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C20H1GO

Le camphre ordinaire est incolore, solide, cristallisable, très-soluble dans l'alcool, dans l'éther, dans les essences, assez soluble dans les huiles grasses, et à peine soluble dans l'eau, qui !e précipite de ses dissolutions alcooliques ou éthérées. Son odeur particu- T. I.

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lière rend le camphre toujours reconnaissable.

La densité du camphre égale 0,99G ; aussi

ce corps reste-t-il à la surface de l'eau.

Dans cette position, il éprouve un mouvc-

i ment gyratoirc assez rapide, dû à ce qu'il

1 s'évapore à l'air.

1 Soumis à l'action de la chaleur, le cani- ! phre entre en fusion à 175», puis en ébulli- : tion à 204"; il répand alors des vapeurs i dont la densité égale 3,37. On peut enflam- I mer le camphre, qui briile avec une vive i lumière. Conduit en vapeur sur de la ch.iux j portée au rouge, il donne un hydrocarbure particulier nommé camphronc.

Le camphre dévie à droite le plan de polarisation des rayons lumineux. 11 se combine avec le chlore et le brome, et produit des dérivés chlorés et bromes. Plusieurs acides s'unissent au camphre et forment des composés peu stables, icis que le sulfite, Vazolalc, Vhijpcazoiaic de camphre.

Sous l'influence des corps avides d'humidité, comme le sont l'acide phosphorique anhydre et le chlorure de zinc fondu, le camphre perd 2 équivalents d'eau et se change en un hydrocarbure, qu'on a nommé cymène. Le cyniène a pour formule C-^H''*. L'acide azotique oxyde le camphre et le convertit en acide camphorique hydraté, C20H1406,2HO.

Ce nouvel acide est cristallisable, soluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'éther. H fond à 70'^ et se transforme par l'action d'une chaleur plus élevée en acide camphorique anhydre, C2<'Hi''06. L'acide camphorique anhydre, traité par l'ammoniaque, donne la camphoramide.

L'alcool produit avec l'acide camphorique hydraté uu acide camphovinique, C^H50,C2«Hi406,HO, et un élher campho^ rique, dont la composition est représentée par 'i(C<H5O),C20H'<06.

Les alcalis en dissolution dédoublent le camphre en deux corps particuliers : Vacide camphique, C^OH'^U'*, et le camphol, matière cristalline qui ne diflère du camphre de Bornéo que par l'énergie avec laquelle il dévie le plan de polarisation des rayons lumineux.

En passant sur un mélange de chaux et de potasse porté à la température de 400" environ, la vapeur de camphre se convertit IS'

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en acide campholique, C"-0H2''O3,HO, qui reste combiné avec la potasse.

On se procure le camphre ordinaire en distillant les branches du Laurus camphora avec de l'eau. Ce camphre brut est expédié en Europe, où on le rertiûe sur de la chaux.

Les essences de valériane et de semenconlra fournissent du camphre, lorsqu'on les traite par l'acide azotique.

Camphre de garance.

I La racine de garance, soumise à la fermentation, donne de l'alcool vinique et quelques alcools supérieurs, parmi lesquels se trouve une matière camphrée, isomorphe avec le camphre de Bornéo.

Le camphre de garance offre l'aspect d'une poudre blanche cristalline, d'une odeur poivrée et d'une saveur brûlante; il est très-soluble dans l'alcool, dans l'éther, dans l'acide acétique, et peu soluble dans l'eau, au contact de laquelle il éprouve des mouvements gyratoires. L'acide azotique le convertit en un aldéhyde iifentique avec le camphre des laurinées.

Camphre de succin.

Le succin, traité par les alcalis, donne un camphre ressemblant par toutes ses propriétés au camphre ordinaire, mais dont l'odeur est infiniment plus persistante. Le camphre de succin présente la même composition que le camphre de Bornéo ; il se change, par oxydation, en un aldéhyde semblable au camphre ordinaire.

Ainsi, comme nous Tavons annoncé au commencement de ce chapitre, ces quatre espèces de camphre remplissent à elles toutes le rôle d'un seul alcool, quoique leur pouvoir rotatoire soit différent. De plus, le camphre ordinaire peut être considéré comme l'aldéhyde dérivé des trois autres. Cet enchaînement de propriétés est ceTtainement un des faits les plus curieux que présente la chimie moderne.

ALCOOL CHOLESTERIQUE. - CHOLESTERINE,

L'alcool cholestérique est connu depuis longtemps sous le nom de choleslérine.Oa l'extrayait autrefois des calculs biliaires ; on le retire aujourd'hui de presque tous les liquides provenant du corps humain. La matière cérébrale en contient une certaine quantité.

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L'alcool cholestérique est solide et cristallisable, il fond à 137 degrés, se volatilise vers 300 degrés et se décompose, si la température s'élève davantage, en donnant naissance à un liquide huileux encore peu connu. L'alcool bouillant, l'éther, les essences, dissolvent facilement l'alcool cholestérique et l'abandonnent ensuite, par évaporation, à l'état de lamelles brillantes et incolores. Quoique insoluble dans l'eau, l'alcool cholestérique présente une certaine tendance à se combiner avec ce liquide; il suffit, en effet, d'abandonner dans un vase mal bouché une solution éthérée d'alcool cholestérique pour que ce corps s'empare de deux équivalents d'eau et se convertisse en un hydrate cristallin bien défini.

Le chlore et le brome attaquent l'alcool cholestérique, lui enlèvent de l'hydrogène et le transforment en divers composés chlorés ou bromes, dont l'étude n'est pas encore complète.

Les alcalis, en dissolution, n'exercent aucune action sur l'alcool cholestérique. Employés à l'état solide et à une température élevée, ils altèrent cet alcool et le changent en une substance amorphe, à peu près insoluble dans l'alcool ordinaire. La chaux elle-même, dont l'énergie est bien moindre que celle de la potasse et de la soude, lui fait subir la même transformation.

L'acide sulfurique concentré produit avec l'alcool cholestérique une matière amorphe de couleur rouge, qui ne tarde pas à se décomposer en trois carbures d'hydrogène cristallisables, dont les points de fusion sont très-éloignés les uns des autres.

A l'ébullition, l'acide azotique attaque l'alcool cholestérique et le dédouble en deux acides nouveaux : l'acide choloïdanique et Vacide cholestérique. La formation de ces deux acides est toujours accompagnée de celle d'une certaine quantité de résine. L'acide cholestérique est solide, incristallisable, déliquescent à l'air, soluble dans l'alcool, dans l'éther et dans l'eau. Il forme, avec les bases, des sels bien définis. Les choleslérates alcalins et alcalino-terreux seuls sont solubles dans l'eau.

Sous l'influence de la chaleur et d'une forte pression, l'alcool cholestérique s'unit aux acides chlorhydrique, acétique, benzoique, butyrique, etc., et donne naissance

à des éthers solides et crislallisables dont les propriétés se rapprochent à la fois de celles des cires et de celles des résines. Ces éthers se dédoublent difficilement en alcool cholest«î.rique et en acides, sous l'influence des alcalis.

On peut retirer la cholestérine ou l'alcool cholestérique des calculs biliaires, en traitant ces calculs par l'alcool bouillant. La solution alcoolique, filtrée sur du noir animal, dépose la cholestérine pure par le refroidissement.

La matière cérébrale, épuisée par l'éther, cède à ce dissolvant plusieurs corps, parmi lesquels se trouve la cholestérine. On isole cette matière en additionnant l'extrait éthéré d'une solution alcoolique de potasse et en faisant bouillir le mélange pendant quelques minutes. Il se dépose par le refroidissement des cristaux de cholestérine souillés de cérébrate et de phosphate de potasse. Ces cristaux sont traités par l'éther, qui dissout seulement la cholestérine et la laisse ensuite cristalliser, à l'état de pureté, par l'évaporation spontanée.

ALCOOL ÉTHALIQUE. — ÉTHAL, C32H330,HO.

Le blanc de baleine contient une substance nommée éthal et qui présente les propriétés générales des alcools.

L'éthal ou alcool éthalique est solide, cristallisable, fusible à 40 degrés et volatil- Il donne, sous l'influence de l'acide phosphorique anhydre, un hydrocarbure qui a pour formule : C32H32, et qu'on a nommé célène.

L'acide sulfurique change l'éthal en un acide sulfocélique, C32H330,(S03)2,HO, correspondant à l'acide sulfovinique, CiH^O, (S03)2,HO.

A chaud, le potassium attaque l'éthal et le convertit en élhal sodé, Na0,C32H330, composé analogue à l'alcool sodé, NaO.C^H^O. L'éthal sodé, traité par l'éther éthaliodhydrique, donne l'oxyde de cétylu C^^fissQ, qui est à l'éthal ce que l'éther C'H^O est à l'alcool. En effet :

ALC

Alcool élhalique

C4He02 Alcool ordinaire

HO

HO

Oxyde de ciHyle (Éther éthalIquc)

cristallisable, soluble dans l'alcool et dans l'éther; il fond à 55 degrés et distille sans altération.

Un mélange de chaux et de potasse oxyd^ l'éthal aune température élevée et le transforme en acide élhalique C^^H^'OS^hO. Dans les mêmes conditions, l'alcool ordinaire donne de l'acide acétique. Les deux équations suivantes font ressortir l'analogie qu'offrent entre eux ces deux phénomènes d'oxydation :

C32H3i02 + KO.HO = KO,C32H3i03 ^- Hi Alcool éthalique Ethalatcde potasse

CiH602 + KO.HO = C'.H303,KO + H'.

Alcool ordinaire Acétate de potasse

L'action simultanée de la potasse et du sulfure de carbone sur l'éthal fournit un sel nouveau, le céiyloxanthate de potasse K0,C32H3302,(CS2), dans lequel entrent à la fois les éléments qui composent l'alcali et ceux qui constituent le sulfure de carbone.

Les éthcri fournis par l'éthal sont peu connus. On a pu produire le chlorure, le bromure, Viodure de célyle, en traitant réthal par le perchlorure, le bromure et riodure de phosphore.

Le chlorure de célyle présente l'aspect d'un liquide oléagineux plus léger que l'eau. Cet éther, traité par le monosulfurc de soj diura, produit le sulfure de célyle, C?-R^^è, j qui est l'éther sulfhydrique de Talcool étha- I lique. On obtient le mercaptan célylique, I C32H33S,HS, en remplaçant dans la réaction j précédente le monosulfure de potassium par I le sulfhydrate de sulfure de la même base. I On prépare l'éthal ou alcool éthalique en traitant le blanc de baleine brut par l'alcool. La cétine ou blanc de baleine pur est isolée. On fait ré.igir alors la chaux sur la cétine. Il se produit de l'éthalate de chaux el de l'éthal. Ce mélange est ensuite épuisé par l'alcool , qui enlève l'éthal eit laisse l'éthalate de chaux. La solution alcoolique, évaporée au bain-raarie, laisse de l'éthal pur pour résidu.

Oxyde d'éthyle (.■ther)

Voxyde de célyle on éther élhalique est

AI.COOL TRIATOMIQCE PRIET-

CIPAÏ..

ALCOOL GLYCÉRIQUE. — GLYCÊRLNB, CCHSO«.

Ce corps a été découvert en 1779 par l'illustre chimiste Scheele, qui l'a nommé

principe doux des huiler, pour rappeler à la fois et son origiue et sa saveur sucrée. Les travaux successifs de MM. Chevreul, Pelouze et Berthelot out établi, dans ces dernières années, que la glycérine devait être considérée comme un alcool.

La glycérine offre l'aspect d'une huile incolore ; elle n'a pas la moindre odeur ; elle est insoluble dans l'éther ; elle se dissout en toutes proportions dans l'eau et dans l'alcool, sa densité, prise à 15°, égale 1,28.

A rélat de pureté, la glycérine peut être distillée sans subir la moindre altération, mais' il suffit qu'elle contienne un corps étranger ou qu'elle soit seulement engagée dans une combinaison pour que l'action de la chaleur la modifie profondément. Il se produit alors une matière nouvelle, douée d'une odeur irritante, et à laquelle on a donné le nom d'acroléine.

L'acroléiue a pour formule C^IHO"^ ; elle ne diffère donc de la glycérine que par les éléments de 4 molécules d'eau. En eClet :

C6HS0G

Glycérine

Acroléino

La déshydratation opérée, dans ce cas, à l'aide de la chaleur, peut encore avoir lieu quand on traite à chaud la glycérine soit par l'acide phosphorique anhydre, soit par le bisulfate de potasse.

Sous l'influence de la levure de bière, la glycérine éprouve une sorte de fermentation et se change en acide propionique, L^H'^O^. La formation de cet acide est toujours accompagnée de celle d'une certaine quantité d'alcool et d'acide acétique.

La glycérine s'oxjdc facilement : versée goutte à goutte sur du noir de platine, elle absorbe l'oxygène atmosphérique et ^e coakertiten un acide encore peu connu. L'acide azotique affaibli l.i transforme en acide glycérique, (.^H^'û''. Ce nouvel acide, qui offre avec la glycérine les mêmes rapports que ceux que l'on observe entre l'acide acétique et l'alcool ordinaire, résulte de la fixation de 4 équivalents d'oxygène sur la glycérine, comme le montre l'équation suivante :

CGH806 + 40 + C6H608 + 2H0.

L'acide glycérique n'est pas le seul corps que fournisse l'oxydation de la glycérine, il

su:

peut aussi se produire de l'acide formique : c'est ce qui a lieu, par exemple, lorsqu'on , traite la glycérine par un mélange de bioxyde de manganèse et d'acide sulfurique, ou bien lorsqu'on la soumet à l'action de la potasse caustique. Dans ce dernier cas, l'acide formique est constamment accompagné d'acide acétique

Le chlore attaque la glycérine et la couvertit en divers corps chlorés peu connus. Parmi ces différents composés se trouve une substance analogue au chloral.

On obtient des dérivés correspondant avec l'iode et le brome.

Plusieurs bases s'unissent à la glycérine; on connaît, en effet, des combinaisons de glycérine avec la baryte, la strontiane et la chaux. Il est à remarquer que dans ces composés la présence des bases n'est plus indiquée par l'acide carbonique.

La glycérine produit avec le gaz ammoniac sec un alcaloïde huileux qu'on a nommé glycéiammine. La glyccrammiue a pour formule, C^H^HzO^. Elle se dissout dans l'eau et dans l'alcool.

On est parvenu à combiner la glycérine avec 1, 2, 3 molécules d'alcool et à obtenir ainsi des composés liquides dont la constitution présente de l'analogie avec celle des éthers mixtes (voy. ce mot).

Les acides attaquent la glycérine et la transforment en une série de corps, sur la constitution desquels nous reviendrons plus loin.

La glycérine est un des produits constants de la saponification des corps gras neutres. On l'obtient eu soumettant les graisses naturelles à l'action prolongée de l'eau ciiaude et de l'oxyde de plomb : il se forme un sel de plomb insoluble (emplâtre simple), et la glycérine est mise eu liberté. La liqueur, séparée du précipité plombeux, est traitée par l'hydrogène sulfuré, filtrée et évaporée au baiu-marie; elle laisse de la glycérine presque pure pour résidu.

Dans les fabriques de bougies stéariques les eaux qui accompagnent le savon calcaire contiennent beaucoup de glycérine : on peut isoler ce corps en évaporant convenablement ces eaux, après les avoir traitées par un courant d'acide carbonique.

Les corps gras, saponifiés par la vapeur surchauffée (procédé Wilson), abandonnent

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de grandes quontités de glycérine qui distille sans altération.

Enfin, on peut produire artificiellement la glycérine en décomposant le tribromure d'allyle pur l'oxyde d'argent :

CfiHSBrS + 3K0,H0 = 3KBr + C6H806 Tribromure d'allyle Glycérine

La glycérine^, qui est restée longtemps sans usages, commence aujourd'hui à être employée non-seulement dans l'industrie, mais encore pour les besoins de la médecine.

A cause de son peu de volatilité, la glycérine remplace avantagi^usemcnt les encollages à l'eau dont les tisserands se servaient autrefois pour tenir leurs fils humides. Elle permet en outre aux ouvriers de travailler dans des endroits plus secs et par suite moins malsains.

Ou a appliqué la glycérine à la préparation des matières destinées aux observations microscopiques ; elle conserve plusieurs jours ces matières sans altération. Enfin, comme elle dissout un certain nombre de substances médicamenteuses , ou s'en sert pour préparer les gli/cérolés, solutions beaucoup moins allérnbles que ne le sont celles qu'on obtient avec l'eau.

Considérations générales sur la constitution de la glycérine et sur celles de ses principaux dérivés.

La manière dont se comporte la glycérine en présence des réactifs permet de considérer cette substance comme un véritable alcool En effet :

1" Dans l'action de la chaleur et dat:s celle des corps avides d'humidité sur la glycérine , il se produit un corps nouveau, l'acroléine, qui correspond aux liérivés formés par la déshydratation de l'alcool viiiique [élher, hydrogène bicarboné).

2° L'action de l'oxygène sur la glycérine donne un composé acide offrant avec cet alcool les mêmes relations que celles que présente l'acide acétique avec l'alcool ordinaire.

3" La levure do bière, qui joue un si grand rôle dans la production de l'alcool (voyez Fermf.ntation), agit énergiquement sur la glycérine et détermine la formation de plusieurs composés, parmi lesquels se tri»uvenl l'alcool et l'acide acétique.

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i' Le chlore, le brome et l'iode, qui fournissent avec l'alcool ordinaire trois corps bien définis (le chloral, le bromal et l'iodnl), produisent avec la glycérine des dérivés analogues.

5" Les composés obtenus par l'union des oxydes alcalino-lerreux et de la glycérine peuvent être placés sur la même ligne que les dérivés organo-métalliques correspondant à l'alcool ordinaire.

6" Le gaz ammoniac convertit la glycérine en un alcali présentant de l'analogie avec les ammoniaques composés, telles que Vélhylamine , la méthylamine , Vamylamine. etc.

7" Enfin, la facilité avec laquelle les alcools peuvent entrer en combinaison avec la glycérine, et les propriétés des composés ainsi formés permettent d'indiquer ce nouveau résultat pour établir un dernier point de rapprochement entre la glycérine et les alcools.

Cependant, malgré ces nombreuse? analogies, il est difficile, au premier abord, de saisir exactement les caractères qui rattachent la glycérine aux alcools. Cela tient sans doute à ce que la /glycérine, étant un alcool triatomique, donne naissance à trois composés dans les conditions où l'alcool ordinaire, qui est monoatomique, n'en fournit qu'un, et qu'alors cette suite nombreuse de dérivés qui s'offre simultanément à l'esprit voile la clarté des relations.

Quand un tel ordre de faits se présente, le chinnsle qui cherche les analogies néglige un certain nombre de réactions et ne s'occupe que de celles qui lui paraissent les plus précises. Or, parmi les réactions qui servent à caractériser les alcools, avonsnous déjà dit, il n'en est pas de plus nettes que celles qu'on obtient avec des acides. Cette assertion, qui a trouvé sa preuve dans l'histoire des alcools que nous avons prccédeiument décrits , se vérifie encore pour la glycérine. En effet, si n( us venons d'être obligé, pour les faire mieux ressortir, de grouper ici les réactions qui se passent au contact de la glycérine avec les métalloïdes, les bases, les corps déhydratants, etc .cette précaution devient inutile pour mettre en relief les modifications que cet alcool éprouve sous l'innucnce des acides, et les car.iclères spéciaux du composé alcoolique apparaissent,

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dans ce cas, avec une grande netteté. C'est donc surtout à l'aide de l'action des acides sur la glycérine qu'on a établi l'analogie de ce corps avec les alcools.

Aussi, nous qui avons pour but de faire bien comprendre celte analogie, nous suivrons la même voie et, laissant de côté un certain nombre de réactions, nous décrirons, au contraire, avec détails, ce qui se passe quand la glycérine et les acides sont mis en présence.

Action des acides sur la glycérine.

Lorsqu'on traite la glycérine par les acides, il se produit deux sortes de composés : les uns sont de véritables acides doubles, formant, avec les bases, des sels cristallisables ; les autres sont neutres et se comportent comme des éthers.

La plupart des corps gras naturels, tels que les graisses, les huiles, le beurre, appartiennent à ce dernier groupe.

Combinaisons acides formées par la glycérine. — Ces combinaisons prennent naissance quand on fait réagir, à froid, les acides polybasiques sur la glycérine. Elles rougissent fortement la teinture de tournesol, décomposent les carbonates avec etîervescence, et se dédoublent au contact prolongé de l'eau bouillante en leurs deux éléments constituants. Ainsi l'acide sulfoglycérique se change en glycérine et en acide sulfurique.

C6HT05(S03)2,HO + 2H0 -^ C6HS06 + 2(S03,H0)

Glycérine Acide sulfuriquc

L'acide tartroglycériquc régénère la glycérine et l'acide tartrique.

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