C1UP02 H = C12H8 4- 2C
Hydrure de benzoïle Benzine
A froid, l'hydrure de benzoïle se dissout à peine dans l'eau ; il est au contraire soluble en toutes proportions dans l'alcool et dans l'éther.
Comme les aldéhydes que nous avons déjà fait connaître, l'hydrure de benzoïle s'oxyde sous l'influence de l'air ou des alcalis et se convertit en un corps acide ; l'acide benzoïque. En elTet :
Ci4H502,H + 02 = CiiH303,HO
Hydi ure de benzoïle Acide benzoïque
cim-'Oi,n + KO.HO = ko,ci4hso3 + m
Hydrure de benzoïle Benzoate de potasse
Le chlore attaque l'hydrure de benzoïle, lui enlève un équivalent d'hydrogène et se substitue à l'hydrogène éliminé, en donnant naissance non pas à de l'hydrure de benzoïle chloré, comme ou pourrait s'y attendre, mais à du chlorure de benzoïle. La réaction qui s'opère peut être représentée par l'équation suivante :
CUH302,H + 2C1 = C14H302,C1 + HCl
Hydrure de benzoïle Chlorure de benzoïle
Ainsi, comme le montre nettement cette formule, la molécule de benzoïle reste intacte et ne fait que quitter Thydrogène pour se combiner au chlore. Si l'hydrure de benzoïle était un corps parfaitement homogène.
276 ALG
si les divers équivalonts d'hydrogène qu'il contient entraient tous au même titre dans sa constitution, nu! doute que les deux atomes de chlore qui interviennent n'attaquent aussi le groupe benzoïle et forment du benzoïle chlore, au lieu du chlorure de benzoïle. Mais puisque l'action du chlore se concentre uniquement sur un seul des équivalents d'hydrogène , il faut évidemment que cet équivalent hydrogène ne se trouve pa-; dans le même ctai que les autres et que ces derniers, en constituant le benzoïle, soient protégés contre raciiou du chlore par leur union plus intime avec le carbone et l'oxygène.
Le chlorure de benzoïle est un liquide incolore, d'une odeur pénétrante, d'une densité de 1,1 IG ; ce corps entre en ébuilition à 195"; il brûle avec une flamme verte. L'eau décompose le chlorure de benzoïle en acide chlorh}drique et en acide benzoïque. La potasse et la soude 5ui font éprouver la même décomposition ; l'ammoniaque le convertit ea benzamide, C'^ll^O^AzH-, et l'aniline en bemaniline. Lorsqu'on traite certains sels organiques à base d'alcali fixe par le chlorure de benzoïle, il se forme des acides organiques anhydres ou anhydrides. C'est aiUM qu'on a obtenu la plupart des acides organiques anhydres connus en chimie organique.
La iiroduciion de l'acide benzoïque anhydre au moyen du chlorure de benzoïle peut être représentée par l'équation suivante : C14H302,C1 + NaO,Cl4H503 = NaCl+ 2CiiH303
Clilorure de
Bcnzoale de
Acide ben-
benzoïle
soude
zoïque
desséché
anhydre
Le brome, l'iode, le soufre et le cyanogène produisent avec l'hydrure de benzoïle, du bromure, de l'iodure, du sulfure et du cyanure de benzoïle. Ces divers composés ont pour formule :
Ci'.H502,B.
CHH302,S CUHS02,Cj-
Un mélange formé d'ammoniaque , de sulfure de carbone et d'aldéhyde benzoïque, étant abandonné à lui-même, dépose au bout de quelques jours des cristaux grenus de sulfocyanure de benzoïle.
Ce composé est inodore, amer, insoluble dans l'eau, dans l'alcool, dans l'éther ; il rougit les sels de Ter au maximum absolu-
ALC
ment comme le ferait le sulfocyanure de potassium.
Lorsqu'on fait agir lentement à la température de 40 ou 50° une solution alcoolique d'ammoniaque sur l'hydrure de benzoïle, on obtient une substance nouvelle qui a reçu le nom d'Injdrobenzantide.
L'hydrobenzamide est solide et cristallisable ; elle fond à 110", la potasse lui fait éprouver une transformation isomérique qui la convertit en un alcaloïde bien défini, \'amari)ic. I.'amarine forme avec les acides des sels nettement crislallisables. Le chlorhydrate et Vasotale d'amarine sont représentés par les formules suivantes :
Ci2H'»8Az2,HCl CUHl8Az2,H0,Az05
La production de l'amarine est ordinairement accompagnée de celle d'une autre base, la lophine qui est moins bien connue. Sous l'influence du chlore, l'hydrobenzamide se change en dichlorobenzamide , C42hiSaz2ci2 ; ce dernier composé, soumis à la distillation, perd la moitié de son chlore et se transforme en monochlorobenzcmiide, C^H'^Az^Cl.
Quand on traite l'hydrure de benzoïle par la potasse, le carbonate de baryte, le sulfure ou le cyanure de potassium, il se produit une matière solide et ciistallisable qui a reçu le nom de benzoïne.
La beiizoïne est isomérique avec l'hydrure de benzoïle ; elle est soluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'acide sulfuriquc concentré, elle fond à 120" et brûle en répandant de la fumée ; elle régénère l'hydrure de benzoïle lorsqu'on la fait passer dans un tube de porcelaine chauH'é au rouge.
Traitée par le chlore, la benzoïue fournit un corps |>articulier, le benzde, C^^H'^O*, qui présente la même composition que le benzoïle. Malgré cette an^ilogie, il est impossible de confondre entre eux ces deux corps, car le benzile ne peut donner naissance à aucun des composés qu'on obtient a\ec le benzoïle.
Le benzile s'oxyde à chaud au contact de la potasse alcoolique, et se convertit eu un corps acide, l'acide benzilique, C^^H^O^, qui présente une grande analogie de propriétés avec l'acide benzoïque.
Sous l'influence de l'hydrogène à l'état
ALC
naissant, l'hydrure de beuzoïlc se transforme en hydrolenzoine, C-^H'^O*, corps qui iliffère de la benzoïne par 2 équivalcnls d'hydrogène.
Au moment où l'on vient de la proiluire, rhydrobeuzoïue est huileuse et de couleur jaune, mais elle se prend bienlôl en une masse cristalline confuse, qui est soluble dans l'alcool et dans Tcther.
L'acide azotique réagit à chaud sur l'hydrobenzoine et la change successivement en benzoïnc puis en benzile.
L'hydrogène sulfuré attaque l'hydrure de benzoïle et donne naissance à trois corps différents qui ont été aommés hy t7-ure de sulfobemoïle, hydrure de sulfazobenzdile, hydrure d'azobenzoïle.
L'hydrure de sulfobenzoïie a pour formule C^'H^S-, il se présente sous l'aspect d'une poudre blanche et pulvérulente, qui est peu soluble dans l'éther et insoluble dans l'eau. Soumis à la distillation, l'hydrure de sulfobenzo'ile donne trois corps pyrogénés nouveaux : le stilbèfie, le lliionessal, C-m^S. et le picryle, C'^H'^AzO*.
Les hydrurcs de sulfobenzoile et d'azobenzoïle sont peu connus.
L'acide formique à l'état naissant se combine avec l'hydrure de benzoïle et produit un nouvel acide , l'acide formobenzoïque qui a pour formule C'^H'O^.HO.
L'hydrure de benzoïle, distillé sur du perchlorure de phosphore, donne naissance à un corps nouveau le cldorobenzol, C'^H^CI^, qui représente de l'hydrure de benzoïle dont la totalité de l'oxygène se trouve remplacée par du chlore. Malgré ce changement particulier, qui s'écarte des règles que suivent les substitutions ordinaires, puisque le chlore au lieu de prendre la place de l'hydrogène a pris celle de l'oxygène , le chlorobenzol conserve le group^-ment moléculaire primitif, car il suffit de le traiter pai l'oxyde de mercure ou par l'oxyde d'argent pour lui enlever son chlore, lui fournir en même temps de l'oxygène et reproduire ainsi l'hydrure de benzoïle. Le chlorobenzol est liquide, à peu près inodore à froid ; sa densité égale 1,243 ; il bout à 206", en répandant des vapeurs fortement irritantes. Traité par le monosulfure de potas>ium, il se convertit en un composé sulfuré, le sulfobenzol.
ALC 277
Un courant de chlore humide , dirigé quelque temps dans un vase qui contient de 1 hydrure de benzoïle, détermine la formation d'un composé cristallin qui a reçu le nom de bcnzoale d'hydrurc de benzo'ile. Ce composé résulte en effet de l'union de I équivalent d'acide benzoïque avec 2 é(|uivalents d'hydrure de benzoïle hydraté. Sa formule est donc :
C1'>H50:î,2(CI''H602,HOi.
L'acide azotique fumant attaque l'hydrure de benzoïle à la manière du chlore sec ; son action se porte uniquement sur l'une des parties constituantes de l'hydrure (ici c'est sur le benzoïle), et il se forme de Vhydrure de benzuïle nitré ou de niirobcnzoile, C"H<(AzO<jO-II, dont le groupement moléculaire est semblable à celui du corps qui l'a engendré.
L'hydrure de nitrobenzoïle est huileux au moment où il prend naissance, mais il se solidifie bientôt en une masse cri>talline composée d'aiguilles incolores et brillantes.
Soumis à l'action des réactifs qui attaquent l'hydrure de benzoïle, il fournit une série de composés analogues. Ainsi les corps oxydants le convertissent en un acide particulier, l'acide nilrobenzoique, C'^H'' (AzO'';0'', qui correspond à l'acide benzoïque. Le chlore, l'ammoniaque, l'hydro gène sulfuré, dans leur action sur l'hydrure de nitrobenzoïle, donnent naissance à des dérivés analogues à ceux que produit l'hydrure de benzoïle avec les mêmes agents ; on connaît, en effet,
Le chlorure de nitrobenzoïle. Ci4H4(AzOl)02,Cl
La nit.obenzamUe CliHi(AzOi)02,AzH^
L'Iivdure de sulfobenzoïie niiré CHHi,AzOV)S2,H
correspondant :
Au chlorure de btnzoïle. . . . CiiH^ClO^
A la benzamido CI4H502,AzH-^
A l'hydruic de sulfobenzoïie. . Ci+H5S2,H
On prépare ordinairement l'hydrure de benzoïle en distillant avec de l'eau des amandes amères débarrassées à l'avance, par expression, de l'huile grasse qu'elles renfermenU La vapeur aqueu.-e qui passe dans le récipient entraîne de l'acide prussique, de la benzoïne et de l'hydrure de benzoïle qui se rassemble à l'état de couche huileuse. Ou décante cette dernière substance, puis on la
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distille sur un mélange formé d'eau, de potasse caustique et de sulfate de protoxyde de fer. Une dernière rectification sur du chlorure de calcium donne l'hydrure de benzoïle parfaitement pur.
Comme l'hydrure de benzoïle ne préexiste pas dans les amandes, et qu'il exige le contact intime de l'eau avec le fruit pour se former (voy. Fermentation auycdalique), il est indispensable de laisser le tourteau d'amandes \ingt-quaire heures, au moins, en contact avec l'eau, avant dopérer la première distillation.
L'hydrure de benzoïle s'obtient encore en distillant par petites portions à la fois un mélange intime formé de benzoate et de formiate de cliaux. Le produit obtenu est agité avec une solution concentrée de bisulflte de soude : il se forme un composé cristallin dhydrurc et de ce sel qu'on purifie en le lavant avec de l'alcool. Les cristaux ainsi traités sont ensuite soumis à l'action d'une solution de carbonate de soude qui met l'hydrure de benzoïle en liberté.
On peut enfin obtenir l'hydrure de benzoïle en réduisant le cyanure de benzoïle par Ihydrogène naissant. Cette réaction présente une certaine importance au point de vue des théories que nous avons exposées sur la constitution de l'hydrure de benzoïle, car elle semble prouver clairement que ce corps résulte de l'union de l'hydrogène avec le radical hypothétique benzd'de.
Acide bensoïque hydraté, C'<H505,HO.
L'acide benzoïquc offre l'aspect de lamelles incolores qui sont douées d'un éclat soyeux. Cet acide est inodore à l'état de complète pureté; mais comme on arrive difficilement à le débarrasser de la totalité des corps étrangers qui le souilleut, l'acide benzoïque le plus pur du commerce répand toujours une odeur balsamique, due à la présence d'une petite quantité d'huile essentielle dont il est encore imprégné.
Soumis à l'action d'une chaleur graduellement croissante, l'acide benzoïque fond à 120 degrés, commence à se sublimer vers 145 degrés, puis il entre en ébullition à 2o0 degrés et répand alors des vapeurs abondantes, dont la densité égale 4,27. On peut l'enflammer.
L'acide benzoïque est très-soluble dans
ALC
l'alcool et dans l'éther, il exige environ 200 parties d'eau froide et 25 {arlies d'eau bouillante pour se dissoudre; sa dissolution aqueuse rougit faiblement la teinture bleue de tournesol; prise à faible dose elle présente une saveur chaude, et l'acide qu'elle renferme se change, clans l'économie, en acide hippurique qu'on retrouve dans le. urines.
Comme l'hydrure de b'-nzoïle , l'acide benzoïque donne de la benzine lorsqu'on le fait passer dans un tube rempli de pierre ponce et chauffé au rouge. La décomposition qui s'accomplit peut être représentée par la formule suivante :
CUHoQS.HO = 2C02 + C12H6
Acide benzoïque Benzine
Le même dédoublement s'opère encore quand on distille l'acide benzoïque sur de la chaux ou sur de la baryte caustique.
CHH303,HO + 2BaO = 2BaO,C02 + Ci^HS Acide benzoïque Carbonate df barjte Benzine
Sous l'influence directe des rayons solaires, le chlore attaque l'acide benzoïque et donne naissance à trois acides chlorés qui conservent les principales propriétés et la capacité de saturation de l'acide benzoïque ordinaire. Ces trois acides chlorés sont :
L'acide chlorobcnzoïqiie. . , . 01^11^0103 ,H0 L'acidj bichlorobenzoïque . . CHHSCliQS.HO L'acide trichlorobenzoique . . C14H2C1303,H0
Le brome et l'iode engendrent avec l'acide benzoïque des corps analogues.
Le perchlorure de phosphore transforme à chaud l'acide benzoïque en chlorure de benzoïle :
CUH30i + PbCls = HCl + PbClSQî + Ci4H^CI0i
Acide Cliloruicde
benzuïqne benzoïle
Traité par le perchlorure d'antimoine, l'acide benzoïque se chanjie en acide chlorobenzoïque.
L'acide sulfurique anhydre se combine avec l'acide enzoïque et produit un acide nouveau, acide sulfobenzoïque C'^il^O^ (S03;2^2ho, qui correspond à l'acide sulfovinique.
L'action de l'acide azotique fumant, sur l'acide benzoïque, fournit deux acides nitrés :
ALC
Vacide nitrobmzoïque, O*n*(kz0*)0^,H0,et VacidehinUrobenzoique,a*H%\20*)-0^,l\0.
L'acide benzoïque existe dans le baume de Tolu et dans la résine de benjoin. On le rencontre également dans Turine des herbi- TOres qui a subi un commencement de putréfaction.
Les alchimistes, qui appelaient cet acide fleur de benjoin, le préparaient en soumettant le benjoin à la distillation. Cette méthode est encore employée d.ms les laboratoires pour obtenir l'acide benzoïque destiné aux expériences. Voici comment on opère :
Le benjoin, réduit en poudre, est placé dans un têt ordinaire que l'on chauffe doucement après l'avoir recouvert dun cône de papier. L'acide benzoïque contenu dans la résine se volatilise et vient se sublimer en beaux cristaux blancs dans la partie supérieure du cône. Pour éviter que certains produits goudronneux^ résultant de la décomposition de la résine^ ne viennent noircir le produit, on fixe sur le têt une feuille de papier non collé qui retient les matières empyreumatiques colorées, tandis que l'acide benzoïque traverse le papier et vient se condenser à peu près pur dans le haut du cône.
On peut encore, pour obtenir l'acide benxoïque, traiter à chaud le benjoin par une dissolution de carbonate de soude, il se forme du benzoate de soude soluble. On filtre la liqueur, puis on l'additionne d'acide chlorhydrique. qui met Pacide benzoïque en liberté, dl acide est recueilli, lavé à l'eau et séché à une douce chaleur.
Aujourd hui la majeure partie de l'acide benzoïque s'extrait par évaporation de l'urine de cheval. Dans ce but, après avoir concentré cette urine, on y verse de l'aride chlorhydrique : il se produit un précipité cristallin d'acide hippurique qu'on fait chauffer avec de l'acide sulfuriquc. Sous cette influence, l'acide hipjmrique fixe les éléments de 2 équivalents d'eau et se dédouble en deux corps différents, l'acide benzoïque et le sucre de gélatine. Cl8H9Az06 + 2H0 = Cini303,HO + CiHSAzQi
Acide Acide benzoïque Sucre de
hippurique gélatine
L'acide benzoïque préparé par ce dernier
procédé conserve ordinairement une odeur
unocuse désagréable, qu'on parvient à mas-
ALC
quer en le sublimant en présence d'une petite quantité de benjoin.
Bemoates. — L'acide benzoïque s'unit facilement avec les bases; les benzoates peuvent être représentés d'une manière générale par la formule MO,C'^H503. Hg sont solubles dans l'eau et dans l'alcool, et ils cristallisent difficilement.
Le benzoate de potasse , traité par le chlore, donne un acide particulier, Vacide nicéÏQue monochloré, qui a pour formule C'-^H'-CIO*.
Le benzoate d'ammoniaque sert en analyse cliimique à précipiter les sels de fer au maximum ; il se convertit en bensonilrile ou cyanure de phényle, lorsqu'on le distille sur de l'acide phosphorique anhydre.
Le benzoate de chaux, soumis à la distillation, donne deux corps différents, le benzène C26H«0O2, qui est un véritable acétone (voyez ce mot), et la benzine C'^H^
Le benzoate de cuivre fournit, quand on le chauffe dans un vase distillatoire, un composé blanc qui a pour formule C'^H^O^ et que l'on a nommé oxyde benzoïque.
L'alcool vinique donne avec l'acide benzoïque un élber huileux, qui bout à 210°, se dissout dans l'eau et dans l'alcool. Voici la formule de cet éther :
ALCOOL BUTYLIQUE, CSHIOO^.
L'alcool butylique est liquide et incolore; son odeur rappelle celle de l'alcool amylique; sa densité, déterminée à 18°, égale 0,803 ; il bout à 109", et répand des vapeurs dont la densité correspond au nombre 2,589.
L'alcool butylique prend feu au contact des corps en igoition et brûle avec une flamme éclairante. 11 se dissout dans l'eau pure, et se sopare ensuite de cette dissolution dès qu'on y ajoute un sel soluble, tel que le chlorure de calcium, le sel marin, etc.
Traité par les corps avides d'eau, comme l'acide sulfuriquc ou le chlorure de zinc, l'alcool butylique donne plusieurs hydrocarbures, parmi lesquels se trouve le butène, L^HS, analogue à l'hydrogène bicarboné.
Les alcalis, la chaux sodée particulièrement, oxydent l'alcool butylique et le convertissent en acide butyrique. Cette réaction rappelle celle qui s'opère entre la potasse et
•iSO
ALC
l'alcool viuique. On sait que cet alcali transforme l'alcool ordinaire eu acide acétique.
Le potassium attaque l'ulcool buiylique et le change en un composé solide, Valcool buhjlique sodf'\ C.^WO,KO, analogue à l'alcool sodé, C<li50,K0,
L'alcool butylique se rencontre dans l'huile de pomme de terre du commerce.
Pour l'en exlriiire, on soumet cette huile à la distillation, en recueillant .si'parémcnt les portions de liqueur qui passent :
1* Entre 80° et 105°, formant ainsi lesproinicrs produits lie la distillation;
2° Entre 105° et 115°, formant ainsi les seconds produits de la flistillation ;
3° Entre 1 15° et 125°, formant ainsi les troisièmes produits de la distilliition.
Ce qui reste dans la cornue ne contient plus d'alcool buiylique et peut servir à préparer l'alcool amylique (voyez ce mot).
L'alcool butylique compose la majeure partie des seconds produits, et l'on pourrait à la rigueur ne se servir que de ceux-ci pour l'extraction, mais comme la quanlilé d'alcool obienue est toujours assez faible, il vaut mieux faire subir aux premiers et aux troisièmes produits un traitement de>tiué à leur enlever l'alcool butylique qu'ils reuferment et réunir ensuite cet alcool aux seconds produits, dont la riche.-se est alors sensiblement accrue. Voici comment on y parvient :
Les premiers produils sont agités avec de l'eau pour enlever l'alcool ordinaire qui les accompagne toujours; un les rectifie ensuite eu rejetant ceux qui distillent au-dessous de 104", enfin on n)élange le résidu avec les seconds produits.
Les iroisièmes produits sont rectifiés en ne conservant que le premier tiers du liquide qui passe dans le récipient. Celte portion du liquide qui, seule, nous intéresse, est réunie aux seconds produits.
Les seconds produits, ainsi enrichis, sont maintenus pondant quarante-huit heures en ébullition sur de la potasse caustique : il faut avoir le soin, pendant celte opération, que les vapeurs qui .-«e dégagent retombent continuellement dans l'appareil, car, sans cela, une |)arlie du produit se perdiait par volatilisalion. On arrive facilement à ce but en employant une cornue dont le col, dirigé en haut, communique avec un réfrigérant de I.icbig. Lorsque lébullition a duré le temps
ALC
indiqué, on incline vers le bas le col de la cornue, puis on distille comme il est d'usage.
L'alcool butylique, obtenu de la sorte, contient encore une petite quantité de produils étrangers. Pour le purifier, on le met pendant vingt-quatre heures en contact avec de la chaux vive, puis on le re<-lifie une dernière fois en ne recueillant que les produils qui bouillent entre 110" et 112".
Dérivés de l'alcool butylique.
Bulyra', Aldéhyde butylique. — A l'exemple de ses homogènes, l'alcool butylique donne naissance à un aldéhyde, le butyral, qui a pour formule C^H^u^. Cet aKIéhyde est liquide, incolore, dune odeur pénétrante ; il se change avec la plus gracdo facilité eu acide butyrique.
On produit le butyral en chauffant le butyrate de baryte dans un appareil dis/il latoire ; il passe dans le récipient un mélange de butyral et de butyrone qu'on sépare facilement, en profitant de la différence considérable qui existe entre les points d'ébullition des deux corps : le butyrone bout vers 95" et le butyral à 114".
Acide sulfobulylique. — L''acide sulfobutylique présente une grande analogie avec l'acide sulfovinique. On l'obtient en décomposant le sulfobutylatc de baryte par l'acide sulfurique.
Les sulfobutylates sont généralement cristallisables; on peut les préparer en partant du sulfobutylale de baryte.
La méthode emi)li>yée pour se procurer le sulfobutylale de baryte est calquée sur celle qui sert à produire le sulfoviuate de la même base. On mélange peu à peu dt^'^ poids égaux d'acide sulfurique et d'alcool butylique, puis, au bout de vingt quatre heures d'attente, on salure le mélange par le carbonate de baryte. La liqueur clarifiée par filtration est évaporée enfin au bainmarie : elle ne tarde p.is à déposer de beaux cristaux de sulfobutylale de baryte.
La série des élhcrs bulyliques est assez complète; on a obtenu la plupart des termes correspondants aux élhcrs de l'alcool. Nous citerons particulièrement :
L'éther butylchlorliydrique . . . C^HSCl
— butylbroihhydrique . . . C**H9Br
— bnlyliodliydrique. . . . C«H9I Lf mprcapt:in bnivliquc CSH'OS*
Etc., etc.
ALCOOLS CAMI'IIORIQUK?. - CAMPHOLS.
On a longtemps désigné sons le nom de camphre le produit solide et odorant qu'on extrait du Laurus camphora. Mais le succin, ou ambre jaiive, et plusieurs végétaux pouvant donner des matières analogues, le mol caniplirc a pris un sens plus générique et s'applique aujourd'hui aux substances retirées : du Laurus camphora, du Driabalanops camphora, de la résine de garance, du succin.
Ces quatre sortes de camphre ne se distinguent entre elles que par leur action sur la lumière polarisée. Elles jouent à elles quatre le rôle d'un alcool, qu'on a nommé alcool camphorique.
Camphre de Bornéo, C^OHISO-'.
Le camphre de Bornéo est solide, cristallisable, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et dans l'éther ; il fond à 193° et bout à 212. L'acide phosphorique lui enlève 2 équivalents d'eau et le change en un hydrocarbure particulier, le bornéène, ^20^16^ qui est isomériquc avec l'essence de térébenthine. Cet hydrocarbure absorbe le gaz acide chlorhydrique et se convertit en étiier campholchlorhydriqiie, C-0H'''C1.
Sous l'influence de l'acide azotique, le camphre de Bornéo se transforme en camphre des laurinées, qu'on considère comme l'aldéhyde de l'alcool camphorique. Le camphre des laurinées occupe donc, dans la série des dérivés de l'alcool camphorique, la place qui correspond à l'aldéhyde dans la série des dérivés de l'alcool ordinaire.
Le camphre de Bornéo s'extrait du Driabalanops camphora. Il se trouve déposé dans les cavités du tronc des vieux arbres ; quand les arbres sont jeunes, ils renfernieni seulement une huile essentielle, qui a pour formule, C^Ofi"^. Cetle huile s'oxyde facilement à l'air; il est possible que le camphre solide de Bornéo soit le produit de sou oxydatioD.
Aldéhyde camphorique. — Camphre ordinaire,