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III. L'étui médullaire, c'est-à-dirc les paroi

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du canal ligneux dans lequel la moelle se trouve contenue, occupe, en général, le point à peu près central de la tige. Il est composé de faisceaux vasculaires généralement contigus entre eux latéralement, et qui , indépendamment des tubes ligneux et des fausses trachées , contiennent encore de véritables trachées ; c'est même la seule parlie de la tige où l'on trouve ces derniers vaisseaux. La moelle n'est que du tissu utriculaire dans lequel existent quelquefois des fibres vasculaires. Telles sont les diverses parties dont se compose la tige dicotylédone ligneuse. Une tige dicotylédonée herbacée présentera les mêmes parties essentielles que la tige ligneuse, c'est-à-dire une écorce , une couche de tissu ligneux et un étui médullaire. Mais ces parties y sont moins distinctes, et surtout le canal médullaire y est proportionnellement beaucoup plus grand.

Chaque année, il se produit une nouvelle couche ligneuse à l'extérieur de celles qui existaient déjà dans la tige des arbres dicotylédones. Celte couche se forme successivement , à mesure que les bourgeons se développent sous la forme de jeunes branches ou de scions, par l'addition de fibres nouvelles, qui tendent constamment à en augmenter l'épaisseur. Mais pour bien nous rendre compte des phénomènes de cet accroissement , étudions d'abord la manière dont se produisent et se montrent , dès la première année , les diverses parties dont se compose ia jeune tige.

Si Ion examine une jeune lige dés le moment de son apparition , ou , ce qui est la même chose, un jeune scion tout-à-fait à son extrémité, par exemple dans son dernier entre-nœud ou mérilhalle, on y trouve l'organisation suivante -. Le canal médullaire, excessivement grand , occupe en général la majeure partie de la tige. Ses parois sont formées de faisceaux ligneux, souvent peu nombreux, généralement très petits, distincts les uns des autres et séparés par du tissu iitriculaire, qui d'un côté vient de celui qui remplit le canal médullaire , et s'étend jusque dans la couche celluleuse placée sous l'épiderme. Disposés sur une coupe transversale comme autant de coins ou de figures ovales , dont la petite extrémité est tournée vers le centre de la lige, ces fais-

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I ceaux sont à la fois l'origine , par leur parlie intérieure, de l'étui médullaire , et par leur partie externe de la première couche ligneuse ; mais ces deux parties ne sont nullement distinctes; et dès lors il est évident que le canal médullairen'est pas originairement un organe à part des vaisseaux ou compartiments ligneux , mais qu'il n'en est que la partie la plus intérieure. Déjà à celle première époque, où l'organisation de la tige n'est en quelque sorte qu'ébauchée, la partie la plus intérieure des compartiments li- ; gneux montre des trachées à l'état rudimen- I taire, ainsi que les autres vaisseaux aériens. I En dehors de ces faisceaux ligneux, déjà disj posés circulairement et formant les rudi- I ments de la première couche de bois, se voit une zone plus ou moins épaisse d'un autre tissu cellulaire rempli degranulations vertes. Quelquefois, à cette première période, ce tissu I forme à lui seul toute l'écorce. D'autres fois, à la partie intérieure de ce tissu cellulaire herbacé, on aperçoit des faisceaux fibreux disposéségalementen une zone, plus souvent interrompue, rarement continue, qui constitue le premier liber. Cette couche fibreuse I de l'écorce est toujours séparée de la zone I des faisceaux ligneux par du tissu utriculaire dépourvu de granulations vertes , et à i laquelle on peut donner le nom de xône gé- I uérutiice, parce que c'est en effet en elle que se passent les phénomènes de la formation et de la multiplication des fibres ligneuses et corticales. Le liber ou la partie fibreuse de l'écorce a quelquefois une autre origine. Il provient de la partie la plus extérieure de chacun des faisceaux ligneux qui se séparent du tissu du bois par l'interposition d'une couche de tissu utriculaire sans granulations , qui représente la zone génératrice. C'est ce que nous avons observé dans plusieurs végétaux, comme la Vigne, l'Lpine-Vinelte, etc. Ces faisceaux du liber se distinguent facilement des faisceaux ligneux , en ce qu'ils ne contiennent " aucune trace des vaisseaux aériensqui n'existent que dans les compartiments du bois.

Les faisceaux ligneux augmentent succès, sivement de volume et de nombre. A leut côté externe , en cllet , c'est-à-dire du côté qui regarde l'écorce , s'ajoutent successivement de nouvelles fibres ligneuses , au milieu desquelles se montrent des vaisseaux

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aériens. Lorsqu'on examine, sur la coupe transversale d'une jeune branche, la disposition du bois et de l'écorce, on voit que ces deux organes sont parfaitement contigus l'un à l'autre, sans que, par conséquent, l'œil puisse discerner entre eux aucune ligne de séparation. Ainsi , les faisceaux ligneux sont unis aux faisceaux corticaux par une couche plus ou moins épaisse d'un tissu utriculaire fin et comme à l'état rudimentaire. dont les utricules se continuent et se transforment en tubes ligneux, par le côté qui louche au bois, et en fibres corticales, par la partie tournée du côté de l'écorce. C'est celte couche du tissu utriculaire , véritable matrice où se forment les fibres nouvelles, que nous avons désignée sous le nom de zone génératrice.

A mesure que les faisceaux ligneux s'accroissent par leur côté extérieur, le diamètre de la tige ou de la branche augmente proportionnellement. Cet accroissement en diamètre se poursuit, tant que la tige s'allonge, par le développement de son bourgeon terminal, et ne s'arrête que quand elle cesse de croître en hauteur. Un développement analogue a lieu simultanément dans la partie fibreuse et vasculaire de l'écorce, mais cependant avec une différence remarquable. Ainsi, toutes les fibres qui s'ajoutent à chacun des faisceaux ligneux primitifs se soudent et se confondent tellement avec eux, qu'elles ne forment, au bout de l'année, qu'une seule et même couche circulaire, dans laquelle il est à peu prés impossible de reconnaître les traces de cet accroissement successif. Quelquefois les choses se passent ainsi pour le liber, qui , lorsque la première période d'accroissement est achevée, n'offre aussi qu'une seule' couche de faisceaux fibreux. Il arrive aussi que, dans le même '.emps où il ne se forme qu'une seule couche ligneuse, il se développe plusieurs couches de liber, ou, pour mieux dire, plusieurs zones de faisceaux corticaux. C'est un fait qui, à notre connaissance , n'avait pas encore été signalé, et dont nous avons eu l'occasion d'observer de nombreux exemples. Ainsi.dans le Laurier-rose, le Noyercommun, le Peuplier noir et une foule d'autres arbres différents, nous avons remarqué qu'à la fin de la première année l'écorce se composait de plusieurs couches de faisceaux vasculaires.

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Mais l'addition de nouvelles fibres à la partie externe de chaque faisceau ligneux , ou à la partie interne de chaque faisceau de l'écorce, n'est pas la seule origine de l'accroissement en diamètre. Si, en effet, on observe attentivement ces faisceaux ligneux primitifs, on voit que leur nombre augmente peu à peu. Ce fait avait été déjà observé par M. de Mirbel pour les faisceaux ligneux des racines, et pour ceux de la tige par le professeur Link de Berlin. M. Dulrocliel a, par de nouvelles observations, appelé l'attention sur ce point. Ce savant a remarqué que, dans la jeune tige de la Clématite, il y avait d'abord six faisceaux ligneux disposés en un cercle autour du canal médullaire , faisceaux séparés les uns des autres par de larges rayons médullaires. Peu à peu, au milieu de chacun de ces espaces remplis de tissu utriculaire, se montre un nouveau faisceau de fibres longitudinales; de sorte qu'au bout d'un an la jeune tige offre 12 faisceaux. A la fin de la 2mc année on en compte 30 : chacun des 6 faisceaux primitifs s'est partagé en 3 par la production de 2 rayons médullaires, et les 6 faisceaux secondaires se sont eux-mêmes partagés chacun en 2. Cet accroissement est aussi très visible dans la tige de la Yigne. Dans une jeune branche de cet arbrisseau, les faisceaux vasculaires, dont le nombre est considérable , sont séparés les uns des autres par des rayons méiiuUaires très marqués. Peu à peu, il se forme au milieu de chaque faisceau vasculaire une ligne de tissu utriculaire rempli de granulations vertes, et parallèle aux rayons médullaires. D'abord peu étendue dans l'intérieur du faisceau, elle gagne de proche en proche, et finit par le séparer en deux. A mesure que cette lame de tissu utriculaire s'accroît, ses granulations vertes disparaissent insensiblement, de sorte qu'elle finit par se changer en un véritable rayon médullaire qui offre les caractères de tous les autres rayons médullaires déjà existants. Cet accroissement latéral, résultat de la multiplication des faisceaux ligneux, tend à diminuer l'épaisseur des espaces cellulaires qui séparent ces faisceaux, c'est-à-dire les rayons médullaires. On conçoit qu'il ne peut avoir lieu que tant que les faisceaux vasculaires sont encore tendre» et à l'étal récent, et qu'il s'arrête dés que leur tissu s'est lignifié.

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Ainsi, l'augmentation en volume d'une jeune tige est le résultat de deux accroissements s'exerçant en deux sens différents : 1° un accroissement en épaisseur, qui a lieu par l'addition de nouvelles fibres vasculaires à la partie externe de chaque faisceau ligneux , dans cette ligne circulaire et ceiluleuse que nous avons appelée zone génératrice; 2° un accroissement latéral ou en largeur, qui résulte de l'augmentation du nombre des faisceaux vasculaires, soit par la division des faisceaux primitifs en 2 ou 3 faisceaux secondaires, soit par la formation de nouveaux faisceaux de fibres au milieu des espaces ou rayons m.éduilaires. Ainsi une tige d'une année, quand les phénomènes de son accroissement sont terminés, se compose : 1° d'un nombre ordinairement très considérable de compartiments ligneux, séparés par des rayons médullaires minces et formant une couche dont l'épaisseur varie; 2° d'une écorce dont la partie interne présente des faisceaux de fibres anastomosées dans tous les sens et formant souvent, dès la première année, plusieurs couches minces ou feuillets, qu'on peut artificiellement séparer les uns des autres; de là le nom de liber donné à cette partie.

Si nous suivons l'accroissement de la tige pendant les années qui suivent la première, dont nous venons d'exposer les phénomènes, nous verrons que, chaque année, il se forme une nouvelle couche ligneuse qui s'ajoute à celles qui existaient déjà. Celte nouvelle couche s'est développée dans la zone génératrice en dehors de celle qui l'a précédée, et n'en est séparée par aucun tissu interposé. Si, sur une jeune branche de l'année précédente, on examine, au premier printemps, la manière dont la nouvelle couche ligneuse va se former, on observe les phénomènes suivants. Le tissu cellulaire, interposé entre la surface externe de la couche ligneuse et la partie interne de l'écorce, et qui sert de moyen d'union entre le bois et l'écorce, éprouve de notables modifications : ainsi sa portion en contact avec la couche ligneuse, qui en est d'abord fort distincte, prend peu à peu des caractères qui l'assimilent au tissu ligneux. Ce tissu de nouvelle formation diffère sensiblement des tubes ligneux, dont plus tard il est destiné à prendre les caractères. Ainsi , sur une coupe

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horizontale examinée au microscope, cett« zone présente un tissu à mailles inégales, non seulement par leur grandeur, mais encore par leur irrégularité. Leurs parois sont minces et transparentes, et le diamètre de leur canal est assez grand. Si, au contraire, nous examinons le bois en contact avec ce tissu, nous verrons qu'il présente l'aire de tubes très serrés les uns contre les autres, à parois excessivement épaisses, ayant un canal d'une extrême ténuité. Ce qui n'est pas moins remarquable , c'est que les rayons médullaires du bois se continuent sans interruption dans cette nouvelle couche de tissu, qui commence à peine à s'ébaucher, et qu'ils la traversent de part en part pour aller se terminer dans la couche herbacée superficielle. Cette disposition est extrêmement remarquable dans un grand nombre de végétaux ligneux, et entre autres dans le faux Platane {^cer Plulanoides). Sur une jeune branche de l'année précédente, on voit , dès la fin de février, au moment où les bourgeons commencent à se gonfler pour se développer, que les rayons médullaires sont encore remplis de matière verte, et i qu'ils se continuent, sans aucune interrupi tion , à travers la nouvelle couche qui tend à ! se former et dans laquelle on les dislingue , i non seulement parce qu'ils forment autant i de lignes vertes, mais encore par la régu- I larité de leur tissu , composé d'utricules ré- I gulièrcs, allongées de dehors en dedans; en un mot, offrant les caractères du tissu des rayons médullaires déjà tout constitués.

Peu à peu ce tissu de nouvelle formation prend tous les caractères des tubes ligneux, et cette transformation se fait par un mouvement excentrique, c'est-à-dire que c'est la portion la plus rapprochée de la surface de la couche ligneuse qui s'organise la première en bois. A mesure que le bourgeon terminal et les bourgeons latéraux de la jeune branche se développent, en donnant naissance à aulant de scions , la nouvelle couche ligneuse gagne en épaisseur, et cet accroissement ne s'arrête que quand ces jeunes scions ont acquis tout leur développement. Au milieu de celte nouvelle couche ligneuse, qui, au premier abord, ne parait composée que de tubes ligneux, on voit peu à peu se dessiner des vaisseaux aériens (ce sont or-

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dinaircment des vaisseaux ponctués) qui, sur une coupe transversale , se dislinguenl bientôt des tubes ligneux par la largeur de leur canal et le peu d'épaisseur de leurs parois.

De même que , la première année , il s'est formé une couche de liber en même temps qu'une couche ligneuse , de même aussi , dans les années suivantes , il s'ajoute un ou plusieurs feuillets d'écorce à la face interne de ceux qui existaient déjà. En efifet , ces deux parties constituantes de la tige, Técorce et le corps ligneux ont un accroissement simultané, qui ne peut avoir lieu dans une de ces deux parties sans se montrer également dans l'autre.

Les couches ligneuses récemment formées sont d'abord composées de tubes et devaisseaux aériens plus ou moins mous, et qui conservent, pendant quelques années, les caractèies d'un bois imparfait. En un mot, elles sont d'abord à l'état d'aubier; mais, par les progrès de l'âge , elles finissent par acquérir plus de dureté, plus de ténacité, et par prendre une teinte plus foncée. Ce n'est que quand elles ont acquis ces dernières qualités que les couches ligneuses sont passées à l'état de bois parfait ou de duramen. Ainsi , dans les premières années , la jeune tige n'est composée que d'aubier. Plus tard, la couche d'aubier la plus intérieure se convertit en vrai bois; et chaque année, en même temps qu'il se développe à l'extérieur une nouvelle couche d'aubier, la couche la plus intérieure se convertit en une nouvelle couche de bois. Le nombre des couches ligneuses, dans une tige dicotylédonée, exprime donc le nombre des années de la tige , puisque tous les ans il s'en est formé une nouvelle.

Nous nous sommes contenté jusqu'à présent d'exposer les faits, c'est-à-dire de donner la suite des phénomènes que présente la tige dans la formation successive de ses couches ligneuses. Les observations nombreuses auxquelles nous nous sommes livré pour éclairer ce point important de la physiologie des végétaux, nous ont permis de l'exposer peutêtre d'une manière assez précise pour avoir été bien compris de chacun. Mais si tous les physiologistes sont d'accord sur le fait de la formation, chaque année, d'une nouvelle couche ligneuse, la p'MS grande dissidence

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règne au contraire parmi eux , quand il s'agit d'expliquer ces phénomènes, d'en reconnaître la source et de les rapporter à une théorie générale. Ici, en effet, les opinions sontassez différentes, et nous allons voir comment on a pu donner au mèmefaitdes causes presque opposées. Sans entrer dans des détails que ne comporte pas la nature de ce livre, nous allons brièvement exposer lef principales théories proposées pour expliquer la formation des couches annuelles du bois.

On peut rapporter à trois chefs différents les opinions diverses émises sur l'origine des couches ligneuses qui se forment chaque année. 1° Selon Malpighi et Duhamel, le liber ou la partie la plus intérieure de l'écorce se change en bois. 2° Selon Lahire et Dupetit- Thouars , les nouvelles couches ligneuses sont dues au développement des bourgeons, qui de leur base émettent des fibres glissant entre le corps ligneux et l'écorce. 3» Enfin, Grew a émis l'opinion que le bois provenait de l'organisation du cambium, sorte de liquide organisé ou de tissu à l'état liquide, qui, chaque année, donne à la fois naissance à une couche d'aubieret à une couche de liber.

\° Le liber se change en aubier.

Malpighi , comme nous venons de le dire, est le premier qui ait émis l'opinion que le liber ou la partie intérieure et vasculaire de l'écorce se transformait chaque année en bois , tandis qu'un nouveau liber se développait pour remplacer l'ancien. Mais cette théorie est généralement attribuée à Duhamel , qui l'a en effet développée , en l'appuyant sur un nombre considérable d'expériences , qui font de sa Physique des arbres un des ouvrages lés plus importants de physiologie végétale expérimentale. Quoique cette théorie de la formation des couches ligneuses ait été pendant fort longtemps adoptée presque universellement par les physiologistes , un grand nombre d'observations plus précises ont prouvé qu'elle n'était pas fondée , ou plutôt qu'elle reposait sur une observation entachée d'erreur. Duhamel ayant fait passer des fils d'argent très minces dans la partie extérieure de l'écorce, s'aperçut qu'au bout de quelques années ils étaient rejetés en dehors de l'écorce. En ayant engagé d'autres dans sa partie la plus intérieure ou dans le liber, il les retrouva

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au bout de quelques années, dans les couches ligneuses les plus extérieures. Duhamel avait tiré de celte observation les deux conséquences suivantes : 1° la partie extérieure de l'écorce est douée d'un mouvement d'accroissement centrifuge qui tend à remplacer par de plus intérieures celles de ses parties externes qui se détruisent; 2o le liber, par les progrès de la végétation , je convertit chaque année en bois , et chaque année il se produit , entre le bois nouvellement formé et l'écorce , un liquide organisé nommé cambiitm qui reproduit un nouveau liber. Celte théorie serait en elfet à l'abri de toute attaque, si le fait sur lequel elle reposée! dont elle semble une conséquencenaturelle, était bien établi. Malheureusement l'expérience de Duhamel . au sujet des fils engagés dans le liber, a élé répétée un grand nombre de fois; et, contrairement à ce qui avait été annoncé par le savant expérimentateur, on les a toujours retrouvés dans le liber, même après plusieurs années d'expérience, quand on s'était assuré qu'en efTet ils avaient été placés dans cette partie. Ainsi le liber une fois formé n'éprouve plus de changement notable, et surtout ne se transforme pas en bois, puisque les fils que l'on y passe y sont retrouvés au bout de plusieurs années. La théorie de Malpighi et de Duhamel ne repose donc pas sur un fondement solide. Duhamel, dans son expérience, n'avait pas fait assez d'attention à cette couche celluleuse interposée entre le corps ligneux et la partie interne de l'écorce , couche que nous &\onsT\ommé(i zônegénératrice. C'est en effet danscettezône, comme nousieverrons bientôt , que se passent les phénomènes de l'accroissement en diamètre, c'est-à-dire en dedansdu liber. Dans l'expériencedeDuhamel, les filsd'argentavaientété engagés, non dans la partie vasculaire de l'écorce qui constitue le liber proprement dit, mais dans celle zone génératrice où les flbres ligneuses se reproduisent ; et c'est ainsi qu'au bout d'un certain nombre d'années ils avaient élé retrouvés plongés au milieu des flbres ligneuses. Nous n'insisterons pas davantage sur celte théorie. Duhamel a fait, particulièrementsur le développement de l'écorce, un grand nombre d'autres expériences que nous ferons connaître plus tard , quand nous parlerons epécialcmcnt de l'organisation de l'écorce.

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2o La formation des couches anmiellea du bois

est due au développemeni des bourgeons.

Celte ingénieuse théorie a d'abord été présentée par Lahire dans les Mémoires de l'Académie des sciences (année 1719). Entièrement oubliée, Dupetit-Thouarsia développe plus d'un siècle après comme tout-à-fait nouvelle. Enfin , après des vicissitudes variées, tantôt combattue et sapée dans ses bases, elle vient d'être de nouveau soutenue par des observateurs du plus grand mérite, en Angleterre par Knight et Lindley, et en France surtout par M. Gaudichaud, qui néanmoins l'a sensiblemcntmodifîée en quelques points. Exposons d'abord brièvement les idées de Dupelil-Thouars.

Les bourgeons qui naissent sur les jeunes branches, à l'aisselle des feuilles, sont appliqués sur le parenchyme extérieur, elleurs fibres communiquent avec celles des jeunes scions qui les supportent.

Il existe un bourgeon à l'aisselle de toutes les feuilles ; mais ce bourgeon n'est apparent que dans les plantes dicotylédonées , et parmi les monocotylédonées, dans la famille des Graminées seulement. Dans les autres plantes de ce dernier embranchement, ce bourgeon est latent , et ne consiste qu'en un point vital, susceptible , dans certaines circonstances, de se développer à la manière des bourgeons apparents des dicolylédons.

Par leur développement, ces bourgeons donnent naissance à des scions ou jeunes branches chargées de feuilles et souvent de fleurs. Chacun d'eux a une existence en quelque sorte indépendante de celle des autres. Dupetit-Thouars les regardait comme analogues , dans leur développement et leur structure , aux embryons renfermés dans l'intérieur des graines, qui, par leur germination, donnent naissance à une jeune tige qu'on peut comparer au scion produit par le développement d'un bourgeon: aussi donne-t-il à ces derniers le nom d'embryons fixes ou adhérents, par opposition à celui d'embryons libres , conservé pour ceux que renferme l'intérieur de la graine.

Sur un jeune scion , ces bourgeons , examinés dans leur structure intérieure, communiquent directement avec le parenchyme intérieur ou la moelle. Or, cette moelle est d'abord verte , et ses cellules sont remplies de sucs aqueux. C'estdans ces fluides aqueui

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que les bourgeons puisent les premiers matériaux de leur développement. Ils se nourrissent donc aux dépens du parenchyme intérieur ; et, en absorbant les fluides qu'il contient, ils le dessèchent et le font passer à l'état de moelle proprement dite , plus ou moins opaque et sèche.

Dés que ces bourgeons se manifestent, ils obéissent à deux mouvements généraux , l'un montant ou aérien , l'autre descendant ou terrestre. C'est ici que Dupetit-Thouars rapproche la structure et les usages des bourgeons de ceux des embryons-graines.

Il considère en quelque sorte les bourgeons comme des embryons germants. La couche de cambium, située entre l'écorce et le bois, est , pour le bourgeon , analogue au sol sur lequel la graine commence à germer. Son évolution aérienne donne naissance à un scion ou jeune branche ; tandis que de sa base , c'est-à-dire du point par lequel il adhère à la plante-mère , partent des fibres analogues à la radicule de l'embryon , qui , glissant dans la couche humide du cambium , entre le liber et l'aubier, descendent jusqu'à la partie la plus inférieure du végétal. Or, chemin faisant, ces fibres rencontrent celles qui descendent des autres bourgeons, s'y réunissent, s'anastomosent entre elles , et forment ainsi une couche plus ou moins épaisse, qui prend de la consistance, de la solidité , et constitue chaque année la nouvelle couche de bois. Quant au liber, une fois formé , il ne change plus de nature et n'éprouve aucune transformation.

D'après ce court exposé, on voit que ce sont les bourgeons qui jouent ici , par leur développement , le rôle essentiel dans la formation annuelle et successive des couches ligneuses. Les fibres qui partent de leur point de contact avec la jeune branche se convertissentdonc en fibres ligneuses. Quand on fait une ligature circulaire à une tige dicotylédonée , il se forme , comme chacun le sait , un bourrelet au-dessus de celle ligature , et des couches ligneuses cessent de se former au-dessous du point embrassé. Dupetit-Thouars expliquait de la manière suivante ce phénomène : Les fibres qui descendent de la base des bourgeons sont arrêtées par la ligature. Elles s'accumulent donc sur ce point, et y forment un bourrelet d'autant plus épais que l'arbre est plus vigoureux cl

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plus en sève. La cessation de la formation des couches ligneuses au-dessous de la ligature provient de ce que les fibres qui les forment ne peuvent franchir l'obstacle que leur oppose la ligature.

De nombreuses objections ont été présentées contre celte théorie. Nous les reproduirons ici en peu de mois. 1" Rien ne prouve que les flbres qui élablissent la communication entre les bourgeons et les branches qui les supportent, descendent depuis la base de ces bourgeons jusquedans les racines. 2" Les phénomènes du bourrelet circulaire formé à la suite de la ligature du tronc peuvent s'expliquer par l'interception de la sève descendante, et de son accumulation au-dessus de l'obstacle ; de là , la non-formation de nouvelles couches ligneuses au-dessous de la ligature. 3° Il est presque impossible de concevoir comment des fibres aussi grêles et aussi molles au moment de leur formation, que celles qui unissent les bourgeons aux tiges, peuvent, dans un espace de temps aussi court que celui durant lequel la lige s'accroît en diamètre , descendre de leur propre poids , ou par une propriété nhén rente en elles, du sommet d'un arbrî de 80 pieds , par exemple, jusqu'à sa lase. 4o Si ce sont les fibres descendant de la basedes bourgeons qui constituent les couches ligneuses, lorsque dans la greffe en écussoaoc insère un bourgeon d'un arbre à bois co'.oré sur un individu à buis blanc , les fibres quÊ partent de ces bourgeons devraient conserver leur couleur, et les nouvelles couches ligneuses qu'elles forment en présenter une semblable, ce qui n'a pas lieu. 6" Enfin, si c'est le développement des bourgeons qui donne lieu à la formation du bois, comment la première couche ligneuse a-t-elle pu se former sur le jeune scion de l'année, puis- ^ que aucun des bourgeons qu'il porte ne s'est encore développé, ou bien dans la tige des plantes annuelles, où les bourgeons sont à l'état latent.!»

Telles sont les principales objections faites à la théorie de Dupetit-Thouars. Il est vrai que ce savant avait répondu à chacune d'elles d'une manière qu'il croyait péremptoire , mais qui n'a pas paru telle à la plupart des physiologistes.

M. Gaudichaud , comme nous l'avons dit précédemment, a adopté l'opinion de Du-

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pelit-Thouars , sur l'origiiie des coucnes ligneuses. Néanmoins les nombreuses oïatst vallons que cet habile physiologiste a faites pendant le cours de ses lointains voyages dans les régions tropicales du globe , l'ont amené à présenter quelques modifications à la théorie de Dupetit-Thouars , dont cependant il admet les bases générales. Pour bien faire connaître les opinions de M. Gaudichaud , nous allons transi rire ici l'aperçu suivant , qui résume les idées de l'auteur, et qu'il a eu la bonté de nous communiquer, pour être inséré dans la 6">' édition de nos Eléments de Botanique.

1° Tout, dans les végétaux dicotylédones et monocotylédonés, se forme dans les embryons et les bourgeons.

2» Le végétal phanérogame le plus Simple et le plus réduit ( l'individu vasculaire ) est représenté par une feuille cotylédonaire.

3" Une feuille cotylédonaire se compose, outre ses autres tissus, d'un système vasculaire, qui peut être divisé en inférieur et en supérieur.

4" Le système supérieur se divise de plus en trois parties ou mérithalles , qui sont le mérithalle inférieur ou tigellaire, le mérithalle moyen ou pétiolaire , et le mérithalle supérieur ou limbaire.

5" Les lignes de démarcation de ces mérithalles sont , le mésophyte , qui sépare la tigelle du pétiole, et le mésophylle, qui sépare le pétiole du limbe.

6° Le système descendant des embryons ne se développe que dans l'acte de la germination , en sorte que jusqu'à ce moment l'embryon tout entier appartient au système ascendant. La ligne qui sépare le système ascendant du système descendant est le méiocauléorhize.

1" Les vaisseaux des deux systèmes partent donc du même point, et se développent en sens contraire. Ils sont alternes entre eux, ainsi que ceux des mérithalles qui changent de direction dans les mésophytes et les mésophylles.

Ils sont aussi diversement nombreux et réticulés suivant les groupes végétaux.

8° Dans quelques cas, la radicule et la tigelle avortent en totalité ou en partie; dans d'autres , ce sont le pétiole ou le limbe , ou tous les deux.

*<» Dans un embryon monocotylédoné , il

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n'y a originairement qu'un système vascu- Uirt niiéiriihanien enveloppant.

lO" Il y en a 2 ou plusieurs dans les embryons dicotylédones ou polycotylédonés.

11° Un système vasculaire est l'ensemble des vaisseaux primitifsd'une feuille quelconque , considérée comme plante distincte.

12° Les cotylédons s'associent dans les embryons dicotylédones ou polycotylédonés; comme les sépales, dans les calices monosépales ; comme les pétales, dans les corolles monopétales ; comme les étaraines , dans les plantes monadclphes , diadelphes ou polyadelphes ; comme les carpelles , dans les ovaires composés ; enfin comme les feuilles elles-mêmes , les stipules, les bractées.

Ces sortes de soudures ont lieu par les bords, comme par les deux surfaces.

13o Du nombre des cotylédons , puis des feuilles , de la disposition de leur tissu vasculaire, résultent les deux ordres principaux d'organisation des tiges phanérogames, et leurs modifications diverses.

14° Ce qu'on a dit de l'embryon s'applique surtout au bourgeon.

15° Indépendamment du bourgeon axifère , chaque nœud vital ( mésocauléorhize , mésopliyie , mésophylle) peut, dans les plantes vivaces , donner naissance à des bourgeons axillaires.

10° Il y en a normalement un dans les embryons monocotylédonés.

17° Il y en a deux ou plusieurs dans les embryons dicotylédones , un pour chaque feuille.

18° Les bourgeons axillaires avortent souvent dans les deux grands ordres de végétaux, les monocotylédons et les dicotylédons, mais rarement à l'aisselle de leurs feuilles. Leur nombre peut s'accroître par des causes accidentelles.

19" Les bourgeons axifères et axillaires représentent des scions ou rameaux à l'état rudimentaire.

20° Ils sont composés d'un nombre déterminé de feuilles régulièrement disposées en spires ou verticilles.

21° Les feuilles , selon qu'elles croissent dans la terre, dans les eaux ou dans l'air, où elles éprouvent des modifications diverses , selon leur position ou leurétat particulier de développement , peuvent être dites : feuilles

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bulbeuses, tubéreuses, squamelleuses, primordiales, propres ou normales , terminales, écailleuses , stipuiaires, bractéales, calicinales, nectarifères , discoïdes, torusiennes, pétaloides, staminalcs, carpellaires, ovulaircs; et ces dernières se divisent en funiculaires ou arillaires, en priminaires, secondinaires, lercinaires ou nucléines, quartinaires , quinlinaires, embryoféres et cotylédonaires.

22° Elles ne sont que les divers états de modification d'un organe originel unique, l'individu vasculaire, ou phyion.

23« Elles se divisent, comme les cotylédons , en système supérieur et en système inférieur, et ce dernier en trois mérithalles.

24° Elles se développent de bas en haut à partir d'un point donné, et constituent le système ascendant des végétaux, système caractérisé par la présence de vaisseaux particuliers, au nombre desquels sont les trachées (les véritables trachées ne se rencontrent que dans le système ascendant).

25" L'accroissement des mérithalles est simultané et régulier dans quelques cas, isolé et très irrégulier dans d'autres.

26" Toutes les parties de la feuille peuvent subir les modiflcations exprimées au § 7.

27° De la base du système ascendant ou aérien de chaque feuille part un système descendant ou terrestre qui se distingue par des vaisseaux tubuleux , tous plus ou moins déroulables naturellement ou par déchirement, mais qui ne sont pas de vraies trachées.

28° Chaque espèce de feuille a son système descendant propre, sa racine.

29" Ce système descendant, dont l'abondance ou la rareté dépend des corps appendiculaires d'où il provient, glisse dans des voies particulières (par exemple entre 'écorce et le bois des végétaux déjà formés), et contribue, en grande partie, à la formalion des couches ligneuses du bois et fibreuses de l'écorce, ou, autrement dit, à l'accroissement en épaisseur du tronc des végétaux dicotylédones et de leurs racines.

oOo D'après cela, une tige ligneuse dicotylédone est formée de feuilles régulièrement ou irrégulièrement opposées et situées les unes au-dessus des autres (d'où l'accroissement en hauteur) dont les mérithalles infé-

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rieurs ou tigellaircs persistants cl plus ou moins développés sont successivement couverts par les tissus radiculaires ou descendants des feuilles de tous les verticilles supérieurs, soit de l'année, soit des années subséquentes , et par des couches également successives de tissu cellulaire (d'où l'accroissement en largeur des tiges et en épaisseur des couches concentriques).

31° Les tiges ligneuses des monocotylédonés sont à peu de chose près comme celles des dicotylédones , et s'accroissent de la même manière, c'est-à-dire par un système ascendant, par un système descendant, et par un développement utriculaire excentrique , improprement nommé rayonnement médullaire.

32° Un embryon monocotylédoné n'a primitivement qu'un système vasculaire enveloppant, parce qu'alors il n'est formé que d'une seule feuille rudiraentaire roulée. Au centre de celte 1" feuille, centre uniquement formé de tissu cellulaire naissant, il s'en développe bientôt une 2% puis une 3«, et enfin un nombre déterminé, normal pour chaque espèce végétale.

33° De la base de la 2"« feuille, base indiquée par le tissu cellulaire naissant par des points sphéroïdes transparents, fluides ou gélatineux, et qui sont en rapport avec les nervures de la feuille, partent obliquement du haut en bas et du centre à la circonférence, des sortes de tubes vermiculés, dichotomes d'abord, puis rameux, à rameaux généralement sinueux , anastomosés , qui vont sortir au-dessous du pétiole de la 1" feuille, entre les vaisseaux de son mérilhalle tigellaire, et descendent ainsi parallèlement et extérieurement à ces vaisseaux, jusqu'à la racine. Les vaisseaux descendants de la Sme feuille s'agencent avec ceux de la 2"", comme ceux-ci l'ont fait avec les vaisseaux de la 1", et ainsi de suite.

34" Les vaisseaux tubuleux ou radiculaires ne descendent pas toujours aussi réguliers jusqu'à la racine. Il arrive souvent, surtout dans les tiges articulées creuses et à mérithalles ordinairement très développés, que, rencontrant sur certains points des voies plus humides ou plus convenablement préparées, ils se détournent de leur route naturelle pour se porter, en tout ou en partie, tantôt à la circonférence des liges, pour

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former des faisceaux ligneux particuliers ou des racines , tantôt vers le centre , pour former des articulations , des diaphragreies ou cloisons.

350 Comme dans les monocotylédons, le mérithalle tigellaire ou inférieur de la feuille est généralement très réduit ou manque totalement; les vaisseaux du système descendant ou radiculaire des feuilles supérieures se croisent immédiatement avec ceux du système ascendant des feuilles inférieures, d'où résultent ces lacis inextricables offerts par presque toutes les tiges des grandes monocotylédonées ligneuses dans leur coupe verticale.

Telle est , en résumé , la théorie à l'aide de laquelle M. Gaudichaud explique les phénomènes de l'accroissement des liges et la formation des couches ligneuses. Cette théorie, comme il est facile de le reconnaître, repose sur l'idée fondamentale de Lahire et de Dupetit-Thouars , l'émission des fibres ligneuses par la base des bourgeons. Mais cependant M. Gaudichaud a introduit une idée neuve dans cette théorie phytogénique: c'est la distinction qu'il établit entre le ■système ascendant et le système descendant ide la tige. En effet, selon ce savant physiologiste , le système ascendant se compose de trachées, de fausses trachées, et de tous les vaisseaux qui constituent le canal médullaire ; c'est par son développement qu'a lieu l'accroissement en hauteur de la lige. Quant au système descendant , il se compose des vaisseaux rayés, ponctués, et des tubes ligneux qui partent et descendent de la base des bourgeons, et forment les couches ligneuses et les feuillets vasculaires de la partie intérieure de l'écorce.

Dans l'état actuel de la science, nous ne saurions avoir une opinion bien arrêtée sur les idées de M. Gaudichaud. Les objections soulevées contre la théorie de Dupetit- Thouars subsistent tout entières contre celles de M. Gaudichaud, qui n'en est qu'une modification. Le grand travail qui sert de base à cette théorie , et dans lequel l'auteur a consigné les faits nombreux et les expériences qui l'ont conduit à ses idées, n'a point encore été publié. Les amis des sciences doivent désirer ardemment celte publication ; car ce n'est qu'alors qu'il sera possible de porter un jugement sur une théorie

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ingénieuse, mais contre laquelle s'élèvent des objections qui n'ont point encore été détruites.

3° La formation annuelle des couches ligneuset est due au cambinm qui, chaque année, fournil les matériaux d'une nouvelle couche d'aubier et d'une nouvelle couche de liber. Cette opinion est celle qu'indiquent plusieurs passages des ouvrages de Grew, et que plus récemment ont adoptée MM. Kieser et de Mirbel.

Voici comment ces auteurs expliquent celle manière d'envisager les phénomènes de l'accroissement en diamètre. Dans une jeune branche en état de végétation on trouve, entre le liber et l'aubier, une couche d'un fluide d'abord clair et limpide, qui peu à peu s'épaissit et prend de la consistance ; ce fluide, nommé cumbiwn , est formé par la sève descendante, mélangée à une partie des sucs propres des végétaux. Cette opinion sur la nature du cambium était celle admise généralement depuis Grew et Duhamel ; mais, dès l'année I816, 3L de Mirbel en avait émis une autre. Pour ce savant, en cfTet, le cambium n'est pas un liquide s'épanchant entre le bois et l'écorce; c'est un véritable tissu qui naît à la fois de ces 2 parties de la lige. Il se forme , dit il , enlre le liber et le bois une couche qui est la continuation du liber et du bois. Celte couche régénératrice a reçu le nom de cambium. Le cambium n'est donc pas une liqueur qui vienne d'un endroit ou d'un autre : c'est un tissu très jeune qui continue le tissu plus ancien. Il se nourritet se développe à 2 époques de l'année, au printemps et en automne. Son organisation |)arait identique dans tous ses points; cependant la partie qui touche à l'aubier se change insensiblement en bois, et celle qui touche au liber se transforme peu i peu en liber. Cette transformation est perceptible à l'œil de l'observateur. Ainsi, en résumé, il se forme chaque année, dans le tronc des arbres dicotylédones, une nouvelle couche ligneuse et une nouvelle couche d'aubier. Ces nouvelles couches sont une production de l'aubier et du liber qui s'organisent et se solidiSent. L'aubier formé l'année précédente acquiert plus de densili" et se change en bois ; mais le liber n'éprouve aucune transformation: seulement il se sépare et s'accroît par sa face interne, au moyen du

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cambium , cl forme successivement de nouveaux feuillets.

Celle dernière opinion parall êlre celle qui »e rapproche le plus des faits observés; cependant nous croyons devoir la modifier en un point, ^'ous admettons , avons-nous dit dans la G"" édit. de nos ÉlémeiUs de Botanique (p. 17i), que les nouvelles couches qui se forment rioienl une production , une sorte d'extensio.T de la face interne de l'aubier et de la face interne du liber; mais nous ne saurions donner le nom de cambium à ce tissu de nouvelle formation. Pour nous, le cambium est toujours ce fluide nutritif, produit de la sève élaborée, qui s'épanche au printemps et en automne entre le bois et l'écorce. Mais nous n'admettons pas pour cela que le cambium se transforme, d'une part, en une nouvelle couche d'aubier, et d'autre part, en une nouvelle cpuche de liber. Le cambium est le fluide essentiellement nourricier du végétal, Comme le sang est celui des animaux ; mais, de même que ce dernier fluide ne se transforme ni en muscles, ni en tissu cellulaire , ni en graisse, en un mot en aucun des tissus élémentaires des animaux, fournissant seulement à chacun de ces tissus les matériaux propres à leur développement, à leur entrelien; de même aussi nous pensons que le cambium, dont on ne peut nier la similitude avec le sang des animaux, fournit à la fois à l'aubier et au liber, dont il baigne les surfaces, les principes nécessaires à leur développement. Il ne devient pas tissu cellulaire ni tissu vasculaire ; mais ces tissus déjà exislanls y puisent les principes au moyen desquels ils s'accroissent et se multiplient.

I/obuervation confirme d'ailleurs pleinement la nouvelle théorie que nous émettons ici. En elTet, que l'on examine attenlivement une jeune branche d'arbre, quand, au printemps , l'afllux du cambiun en détermine l'accroissement en diamètre, on verra que la surface externe de l'aubier et la surface interne de l'écorce sont, en quelque sorte, dans un élal de turgescence. Elles sont recouvertes l'une et l'autre d'une couche plus ou moins épaisse de tissu cellulaire à l'état naissant, abreuvée d'une grande quantité de sucs. Ce tissu de nouvelle formation , analogue à la couche de bourgeons charnus qui s'élèvent de la surface d'une plaie tendant à se cicatriser, est non seulement adhérent aux

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deux surfaces sur lesquelles on le voit, mais en est évidemment une production , une véritable continuation.

C'est en elTet le lissu de l'aubier ou du liber qui, recevant alors une plu.s abondante nourriture, produit à sa surface ce nouveau lissu. Ce mode de multiplication du tissu cellulaire entre lout-à-fait dans le mode de développement auquel le professeur Mirbel a donné le nom de développement extrautriculaire.

Si c'était le suc épanché ou cambium qui s'organisât chaque année, au printemps, en nouvelles couches ligneuses et corticales, il devrait nécessairement former, entre le bois et l'écorce, une masse continue qui souderait ces deux parties de la branche; et c'est ce qui n'a pas lieu. A aucune époque de l'année, ainsi que tout le monde le sait, l'écorce ne se détache plus facilement de la surface du corps ligneux qu'au printemps et en automne, c'est-à-dire au moment où se forment les couches ligneuses et corticales. Loin d'être une masse continue, interposée entre ces deux parties de la branche , !e nouveau tissu cellulaire forme 2 couches simplement contjguës. .\insi l'accroissement en épaisseur de la tige des arbres dicotylédones provient de nouvelles couches que produisent la surface externe de l'aubier et la surface interne du liber, et dont le cambium fournit les matériaux.

Nous avons déjà parlé, au commencement de cet article, de l'accroissement latéral ou en largeur, quand nous avons exposé le mode de formation des diverses parties qui composent la tige, la 1" année de son existence. Nous ne reviendrons pas sur ce point, ce que nous avons dit de l'accroissement en largeur pour la 1" couche ligneuse et pour la Ire couche du liber s'appliquant également à toutes celles qui sont produites chaque année. L'accroissement en diamètre de la tige a donc sa source dans deux phénomènes : 1° la formation de nouvelles fibres ligneuses venant s'ajouter à la surface de celles qui existaient déjà; et 2° l'écartement latéral des fibres déjà formées par la production de fibres nouvelles qui s'interposent entre elles.

2° Accroiisement en hauienr.

L'accroissement en hauteur de la jeûna lige a lieu par suite de l'élongation et du

développement du bourgeon qui la termine, et qui , en s'allongeant, forme un scion dont la hauteur s'ajoute à celle de la tige primitive. Ce bourgeon terminal communique «vec les diverses parties de la tige ou de la branche qui le supporte, de sorte que, lorsqu'il se développe, les parties du jeune scion communiquent avec les parties correspondantes de la branche placée immédiatement au-dessous ; mais, à mesure que le jeune scion s'est allonge et qu'il s'est formé en lui une couche ligneuse et un liber, les parties de la lige placées au-dessous ont éprouvé leur accroissement annuel en diamètre, c'està-dire qu'une nouvelle couche ligneuse s'est ajoutée à celles qui existaient déjà, en s'arrétant au point d'où le nouveau scion est parti. Chaque année, un nouveau bourgeon terminal, en se développant, donne naissance à un nouveau scion, qui augmente ainsi successivement la hauteur de la tige. Si l'on se représente la forme allongée de chaque couche ligneuse plus large à sa partie inférieure , insensiblement amincie vers son sommet, on reconnaîtra que le tronc d'un arbre dicotylédoné est formé par une suite de cônes creux dont le sommet est en haut et qui sont emboîtés et superposés les uns aux autres; mais le sommet du cône le plus intérieur s'arrête à la base de la seconde pousse; celui de cette seconde pousse au commencement de la troisième, et ainsi successivement; en sorte que ce n'est qu'à ia l)ase du tronc que le nombre des couches ligneuses représente exactement le nombre des années du végétal. Ainsi, par exemple, une lige de Chêne ou de tout autre arbre de dix ans présentera dix couches ligneuses, quand on l'examine tout-;i-fait à sa base ; elle n'en otl'rira que neuf à la hauteur de la seconde pousse, huit à la troisième, sept à la quatrième, et ainsi de suite jusqu'au sommet, où elle n'en présentera qu'une seule. Celle disposition explique la forme conique du tronc des arbres dicotylédones. •

§11. Tige des végétaux monocotvlédonés.

Nous nous sommes livré, dans ces derniers temps, à des recherches persévérantes fur ce point important de la physiologie des végétaux, recherches que nous avons publiées en grande partie dans la C^ édition de nus Eléments de Botanique et de Physiologie

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végétale. Nous en extrairons ici les points !ei plus importants.

La tige d'un végétal monocotylédoné offre des différences très tranchées, quand ou compare sa structure interne avec celle des dicotylédones. En effet, le stipe ou tige ligneuse d'un Palmier, ou de tout autre arbre monocotylédoné, ne présente pas, sur une coupe transversale, cette succession de couches emboîtées régulièrement les unes dans les autres, avec un canal médullaire au centre, et à l'extérieur une écorce composée de feuillets superposés. Toute la masse se compose d'un tissu utriculaire dans lequel les fibres ligneuses sont éparses sous la forme de faisceaux plus ou moins épais. Chacun de ces faisceaux, plus nombreux et plus serrés les uns contre les autres à la partie externe de la tige, contient à la fois des fibres ligneuses, des vaisseaux aériens de différente nature, et des vaisseaux laticifèrcs. Tout-à-fail à l'extérieur de la tige on trouve une véritable écorce , comme nous l'avons démontré et comme nous le prouverons en traitant spécialement de l'organisation de la tige et de celle de récorce.

J^Oljez ÉCORCE.

Ainsi, en résumé, la lige des plantes monocotylédonées se compose de faisceaux vasculaires, épars au milieu d'un tissu utriculaire qui en forme la masse, sans apparence de couches emboîtées. L'écorcc y existe également, quoique moins distincte que dans les dicotylédones. Elle se compose d'un épiderme de tissu utriculaire , et enfin de faisceaux de tubes fibreux (qui manquent quelquefois), mais ne formant jamais de feuillets. Le corps ligneux est une masse de tissu utriculaire dans laquelle sont épars des faisceaux vasculaires longitudinaux et plus ou moins flexucux, distincts les uns des autres, plus nombreux, plus rapprochés et plus durs vers la partie externe de la lige. Chaque faisceau vasculairc se compose : 1" de faisceaux aériens; 2° de tubes fibreux; 3" de vaisseaux laticifères ; 4» de tissu utriculaire. Ces différents vaisseaux finissent par se lignifier avec le lemps.

Leur direction dans l'intérieur de la tige est partout à peu près la même. Ils forment, à partir de la base des feuilles auxquelles ils vont tous aboutir, des arcs très allongés, à convexité tournée vers le centre, de telle

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sorte que leurs deux extrémités sont dirigées vers la parlie la plus exlérieurc de la tite. Dans toute leur longueur, ces faisceaux n'ont pas la même organisation. A leur extrémité inférieure, ils ne sont composés que de tubes fibreux ; plus haut se montrent d'a- »>')rd les lalicifèrcs, puis les vaisseaux aériens , d'abord les fausses trachées , et enfin li's vraies trachées à spiricule déroulable.

Examinons maintenant l'accroissement de la tige monocotylédonée dans ces deux directions, c'est-à-dire en hauteur et en épaisseur.

1" Accroissement en lumleur.

Nous avons démontré ( Nouv. élém. de hoian. et de phys. végél., 6' édit., p. 181 ) que pour les végétaux monocotylédonés, la plupart des physiologistes qui ont parlé de la formation et de l'accroissement de la tige destinée à devenir ligneuse, sont partis d'une erreur. Tous, en effet, disent que la tige n'existe pas primitivement , et qu'elle se forme à la fin de la première année qui suit la germination de la graine, par suite de la soudure de la base du petit nombre de feuilles qui résultent de l'évolution de la gemmule. D'après celte opinion, le stipe d'un Palmier ne serait pas une véritable tige, mais, en quelque sorte, un organe accidentel, résultant de la base des pétioles confondus en une masse de tissu utriculaire et de vaisseaux. Dés lors l'accroissement en hauteur proviendrait, en quelque sorte aussi , d'une suite de disques ayant tous la même origine que celui de la première année, placés les uns sur les autres, et se réunissant de manière à constituer une tige plus ou moins allongée.

Les observations que nous avons faites nous ont amené à un tout autre résultat sur l'origine de la tige dans les monocotylédonés. Le Palmier qui commence à se développer a bien réellement une tige dès la première année, et cette tige n'est pas formée par la soudure de la base des feuilles qui persisteraient pour former une sorte d'anneau, origine de tous ceux qui lui succéderont chaque année, et dont la réunion doit constituer le stipe. En étudiant la structure d'un jeune Palmier pendant la première année de sa végétation, nous avons reconnu qu'il se composait de trois parties bien distinctes : une tige , des flbres radicales et des feuilles.

La lige est d'abord excessivement peu dé-

veloppée. Elle se montre sous la forme d'un corps charnu, cylindracé, très court, arrondi et comme tronqué à son extrémité , qui est nue. Cette lige rudimentaire et déprimée porte , dans ses deux tiers supérieurs, de larges écailles redressées, terminées en pointe à leur sommet, d'autant plus grandes et plus longues qu'elles sont plus supérieures, et de plus, Sou G feuilles longuement péliolées, semi-amplexicaulesâ leur base, très rapprochées les unes des antres. En écartant ces feuilles, on voit qu'elles sont placées sur une partie de la tige en forme de cône Irèî déprimé, et qu'au centre de leur réunion se trouve une sorte d'étui ou de gaîne tronquée obliquement à son sommet, d'où sortent deux feuilles; enfin dans l'intérieur de cette gaîne on dislingue un petit bourgeon terminal très allongé, contenant des feuilles rudimenlaires, et destiné à pourvoir au développement ascensionnel qui aura lieu l'année suivante. Le tiers inférieur de la tige donne naissance à un grand nombre de fibres radicales.

Il y a donc bien réellement , dans un jeune Palmier d'un an, une tige primitive , parfaitement distincte des écailles et des feuilles: seulement, cette tige est excessivement courte et déprimée , mais sa structure intérieure est la même que celle de toutes les autres tiges monocolylédonées. iMainle^ nant, l'année suivante, le bourgeon terminal dont nous avons signalé l'existence au centre de l'assemblage des feuilles provenant de l'évolution de la gemmule , se développe, donne naissance à un certain nombre de feuilles très rapprochées les unes des autres, par suite du peu d'élongalion de l'axe qui les supporte. Les feuilles de la première année sont un peu rejetées en dehors par l'accroissement excentrique de la portion de tige qui les supporte , et dont celle qui vient de se former la seconde année n'est que la continuation. Il y a donc ici, comme dans toutes les autres tiges , développement simultané en épaisseur et en hauteur; mais, nous le répétons, l'accroissement en hauteur est dû à l'élongation d'un axe caulinaire déjà existant, et non pas aux disques formés par la partie inférieure des feuilles qui persisterait et se souderait.

Ce développement est, en conséquence, le même que celui que nous avons déjà ob-

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serve dans la lige dicotylédonce qui s'accroît en hauteur. C'est une suite d'axes verticaux qui se continuent sans interruption les uns les autres, et dont l'ensemble constitue le stipe: seulement , dans le plus grand nombre de cas , ces axes étant fort courts ets'allongeant peu, la tige croît lentement en hauteur, en sorte que les mérilhalles restent confondus les uns avec les autres. C'est pour cette raison que la tige ligneuse des monocotylédonés est recouverte extérieurement , dans toutes ses parties, de feuilles généralement persistantes. Cependant, à mesure que de nouvelles feuilles se développent, les plus anciennes, qui sont en même temps les plus inférieures, finissent par se détacher delà tige, en y laissant une cicatrice ou des vestiges dont les traces ne s'elfacent jamais com- I)lélement: aussi la surface d'un stipen'offrc-t-elle jamais cette netteté et ce poli qu'on observe généralement dans le tronc des arbres dicotylédones. Les feuilles qui recouvrent ainsi la tige monocotylédonée paraissent au premier abord dispersées sans ordre, parce qu'elles sont extrêmement rapprochées et serrées les unes contre les autres. Néanmoins elles ont ordinairement une disposition spirale plus ou moins régulière, analogue à celle des feuilles des végétaux à 2 cotylédons, qu'on reconnaît très facilement dans quelques arbres, comme le Paiidanux, par exemple, et qu'on retrouve également dans les cicatrices qu'elles laissent à la surface de la tige, quand elles viennent à s'en détacher.

La tige des Palmiers et des autres monocotylédons ligneux est, comme on sait, généralement simple; cela provientdece qu'il ne se développe pas de bourgeons à l'aisselle de leurs feuilles, ou du moins de ce que ces bourgeons restent à l'état rudimentaire. C'est un des caractères qui distinguent le mieux la tige des monocotylédons de celle des dicotylédons, dans lesquels un ou plusieurs bourgeons, existantà l'aisselle de chaque feuille, s'allongent chaque année pour donner naissance à des scions ou des branches. Cependant il y a certains cas ou certaines circonstances particulières où quelques uns des bourgeons qui existent à l'étal latent dans l'aisselle des feuilles de monocotylédons venant à se développer , la tige est alors rameuse. C'est ce qu'on observe constamment

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dans le Palmier doum de la Thébaïde (CrH« cifera ihebaica Del.) ; dans quelques Drucœna, Ziicca, Aloë, etc. Cette ramification de la tige peut également se montrer quand on vient à retrancher le bourgeon terminal d'un monocotylédon , et en particulier des Dracœiia ou des Aleiris. Un ou plusieurs des bourgeons latents, dont les rudiments existent à l'aisselle des feuilles, se développent et forment la base d'autant de nouvelles ramifications , qui continueront à s'accroître absolument de la même manière que la tige principale.

S" Accroissement en diamètre.

Quant à l'accroissement en diamètre du slipe , il a lieu par la production de nouveaux faisceaux de fibres ou de vaisseaux dans la masse utriculaire qui forme la base de la lige. On comprend qu'il ne peut avoir lieu que dans la portion de celte tige non encore entièrement solidifiée, et qu'il s'arrête dans celles qui sont devenues ligneuses. Les fibres nouvelles, se formant toujours vers la partie centrale de la tige, doivent tendre constamment à rejeter vers la périphérie les fibres plus anciennes, qui s'y accumulent et se pressent les unes sur les autres, de manière à constituer la partie la plus solide et la plus résistante de la lige : aussi arrivc-t-il fréquemment que, tandis qu'une tige ligneuse monocotylédonée offre à l'extérieur une zone plus ou moins épaisse de fibres dures , compactes et très serrées , sa partie intérieure est composée d'un tissu cellulaire lâche, présentant des fibres ligneuses éparses et sans liaison entre elles. Le contraire a lieu, comme on sait, dans la tige dicotylédonée, dont la partie ligneuse est d'autant plus solide qu'on l'observe plus près du centre.

Si l'accroissement en hauteur des Monocolyiédons se fait par une cause semblable à celle qui détermine l'élongation de la tige des Dicotylédons, savoir, le développement d'un bourgeon terminal , il n'en est pas toutà-fait de même de l'accroissement en diamètre. Dans les premiers, en effet, lesnou* velles fibres se forment toujours vers la partie centrale de la tige, seul point véritablement végétant de cet organe, tandis que dans les secondes, c'est à la partie externe, c'est-à-dire à la surface extérieure du corps ligneux et à la surface intérieure de l'écorce

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fliic se développent les nouvelles fibres, dont l'accumulation constitue les couches annuelles du bois et les feuillets de l'écorce. Ainsi , dans la tige monocotylédonée , il n'y a qu'un seul système de développement, tandis qu'il en existe deux dans la tige des arbres dicolylédons.

Plusieurs points, simplementénoncés dans cet article, seront développés plus en détail aux mots tige, stipe, bourgeon, bulbe, mo-

NOCOTVLÉDONS, DICOTYLÉdONS, CtC. (A. RlCH.)

ACCROISSEMEIVT dans les minéraux.

MIN. — L'accroissement dans les minéraux , ou plus généralement dans les corps inorganiques , dilTère sous deux rapports de l'accroissement dans les corps organisés. Chez cesderniers, le phénomène estrenfermédans de certaines limites , et il s'opère par intussusception, c'est-à-dire par le dépôt de nouvelles molécules dans toutes les parties de l'être à la fois. Dans le corps inorganique, au contraire, l'accroissement n'a pas de limite, et il n'a lieu que par juxta-position, c'est-àdire seulement à l'extérieur ; les molécules additionnelles ne faisant qu'envelopper de nouvelles couches la masse déjà formée, qui demeure invariable pendant toute la durée du phénomène. Ce n'est pas qu'il n'y ait quelquefois dans l'intérieur des minéraux des déplacements et des transports de molécules occasionnés par les actions électrochimiques ; mais alors le minéral éprouve une surcomposition ou une décomposition : c'est un changement de nature qui en résulte, et non plus un simple accroissement.

f^oyez MINÉRAL et MINÉRALOGIE. (DEL.)

'ACEMYIA (âxï) , pointe ; pivr» , mouche). INS. — Genre de Diptères de la section des Tachinafiœ , Rob. Desv., correspondant au g. Tachina, Macq. (D.)

*ACE\'E. Acœim[oixci.iva. , pointe), ins. — C'est le nom que donne Treitschke à un g. de Lépidoptères de la famille des Nocturnes, tribu des Phalénites, qui antérieurement avait été appelé Om-apieryx par Leach. (D.)

•ACENTROPTERUS { à priv. ; xivrpov , aiguillon; TtTtpov, aile), ins.— Genre de l'ordre des Coléoptères pentamères.fami IledesChry- «omélines, proposé par M. Chevrolat et adopté par M. Dcjean. Il est fondé sur une «culeesp. du Brésil nommée parM. Dejean A. Lacordaini, et regalis par M. Chevrolat. (D.)

•ACEIMTRIJS (à priv. ; xt'vrpov, aiguillon).

ACE

INS. — Genre de Coléoptères pcnlamcrcs, famille des Curculionides, proposé parM. Chevrolat et adopté par M. Dcjean. Il est fondé sur une seule espèce du midi de la France, \'yi. /tisirio Schoënh. (D.)

ACÉPHALE. Acephalns ( àxtVaÀoç , sans têle). TÉRAT. — On appliquait autrefois ce nom à tous les monstres dépourvus de tête, ou pourvus seulement d'une tcte , soit incomplète, soit même complote, mais mal conformée. Il appartient aujourd'hui en propre à l'un des principaux g. de la famille des Acéphaliens. (I. G. S. -H.)

ACÉPHALE (à priv.; x£yo;W, tète), bot.

PH. — M. de Mirbel applique cette épithèle à l'ovaire, quand il ne porte point immédiatement le style, comme on le remarque dans les Labiées , les Ochnacées, etc. (C. L.)

•ACÉPHALÉMIE (à priv. ; xetpa)») , tête ;

).ï)VOÇ, creux). TÉRAT. — f^oy. ACÉPlIALOBIiA-

cniE. (I.-G. S.-H.)

ACÉPHALES. Acephali (à priv. ; xtfoù,i^ , tète). MOLL. — Animaux sons tête, comme le sont, en effet, les Mollusques auxquels Cuvier [Tabt. élém. de Vhisi. iiat. des aiiim., 1798) a le premier imposé ce nom. Les Acéphales contiennent tous les Mollusques à coquilles bivalves, et constituent un des grands embranchements des Mollusques ; c'est à ce mot que nous en traiterons. D'abord admis par Lamarck comme grande division de ces animaux , ce savant naturaliste en fil plus lard une classe particulière du règne animal, pour laquelle il proposa le nom de Conclnf'eres. Nous exposerons , en traitant des généralités des Mollusques , les motifs qui ne nous permettent pas d'adopter la classe de Lamarck. (Desh.)

ACÉPHALES (à priv.; xtyc^y,, tête).

ARACH. — Nom donné par Latreille à un groupe d'Insectes , dont Lamarck a fait depuis l'ordredes Arachnides palpistes. C'est à la classe des Arachnides que répond aujourd'hui cette division. /^. arachnides. (H.L.) -ACÉPHALIEIMS. Acephalœi (àxt^aioç, sans tète), térat. — Famille de Monstres unitaires, appartenant au second ordre, celui des Omphalosites, et comprenant un très grand nombre d'êtres anomaux , dont l'organisation singulière a fixé également, mais sous des points de vue très difi'érents, l'attention des tératologues de tous les temps. Les Acéphaliens ne sont pas seulement ca

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ractérisés, comme l'indique leur nom, par l'absence de la télé , dont il existe tout au plus quelques vestiges appréciables seulement par l'analyse anatomique. A ce caractère premier et fondamental qui dislingue nettement ces monstres de» Paracéphaliens , s'ajoutent généralement les anomalies suivantes, dont l'ensemble fait des Acépha- Jiens les plus imparfaits de tous les êtres tératologiques, après les Parasites et les Anidiens.

Le corps, plus ou moins imparfait, souvent très incomplet, est constamment de forme binaire ; et c'est même ce qui dislingue principalement les Acéphaliensdes Anidiens. Mais, malgré les figures faites de fantaisie et les assertions fausses de quelques auteurs , celte forme binaire est toujours mal symétrique. Les régions droiteelgauche présentent constamment des anomalies plus ou moins nombreuses de formes ou de proportions , qui ne se répètent pas ou se répètent mal d'un côté ou de l'autre. Il existe souvent , sur une grande partie de la surface du corps , et aussi des membres , des éminences irrégulières provenant de l'accumulation locale du tissu cellulaire , et surd'autres points , des plis de la peau et des enfoncements dont la disposition esttrès variable. L'imperfection de la symétrie peut même être portée au point qu'il devienne presque nécessaire de recourir à l'analyse anatomique , pour distinguer les deux moitiés du corps , ou plus exactement , les deux parties homologues , mais dissemblables , en lesquelles il se divise. L'extrémilé supérieure du corps est arrondie , recouverte de téguments, et quelquefois garnie de poils , qui sont de véritables cheveux ; car, au-dessous deux, on trouve parfois quelques osselets en connexion avec l'extrémité cervicale du rachis , et dans lesquels il est impossible de méconnaître les rudiments du crâne.

Le nombre des membres varie de 4 à 1. J.orsqu'il n'en existe qu'un , c'est toujours un membre abdominal. Les membres, quel qu'en soit le nombre, sont mal proportionnés , contournés, presque toujours pourvus de moins de5doigls, et surtout terminés p:ir des pieds-bots. Le renversementdupied en dedans est le cas le plus commun ; mais les autres genres de pieds- bols , et surtout le renversement en dehors , s'observent aussi

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chez les Acéphalicns. Nous avons vu quelquefois les deux pieds du même sujet renversés en sens contraire , et les auteurs rapportent plusieurs exemples de cette disposition.

L'anus est le plus souvent perforé , malgré l'assertion conlraire de quelques auteurs, parmi lesquels on est étonné d'avoir à citer Elben, dont l'ouvrage sur les Acéphalicns est d'ailleurs fait avec tant de soin. Les organes externes de la génération existent presque toujours, mais si imparfaitement conformés dans beaucoup de cas, que la détermination du sexe est impossible sans dissection.

Avec ces anomalies extérieures coïncide constamment l'état imparfait de tous les viscères, soit de la région sous-ombilicale de l'abdomen, soit, et cette distinction est très importante , de la région sus-ombilicale et du thorax. Les viscères de la région sous-ombilicale, l'intestin, les organes urinaires, les organes génitaux intérieurs, existent d'ordinaire; et l'intestin même constamment, au moins en ce qui concerne la plus grande partie du gros intestin et la fin de l'iléum. Au contraire , les viscères de la région sus-ombilicale de l'abdomen, la portion supérieure de l'intestin , l'estomac, la rate , le fuie , le pancréas , et surtout les organes thoraciques , les poumons et le coeur, sont, le plus souvent, non seulement mal conformés , incomplets, plus ou moins rudimentaires, mais même entièrement absents. Pendant longtemps même on a regardé tous les Acéphaliens comme totalement dépourvus de cœur , et Elben a cru pouvoir présenter comme exactement équivalentes ces deux expressions : Monstres acéphales et Monstres privés de cœur ; mais il est incontestable aujourd'hui qu'un cœur rudimentairc peut exister, aussi bien que des poumons rudimentaires , chez un véritable acéphalicn.

Le développement de tous les autres appareils organiques est proportionnel à celui des viscères digestifs, respiratoires et circulatoires. Le squelette est toujours très incomplet, et le rachis lui-même peut manquer presque coniplétement. Un auteur assure même avoir constaté dans un cas l'absence complète de la colonne vertébrale, y compris le sacrum. La moelle épinicre es:

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ordinairemcnl, comme le rachis, très incomplète, e( parait aussi pouvoir manquer en entier. Les nerfs existent au contraire constamment, de même que le grand sympathique , mais ils sont imparfaits. Les muscles, toujours peu distincts dans la plupart des régions du corps, sont souvent toul-àfait confondus, comme chez les jeunes embryons. Enfin le système vasculaire présente une multitude d'imperfections, comme on peut le prévoir parce qui a été dit plus haut des divers viscères, et spécialement du cœur.

Les faits dont nous venons d'offrir le résumé démontrent la liaison intime qui existe, chez les Acéphaliens, entre les modifications extérieures de l'être et les anomalies de ses organes intérieurs. Tout monstre de cette famille, en même temps qu'il est à l'extérieur irrégulièrement conformé et imparfaitement symétrique , présente à l'intérieur une organisation très simple et très imparfaite , les viscères thoraciques manquant plus ou moins complètement, et les viscères abdominaux étant, les uns absents, les autres incomplets. Ce résultat est aussi général, aussi rigoureusement établi, que lest en zoologie la possibilité de ramener un animal à son type sur le seul examen de ses caractères .extérieurs , et de déterminer immédiatement , avant tout examen anatomique , les principales modifications de son organisation interne.

Tous semblables entre eux, comme il résulte de celte remarque, par les conditions générales de leur organisation, les Acéphaliens le sont aussi , et d'une manière singulièrement frappante, par les circonstances de leur naissance , sur lesquelles Elben et surtout Geoffroy Saint-Hilaire ont appelé l'attention des tératologues. Ces monstres, qui presque toujours viennent au monde avant terme, naissent jumeaux, quelquefois même plus que bijumeaux, et en outre, comme on va le voir, dans des rapports constants avec leur jumeau. Celui-ci est bien conformé, et beaucoup plus volumineux que son frère.

L'un et l'autre n'ont en commun qu'un seul placenta , et des deux c'est le jumeau bien conformé qui naît le premier ; l'acéphaiien le suit, soit immédiatement, soit après un intervalle de plusieurs minutes, ou même de plusieurs heures. Une autre circonstance extrêmement remarquable par sa constance

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est la similitude des sexes des deux jumeaux. En effet , dans les cas où les sexes sont indiqués par les auteurs, on trouve toujours que les jumeaux sont extérieurement, tous deux mâles, tous deux femelles, ou, ! comme l'a rapporté Katzky, tous deux licri inaphrodiles ; et même , si un Acéphalien I sans sexe naît avec un jumeau , soit maie, soit femelle, on peut être presque assuré, I en soumettant i'Acêphalien à une dissection exacte, de trouver au moins quelques parties d'un appareil générateur, mâle dans le premier cas, femelle dans le second. Quand un Acéphalien nail avec 2 ou 3 frères, il ressemble pareillement par son sexe, soit à l'un d'eux, soit même à tous à la fois.

Le jumeau d'un Acéphalien naît ordinairement plein de vie , et souvent même complètement viable. L'Acéphalien, au contraire, dont l'organisation réalise à tant d'égards celle d'un jeune embryon, non seulement n'est pas viable, mais encore ne saurait prolonger sa vie au-delà du moment même de sa naissance. Une fois hors des eaux de l'amnios, il meurt avec une extrême promptitude, et sans même avoir donné de signes de vie. Deux auteurs italiens parlent seuls de quelques mouvements qu'aurait exécutés un Acéphalien en naissant; encore leur témoignage doit-il être révoqué en doute , car toutes les relations bien faites attestent que les Acéphaliens , comme les Paracéphalienj et les Anidiens , ne sauraient vivre un seul instant au milieu des conditions, pour eux I inharmoniques, du monde extérieur.

j Après avoir fait connaître les principaux faits relatifs à l'organisation et aux circonstances de la naissance des Acéphaliens con sidérés en général, il nous reste à indiquer les principaux caractères distinctifs sur lesquels repose la division en genres de celte famille, composée des à présent d un très grand nombre d'êtres anomaux. Les genres auxquels nous avons cru devoir les rapporter sont au nombre de trois, et sont dénommés et caractérisés comme il suit:

l. ACÉPHALE, yicephalu.1 (àx{'<poc/o;). Caractères : Corps imparfaitement symétrique , irrégulier, mais dont les diverses régionssoiit Lien distinctes; thorax existant complètement ou presquecomplélement.el portant ks membres thoraciques ou au moins l'un d'eux. Ce g. comprend les Acéphaliens les moins

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éloignés de l'etal normal : ils sont privés seulement de la tète et des organes qui manquent généralement avec elle, et par conséquent sont encore aussi complets, aussi entiers que peuvent l'être les Acéphaliens. On connaît dés à présent un assez grand nombre d'Acéphales, tous nés dans l'espèce humaine.

H. PKr.ACÉPHALi;. Peracephalus {-nipoi. , audcla ; àxs'îpal^o;, acéphale). Caractères : Corps iniparfaitemenl symétrique, irrégulier, ayant ses diverses régions bien distinctes; point de membres Ihoraciques.

Ce genre, dont les conditions ont été déjà observées dans 50 individus , et qui est l'un dis groupes tératologiques les plus nombreux, présente un degré de plus d'anomalie qiie le genre précédent. Ce n'est plus seulement ici la tête, mais aussi les membres supérieurs, et avec eux une parlie souvent 1res considérable du tronc , qui manquent entièrement, ou dont la dissection fait retrouver tout au plus quelques vestiges. Dans quelques uns même , l'anomalie est portée si loin, que le tronc semble réduit au tronçon pelvien du corps. Ce genre a clé surtout observé chez l'homme; mais on en connaît aussi quelques exemples chez le Mouton et le Cerf.

III. MVLACEPHALE. Mijlacepkalus (c'est-àdire : acéphale -môle; fxû/vi , môle; «xtyaÀo;). Caractères: Corps non symétrique, très irrégulier , informe, ayant ses diverses régions peu ou point distinctes; membres très imparfaits, rudimentaires, ou même presque tous nuls. — Ce genre, par lequel la famille des Acéphaliens se lie avec celle, plus anomale encore, des Anidicns . ne se compose que d'un très petit nombre de cas, la plupart observés dans l'espèce humaine, un autre chez la Chèvre.

Ainsi, des trois genres de monstruosités acéphaliques , l'un n'est connu que chez l'homme ; et deux observés surtout dans cette même espèce, se sont présentés en outre chez quelques ruminants, tous unipares, plus rarement bipares , et par conséquent offrant avec l'espèce humaine une similitude très marquée dans l'une des conditions les plus importantes de leur reproduction. (I.-G. S.-H.) • ACÉPHALOBRACIIIE. Acephalobracliia (à priv.; xifal-n, tète ; Spa^cuv, bras), TÎaAT. — Par ce nom et ceux û'Acéohalé-

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nie , A'Acéphalochérie et ù' Acé(ihalenie , M. Breschet a proposé de désigner les monstruosités acéphaliques compliquées de divers états imparfaits des membres, f^oyez acéphaliens. (I.-G. S.-H.)

ACÉPIIALOCYSTES. Acepltalocystis (âx«- «paÀo;, sans tète; xûo-Tcî , vessie), iielm. — Genre fondé par Laënnec pour renfermer certains êtres si simples, que l'on peut mettre en doute s'ils doivent réellement être placés au nombre des animaux. Ils consistent en une simple vessie plus ou moins iransparenie , sans fibres apparentes , sans corps ni lêle , el siiiis (iiiciin orifice naturel, comme remplit d'an liquide Ires limpide, et toujours renfermée dans un kyste fibreux ayant des communications vasculaires avec les organes qui la coniieniient. Jamais on n'y a observé de mouvements spontanés, même dans l'acception la plus simple de ce mot: jamais on n'y a pu reconnaître aucun organe, ni rien qui ressemble à des fonctions digestives. Celte vessie constitue à elle seule l'organisme tout entier ; elle est mince, fort délicate , et se laisse déchirer en tous sens avec une égale facilité, sans jamais offrir aucune apparence déstructure fibreuse. On peut la diviser en lamelles ou feuillets, dont le nombre varie suivant le degré de développement des individus. Coapée transversalement, et examinée ainsi au microscope, on y reconnaît alors celte division en feuillets, ce qui prouve qu'elle n'est pas purement artiGcielle, comme le pensent certains auteurs.

Sont-ce là des organismes à part? et pouvons-nous donner le nom d'animaux à des êtres chez lesquels la vie ne se manifeste par aucune des fonctions propres à la vie animale ? Beaucoup d'auteurs, en efl'et, n'y ont vu autre chose que des productions morbides. Piudolphi et Blumenbach sont de ce nombre; et, bien que ceux qui professent l'opinion contraire soient en très forte majorité, nous devons reconnaître qu'elle ne s'appuie sur aucune preuve positive ; il nous semble même impossible de l'adopter sans restriction. On a cité ce fait , que le liquide interne est tout-à-fait limpide et fort différent de celui dans lequel la vessie est plongée à l'intérieur du kyste qui l'enveloppe ; el Laënnec voit là une véritable assimilation. On a allégué aussi l'espèce de parenté intime qui semble unir ces êtres si singu-

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liers avec les vessies des Floriceps , des Cœnures, des Cysticerques et des Échinocoques ; enûn Kiihn , médecin a Niederbronn (Alsace), a lait voir qu'ils ont un mode de reproduction bien déterminé, et qui semblerait démontrer en effet que ce sont là des êtres complets, bien que réduits à une excessive simplicité. Cette reproduction se fait par des gemmes qui se dévclo[)penl entre les feuillets de la vésicule mère, et qui, une fois parvenus à un certain degré d'accroissement, se détachent, soit en dehors de cette même vésicule, soit dans l'intérieur de sa cavité, suivant qu'ils appartiennent à l'espèce que Kuhn a désignée sous le nom à'Endogciie , et qu'on ne rencontre que chez J'homme ; ou à celle qu'on trouve chez le Bœuf et le Mouton , et qui a reçu du même observateur le nom à'Exo(j'cne.

De ces arguments, le 1" nous semble peu concluant; le 2'"« l'est peut-être davantage.

Les rapports intimes qui existent entre les êtres qui nous occupent et les vers que Laënnec a designés sous le nom de yésicnlaires, et qui portent collectivement, dans une foule d'ouvrages, celui d'Hydaiides, ces rapports, disons-nous, sont incontestables ; or, nous avons vu nous- même , au microscope , et Leblond avait signalé avant nous , des mouvements propres dans l'espèce de vésicule albumineusc où les Floriceps sont enfermés {voiiez rLOKicEi's;. Quant au mode de reproduction signalé par Kuhn, il rappelle complètement celui des utricules du tissu cellulaire des plantes, tel que les botanistes le conçoivent aujourd'hui.

Ce qui nous semble ressortir de ces faits, c'est que les Acéphalocystes ont une existence propre et distincte de celle des organes dans lesquels on les trouve enfermées ; mais il nous parait aussi que, pour arriver, du moins dans l'état actuel de la question , à dire que ce sont des animaux, il faudrait dépouiller ce dernier terme de tout ce que sa définition renferme de précis. Ce sont des êtres équivoques , dont -la science n'a probablement pas encore su saisir les véritables caractères , et qui nous paraissent rester en dehors de ces définitions des 3 règnes, dans Jesquels, au premier coup d'oeil, tous les êtres sembleraient devoir naturellement venir se grouper.

Le8 2 csp. d'Acéphalocystes que nous avons

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déjà mentionnées d'après Kuhn , se rencontrcntdans les principaux viscères ; mais surtout dans le foie , les poumons , la rate, les épiploons, etc. Elles y sont l'origine d'une maladie désignée, dans les Bœufs, sous le nom de jwmnielièrc , ou vulgairement sous celui de poches d'eau. En général, elles sont enkystées ; on en a pourtant trouvé qui étaient complètement libres , dans la cavité des plèvres (D^ Frttcau), dans la vessie urinaire (Béclard), dans la cavité de l'arachnoïde (Bostan), dans les veines pulmonaires (Andral) ; mais la lecture que nous avons faite des mémoires où ces faits sont déposés ne nous a pas paru démontrer suffisamment, ou que ce fussent véritablement des Acéphalocystes, ou qu'elles ne fussent pas tombées des poumons dans la cavité pleurale, des reins dans la vessie, etc.

Lorsque les Acéphalocystes sont renfermées dans un kyste, on les y trouve isolées ou réunies au nombre de 2 , 3 , 4 , et même G ou 8, dans un même kyste, suivant que celle qui la l'= a occupé le kyste a déjà été ou non fécondée. On rencontre quelquefois les débris de l'Acéphalocyste mère , surtout lorsqu'elle appartient à l'espèce endogène qui se développe par l'emboîtement des gemmes. Kuhn a fait voir comment certains tubercules peuvent devoir leur existence à ia présence et à la destruction successive de ces productions dans le parenchymedes organes.

M. H. Cloquet a le premier proposé de regarder comme des Acéphalocystes les vésicules qui se développent dans l'affectiun de l'utérus désignée communément sous le nom de iDôle liydatique ; elles constituent l'espèce qu'il a appelée A. en grappe (^. rucemosa ). La plupartdcs auteurs qui ont traité ce sujet depuis M. H. Cloquet, ont refusé d'admet- Ire cette opinion , qui ne pourra cire discutée d'une manière définitive que lorsque de nouveaux travaux auront mieux fait connaître les caractères génériques des Acéphalocystes, et la nature des productions dont il s'agit. (L. DovÈre.)

* ACÉPnALOGASTRIE. Acephulogasiria (à priv.; xtcpx'/M, tétC; yoKJvnp, rpô<;, ventre). TÉRAT. — Nom proposé par M. Breschet pour les Monstruosités acéphaliques avec absence du thorax et de l'abdomen, /^oy. acé- PIIALIENS. (L G. S. -H.)

• ACÉPHALOmiE. yicephalouiia (à priv.

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»»yaÀJî, tête; àl^ixai, s'éc.uler du type; de- ▼enîr monstrueux), térat. — f^oy. acéphatoBRACHiE. (I. G. s. -H.)

ACÉPHALOPHORES. Acephalophori (à priv. ; xtjpaW, télé; tpopo'î, porteur], moll.— M. de Blainville , dans son Manuel de Malacologie , a substitué à tort ce nom à celui d'Acéphales. Ce mol Acéphale convient très bien à des animaux dépourvus de lèle, tandis qu'Acéphalophore signifierait , à la rigueur, animal parlant ime lêle, el cependant sans tête. Nous pensons que M. de Blainville n'a créé ce mot défectueux que pour le mettre en consonnance avec celui de Céphalophores , qu'il propose pour les Mollusques qui ont véritablement une tête. (Desh.)

' ACÉPHALOSTOMIE. Acephalosiomia ( à priv. ; xE(pa>y), tête ; czip-a. , bouche ). TÉ- RAT.—Syn. de Monstruosité acéphalique , proposé par M. Breschet, qui a voulu, par ce mot , rappeler spécialement l'absence de la bouche, nécessairement liée, chez tous les Acéphaliens, à l'absence de la tête. Foy. acé- PHALlE?iS. (I. G. S.-H.)

* ACÉPHALOTHORIE. Acephaloihoria (à priv.; x£!pa)//j, lète; Oûpa?, tronc). tÉrat.

— Nom proposé par M. Breschet pour les Monstruosités acépbaliques avec absence du thorax. Voy. acéphaliens. (I. G. S.-H.)

ACER [acer, vigoureux), bot. ph. — Nom lalin du g. Érable. (Sp.)

' ACÉRACÉES. Aceraceœ. bot. pu. — Lindley a substitué ce nom à celui d'Acérinées. (Ad. J.)

•ACERAIVTHLS ( à priv. ; -kI^:/.:. , corne ; ovOos, fleur ; sans cornets ou éperons), bot. PH. — Nous avons établi ce g. sur une plante de la famille des Berbéridées, voisine des Epimcdiitm , dont elle dillère par ses feuilles munies seulement de 2 folioles, et surtout par ses fleurs dépourvues de cornets et formées de 2 vcrlicillcs alternes, composés chacun de deux pélales blancs, étalés. Les autres caractères sont communs aux Epimedium.

— On n'en connaît qu'une espèce du Japon, introduite dans nos jardins par Siebold.

(J. D.) ACSRAS (à priv. ; x/pa;, corne), bot. pm.

— R. Brown a proposé d'établir, sous ce nom , dans la famille des Orchidées , un g. que plus lard L.-C. Richard a décrit sous le nom de Lorofjlossum. Il se rapproche singulièrement des vrais Orchis , dont il diffère

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surtout : 1° par son labelle dépourvu d'époron , ou n'en ayant qu'un excessivement court; 2" par ses deux masses polliniques venant se terminer sur une glande ou rétinacle unique (comme dans le g. 6'erapias), et non chacune sur une glande distincte, caractère des véritables esp. du g. Orcliis. — A ce g. appartiennent le Suiijrium liircinum L., VOplirys anlhropophora Wild. , et YOphrys anihropornorplia du même, qui n'en estpeuU être qu'une simple variété. (A. R.)

ACERATES, Elliot. (à priv. ; x/paç, pa- Toç , corne ). bot. ph. — Genre de la famille des Asclépiadées , particulier aux provinces méridionales de l'Amérique septentrionale. Il diffère des Asclepias par l'absence des petites pointes qu'on remarque à l'intérieur des cornels qui composent la couronne staminale dans ces derniers. — Le g. Acerates renferme aujourd'hui plusieurs espèces , la plupart inédites ou confondues avec celles du g. Asclepias. Il a pour synonyme VAuantlirix. Nuit. (J. D.)

''ACERATLM, DC. (à priv. ; xtpatTtov, petite curne). bot. ph. — Genre ou sous-genre de la famille des Éléocarpécs, ne différant du genre Elœocarpns que par des pétales à onglets velus et des anthères non sélifères au sommet. Wight et Arnott {Prodr. jlor. penins. Ind., V, 1, 82) sont d'avis que les Aceraiinm doivent être réunis aux Elœocarpns. 31. De Candolle n'en signale qu'une espèce. (Sp.)

"ACERDÈSE (àx£po%';, non profitable, c'esl-à-dire d'un mauvais emploi dans les arts). MIN. — Même chose que Manganiteou iManganèse oxydé hydraté. (Del.)

*ACÈRE. Accrus (à priv.; x/paç, corne).

INS. — Genre de l'ordre des Coléoptères pentamères, famille des Lamellicornes, établi par M. Dejean ( S-- édit. de son CaiaL), qui n'en a pas publié les caractères. Il renferme 2 espèces du Brésil , nommées par lui, l'une ^. durus, elVaulre A. iiionachus. (D.)

'ACERE. Akera el mieux Accra («xtpoî sans cornes; animal sans tentacules), moll. — L'absence des tentacules n'est pas propra seulement au g. Acera de Muller, mais encore à toute la famille des BuUéens de Lamarck. Muller donnait le nom d'Acère à 2 espèces fort distinctes , V Acera bulbosa, qui appartient au g. Bulla , Lamk., et VA. carnosa , qui est le g. Doridium , Mick. (Desh.)

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ACÉRÉ. Aceroms [ncus , aiguille), bot.

— On appelle /eui7/e.î acérées celles qui sont étroites, aiguës, dureset persistantes, comme celles de beaucoup de Pins et de Sapins.

ACÉRÉES. Acera (àxtpoçjSans cornes).

MOLL. — Tel est le nom que, dans ses Familles naVtrclles du il-giie animal, Lalreille a donné à une famille qui correspond à celle des Bulléens de Lamarck. (Desh.)

ACERES. Acera{à priv.; x/pot; , corne).

AiîAcii.— M. Walckenaër [Hist. nat. des Aptères) désigne sous ce nom la 1^" classe des Insectes aptères, ainsi caractérisée : Animaux ne subissant point de métamorphoses, privés d'ailes et ayant un corselet réuni , en entier ou en partie , à la tète, conformation qui a fait désigner cette partie sous le nom de céphalothorax. — Cette classe, qui correspond aux Arachnides, comprend lesAranéides, les Phrynéides, les Scorpionides, les Solpugides , les Phalangides et les Acarides. (H. L.)

ACÉRINE. poiss. — Nom spécifique d'une esp. de Percoïde à une seule dorsale, à 7 rayons branchiaux , à dents en velours , et dont Cuvier a fait le nom générique latin d'un g. qui comprend aujourd'hui 3 esp., l'A. vulgaris, VA. Schrelzeri et VA. Rossiœ : celle-ci était le Perça acerina de Guldenstœdt. (Val.)

ACÉRIl\E.^ce)f>ia.cRUST.— Genre de l'ordre des Isopodes, établi par M. Piafinesque, qui n'en a pas indiqué les caractères. (H. L.)

ACÉRIX'ÉES. Aceriueœ. bot. ph. — La famille des Érables ou Acérées de Jussieu contenait deux sections ayant pour types, l'une l'Érable, l'autre le Marronnier. Chacune de ces sections est devenue plus tard une famille distincte, dont la 1"^^, qui a reçu le nom d'Acérinées, présente les caractères suivants : Calice divisé ordinairement en 5, plus rarement en 4-9 parties, à préfloraison imbriquée. Pétales en nombre égal , insérés sur le pourtour d'un disque charnu hypogynique, manquant quelquefois. Étamines insérées sur le même disque, en nombre toujours défini, quelquefois égal à celui des autres parties de la fleur, ordinairement plus grand , mais cependant non proportionnel , généralement celui de 8. Ovaire à 2 lobes, entre lesquels s'élève le style , partagé à son Éommet en 2 stigmates; chacun de ces lobes

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répond aune loge contenant 2 ovules colilliraux,adnés par leurs faces internes à UB large placenta. Le fruit se sépare en 2 »tmares mono- ou dispermes. Graines attachées à l'angle interne de la loge, dressées, à tégument un peu charnu, dépourvues de psrisperme, à 2 cotylédons foliacés, chiffonnés, superposés et recourbés au-dessus de la radicule inférieure. — Les esp. de cette famille sont des arbres à feuilles opposées, simples, rarement pennées, dépourvues de stipules, à fleurs souvent polygames, quelquefois même complètement dioïques, disposées en corymbes ou grappes axiliaires, dans lesquels les latérales sont le plus souvent réduites aux étamines avec un pistil avorté. Elles habitent les parties tempérées de l'hémisphère septentrional.—Genres: ^cer, L,; ]\'egimdium, Raf. ^ (Ad. J.)

ACÉRÎQUE (acide), chim. — Scherer appelle ainsi un acide qui existe combiné à la chaux dans la sève de l'Érable champêtre.

• ACERODOIV ( â'ïspoç , sans cornes ou pointes ; ôoovç, iîovToç, dent), mam. — M. Jourdan, de Lyon , appelle ainsi un g. ou plutôt une section qu'il a proposé d'établir parmi les Roussettes pour une espèce de l'île Luçon, assez voisine par le port et la taille du Pteropus fu.sciis OU edtdis , et qui est caractérisée surtout par la saillie des tubercules mousses de ses molaires. Cette espèce avait reçu de feu Eschscholtz le nom de Pteropus subulaïus, et M. Meyer l'a nommée depuis Pt. pyroceplialus. (C. d'O.)

* ACEROTHERIUM («xepoç, sans cornes ; Qnp'iav, animal), mam. foss. — Nom donné par M. Raup à un animal dont les dents sont tùut-à-fait semblables à celles des Rhinoccros , mais qui avait, comme les Tapirs, 4 doigts aux pieds de devant, 3 à ceux de derrière, et dont les os du nez, minces, étroits et recourbés en dehors, ne portaient vraisemblablement pas de cordes. L'espèce décrite , qui paraît être le Rhinocéros incisivus de Cuvier, porte le nom d'A. incisivum. M. Larteta trouvé dans les environs d'Aucb une espèce de Rhinocéros à 4 doigts aux pieds de devant , qui est probablement du même g., sinon de la même espèce, f^oyez r.niNo-

CÉROS FOSSILES. (L....d).

ACESCEXCE. CHTM. — Tendance d'uw corps a devenir acide.

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ACETABULAIRE. bot. CK.—roijezKci-

TABULE.

ACÉTABULARIÉES.^cv/aWan"cte(acelabulum , petit vase ). bot. cr. — Famille d'Algaes marines, que nous proposons pour renfermer le seul g. Acétabule. (Duj.)

ACÉTABULE ou ACETABULAIRE {acelabiilum , espèce de petit vase), bot. cr. — Genre de Cryptogames marines (Algues) , classé à tort parmi les Zoophytes, mais rapporté au régne végétal par M. RafTcneau- Deille, qui a pu l'étudier vivant, et par d'autres observateurs plusréceiits. L'Acélabule, c:i acquérant son entier développement, •'encroûte de sels calcaires comme les Corallines et les Nulliporcs, et, comme ces objets, elle avait dû être prise pour un Zoophytepar Limarck, Lamouroux, Cuvier, etc., qui ne l'avaient vue que sèche dans les collections; miiis, quand on l'observe encore jeune dans les eaux de la mer, on ne peut conserver de doute sur sa nature végétale. Alors, en ellet, elle a le port et la forme d'un petit Agaric vert, demi-transparent, composé d'un slipe creux , épais de ^ à i de millimètre , haut de 10 cent., et d'un disque en ombrelle un peu concave ou en soucoupe , formé de CO à 90 rayons tubuleux en cônes allongés , terminés a la circonférence par une extrémité close, arrondie , et se mettant en comrnuni- CA! ion avec le stipe, par leurs pointes réunies a un disque central de 1 à 2 millimètres. De ce disque partentdes filaments confervoïdes, dichotomes, extrêmement fins, que divers naturalistes ont pris pour les tentacules des polypes supposés. Dans les rayons tubuleux «e forment des gongyles verts du même calibre que ces rayons, etdeslinés à reproduire le végétal. Quand ils sont devenus libres, par suitede la destruction des bords du disque, ces gongyles se fixent sur des pierres ou sur des coquilles, et se développent sous la forme dune tige simple d'abord, d'où parlent les (ilamenls confervoïdes, et à l'extrémité de ]a(|uelle se forment successivement l'ombrelle, qui se montre d'abord très étroite, lurbinée, puisde plusen plus évasée.

On ne peut encore indiquer avec précision les affiuilcs des Acétabules avec les autres Algues; on voit bien que, parleur mode d'encroûtement, elles se rapprochent des CiOrallines, et que par la production de leurs gongyles ou corps reproducteurs , elles ont

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des affinités avec les Conjuguées maison eï pourrait, comme vient de le faire Meneghini, dans son ouvrage sur i'organographic et la physiologie des Algues , réunir dans une même famille , sous le nom de Siplwuées , les Acétabules, les Vauchéries, les t^aloiiia, les Codium , les Halimeda et les ylnadijomenes. Le mieux serait de constituer provisoirement pour ce seul genre une famille des Acélabulariéea. (DuJ.)

ACÉTABLLIFÈRES [acetubalum , gobelet, coupe ;/ero, je porte), moli.. — Division des Céphalopodes, renfermant tous les animaux de cet ordre pourvus de cupules ou ventouses. Celte coupe correspond aux Cryptodibranches de M. de Blainville , et aux. Dibrancliiaia deM.Owen. Foijez céphalopodes. [X. i)'0.)

ACÉTABULIFORME. Aceiabulijormis, BOT., zooL.— Epithète qui s'applique aux animaux ou aux végétaux en forme de coupe.

ACÉTATES [aceias, d'acelum , vinaigre).

cniM. — On nomme ainsi les combinaisons de l'Acide acétique avec les diverses bases. Les Acétates sont tous très solubles dans l'eau, excepté celui d'Argent etceluide protoxyde de Mercure, qui le sont peu. L'Acide sulfurique en dégageuneodeurde vinaigre, vive, agréable et caractéristique. La chaleur les décompose tous. Ceux qui résistent le mieux à son influence sont les Acétates alcalins. L'Acétate d'argent est , au contraire , un de ceux dont la décomposition est la plus facile. Parmi les produits de ces décompositions , on remarque particulièrement l'Acide acétique, l'Acétone, l'Acide carbonique cl l'Eau.

On croit que l'Acélalede potasse se rencontre en petite quantité dans la sève des végétaux. Tons les autres sont le produit de l'art.

Les principaux sont : 1° I'acétate d'alumine, fréquemment employé dans la fabrication des toiles peintes ; 2" I'Acétate ds CUIVRE NEUTRE , connu SOUS le nom de f^erdei cristallisé, et qu'on prépare en traitant le verl-de-gris (sous-acétate de cuivre) par une dissolution bouillante de vinaigre distillé; 3° I'Acétate de fer, ou pyrolignite de fer, dont on se sert beaucoup en teinture, et qu'on substitue avantageusement , dans beaucoup de cas, au Sulfate de fer; 4» enfin,

les .\CKTATES NEUTRE et TRI-BASIQUE DE

PLOMB, employés en médecine ou dans les. ans , le premier sous le nom de sel ou de

ACII

$Mcre de Satmie, et le second sous le nom à'extrail de Saiurtie. (Pel.)

'ACÈTES (nom mythologique). ci\list.— Genre de la famille des Crustacés Décapodes Macroures et de la Iribu des Salicoqucs, établi par nous, et remarquable par l'absence des 2 dernières paires de pattes Ihoraciqucs et le développement considérable des pattesmâchoires externes , qui remplissent les fonctions des |)altcs ordinaires. — On n'en connaît qu'une seule espèce, \'yi. indiens M. Edw. {yinn. des se. nnt., t. XIX, pi. 11). qui habite l'embouchure du Gange. (M. E.)

ACÉTO.XE. CHiM. — Nom donné à l'esprit pyro-acélique. On l'obtient par la distillation des Acétates alcalins de chaux, de baryte, etc.

'ACETOSA {oceiiim, vinaigre), bot. pu.

— Tournefort a donné ce nom à une sousdivision du g. liumex , caractérisée par des fleurs dioïqiies. (Sp.)

ACHiEUS.Cuv.MAM.-Syn. latin d'Achéc.

ACHyEUS , Leach. crust. — Syn. lalin d'Achée. f^oij. ce mot.

ACHAIX'E. BOT. — Foy. akk.ne.

ACHAXIA, Sw. (à>;av/j';, qui ne s'ouvre pas; allusion à la corolle), bot. pu. — Syn. du g. Mauvisque ou fllalvaviscus, Dill. (Sp.)

ACIIAIXTILLES. Aehaniillœ. ins. — Latreille {Gen. Cnim. ti Iiiseci.) donne ce nom à une section de sa famille des Cimicides , comprenant les g. Cimex, Punaise proprement dite, Macrocephaltis, Plvjmaia, Tingis, Aradus. (Dl.)

ACHAIVTIIVE. Achmuina, Sw. et Grun.

MOLL. — f^OlJ. HÉLICE.

ACHARIA (Acharius, naturaliste suédois). BOT. PH. — Genre fondé parThunberg {Pfodr.) et si incomplètement caractérisé, qu'on n'a pu, jusqu'ici, le rapportera aucune des famillles naturelles. (G. L)

*ACI1ARIDIS (â^api;, repoussant), ms.

— Genre de l'ordre des Coléoptères tétramères, famille des Longicornes, tribu des Lamiaires, établi par M. Dejean {CaiaL, 3'""^ édit ), qui n'en a pas publié les caractères. — Il est fondé sur une seule esp. {VA. lunifera Dcj.) de l'Amérique septentrionale.

(D.) ACIIARITERILM. bot. ph.— Ce g. a été réuni par M.DcCandolleau/'7/af/o, et rentre comme syn. dans VOglifa, Cass. (J. D.) ACQATE (nom mythologique), iss. —

ACH

Nom d'une espèce de Lépidoptère diurne du genre Papillon. (D.)

'ACIIATIA (.\chate. nom mylh.). uns. — Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, établi par Slephens dans la grande tribu des Noctuélites de Latreille. et qui correspond aux g. Trucliea de M. Treitschke et Iluras de M. Boisduval. (D.)

ACIIE. Apimn , Tourn. {apion , eau ; mo5 celtique ; allusion à l'habilalion de ces plantes). BOT. PII. — Genre de la famille des Ombellifères, Iribu des Amminécs, établi par 31. Koch {Dfittsch. flora), qui lui a assigné les caractères suivants : Bord calicinal apparent. Pétales égaux, plans, arrondis, non échancrés, acuminés et enroulés au sommet. Disque presque plan, sinuolé au bord. Styles très courts, recourbés. Péricarpe solide, subglobuleux , didymc; méricarpes subhémisphériqnes, à 5 côtes filiformes, un peu tranchantes , les latérales marginales ; périsperme très convexe ; carpophore indivisé ; vallécules en général à une seule bandelette. Fleurs blanches , 1res petites, en ombelles sessiles ou courlcmentpédonculées,deG à 12 rayons; collerclle générale nulle ou réduite à 2 ou 3 folioles; point d'involucelles. Feuilles pennées, 3-7-roliolées. M. Knoch ne comprend dans ce g. qu'une seule esp., connue sous le nom de Céleri. M. De Candollc {Prodr.,\, 4) en a ajouté 3 autres dont les caractères génériques paraissent ne pas être les mêmes (Sp.)

•ACIIÉE. Achœus (nom cité par les anciens, comme celui d'un Grec paresseux el slupide). MAM. — F. Cuvier a proposé ce nom générique pour un groupe de Bradypiens, dont l'Ai est le type. Le nom de Bradypus appartiendrait ainsi en propre à rUnau; mais déjà llliger avait divisé les Bradypiens en deux g. (CItolœpus et Bradypus), dont le dernier correspond précisément à VAchœus de F. Cuvier. (I. G. S.-H.)

*ACIIÉE. Achœus (nom mythol.). crost.

— Genre de Crustacés Décapodes Brachyures de la famille des Oxyrhynques et de la tribu des Macropodiens , élabl par Leach et ayant pour caractères principaux : Yeux non rètractiles. S'"^ article des pattes-mâchoires externes presque triangulaire, fortement tronqué en avant , à peine plus long que large , et portant l'article suivant à son angle eitcrne. Rostre médiocre et laissant à décou*

ACH

vert de chaque cote le point d'mserlion de la tige mobile des antennes externes. Pâlies des 5 dernières paires terminées par un tarse presque falciforme. Abdomen compose de G articles dans les deux sexes. On n'en connait qu'une espèce de très petite taille , \'^4. Cranchii (Leach., Malac, pi. 22, fig. C). qui habite la Manche. (M. F,.)

ACHËE. AN.NÉL.— Nom vulgaire des Zombrics, dans quelques parties de la France; d'où les pêcheurs ont appelé ^citées ou Relies les vermisseaux, larves et insectes, dont ils font des appâts pour amorcer le poisson. (C. d'O.)

ACHÉLOITE. Achelois [Achelous, nom mythologique d'un fleuve), moll. — Genre de Céphalopodes siphonifères , établi par Montfort [Conchyliologie systémaiinitc), sur une figure de Knorr, pour une coquille fossile appartenant aux Orthocératites. Foy. ce mot. (A. D'O.)

*ACHEI\"IUM [oLx-n-J, pauvre), ixs.— Genre de Coléoptères pentamères , famille des lirachélylres, établi par Leach, qui n'en a pas publié les caractères, et adopté par M. Dejean. Ce g. est composé de 4 esp., dont \'^. cordaium Dahl. , qui se trouve aux environs de Paris. (D.)

ACHÉIVODE. Achenodium. bot. — Foy.

polakÈne.

*ACHERO\TIA (àx^''''v-'t>,-, de l'Achéron ; myth.). ins. — Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Crépusculaires, tribu des Sphingides, établi par Ochsenheimer et adopté par Latreille. Il a pour type \t Sphinx airopos L. et Fabr., vulgairement appelé Papillon à lêie de mon, parce que la tache de son corselet en représente assez bien la figure. En adoptant ce g. dans noire dtat. méili. des Lépidopi. d'Enropc, nous l'avons caractérisé ainsi : Chaperon large cl 1res proéminent. Yeux gros cl saillants. Anlennes très courtes, droites, presque d'égale grosseur dans leur longueur, légèrement slriées transversalement du côté interne et terminées en crochet. Palpes épais, séparés à leur extrémité et dépassant à peine le chaperon.

Trompe courte et large. Ailes supérieures entières et lancéolées ; angle anal des inférieures arrondi. Corselet ovale, peu convexe, avec un double collier bien marqué et les f pauleltes peu distinctes. Abdomen ovalaire €t légèrement aplati. Pattes courtes, épaisses,

ACH

! avec les crochets du bout des tarses très forts ; cuisses grosses et garnies de poils longs el touffus; ergots des 4 jambes postérieures très courts. Chenilles lisses, rayées obliquement , avec la télé plate et ovalaire , et une corne rocailleuse, contournée en queue de chien sur le ll""^ anneau. Elles se métamorphosent dans la terre sans former de coque. Chrysalide déprimée sur la poitrine , avec une pointe anale bifurquée.

Foy. ATROPOS. (D.)

ACHERIJSIA (Achérusie, caverne mythologique). INS. — Genre de l'ordre des Coléoptères pentamères, famille des Slernoxes, tribu des Buprestides, établi par MM. Gory et Delaporle, qui lui assignent les caractères suivants : Palpes maxillaires de 4 articles ; le !<■'• à peine visible ; le 2'"^ long, cylindrique , arqué; le 3 court, triangulaire; le dernier assez grand, renflé, ovalaire. Labre carré, à angles antérieurs arrondis ; menton large , rétréci en avant , élargi en arrière , arrondi ; lèvre petite , un peu transversale; mâchoire bilobée , velue; lobe extérieur grand, l'intérieur petit, triangulaire. Mandibules fortes, arquées intérieurement, échancrées à l'extrémité. Antennes de 1 1 articles , le l" très grand, les 2 suivants courts et globuleux, les 4 -"«^ et 5™^ grêles , cylindriques, d'égale longueur, les suivants triangulaires , transversaux , élargis extérieurement. Tarses assez petits, à articles presque cylindriques, le pénultième bilobc, ce dernier portant des crochets ; corps assez court, épais. — Ce genre, qui ne figure pas dans le Catalogue de M. Dejean, a pour type VA. Cnildrenii , espèce unique, communiquée aux auteurs par Chiidren, entomologiste de Londres. (D.)

ACHETA (àx£Ta, éolien, pour -hxé-o;, bruyant; épithète donnée par les Grecs à plusieurs insectes qui produisent une stridulation, tels que les Cigales et les Sauterelles) INS. — Cette dénomination est donnée par Fabricius [Ent. syst. ) au g. Grijllus de Geoffroy ; Burmeisler {Handb. der Ent.) l'applique au g. Schizodactylus deJVL BruUé. Foy, ces mots. (El.)

* ACHETARIA (à explétif; x'^^tt,, ca\ité, allusion à l'échancrure du pistil), bot. ph. — Genre de la famille des Scrophularinées, B. Br. , tribu des Gratiolées , Benth., fondé par Chamisso [Linii. II, 5G7), q,ui en limite

ACH

ainsi les caractères : Calice pcntaphylle, bibractéolé. Corolle hypogyne, bi-labiée; lèvre supérieure dressée , plus courte , entière ; l'inférieure trilobée. Étamines 2 , incluses , insérées intérieurement au tube de la corolle; filaments simples, parallèles aux loges des anthères. (Étamines stériles, nulles.) Ovaire 2-locu!aire ; placentas multi-ovulés , soudés de chaque côté à la cloison. Style simple; stigmate échancrc. Capsule 2-loculaire, septifrage, 2-valve ; valves entières ou eourtement 2-fides au sommet, parallèles à la cloison placentifére. Graines nombreuses, très petites. Il ne contient qu'une esp. ; c'est une plante herbacée , un peu velue , dont le port imite celui d'une Mélisse ; ses tiges sont tétragones , à feuilles opposées , eourtement pétiolées , ovales-aiguës , crénelées ; les pédicelles axillaires, solitaires, uniflores, opposées; les corolles pubescentes. Indigène du Brésil. (C. L.)

*ACI1ÉTIDES. Acheiidii ( àx/xa , éol.

pour ri^/Tr,; , bruvanl ). iks — Nom adopté par quelques auteurs pour désigner la famille des Grylloniens de Lalreille. (Bl.)

ACHIAS. INS. — Genre de l'ordre des Diptères, établi par Bosc et adopté par M. Macquart, qui le place dans sa division des Bracliocères , subdivision des Dichœtes , famille des Athéricères, tribu des Muscides. Ce g. se distingue principalement par une modificalion singulière de la tèlc , qui se dilate de chaque côté en un long pédoncule supportant l'œil. Celte forme lui est commune avec le g. Diopsis, dont il se distingue par l'insertion des antennes sur le front. Du reste, ses caractères , suivant M. Macquart , sont : Trompe grande. Palpes fiJiformes de la longueur de la trompe. Épistome saillant ; front transversal, dont les côtés prolongés forment un pédoncule oculifère. Antennes distantes, n'atteignant pas l'épistome ; 2""^ article allongé , cylindrique ; style très court , inséré à la base. Ce g. a pour type VA. oculaïus Fab., originaire de Java. Depuis cet auteur, 2 autres esp. du même g. ont été découvertes au Brésil , savoir : VA. lobularis Wiedm., et VA. dispar du même. (D.)

ACHILLÉE. Achillea {Ji.xtllfii,Achilles, élève du centaure Ghiron , qui lui enseigna la médecine ; allusion au\ vertus attribuées à l'A. Mille -feuille), bot. pu. — Les Achillea sont des herbes vivaces , commu-

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ncs aux 2 continents ; mais la partie orientale de l'Europe australe est le point où les esp. de ce g. se rencontrent en plus grande quantité. Elles ont pour caract. génériques: Capitules mullitlores , hétérogames, disposés en corymbe ; fleurs du rayon au nombre de quatre à six, ligulées, souvent très courtes , difformes , et même parfois complètement avortées ; celles du disque tubulcuses , à 5 dents , à tube obcomprimé. Les fruits ou akènes sont oblongs, glabres, obcomprimés , dépourvus d'aigrette , munis de nervures marginales, qui cependant ne les rendent pas ailés. Réceptacle étroit, quelquefois presque plan, et même allongé en forme de rachis, portant des paillettes oblongues, hyalines, placées entre les fleurs. — Le g. Achillea, aux dépens duquel on a formé le g. Piarmica , et dont on a également retranché un grand nombre d'espèces pour les reporter principalement parmi les Pyrethrum , en renferme encore aujourd'hui plus de cinquante. On emploie la Mille-feuille comme médicament. (J. D.)

ACHILLEES. Achilleœ. bot. ph. — Nom donné par Jussieu à une tribu de la famille des Composées , dont le type était le g. Achillée. Les Synanlhérographcs ont l'cndu depuis cette iribu dans celle des Anthémidées, appartenant à la même famille (DC, Prodr.W ; Endl. Gcn. PL VII). (C. L.)

•ACIIILLELM. spoNG. — Ce g. , de la famille des Spongiaires, a été établi par Scbweiggen pour recevoir les espèces dont le tissu est lacuneux et composé de fibres réticulaires, à surface recouverte d'une couche glutineuse continue, ou ne présentant que des pores très petits. L'Éponge commune est le type de cette division, qui , du reste , n'a guère été adoptée que par Goldfuss , et qui , en effet , ne repose pas sur des caractères suflisants. Ce dernier auteur y rapporte plusieurs Spongiaires fossiles qui ne présentent ni tube, ni excavation centrale, et paraissent être des Éponges proprement dites. (M. E.)

* ACniLUS ((i'x£''o; , dépourvu de lèvre). INS.— Genre de l'ordre des Hémiptères , section des Homoptères, famille des Fulgorelles, établi parKirby [Ceui. of Ins.) sur une seule espèce , provenant de la Nouv. -Hollande, et qui présente les mêmes caractères que les Cixia de Lalreille. (Bl.j

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ACniMEXES. BOT. pir. — Brown a créé sous ce nom un g. qu'il plaçait parmi les Scrophulaires de Jussieu , et que l'Héritier nomma ensuite CyrUla. Scopoli le réunit au Buchnera, L., et Lamarck au Columnea. D'un autre côté,Willdenow fonda sur le même type son g. Treviraiia , qui, malgré l'antériorité acquise au premier de ces auteurs , parait être adopté de préférence. Vahl appliqua ensuite la dénomination >l'Aclwnenes à un nouveau g. de la même famille, tribu des Gratiolées , qui comprend quelques espèces du g. Columnea de Linné. En voici les caractères essentiels : Calice à 6 segments égaux. Corolle hypogyne , infundibuliforme ou campanulée, à limbe subquadrifide, subbilabiéc; division supérieure plus large; tube pourvu intérieurement de 4 écailles. Étamines 4, fertiles, didynames" insérées au tube de la corolle ; les inférieures plus courtes, à Glaments simples; les supérieures insérées à la base de la lèvre inférieure, à filaments allongés, pourvus à la base d'un appendice court et obtus. Anthères 2-loculaires, soudées par paires ; loges conniventes, divariquées , ovaire 2-locuiaire ; placentas multi-ovulés, insérés des deux côtés sur le milieu de la cloison. Style simple, à stigmate biiamellc. Capsule subglobuleuse, 2-loculaire, septifrage, 2-valve; valves membraneuses, entières, planes sur les bords, parallèles à la cloison qui devient libre. Graines nombreuses. — Les Achimènes sont des plantes herbacées, glabres, ayant le port des Sésames; leurs feuilles sontopposécs, dentées ; leurs fleurs en grappes terminales opposées, courtement pétiolées. On les trouve dans l'Inde. (C. L.)

* ACniRlTE. MIN. —Nom emprunté de celui d'Achir Mahmed, qui a découvert ce minéral, roy. dioptase. (Del.)

ACHIIILS (à priv.; x^'P, main ). poiss. — Genre de la famille des Pleuronectes , établi par Lacépéde, et adopté depuis par les ichthyologistes. Semblables aux Soles, les Acldrus en dînèrent par l'absence des pectorales. Ce sont des poissons des mers équatoriales ; on en connaît 4 ou 5 espèces. (Val.)

* ACIIITOIV (à priv.; x'f<^«» tunique, enveloppe). EOT. CR. — Genre de la famille des Hépatiques proposé par Corda, et qui ne peut f Ire adopté , puisque Raddi l'avait plus anciennement désigné sous le nom de lieboul-

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lia. D'ailleurs , comme le remarque Brschoff, le nom de Corda , d'après son étymologie , serait inadmissible, la capsule du genre Reùoiitlia étant munie d'une calyptre. (C. M.) ACHITOMUM, Kunze(àpriv.;xiTuviov, petite tunique), bot. cr.— Genre de Champignons dont les spores sont petites, globuleuses , vides , transparentes, d'une couleur blanche ou légèrement jaune, ou rouge. Elles n'ont aucune enveloppe, et composent, par leur réunion, de petites niasses d'une forme indéterminée, quelquefois sphéroïde, d'autres lois étalée. — Ce g., dont M. Nées d'Esenbeck avait indiqué l'existence dans son Systema der Plize, et qui a été établi par G. Kunze (Flora Oder Hotanisclie Zettuiig, n. 4, 28 janv. 1819), est encore problématique. L'auteur n'en a fait connaître qu'une seule espèce qui croît sur les feuilles du Pinussylrc4(» iv , et qu'il a trouvée dans les environs de Leipzig. (LÉv.)

ACIIMS. MAM. —M. Gray a établi sous ce nom uu genre dans la famille des Ruminants, et dont l'Élan est le type.

*ACHLYA (àx/v:, nom mythologique de la déesse de l'obscurité ). eot. cr. — Ce g., de la famille des Phycées , établi par Nées d'Esenbeck (11"'« vol. des Nov. aci. mu. Citr. ), dilTère-t-il effectivement des Leptomiiusd'Xgardh? Comme il est conservé par Grévillc dans Lindley, nous en donnerons une déflnition prise dans l'auteur lui-même : Filaments tubuleux, continus, simplesou de venant prolifères au sommet un peu renflé, contenant des spores qui , après leur sortie du tube, se réunissent en globules par un mouvement insensible. — L'auteur compare au Mycélium de certains Champignons l'unique espèce de ce genre qui habite l'eau douce. (C. M.) ACIILVS, DC. (âxÀiJç, obscurité), bot. pu. — Genre fondé sur une seule espèce mcomplétement connue: aussi M. De Candolle, tout en le plaçant à la fin de ses Podophyllées , a-t-il voulu, par ce nom , faire allusion à l'incertitude de sa classification. Depuis, MM. Hooker et Lindley ont considéré cette plante comme une Berbéridéc, voisine desZeoHti'ce.Bcrnhardi, au contraire, pense qu'elle doit être regardée comme le type d'un nouveau groupe, tenant le milieu entre les Renonculacées et les Berbéridées. A notre avis , VAchUis ne saurait être éloigné des Aciœa , opinion déjà émise par

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Barlling. D'après la dcscriplinn donnée par M. Hooker [Ftor. ùor. Amer.), cette plante offre les caractères suivants : Calice et corolle nuls. Élaminescn nombre indcflni.hypogynes; filets filiformes, (lexiicux. Anthères subglobuleuses, didymes, inlrorses, dilhèques , bivalves de bas en haut ; bourses confluentes antérieurement ; conneclif étroit. Pistil à ovaire solitaire, 1-Ioculaire, l-ovul6, couronné par un siigmate ovale, concave ; ovule attaché au ftjnd de la loge; fruit et graine inconnus. — Herbe vivace , acaule ; feuilles radicales longuement pétiolées , 3-foliolées ; folioles grandes , llabellifonncs , sessilcs, incisces-denlées ; hampe nue , dressée , terminée en épi nu ; fleurs petites , rapprochées. VAchhjs est indigène du N.-O. de l'Amérique. (Sp.)

ACIILYSIA (Achlys , déesse de l'obscurité ; d'à^^v; , brouillard), arach. — Î\I. Audouin a désigné sous ce nom un genre d'Arachnides appartenanlà l'ordre des Acarides ; mais M. Dugès , dans les Mémoires qu'il a publiés sur cet ordre, a démontré que le g. Aclilijsia n'était autre chose qu'un Hijdrachine qui n'avait pas encore aileinl son entier développement. (H. L.)

ACIimiTE, et mieux AKMITE (àxp./,', ipointe , à cause de la forme aiguë de ses cristaux). MIN. — Minéral découvert par Slrom dans la commune d'Eger, en Norwége. Il est d'un brun noirâtre ou d'un vert sombre , en prismes obliques rhomboidaux , très allongés, clivables parallèlement à leurs faces longitudinales. Ces prismes se terminent par des sommets très aigus, à 2 ou à 4 faces. L'inclinaison des faces latérales estde 80" 5C', €t celle de la base sur chacune d'elles est de 100". 11 est vitreux et assez dur pour rayer le verre. Sa pesanteur spécifique est de 3,24. Il fond aisément au chalumeau en un globule noir. Ce minéral est, d'après Berzclius, composédc Silice 65, 25, d'oxyde de Fer 31, 25, de Soude 10,40, d'oxyde de Manganèse 1,08, et de Chaux 0,72. — On le trouve engagé dans du Quartz , au milieu de roches granitiques et syénitiques. Il est remarquable par J'analogie de sa forme avec celledu Pyroxéne, malgré la différence de composition de ces 2 espèces. (Del.)

•ACIINAIVTIIELLA (diminutif A'^chna)iihes ; â^jv/-,, duvet ; av6/), (leur), bot. cr.— Genre de la famille des Algues, proposé par

ACH

Gaillon , et réuni au g. Achnanthes. (C. l.) ACII\AIVÏHES («xv»,, paillette; «,&„, fleur). BOT. CR. — Genre établi par M. Bory- Sainl-Vincent pour une Algue microscopique qui se présente sous la forme d'une petite lame rectangulaire, pédicellée latéralement et obliquement , de manière à former une sorte de petit étendard. La laine n'est point continue , mais composée de plusieurs petites bandes parallèles qui paraissent être autant d'articles composant la plante— On en connaît 8 ou 10 espèces, différant entre elles par la longueur du pédicule et par le nombre ou la courbure des pièces dont se compose leur lame rectangulaire. Les unes sont marines , les autres se trouvent fixées aux plantes marécageuses dans les eaux douces. M. Ehrenbcrg , qui les range parmi les Infusoires, ainsi qucles autres Diatomées, leur suppose des estomacs non réunis par un intestin, et des prolongements charnus et variables servant de pieds. (Duj.)

ACIIIVATHERUM (i^vï) , duvet; 6«poç^ été , etc. ). EOT. PH. — Le genre établi sous ce nom par Palisot de Beauvois dans son Af/rostograpliie , et qui comprenait, entre autres espèces , les Agrostis calamagroslis L., millaccu , ou Arurido lanceolala Kœl. , n'a pas été généralement adopté. Les diverses espèces que Deauvois y avait réunies appartiennent en en"et à des g. différents. (A. R.) ACHAERIA (a^vn , duvet), bot. pu. — Genre de la famille des Graminées , proposé par Palisot de Beauvois pour quelques esp. du g. Eriachne , auquel les auteurs le laissent réuni. (c. L.)

ACIIKODOIV'TOIV ((i'xvy), paillette; ô^ovç, cvToç.denl). BOT. PH. — Genre de la famille des Graminées , établi par Palisot de Beaubois pour quelques espèces de Phleum , mais qui n'a pas été généralement adopté.

(A. R.) "ACIIORLTES {kxôpivroc, , qui ne saute pas, triste), ins.— Genre de l'ordre desThysanoures , famille des Podurelles, établi par Templeton [Tram. Soc. eut. Loiid.), et dont les caractères distinclifs son'- : Antennes du 4 articles plus courtes que '.a tète. Queue obsolète. L'esp. type de ce g. est l'A. duùius Temp., trouvée sur l'eau , à Cranmore.

(H. L.) *ACHRAS. EOT. PH. — Syn. latin de Sa potillier. fC. L.)

ACH

* ACimOAIVTHES ( axp"? . incolore ; av- 0*1 , fleur). BOT. PII. —Genre de la famille des Orchidacées , Liiidl., fondé par Raflncsque iNew-York Med. Ilep.) , et réuni au genre Microstylis , Nutt. f^oyez mickostylis.

(G. L.) "ACeROI-A («XP<»«. pâleur), ns. — Déïiominiition appliquée par Curlis {Brit. Enîom.) àun genre de l'ordre des Lépidoptères, îribu des Tinéilcs, trop voisin des Galleria pour en être distingué , et dont le type est le G. alvearia Fab. {^^■)

*ACeROMOLE\'A ( à priv. ; XP"f^« - <^ouleur; ),arva, enveloppe), bot. pu. — H. Cassini a donné ce nom à un g. de plantes de la famille des Composées , originaire de la Nouv.-Hollande ; M. de Candolle le réunit comme section au g. Cassinia de Brown.

(J. D.) •ACRISON (axpv^o;, sans or), ins. — Genre de Coléoptères télramères , famille des Longicornes, tribu des Cérambycins, établi par M. Serville dans sa monog. de cette famille. Ses caractères sont : Palpes 4, courts, égaux. Corseletcylindrique, mutique, point inégal ni rugueux en dessous, allongé , évidemment plus long que la tétc. Antennes velues, plus longues que le corps; dans les mâles (femelles inconnues) de 11 articles; le Z'"' et le 11»"' assez longs. Pattes longues ; cuisses point en massue , un peu élargies et comprimées. Élylres terminées chacune par une épine médiane et non suturale ,très distincte ; elles ont leur angle humerai saillant cl accompagné intérieurement d'une excavafion arrondie , très prononcée ; écusson petit, triangulaire. Corps allongé. —Ce genre a pour type le Slenocorus cncnmjlexits Fab. [Cerumbijx circumjlexus Oïi\ .) , de l'Amérique méridionale. (D.)

ACIlUl'ALLA , Humb. bot. ph. — Syn. de PoHrenîu,RuizetPav.

ACIll'MlJS , Soland. bot. pu. — Synon.

de Trophis , P. Br.

•ACUYRACIIiEIVA {ax"P°>' . paiHe, à priv. ; x"^'"" ' j'ouvre ; l'akène est indéhiscente). BOT. PH. — Plante de la famille des Composées, originaire de la côte N.-O. de l'Amérique, ayant le port des Scorsonères, blanchâtre, à tige simple, monocéphale.

Voici ses caractères : Capitule inulliflore ; fleurs du rayon stériles, petites; celles du disque hermaphrodites. Anthéresdépourvues

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d'appendices basilaires. Branches des styles pubescentes, presque cylindriques. Akènes allongés , atténués à la base , striés longitudinalement; ceux du rayon dépourvus d'aigrettes ; ceux du disque surmontés par une large aigrette 2-sériée , composée de 10 écailles membraneuses , obtuses; les 5 extérieures au moins de moitié plus courtes que les 5 intérieures qui entourent le tube de la corolle. Réceptacle plan, portant une rangée d'écaiiles placées entre les fleurs du rayon et celles du disque ; le reste de sa surface nu , marqué d'alvéoles bordées de fimbrilles très fines. (J. D.)

ACFIYRAlMTnES, L. (à'xvpov, paille ;âv9y), floraison ). bot. pu. — Genre de la famille des Ainarantacées. Martius, dans sa monographie de celte famille, lui assigne les caract. suivants : Calice 5-sépale, régulier, accompagné d'un caliculede2 folioles en général spinesccntes. Androphore cupuliforme ; 10 filets, alternativement anthérifères et stériles; ceux-ci dentés ou fimbriés; anthères (iithèqucs. Style indivise ; stigmate capitellé. Péricarpe membraneux, indéhiscent, monosperme. — Herbes ou sous-arbrisseaux; feuilles opposées; fleurs scaricuses, disposées en épisaphylles. Dans ses limites actuelles, ce g. ne renferme qu'environ 12 esp., dont la plupart croissent dans la zone équatoriale, et quelques ujies dans la région méditerranéenne. (Sp.)

•ACIIYRASTRUM {âyypov , paille ; âVtpov, étoile), bot. pu. — Ce nom a été proposé par Necker pour quelques plantes du groupe des Chicoracées , qu'il séparait des Hiioseris et élevait au rang de genre; M. De Candolle, au contraire, le regarde comme synonyme. L'aigrette qui surmonte le fruit est formée alternativement par des écailles membraneuses, plus courtes les unes que les autres, et présentant, lorsqu'elles sont étalées, quelque ressemblance avec une étoile : disposition qui a servi à Necker pour caractériser ces plantes. (J. D.)

ACHYRIDÉES. Achyrideœ. bot. pu. — Sous-division des Chrysocomées, appartenant à la tribu des Astéroïdées, de la famille des Composées. , (J. D.)

ACHYRITES. min. — Synonyme de Calcaire oolitique. (Del.)

' ACHYROCLIIVE (5x"pov, paille; x^cvy, , lit). BOT. PH. — Ce genre , qui apj)artient a

A en

la famille des Composées , dilTcre des Gna~ plttilium par les fleurs 1-sériées du rayon, des Hcliriirysuiii par ses fleurs femelles, plus nombreuses que les hermaphrodites , et de tous deux par un port particulier qui les rapproche presque des Sienocliue. — Ce sont, en général , des végétaux de l'Amérique, à feuilles sessiles ou décurrentes, alternes, liniaires, presque toujours tomenteuses, à foliolesde l'involucre jaunesou rousses. (J. D.)

' ACHYROCOMA (a^vpov , paille; xU-n , chevelure), eot. pu. — Genre de la section des Vernoniées-protolypes de Cassini, et que 31. De Candollc réunit aux J^emonia. (J. D.)

ACIIYUOMA, Wendl. («x^pov, paille).

BOT. PH. — Genre de la famille des Légumineuses, sous-ordre des Papilionacées, tribu des Lotées, section des Génistées. Ce g. a été superficiellement constitué par Wcndland, qui lui attribua les caractères suivants : Calice 5-denté ; dent inférieure allongée, 2-fide. Étamines diadelphes (9 et 1). Légume comprimé, polysperme. — On n'ensignalequ'une seule espèce ; c'est un arbrisseau indigène de la Nouvelle-Hollande, à feuilles simples, à fleurs jaunes, axillaires, pédicellécs. (Si».)

ACHYROPAPPUS (S^vpov , paille ; ^^tzwoç , aigrette), bot. ph. — Ce g., do la famille des Composées , semble à peine différer du Schkiihria; il a pour caractères : Involucrc à 5 folioles très obtuses , quinconciales. Réceptacle nu , alvéolé. Fleurs du rayon , au nombre de 3 ou 5, femelles ; celles du disque dépassant à peine l'aigrette, qui est composée de C-8 écailles membraneuses, obovées, mutiques. Branches des styles terminées par de courts appendices. Akènes noirs, linéaires , à 3-4 angles assez prononcés. — Les ^■ichyropappus sont des herbes annuelles , originaires du Mexique. — IJAcIniropappus, Bieb., est syn. de Tricholepis, DC. (J. D.)

ACnYROPIlORUS (âxvpov, paille; «popoç, porteur). BOT. PU. — D'après M. de CandoUe, ce g. diffère uniquement des Hypocliœris par son aigrette 1-sériée, plumeuseetnon dilatée, par son involucre hémisphérique ou campanule. Il est intermédiaire entre ce dernier et le Seriola, avec lequel il a de l'affinité par son involucre 1-sérié. — F.es IS à 20 esp. qui composent ce g. sont pour la plupart des herbes vivaces, communes aux deux hémisphères. (J. D.)

•ACBYROSPERMUM, BI. (Sx^P»". paiile ;

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aircpuct, graine), bot. rii. — Genre de la famille des Labiées, tribu des Stachydées.sous- Iribu des Ballotées. Suivant Bcntham [L^thiai., G43), les caractères de ce genre sont: Calice ample , subbilabié ; lèvre supérieure dressée, 3-fidc ; lèvre inférieure un peu plus courte, horizontale, 2-fide. Corolle plus longue que le calice; lèvre supérieure courte, dressée, échancrée; lèvre inférieure semi-3fine, concave, à lobe moyen plus grand. Étamines 4 , subisomètres , ascendantes ; filets nus ; anthères à bourses confluentes. Style très légèrement 2-fide. Akènes garnis au sommet et au dos de paillettes membraneuses. — Herbes ou sous-arbrisseaux à feuillesdentées, mollement pubescentes. Faux verticilles agrégés en épi terminal. Les espèces de ce g. habitent Java et Madagascar. (Sp.)

'ACIA. BOT. PH. — Synonyme du genre Acioa, Aubl.

ACIAJVTIIE. AciantliHS ( axî? , pointe ; av9oî, fleur). BOT. PH. — Pi. Brown a nommé ainsi [Prodr. F lorœ Nouvelle-Hollande, t. I, p. 321) un g. de la famille des Orchidées, tribu des Malaxidées, qui se compose de 4 espèces, toutes originaires de l'Australie. Ce sont de petites plantes grêles et dépourvues de poils , ayanldes tubercules charnus, entiers et nus , une lige portant à sa base une seule feuille cordiforme, réticulée, brune en dessous,et des fleurs également brunes, tantôt solitaires , tantôt disposées en épis. Les 3 divisions extérieures du calice, longuement acuminées et libres , sont rapprochées ; les 2 intérieures très petites , également acuminées; labelle libre, entier, ollrant 2 callosités à sa base. Gynoslème semi-cylindrique, un peu renflé dans sa partie supérieure , qui porte une anthère terminale et 2-loculaire. Stigmate ovoïde et transversal. Masses polliniques au nombre de 8. (A. R.)

ACICARPHA (àxvj, pointe ;xap;po;, fétu de paille), bot. ph. — Genre de la famille des Calycérées, établi par Jussieu [Ann. Mus., II, p. 347) et adopté par L. C. Richard (.'Ww,' Cal.), qui en a donné les caract. suivants: Fleurs réunies en capitule ; involucre de 4 à 5 folioles soudées par leur face interne avec les ovaires les plus extérieurs. Fleurs de la circonférence fertiles ;lescentrales beaucoup plus nombreuses et stériles; ovaires tous soudés ensemble. Divisions du calice terminées en pointe épineuse dans les fleur»

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fertiles. Corolle longuemenl tubuleuse, à 5 divisions égales. Étamines soudées par leurs filets et la plus grande partie de leurs anthères, insérées vers la partie supérieure du tube de la corolle. — Ce g. se compose de 2 espèces herbacées, à feuilles alternes ; l'une, A. tribuloides Juss., croît aux environs de Buénos-Ayres ; l'autre, >^. spalhulaia, est commune dans les lieux sablsnneux aux environs de Rio-de- Janeiro.

On ne sait trop pourquoi Cassini a substitué le nom de Crypiocarpha à celui d'Acicarpha. (A. R.)

ACICL'LAIRES (feuilles). Folia aciciilaria (c'est-à-dire en forme d'aiguille, acus). BOT. PH. — On appelle ainsi, en botanique, des feuilles étroites, linéaires, à peu près cylindriques, ayant une certaine rigidité, comme celles de plusieurs espèces de Pins. — Se dit aussi en minéralogie d'un cristal tirant son origine d'un prisme qui s'est aminci et allongé en forme d'aiguilles. (G. d'O.) 'ACICULÉ. Aciculaïus [acus, aiguille; d'àxi';, pointe). BOT. PH. — Se dit quand la surface du tégument propre de la graine est marquée de lignes ou raies très fines et sans ordre, qui semblent avoir été tracées avec la pointe d'une aiguille. (G. d'O.)

ACICLLES. Aciculi [acus, aiguille; d'âxt'^, pointe ). ANNÉL. — Les Acicules, ainsi nommés par Savigny,sontdes soies subulées ou sans crochets qui se distinguent des soies proprement dites, parce qu'elles sont plus grosses, droites , coniques et d'une couleur plus foncée. II en existe seulement 1 ou 2 à chaque pied ; elles sont renfermées dans une gaine particulière, et le plus souvent rentrées dans l'intérieur des mamelons sétigères, qui portent le nom de pieds chez les Annélides. (L. D. y. r.)

* XGVÛWAE.Aciâalia (surnom de Vénus).

i.NS. — Genre de Lépidoptères nocturnes de la tribu des Phalénites de Lalreille , qui correspond au grand g. des Phalènes-géomètres de Linné , établi par Treitschke et que nous avons adopté avec quelques modifications [Hisi. nal. des Lépid. de France), en lui assignant les caractères suivants : Antennes ciliées dans les mâles et simples dans les femelles. Bords terminaux des ailes simples et entiers. Corselet étroit et squameux. Les 4 ailes traversées par des lignes parallèles, tantôt droites , tantôt ondulées ousinuées, et

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dont le nombre varie de trois à cinq sur un fond uni : un point au milieude chaque aila sur le plus grand nombre des espèces. Palpes très courts. Trompe longue. Chenille eOilée, sans tubercules, à anneaux bien distincts et à tête arrondie. Chrysalide contenue ordinairement entre des feuilles retenues par quelques fils. La plupart des Acidalies se trouvent dans les clairières des bois, oùcroissent de hautes herbes ; quelques unes seulement volent dans les prairies; toutes ne paraissent qu'une fois par an , cl le plus grand nombre en juillet. Nous en avons fait connaître I9 esp. , parmi lesquelles nous citerons comme type, \'A. pallidaria des auteurs, très commune en juin et juillet dans tous les bois. (D.)

'ACIDALIE. Acidalia (surnom de Vénus).

INS. — Genre de Coléoptères tétramères, famille des Chrysomélines, proposé par M. Chevrolat et adopté par M. Dejean, mais dont les caractères n'ont pas été publiés. Il ne comprend qu'une esp., VA.variaiisSlutm., originaire du Brésil. Si ce g. est conservé, le nom A' Acidalia devra être changé , attendu qu'il a été appliqué depuis longtemps à un g. de Lépidoptères. (D.)

* ACIDAIV'DKA, Mart. (àxi,-, pointe ; àvrip, àv^po; , homme, par extension éiamine). bot. PH. — Syn., suivant Vogel, du g. Zollemia , Nées. (Sp.)

ACIDES. CHiM. et MIN. —Dans l'état actuel de la Chimie, il n'est peut-être pas possible de définir rigoureusement ce que l'on entend par Acides; mais on applique généralement cette dénomination à des substances composées , douées d'une saveur aigre , rougissant la couleur du tournesol et celle de la violette, neutralisant d'une manière plus ou moins prononcée les propriétés des Oxydes métalliques et produisant avec eux des Sels, c'est-à-dire des combinaisons dont les Acides sont négatifs et les bases positives. Lorsque la solubilité manque dans un Acide, comme, par exemple, dans la Silice, la propriété de rougir les papiers-réactifs fait également défaut; mais celle de s'unir avec les bases n'en existe pas moins , et c'est là le caractère essentiel de l'acidité.

Les Acides sont très nombreux, et quelques uns occupent une place importante dans les applications de la chimie aux arts, à l'industrie et à la médecine. Tels sont les Acides sulfurique , nitrique , hydrochlo-

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ritjue, acétique, oxaliquf, hydrocijaiiique, etc.

Les uns sont produits exclusivement par il nature, les autres exclusivement par l'art. O'.iclques uns sont tout à la fois les produits de l'art et de la nature.

I,es Acides que la nature nous présente et que les Chimistes ne sont pas encore parvenus à produire , appartiennent au règne organique ; ce sont les Acides nialiqiœ, pectiqiie, buinique, caprique, capiohjue, cévadique, hirciqtie, phocéiiiqite, valériane, sléarique, marluiriqiie , oléiqne, ricinique, palinique, esculiqiie , tarir ique, i:i trique, lanniqtte , gallique , ijuinique, hippurique etiirique. Ceux qui sont les seuls produits de l'art sont les Acides chloreiix, chlorique, perchlorique, hijposiilfurique , phosphoreux , hijpophosphoreux, xélénieux, sélénique, bromique, iodique , périodique , niireux , chrnmique , pijrogallique , oxalliijdrique ou saccharique, siibérique , carbazotique , indigoiique , manganique , permanganique, mucique , osmique ; enfin la plu()art des Acides pyrogénés.

Les Acides qui sont tout à la fois les produits de la nature el de l'art sont les Acides sulfureux, sulfurique, pliosphorique, carbonique, borique, chromique, acétique, allanloïque, arséuieux, arsénique , benzoïque, succinique, oxalique, fumarique , acoititique et hijdrocya- >ii(iu<i.

Il n'est pas douteux que l'on ne puisse parvenir un jour à préparer artificiellement, non seulement tous les Acides , mais encore toutes les matières organiques que l'on trouve dans la nature. C'est au moins ce que tendent à faire croire les découvertes qui se sont succédé depuis un demi-siècle.

La plupart des Acides contiennent de l'Oxygène au nombre de leurs éléments ; et jusqu'à r.crthollct , on avait même cru qu'ils en renfermaient tous: mais cet illustre cliimisle a dcmontréque le Soufre, le Chlore et quelques autres corps, en s'unissantà l'Hydrogène, formaient des composés véritablement acides.

On leur a donné le nom d'Hijdracides , pour les distinguer des autres qu'on appelle Oxacides. Les principaux Hydracides sont les KcXAtihydrochlorique, hydrobromique, lujdriodique, hydroiJuorique et hydrosuif urique. Les 4 premiers sont fortement acides au goût, rougissent le papier de tournesol, el neutralisent complètement les propriétés des Alcalis , de la Potasse el de la Soude, par exemple.

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Les opinions des chimistes sont partagée* sur la nature des combinaisons qui résultent du contact des Hydracides avec les Oxydes métalliques , quand la combinaison s'effectue dans l'eau et que cette combinaison se dissout. Les uns admettent que l'Hydracide et l'Oxyde s'unissent purement et simplement, de telle sorte que l'Acide hydroclilorique et la Soude, par exemple, forment de l'Hydrochlorate de Soude, tandis que les autres, et c'est le grand nombre, pensent que l'Hydrogène de l'Hydracide forme , avec l'Oxygène et l'Oxyde , de l'eau qui se sépare, tandis que le métal s'unit à l'autre élément de l'Hydracide ; qu'ainsi, dans l'exemple précédent , l'Hydrogène de l'Acide hydrochloriquc forme de l'eau avec UOxygène de la Soude (Oxyde de Sodium), et le Sodium avec le Chlore du Chlorure de Sodium. Nous aurons occasion de discuter plus tard ces deux théories. Nous verrons au mot sel que l'on a proposé de considérer tous les Acides aqueux comme de véritables Hydracides.

Parmi les Acides , il n'en est qu'un petit nombre que l'on soit parvenu à obtenir sans eau. Ils en contiennent presque toujours une certaine quantité qu'on ne peut leur enlever sans les détruire. C'est ainsi que l'Acide nitrique le plus concentré en renferme un atome. H a pour formule AZ' O^ -j- H^ G. Lorsqu'on la lui enlève par l'Acide sulfurique, ou par tout autre moyen , il se change aussitôt en Acide hyponitrique et en Oxygène; AZ^ O- devient AZ" O' + O. L'Acide oxalique desséché dans le vide, ou sublimé, a pour formule : C'O^ -f- H^O, c'est-à-dire qu'il renferme un atome d'.\cide réel, anhydre , et un atome d'eau. Quand on enlève cette dernière, C' O^ se change en CO et CO', c'est-à-dire en Oxyde de carbone et en Acide carbonique.

L'eau de cristallisation des Acides est tou jours en proportion définie , et il y a con stamment un rapport simple entre l'Oxy gène de celte eau et l'Oxygène de l'Acide même. Ordinairement pour un atome d'Acide , on rencontre un atome d'eau. Le même Acide offre quelquefois plusieurs degrés d'hydration , comme, par exemple, les .\cides oxalique , borique , sulfurique ; mai§ ces cas sont assez rares.

Il y a des Acides qu'on ne connaît que dans les sels; lorsqu'on cherche à les séparer de»

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bases, ils se décomposcnl aussilot par suite d'une réaction qui s'opère entre leurs éléments. L'Acide hyposulfureux est de ce nombre. Il a pour formule S' 0< dans les hyposulfiles; aussitôt qu'on l'en retire, il se change en atomes égaux de soufre et d'Acide sulfureux. »

Les Acides se combinent toujours avec une quantité déterminée de base ( d Oxyde métallique ) , et cette quantité dépend constamment de celle de l'Oxygène contenue dans la base. Plus il y a d'Oxygène dans celle-ci pour la même quantité de métal , plus il faut d'Acide pour la saturer ; ainsi quand on sature de l'Acide nitrique, de l'Acide sulfurique ou tout autre Acide avec plusieurs bases dilTcrentes, un poids donné d'Acide se combine avec une quantité de ces bases , qui varie de l'une à l'autre, mais où la quantité contenue d'Oxygène est la même pour toutes.

Si l'on cherche le poids des différentes bases nécessaires pour neutraliser 501,16 d'Acide sulfurique réel , on trouve qu'il en faut :

35G,03 de Chaux.

258,35 de Magnésie.

300,90 de Soude.

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