‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelleChapitre 46 sur 129 · TOM · texte numérisé non relu

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selon Cuvier à un seul doigt et aux rudiments de 2 autres. Sur toute la longueur de ce membre, sont implantées de longues plumes, fermes , élastiques , qui, par leur rapprochement, forment ces rames au moyen desquelles l'oiseau frappe et fend l'air. Les plus extérieures de ces pennes se nomment primaires; elles sont au nombre de 10 (e) et sont attachées à la main. Les suivantes , nommées secondaires (/) , varient en nombre et adhèrentà l'avanl-bras; enfin les plus rapprochées du corps ou tertiaires sont fixées sur l'humérus. L'os qui représente le pouce , porte encore quelques pennes nommées bâtardes, petites , presque atrophiées , et que M. Swainson dit être au nombre de 10 comme les primaires [g). Toutes ces pennes sont recouvertes à leur base par plusieurs rangées de plumes courtes et moyennes, désignées sous les noms de petites , moyennes et grandes couvertures. Celles-ci sont supérieures et inférieures aux pennes. Toutes les inférieures sont faibles, à tuyaux trèsdéliés, et ne donnent à l'aile aucune fermeté. Parmi les supérieures , au contraire, les grandes , qui sont en nombre égal à celui des pennes, leur sont contiguës à leur base, dans une certaine étendue de leur tuyau , et semblent les doubler en dessus. Celles qui recouvrent les secondaires leur sont de beaucoup inférieures en grosseur; mais celles qui sont accolées aux primaires ont un tuyau singulièrement gros, vu leur peu de longueur, égalant presque celui de ces primaires , et leur sont tellement adhérentes à leur base ainsi qu'entre elles, qu'elles doivent doubler la fermeté et la force résistante de la main. La forme de« pennes, leur plus ou moins de longueur "' de fermeté, modifientàl'excès l'action du vo chez l'oiseau. On peut toutefois poser en principe que les ailes allongées, pointues el étroites par suite de la décroissance rapide des primaires et de la brièveté des secondaires et des tertiaires, sont les plus favorables au mécanisme d'un vol puissant et facile. Les Martinets, Hirondelles, Colibris, Oiseaux- Mouches, les vrais Faucons, et, parmi Ict Palmipèdes, les Frégates, les Hirondelles d« mer, lesAlbatros et les Pétrels, appuient cette assertion {K.Jig.2, l'aile du Martinet; les primaires [f), les secondaires (y). Par opposition, l'aile couite. arrondie et large, estl'in-

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ûication d'un vol court et faible, comme celui du Troglodyte [fig. 3), ou d'un vol précipité et bruyant, mais de peu de durée, comme celui dos Gallinacés {Jig. 4 , l'aile de la Perdrix). Dans ces 2 cas, les primaires sont courtes , presque égales entre elles, et d'une dimension voisine de celle des secondaires et des tertiaires. Ce caract. de brièveté se remarque particulièrement dans les Plongeurs ou Brachyptères de Cuvier, chez les Plongeons, les Pingouins ; il est porté au maximum chez les Manchots {tig. 6) , chez les Autruches , et chez tous les Brévipennes de Cuvier, où l'aile osseuse est tellement réduite, qu'ellese trouve hors de toute proportion avec la dimension de l'oiseau. Entre ces 2 extrémités, les formes et les propriétés qui en dépendent sont modifiées à l'infini.

Chez un assez grand nombre d'Oiseaux , U's primaires sont échancrées et rétrécies à quelque dislance de leur sommet, comme chez les Pigeons et les Faucons {Jig. 6). Il est présumabie que ce rétrécissement des premières pennes vers la pointe rend ces oiseaux aptes à fendre l'air avec plus de puissance. Mais il en est d'autres chez lesquels quelques unes des 1'^' pennes se rétrécissent tellement lout-à-coup, qu'elles en deviennent quelquefois filiformes à leur extrémité , comme chez les Coqs de roche {ftg. 7). Certains Coiingas , beaucoup de Tyrans, de Pepoazas et de Mou- :herolles d'Amérique, sont dans le même îas. Quelquefois, la 1" ou même la 4^ penne éprouvent seules cette modification comme :hez les Bêcardes, le Coiinga-omlle'Jîg. 8). 3ette particularité a«t-elleun but d'utilité, ou a'est-elle qu'un Jeu de la nature, comme les huppes et autres ornements? c'est ce qu'on gnore entièrement.

En observant avec attention le squelette de l'aile, nous avons reconnu que des 3 parties qui le composent, l'avant-bras est celle dont la longueur ou la brièveté influe le plus puissamment sur la qualité du vol. En efl"et, quelles que soient les dimensions comparatives de l'humérus , le vol est facile ou même rapide si l'avant-bras est long, soit qu'il dépasse de beaucoup la longueur de cet humérus comme chez les Jlartinets, Hirondelles, Colibris; soit qu'il ne la dépasse que modérément comme chez les Oiseaux de (iroie diurnes, les Totipalmes, les Échastiers voyageurs; soit enfin qu'il lui soit «^^al

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comme chez les grands voiliers ; maïs danj ce dernier cas , ces 2 parties et même la 3"" sont d'une longueur prodigieuse. L'humérus, au contraire, qui fait levier dans le vol, peut, sans nuire à la rapidité ni à la puissance de celui-ci , être très court , réduit presque à ses apophyses d'articulations, comme chez les Martinets , Hirondelles, Colibris et les meilleurs voiliers. Alors, toutefois, ces apophyses ont un développement énorme, favorable à l'insertion des muscles moteurs. Quant aux os de la main, ils semblent avoir gagné en longueur et en largeur ce que l'humérus a perdu de ses proportions. Tous les Oiseaux, pourvus de ce genre d'aile osseuse, ont un vol très rapide ou très facile, comme nous l'avons déjà dit.

Chez les Oiseaux à vol précipité et bruyant , mais de peu de durée ( Gallinacés) , l'avantbras est très court, et d'une longueur égale à l'humérus et au carpe; ces 2 parties sont par conséquent fort peu développées. Chez les Canards dont le vol , sans être très facile, est aussi à battemeiits précipités, mais de plus longue durée que chez ces derniers, on retrouve dans ces 3 parties des proportions presque semblables aux leurs. Chez les Plongeons et les Grèbes, elles ont plus de développement; mais chez les Guillemots et les Pingouins, l'humérus, dont la longueur est médiocre , se termine par un avant-bras plus court encore ; aussi ces esp. volentelles très faiblement. L'avant-bras du granJ Pingouin, qui ne vole pas du tout, est remarquablement court. Enfin, chez les Manchots, entièrement prives de la faculté du vol et qui n'ont pas même vestige de plumes sur les ailes IJig. 6) , les 2 premières parties sont très courtes, cl la 3"" plus longue; mais toutes 3 sont élargies, comprimées et transformées en véritables nageoires, qui ne servent à ces oiseaux que pour la natation ou l'immersion.

Conduits par nos propres observations à donner à Wlile, considérée sous le rapport des formes terminales, desqualilicationsdifférentes de celles dont se servent habituellement les ornithologistes, nous avons adopté les épilhètes dont s'est servi M. Isidore-Geoffroy- St-Hilaire dans la même occurrence. Comme ces expressions sont encore peu connues, nous croyons devoir donner ici quelques explications a ce sujet.

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On est dans l'usage de désigner, assez improprement, par ailes courtes ou longues, celles dont les rémitics primaires , lorsque l'aile est pliée, paraissent telles comparativement à la queue, sans égard à l'ensemble de leurs dimensions réelles. Cependant, l'aile se composant de 3 parties distinctes, reployécs l'une sur l'autre dans l'état de repos , et qui sont l'humérus ou le bras , l'avant-bras et la main, il arrive souvent qu'en les déployant, on reconnaît des ailes tr6s longues, quoique les pennes primaires implantées sur la main soient assez courtes. Souvent aussi le contraire se présente, et une aile de longueur médiocre peut, lorsqu'elle est développée , se terminer par de longues rémiges. Chez les Albatros, par exemple, dont l'aile est démesurément longue, la dimension modérée des primaires, n'en laisserait point deviner l'étendue quand elle est pliée. L'aile des Éperviers, des Autours, classée jusqu'ici parmi les moins longues, courte , il est vrai , quant aux rémiges , présente, si on la déploie, une envergure proportionnellement aussi étendue que celle des Faucons, considérée d'ordinaire comme longue, attendu que ses primaires sont plus allongées que celles des Autours.

En comparant un squelette d'Epervier à celui d'un Faucon-cresserelle, on reconnaîtra facilement que chez le premier, la réunion de l'humérus, de l'avant-bras et du métacarpe, offre un plus grand développement que chez le second, expérience à laquelle on ne s'attend pas, d'après les définitions ordinaires des caractères extérieurs de ces Oiseaux.

Il nous a donc paru logique de ne désigner par longueur d'une aile, que celle de ce membre entièrement déployé ; et par longueur des primaires, ce qu'on a appelé jusqu'ici la longueur des ailes et qui n'était réellement que celle de ces 1"' pennes.

En employant les termes d'aile aiguë ou obtuse, pour exprimer la manière dont se termine l'organe du vol chez les oiseaux , nous faisons un emprunt à M. Isidore-Geoffroy-St-Hilaire, qui s'est servi de ces expressions, dans son mémoire intitulé : Considérations sur les caract. employés en Ornithologie, etc., et dans son dernier Cours d'Ornithologie. Nous reconnaissons donc comme lui , 5 formes principales dans la terminaison de l'aile: 1° l'aile aiguë, dont la seconde

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rêmige primaire est la plus longue , comme chez les vrais Faucons; se subdivisant en aile sur-aiguë, dont la V rémige égale ou surpasse la 2™', comme chez les Langrayens, les Hirondelles , les Colibris , et en aile subaiguë, dont la 3"" égale la 2"% comme chez les Vautours et un grand nombre de Passereaux; 2° en aile obtuse, dont la 4™' penne est la plus longue de toutes , comme chez les Aigles et la plupart des Gallinacés; se subdivisant en aile sub-obtuse, où-la S""» penne devient égale ou super, à la 4™= (Brèves, vrais- Kakaloës, etc.), et en aile sur-obtuse, etc. Nous ajouterons avec le même auteur, et d'après nos propres observations, qu'en établissant ces 6 types dans l'ordre suivant : 1» ^éile suraiguë; 2° aiguë; 3° sub-aiguë ; 4" sub-obtuse; 5» obtuse; 6° sur-obtuse, chacun d'eux diffère peu de celui qui le précède et de celui qui le suit immédiatement. Cette différence ne suffi t pas pour en produire une notable dans le vol , tandis qu'il en est tout autrement, si l'on compare entre elles deux de ces formes placées à quelque intervalle l'une de l'autre. Il en résulte encore que 2 formes voisines peuvent se trouver réunies dans un même genre, tandis qu'il est très rare que dans un genre vraiment naturel on puisse remarquer des formes d'ailes assez différentes pour ne pas figurer immédiatement à la suite l'une de l'autre. Ces six variétés de la forme de l'aile ne pouvant au premier abord se graver dans la mémoire, nous avons cru rendre service à nos lecteurs en les dessinant au bas de la planche (Oiseaux, PI. C. fig. 9. ) dans l'ordre indiqué ci-dessus. (Lafr.)

AILFEK. BOT. PH. — Dénomination vu!

gaire, appliquée dans le midi de la France i deux esp. d'Aulx [Allium sphœrocephalum , carinalum). (C. L.)

AILLAME. BOT. pn. — Nom vulgaire, dans quelques parties de la France, du Sop hier des Oiseaux [Sorbus aucuparia L.). (CL.)

AILUKUS (a^oupo; , chat , belette), mam.

— 5yn. latin de Panda, f^. ce mot.

AIMANT. MIN. — On donne r e nom aux variétés du fer oxydé, qui jouissent de la double propriété de manifester des pôles magnétiques, lorsqu'ils sont en présence d'une aiguille aimantée, et de pouvoir communiquer la même vertu à des barres d'acier, à l'aide des procédés de l'aimantation

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artificielle. Les aimants naturels appartiennent tous à l'esp. de minerai de fer qui est le moins oxygéné, et c'est pour cela qu'on a appelé cette esp. fer oxyduté magnétique. Cependant les propriétés qui caractérisent les aimants ne se montrent pas dans toutes les variétés de l'espèce. Les variétés compactes et terreuses, celles qui offrent dans leur cassure une apparence lilhoide, les manifestent surtout au plus haut degré ; d'où la dénomination vulgaire, mais assez impropre, de Pierres d'aimant , sous laquelle on désigne les aimants naturels , qui sont de véritables minerais ferrugineux. Quoique le mot aimant ne soit, comme on vient de le dire, qu'un nom de variété, Beudant a cru pouvoir l'étendre à toute l'espèce du fer oxydulé magnétique, qui , dans sa classification, porte le nom de Fer Aimant, f^. le mot Fer. (Del.)

AIMANT. piiYs. — On donne ce nom aux minerais de fer qui jouissent de la propriété d'exercer une action polaire sur l'aiguille aimantée ; c'est-à-dire de posséder 2 pôles magnétiques. Quant aux minerais qui exercent seulement une action attractive sur chacun des pôles de l'aiguille aimantée , ils ont reçu la dénomination de substances magnétiques. La puissance magnétique n'appartient pas seulement au fer et à quelques uns de ses rainerais, mais encore au cobalt et au nickel à l'état raétalliçrue.

La plupart des substances qui renferment le fera l'état métallique ou à l'état de protoxyde.sont magnétiques à des degrés dépendants de la quantité qu'elles en contiennent. Le peroxyde non hydraté, ou fer oligiste, est également magnétique.

L'aimant proprement dit , ou pierre d'aimant,est le fer oxydulé amorphe, taillé et entouré d'armures de fer doux , pour former les aimants artificiels qu'on trouve dans les cabinets de physique.

Les variétés de fer oxydulé possèdent également la propriété polaire. On distingue particulièrement le fer oxydulé cristallisé en octaèdres réguliers, que l'on tiouve en abondance dans les terrains serpentineux ; ces terrains possèdent eux-mêmes la propriété polaire, et peuvent en conséquence être considérés comme des aimants d'une grandeur colossale. Nous citerons, entre autres, les eiemple» suivants :

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j Le Heidelberg, près de Zell, s'élève au mi. lieu d'un vaste plateau, à la pente N,-0. du Fichtelgebirge. La montagne est dirigée duS.-O. auiV.-E. comme les Roches primitives et intermédiaires de ces contrées. Elle appartient au groupe des Serpentines enclavées dans les Schistes chlorileux et amphiboliques. Dans lachlorite, les parcelles de fer oxydulé sont visibles à l'œil nu, tandis que dans les autres roches on découvre le fer en pulvérisant la masse et en la remuant avec un barreau aimanté. Les strates de toutes ces roches sont parallèles à l'axe longitudinal de la montagne, qui agit à 20 pieds de distance.

On a cru observer que les roches du Heidelberg qui ont le plus de magnétisme polaire sont aussi celles dont la pesanteur spécifique est la plus grande.

Ce qu'il y a de remarquable dans le magnétisme de cette montagne, c'est la distribution et le parallélisme de ses axes magnétiques. M. de Humboldt a observé que les pôles nord sont tous situés à la pente S.-E. , et les pôles sud à la pente N.-O. ; de sorte que les pôles homonymes occupent une même pente. Le parallélisme des axes est constant à l'extrémité N.-E. et dans son centre ; mais il est peu sensible à l'extrémité S.-O. , où les roches cbloriteuses, amphiboliques et talqueuses passent à la vraie serpentine. Les pointsd'indifférence sont placés aux extrémités N.-E. et S.-O. de la montagne, c'est-àdire aux extrémités de l'axe longitudinal du Heidelberg, ou selon la ligne qui détermine la direction des couches. Les axes magnétiques sont perpendiculaires à la direction de celles-ci.

M. Lichtenberg a supposé que ces axes peuvent bien être l'effet de tremblements de terre, qui, dans les grandes catastrophes de notre planète, ont agi long-temps dans les mêmes directions. M. de Humboldl a cru voir effectivement changer, dans l'Amérique méridionale, l'inclinaison magn^ tique, à la suite d'un tremblement de terre l'intensité des forces étant restée la même.

H serait à désirer que l'on pût savoir si la direction de l'axe magnétique est constante, ou si elle change avec la direction du méridien magnétique de la contrée voisine.

Le magnétisme polaire de ces roches, qui renferment des parcelles ou de petits cris-

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