en petit nombre jusqu'aux régions tempérées, sont des herbes ou plus souvent des arbrisseaux , quelquefois même de grands arbres à bois dur, fréquemment parsemés de glandes résineuses sessiles, qui leur donnent une odeur aromatique ou fétide. Leurs tiges et surtout leurs rameaux télragoncs portent des feuilles opposées ou verticillées, très rarement alternes, tantôt simples avec ou sans découpures, tantôt digilées, dépourvues de stipules. Les fleurs blanches, rougeàlres, violettes, bleues, jaunes ou pourpres, souvent petites, forment des inflorescences indéfinies spiciformes, ou définies, des cymes bi trichotomes, axillaires ou groupées en panicuie terminale. Les propriétés
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lies Verbénacées sont peu renommées et employées; elles sont dues généralement à des huJIfs volatiles mêlées à des substances extractives et du tannin, par conséquent stimulantes et toniques; et l'infusion aromatique de quelques unes est usitée dans certains pays en guise de Thé. C'est a cette famille qu'appartient l'un des plus beaux arbres et des bois les plus estimés des régions tropicales, le Tek.
Endlicher partageait les Verbénacées en trois tribus: les Lippiées , dont le fruit se sépare à la maturité en plusieurs carpelles ; les Lantanées où c'est une drupe , les JEgiphilées oij c'est une baie. Nous avons mieux aimé suivre dans la distribution des genres, ainsi que dans l'exposition des caractères, le travail le plus récent, celui de Schauer, inséré dans le tome 11 du Prodrome de De C.indolle. C'est d'après lui que nous allons la tracer avec quelques légères modiflcations.
GENRKS.
Tribu i. — Verbénées.
Inflorescence indéfinie. Ovules dressés, anatropcs. Feuilles jamais composées. La plus grande proportion des espèces américaine.
A. Loges bi-ovulées.
Sous-tribu 1. — Spielmanniées.
Drupe à un seul noyau, biloculaire.
Spielmannia, Med. {Oflia, Ad.).
B. Loges uni-ovulées.
Sous-tribu 2. — Monocliilées.
Drupe. Corolle unilabiée.
Monochilus, Fisch., Mey.
Sous-tribu 3. — Casseliés.
Drupe. Corolle infundibuliforme.
Casselia, Nées, non Dumort. — Tamonea, Alibi. {G hinia. Schreb. — Leplocarpus, W., Kœmpfera, Houst. — Ischnta, DC.)
Sous- tribu 4. — Verbénées.
Fruit se séparant en plusieurs carpelles.
Mallophora, ]L\u\\. — Chloanlhcs,\\. 13r. —Priva,kA. {blairia, Ga;rtn. — Torlula et Slreptium, Roxb.-CasJeiia.Cav., non Cass.) — Dipyrena, Hook.,non R. Br.{Wiisonia, Hook., Gi\\.)—Verbena, L. (Glandularia, Gmel. — Billardiera, Mœnch, non Sm. — ScliuUleworlhia^Ueissn.— Uivaroivio ,\iung.)
— Povchea, Chani. {Chascanxmi , E. Mey.
— Pleurosligma, hiKhst.) — Stachy'tarpha, Link. (Stachy larpheta, Y aM. — Abenà, Neck.
— Cymburus , Sal. — Melcisanllms,Pi)ï\\.)
— Lippia , L. { Dipterocalyx et Riedelia , Chiini. — Zapania, Scop. — Bertolonia et Plalonia, Baf., non alior. — Cryptocalyx, Beiith. — Aloysia, Ort.)
Sous-tribu 5. — Lantanées.
Drupe à deux noyaux uniioculaires.
Lantana, L. (Camara, PI. — Myrobatinàum, Vaill. — Charachera, Forsk.) Sous-tribu 6. — Duranlées.
Drupe à 2-4 noyaux biloculaires.
Citharexylum, L. (Rauwolfia, R. Pav., non L. — Pœppigia, Bert. ) Duranta, L. (Ellisia, P. Br., non L. — Caslora, PI.) Sous-tribu 7. — Pétrœées.
Fruit coriace indéhiscent Pelrea, Houst.
Tribu 2. — VmcÉEs.
Inflorescence déflnie. Ovules pendants, souvent campuliiropes. Feuilles simples ou digilées. — La plus grande proportion des espèces asiatique.
Sous-tribu 1 . — Syinphoremées.
Fruit coriace indéhiscent.
Symphorema, Roxb. ( Anakctis, 3.) — Sphœnodesma, Jack. [Vilicaslrum, Presl.) — Congea, Roxb. {Roscœa, Roxb., non. Sm. — Calochlamys, Presl.)
Sous-tribu 2. — Cary opter idées.
Fruit se séparant en coques bivalves.
Caryopteris , Dung. ( Bar bula, Lour. — Maslacaiitlms, iîndl.) — Glossocarya, Wall.
— Hymenopyramis , Wall. — Peronema , Jack.
Sous-tribu 3. — Filicées.
Fruit drupacé.
PUyrodia, R. Br. — Teclona, Lf. {Theka, Rééd. — Jalus , Rumph. ) — Premna , L. {Cornutia, Burm., non. Pi. — Gumira Hassk. — olochiloma, Hochst.) — Pelilia, Jacq., nonKth., nec Gay. — Callicarpa, L. {Burchardia, Dubam. — Johnsonia, Catesb.
— Sphondylococcum , Milch. — Porphyra, Lour. — Geunsia , Bl. ) — JEgiphila , J.icq. {Manabea, Aubl. — Omphalococca , W.) — Volknmeriaf L [Duglassia, Houst.) — Clero-
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dendron, L. ( Volkmannta, Jacq. — Agnco- Icra, Sch. — SiphonaïUhus et Ovieda , L. — forreya, Spreng. — Cornacchinia, Sav.) — Cyclonema , Hochst. ( Spironema , Hochst.) — Oxera, Labill. ( Onchroma, Spreng.) — Amasonia, L. [Taligalea, Aubl.) — Ginelinaf L. {Michelia,Amm., non L.) — Cornulia, PI. {HùSlana, Pers. ) — Vdex,L. ( Wallrothia, Rolh. — Limia, Vand. — Nephrandra, Colh. — Psylogyne, DC. — Chrysomalium^ Pet. -Th. — Pyrosloma, Fisch. Mey. — Casaretloa, Walp.V
A cette tribu paraissent se rattacher aussi plusieurs genres encore trop imparfaitement connus pour qu'on puisse se prononcer définitivement à leur sujet. Ce sont les suivants : liolmskioldia, Relz (Haslingia, Sm. — Plalunium, J.) — Quoya, Gaud. — Hemigymnia, Griff. — Scleroon, Benlh.
On rapportait encore aux Verbénacées le Phryma , L. { Leploslachya , Mitch.), dont M. Schaner a cru devoir faire le type d'une petite famille distincte des P/irj/macees, qui dinère par plusieurs caractères, ceux de son ovaire uniloculaire renfermant un ovule orlhotrope , de son embryon à radicule supère, à cotylédons enroulés, ainsi que par un port particulier.
EriGn le genre Avicennia , L. ( Donatia , Lœfl. — OEpata , Rééd. — OEpala , Ad. — Sceura, For.>-k. — Halodendron , Pel.-Th. ) en est généralement rapproché. M. Sctiauer réunit les Avicenniées comme troisième tribu aux Verbénacées; plusieurs autres les admettent comme une f;imille disiincle, et elle présente des caractères assez particuliers pour que nous adoptions cette dernière opinion. En effet, \es Avicennia, ces arbres remarquables qui, avec les Mungiiers et les iEgiceras , forment ces singulières forêts couvrant la zone littorale de la plupart des régions tropicales ; dont les fleurs, assez semblables, du reste, à celles des Verbénacées, groupées en lêles ou épis, offrent un ovaire séparé eu deux loges incomplètes par une cloison qui n'occupe que la partie inférieure de la cavité, et du milieu de laquelle s'élève un placentaire libre au sommet duquel sont suspendus quatre ovules réduits au nucelte : de ces quatre un seul est ordinairement fécondé, et alors son sac embryonnaire, perçant l'extrémité du nucelle pendant, se redresse en sens inverse, se
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montre à nii et se remplit d'une masse endospermique entourant un embryon dont la radicule o.'-t tournée en bas. Cet embryon épuise peu à pou en se développant cel endosperme, continue à croître, et perçant à son tour son enveloppe par l'extrémité de ses cotylédons condupliqwés, germe dans la graine encore attachée au fruit. Ces caractères, qui rappellent, d'une part, ceii\ des Rbiiophora, de l'autre ceux desSantalacées, paraissent assez remarquables pour que le genre qui les présente soit considéré comme un type à part. (Ad. J.)
•VEIlBliSIXE. Verbesina (formé, d'après Linné, par corruption du mol ancien Forbesinti). BOT pu. — Genre nombreux de la famille des Composées, tribu des Sénécionidées, sous-tribu des Hélianlhées, division des Verbésinées, dont il forme le type. On en connaît aujourd'hui environ MO espèces. Ce sont des plantes herbacées ou sous-frutescentes, qui croissent en Amérique, et principalement dans ses parties tropicales; dont les feuilles sont opposées ou alternes; dont les capitules nmltillores, rayonnes, sont généralement jaunes, rarement blanchâtres, quelquefois jaunes au disque et blancs au rayon. Tel qu'on l'admet aujourd'hui, conformément aux idées de M. Lessing, il ne correspoml qu'a une portion du genre \'erbesi)ia de Linné. De Gandolle en a divisé les espèces en trois sous-genres auxquels il a donné le nom de : a. Verbesinaria; b. Harnulium ; c. Plalyplevis. (D. G.)
VERDKI.ET. OIS. — Syn. vulgaire de Bruant jaune. Voy. bruant.
VEREA. BOT. PB. — Genre proposé par Willdenow {Spec, vol. II, p. 471 ) qui rentre comme synonyme dans le genre Ka- /anc/ioc, Ad an s., de la famille des Crassu- Irftées. (D. G.)
VÉRÉTILLE. Verelillum {verelrum, verge, membre viril), polvp. — Genre établi par Cuvier pour des Polypes voisins des Pennatules, dont ils dilTèient en ce que le racliis n'a ])as de pinnules , que l'axe solide est presque rudimentaire , et que les Polypes sont immergés dans son tissu même. Cuvier plaçait les Vérétilles parmi les Polypes nageurs; Lamarck, parmi ses Polypes flottants; M. de ni.iinville , dans sa famille des Pennatulaircs, qui corrcsi)on(J au genre rçnnalula de Linné, et aux l'ennatulincs de
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M. Ehrenberg. Une espèce de Vérétille, la VÉitÉTiLLE cvNOMOiRE, Verelillutn cynovwrium , est commune dans la Méditerranée ; elle est plus grosse que le pouce , atteint souvent plus de 32 centimètres de longueur, et répand une lumière éclatante. — Voy. l'atlas de ce Dictionnaire, Zoopuytes, pi. 2. (E. Ba.) VE GE. zooL. — Organe essentiel de la copulation dans le mâle, dont la forme, le nombre , le développement , l'organisation varient dans les diverses classes du règne animal, et quelquefois dans les divers groupes d'une même classe. — royez les articles
MAMMIFÈRES, OISEAUX, REPTILliS, POISSONS (RAIE), INSECTES, CRUSTACÉS, ANNÉI.IDES, MOLLUSQUES,
zooPHVTES , et les articles accouplement, propagation, SÉCRÉTION, SPICUUE. (E. Ba.)
VERGE-A BERGER, bot. pu. —Nom vulgaire du Dipsacus pilosus, Lin.
VERGE DE CIIIE\. bot. ph. — Nom vulguiire du Cynomorium.
VERGE DE JACOB, BATO.\-DE-JA- COB. bot. ph. — Noms vulgaires de VAspliodelus hdeus. Lin.
VERGE-D'OR. bot. ph. — Nom vulgaire devenu spécifique du Solidago virga owrea. Lin.
VERGERETTE. bot. ph. — Nom français du genre Erigeron. — Voy. erigeron.
VERJUS, bot. — On nomme ainsi le suc très acide des Raisins cueillis avant leur maturité; on l'emploie journellement, dans plusieurs de nos départements, en manière et en place de vinaigre. On donne aussi quelquefois ce même nom à une variété de la Vigne cultivée. (D. G.)
* VERLIOIV. Vermileo {vermis, ver ; leo, lion). INS. — Genre de Diptères de la famille des Brachystomes, tribu des Leptides, créé par M. Macquart {Diplères des Suites à Buffon, de Roret, t. I, 1834) pour une espèce placée précédemment dans le genre Leplis.
Une seule espèce entre dans ce genre:
c'est le Verlion, Vermileo Degeerii, Macq., Leptis vermi/eo, Fabr., Meig., Rhngio vermileo, Latr., qui est d'un gris brunâtre avec quatre bandes sur le thorax, et qui se trouve dans la France centrale et méridionale.
Degéer et ensuite M. de Romand ont étudié le dévelnpi)emcnt de cette espèce. Les œufs sont déposés dans la terre; ils sont blancs, allongés, arqués. La larve est cylin-
driqrie, amincie et susceptible de lontes sortes d'inflexions; de même que celle du Myrméléon , elle vit de proie, et se fait, dans le sable, de petits enToncements coniques : pour y parvenir, elle lance la terre sèche ou le sable, en courbant son corps et le débandant comme un ressort; ensuite, cachée au fond de ce piège , elle y attend le moment oij quelque insecte y tombe, lève brusquement la tête, serre sa proie dans les replis de son corps et la dévore ; puis elle eu rejette la dépouille. Elle vit de cette manière pendant au moins trois ans. La nymphe est nue et simplement couverte de sable. (E. D.)
VEr.LUSIA. INS. — Genre de la famille des Goréides, de l'ordre des Hémiptères, établi par M. Spinola {Essai sur- les Hémipt. hétéropt.) sur une espèce très comuuine dans notre pays, le V. quadrata {Corens quadratus, Fabr.). (Bl.)
■VEr.îMET. Vermelus {vermis, ver), iioi.r,. Ce genre a été formé par Adanson pour des animaux qu'il a nettement reconnus appartenir au groupe des Mollusques , malgré les apparences qui ont trompé Linné et ses successeurs, et qui les ont conduits à confondre les Vermels parmi les espèces de Serpules. La coquille des Vermets présente , en effet, l'aspect général du tube des Serpules ; elle est lubuleuse, fixe, souvent régulière et lurriculée dans le premier âge, formant alors une sorte de spire, mais se prolongeant plus tard en un tube plus ou moins irrégulier, et irrégulièrement contourné et ployé dans l'âge adulte. Ce tube est très long proportionellement à l'animal qui l'habite, et toute la partie postérieure devient successivement inutile au Mollusque qui s'en sépare par des cloisons plus ou moins nombreuses et inégalement espacées. C'est d'ordinaire par l'entrelacement d'au très coquilles <■ e la même espèce que le tube du Vermet se Oxe; c'est quelquefois parce qu'il est enveloppé en partie par les lithophytes. De l'ensemble des observations faites par Adanson, MM. Délie Ghiaje , Philippi , Quoy et Gaymard , il résulte que l'animal a beaucoup d'analogie avec les Mollusques de la famille des Trochoïdes ; qu'il ressemble, en généiul, à celui d'une Dauphinule, ou d'un Turbo qui serait déroulé. Il ne marche point, et n'a pas, par conséquent, de pied proprement dit; mais lu partie qui constitue la queue ,
Vlîll
chez les Gastéropodes ordinaires, se reploie en dessous et se porte jusqu'en avant de la tète, où son extrémité se renfle en une masse garnie d'un opercule mince , qui est épineux dans certaines espèces; quand l'animal se relire, celle masse operculée ferme l'ouverture du tube. La lêie est peu distincte, surmontée de deux tentacules un peu aplatis, portant les yeux à leur base externe. La bouche consiste en un orifice vertical , au-dessous duquel se montre, de chaque côté, un filament qui ressemble à un tentacule, mais qui n'est en réalité qu'un filet appartenant au pied. Les branchies ne forment qu'une rangée qui longe le côté gauche de la voûte branchiale. L'orifice du rectum et celui des organes de la génération se voient au côté droit.
Lamarck plaçait les Vermets dans sa famille peu naturelle des Scalariens. Cuvior les rattachait à sa famille des Tubulibranclics , avec les genres Magile et Siliquaire. Parmi les espèces vivantes, dans lesquelles il faut faire rentrer celles qu'on a confon-^ dues à tort avec les Serpules, nous citerons :
Le VtnMET LOMBuicAL ou Vermet d'Ad.\n- SON , Vermelus lombricalis, Lamk., qui habite les mers du Sénégal , où elle est commune , d'après Adanson : elle forme des groupes par entrelacement. — Voy. l'atlas de ce Dictionnaire, Mollusques, pi. H.
Les espèces fossiles sont nombreuses , mais il reste quelquefois des doutes sur la valeur des déterminations faites par les divers auteurs, dont quelques uns semblent avoir confondu les Vermels avec des animaux de la classe des Annélides. Eu général , on peut distinguer la coquille d'un Vermet du lube d'une Serpule en pratiquant une section qui permette d'examiner l'intérieur. Les tubes de Serpules sont tout à fait libres ; les coquilles de Vermels sont cloisonnées. En raison des incertitudes que laissent certaines désigtialions , il n'est pas certain que les Vermets aient vécu à l'époque jurassique ; leur existence dans les terrains crétacés est mieux démontrée ; on en cite des espèces des terrains tertiaires, même dans les Éiais-llnis. (\i. Ba.)
*'^'EIlMÉTïi>ES. Venne'.ca, Menke ; Vcrmclidœ , Gvd'^. moll. — Cette famille, rattachée aux Gastéropodes Peciinibranches, correspond à celle des TubuUbian
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rli"!: lie Cuvier. — f oy. tubulibranches et
v: 'iMir. (li- "a)
VLKMICULAIRE. rermicufaria, L.iink.; f^ermicularius, Monlf. moll. — Nom (Joiiiié d'abord par Lamarck au genre Verrncl d'Adanson, dont le nom devait êlre el fut préféré. On ne sait s'il faut rapporter au genre Vermel ou à la classe des Annélides certaines espèces fossiles décrites sous le nom de Vennicularia. par MM. Phillips et Sowerby.
— Voy. VKRMKT. (E- Ba.) VKUAlICLL.AinE. BOT. pu. — Non) vulgaire de rOrpiii acre, Seduui acre, Lin.
foi/. ORIIN. (D. G.)
VEmiICLLAIRE. Vermicularia. bot.
CR. — Genre de la f.itnillc des Champignons Pyrénornycèies de Pries, tribu des Pliacidiacés ; de la divi.sion des Cliiiosporés, sousdivision des Endoclines. section des Sphéropsidés, dans la classification mycologique de M. Léveillé; formé par Tode {Meckl., v. Il, p. 15, fig. 8) et adopté par tries, mais mal coimu, dans lequel sont compris des fongilles épiphytes. (M.)
* VEmilCUKAinES. BOT. —M. Tréviranus nommait vaisseaui vermiculaires les vaisseaux auxquels M. de Mirbel a donné le nom de vaisseaux en chapelet ou moniliformes. (D. G.)
VEKMICULITE (de vermiculus, petit ver). MIN. — Thomson a donné ce nom à un minéral qui re.'^seinble au Talc, mais se rapproche pluiôl par sa composition de la Pyrophyllite, et dont la propriété distinctive est de projeter, quand on le chaulTe au chalumeau, de petits prismes cylindroïdes, qui s'allongent en se contournant comtne des vers. Ce ne sont que les feuillets qui composent ces petits prismes et qui sont écartés les uns des autres par l'action de la chaleur. Ce minéral a été trouvé dans llitat de Vermont, aux Élals-Unis. (Del.)
* VEiniICLLUI. FORAM. — Genre établi par Monifort, correspondant au genre Triloculine de M. d'Orbigny. (E. Ba.)
VERMIFLGA. bot. ph.— Genre proposé par Ruizet Pavon et qui se rattache comme synonyme au genre Flaveria , Juss. , de la famille des Composées, tribu des Sénécionidées. (D. g.)
♦VERMIGRADES. Vermigrada (vermis, ^ttn; grodus, marche), écuin. — Forbes, Viit. of BrU. Starf., 1840. — Voy., dans
VEP.
l'article noiorni rides, l'alinéa consacré aui U. vermiformes. (E. Ba.)
VEnilII-EO. — Voy. vERLio.N.
VERMILIE. l^ennilia {vermis, ver).
ANN. — Le caractère qui dislingue les Annélides tubicoles auxquelles ont donne le nom de Vermilie , est l'existence d'un opcrcnL' lestacé et orbiculaire qui ne se retrouve ni chez les Serpules, ni chez les Spirorbcs. Daudin , qui le premier constata ce caractère, regarda les Vermilies comme des Mollusques, et les réunit aux Vermels ; Lamarck les restitua aux Annélides, à la famille des Serpulées. M. Savigny n'accepte pas ce genre, qu'adopte au contraire M. de Blainville. S'il est un jour définitivement admis, après une connaissance plus complète, il est probable qu'il y faudra rapporter beaucoup d'esiicces fossiles rangées maintenant parmi les Serpules, et sur lesquelles il n'est pas fréquemment possible d'appliquer la caractéristique distinctive des Vermilies. Quoi qu'il en soit, Lamarck a décrit pUisieias espèces vivantes de ce genre , el quelques auteurs y placent des espèces fossiles des terrains crétacés et des terrains tertiaires. (E. Ba.)
*VER\nL!\GUES {vermis, ver; Uugua, langue), rept. — Nom par lequel Wiegmann caractérise la section des Sauriens à langue -onlractile , ne comprenant que la f.imiiie des CamélcDDs. (E. Ba.)
VERMILI\GUIA. MAM.—Illiger établissait sous ce nom une famille d'Édeniés , composée des genres à langue extensible et protraciile, les Fourmiliers, Panijolins , Oryctéropes. (E. Ba.)
VERMILLOIV. OIS. — Espèce du genre Gobe Mouche.
VER\IlI,LOrV IVATIF. min. — Voyez
MEIlCUnE SULFURÉ.
VERMIVORA {vermis, ver; voro, je dévore). OIS. — Synonyme d'Eryihacus (Rubielie) , G. Cuv. (Z. G.;
VEUMIVOlîE. Vermivora. ois.— Genre établi par Swainson dans la famille des Sjlvidées pour des Oiseaux que les auteurs rangeaient dans le genre Sylvia. Le type de cette division générique est la Syl. vermivora, Lalh. (Z. G.)
*VEUMO\TEA. BOT. PU.— Genre proposé par Gommerson (ex Sleudel, Nomencl. bot an. ), (\\ii rentre comme synonyme dans le genre BlackivcUia du même butanisle*
VER
dans la famille des Honialinées. (D. G.)
VERNE, VEHGIVE. bot. pu. — Noms vulgaires de l'Aune dans plusieurs de nos déparlements méridionaux. (D. G.)
* VERIVELILIINE. Verneuilina (dédié à M. de Verneiiil). foram. — Genre de Foraminifères Hélicostègues , de la famille des Turbinoïdes , élabli par M. d'Orbigny, et dont la caraclérisliqne, aussi bien que les rapports, est indiquée dans le tableau de la page 667, tome V de ce Dictionnaire. Ce genre, aujourd'hui éteint, paraît propre à l'époque crétacée. (E. Ba.)
VEIINICIA. BOT. PU. — Genre de Loureiro qui rentre dans le genre Elœococca, Commers., de la famille des Euphorbiacées. (D. G.)
VERNIS. BOT. — Les sucs résineux fournis par diverses espèces végétales, dissous au moyen de véhicules divers, et appliqués à la surface des corps de manière à s'y déposer en couches minces conservatrices et luisantes, forment la base de plusieurs vernis employés dans les arts et dans l'industrie.
VERNIS-DIJ- JAPON, bot, ph. — C'est le nom vulgaire de VAilanikus glandulosa, Desf. (D. G.)
VERNONIACÉES. bot. ph. —Tribu des Composées. — Vuy. ce mot.
VERXONICIIÎES. BOT. PH. — Douzième tribu des Scrophulariacées. — Voy. ce mot.
VERNONIE. Vernonia. bot. ph. — Genre de la famille des Composées, tribu des Vernoniacées , à laquelle il donne son nom , élabli par Schreber {Gen., vol. Il, p. 541) et dans lequel entrent un très grand nombre de plantes herbacées ou frutescentes, quelquefois arborescentes, de port et d'aspect très divers, indigènes de toutes les contrées chaudes du globe. Ces plantes ont les feuilles alternes, très rarement opposées , souvent glanduleuses; leurs capitules sont groupés en inflorescences diverses, le plus souvent scorpioïdes , et ils comprennent des fleurs très rarement solitaires, plus souvent peu nombreuses, généralement en grand nombre, de couleur purpurine, rosée ou blanche; ils son' discoïdes , entourés d'un involucre imbriqué, plus court que les fleurs; leur réceptacle est nu ou , plus rarement, chargé de petites Gmbrilles ; les fleurs qu'ils comprennent sont régulières, à cinq lobes, presque aussi longs que le tube; elles don-
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nent des aliènes surmontés d'un grand disque épigyne et d'une aigrette généralemenï à deux rangs, dont l'extérieur paléacé.
Le genre Vernonie esll'un des plus nombreux de tout le règne végétal. On en connaît aujourd'hui au moins 375 espèces , entre lesquelles il a été nécessaire d'établir des subdivisions. De Candolle en avait décrit [Prodr., vol. V, p. 15) 290 espèces; et récemment M. Walpers en a relevé 83 nouvelles décrites par divers auteurs. Les sous-genres admis par De Candolle et par M. Endlicher dans ce vaste groupe générique sont au nombre de neuf , et ont reçu les noms suivants : a. Acilepis, Don, espèces herbacées des Indes orientales; b. Ilololepis, DC, herbes de l'Amérique tropicale; c.
Leplospermoides, DC, sous-arbrisseaux de l'Amérique tropicale et de Madagascar; d. Vanillosma, Less., arbrisseaux de l'Amérique tropicale; e. Slrobocalyx, Blume, arbres des Indes orientales et de l'Afrique; f. Trianlhea, DC, espèces de l'Amérique tropicale, au delà de l'équateur; g. Teplirodes, DC, herbes généralement annuelles, de l'ancien monde; h. £epidop/oa, Cass., espèces herbacées , annuelles ou vivaces, sous-frutescentes, quelquefois arborescentes, dispersées dans toute la zone inlerlropicale; i. Ascaricida, Less., herbes des régions tropicales et de l'Amérique du Nord.
C'est au dernier de ces sous-genres qu'appartient la Vernonie de New-York, Vernonia noveboracensiSjW \\\<i . [Serralula noveboi'acensis. Lin.), grande et belle plante de l'Amérique septentrionale, où elle croît sur les lisières des bois et dans les pâturages, de la Caroline au Canada. Sa tige herbacée, striée et sillonnée, s'élève à 1 nièlre 1 /2 et se ramifie dans sa partie supérieure. Elle porte des feuilles allongées-lancéolées, légèrement pubescentes en dessous, dentelées en scie sur les bords. Aux mois d'août et de septembre, elle développe un corymbe fasligié, composé de nombreux capitules purpurins. On cultive assez fréquemment cette plante dans les jardins d'Europe, à titre d'espèce d'ornement, de même que la Vernonie élevée , Vernonia prœalta, DC.
(Serratulaprœalta, Lin.), espèce plus haute encore et dépassant quelquefois 2 mètres, voisine de la précédente, et indigène comme elle de l'Amérique du Nord, où elle croît
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le long des marais. Les fleurs de celle-ci ont une couleur plus intense. Ces deux plantes réussissent sans difflcullé en pleine terre, et se multiplient par éclats.
C'est encore dans le niètne sous-penre qu'est comprise la Vernonik antiielmintiqce, Vernonia anlhelmintica,W WUl. (Conyza an- Ihclminltca, Lin.), espèce herbacée annuelle, commune dans les Indes orientales , où on lui donne le nom de Calageri. F.a poudre de ses praines est employée pour détruire les vers intestinaux des enfants; de là Sun nom .spécifique. L'infusion de la plante entière est administrée contre le rhumatisme et contre la goutte. Cetle espèce a été introduite en Amérique, où elle est cultivée à cause de ses propriétés. (P- D)
VKRO\. l'oiss. -Nom vulcaire d'une Able, Leuriscus phoxinus, Val., que plusieurs auteurs ont considéré, avec M. Agassiz, comme devant former un genre particulier, sous le nom de Phoxinus. (E. Ba.)
VF.UOMCA. BOT. — Voy. véronique.
VlinOMCÉES rcroinVc'B. bot. ph. — Tribu de la famille des Scrophularinées (voy. ce mot ), ainsi nommée du genre Veronica qui lui sert de type. (Ad. J.)
VI-'lROXIQUI"]. Veronica. bot. ph. — Grand et beau genre de la famille des Scrophulariacées , tribu des Véronicées, delà diandrie- monogynie dans le système de Linné. Tel que nous l'admettons ici, suivant en cela les idées de M. Beniham, il comprend non seulement les Véroniques proprement dites à corolle presque roiacée, mais encore plusieurs espèces à corolle tubtilcuse-biliibiée, qui avaient été séparées par Rafuiesque sous le nom de Callyslachys, par M. Nuiial sous celui de Leptandra, et que M. ICiidlicher comprenait d.ins le genre Pwderola . Lin. Avec cette circonscription , le genre Véronique ne renferme pas moins de 158 espèces (Beniham, in DG. Prodr., vol. X, p. 4o8), parmi lesquelles plus de 30 appartiennent à la Flore française, et plusieurs autres sont communément cultivées pour l'ornement des jardins. Ces nombreuses plantes sont des herbes, des sous-arbrisseaux, des arbrisseaux, ou même de petits arbres, qui croissent dans les parties tempérées et froides des deux hémisphères; dont les feuilles sont opposées ou verticillées, rarement alternes, souvent den-
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téffs ou Incisées; dont les fleurs, bleues ou blanches, sont tantôt solitaires à l'aisselle des feuilles supérieures, taniôt réunies en grappes ou en épis. Ces fleurs ont : un calice quadri-quinquéparti ; une corolle à tube tantôt très court, tantôt dépassant le calice, à litnbe étalé, divisé en quatre lobes, dont le supérieur est plus grand; deux étamines insérées à la base et sur les côtés du lobe supérieur de la corolle , et dont l'anthère a ses deux loges coiifluentes au sommet; un ovaire à deux loges renfermant un nombre variable d'ovules, surmonté d'un style que termine un stigmate un peu renflé. A ces fruits succède une capsule comprimée ou renflée, à deux sillons, dont les deux carpelles .s'ouvrent, tantôt par déhiscence loculicide, sur leur ligne dorsale, leurs bords infléchis restant adhérents à la colonne placentifère ou s'en séparant plus ou moins, et tantôt par déhiscence seplicide. Les graines sont ovales ou orbiculaires , planes ou concaves à leur face interne, par laquelle elles se fixent, plus ou moins convexes à leur face dorsale , lisses ou légèrement rugueuses.
M. Beniham admet {loc. cit.), dans le grand genre Véronique, la division suivante en 7 sous-genres.
a. Hebc, Benth. Arbres ou arbustes, rarement herbes, propres à l'hémisphère austral; feuilles un peu épaisses, toutes opposées, généralementglabres et entières; fleurs en grappes axilluires ou en petites panicules au sommet des rameaux, accompagnées de petites bractées; tube de la corolle généralement allongé; capsule renflée, légèrement comprimée, se partageant en deux par déhiscence seplicide, de manière à laisser plus ou moins libre la colonne placentaire; graines planes d'un côté ou biconvexes.
La Véronique brillante, Veronica speciosa, R. Cunn. (in Dot. Magaz., tab. 3461) est l'une des plus belles acquisitions dont nos janlins se soient enrichis dans ces derniers temps. C'est un arbrisseau de 1 ou 2 mètres de haut, qui croît à la Nouvelle- Zélande, sur les bords de la rivière Hokianga. Elle est glabre dans toutes ses parties. Ses feuilles sont grandes , d'un beau vert, obovales-oblongues; ses fleurs, d'un bleu violacé, forment des grappes très serrées à l'extrémité des rameaux, et se dis-
tingiient par leurs élamines longuement saillantes. Cette magnifique espèce se, recommande autant par la fraîcheur de son feuillage que par la beauté et l'abondance de ses fleurs. Bien que d'introduction encore récente, elle commence à être assez répandue dans les jardins.
La Véronique a feuilles de saule, Feronica salicifuUa, Forst., est encore une espèce élégante, indigène de la Nouvelle-Zélande, remarquable parce qu'elle forme un petit arbre grêle de 3 à 5 mètres.
La Véronique de Be-ntham, Veronica Benf/ianu, Hook. Q\s{Fl. antarct., I, p. 60, lab. 39-40), est un arbuste des plus élégants, très rameux, haut de 12 ou 13 décimètres, indigène des îles Auckland , dont il serait vivement à désirer que nos jardins pussent s'enrichir. Elle est remarquable par ses feuilles coriaces, oblongues ou obovales, bordées d'une ligne duvetée, blanche, et surtout par ses grandes et abondantes fleurs d'un bleu d'azur intense, striées de lignes violacées.
b. Leptandra, Ben th. {Leptandra, Nutt.). Grandes herbes vivaces, de l'Amérique septentrionale et de Sibérie, à feuilles opposées, verticillées ou éparses; à longues grappes terminales, solitaires ou groupées en une sorte de panicule; bractées petites; calice généralement quadrifide; tube de la corolle beaucoup plus long que sou liuibe et que le calice ; capsule ovale ou oblongue, un peu comprimée par les côtés, brièvement loculicide
A ce sous-genre appartient la Véronique DE VinciNiE, Veronica virginica, Lin., espèce de l'Amérique septentrionale, haute de 8 à 15 décimètres ; à feuilles verticillées le plus ordinairement par quatre, et dont les fleurs blanches forment une très longue grappe simple terminale. On la cultivedans les jardins d'agrément.
c. Pseudolysimachia, Koch. Herbes vivaces, élevées, indigènes de l'Europe , surtout orientale,et de la Russie asiatique; feuilles opposées, rarement verticillées; fleurs en grappes terminales, accompagnées de petites bractées; calice généralement quadrifide; tube de la corolle plus long que large, surpassant à peine le calice ou plus court que lui; capsule presque urbiL-ulaire, comprimée par les côtés * obtuse ou écbancrée, ayant
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des valves adnées au placentaire presque jusqu'au sommet ; graines comprimées , planes d'un côté ou biconvexes.
Parmi les espèces de ce sous-genre nous citerons : 1° la Véronique a longues feuilles, Vei'onica longifulia. Lin., belle espèce qui a été indiquée dans les Pyrénées, à Fontainebleau, en Alsace, et qui croît particulièrement en Autriche et dans l'Asie moyenne; 2° la Véron'ique élégante, f^eronica eleg ans, DC. , dont M. Beiitham fait une variété du Veronica paniculala. Lin. , qu'on rencontre fréquemment cultivée dans les jardins pour ses jolies grappes de fleurs rosées, qui se développent en grand nombre au commencement de l'été. Elle ne s'élève qu'à 4 ou 5 décimètres.
d. Beccabunga, Griseb. Herbes vivaces, rarement annuelles, de l'hémisphère septentrional; feuilles dentées en scie, rarement entières; fleurs en grappes axillaires, opposées; tube de la corolle très court; capsule oblongue, ovale ou orbiculaire, comprimée par les côtés , obtuse ou échancrée, rarement aiguë, s'ouvrant, pardéhiscence loculicide, en valves qui finissent par se partager elles-mêmes.
A cette section appartiennent deu\ de nos espèces les plus communes et les plus connues: 1° la Véronique mouronnée, VerO' nica Anagallis, Lin, qui abonde dans les lieux humides, dans les fossés de toute la France, dont les feuilles sessiles sont ovaleslancéolées ou lancéolées; 2° la Véronique Beccabunga, Veronica Beccabunga, Lin., qui croît tout aussi communément dans les sources, dans les ruisseaux d'eau vive, et qui, avec un port analogue à celui de la précédente, se distingue de prime abord à ses feuilles ovales, très obtuses, rétrécies à leur base. Cette Véronique est regardée à juste titre comme un bon dépuratif et un antiscorbutique efficace. Elle a un goût un peu amer et piquant qu'elle doit à la présence d'un principe volatil ; aussi l'emploiet-on à l'état frais , au printemps, en même temps que le Cresson , la Chicorée, etc. Son suc entre dans presque tous les sucs d'herbes.
e. Chamœdrys, Benth. Herbes vivaces, décombantes et souvent un peu ligneuses à leur base ; feuilles opposées ; fleurs eu grappes axillaires, accompagnées de bractées
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toutes généralement petites ; tube de la corolle très court; capsule très comprimée, p.M.érnlemrnt échancréc, ayant ses valves iiitiiiienieiil soudces à la colonne piacenlifére. Graines comprimées, planes d'un côté ou biconvexes.
(> soiis-penre est nombreux et renferme plusieurs de nos espèces indigènes. Telles sont, entre autres, les suivantes : 1" La VénoNiOL'ETRUCRiETTE,rero»uca2eMcriun»,Lin., jolie espèce, haute tout au plus de 3 décimètres, commune dans les prairies sèches (le l'Kurope moyenne et ineriiiionale, de l'Asie moyenne. Elle a été employée aux mêmes litres que les deux espèces suivantes; mais aujourd'hui elle esta peu près inusitée. On la ciiUive comme piaule d'ornement.
2' La VÉnoN-iQUE officinale, Veronica officiiinlis. Lin., est ronnue vulgairement sous les noms de Thé d'Europe, VémniquemcVe.
Klle croit dans les lieux boisés et montiieux de toute l'Europe. Ses tiges sont couchées et même un peu ramiianles, redressées vers leur extrémité, velues, longues d'environ 2 décimètres; ses feuilles sont velues, rugueuses, ovales, dentées, presque obtuses; ses petites fleurs, d'un bleu pâle, forment des grappes un peu lâches. Celte plante a une légère saveur amcre et aromatique. On la regarde comme sudorifique, diurétique, un peu excitante, etc. Elle a même été employée autrefois dans des circonstances très diverses; mais de nos jours son emploi est beauroup plus restreint. Son nom vulgaire de Thé d'Europe lui vient de ce que l'infusion de ses feuilles a été employée quelquefois en place de celle du Thé. 3" La Véroniqie pi;TiT-ciif:NE, l'eromca Chamœdrys, Lin., est une très jolie espèce commune dans les lieux herbeux, le long des haies de toute l'Europe et des pays qui avoisinent le Caucase. Elle ne s'élève qu'à 2 décimètres. On la di.'-lingue aisément au singulier caractère de ses poils rangés sur la lige en deux lignes opposées seulement, ce que Linné exprimait par les mon : caule bifariam piloso. Ses jolies fleurs, assez grandes et d'un beau bleu en dedans, lui ont fait donner le nom vtilf;aire de : l'ius je vous vois , plus je vous aime. Sou infusion a les mêmes usages que celle de l'espèce précédente. On culiive cette plante pour l'ornement des jardins dans toute terre et à toute exposition; mais
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surtout dans des endroits un peu frai*. 4" Parmi nos autres espèces indigènes qui appartiennent encore à celte section, nous citerons \e&Veronica montana, Lin., F. scutellaia, Lin., V. aphylla. Lin. , très petite espèce des Alpes et des Pyrénées, etc.
f. Pœderoloides, Benlh. M. Bentham a formé ce sous-genre pour une espèce herbacée, vivace, qui croît sur le mont Elamont, dans le nord de la Perse, qui, avec le port et la capsule de la section suivante, a le tube de la corolle allongé. Cette plante est le Veronica Pœderolœ, Boiss
g. Veronicastrum, Benlh. Herbes vivaces ou annuelles; feuilles opposées; fleurs en grappes terminales, tantôt courtes et serrées, tantôt allongées et interrompues, les bractées inférieures étant presque semblables aux feuilles; calice quadriparli ; tube de la corolle très court; capsule très comprimée, échancrée; graines comprimées.
Un assez grand nombre de nos espèces indigènes rentrent dans cette section, les unes communes dans nos champs, comme \e!i Feionica arvensis, Lin., V. serpylUfolia, Lin., V. verna, Lin.; les autres croissant dans nos diverses chaînes de montagnes, comme le V. alpina, Lin., ou propres aux Pyrénées, comme le Veronica Ponœ, Gou., joiieespèce répandue dans louteceliechaîne, et le F. nummularia, Gouan, qui se trouve à de grandes hauteurs, surtout dans sa portion orientale. — En outre, on cultive dans les jardins une jolie espèce, originaire du Caucase, la Véronique gentianoïde, l'eronica genlianoides, Vahl , plante de 2 décimètres à l'état spontané, mais deux fois plus haute dans nos jardins, à feuilles ovales-oblongues, à fleurs d'un bleu pâle, assez grandes.
h. Oniphalospora, Bess. Herbes annuelles, propres à l'hémisphère boréal; feuilles caulinaires opposées, les florales alternes, à peu près semblables aux premières, donnant naissance, dans leur aisselle, à des fleurs solitaires, qui ont le calice quadriparli ou biparti avec les segments biTides, et la corolle à tube très court. Capsule comprimée latéralement.
C'est à cette section qu'appartiennent plusieurs espèces vulgaires dans nos campagnes, au printemps, telles que les Veronica Iriphyllos, Lin., V. agreslis, Lin., V.
hederœfolia. Lin., V. prœcox, Alli., etc. Ces plantes sont fort remarquables par l'organisation et le mode de développement de leurs ovules, par la forme et la structure de leurs graines. D'après les observations de M. Planchon , leurs ovules sont dépourvus de téguments, réduits par conséquent à leur nucelle ; et de bonne heure leur sac embryonnaire, prenant un accroissement exagéré, rompt les parois du nucelle, se montre et s'accroît à nu. De là résultent des graines à peu près en forme d'écuelle, dans lesquelles la face par laquelle elles s'attachent au placenta est très concave, tandis que la face libre ou dorsale est convexe. (P. D.)
VÉROIVIQUE DES JARDIMERS. bot.
PH. — Nom vulgaire que portent les variétés du Lyc/mts/IoscucMn, Lin. cultivées dans les jardins. (D. G.)
VÉllOMQUE FEMELLE, bot. ph. — Nom vulgaire du Linaria spuria, DC.
*VERPE. \'erpa. bot. cr. — Genre de la famille des Champignons Hyménomycètes de Pries, tribu des Mitres du même auteur ; de la division des Thécasporés, sous-division des Ecloihèqiies , section des Morchellés , dans la classification mycologique de M. Léveillé; formé par Swartz (in Acl. Holm., 1813 , p. 129 , tab. 4 ; ex Endlic, Gene7\ }}lantar.,n. 433) pour des Champignons terrestres, de consistance charnue-membraneuse , dont le réceptacle conique, concave en dessous, est couvert en dessus, sur tous ses points, par l'hyménium. (M.)
VERRAT. MAM. — Nom du mâle non châtré du porc ou cochon domestique. (E.Ba.) VERRIME. bot. cr. — Nom vulgaire de la Prêle des champs, Equisetum arvense, Lin. VERRUCAIRE. Verrucaria (verruca, verrue), bot. en. — (Lichens). Nous comprenons ce genre tel qu'il a été institué par Persoon {Usler. Ânn., VII, p. 52) et adopté par Sprengel et Pries. Acharius l'avait divisé en deux autres, selon que le périthèce était saillant et dénudé ou bien enfoncé dans la substance du thalle; mais on a observé que la même espèce, notre Verrucaria variolosa, par exemple, était, selon l'âge, une Pyréiiule ou une Verrucaire. D'où l'on peut inférer le peu de valeur du caractère admis par Acharius pour son Pyrenula. Quant au genre Veirucaria, il peut être ainsi défini : T. xui.
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Périthèces isolés , entiers ou dimidiés , nus ou immergés dans la croûte, carbonacésou friables, rarement membraneux, noirs, pourvus d'un ostiole simple et papilliforme ou simplement percés d'un pore au sommet, et renfermant un nucléus gélatineux, blanchâtre. Thèques en massue, accompagnées de nombreuses paraphyses et contenant de six à huit sporidies elliptiques ou cymbiformes, transversalement cloisonnées. Thalle crustacé, membraneux ou cartilagineux, uniforme et le plus souvent limité. Quelques formes du genre Sphérie de la classe des Champignons sont si voisines de celui-ci, que l'on ne saurait les en distinguer que par l'absence complète de thalle. Les espèces de Verrucaires, en y comprenant les Pyrénules d'Acharius, sont fort nombreuses; elles croissent sur les écorces, les rochers, les pierres et même la terre nue. (C. M.)
VERRUCARIÉES. bot. CR. — C'est la troisième tribu des Lichens angiocarpes, laquelle ne comprend que les genres Pyrenaslrumel Verrucaria. — Voy. ces mots et LICHENS. (C. M.)
VERRUCARITES. vÉG. Foss. — Voyez végétaux fossiles.
*VERRIJCULAIRE. Verrucularia (nom tiré des petites verrues que portent les anthères), bot. ph. — Genre de la f.imilledes Malpighiacées, sous-ordre des Diploslémones, tribu des Aptérygiées ou Malpighiées, établi par M. A. de Jussieu {Monogr. des Malpigh., in Archiv. du Muséum, 1843, pag. G5j pour un arbrisseau du Brésil, à feuilles glauques, d'où a été tiré son nom spécifique de Verrucularia glaucophylla.
Ce genre est intermédiaire entre les genres Lophanthera et Galphimia. (D. G.)
*VERRIIE. Verruca. bot. — On nomme ainsi en botanique de petites proéminences arrondies , et d'un tissu assez dense , qui existent sur la surface de certains organes. De là l'épilhète de verruqueux, verrucosus, qu'on donne à ces organes chargés de verrues. (D. G.)
*VERRULIA. OIS. — Genre établi par Plemming, dans la famille des Columbidées, sur le Col. caronculala, Temm. — Voy. pigeon. (Z. G.)
VERS. Vernies, zool. — Tout le monde est aujourd'hui d'accord pour partager en plusieurs classes le sous-type des Vers, 2o
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et li'J caractères qu'on peut assigner à chacune délies perineltent, en effet, de les disiiiigiier avec n'usez de fatililé les unes des autres Les Aiinélides des diverses sortes ( Serpules, Ampliilriles , Néréides, Arénicoles, Lombrics, Nais et Sangsues .peut êire aussi les Iiifusoires rotateurs ou les Syiiolides.mnis plus cerlainement les Onchocéphales, les Némaioides, les Trématodes enlozoaires ou exlcrieurs, et les Cestoïdes des genres Taenia, Lifjule elHydalide, sans doute aussi les Siponcles: tel est l'ensenible des animaux que l'on place dans la série des Vers, et dont la notion constitue la partie de Ihisloire naturelle que l'on a nommée hclminihologie (ilaiv-, ver; Jo/oç, traité ). Quoiqu'il paraisse impossible , du moins dans l'éiat actuel de la science, de ne pas réunir ces animaux dans le même type, et mt-me de les éhùgner les uns des autres, on ne peut cependant pas attribuer à l'ensemble qu'ils constituent de véritables caractères disiinctifs. En effet, on ne connaît aucune particularité importante qui leur soit absolument commune, et par laquelle ils différent du reste des animaux. C'est ce qu'une courte analyse de leurs parlies caractéristiques nous fera promplement reconnaître.
§ 1. Organisation.
1° La forme de ces animaux est le plusbabituellement celle que l'on désijçnc par la dénomination de vermifornie, dénomination qui leur est même empruntée. Elle est donc toujiiurs plus ou moins allongée, fusiforme, cyliiulriiïde ou rubanée , et l'on compare aux Vers les animaux des autres types (Serpents, Cécilies, Anguilles, Lamproies, Iules, Holothuries , etc. ), dont le corps est aussi plus ou moins allongé. Toutefois certains Trémalodes échappent déjà à ce caractère, et les llydalides tendent de plus en plus, par la dilatation vésiculaire de leur extréuiité postérieure, vers la forme sphérique.
2" Tous les Vers , quoique on les place parmi les Entnmozoaires, n'ont pas le corps articulé comme le voudrait la caractérisluiue attribuée à ce type d'animaux. Celui des IManaircs, des Li^iulcs, des Borlases, des Douves, etc., échappe plus particulièrement à la disposition articulée, et les fines aiinélations des Némaloides sont déjà peu corn -
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parablès aux Zoooites des Annélides, des Insectes, etc.
3° Le système nerveux, cet élément principal de la diagnose des types naturels, n'a pas non plus dans la série des Vers une disposition uniforme. Chez lesChétopodes, les Sangsues, et, assure-t-on , les Siponcles, il forme une chaîne infra-intestinale analogue à celle des Insectes , et plus particulièrement à celle des Myriapodes; mais déjà chez les Péripates, et même, d'après M. de Quatrefages, chez les jeunes Sabellaires, qui sont pourtant bien des Chétopodes, lu chaîne se dédouble. Elle affecte en partie la même disposition chez les Linguaiules. Chez les Trémalodes elle est double également; ses ganglions sont le plus souvent nuls ou fort petits , et les deux cordons qu'elle constitue sont très écartés l'un de l'autre. Aussi M. de Qiialiefages donne-t-il aux animaux qui sont dans ce cas, les Sabelles exceptées, le nom de Pleuronères. Les Tréma todes manquent même de collier œsophagien , ce qui les a fait appeler Anévormes par M. Blanchard. Enfin le .'ystème nerveux des Ta;nioides , qui a été signalé par MM. Muller et Blanchard , paraît affecter une disposition encore différente.
4" La respiration ne s'opère pas non plus par des organes constamment identiques.
Les Annélides seules ont de véritables branchies, et la forme, ainsi que la position de ces branchies, varie ; certains Annélides en sont même privés. Les Sangsues, sauf les Branchellions,ontdes poches pulmoniformes ; les Lombrics ont des réservoirs d'une autre nature. Les autres Vers respirent, au contraire, par la peau, et les uns respirent à l'uir humide, d'autres dans l'eau ; un certain nombre, au contraire, au sein de l'organisme des autres animaux. Certains Vers à respiration cutanée aquatique sont pourvus de cils vibratiles. Cependant on peut dire, quoique ce ne soit là qu'un fait négatif, que tous les Vers sont privés de trachées , et c'est un bon caractère pour les distinguer des larves d'Insectes qui leur ressemblent souvent beaucoup (I).
(i) Le nofnbr** ilrs .trtirtcs du rorps, qui ê&t de quatorze ans la pliijiait dfs larvis d'Iiisectcs, U foi me de la tète et ES màclioires do res animauT, fournissent aussi de bon» aiartéips pour lesdiffi-ienricr des Ncraatoïdes et autre» Ver» ver lesquels on rst qurlquifuis ciposé à lec confondre.
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5° Quoique la circulation ait été constatée à peu près dans tous les genres de Vers, la manière dont elle s'exécute n'est pas uniforme non plus et ne se prêle à aucune indication caractéristique un peu générale. 11 en est àe même de la couleur du sang , que Cuvier avait à tort supposée rouge dans tous les Vers du groupe appelé par lui Vers à sang rouge ( les Annélides de Lamarck), et parmi lesquels on trouve des espèces à sang incolore, blanc, bleuâtre ou vert. Certains Helminthes du groupe des Borlases ont même le sang rouge, et ce caractère a même été retrouvé, rarement il est vrai , dans des larves d'Insectes et dans des Mollusques.
6" Les organes de la digestion donnent lieu à des remarques analogues. Le tube intestinal, droit chez certaines espèces (Néréides, Lombrics, Nais, Borlases, Proslomes, etc.), montre, chez d'autres Vers (Sangsues et surtout Aphrodites), des appendices latéraux analogues à ceux qui ont fait donner aux Mollusques nudibranches le nom de Phlébeniérés. Chez les Planaires et chez d'autres Trématodes il n'a qu'un seul orifice, et il affecte la forme d'une arborisation plus ou moins compliquée. Enfin , chez les Cestoides et les Cysliques, il manque absolument.
7" Les organes de la génération et le mode de développement n'ont pas une plus grande uniformité; et quoique jusqu'ici on ait moins étudié l'helminthologie sous ce point de vue que sous les autres, on a déjà observé entre les principaux groupes de Vers (Annélides , Nématoides, Trématodes) des différences importantes. Ainsi les Trématodes subissent de véritables métamorphoses; lesNématoïdes ont déjà dansToeuf leur forme définitive; les Acanlholhèques sont d'abord pourvus de petites pattes à crochets; et les Chétopodes, ainsi que les Ténioïdes, qui auront plus lard une file plus ou moins considérable de segments en arrière de la tête, n'en ont encore qu'un nombre extrêmement réduit. Chez plusieurs Annélides chétopodes, on observe un mode curieux de multiplication. De nouveaux individus prennent naissance à la partie postérieure du corps des autres. Muller avait déjà observé ce phéno-, mène sur des Néréidiens (Nereis proliféra) et sur les Nais; dous l'avons vu fréquem-
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ment, aux environs de Paris, dans les Nais des genres Stylaria, Chœlogasler, etc. Rœsel l'avait également constaté chez ces animaux, et il en a donné plusieurs figures. M. Edwards l'a retrouvé dans le Myrianida fasciala , M. de Quatrefages chez des Syllis, et M. Sars chez le FUigrana inflexa. Les faits de régénération ou rédinlégralion observés par Bonnet chez les Vers se rattachent, sans doute en grande partie, à ce curieux phénomène. Chez les Tœnias , au lieu d'êtres complets, ce ne sont plus , pour ainsi dire, que des individus réduits à la partie génitale de leur organisme qui naissent ainsi en arrière du corps des individus prolifères. Ces fragments ovigères , incomplets sous tous les rapports autres que celui de la génération, se détachent naturellement à une certaine époque pour accomplir leur destination , et ils forment ce que l'on appelle les Cucurhilains.
Certaines familles de Vers sont dio'iques, d'autres sont monoïques; toutes, sauf les Hj'datides, ont montré des organes mâles et femelles de reproduction, des Zoospermes et des œufs.
8° Le séjour, le mode d'existence, les organes extérieurs du mouvement ne sont pas moins variables dans la série des Vers, quelquefois aussi chez le même Ver observé à ses différents âges. Les pieds des Chétopodes et les parties, cirrhe, branchie et soies, qu'ils présentent dans leur maximum de complication, sont sujets à de nombreuses variations dont l'élude est d'un grand secours pour la classification. Les Sangsues manquent de pieds et même de soies, mais elles ont des ventouses en avant et en arrière. Certains Entozoaires en présentent aussi (Polycotylaires, etc.), mais différemment disposées ; d'aulres ont des crochets dont la nature rappelle les soies des Chétopodes , mais qui ont une autre position. On donne souvent les Vers comme constamment dépourvus de pieds articulés semblables à ceux des Entomozoaires condylopodes; mais les Péripates ont pour organes locomoteurs des mamelons articulés, qui ressemblent beaucoup aux fausses pattes des Chenilles; et d'après une observation récente de M. Van Beneden, les Pentaslomes (classe des Acanlholhèques) sont pourvus, au sortir de l'œuf, de deux paires de vraies
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pattes articulées et terinînées par des crochets (1).
§ 2. Exposilion méthodique.
Les dilTérentes sortes de Vers , quoique inséparables les unes des autres , du moins dans l'état actuel de la science, forment néanmoins plusieurs catégories ou groupes distincts inégalement élevés dans l'échelle animale, et que l'on peut considérer comme autant de classes. Dans plusieurs de ces groupes , les genres et les familles connus sont déjà nombreux , et l'on constate entre eux des différences souvent en rapport avec la dégradation propre aux divers termes dans chaque classe. Toutefois on n'est pas également bien renseigné sur toutes leurs particularités caractéristiques, et, par suite, sur leurs véritables affinités. On ne saurait par conséquent arrêter d'une manière précise le nombre des classes qui composent le sous-type des Vers et en assurer absolument la subordination. Voici celles que nous nous proposons d'adopter, et dont l'énumération nous servira pour relier entre eux les principaux articles helminthologiques de ce Dictionnaire. Ces classes sont au nombre de dix , sans parler des Oscabrions et des Syslolides , à l'égard desquels nous n'avons pas à émettre ici d'opinion. En voici les noms :
1° Chélopodcs ou Annélides sétigères ; 2° Ddellaires ou Annélides suceurs: 3" Si- Vonculides; 4° Malacopodes ; 5° Acanlholhèquca ou Onchonccphalés ; G° Nématoides ; 7» Téréiulariés ; S" Trémalodcs ; 9° Acanthocéphalés; 10° Ihlhrocéphalés.