‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelleChapitre 83 sur 129 · TERRAINS. (C. P · texte numérisé non relu

TERRAINS. (C. P

AMMOIVÉES et mieux AMMOIVIDÉES ,

A. a^O.Ammoneœ, L. et Ammonideœ ( Â'jjuwv, ûjvoç, Jupiter-Ammon; d'ocV,"^oç, sable; ici, sorte de coquille), moll. céph. — Lamarck (Ext. de son cours, 1811) proposa ce nom {Ammonées), pour une famille de Coquilles mulliloculaires, à cloisons découpées sur leurs bords, et dans laquelle il plaça les g. Ammonite, Orbulite, Turrilite, Ammonocératite et Baculile. M. de Blainville place dans ses Ammonacées qui correspondent aux Ammonées de Lamarck , les Discorbites et les sous-genres de Montfort , dont quelques unes appartiennent aux Nautilidées. M. de Haan divise la famille en 2 coupes, suivant que les sinuosités des cloisons sont ondulées ou anguleuses, et n'y réunit pas tous les g. que Lamarck y avait placés. Dans notre tableau méthodique des Céphalopodes (en 1825), nous avons ainsi caractérisé la famille : «Test simple, spiral ou droit; cloisons découpées; cavité super, à la dernière cloison , grande et engainante ; siphon marginal (dorsal sur la carène).» Nous y avons

placé les g. Baculite , Haraite, Scaphile, Ammonite, et Turrilite, auxquels on peut ajouter aujourd'hui les Criocératiles et les Goniatiles.

Les Ammonidées (dénomination que nous préférons, pour suivre une terminaison identique dans toutes les familles du Règne animal) ne se trouvent qu'à l'état fossile, et leurs g. et leurs esp. très nombreux peuvent servir à caractériser les terrains. Les Baculites, les Scaphiles et les Turrilites appartiennent aux couches crétacées; les Hamites se rencontrent dans la formation crayeuse et dans les terrains oolithiques. Les Ammonites appartiennent exclusivement aux formations jurassiques et crétacées, elles Criocératiles se trouvent dans les étages infér. de la craie et des premières couches de la formation jurassique. Pour les Goniatiles, elles forment plutôt un groupe géologique que zoologique; ce sont des Ammonites à cloisons moins découpées, appartenant toutes aux Calcaires carbonifères. (A. d'O.)

AMMOIVIA. MOLL. — F. Ammonie.

AMMOIVIAQUE (àfiip.<ovtaxov, ammoniaque, chez les Grecs). cniM. — C'est un gaz incolore, d'une odeur piquante, caractéristique, provoquant la mort, quand on le respire, en amollissant et détruisant la muqueuse des poumons; il possède une réaction fortement alcaline qui permet de le distinguer de tous les autres fluides élastiques. Les alcalis le chassent de toutes ses combinaisons , de sorte qu'il est toujours facile de le reconnaître. Ce gaz n'est pas permanent ; un froid de — 52 ° le liquéfie, sous la pression ordinaire.

L'eau absorbe 670 fois son volume ou environ la moitié de son poids à la température ordinaire. Cette dissolution, connue sous le nom d'Ammoniaque liquide {Alcali volatil Jluor), est très employée en médecine, et dans les laboratoires, soit comme réactif, soit pour la préparation d'un grand nombre de substances. Le gaz ammoniac est for mé d'azote cl d'hydrogène, dans le rapport de 1 vol. du 1" gaz a :J vol. du second. Quatre vol. de ce gaz résultent de la combinaison de 2 vol. d'azote et de 6 vol. d'hydrogène. On le démontre en y faisant passer une longue suite d'étincelles électriques. Après l'expérience , le gaz a doublé de volume et on le trouve formé d'azote et d'hy

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drogène dans les proportions indiquées. Sa densité est de 0,5912, somme des densités de 1/2 vol. d'azote et de un vol. et 1/2 d'hydrogène.

Le fer et quelques autres métaux décomposent le gaz ammoniac, à une température élevée. Il en résulte des combinaisons encore mal connues qu'une température blanche détruit complètement , en laissant pour résidu le métal à l'état de pureté, il est vrai, mais modifié dans ses propriétés physiques. Le gaz ammoniac, en passant sur du charbon rouge, donne naissance à une quantité considérable d'acide hydrocyanique. L'expérience présente toutefois des difficultés qui tiennent à ce qu'à une certaine température l'acide hydrocyanique luimême se décompose. Le chlore exerce une action décomposante très énergique sur l'ammoniaque, surtout quand on agit sur des gaz. Il y a production d'hydrochlorate d'ammoniaque et élimination d'azote.

L'ammoniaque liquide donne avec l'iode de l'hydriodate d'ammoniaque qui se dissout, et un précipité brun excessivement fulminant d'iodure d'azote.

Un grand nombre d'oxydes métalliques possèdent la propriété de se dissoudre dans l'ammoniaque liquide, et de former avec elle des combinaisons qui ne sont pas toujours d'une nature semblable.

Les oxydes de cuivre, de zinc , de nikei , paraissent pouvoir s'unir à l'ammoniaque sans éprouver de décomposition. Ceux de mercure, d'argent, d'or, de platine, se distinguent par la grande facilité avec laquelle ils se décomposent en fulminant, par le choc, le frottement ou la chaleur.

Le gaz ammoniac s'unit aux deux chlorures de phosphore, au chlorure d'argent et à plusieurs autres chlorures métalloidiques ou métalliques. Avec le protochlorure de platine , il produit une combinaison remarquable, d'un vert olive foncé , sur laquelle les alcalis sont sans action, ainsi que les acides, à l'exception de l'acide nitrique qui }a convertit en une matière des plus singulières, en ce qu'étant formée de chlore de platine, d'azote et d'hydrogène, elle possède toutes les propriétés principales des alcalis végétaux. L'ammoniaque se produit dans une multitude de circonstances parmi les- «luelles nous citerons : 1» la calcination des

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matières azotées; 2° l'action de l'acide nitrique sur beaucoup de métaux et particulièrement sur l'élain; 3» l'oxydation du fer à l'air libre; 4° la putréfaction spontanée des matières animales; 5° la décomposition de toutes les matières azotées, gazeuses ou volatiles par l'hydrogène en excès, sous l'influence de la mousse ou du noir de platine; 0° la décomposition des cyanures alcalins par l'eau; 1° celle de l'acide hydrocyanique t et des cyanures par les acides hydratés etc. On prépare le gaz ammoniac en calcinant un mélange de chaux et d'un sel ammoniacal, sulfate, nitrate et surtout hydrochlorate. Comme ce gaz est très soluble, il faut ie laver dans une très petite quantité d'eau, afin d'en perdre le moins possible; et, comme il est absorbé en quantité assez considérable par le chlorure de calcium , au lieu de ce sel, il faut employer la chaux pour le dessécher. Quant à sa dissolution ( Ammoniaque liquide), on l'opère dans un appareil de Wolf, à la manière ordinaire des gaz très solubles dans l'eau. Comme elle a une densité plus légère que celle de l'eau (0,850 à-f-lO"), il faut avoir soin de faire plonger jusqu'au fond des flacons les tubes qui conduisent le gaz dans l'appareil. (Pel.)

AMMOIVIAQIJE MURIATÉE. min. — Synon. de Salmiac et de Chlorure ammoniac. P^. Chlorures. (Del.)

AMMOMAQLE SULFATÉE. min. —Synon. de Mascagnine. r^. Sulfates. (Del.)

*AMMOMDÉES. moll. — /^.Ammoinées.

AMMOIVIE. y4mmonia (Afxatov , «uvo;, Jupiter-Ammon ; V. AmmonéesJ, moll.— Montfort {Concliyl. Syst. p. 74) a établi, sous ce nom, un g. dans lequel il place comme type le Nautile ombiliqué; c'est un g. à supprimer ( F. Nautile ) ; car c'est à tort que Monlfort regarde cette esp. comme l'analogue vivant (les Ammonites. (A. d'O.)

AMMOMTE. .ammonites (Af/fxcov , Jupiter-Ammon ; V. Ammonées). moll. cépu. — Bruguière [Encyclop. méih.) a formé sous ce nom un g, de Coquilles fossiles enroulées sur le même plan , et à cloisons découpées , que leur ressemblance avec des cornes de bélier faisait nommer, par les anciens auteurs : Cornes d'Ammon [Corniia Hammonis).

Ce g., bien circonscrit, a été subdivisé par Montfort ( Concliyl. sysiém. ) en plusieurs autres, qui n'ont pas été adoptés. De ce nom-

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bre sont les Planulilcs , les Ellipsulilcs, les Amallhées, les Pélaguses, les Simi)legades. l.amarck en a fait 2 div. : les Aiiimonlles elles Orbulilcs, suivant que les tours sont ou non embrassants; mais ces g. équivalant aux Planiies et aux Globiles de M. de Haan {.yjonogr.Atmnon. aie), el, de même que ceux de Montforl, n'étant pas basés sur des caract. zoologiques, n'ont pas été conservés. M. de Buch, après de savantes recherches, a proposé de distinguer les Ammonites en groupes, en prenant pour caract. les découpures des loges; mais jusqu'à présent, il manque un travail complet sur ces coquilles si nombreuses et si importantes pour les recherches géologiques.

Les caract. des Ammonites sont les suivants : Coquille enroulée sur le même plan , symétrique , à tours contigus plus ou moins embrassants; loges nombreuses, dont les cloisons sont lobées ou découpées sur leurs bords; siphon dorsal sur le bord. Dernière loge occupant le dernier tour de la spire. Bouche plus on moins rétrécic, bordée ou lobée.— On a décrit, figuré ou indiqué plus de 300 esp. d'Ammonites; mais nous ne doutons pas qu'on n'en puisse réduire le nombre aux 2 tiers, lorsqu'on aura fait la part des changements apportés par l'âge , dans les divers individus. En effet, certaines esp.,lissesdanslejeuneâge, se couvrent, dans un âge plus avancé, de côtes ou de tubercules qui disparaissent dans la vieillesse; de là les noms différents donnés à une même esp. On trouve des Ammonites dans les terrains oolithiques et crétacés. Elles abondent surtout dans tous les étages des premiers, depuis le Lias, jusqu'aux couches les plus supérieures. Dans la formation crétacée , elles manquent dans les parties supérieures. Plusieurs esp. peuvent être regardées comme caractéristiques des terrains; par exemple VA. M^alcoiU Sow. ( Min. Conclu/l. p/. lOG ) appartient aux couches infér. de la formation oolithique du Lias; VA. Gcnioni Def. , appartient seulement aux couches crétacées , etc., etc. (A. d'O.^

AMMOIMTES. Ammonilœ. bot. cr. — ^/origine de ce mot paraît être une corruption de celui A'Âmaniic [V. ce mol).

J.-B. Porta, dans l'ouvrage qu'il a publié sous le titre de Killa, s'en est servi pour désigner les Cèpe? ou Bolets 'J' ces mols^ que

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les habitants de Naples appellent encore de nos jours Ammonui. (LÉv.)

AMMONIUM (Abréviation d'àu/jiuycaxo» , ammoniaque. ciiiM. — L'ammoniaque H ^ N' ne peut s'unir aux oxacides pour produire des oxy-sels ammoniacaux, qu'autant qu'on fait intervenir la présence d'une certaine quantité d'eau dont il en entre constamment un atome H ^ O dans le sel. Avec les hydracides , au contraire , la présence de l'eau est inutile. Plusieurs chimistes expliquent ces circonstances, en disant que l'ammoniaque n'est pas une base, qu'elle ne le . devient qu'en décomposant un atome d'eau, de manière à former l'oxyde d'un radical composé = H 8 N^ qui est aux métaux alcalins ce que le cyanogène est au chlore el à l'iode. Représenle-t-on par A un oxacide , et le met-on en contact avec de l'eau et de l'ammoniaque, on a la réaction : A + H <> N f ^f, H "- O = H 8 N % O , A , analogue à

ammonium K O , A , avec cette seule différence que l'ammonium H » .\ ^ est un radical composé , tandis que le potassium est un élément.

Met-on un hydracide, de l'acide hydrochlorique par exemple , avec de l'ammoniaque, l'hydrogène de l'hydracide passe sur l'ammoniaque, la change en ammonium qui s'unit avec le radical de l'hydracide pour former un sel , le chlorure d'ammonium — H 8 N ■', cl % analogue au chlorure de potassium = R cl=. Les bornes de ce Dictionnaire ne nous permettent pas de développer ce point de vue. (Pel.)

AMMOIMIJIIES (Altération d'àvaa.v;axov).

CHiM. — V. AMMO^■|AnuE. (Pef,.)

•AMMO\OCÉRATE. Aiiunouocera (ÂVfxwv , Jupiter-Ammon; x/potç, corne). Mor.r. cÉpn. — Nom que Lamarck, dans son Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, a substitué à CQluid'Ammonocémiite qu'il avait proposé, dès 1811 (Extrait du Cours), pour la dénomination générique de certaines co quilles fossiles, polylhalames,dc la fam. des Ammonées. On voit que, dans son esprit, les 2 noms sont restés identiques , car les 2 esp. qu'il connaissait sont nommées à la suite de la caractéristique du g. Ammonoeérale Ainmonoccralile (jlossoUc , et A mm. aplatie . L'examen que j'ai fait de ces 2 esp. prouve que ce g. de Lamarck ne peut être conservé.

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