‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelleChapitre 65 sur 129 · C6H805 4- C4H404 + 2HC1 - 6H · texte numérisé non relu

C6H805 4- C4H404 + 2HC1 - 6H

Glycérine Acide acétique Acide chlor- Eau hydrique L'acétoclilorhydrobrorahydrine. . CiOHSClBrO* qui égale

C6H8OS H- C4H40* + HCl + HBr - 6H0

Glycérine Acide acé- Acide Acide Eau tique chlorhy. bronihy.

ALC

Les combinaisons neutres de la glycérine avec les acides s'obtipniipnt par l'union directe de leurs doux principes constituants, soit à froid et à l'air libre, soit en vase clos et avec le concours d'une température plus ou moins élevée.

Il suffit, par exemple, de f.iire passer un courant de gaz ncide chlorhydrique, de gaz acide bromhydrique ou de g.iz acide iodhydrique dans la glycérine, pour que la température s'élève tt qu'il se forme de la clUorhydrlne, do la bromhyclrine ou de Viod- Inidrme. Les mémos combinaisons se préparent plus facilement encore à l'aide des hyd-rcides naissants, tels qu'ils résultent de l'action des chlorures et des bromures de phosp; ore sur la glycérine. Ainsi : 3>C6H?0S) 4- PhCls Glycérine

égale

égale

Prolochloriii'e

de phosphore

3iC«irciOi) + Ph03.3HO

Monochlorhydrino Acide ] hosphorcux hydraté.

Bromure

de phosphore

3(CGHîBrO'') + Ph03,3HO JionoLromhydi'ine

L'iodure de phosphore fait exception à

cette règle générale, < ar, au lieu de donner

de riudliydrine comme on doit s'y attendre,

il produit de l'éther allyliodhydrique ou io-

duie de prop^lène. En effet :

2(CGH?06) + PI1I2

Glycérine îodure

de phospliore

égale

C6H0I -f PhOî.CfiH'Oî + I + 4H0

El!icr iillyliod- .\cidc |ihos|iliiglycéhydrique, iolurc riiiue

de propylèiie

Cette réaction impré\up a conduit à une conséquence nouvelle, .-savoir : qu'il peut exister un certain rai)port entre les corps gras et les csson<es, tnalièros qui jusqu'alors avaient semblé imonipatib es. Eu elîct, avec l'éther allyiioiihulriquo, dérivé di- la glycérine, on ;i pu préparer suciT.-sivem<'nt l'ahool alhlique (m. y.-/ .e mot), sou éther suifhydrique (essence d'ad), son éther sul-

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focyanhydrique (essence de moutarde), et passer ainsi d'un corps gras, absolument inodore, aux essences sulfurées les plus odorantes. Peut-être alors que des transformations conduisant au même but s'accomplissent dans la nature, et que les essences qui existent chez les crucifères se sont produites au moyen des matières grasses que contiennent abondamment cette famille de végétaux.

Si l'on n'a pu saisir ce qui se passe dans les plantes, on est arrivé du moins, par des réactions de laboratoire, à remonter synthéliquement du propylène à la glycérine.

M. Wurfz a préparé, en effet, dans ces derniers temps, des quantités notables de glycérine, en traitant le tribromure d'allyle (dérivé du propylène) par la potasse hydratée.

Les oxacides monobasiques, tels que les acides acétique, butyrique, benzoïque, stéarique, etc., chauffés à 200° degrés avec la glycérine, donnent, au bout de quelques heures, dos corps neutres parfaitement définis (acétines, butyrines, stéarines). La vitrine se produit à froid sous l'influence de l'acide nitrique fumant.

Les combinaisons neutres dont nous venons de parler, aussi bien que les composés acides obtenus avec la glycérine, ont la propriété de se dédoubler en leurs éléments générateurs.

Pour avoir lieu, ce dédoublement exige certaines conditions, qui ont été nettement indiquées par M. Berthclot dans son excellent travail sur les corps gras, travail auquel nous empruntons textuellement les détails qui suivent : « Quand la glycérine s'unit à un acide, dit cet habile chimiste, de l'eau s'élimine, et les propriétés de la glycérine et de l'acide deviennent latentes, c'est-à-dire que le composé formé ne se prête ni au déplacement direct et immédiat de l'aride par un autre acide, ni au déplacement direct et immédiat de la glycérine par une base ou par un alcool, ni enfin à ces doubles découjpositions instantanées qui caractérisent les sels. Les chlorhydrines, par exemple, ne précipitent pas les sels d'argent, bien qu'elles soient formées par l'union de la glycérine avec l'acide chlorhydrique. »

Lorsqu'on veut alors déterminer la reproduction des corps générateurs, il faut faire

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intervenir le temps, la chaleur et l'hiimidiic. Sous celle triple influence, la rcproduclion s'eireclue aussi cornplélcnienl que possible : on obtient, d'un côté, la glycérine, et, de l'auire, l'acide gras qui lui était combiné.

M. Berthelot ajoute : « Ces propriétés, ces phénomènes, CCS produits, accompagnent égali'rnent la décomposition des corps gras naturels et celle des corps gras artificiels, et concourent à idi ntiOer ces deux groupes de composés. Ils éiabiissent un rapprochement entre les corps gras naturels ei les éthers : CCS derniers, en ( fl'et, jouissent des mêmes propriétés. Formés, d'une part, par l'union directe d'un alcool avec un acide avec séparation des éléments de l'eau, ces corps sont neutres, et les propriéti-s de l'acide sont masquées ; d'autre part, ils sont aptes à reproduire l'acide et l'alcool en fixant les éléments de l'eau. »

De plus, si l'on rappelle que « l'action de l'ammoniaque change en amides ces deux classes de corps, r, et que " des réactions directes et réciproques établissent l'équivalent de la glycérine et de l'alcool visà-vis des acides, car on peut, à volonté, soit décomposer certains éthers par la glycérine, soit décomposer un corps gras neutre par l'alcool et former un éiher, » on est amené à conclure « qu'il existe une analogie trèsgrande entre la constitution des éthers et celle des corps gras, tant naturels qu'artificiels. »

Toutefois, fait remarquer M. Berthelot, « si la glycérine se rapproche de l'alcool ordinaire par la nature des combinaisons auxquelles elle donne naissance avec les acides, la formule de ces mêmes composés, l'existence de plusieurs combinaisons neutres entre la glycérine et un même acide établissent entre la glycérine et l'alcool une dilTérence profonde. En ellet, la glycérine présente \is-à-vis de l'alcool précisément les mêmes relations que l'acide pliosphorique vis-à-vis de l'acide nitr.que. Tandis que l'acide nitrique ne produit qu'une seule série de sels neutres, l'acide phosphorique donne naissance à trois séries de sels neutres (phosphates ordinaires, pyrophosphales, métaphosphales), et ces trois séries de sels, décomposées par les acides énergiques, en présence de l'eau, ne reproduisent qu'un

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seul et même acide, l'acide laio.'îphorique.

» De même, tandis que l'ahool ne produit qu'une seule série d'éthers neutres avec chaque acide, la glycérine donne nais-ance à trois séries princi|)ales de combinaisons neutres. Ces trois séries, par leur décomposition totale en présenre de l'eau, reproduisent un seul et même corps, la glycérine. »

Donc, comme nous l'avons dit dans les généniiilés sur les alcools, la glycérine est un alcool triatomique.

Principaux dérivés de la glycérine.

L'examen des corps gras dérivés de la glycérine offre un intérêt particulier, mais le cadre de cet ouvrage nous impose des limites que nous ne voulons pas dépasser; aussi nous bornerons-nous à décrire les corps gras naturels les plus importants de la troisième série. Ce sont :

La margarine ou Iriniargarine, L'oléine ou trioloinc, La sléarine ou Iristédrine.

Ces trois principes immédiats entrent dans la composition de la plupart des graisses animales et des huiles végétales; leur étude sera suivie de celle des acides qui en dérivent.

Margarine, C108H104O12.

La margarine est solide; elle cristallise en paillettes blanches, d'un aspect micacé. Son point de fusion varie entre il" et 49".

L'éther froid dissout facilement la margarine; l'alcool bouillant n'en dissout que des traces, qu'il dépose ensuite par le refroidissement.

Traitée par le gaz ammoniac, la margarine, en dissolution dans l'alcool, donne de la glycérine et de la margaramidc, C3iH3302A2H2.

Les alcalis hydratés oi)crent la s.ipoiiification de la margurine, c'est-à-dire son dédoublement en margarale alcalin et eu glycérine.

La margarine existe dans l'huile d'olive et dans beaucoup de graisses, particulièrement dans la graisse humaine.

Pour l'obtenir, on peut traiter la graisse humaine par l'alcool bouillant et laisser ensuite refroidir la liqueur. Il se dépose alors des cristaux de margarine, qu'on purifie par des cristallisations répétées dans l'alcool.

L'huîle d'olive, exposée au froid, se cougèie facilement. Si, arrivée à cet état, on la soumet à l'action de la presse, elle se dédouble eu oléine qui s'écoule, et en margarine qui forme le résidu exprimé. Cette margarine ainsi obtenue peut être alors purifiée comme celle qui provient de la graisse humaine.

M. Berthelol a reproduit artificiellement la margarine en chauffant à 270°, pendant quelques heures, dans des tubes de verre scellés à la lampe, un mélange de glycérine et d'acide margarique.

Acide margarique, C^'^H-^'^O'* .

L'acide margarique se présente en cristaux incolores, qui fondent vers 60°, sont insolubles dans l'eau , peu solubles dans l'alcool froid, et très-solubles au contraire dans l'alcool bouillant.

Soumis à la distillation, l'acide margarique se volatilise en presque totalité; la faible portion qui s'altère donne un corps particulier, nommé tnargarone, et auquel on assigne pour formule, C^^H^^O^.

CliaulTé à 270% en présence de la glycérine, l'acide margarique donne naissance à la monomargarine et à la (rimargarine. Ce dernier composé paraît identique avec la margarine naturelle.

L'acide margarique forme, avec les bases, des sels bien définis, qui sont représentés d'une manière générale par la formule MO,C3<H3303. Les margarates alcalins sont solubles dans l'eau, et s'obtiennent par l'union directe de la base avec la margarine; les autres margarates sont insolubles et .«e produisent par double décomposition.

L'clher cthtjlmargarique est solide et rristallisable; on le prépare en faisant passer un courant de g.iz acide chlorhydrique dans de l'alcool qui lient de l'acide margarique en dissolution.

La constitution de l'acide margarique n'est pas encore parfaitement connue, et certains doutes se sont même élevés sur l'existcuce de cet acide, .\insi, on a publié dans ces derniers temps un travail tendant à prouver que l'acide margarique est un mélange on une combinaison d'acide rtéarique, C^^H^^O*, et d'acide palmitique, (;34h3«0*. Celte opinion se fonde sur deux faiis principaux que nous consignons ici :

1° L'acide margarique, soumis à des

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cristallisations répétées dans l'alcool, cède à ce dissolvant de l'acide palmitique pur, fusible à 62°.

2° On obtient de l'acide margarique fondant à 60° et parfaitement cristallisable, en opéraut simplement la fusion d'un mélange formé de 9 à 10 parties d'acide palmitique et de 1 partie d'acide stéarique.

Plusieurs procédés ont été proposés pour préparer l'acide margarique. Voici celui qui nous paraît le plus avantageux : On saponifie la graisse humaine ou l'huile d'olive par la potasse, puis on verse dans la liqueur de l'acétate de plomb dissous; il se précipite du margarate et de l'oléaie de plomb. Ce mélange est traité à plusieurs reprises par l'élher, qui dissout loléate de plomb et une portion du marg.iratc. La partie restée insoluble est décomposée alors par l'acide azotique, qui met l'acide margarique en liberté. Cet acide, ainsi obtenu, est purifié par plusieurs cristallisations dans l'alcool.

Oléine.

L'oléine est liquide; elle présente une teinte jaune que la lumière solaire affaiblit en peu de temps.

Elle est insolublt» dans l'eau, peu soluble dans l'alcool froid et très-soluble dans l'éther.

Les alcalis saponifient à chaud Tolcine et la dédoublent en glycérine et en acide oléique.

L'oléine se décompose par la distillation en donnant naissance à de Vacide sébacique, C20H'8G8.

L'acide sulfurique la transforme en acides sulfoglycérique et sulfoléique. Elle se convertit en un corps solide nommé éldidiae, au contact de l'acide nitreux.

Celte réaction, indiquée pour la première fois par M. Poulet, sert aujourd'hui à (onstater non-seulement la pureté de l'oléine, mais encore celle de l'huile d'olive et de plusieurs autres huiles non siccatives : toute oléine ou toute huile d'olive qui se solidifie au bout de peu de temps par l'agitatiou avec l'acide nitreux doit être considérée comme pure. Si la solidification tarde plus de deux heures, il faut admettre que la substîince soumise à l'essai contient des impuretés.

L'oléine fait partie de la plupart des

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graisses animales; les huiles extraites des végétaux en contiennent aussi de grandes quantités. Pour l'obtenir à l'état de pureté, il faut traiter à l'ébullitioQ la graisse par l'alcool. La liqueur dépose pnr le refroidissement la margarine et la stéarine qu'elle a dissoute, tandis qu'elle garde l'oléine pure. La solution alcoolique d'oléiuc est ensuite évaporée au bain-marie jusqu'à ce que les dernières traces d'alcool aient disparu.

On prépare encore l'oléine en faisant bouillir pendant vingt-quatre heures de l'huile d'olive avec une dissolution de carbonate de souiie : la stéarine et la margarine disparaissent en se saponifiant; l'oléine seule résiste et se rend alors à la surface de la liqueur, où elle forme une couche huileuse parfaitement distincte.

L'oléine a été reproduite artificiellement, en combinant à chaud l'acide oléique avec la glycérine.

Acide oléique, C36H3iOi.

L'aride oléique est un liquide huileux, incolore, sans odeur et sans saveur; il ne rougit pas le tournesol. Il est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, dans l'éther et dans les essences.

Sa dissolution alcoolique, soumise à l'action du froid, laisse déposer de belles aiguilles blanches d'acide oléique.

L'acide oléique, exposé à l'air, rancit en absorbant l'oxygène atmosphérique; il paraît se convertir, dans cette occasion, en un nouvel acide formant avec la baryte un sel soluble dans l'alcool.

La chaleur altère l'acide oléique. Parmi les produits de la décomposition de cet acide se trouvent les acides sébacique, capryliqiie et caproïque.

L'action de l'acide azotique sur l'acide oléique fournit plusieurs acides, appartenant, les uns à la série acétique, et les autres à la série oxalique. *

L'acide oléique est tran-formé, par l'acide azoteux, en un corps cristallin, fusible à 4i degrés, et qu'on a nommé acide élaïdique. Ce nouvel acide est isomérique avec l'acide oléique.

La potasse caustique convertit, à chaud, lapide oléique en un mélange d'acétate et de palmitale de potasse.

L'acide oléique produit, avec les bases, des sels parfaitement définis, et dont la compo-

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sition correspond à la formule générale MO,C36H3303. Il donne, avec l'alcool, ua éther huileux et insoluble dans l'eau. Il s'unit enfin, en plusieurs proportions, avec la glycérine. La combinaison qui a été nommée trio'.éine paraît identique avec l'oléine naturelle.

Pour préparer l'acide oléique pur, il f.mt saponifier l'huile d'olive ou plutôt l'huile d'amandes douces par la potasse, décomposer en.uite par l'acide tartrique le savon obtenu, et mélanger les acides gras, mis en liberté, avec la moitié de leur poids d'oxyde de plomb très-finement pulvérisé. Ce mélange, chaullé pendant quelques heures au bain-marie, donne de l'oléate et du margarate de plomb, qu'on laisse digérer ensemble pendant vingt-quatre heures dans deux fois leur volume d'élher. Au bout de ce temps, loléate de plomb étant dissous, on évapore l'éther, puis on traite le résidu de l'évaporation par l'acide chlorhydrique affaibli. Il se produit du chlorure de plomb insoluble, tandis que l'acide oléique, mis pour la seconde fois en liberté, se rassemble à l'état de couche huileuse. L'acide oléique ainsi obtenu n'est pas encore parfaitement pur; on achève de le purifier en le dissolvant dans l'ammoniaque, en ajoutant ensuite du chlorure de baryum à celte liqueur, et en faisant enfin cristalliser, à plusieurs reprises, l'oléate de baryte obtenu. Ce sel, décomposé alors par l'acide nitrique, donne l'acide oléique dans un état de complète pureté. Cette dernière opération doit être exécutée dans des vases entièrement pleins et bien fermés, pour éviter le contact de l'air, qui altère toujours l'acide oléique.

Les fabriques de bougies livrent au commerce un acide oléique impur, qui se forme lorsqu'on décompose par l'acide sulfurique le savon calcaire provenant de l'action de la chaux sur le suif. Cet acide oléique, pour servir à préparer soit des oléates, soit les oléines artificielles, exige qu'on le soumette au mode de purification que nous venons d'indiquer.

Stéarine, C114hiioui2.

La stéarine pure offre l'aspect de lamelles blanches, qui sont douées d'un éclat nacré. Ce corps est insi|)ide, inodore, fusible entre 60 et 62 degrés, complètement insoluble

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dans l'eau, et peu soluble dans l'alcool froid; Talrool bouillant en dissout environ un huitième de son poids. Il se dissout aussi en grande quantité dans l'élher bouillant, mais ce liquide le dépose en presque totalité par le refroidissement.

La stéarine, soumise à l'action de la chaleur, se décompose en défi.igeant de l'acide margarique, de la margarone et dilTérents carbures d'hydrogène.

Traitée à l'ébullition par une eau chargée de potasse, de soude ou de chaux caustiques, la stéarine se dédouble en glycérine et en acide stéarique. Cette réaction, à laquelle on a donné le nom de saponification, fournit un poids de glycérine et d'acide stéarique notablement plus élevé que celui de la stéarine qui a été mise eu expérience. Ainsi :

400 parties de stéarine ( 9i,6 d'acide stéarique. donnent en efTct . . . j 8,0 de glycérine.

Total. . . 102,6

M. Chevreul a démontré que cette augmentation de poids provient de la fixation des éléments de l'eau sur la stéarine, au moment ou son dédoublement sopère. Ce fait n'est pas particulier à la stéarine, car, tout corps gras neutre, qui se saponifie, s'empare inévitablement d'une certaine quantité d'eau. (Voyez généralités sur la constitution des corps gras neutres, — glycérine.)

Les propriétés de la stf^ariiie sont encore imparfaitement connues. Si nous l'avons vu se comporter, dans la plupart des cas, comme un corps neutre, il peut arriver qu'elle joue le rôle d'un acide faible. Ainsi, traitée par le carbnnate de potasse, elle donne naissance à un véritable sel, le sléaroglycérnie de potasse.

La stéarine s« rencontre dans la plupart des graisses solides; on l'extrait ordinairement du suif de mouton. Dans ce but, on chauffe le suif avec huit ou dix fois son volume d'éther. La stéarine se dissout et cristallise ensuite, en paillettes nacrées, par le refroidissement de la solution élhérée. On exprime ces paillettes, puis on les fait cristalliser à deux ou trois reprises successives dans l'éther.

La stéarine ainsi obtenue paraît être pure.

.'.eide stéarique, CS^RMO''.

L'acide stéarique cristallise en aiguilles

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brillantes, qui sont inodores, insipides, insolubles dans l'eau, très solubles dans l'alcool et dans l'éther. Cet acide fond à 70°; il se décompose vers 300° en dégageant de l'acide carbonique, de l'hydrogène carbuué et un corps gras particulier, la sléarone, C56|i56o2^ qui présente beaucoup d'analogie avec la margarone.

L'acide azotique transforme l'acide stéarique en une série d'acides, parmi lesquels Ggurent les acides acétique, formique, butyrique, succinique, subérique, etc.

Pour préparer l'acide stéarique on dissout du savon de suif dans 8 ou 10 parties d'eau chaude, puis on ajoute à cette dissolution 40 à 50 parties d'eau froide. Il se précpite bientôt un mélange de stéarate et de margarate alcalins. Le précipité lavé et séché est repris par l'alcool bouillant, qui laisse déposer le stéarate de potasse par le refroidissement ; ce stéarate, purifié par plusieurs cristallisations successives dans l'alcool, est jilors décomposé par un acide, qui met l'acide stéarique pur en liberté.

L'acide stéarique, brûlant avec une flamme éclairante et sans répandre d'odeur appréciable, a été employé avec succès pour fabriquer des bougies, que l'on a nommées, pour cette raison, bougies sléariques.

Dans le but d'abaisser le prix de revient, le suif qui doit servir à la confection des bougies stéariquos est saponifié au moyen delà chaux, au lieu de l'être par la potasse. Le savon calcaire qui se forme est traité par l'acide sulfurique, qui le décompose en sulfate de chaux et en acide gras. On soumet ces acides à l'action de la presse hydraulique, l'acide oléique étant liquide, s'écoule, tandis que l'acide stéarique, mélangé d'un peu d'acide margarique, reste sur la presse. On fond alors cet acidi» stéarique, puis on l'introduit, pendant qu'il est encore liquide, dans des moules de fer -blanc à doubles parois chauffées par la vapeur.

Lorsqu'on fait réagir en vase dos, à la température de 200" environ, la glycérine sur la stéarine, on obtient trois compo.vés, qui ont reçu les noms de monostéarine, de disléarine et de trisléarine. Ce dernier corps est identique avec la stéarine naturel.

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OLirCOLS. — ALCOOLS BIATOlOIQUES.

I! existe entre les alcools triatomiques et les alcools monoatomiqiics une série d'alcools qui exigent 2 é(|uivalents d'acide pour former des éthers neutres. Ces alcools sont donc biatomiques ; on les a nommés glycohpour rappeler la double an.ilogie qui les rattache, d'une part, à l'alcool et, d'une autre part, à la glycérine.

Les glycols connus jusqu'à ce jour sont au nombre de quatre. Ils ont éié découverts par M. Wurtz; voici leurs noms et leurs formules :

Glycol viiiique C'^U<^0'*

Glycol pro|.ylique. . . C''H-<0''

Gljcol biilylique . . . C-'HiuO*

Glycol amylique. . . . Cioni^Oi

Nous ne parlerons ici que du glycol vinique, qui est le type des glycols comme l'alcool ordinaire est le type des alcools monoatomiques.

Ce que nous dirons de ce glycol pourra s'appliquer sans réserve aux autres alcools diatomiques, qui suivent les mêmes lois, subissent les mêmes métamorphoses, et engendrent des dérivés correspondants,

GLYCOL VINIQUE, C^HeO*.

Cet alcool est huileux, incolore, inodore et faiblement sucré. Sa densité égale 1,123; il bout à 197"; la densité de sa vapeur correspond au nombre i',i64.

Le glycol est très-soluble dans l'eau et dans l'alcool ; l'éther ne le dissout qu'en faible quantité. Plusieurs sels entrent aussi facilement en liissohition dans le glycol que dans l'eau : nous citerons particulièrement les chlorures de sodium, de calcium, de zinc et le sublimé corrosif.

Les réactifs employés en chimie pour mortifier l'alcool agissent dans le même sens sur le glycol \ inique.

En ellet, si I on compare entre eux les dérivés de ces deux alcools, on voit qu à l'aldéhyde, aux éthers, aux acides, aux bases obti'nus avec l'alcool \ inique correspondent un aldéhyde, des éthers, des acides, des bases formés par le glycol. L'analogie se soutient toujours et avec la plus constante régularité.

Seulement un fait remarquable apparaît en même temps : c'est que le glycol fournit

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plus de dérivés que son analogue, l'alcool ordinaire ; en voici la raison :

Le glycol étant dialomique, possède évi' , demmeut une capacité de saturation double de celle de l'alcool, qui est monoatomique. Il forme donc des combinaisous neutres avec i et 2 atomes d'acide ou de tout autre corps, lorsque l'alcool n'en fournit qu'une seule. Par conséquent, à chaque dérivé alcoolique correspondent au moins 2 dérivés du glycol. De plus, comme il est absolument^ égal que les deux molécules étrang< res qui réagissent sur le glycol ne soieut pas de même nature, il peut se produire un troisième composé, dans lequel le glycol est uni à deux corps différents.

Ainsi, quand l'alcool ne donne naissance qu'à une seule combinaison neutre, le glycol engendre :

i° Un composé résultant de l'union «le 1 atome de

glycol avec i atome d'un autre corps ; 2° Un composé formé ['ar 1 union de 1 atome de glycol

avec 2 atomes du corps précèdent ; 3- Un compo.sé pro luit par i ^ atome du corps pré-

l-union simultmé dJ 1 , "^f^™' ^l^ ,...«

atome de glycol avec. . . M «'""'« <* "" ^""^ ® ■' V corps.

C'est là ce qui fait que les dérivés du glycol sont aussi nombreux.

Si ces dérivés se '.approchent de ceux de l'alcool ordinaire par leurs propriétés, il est évident que par leur constitution ils offrent la plus gr.inde analogie avec les dérivés de la glycérine. Ce dernier alcool, qui est tribasique, se combine, en effet, en plusieurs proporlioîis avec les acides, et donne une série considéralile de composés renfermant pour I atome de glycérine, soit I atome d'acide, soit 2 atomes du même acide, ou 2 atomes d'acides différents, soit enlin 3 aîome.>i dacides identiques ou bien 3 atomes d'acides différents.

I^ rapport qui existe à la fois entre l'alcool ordinaire et le glycol. entre ce dernier corps et la glycérine, prouve combien le nom de glycol est logique, puisqu'il rappelle à lui seul cet ensemble de faits.

La propriété la plus caractéristique des alcools est de s'éthérifier au contact des acides en perdant de l'eau ; il suffit, par exem[ile, de traiter l'alcool par l'acide chlorhydrique pour obtenir le chlorure d'éthyle ou élher chlorhydiique ordinaire :

C*H602 + HCI = CAHiCl + 2H0 Alcool Étiier cldorliydrique

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