‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelleChapitre 54 sur 129 · II. Des matières et des procédés de l'œuvre · texte numérisé non relu

II. Des matières et des procédés de l'œuvre

Tous les philosophes s'accordent eu ce point, que l'or et le mercure sont les deux métaux sur lesquels ils doivent travailler. Quelques uns ajoutent une troisième sub-

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slance, {'esprit universel; ce sont ceux qui suivent la voie humide, et qui généralement habitent les pays chauds. Ceux qui vivent dans le nord suivent plus particulièremen; la voie sèche : on verra pourquoi. Mais on s( Iromperaitgrossièrement si l'on unissaitsimplement l'or au mercure pour en faire ur amalgame : on le cuirait des années entières comme a fait Piob. lioyle , qu'il n'en résulterait que de l'or et du mercure amalgamés. Les philosophes se hâtent d'ajouter: Nos métaux sont vifs, et les métaux vulgaires sont morts; l'or vulgaire, cependant, est la minière de notre or, comme le mercure vulgaire est la minière de notre mercure, l'our que ces métaux puissent nous servir, il faut les réduire à leur première mutière;

Hoc opus, iiic labor est , et ce grand travail ne peut se faire qu'à l'aide de Vespril universel , de Vâme générale du monte; c'est de Vair qu'il faut extraire l'aimant qui doit attirer cet esprit universel : ^Jer générât magnetem , magnes ver'o gênerai vtl apparere fjcil aerem nostrum. Est in aère occultas vitœ cibus, etc., etc. Or, c'est cette humidité aérienne qu'il faut recueillir au moment de son apparition dans l'atmosphère, et avani qu'elle ne touche à aucune substance ; car dès qu'elle est en contact avec une plante, elle a perdu son caractère d'uni- \er.^alité, et ne peut plus servir à l'œuvre. On devine qu'il s'agit de la rosée; mais ce n'est pas la rosée de nos climats froids : c'est la rosée des |)ays chauds , qui , par une évaporation ménagée, laisse un résidu, de 10 à 12 pour cent de sel ; tandis que dans le nord on en obtient à peine 2 pour cent. Ce sel, qui est un nitrate de potasse ou un nitrate de soude sur les côtes de la mer, disparaît entièrement si l'on recueille la rosée sur des plantes. C'est ce sel qui, après avoir subi plusieurs préparations, dont quelques unes sont assez curieuses, sert à attirer l'esprit universel à certaines époques de l'année, et dans des circonstances atmosphériques particulières. La purilication de ces trois substances est ce que les adeptes appellent les travaux d'Hercule. Alors on ne compte plus les jours et les nuits ; on ne quitte le laboratoire que quand une opération est terminée et elle dure souvent plusieurs jours. Ces travaux préparatoires, auxquels un hommt seul ne saurait suffire, se prolongent quel

quefois pendant un an , mais au moins pendant six mois.

Tout ce long travail doit donner en résultat un triple produit : 1° un or exalté, réiiicrudé (ce sont les expressions consacrées) , pulvérulent, et qui doit se dissoudre eu totalité dans l'esprit de vin (comme preuve); •2° un mercure d'une limpidité et d'une fluidité sans exemple: c'est Veau qui ne mouille pas les mains ; 3" une eau visqueuse, limpide, «t d'une transparence parfaite : c'est le luit de la vierge , qui va nous servir à nourrir le nouveau-né.

Arrives à ce point, le reste, disent-ils, n'est plus qu'un travail de femme et un jeu d'enfant. Enfln il ne s'agit plus que de réunir les matières , de faire le mariage. Il y a dansd'Espagnet le fameux canon b8:Recipe virginem alatam, optimè lolam et mundatam, etc., que les philosophes regardent comme le vrai mode de faire la conjonction dont nous parlons. On prend un vase qui peut se boucher hermétiquement , et d'une capacité assez grande pour que les deux tiers restent vides ; on y met , dans des proportions requises, les deux matières solides, savoir: le serviteur rouge et la dame blanche, le roi et la reine, Gabritius et Beya, etc., etc., mille noms divers, et on y ajoute assez d'humidité pour que l'aridité stérile ne se manifeste pas. Tout bien clos et scellé, on dépose le vase dans un lieu secret , assez éclairé pour que l'artiste puisse voir le travail intérieur à mesure qu'il se développe , sans que le soleil cependant puisse jamais le frapper.

Le vase ainsi déposé, et qu'on ap.pelle Vœuf, parce qu'il en a la forme , reçoit une chaleur qui ne doit jamais dépasser 32° R., ou la chaleur de l'incubation : tout serait perdu si la matière recevait de 40 à 50°.

\u bout de quarante jours de l'inhumation (quelques uns l'appellent ainsi), la matière devient noire, puis déplus en plus noire, nigrumnigrius niqro. C'est le règne de Saturne, qui dure aussi qMarante jours. L'humide s'élève dans le vase ei retombe en gouttes : il pleut sur la terre. Au noir succèdent des couleurs très variées : c'est la queue de paon, le règne de Jupiter et de Junon, dont la durée est presque égale à celle de leur père ; un cercle blanc commence à paraître à la circonférence du vase, puis il augmente, et la totalité de la matière oui avait été noire

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devient blanche : c'est le règne de la Lune. Vient ensuite Vénus à la couleur citrine , laquelle passe successivement à l'orangé, puis au rouge coquelicot, puis a la couleur de rubis. C'est le manteau de pourpre qui recouvre le nouveau roi plus vaillant que son père.

Quelques auteurs ne font mention que de trois couleurs principales : le noir, le blanc et le rouge : Tria pulcherrimorum florum in horlo sapientium gênera perquirenda , imo invenienda suni : puniceae violœ , candens lilium et purpureus immorialisque amarantus [Ar^ can. Hermel. philos, canon. , lui). Un traité de chimie écrit dans ce style n'aurait pas aujourd'hui beaucoup de lecteurs ; à l'époque où celui-ci parut, en 1G08, il fit l'admiration des amateurs de la science.

Le plus difficile est fait. On a alors la vraie matière de la pierre ; et beaucoup d'auteurs, Artéphiusentre autres, ne commencent leur livre qu'à l'époque où nous sommes arrivés, sans faire mention de tout ce qui a dû précéder. La pierre, dans cet état, ne peut servir encore ni pour la médecine ni pour la transmutation : afin de lui donner ces qualités, on recommence trois fois à l'humecter et à la cuire comme auparavant : coque ci iterum coque, disent quelques auteurs; c'est là l'œuvre tout entier , en faisant allusion à cette dernière partie du travail. Au bout de ces trois réitérations ou rotations, comme on les appelle,on a la médecine, qui prend le nom d'élixir; lorsqu'on l'a fait dissoudre dans le même liquide et qu'on l'a tenue au feu pendant 40 jours , la couleur se fonce , et l'on 3 une liqueur couleur de grenat, dont quelques gouttes dans un véhicule quelconque, vin,bouillon,eaudepiantes, suffisent, disent les auteurs, pour guérir les maladies les plus invétérées.

Lorsqu'il s'agit de la transmutation, on combine la poudre avec son poids d'or fin; on humecte et on remet cuire encore 40 jours ; et on a alors non seulement une poudre de projection très énergique, mais un levain des plus actifs. En résumé , on voit qu'il ne s'agit que de faire absorber par de l'or convenablement préparé une proportion considérable de celte eau céleste, recueillie avec tant de précautions et conservée à l'abri de la lumière. C'est au moyen de cette eau que l'or devient un levain, et qu'il est rendu vé-

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gétatif ; de mort qu'il était on l'a rendu plus que parfait, vivant, afin qu'il put agir sur les métaux imparfaits et les rendre puifanx, ce qu'il ne pouvait faire s'il n'était seulement quepa//a/7 lui-même.

Nous disons un levain, car les auteurs considèrent la matière métallique comme identique, parfaite seulement dans l'or, imparraitc dans les autres inélaux, et n'ayant besoin que d'nn levain pour atteindre la perfection.

Voilà ce que l'on peut démêler de plus rationnel dans l'obscurité calculée qui règne dans les livres des philosophes hcrméti(|ues. Si les limite.^ dans lesquelles nous sommes circonscrits nous l'eussent permis , nous aurions pu faire connaître quelques modifications importantes dans le travail général dont nous avons donné une courte esquisse. Nous terminerons par quelques lignes sur l'état actuel de la science tant en France qu'à l'étranger.

m. Iilat actuel de la science. Opinion des savants. On ne se douterait pas que le pays de la terre où la science hermétique est le plus généralement cultivée, est le royaume des Birmahs, d'après ce que nous assurent les Anglais qui onl visité ce pays, depuis la conquête. Mais, sans aller si loin, occuponsnous de ce qui se pa^se chez nous. Bon nombre d'amateurs travaillent encore à Paris; et en 1832, il a paru chez Loquin une brochure sous le titre : hcrmès dévoilé; mais l'auteur, en véritable adepte, est aussi obscur que les anciens. Nous sommes parvenu à découvrir cet adepte; il a fait une transmutation en notre présence; mais sa médecine n'étant pas arrivée à sa perfection, n'a pas pu l'empêcher de mourir l'année dernière, à l'âge de 70 ans. Sir Humphrey Davy iiensait que les recherches hermélitiues pouvaient avoir un résultat satisfaisant; mais M. Dumas a été plus loin : voici ce qu'il dit dans ses Leçons de Pliilosoj'liie chimique en parlant de risomérie : « Serait-il pertnis d'ad- » mettre des corps simples isomères? Cette » question, vous le voyez, touche de près à k la transmutation des métaux. Résolue allir- » malivcmcnt, elle donnerait des chances de « succès à la recherche de la pierre philoso- » phalc....Il fauldoncconsulterrcxpérience, » et l'expérience . il faut le dire , n'est point • en cpiiosilion jusqu'ici avec la possibilité

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» de la transmutation des corps simples, ou » au moins de certains corps simples. » C'est ce dont on peut juger par le tableau qu'il présente, et dans lequel on trouve le même nombre pour l'or que pour l'osmium, pour le zinc et l'antimoine, etc., etc., et avec des didérences si faibles, qu'il serait fort peu surprenant que la cause en résidât dans quelque erreur d'expérience. Ces rapprochements, continue M. Dumas, me semblent fort piquants, et s'il n'en son aucune preuve de la possibilité d'opérer des transmutations dans les corps simples, du moins s'opposentils à ce qu'on repousse cette idée comme une absurdité qui serait démontrée par l'état actuel de nos connaissances. (J. Gilbert.)

ALCIIIHHLLA , Tourn. (Mot arabe), yllclumillu et Aphanes, L. bot. pu. — G de la famille des aos.icées (Dryadées, Bani.), inbn des Sanguisorbécs (Rosées, Reichb.). Les caract. en sont les suivants :Cal. tubulcux, 4fide; lanières alternant avec 4 bracléoles adnécs au tube. Cor. nulle. F.tam. l à 4. Ovaires 1 ou 2, libres, insérés au fond du calice, mimis chacun d'un style latéral et caduc. Sligm. capitellés. Nucules 1 ou 2, monospermes, recouvertes parle tube calicinal ; graine suspendue; radicule sujière. — Herbes annuelles ou vivaces ; feuilles digitées ou palmées; fleurs petites, laseieulées, ou en corymbes ou en grappe. On connaît environ 20 esp. de ce g.; elles sont réparties entre presque toutes les contrées du globe. L\-IU hemilla vulgaris , L. , nommé vulgairement Pied de lion , était jadis préconisé comme vulnéraire. (Sp.)

ALCIIIMIIVIER. BOT. pn.— Ancienne dénomination vulgaire du Ni'rLiER. (C. L."»

ALCHIMISTE.iNS.-Nom sous lequel Geoffroy désigne une esp. de Lépidoptères nocturnes [Noclua Alchiniisia, Fabr.), appartenant au g. Calephia d'Ochsenheimer. P^. ce mot. (D.)

ALCIIORIVEA (Nom d'iifume). bot, PII. — Ce g. de la famille des Euphorbiacées, établi par Swartz, consacré par Solander au docteur anglais Alchorné , auteur de quelques travaux d'histoire naturelle, et auquel il faut réunir YHermesia de Ronjiland, offre les caract. suiv. : Fleurs dioiques; Cal. 2-5-parli , réduit souvent à des dents dans les femelles; dans les mâles: 8 élam. dont les filets se soudent en un an-

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neau à leur base et dont les anlhères sont Inlrorses ; dans les femelles : 1 ovaire didyme à 2 loges 1-oviilécs, surmonlé d'un style profondément biparti, dont les branches ont leur surface interne stigmaliquej une caps, à péricarpe un peu charnu et à 2 coques; rarement il y en a 3 el autant de stigmates. On connaît 6 esp. de ce g. , toutes originaires des régions tropicales; 3 de l'Amérique el 2 de l'Afrique. Ce sont des arbres ^u des arbustes, à feuilles alternes, presque entières ou dentées, glabres, cassantes, pourvues de nervures siillantes à leur face inférieure; à fleurs axillaires ou terminales, ics mâles disposées sur des épis , le plus souvent rameux, par petits pelotons alternes et accoiii|i3;;nrs de bradées; les femelles solitaires on sur des épis simples. (Ad. J.)

*ALCIC0i5iVIL'^l {Aice, élan; cornu, corne ; forme des frondes), bot. cr. — G. delà famille ou de l'onire des Fougères (l'oiypodiatées) établi par M. Gaudichaud {Voyage deVUian.), auxdépeusdel'-dlcros/ic/iumo'ticor;ip, etc., et qui ne parait pas avoir été .idopté. Il reste réuni au g. Acmstichum, L., section des Neuroplatycérées. 1'. ces mots. [C. L.) * ALCIDES (Surnom d'Hercule; Ulylh.).

iNs — G. de l'ordre des Coléoptères tétramères. famille des Curculionides, div. des Cholides, établi par Ualman et adopté par Schoenherr qui lui assigne les caract. suivants : Ant. fortes et assez courtes; funicules de 6 articles , les 2 premiers assez longs, presque coniques, les autres plus courts, presque ronds; massue subovale, acuminée, composée de 5 articles , le 1^' allongé, les autres courts, étroitement unis. Rostre médiocre, cylindrique, linéaire, presque droit ou un peu arqué. Yeux placés latéralement, ovales, déprimés. Prothorax oblong, plus large postérieurement, trilobé et plus «'tioit antérieurement, resserré, présentanj, une émiuence arrondie au milieu , lobé d'une manière obtuse derrière les yeux et échaiicrc profondément en dessous. Élytres ou allon;;ées subcyliudriques, ou en ovale oblong. i)<)ssui's, fortement sinuées à la base, et remplissant exactement les échancrures duihorax. Faites antér. de laplupirtdesesp. très longues; cuisses dentées en dessous; tibias Comprimés, armés d'un fort ongle à l'extrératé, souvent dentés du côté interne.

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— Ce g., suivant le Calai, de M. Dcjean , renferme 22 esp. dont 7 d'Afrique, 2 de la Nouv.-Guinée, 7 de Java, 1 dont la patrie est inconnue, et les autres des Indes-Orientales. Schoenherr en décrit de son côté un grand nombre dont les noms ne figurent pas dans ce Catalogue. Parmi toutes ces esp., nous ne citerons que celle qui sert de type au g. : V^. deuiipes Jiincliœm:s id. Fabr.; Oiiv. \'y/. deniipei {/{iiicliœiuis id. Fabr.; Oliv. Ins. 83 , ,)/. 8 , fig. 90). (D.)

• ALCIDIOX (dimin. d'à))-./) , élan), ins.

— G. de Coléoptères télramères, famille des Lnngicornes, établi par M. Dcjean [Caial. 3'"' édii.), mais dont il n'a pas publié les caract. D'après la place qu'il lui donne, ce g. appartiendrait à la tribu des Lamiairesde M. Serville. L'auteur y rapporte 13 esp., dont 10 du Brésil, 2 de Cayenne el 1 de l'Amérique du nord. Toutes ont été nommées par lui à l'exception d'une seule, appelée y/, sa^ llneainin par M. Lacordaire qui l'a rapportée de Cayenne. (D.)

ALCIîVE. BOT.— Cassini a établi ce g. aux dépens d'une esp.de 3Jclampodiutn, de la famille des Composées, et cultivée dans les jardins de botanique. M. DeCandolle l'y réunit de nouveau pour en former seulement une section h laquelle il donne pour ciractères d'avoir les akènes du rayon embr.issés par les écailles intérieures de l'involucre, qui sont ovaies-oblongues , lisses , terminées au sommet par 3-4 pertiles glandes formant, par leur réunion , un très petit trou rond , entièrement rempli par le col ou disque épigyne de l'ovaire. — La seule espèce conservée par M. DeCandolle dans la section du g. Melampod'nuii , à laquelle il laisse le nom d'^lcinu, est originaire du Mexique. (J. D.)

*ALCI\OE (Nom mythol.), acal. — G. de la famille des Mnémièdes d'Eschscholtz, qui elle-même fait partie de l'ordre des Béroïdes ou Clénophores. Ce g. établi par M. Rang est caractérisé ainsi : Corps gélatineux, transparent vertical, cylindrique, avec 8 côtes saillantes, ciliées, terminées en pointe, el cachées en partie sous des lobes natatoires verticaux, libres à la base et sur les côtés seulement. Ouverture buccale pourvue de 4 appendices ciliés. — M Rey a décrit sous le nom d'j4ldnoe vermicularis {Mérn.soc. hist. nai. de Paris, i. iv. pi. 19) , l'esp. servant de type à ce g. , M. Délie cbiaje en fait connaî-

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tre une 2™', observée par lui à Naples : Alcinoe papillosa [Mem. sul. anim. senza vert. t. IV. pi. 51). (D.)

•ALCIOPE (Nom mythol.). crust. — M. Rafinesque désigne sous ce nom un petit g. de Crustacés , qui viendrait se placer dans la tribu des Pénéens, de l'ordre des Décapodes Brachyures; mais comme cet auteur n'a pas donné des détails suffisants sur la structure de ce nouveau g. , il n'a pas été adopté. (H. L.)

'ALCIOPE (nom d'une nymphe, mère de Celmise). bot. pn.— M. DeCandolle a formé ce genre aux dépens de deux espèces du g. Celrnisia de Cass. ; il appartientà la tribu des Eupatoriées, de la famille des Composées. On le caractérise de la manière suivante : Capitule multiflore, fleurs durayonl-sériées, ligulées , femelles, mais pourvues de filaments presque avortés. Celles du rayon sont tubuleuses, à 5 dents, hermaphrodites. Le réceptacle large est dépourvu de paillettes. Lessquames de l'involucresont disposées sur plusieurs rangs et pressées les unes contre les autres. Les branches du style sont courtes, obtuses, glabres, légèrement papilleuses et presque conformes dans les fleurs des deux sortes. Les fruits, oblongs-cylindracés, presque obcomprimés, sont surmontés d'une aigrette pluri-sériée, dont les poils scabres sont légèrement soudés entre eux à la base. — Les Alciope sont des herbes sousfrutescentes, originaires du cap de Bonne- Espérance , à tiges couvertes d'un duvet tomenteux blanc et épais. Les feuilles alternes pétiolées,enlières et denticulées, glabres sur la face supérieure, sont couvertes, ainsi que les pétioles, d'un duvet semblable à celui des tiges. Les capitules sont terminaux, laineux, et portent des fleurs jaunes. (J. D.)

* ALCIS (Nom mythol.} ins. — G. de Lépidoptères , de la famille des Nocturnes , tribu des Phalénltes, établi par Curtis et adopté par Sléphens dans son Cutal. des Ins. de l'Angleterre. Ce g. correspond en partie au g. Boarmia de Treitschke. F. ce mot. (D.)

* ALCITHOE (Nom mythologique), bot.

vil. — C'est le nom donné par M. D. Don à une section du g. Trixis, appartenant à la famille des Composées, section des Nassauviées. Ses caractères sont : Involucre à folioles unisériées , entouré à la base do 5 gran-

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des bractées fol lacées, disposées en verticille^, — Toutes les espèces qui forment cette section sont originaires du Mexique. (J. D.)

ALCOOL. ciiiM. — C'est un liquide très volatil, qui se produit simultanément avec l'acide carbonique, par la fermentation du sucre. Tel qu'on le trouve dans le commerce, il n'est pas pur, et contient, avec beaucoup d'eau, une petite quantité d'autres matières étrangères; on le connaît alors sous le nom à' eau-de-vie.

On obtient l'eau-de-vie par la distillation de diverses liqueurs fermentées. Les vins du midi produisent l'eau-de-vie de Cognac et de Montpellier; la mélasse brune donne le taffia; on prépare le rhum avec les sirops provenant du raffinage du sucre, le rack avec le riz et les fruits de VAreca catechu, en fin le kirsch avec les cerises noires. On peut aussi retirer l'eau-de-vie des grains et de la. pomme de terre,- à cet efl"et on saccharifie la fécule.et l'on fallfermenter le sirop. La distillation s'opère dans un appareil particulier dû à Adam et perfectionné par Derosne -^ appareil qui a le précieux avantage de distiller d'une manière continue, et de fournir des produits de la richesse alcoolique qu'on désire. Pour concentrer l'Alcool faible, on le distille sur différents corps très avides d'humidité; on préfère ordinairement la chaux vive. Sommering indique un procédé très curieux; suivant lui, l'eau-de-vie, conservée dans une vessie de bœuf maintenue à 40 degrés environ, se concentre peu à peu : l'eau seule, à peine Imprégnée d'Alcool, traverse la vessie. L'Alcool peut être amené, par ce procédé, à ne pas contenir plus que 3 p. cent de son poids d'eau. Seulement 11 est imprégné de matières organiques enlevées à la vessie; pour l'en séparer, il faut le distiller. Pajol Descharmes a proposé de placer de l'Alcool aqueux contenu dans un vase plat, dans un espace parfaitement fermé, à côté d'un vase rempli de chlorure de calcium fondu. Le chlorure de calcium condense avec énergie les vapeurs aqueuses,, et ne condense que très peu les vapeurs al-^ cooliques.

L'Alcool concentré par un moyen quelconque et entièrement privé d'eau, est connu sous le nom d'Alcool absolu ; on le distingue de l'Alcool hydraté, en ce que la baryte s'y conserve sans se déliter. C'est u»

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liquide d'une odeur vive, d'une saveur brûlante, due surtout à la propriété qu'il a d'absorber l'eau des tissus vivanlsjsa densité, à 15° est de 0,7947, celle de l'eau étant prise pour unité. Il s'unit à l'eau avec dégagement de chaleur; le mélange se contracte iensiblement j sa conibustion par l'oxygène de l'air ou par l'oxyde de cuivre, donne de l'eau et de l'acide carbonique. La potasse caustique hydratée le convertit en Acide acétique qui reste uni à l'alcali et en hydrogène qui se dégage; enfin sa combustion lente à l'air par un fil de platine rouge, donne naissance à un acide particulier. Lorsqu'on lait agir le noir de platine au contact de l'air sur l'Alcool , on convertit ce liquide en acide acétique; c'est une action du même genre qui se manifeste dans la fermentation acide; seulement elle se fait plus lentement. L'Alcool dissout le soufre en faible proportion ; la dissolution est précipitée par l'eau. Le phosphore est également soluble dans l'Alcool , et le rend lumineux dans l'obscurité, surtout lorsqu'on y ajoute de l'eau. Le chlore le transforme directement en chloral , indirectement en chloroforme. L'Alcool dissout les hydrates de potasse et de soude, et ne dissout point les sels que forment ces bases, aussi l'emploie-t-on pour la purification de ces Alcalis. Il dissout avec facilité les bases végétales ou leurs sels, et sert à leur préparation.

Les acides agissent différemment sur l'Alcool suivant leur nature et ieur proportion. L'acide sulfurique peut déterminer la formation de 2 équivalents d'eau, aux dépens de tout l'oxygène et d'une quantité correspondante d'hydrogène , de l'Alcool absolu ; on obtient alors de l'hydrogène bicarboné.

C'est ce qui arrive lorsqu'on opère sur un mélange de 4 parties d'acide sulfurique, sur 1 d'Alcool. Lorsqu'on fait le mélange inverse, on détermine la séparation d'un seul équivalent d'eau ; il se produit dans ce cas de l'éther ordinaire, éther hydrique ou hydratique.

Les hydracides éliminent les éléments de '2 équivalents d'eau et produisent des éthers qu'on peut considérer comme formés de volumes égaux de gaz oléfiant et d'hydracide, ou bien, comme des combinaisons du radical de l'hydracide avec l'éther = C4 H»».

Les acides végétaux éliminent 1 équivalent

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d'eau et s'unissent à l'éther hydrique (V, Éther).

L'Alcool peut se combiner à divers sels , et remplacer quelquefois l'eau de combinaison.

L'Alcool dissout les essences ; ces dissolutions sont connues sous le nom d'alcoolats (eau de Cologne); et il est très employé poui la confection des vernis, dits àl'espritde vin, ainsi que pour la fabrication des savons transparents. On en fait un fréquent usage dans les laboratoires, pour alimenter les lampes dites à Alcool, et pour opérer ces dissolutions qui ne se feraient point dans l'eau, enfin il sert à conserver les pièces d'anatomie et diverses substances organiques.

Les usages si multipliés de l'eau-de-vic proprement dite, et de l'Alcool, en ont fait un objet de commerce considérable. Aussi est-il d'une grande importance de pouvoir reconnaître d'une manière rapide et exacte la valeur de ces produits ou leur richesse en Alcool absolu.

M. Gay-Lussac a déterminé la densité de divers mélanges de l'eau avec l'Alcool. Au moyen de l'instrument qu'il a imaginé (instrument qui ne diffère du pèse-liqueur que par la graduation ) et des tables qui l'accompagnent, on connaît la quantité d'Alcool absolu que peut contenir un liquide, à une température donnée. La densité de l'Alcool croîtavec la quantité d'eau que l'on y ajoute, mais d'une manière irrégulière. Voici quelques rapports déterminés par M. Gay-Lussac à la température de 15 degrés centigrades : Dens. de la liqueur, alcool. Eau.

Le vin, le cidre, la bière, l'hydromel et toutes les liqueurs fermentées naturelles et artificielles, doivent leurs principales propriétés à la présence d'une certaine quantité d'Alcool. (Pel.)

ALCOOLATS. — Les alcoolats sont des solutions alcooliques de substances volatiles, soit médicamenteuses, soit simplement odorantes.

Oq les obtient en distillant des plantes ou des parties de plantes, des substances animales telles que l'ambre ou le musc,

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cerlaius sels aminoiiiacaux, etc., ci; présence de l'alcool. — L'alcoolat est nommé Alcoolal simple quand il est fait avec une seule substance active: on le désigne sous le nom d'.4/coo/a( composé lorsqu'il est préparé avec plusieurs substances.

Parmi les alcoulnts les plus connus, nous citerons ici Veau de inclhse, le vulnéraire et enfin la célèbre Eau de Cologne.

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