Le Mastodonte a dents étroites, M
angustidens Guv. Les molaires de cette espèce , moins larges à proportion que celles du grand Mastodonte, sont formées de collines composées également de deux grands cônes réunis. Aux dents supérieures, les cônes internes et quelques uns des externes sont flanqués vers leur point de jonction de cônes plus petits. L'usure développe sur ces cônes réunis trois à trois une figure à trois lobes semblable à une feuille de trèfle. Aux dents inférieures, le cône externe reçoit seul de ces cônes plus petits, qui concourent à former des feuilles de trèfle; le cône interne est comprimé, et la mastication nedéveloppe sur lui qu'un parallélogramme plus ou moins allongé à angles arroudis.
Les premières dents sont formées d'un cône avec un bourrelet semi-circulaire plus ou moins hérissé de petites pointes : les 2esde trois collines, les 3e, 4e et 5e de quatre collines, les 6e9 de quatre collines en haut et de cinq en bas, toutes deux avec un talon; quelquefois (peut-être dans les mâles) les 5C6 ont un talon, et les 6CS unecolline de plus , aussi bien en haut qu'en bas. La 3e molaire ou la dernière de lait porte, en avant et en arrière des quatre collines, un bourrelet assez saillant. Les grandes dents postérieures sont arquées dans le sens de la courbure de la mâchoire.
On voit, pi. XIV de l'Os*, des Éléphants de M. de Blainville, la figure de la mâchoire inférieure de cette espèce, sous la rubrique d'Autriche, et deux palais, l'un jeune et
l'autre adulte d'Eppelsheim. La symphyse annonce que cette mâchoire inférieure se terminait par un bec assez prononcé, infléchi en bas; jusqu'à présent on ne sait si cette mâchoire inférieure portait des défenses.
Les défenses supérieures sont à peu près cylindriques, légèrement planes à leur face supérieure; très longues relativement à leur grosseur, elles décrivent une courbe spirale assez prononcée. Cette espèce était fort grande , aussi grande peut-être que l'Éléphant fossile.
3. Le Mastodonte a long museau, M. Iongirostris Kaup. Cette espèce , établie par M. Kaup, mais que M. de Blainville n'accepte pas, présente cependant des caractères bien prononcés. Les dents sont plus étroites encore que dans l'espèce précédente. Les supérieures sont moins compliquées; la pointe interne seule donne un double trèfle, l'externe un parallélogramme à angles arrondis ou un ovale, les inférieures offrent les mêmes figures inversement situées. Les dents intermédiaires, au lieu d'avoir quatre collines, n'en ont que trois, comme dans le grand Mastodonte. Ce caractère, que nous avions cru apercevoir, nous a été confirmé par M. Lartet , savant paléontologiste, qui possède les matériaux nécessaires pour l'établir, et à qui nous avions fait part de notre conjecture. M. Lartet formule ainsi dans sa réponse la série dentaire de ce Mastodonte à long museau. Les llCS dents se composent d'un tubercule avec un entourage semi-circulaire pour la supérieure; les 2es dents, de deux collines ; les 3e, 4e et 5e de trois collines ; les 6tS, le plus souvent de quatre, avec un talon en haut et de cinq en bas aussi avec un talon. Quelquefois le talon disparaît, etquelquefois aussi il y a pour cette 6e dent une colline de moins; on peut croire que celles-ci appartenaient à des individus femelles. Les molaires intermédiaires portent presque toutes, à l'état de germe, un talon qui s'efface par la pression de la dent suivante. Cette espèce est remarquable par la longueur de la symphyse de la mâchoire inférieure, qui se prolonge en un bec plus allongé que ses branches , légèrement infléchi en bas, et terminé par deux incisives droites de 10 à 20 centimètres de longueur. Les défenses su-
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péricuresne donnent pas un cercle parleur coupe transversale, mais une demi-ellipse; et, comme dans les dents de la plupart des rongeurs, la face supérieure aplatie offre une bande d'émail plus épais, coloré en jaune, tandis que le reste de la circonférence de la dent n'est couvert que d'un émail blanc plus mince et plus tendre.
Cettedent est courbée en une légère spirale, moins prononcée que dans le M. angustidens. La dent de remplacement des deux premières molaires supérieures n'avait que deux collines, comme on le voit dans les divers Mastodontes de Cuvier, pi. III, Cg. 2.
Cette espèce était d'une taille moindre que la précédente ; toutes deux se rencontrent dans les terrains tertiaires supérieurs de presque toutes les parties de l'Europe. Dès la seconde moitié du xvne siècle, il avait été publié des figures de quelques unes de leurs dents, que les uns croyaient être de géant, les autres d'un animal marin, eten dernier lieu d'un Hippopotame. Le Mast. longiroslris est plus commun à Simorre et, à ce qu'il paraît, dans toutes les collines sub-pyréennes qu'en Auvergne, à Eppelsheim et en Italie, où le M. angustidens domine. Voy. deBlainville, Ost. des Éléphants, p. XIV, pour la mâchoire inférieure et un fragment de mâchoire supérieure sous le nom de M. angustidens du département du Gers.