COLLECTIONS AVEC PLANCHES
Dans les collections de Champignons desséchés , on ne trouve qu'un très petit nombre d'espèces charnues , comme les Agarics, les Bolets, les Hydnes, les Clavaires, et surtout les Mucédinées, parce qu'elles sont très difficiles à conserver. Les auteurs ont pris le parti de les dessiner et de les peindre.
Parmi ces collections, Paulet dit que la bibliothèque de Leyde a possédé celle de l'Écluse, et dont Sterbeeck a eu connaissance, mais que maintenant elle n'y est plus. La bibliothèque de Nanni, à Venise , renferme un travail de Baldi sur les Champignons , que Micheli cite quelquefois avec éloge. Dans le palais d'Albani, à Rome , se trouvent trois superbes volumes in-folio d'Heckius et Cesi. Sherard, Breyne , Marsili , Totti , Rudbeck , ont également laissé des collections qui ont
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été consultées dans leur temps par différents auteurs , et il serait maintenant difficile de dire dans quelles bibliothèques on pourrait les rencontrer.
La bibliothèque royale renferme une superbe collection, qui provient de M. Roussel , ancien fermier-général , et qui a été peinte par Robert , mademoiselle Basseporte et autres artistes distingués. On en voit une dans la bibliothèque du Jardin du Roi, qui n'est pas moins curieuse, et dontPersoon a de beaucoup augmenté la valeur en désignant par leur véritable nom un grand nombre d'espèces.
Il existe encore d'autres collections, et qui sont moins connues. M. Benj. Deiessert possède quatre volumes de Champignons qui ont été peints en Italie; M. le professeur Ad. de Jussieu m'en a fait voir un assez grand nombre qui sont dus au pinceau d'Aubriet, et qui, probablement, devaient être publiés dans la Flore des environs de Paris y si Vaillant eût pu diriger la publication de cet important ouvrage. M. De Candolle, dans sa Physiologie végétale, parle avec éloge d'une collection quia été laissée par Tozzi-Tozetti, et qui n'a pas été publiée. Notre célèbre peintre Redouté a représenté aussi quelques Champignons du grand-duché de Luxembourg. Ils ont été achetés par un libraire de Paris qui ignorait que les espèces figurées , sauf trois ou quatre exotiques, avaient été décrites par son compatriote L. Marchand dans le Conspectus florœ cryplogamicœ magni ducatus Luxemburgensis. Enfin, Chevallier, auteur d'une Flore de* environs de Paris, et qui s'est beaucoup occupé de cryptogamie, avait dessiné lui-même, dans une ville d'Allemagne où il s'était retiré , un grand nombre de Champignons qu'il avait intention de publier. Le premier volume seulement a été publié à Leipzig en 1837, sous le titre de Fuïigorum et Byssorum Illustraliones ; il ren forme 52 espèces décrites et figurées. Cet ouvrage, conçu sur un plan peut-être un peu trop large , est parfaitement exécuté; il est fâcheux pour la science que la mort ait enlevé son auteur avant qu'il ait pu le compléter.
COLLECTIONS MYCOLOGIQUES.
Depuis une trentaine d'années, les Chamt. vin.
pignons sont beaucoup mieux connus qu'ils ne l'étaient auparavant, quoique le nombre des espèces ait augmenté prodigieusement. On pourrait croire que cet avantage doit être rapporté aux ouvrages qui ont été publiés ; certainement , la littérature y a contribué pour beaucoup, mais il est dû principalement à Persoon. Ce célèbre botaniste , on peut le dire, est le père de la Mycologie , il en a semé le germe dans tous les pays; plein de zèle, studieux, doué d'une vue perçante, d'un jugement sain, bon, modeste, obligeant envers tout le monde, il était en relation avec tous les savants de son époque, et chacun d'eux voulait avoir son avis. Des envois de Cryptogames lui étaient faits de tous les pays pour en avoir les noms. Dans sa collection, qui est précieusement conservée au musée de Leyde, et qui tous les jours augmente par les soins de M. le professeur Blume, on rencontre à chaque instant les noms de célèbres voyageurs ou des plus illustres botanistes , comme Kœnig, Thunberg, Murray, Albertini, Schweinitz, Flœrk, Tode, Batsch, Sprengel, les frères Nées d'Esenbeck, Rebentisch , Funck , Hoppe, Martius , Link , Aub. Du Petit-Thouars , Poiteau , Gaudichaud , Kunze , Sowerby, Sprengel, Baibis, Thunberg, Dufour, Mougeot, Montagne, Desmazières, Cordier, Letellier, Chevallier, etc. Parmi tous ces savants, qui appartiennent tous à l'époque, je dirai même à l'école de Persoon, les uns ont public des ouvrages qui font honneur à la science, les autres au contraire ont publié ries exsiccata, qui ont permis de comparer les échantillons, et par conséquent d'établir l'identité des espèces. Ces collections doivent toutes, en grande partie, leur prix à Persoon ; il a eu entre les mains les espèces douteuses, et c'est sous son patronne qu'elles sont entrées dans le domaine scientifique. Les services que ces collections rendent sont immenses, et on ne saurait trop les multiplier. Je crois de mon devoir de les indiquer ici, parce qu'elles seront toujours recherchées , quoique quelques unes aient perdu beaucoup de leur prix par l'action du temps.
Ehrhart, Planlœ cryplogamicœ ., exsicc. , Dec. 1-32, Hanov., 1785-93, in-fol. — II. -C. Funkc , Cryplogamischn C.ewàchse
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der FicfUelgebirgcs , exsicc. , Heft. , 1-23 , Leipz., 1801-1816', in-4°.— D.-H. Hoppe, Dec. Fungorum epiphyllorum, 1-2, Ratisb., 1809. — H. -A. Schrader, Sammlung Kryptogam. Gewachse., exsicc, Liefer, 1-2, Gotting., 1796-1797.— Holl und Schmidt Dcutschland's Schivàmme, Leipz. , 1815- 1819, in-4°. — Mougeot, Nestler et W.-P. Sch imper, Stirpes cryptogamœ Vogeso-Rhenanœ quas in Rheni superioris, inferiorisque nec non Vogesorum prœfecturis collegerunt, fasciculi XII, în-4°, 1810-1845; magnifique collection , remarquable par le nombre et le choix des échantillons. — Desmazières , Plantes cryptogames du nord de la France, lre édition, de 1826 à 1835; 2e édition, 1836 à 1846, fascicules 20, in-4°. — E. Fries, Scleromyceles sueciœ exsiccati, Decad. 1, XXX. — M. -A. Libert, Planlœ cryptogamicœ quas in Arduena collegit, fascicules 1-10, Leodii, 1830-1837. — - M.-J. Berkeley, British fung., fascic. 1-4, in-4°. — F.-G. Kneiff et E.-F. Hartmann, Plantœ Cryptogamicœ quas in magno ducatu Badensi collegerunt, fascic. 2 , Strasbourg, 1828. — M. -P. Opitz, Floracryptogamica Bohcmiœ exsiccata, fascic. 1-7, Praga; , 1819; Bohmens Phanercgam. und Cryptogam. Gawàchse , Prague, 1823.
Cette seconde collection est à un prix très minime; il ne faut donc pas être étonné si les échantillons ne sont pas toujours d'un bon choix. J'apprends à l'instant que M. Wallays de Courtray publie les Champignons de la Belgique, et qu'il en a déjà paru 5 fascicules.
Quelques auteurs enfin ont publié des collections en cire : le Muséum d'histoire naturelle en possède deux : l'une de Trattinick, qui a été donnée par l'empereur d'Autriche François II à Louis XVIII ; l'autre qui a été faite par Pinson , et qui reproduit avec une admirable ressemblance la plus grande partie des Champignons de Bulliard. En 1825, M. Ignazio Pisacollia publié à Milan une collection en cire de Champignons de grandeur et avec leurs couleurs naturelles, que l'on dit fort belle. MM. Raspail et Talrich, en 1829, ont tenté une nouvelle publication de ce genre; le petit nombre qui a paru était parfaitement exécuté, on doit regretter qu'elle n'ait pas eu de suite. 11 est fâcheux également que
M. le docteur Thibert, dont tout le monde connaît les belles représentations d'anatomie pathologique, n'ait pas consacré, comme il m'en avait plusieurs fois manifesté l'intention, son talent à l'imitation de quelques espèces; une mort presque subite et prématurée ne lui a pas permis de faire un seul essai.