DIVISION DES CHAMPIGNONS
Les détails que je viens de donner sont plus que suffisants pour comprendre la classification que je propose.
Les Champignons se divisent en six classes : 1° les Basidiosporés, 2" les Thécasporés, 3° les Clinosporés, 4° les Cystisporés, 5° les Trichosporés, 6° les Arthrosporés.
Les Basidiosporés renferment les Champignons les plus connus. Leur réceptacle est très variable dans ses formes et sa structure. Les organes de la fructification, qui se composent de basides, sont situés sur sa face externe ou dans son parenchyme, et quelquefois dans des conceptacles particuliers.
Les Thécasporés sont aussi très variables dans leur forme et leur structure, ils sont reconnaissables aux utricules ou thèques, dans lesquelles les spores sont renfermées. Ces petits appareils sont aussi placés à l'extérieur ou dans l'intérieur du réceptacle.
Les Clinosporés sont extrêmement nombreux et ordinairement peu volumineux; les spores sont fixées sur un clinode , et le clinode est tantôt nu, tantôt renfermé dans l'intérieur d'un réceptacle le plus souvent corné.
Les Cystisporés (Cystispori) sont caractérisés par des réceptacles filamenteux, simples ou rameux, le plus souvent cloisonnés , terminés par des sporanges vésieuleux dans lesquels les spores sont enfermées.
Les Trichosporés ( Trichospori) ont des réceptacles simples ou rameux, continus ou ..cloisonnés, recouverts en tout ou en partie J de spores nues. Dans des genres, elles sont fixées à l'extrémité des rameaux, et, dans d'autres, distribuées plus ou moins régulièrement sur un ou plusieurs points de leur surface.
Les Arthrosporés {Arthrospori) se distinguent à la disposition des spores qui sont articulées ensemble et placées bout à bout, comme les grains d'un collier ou d'un chapelet. Le réceptacle qui les supporte est quelquefois si court que ces Champignons semblent n'être formés que de spores.
Les trois premières classes se partagent en deux grandes sous-divisions ; la première de chacune d'elles renferme tous les genres qui ont les spores à la surface du réceptacle, et la seconde ceux qui les ont dans l'épaisseur même du parenchyme ou dans des conceptacles particuliers. Pour exprimer ces deux sous-divisions , et prenant la partie pour le tout , afin d'avoir des noms moins longs et plus doux à l'oreille, je distingue: 1° les Basidosporés en Enlobasides et Ectobasides ; 2° les Thécasporés en Endothèques et Ectothèques ; 3° les Clinosporés en Endoclines et Ectoclines. J'ai cru devoir appeler tribus et sections les divisions qui suivent; elles comprennent l'énumération des genres. Le nom de familles m'a paru trop élevé et trop bien défini en botanique pour le donner à ces petits groupes; je conserve donc la famille des Champignons dans le , même sens que A. - L. de Jussieu l'a établie.
distribution méthodique des champignons.
Division I. — Basidiosporés.
Réceptacle de forme variable. Spores supportées par des basides qui recouvrent sa surface, ou qui sont renfermés dans son intérieur.
Sous-division I. — ECTOBASIDES.
Basides recouvrant une partie seulement ou la totalité du réceptacle.
Tribu I. — ÏDIOMYCÈTES.
Réceptacle charnu , coriace ou trémel loïde, pédicule, sessile ou résupiné, nu ou renfermé dans une volve ; face basidiophore lisse ou garnie de lames, de veines, de pores ou d'aiguillons.
Section I. — Agaricinés.
Réceptacle nu ou renfermé dans une volve. Basides situés sur des lames.
A. Lames disposées en rayons ou en éven« tail.
Genres : Amanita, Lam. ; Agaricus , L. ; Lentinus, Fr. ; Montagniles, Fr.; PlerophyU lus, Lév. ; Heliomyces , Lév. ; Panus , Fr. ; Xerotus , Fr. ; Trogia, Fr. ; Schizophyllum, Fr. ; Cantharellus, Adans.; Lenzites, Fr.
B. Lames concentriques.
Genre : Cyclomyces, Klotzsch.
Section II. — Phlébophorés.
Réceptacle charnu ou trémelloïde, mem-
MYC
foraneux ou épais , sessile ou pédicule ; face ! ùasidiophore parcourue par des plis ou par Jes veines irrégulières , simples , dichotomes.
Genres : Phlebophora, Lév.; Phlebia, Fr. ; Xylomyzon, Pers.
Section III. — Polyporés.
Réceptacle charnu , coriace , subéreux , épais, membraneux, sessile, pédicule ou résupiné, nu ou renfermé dans une volve.
Pores lamelleux, anastomosés , parallèles, anfractueux, alvéolés, discrets ou réunis, dans lesquels sont renfermés des basides tétraspores avec ou sans cystides.
A. Réceptacle charnu. Pores parallèles, distincts, séparables, tubuleux.
Genres : Boletus, Fistulina, Bull.
B. Réceptacle charnu. Pores anfractueux inséparables.
Genres: Secotium , Kze. ; Polyplocium, Berk.
C. Réceptacle coriace, subéreux. Pores allongés , formés par des lames sinueuses anastomosées.
Genres : Hymenogramme, Mntg. et Berk.; Dœdalea, Pers.
D. Réceptacle coriace , subéreux. Pores parallèles, tubuleux, inséparables.
Genres: Polyporus , Trametes , Glœoporus, Mntg.
E. Réceptacle coriace. Pores parallèles , inséparables, grands, anguleux, alvéolés.
Genres: Junguhnia, Cord. ; Favolus , P. B. ; Hexagona, Fr.
Section IV. — S-Iydnés.
Réceptacle charnu ou coriace, épais ou membraneux, pédicule, sessile ou résupiné. Basides situés sur des aiguillons ou des papilles fortement prononcées.
Genres : Hydnum, L.; Hericium , Pers. ; Irpcx , Fr. ; Radulum , Fr. ; Sistotrema, Pers.; Grandinia, Fr. ; Odonlia , Fr. = Cymatoderma , Jnghn. Kneifjla, Fr.
Section V. — Théléphorés.
Réceptacle coriace , subéreux ou charnu , pédicule, sessile ou résupiné. Face fertile, lisse ou recouverte de petites soies , ou de petites cupules membraneuses.
Genres : Craterellus, Fr. ; Thelephora , Ehrh. ; Lcptochœie , Lév. — Hymmochœte ,
MYC
Lév. ; Coniophora, DC. ; Hypochnus, Ehrbg.; Cladoderris, Pers. ; Cora, Fr.; Cyphella, Fr.
Section VI. — Clavariés.
Réceptacle charnu, rarement coriace, r§« meux ou en forme de massue, recouvert de basides sur toute sa périphérie,
Genres : Sparassis, Fr.; Gomphus, Pers.; Clavaria, L. ; Lachnocladium,Lév . = Erio* cladus , Lév. ; Calocera , Fr. ; Merisma , Pers. ; Crinula, Fr. ; Pterula, Fr. ; Pistil* laria , Fr. ; Typhula , Fr.
Section VII. — Trémelîés.
Réceptacle gélatineux , sessile , rarement pédicule. Surface fertile , humide, glabre, unie ou plissée, couverte de basides monospores.
Genres: Tremella, L.; Nœmatelia, Fr. ; Myxacium, Wallr.; Dacrymyces, Nées ; Exidia, Fr. ; Guepinia, Fr. ; Tremiscus, Pers. ; Laschia, Fr. ; Lemalis, Fr. ? ; Hivneola, Fr. ? ; Phyllopta, Fr.; Pyrenium, Tode?
Tribu II. — Asérosmés.
Réceptacle pédicule, renfermé dans une volve, campanule, arrondi ou divisé en étoile , alvéolé ou sinueux. Surface fertile recouvrant toute la surface du réceptacle ou située à la partie interne et à la base de se? divisions, se réduisant en un liquide fétide. Pédicule simple , lacuneux ou divisé en différentes parties qui s'anastomosent et forment un treillage à mailles plus ou moins grandes.
Section I. — Phalloïdes.
Réceptacle campaniforme, libre ou adhérent, alvéolé ou lisse. Basides situés à la périphérie. Pédicule simple lacuneux , nu ou garni d'un réseau.
Genres : Dictyophora , Desv. ; Sophronia, Pers.?; Phallus, Mich.; Cynophallus, Fr. ; Simblum, Klotzsch ; Fœtidaria, Montg. ?
Section II. — Clathracés*
Réceptacle globuleux, muni d'une volve et placé au centre d'un pédicule divisé et anastomosé en forme de treillage.
Genres : Clathrus, L. ; Ileodiclyon, Tul. ; Coleus , Gav. et Sech. ; Laternea , Turp. ; Aserophallus, Mntg.?
Section III. — Xiysurés.
Réceptacle pédicule, charnu, enfermé dana
MYC
une volve, divisé en lanières du sommet à la base. Surface fertile située en dedans et à la base des divisions.
Genres : Lysurus , Fr. ; Âseroë, Labill. ; Calathiscus, Mntg. ; Staurophallus, Mntg. ?
Sous-division II. — ENTOBASIDES.
Basides situés dans le parenchyme même du réceptacle, ou dans des sporanges particuliers qui y sont renfermés.
Tribu I. — Comogastres.
Réceptacle globuleux, ovale ou allongé, membraneux, charnu, papyracé, nu ou enfermé dans une volve , sessile ou supporté par un pédicule qui le traverse quelquefois en tout ou en partie sous forme d'axe. Parenchyme spongieux, compacte ou mou, se réduisant en poussière et en filaments. Basides tétraspores , discrets, tapissant les vacuoles ou pressés les uns contre les autres.
Section I. — Podaxinés.
Réceptacle rond, ovale ou allongé, charnu ou mou, nu, traversé en tout ou en partie par un axe central.
Genres : Podaxon, Desv. ; Cauloglossum, Grev. ; Hyperrhiza , Bosc. ; Cycloderma , Klotzsch; Stemonilis, Pers.; Diachea, Fr.
Section II.
Battarrés.
Réceptacle presque globuleux , enfermé dans une volve, se réduisant en spores et en filaments à sa partie supérieure. Pédicule long et fibreux.
Genre : Battarrea, Pers.
Section III. — Tylostomés.
Réceptacle globuleux, déprimé en dessous, papyracé, enveloppé dans une volve fugace, s'ouvrant par un pore régulier, cartilagineux ou se déchirant irrégulièrement. Pédicule allongé, fibreux, plein ou fistuleux.
Genres: Tylostoma, Pers.; Schizostoma, Ehrbg. ; Calosloma, Pers.?; Mitremyces, Nées?; Riella, Rafin. ; Suspicante, Schweinitz?
Section IV. — Géastrés.
Réceptacle arrondi, membraneux, sessile ou pédicule , s'ouvrant à sa partie supérieure ou sur plusieurs points de sa surface, renfermé dans une volve persistante, coriace, hygrométrique, qui se rompt du sommet à la base sous forme d'étoile.
Genres : Myriostoma, Desv. ; Pkcostoma,
Desv. ; Geaster , Mich. ; Disciseda , Czern.; Actinodermum, Nées? Diploderma, Lk.
Section V. — Brooméiés.
Réceptacles globuleux, sessiles, s'ouvrant irrégulièrement à la partie supérieure , et plongés en partie dans une base commune.
Genre : Broomeia , Berk.
Section VI. — Lycoperdés.
Réceptacle presque globuleux , recouvert d'un cortex verruqueux plus ou moins fugace s'ouvrant à sa partie supérieure, sessile ousupporté par un pédicule celluleux en dedans et persistant. Spores sessiles ou pédicellées, glabres ou hérissées.
Genres : Lycoperdon , Mich. ; Bovista, Pers.; Lycogala, Pers.
Section VII. — Hippoperdés.
Réceptacle charnu, recouvert d'un cortex fugace. Parenchyme celluleux et persistant, ne se réduisant pas en filaments. Spores rondes, sessiles, glabres ou hérissées.
Genre: Hippoperdon, Mntg.
Section VIII. — Phellorinés.
Réceptacle arrondi, ovale, coriace, subéreux, persistant, s'ouvrant en lanières irrégulières à sa partie supérieure.
Genres : Phellorina, Berk.; Mycenastrum, Desv.; Endoneuron, Czern.
Section IX. — Polysaccés.
Réceptacle arrondi ou ovale, sessile ou pédicule, membraneux ou coriace, puis fragile , s'ouvrant irrégulièrement, divisé à l'intérieur en plusieurs loges qui renferment des conceptacles particuliers arrondis ou difformes.
Genres : Polysaccum, DC. ; Scoleiocarpusf Berk.
Section X. — Sclérodermés.
Réceptacle presque globuleux , sessile ou pédicule, coriace, indéhiscent, ou se brisant au sommet. Parenchyme compacte, enfin pulvérulent. Basides pressés les uns contre les autres.
Genres: Scleroderrna , Pers.; Goupilia, Mér.?
Section XI. — Trichodermés.
Réceptacle arrondi ou en forme de coussin , sessile ou pédicule , partie supérieure filamenteuse et disparaissant spontanément pour donner issue aux spores.
Genres: Trkhocoma , Jnghn. ; Pilacre r
MYC
Fr. ; Trichoderma , Pers. ; Ostracoderrna , Fr. ; Institale, Fr.; Hyphelia, Fr.?
Section XII. — Réticulariés.
Réceptacle arrondi ou en forme de coussin, d'abord mou, diffluent, puis pulvérulent.
Genres : Reticularia, Bull. ; Mlhalium , o.k.; Lignidium,Lk.; Diphtherium, Ehrbg.; Enteridium, Ehrbg.; Lachnobolus, Fr.?; Ptyvogaster, Cord.?
Section XIII. — Spumariés.
Réceptacles nombreux, fixés à une membrane muqueuse commune, recouverte d'une enveloppe, molle, diffluente comme de l'écume, et qui se réduit enfin en poussière.
Genres : Spumaria, Pers. ; Pitlocarpium, Lk.?
Section XIV. — Physarés.
Réceptacles de forme variable, sessiles ou pédicules. Parenchyme formé par un réseau solide, sans élasticité, et naissant des parois du réceptacle.
Genres : Physarum , Pers. ; Didymium, Schrad.; Tricamphora, Jnghn.; Cupularia, Lk. ; Tripotrichia , Cord., Craterium , Trentp. ; Diderma, Pers.; Cionium, Lk.; Leocarpus, Lk. ; Leangium, Lk. ; Polychysmium, Cord.; Angioridium , Griv. ; Ste~ gasma, Cord.; Cylichnium, Wallr. ? Trichulius, Schmid. ?
Section XV. — Trichiacés.
Réceptacle ovale ou arrondi, sessile ou pédicule. Réseau élastique.
Genres . Trichia, Hall. ; Arcyria. Hall. ; Cirrholus, Mart.?
Section XVI. — Cribrariés.
Réceptacle globuleux , ovale , pédicule.
Réseau solide, persistant, et dépourvu d'élasticité.
Genres : Diclydium , Schrad. ; Cribraria, Schrad.
Section XVII. — licés.
Réceptacle de forme variable, sessile. Parenchyme sans texture manifeste, et ne présentant à l'époque de la dispersion des spores que peu ou point de filaments.
Genres : Perichœna, Fr. ; Licea, Schrad.; Tubulina, Pers.; Phelonitis, Chev.; Tipularia, Chev.; Dichosporium, Nées?; CUssospo-
T. VIII
rium, Fr. ?; Aslerolhecium, Wallr.?; Am~ phisporium , Lk. ?
Tribu II. — Ctopîîorés.
Réceptacie sessile ou pédicule , subglobuleux ou urcéolé , floconneux, membraneux ou fibreux, renfermant dans son intérieur un ou plusieurs sporanges. Ouverture irrégulière , circulaire ou en lanières, nue ou munie d'un épiphragme. Sporanges sphériques, ovales, sessiles ou attachés à un funicule , quelquefois lancés au loin avec élasticité,
Section ï. — Poîygastrés.
Réceptacle arrondi, sessile, floconneux ou subéreux, s'ouvrant irrégulièrement. Sporanges nombreux et sessiles.
Genres : Polygaster, Fr.; Endogone, Lk.; Gemmularia, Rafin.?; Arachnion, Schyteïnz.; Myriococcum, Fr. ; Polyangium, Lk. ; CMciocarpus, Cord.
Section H. — Widulariés.
Réceptacle arrondi ou urcéolé , coriace ; ouverture irrégulière ou orbiculaire , nue ou munie d'un épiphragme. Sporanges superposés, le plus souvent lenticulaires, sessiles ou attachés à un funicule élastique.
Genres : Crucibulum , Tul. ; Cyathus , Pers. ; Cyathea, Br.
Section III. — Carpobolés.
Réceptacle arrondi ou urcéolé , sessile ; ouverture simple, orbiculaire ou divisée en lanières. Sporange unique, sessile, ovale ou arrondi , lancé quelquefois avec élasticité.
Genres : Atraclobolus, Tode; Tlielebolus , Tode ; Carpobolus , Mich.
Tribu III. — Hystérangiés.
Réceptacle globuleux ou difforme, charnu, indéhiscent. Parenchyme compacte ou spongieux, homogène ou veiné. Basides libres ou pressés les uns contre les autres.
Genres : Gaulhiera, Vitt. ; Splanchnomyces, Cord.; Hymenangium, Klotzsch. ; Octaviana , Tul. ; Melanogaster, Cord. ; Hyperrhiza, Bosc.?; Hydnangium, Wallr.; IJysterangium, Vitt.; Bromicolla, Eichwald.?
Division II. — '-Tltécasporés.
Réceptacle de forme variable. Spores renfermées dans des thèques avec ou sans paraphyses , situées à sa surface ou dans l'intérieur du réceptacle.
MYC
MYC
Sous-division I. — ECTOTHÈQUES.
Réceptacle charnu, coriace ou trémelloïde, sessile ou pédicule, capitulé, membraneux et plié , en forme de massue ou de cupule , lisse, sinueux ou alvéolé.
Tribu I. — Mitres.
Réceptacle charnu, allongé, en forme de langue, de massue, capitulé, membraneui, sinueux, alvéolé, ou plié.
Section I. — Géoglossés.
Réceptacle charnu, pédicule, lisse, en forme de massue ou capitulé.
Genres : Spathularia, Pers.; Geoglossum, Pers. ; Leotia, Pers. ; Mitrula, Fr.; Heyderia , Fr. ; Vibrissea, Fr.
Section II. — Morchellés.
Réceptacle pédicule , charnu ou trémelloïde, sphérique, campanule ou conique, sinueux ou alvéolé.
Genres : Morchella , Pers. ; Eromitra , Lév. = Mitrophora , Lév. ; Gyrocephalus , Pers. ; Verpa, Pers.
Section III. — Helvellés.
Réceptacle pédicule, membraneux, divisé en lobes plies et rabattus , libres ou adhérents au pédicule.
Genre : Helvella , L.
Tribu II. — GvATHYnÉs.
Réceptacle sessile ou pédicule , charnu , coriace ou trémelloïde, en forme de cupule.
Section I. — Cyttariés.
Réceptacle sessile ou pédicule, trémelloïde, présentant à sa périphérie un plus ou moins grand nombre de cellules dans lesquelles les thèques sont renfermées.
Genre : Cyttaria, Berk.
Section II. — Pézizés.
Réceptacle charnu, rarement coriace, sessile ou pédicule, en forme de cupule plus ou moins profonde , ou de disque convexe.
Genres : Peziza , L. ; Ascobolus , Pers. ; Bulgaria, Fr. ; Rhizina, Fr. ; Patellaria, Fr. ; Helotium, Pers.
Section III. — Agyriés.
Réceptacle charnu, sessile, convexe ou plat.
Genres: Agyrium, Fr. , ConJ. ; Pyrofiema, Carus.; Cryptomyces, Grev.; Propolis, Fr., Cord.; Xylographa, Fr.?; Sarea, Fr. ?
Section IV. — Cénangiés.
Réceptacle sessile, rarement pédicule, coriace , déprimé ou concave; ouverture nue ou munie d'un voile membraneux fugace.
Genres : Cenangium , Fr. ; Tympanis , Tode ; Dermea , Fr. ?
Section V. — Stictés.
Réceptacle sessile , membraneux ; ouverture entière ou divisée en lanières.
Genres : Stictis , Pers.; Cryptodiscus , Cord.; Godronia, Moug. et Lév.; Melittosporium, Cord.
Sous-division II. — ENDOTHÈQUES.
Réceptacle sessile ou pédicule , charnu , coriace, subéreux ou charbonneux, nu ; conceptacles isolés ou réunis en plus ou moins grand nombre, sphériques, ovales ou déprimés, s'ouvrant en une ou plusieurs fentes , ou par un pore.
Tribu I. — Rhegmostomés.
Conceptacles sessiles , cornés ; ouverture linéaire ou radiée.
Section I. — Hystéries.
Conceptacles sessiles, cornés, saillants ou déprimés, orbiculaires, ovales ou linéaires; ouverture longitudinale, linéaire.
Genres : Glonium, Muhlenb. ; Hysterium, Pers. ; Hysterographium, Cord. ; Lophium, Fr. ; Aylographum, Libert; Dichœna, Fr. ; Ostropa, Fr. ; Sporomega , Cord. ; Endotrichum, Cord. ; Schizothecium, Cord. ; Cheilaria, Libert; Rhytisma, Fr,
Section II. — Cliostomés.
Conceptacles sessiles , cornés , déprimés , s'ouvrant en plusieurs fentes du centre à la circonférence.
Genres : Phacidium, Fr. ; Actidium, Fr. ; Cliostomum, Fr.; Pilidium, Kz.
Tribu II. — Stégillés.
Conceptacles sessiles , cornés , aplatis ; la partie supérieure se détache en forme d'opercule ou d'écaillé, et met à découvert les thèques.
Genres: Steoilla, Rchb.; Schizoderma, Ehrbg.
Tribu III. — Sphériacés.
Conceptacles globuleux , ovales , aplatis , coriaces ou cornés , isolés ou réunis en grand nombre, libres ou supportés par un
MYG
MYG
réceptacle allongé, pulviné ou étalé, charnu, subéreux , carbonacé ou composé de fibres rayonnantes, indéhiscent, ou s'ouvrant par un pore en forme de papille, ou situé à l'extrémité d'un col ou bec plus ou moins prononcé.
Genres : Hypocrea , Fr. ; Hypoxylon Bull. ; Acrosphœria, Cord. ; Acroscyphus Lév. ; Thamnomyces , Ehrbg. ; Chœnocarpus, Rebent. ; Cordyceps, Mntg., Fr. ; Ba cillaria, Mntg.; Sphœria, L. ; Podostrom bium, Kz. = Hypolyssus Montagnei, Berk.
Aposphœria, Berk. ; Depazea, Fr. ; Stigmea Fr. ; Sporotheca, Cord. ; Dotidea, Fr. ; Py renochium , Link. ; Polystigma, Pers. ; Saccothecium, Mntg.; Melanospora , Cord.
Splanchnomema , Cord.; Asterina, Lév.
Pisomyxa, Cord.?; Lembosia, Lév.; Meliola Fr.?; Microthyrium , Desmaz. ; Micropeltis Mntg.; Pemphydium , Mntg.; Hypospila Fr. ?; Perisporium, Fr.
Tribu IV. — Angiosarques.
Réceptacles charnus, arrondis ou tubereux, sessiles, pédicules ou placés sur une base filamenteuse, le plus souvent indéhiscents ; parenchyme uniforme ou veiné; spores au nombre de six à huit, renfermées dans des thèques arrondies ou ovales, rarement cylindriques.
Section I. — Tubéracés.
Réceptacle hypogé, arrondi, tubéreux, lisse ou verruqueux à sa surface; spores lisses ou hérissées , renfermées dans des thèques arrondies , ovales ou cylindriques.
Genres : Tuber , Mich. ; Choiromyces , Tul. ; Pachyphlœus , Tul. ; Hydnobolites , Tul . ; Delastria, Tul .; Sphœrosoma, Klotzsch ; Elaphomyces, Nées; Balsamia , Vit t. ; Genea, Vitt. ; Picoa, Vitt.
Section IL — Onygénés.
Réceptacle sphériqueou en forme de capitule, charnu, compacte, indéhiscent, supporté par un pédicule plein, charnu; spores renfermées dans des thèques ovales ou arrondies.
Genres : Onygena, Pers.; Spadonia, Fr.?; Hypochœna, Fr.?
Section III. — Érysiphés.
Réceptacle charnu, sphérique , le plus souvent indéhiscent, supporté par une base floconneuse superficielle ou cachée; spores
au nombre d'une à huit, renfermées dans des thèques arrondies ou ovoïdes.
Genres : Erysiphe, Hedw. fils; Lasiobotrys, Kze.
Division III. — Clinosjiorés.
Réceptacle de forme variable , recouvert par le clinode ou le renfermant dans son intérieur.
Sous-division I. — ECTOCLINES.
Clinode charnu recouvrant en tout ou en partie la surface du réceptacle.
Tribu I. Sarcopsidés. Réceptacle charnu, mou, en forme de capitule, de coussin, sessile ou pédicule.
Section I. — Tuberculariés.
Réceptacle charnu , sessite ou pédicule; spores déliquescentes.
Genres : Tubercularia , Tode ; Ditiola, Fr. ; Ceratopodium , Cord.; Cilicipodium , Cord.; Hymenula, Fr. ; Mgerila, Pers.; Epicoccum , Lk. ; Conisporium , Cord. ; Sphœrosporium, Schweinz. ; Chromostromaf Cord.; Crocisporium , Cord.; Fusarïumv Lk. ; Sphacelia, Lév. ; Selenosporium, Cord.; Stromateria, Cord. ; Seimatosporium, Cord.; Sphœrosporium , Schwnz. ; Chroostroma , Cord.; Coccularia, Cord. ; Gymnosporium, Cord.?; Chromosporium, Cord.?; Amphisporium, Lk.?; Echinobotryum, Cord.? ; Coniothecium, Cord.? An status abortivus variarum sphœriarum ? Blennoria, Fr. ?
Section II. — Stilbés.
Réceptacle pédicule, terminé en tête, mou, déliquescent, enfin pulvérulent.
Genres: Hyalopus, Covô. ; Stilbum, Tode ; Graphium, Cord. ; Melanostroma , Cord.; Gloiocladium, Cord.
Section III. — Excipulés.
Réceptacle membraneux , excipuliforme , sessile ou pédicule; clinode convexe, déliquescent; spores continues, cloisonnées, avec ou sans appendices filiformes.
Genres: Excipula, Cord.; Dinemasporium, Lév.; Polynema, Lév. ; Chœtostroma, Cord. :
Section IV. — Mélanconiés.
Réceptacle charnu, plat, simple ou lobe, caché sous l'épiderme; spores continues ou cloisonnées, mélangées avec une matière gé-
MYC
MYC
latineuse, et sortant sous forme de masses, de fils ou de rubans.
Genres : Stegonosporium, Cord. ; Aslerosporium, Kze. ; Didymosporium, Nées; Stilbospora, Vers. ; Cryptosporium, Kze. ; Dictyosporium , Cord.; Fusicoccum , Cord.; Nœmaspora, Pers. ; Libertella , Desmaz.; Myxosporium, Lk.; Dicoccum, Cord.?; Fwsoma, Cord.?; Aptenoum, Cord.?
Section V. — Myrothéciés.
Réceptacle membraneux, sessile, superficiel , marge nue ou formée par des poils dressés.
Genres: Myrothecium , Tode; Psilonia, Fr. ; Myrosporium, Cord. ; Tricholeconium, Cord.; Scolicotrickum , Kze.?; Aseimotrichum, Cord. ? ; Volutella, Tode ?
Tribu II. — Coniofsidés.
Réceptacle charnu, coriace, trémelloïde, pulviné , convexe, ou îinguiforme, d'abord caché, puis saillant; spores caduques pulvérulentes , simples ou cloisonnées, sessiles ou pédiculées.
Section I. — Urédinés.
Réceptacle charnu , en forme de coussin ou subulé; spores rondes ou ovales, continues, sessiles ou pédiculées.
Genres : Uredo, Pers. ; Cronartium, Fr. ; Spilocea, Fr.? ; Papularia , Fr.?; Phyllœdium , Fr.? ; Physoderma ? ; Protomyces , Ung. ?
Section II. — Ustilaginés.
Réceptacle filamenteux, fugace, caché; spores situées dans l'épaisseur des tissus qu'elles détruisent pour se répandre au dehors sous forme de poussière.
Genres : Polycystis , Lév. ; Ustilago , Diltm. ; Sporisorium, Ehrbg. ; Testicularia, Klotzsch.
Section III. — Phragmidiés.
Réceptacle charnu, coriace ou trémelloïde; spores pédicellées et cloisonnées.
Genres: Puccinia, Pers. ; Rhopalidium, Motg. = Puccinia Brassicœ, Mntg. ; Solenodonta, Castg. = Puccinia coronata, Cord.; Melampsora , Castg. ; An status abortivus Pucciniœ ? Polythrincium, Kze. ; Phragmiàium, Fr. ; Xenodochus, Schlect. ; Trtphragmium, Lk. ; Gymnosporangium, Lk. ; Podisoma, Lk.; Coryneum , Nées; Sporides-
mium, Lk. ; Ceratosporium, Schweinz.; Clas-
terosporium , Schweinz. ; Hymenopodium 9 Cord. ; Didymaria , Cord. ; An Puccinia in statu juvenili ? Entom/yclium, Wallr. ? Bryomyces, Miq. ; An germinatio muscorum?
Sous-division II. — ENDOCLINES.
Réceptacles coriaces ou cornés , sessiles ou pédicules, renfermant le clinode et les spores dans leur intérieur.
Section I. — Actlnotbyriés.
Réceptacle sessile, adné, se séparant sous forme d'écaillé.
Genres: Actinolhyrium , Kze.; Leptostroma, Leptothyrium , Kze. ; Parmularia , Lév. ; Coniothyrium , Cord.; Lichenopsis , Schweinz.
Section II. — labrellés.
Conceptacle corné, sessile, s'ouvrant par une fente longitudinale.
Genres : Labrella , Fr. ? ; Endotrichum , Cord. ; Phragmotrichum , Kze. ; Strigula , Fr.?
Section III. — Astéromés.
Conceptacles hémisphériques , cornés , et s'ouvrant par un pore au sommet, supporté par un réceptacle composé de fibres solides , rayonnantes et adnées.
Genres: Asleroma, DC. , Libert; Ypsilonia, Lév. ; Dendrina, Fr.
Section IV. -— Pestalozziés.
Conceptacle nu, hémisphérique, corné, s'ouvrant par un pore; spores cloisonnées, pourvues d'appendices filiformes.
Genres: Pestalozzia, Dntrs. = Robillarda, Castg.; Discosia, Libert; Ddophospora, Desmaz.; Neoltiospora , Desmaz.:
Seiridium , Nées; Phlyctidium , Wallr., Dntrs. ; Prosthemium, Kze.
Section V. — Sphéronémés.
Conceptacle libre, rarement supporté pal un réceptacle, globuleux, conique, cylindrique , aplati, corné ou membraneux; spore; simples ou cloisonnées, sortant sous forme de tache ou de globule.
Genres : Zythia, Fr. ; Sphœronœma, Fr. ; Hercospora, Fr. ; Ascospora, Libert; Septon'a, Fr. ; Phoma, Fr. ; Melasmia, Lév.; Ceuthospora, Grev. ; Stigmella, Lév. ; Spo» rocadus , Cord. ; Couturea , Castg. ; Cryptosporium, Kze. ; Hendersonia , Berk. ; Acrospermum, Tode ; Micropera , Lév.; Cyti-
3V1YC
MYG
spora , Fr. ; Poîychœton , Vers. ; Fumago Citri, Pers.
Section VI. — Sphéropsidés.
Conceptacle corné, charbonneux, globuleux, ovale, hémisphérique, isolé ou supporté sur un réceptacle commun, unilocu- Jaire, indéhiscent, ou s'ouvrant par un pore en forme de papille ou situé à l'extrémité d'un col plus ou moins allongé; spores continues ou cloisonnées.
Genres: Acrosphœria , Cord.? Phylacia , Lév. ; Corynelia , Fr. ? Sphœropsis , Lév. ; Piptostomum , Lév. ; Sphinctrhia, Fr.; Scopinella , Lév. = Scopulina , Lév.; ZH'plodia, Fr. ; Apiosporium, Kze. ; Microlhecium, Cord. ; Gibbera, Fr. ; Spilobolus, Lk. ; Coccobolus, Wallr. ; PyrcnoLrichum, Mntg. ; Sclerococum, Fr. ; Chœlomium, Kze. ; Myxotrichum, Kze. ; Angiopoma, Lév. ; Vermicularia, Fr.; Schizothecium , Cord.; ^Ipiospomm, Kze. ; Dryophilum, Schweinz. ; .4w. incunabula insectorum?
Division IV. — Cystospwrés.
Réceptacles floconneux, cloisonnés, simples ou rameux; spores continues renfermées dans un sporange terminal, membraneux, muni ou non d'une columelle centrale.
Tribu I. — Columellés.
Sporange renfermant une columelle à l'intérieur, se déchirant irrégulièrement ou circulairement au-dessous.
Section I. — Cratércmycés.
Sporange vésiculeux, terminal ou latéral, ouvert à sa partie supérieure.
A. Sporange sans opercule.
Genres: Calyssosporium, Cord.; Hemiscyphe, Cord.; Crateromyces, Cord.; Didymocrater, Mart. ; Zygosporium, Mntg. ?
B. Sporange operculé.
Genres: Diamphora, Mart.
Section II. — Ascophorés.
Sporange vésiculeux, s'ouvrant irrégulièrement ou circulairement en dessous.
Genres: Ascophora, Tode; Rhizopus , Ehrnbg. ; Mucor, Mien. ; Sporodinia, Lk. ; Cystopora, Rabenh.?
Tribu II. — Sapropuilés.
Sporanges terminaux ou latéraux , isolés
ou conjugués, continus ou operculés, sang columelle à l'intérieur.
Section I.
Mucorinés.
Sporange vésiculeux , sans columelle à l'intérieur, s'ouvrant au sommet.
Genres : Hydrophora, Tode ; Melidium, Eschw. ; Helicostylum, Cord.; Theleactis, Mart.; Acrostalagmus , Cord.; Azygites , Fr.; Cephaleuros, Kze .?; Endodromia, Berk.?
Section II. — Piloboîés.
Sporange vésiculeux, terminal, recouvert d'un opercule.
Genres : Pilobolus, Tode ; Pycnopodium?, Cord.; Chordostylum?, Tode; Caulogaster?, Cord.?
Section III. — Syzygités ?
Réceptacle floconneux; sporange résultant de la conjugaison des rameaux latéraux.
Genres : Syzygités, Ehrnbg. ; An alga aerea ?
Division V. — Trielïosporés.
Flocons du réceptacle isolés ou réunis en un seul corps, simples ou rameux; spores extérieures fixées sur toute la surface ou sur quelques points seulement.
Sous-division I. — ALEURINÉS.
Réceptacles isolés ou formés de plusieurs flocons réunis, allongés, membraneux ou capitules; spores situées sur toute leur surface ou seulement à la partie supérieure.
Tribu I. — Isariés.
Réceptacle composé , solide , capitulé ou
allongé.
Genres : Isaria, Pers.; Amphichorda, Fr.; Pcribolryon, Fr.? Triclinium, Fée?
Tribu II. — Scoriadés.
Réceptacle membraneux, cupuliforme ou rameux, diffluent ou persistant, recouvert de spores.
Genres: Ceratium , Alb. et Schweinz.; Dacrina, Fr., Epichysium, Tode?
Tribu III. — Périconiés.
Réceptacle composé, plein ou cloisonné, subuliforme, terminé en un capitule arrondi, ovale ou allongé, couvert de spores.
Genres : Pcricon ia, Tode; Sporocybe, Fr.;
MYC
MYC
Vackuocybe, Berk. ; Cephalotrichum , Lk. ; Doratomyces, Cord., an genus distinctum?
Tribu IV. — Sporotrichés.
Réceptacles floconneux, rameux , recouverts de spores sur toute leur surface.
Genres: Sporotrichum , Lk.; Fusidium, Lk.; Aleurisma, Lk.; Asterophora, Dittam.; Mycogone, Pers. ; Sepedonium, Lk. ; Nematogonium, Desmaz.; Colletosporium , Cord.; Acrolhamnium, Nées?; Plecotrichum, Cord.?; Mainomyces, Cord.; Chrysosporium, Cord.?; Chromosporium, Cord.?; Myxonema, Cord.?; Melanotrichum, Cord.?; Memnonium, Cord.?; Artotrogus, Mntg.?
Tribu V. — Ménisporés.
Réceptacles floconneux, simples, cloisonnés, obtus ou aigus au sommet; spores nombreuses, simples ou cloisonnées, ovales, allongées, courbées ou anguleuses 9 terminales et verticfllées.
Genres; Menispora, Pers.; Rhinotrichum, Cord.; Camptoum, Lk. ; Arthrinium, Kzq.; Gonatosporium , Lk.; Psilonia, Fr.? ; Medusula, Tode? ; Balanium, Wallr.; Spondycladium, Mart.; Coelosporium, Lk.; Ospriosporium, Cord.?; Trichoslroma, Cord.?; OEdemium , Lk.
Sous-division IL — PHYCOCLADÉS.
Réceptacles simples ou rameux , cloisonnés ; spores simples ou cloisonnées, fixées sur une vésicule terminale, ou isolées à la pointe des rameaux.
Tribu I. — Cépiialosporés.
Réceptacles simples ou rameux; spores continues ou cloisonnées, fixées à la surface des vésicules.
A. Spores continues.
Genres : Phycomyces, Kze. ; Acmosporium, Cord.; Cephalosporium, Cord.; Myriocephalum, Dntrs. ; Rhopalomyces, Cord. ; Choretopsis, Cord.; Haplotrichumt Cord.; Haplaria, Lk.; Gonatobotrys , Cord.; Desmotrichum, Lév.; Chlonostachys , Cord. ; Myxotrichum, Kze.; Gonytrichum , Nées; Ramularia, Ung.?; Actinocladium , Ehrbg.?; Capillaria , Pers.? ; Chionypha, Thien ? ; Schinzia, Nag.?; Naegelia, Rabenh.?
B. Spores cloisonnées.
Genres : Arthrobotrys , Cord.?; Strachybotrys, Cord.; Diplosporium, Lk.
Tribu II. — Oxvcladés.
Réceptacles simples ou rameux, cloisonnés; spores continues ou cloisonnées, fixées en plus ou moins grand nombre , ou solitaires à l'extrémité des rameaux terminés en pointes.
Section I. — Cladobotryés.
Spores plus ou moins nombreuses à l'extrémité des rameaux.
A. Spores continues.
Genres : Polyactis , Lk. ; Cladobotryum , Nées; Stachylidium , Cord.
B. Spores cloisonnées.
Genres: Trichothecium , Lk.; Cephalothe-
ciuniy Cord.; Dactylium, Nées ; Mystrosporium, Cord.; Stachybotrys, Cord.
Section II. — Botrytidés.
Réceptacles simples ou rameux , cloisonnés; spores simples ou cloisonnées, solitaires à Textrémité des rameaux.
A. Spores continues.
Genres: Botrytis,Lk. ; Peronospora, Cord.; Verticillium , Nées; Acremonium, Lk. ; Plerodinia, Chev.; Streblocauliwm, Chev.; Amphiblistrum, Cord.; Geotrichum> Lk.?; Zygodesmus, Cord.
B. Spores cloisonnées.
Genres : Blastotrichum , Cord.; Brachycladium, Cord.; Triposporiumy Cord.; Acrothecium, Cord.; Anodotrichum, Cord.
Sous-division III. — SCLÉROCHÉTÉS.
Réceptacles pleins ou cloisonnés , formés d'un seul rang de cellules ou de plusieurs réunis ensemble , simples ou rameux ; spores isolées répandues çà et là , ou réunies en plus ou moins grand nombre à la base ou au sommet.
Tribu I. — Hélicosporés.
Spores filiformes , cloisonnées , tournées en hélice , fixées sur toute la surface des réceptacles.
Genres : Helicotrichum, Nées ; Helicoma, Cord.
Tribu IL — Gyrocérés.
Réceptacles composés, simples ou rameux ; rameaux stériles plus ou moins courbés ; spores fixées en grand nombre autour de la base.
MYC
Genres : Gyrothrix, Cord.; Gyrocerus , Cord.; Chœtopsis,Gve\.; Streptothrix, Cord.; Ceratocladium, Cord.; Circinotrichum, Nées. Tribu III. — Helminthosporés.
Réceptacles solides ou cloisonnés, simples ou rameux; spores cloisonnées, solitaires , fixées à l'extrémité des rameaux ou sur différents points.
Genres : Helminthosporium , Lk. ; Podosporium , Sclnveinz. ; Soredospora , Cord. ; Azosma, Cord.; Mitrosporium, Cord.; Macrosporium, Fr.; Coccosporium, Cord.; Midonotrichum , Cord.; Seplosporium, Cord. ; Stemphylium, Cord. ; Triposporium, Cord.; Trichœgum, Cord. ; Macroon, Cord. ; Amphitrichum, Nées?; Midonosporium, Cord.?
Division VI. — Artlivosporés.
Réceptacles filamenteux, simples ou rameux, cloisonnés ou presque nuls; spores disposées en chapelet, terminales, persistantes ou caduques.
Sous-division I. — PHRAGMONÉMÉS.
Réceptacles rameux ; spores ou articles persistants.
Tribu I. — Antennariés.
Réceptacles rameux, étalés, rarement dresses , cloisonnés et atténués de la base au sommet, articles persistants; spores
Genre : Antennaria, Lk.
Tribu II.
Alternariés.
Réceptacles simples, dressés; spores continues ou cloisonnées, séparées par un étranglement bien marqué.
Genres: AUernaria , Nées; Phragmolrichum, Kze.
Sous-division II. — HORMISCINÉS.
Réceptacle formé d'un seul rang de cellules ou de plusieurs réunies ensemble, solide ou cloisonné , simple ou rameux, capitulé ou allongé; spores caduques, continues ou cloisonnées, terminales ou fixées au capitule.
Tribu I. — Corémiés.
Réceptacle plein , renflé à son extrémité supérieure en forme de capitule ou de massue.
Genres: Coremium , Lk. ; Stysanus, Cord.
MYC 495
Tribu II. — Aspergillés.
Réceptacle floconneux, simple ou rameux ; spores fixées sur une vésicule arrondie ou ovale terminale.
Genres: Aspergillus , Mich. ; Monilia, Hill.; Pénicillium, Lk.
Tribu III. — Oidiés.
Réceptacles simples ou rameux, floconneux; spores terminales, faisant suite aux rameaux ou verticillées.
A. Spores à l'extrémité des rameaux.
Genres : Oïdium , Lk. ; Rhodocephalus , Cord.; Dematium , Per. ; Cladosporium , Lk. ; Chloridium, Lk. ?
B. Spores disposées en verticilles.
Genres: Sporodon, Cord. ; Gonatorrhodon, Cord.
Tribu IV. — Septonémés.
Réceptacles floconneux , simples ou rameux; spores cloisonnées.
Genres: Dendryphium, Cord. ; Solenosporium, Cord. ; Cladotrichum, Cord. ; Trimmatospora , Cord. ; Septonema , Cord. ; Bispora, Cord.
Tribu V. — Torulacés.
Réceptacle floconneux, nul ou presque nul ; spores continues.
Genres: Torula, Pers. ; Tetracolium, Kze. ; Cylindrosporium, Grév. ; Sporendonema, Desmaz.; Speirea, Cord. ; Gongylocladium , Wallr.?; Helicomyces , Lk.
La disposition que je viens de présenter n'est pas entièrement nouvelle. Dans le mémoire que j'ai publié sur l'Hyménium des Champignons ( Ann. des se. nat.y 1837, vol. VIII, p. 321 ), j'ai fait Yoir que les Hyménomycetes devaient être divisés en BasU diosporés et en Thécasporés. Plus tard (Demidoff, Voy. Russ. mérid.) j'ai énoncé, mais sans le caractériser, Tordre des Stromatosporés ou Clinosporés. M. le professeur Ad. de Jussieu en a donné un aperçu général dans son Cours élémentaire de Botanique. Comme dès lors les caractères de mes six ordres se sont trouvés établis, je les ai conservés dans mes diverses publications, insérées dans les Annales des sciences naturelles (3e série, t. II, p. 167, et t. V, p. 167). De-
I\1YC
puis, cette classification a reçu une application plus complète et plus directe de la part de M. le docteur Mougeot dans rénumération des Champignons des Vosges (Statist. du départ, des Vosges , part. bot. , 1846). Aujourd'hui je l'expose plus complètement, en y rattachant, autant qu'il m'a été possible, tous les genres connus.
Telle que je la soumets actuellement aux mycologues, elle résulte de l'analyse de quelques centaines de genres et de plusieurs milliers d'espèces. Je n'ai pu cependant vérifier tous les genres qui ont été décrits, et j'ai cru devoir adopter ceux dont les figures concordaient parfaitement bien avec les descriptions, et négliger ceux dont les descriptions étaient incomplètes et les analyses insignifiantes. Ces genres ont été répartis avec doute aux sections que les auteurs leur avaient eux-mêmes assignées.
L'application de mes principes à la classe des Champignons a, j'ose le dire, dépassé mes espérances. Ainsi, parmi toutes les espèces que j'ai soumises à l'examen microscopique, je n'ai rencontré que le Chœnocarpus hippotrichodes et le Scopinella barbala qui n'ont pu y trouver place. Encore, je dois le faire observer, depuis la publication de mes observations sur la première de ces plantes, j'ai eu connaissance des remarques de MM. Greville et Berkeley, qui la rangent à côté des Sphéries , et , en effet , c'est la place qu'elle doit occuper; quant à la seconde, je la laisse parmi les Clinosporés , attendant cependant une analyse plus satisfaisante et établie sur des individus frais. Puisse l'exposé de mon travail jeter quelque lumière sur la Mycologie, et contribuer à l'avancement de la méthode naturelle, but constant de mes efforts ! (Léveillé.)
MYCOMA , Lapeyr. (Abrég., 115).
bot. ph. — Syn. de Ramondia, L. C. Rich.
*MYCOPORUM (p-vxnç, viscosité, népoç, trou ). bot. cr. — Genre de la famille des Lichens, tribu des Trypéthéliacées, établi par Meyer ( Tlecht., 327) pour des Lichens qui croissent sur les écorces des arbres des Tropiques. Voy. lichens. (B.)
*MYCOTHAMMON(fAvxy!ç, champignon; Oc^voç, buisson), bot. cr. — (Phycées). Genre créé par M. Kuetzing (Phycol. gen.y p. 156) pour une Algue byssoïde de la tribu des Leptomitées, le M. confervkola Kg.> qui croît
MYC
sur les filaments du Conferva fracla. Voici les caractères de ce genre : Fronde formée de filaments hyalins, dressés, rameux; spermophores globuleux, bruns, placés au sommet des rameaux. (Bréb.)
*MYCOTRETUS (pux*jç, champignon; TpjToç, troué), ins. — Genre de Coléoptères subpentamères, tétramères de Latreille, famille des Clavipalpes, tribu des Érotyliens, proposé par nous et adopté par Dejean, Hope et Lacordaire. Ce dernier auteur (Monographie des Érotyliens, 1842, p. 132) rapporte à ce genre quatre-vingt-onze espèces qui toutes sont originaires d'Amérique. Nous citerons principalement les M. tigrinus , maculatus (figuratus Dup.) 01., fasciatus Fv, conspersus et humeralis Germ. (C.)
MYCROPOGON. ois.— Foy. micropogon.
MYCTERIA. ois. — Nom générique donné par Linnœus aux Jdbirus. Voy. cigogne. (E. D.)
*MYCTERISTES ( p»*njp , museau ; îff'wjf/.i , élever), ins. — Genre de Coléoptères pentamères, famille des Lampllicornes , tribu des Mélitophiles, créé par Laporte de Castelnau {Hhloire naturelle des Animaux articulés y t. III, p. 162), et adopté par Westwood, Burmeisteret Schaum. Le type, le M. rhinophyllus Wiedm., est originaire de Java. (C.)
*MYCTERODUS (p»wp, museau ; ô&>vç, dent), ins. — Genre de la tribu des Fulgoriens, de l'ordre des Hémiptères, établi par M. Spinola, et que M. Blanchard (Histoire des Insectes) considère comme devant former une simple division des Issus. Voy. ce mot. (L.)
MYCTERUS(f*wxTi7p, museau), ins. — Genre de Coléoptères hétéromères , famille des Sténélytres , tribu des Rhynchostomes , créé par Olivier (Entomologie , t. V, n° 85, p. 448, pl.I,fig. 1 et 2). Il ne se compose que de deux espèces : M. curculionoides et umbellatarum de F. On les trouve, tant en Europe qu'en Afrique, sur les fleurs en ombelles, dans le voisinage des terres baignées par la Méditerranée. Cependant la première a été rencontrée plusieurs fois dans la forêt de Fontainebleau. (C.)
MYCTIRE. Myctiris (pvxxvîp, museau).
Crcst. — Ce genre, qui appartient à la famille des Catométopes et à la tribu des Pinnothériens , a été établi par Latreille et
MYD
MYD
adopté par tous les carcinologistes. Les Crustacés singuliers qui forment ce genre remarquable établissent à quelques égards le passage entre les Ocypodes et les Pinnothères , et même certains Macroures, tels que les Callianasses (voy. ces mots). Leur carapace est extrêmement mince; les yeux sont gros et courts, et tout-à-fait sans cavité orbitaire. Les antennes ne présentent rien de remarquable. Quant à la bouche , elle est fort curieuse. Les pattes-mâchoires externes , au lieu de s'appliquer horizontalement dans le cadre buccal , restent presque verticales , et forment par leur réunion un cône renversé, court et long. Au-devant de l'apophyse, située au-devant de ces pattes-mâchoires, et dirigée en dessous pour supporter le fouet , la carapace présente une grande échancrure , de façon que l'ouverture afférente de l'appareil respiratoire est toujours béante. Les pattes de la première paire sont très longues , et se reploient longitudinalement sur la bouche.
Quant à l'abdomen , il ne présente rien de remarquable. On ne connaît qu'une seule espèce dans ce genre, c'est le Myctire lon- -gicarpe, Myctiris longicarpis Lat. (Guér., Iconogr. du règne animal de Cuv., Crust., pi. IV, fig. 4), qui a été rencontré dans les mers de l'Australie. (H. L.)
*■ MYDAINA. mam. — M. Gray (Ann. of Phil.t XXVI, 1825) donne ce nom à une famille de Carnassiers vermiformes, ayant pour type le genre Mydaus. Voy. ce mot. (E. D.)
MYDAS. rept.— Espèce du genre Tortue.
Foy.cemot. (E. D.)
MYDAS. mam. — Voy. mydaus.
MYDAS (nom mythologique appliqué à ces Insectes à cause de la longueur de $mîs antennes), ms.— Genre de l'ordre des Diptères brachocères,familIedesTanystomes, tribu des Mydasiens, établi par Fabricius, et principalement caractérisé par une trompe courte et des lèvres terminales, triangulaires, comprimées.
Ce genre compte plus de vingt espèces exotiques connues, dont deux sont du cap de Bonne-Espérance, et une est de Tranquebar; les autres sont d'Amérique , la plupart du Brésn , !e reste du Mexique, de la Caroline et de la Géorgie. Nous citerons, comme espèce type, le Mydas giganteus, du Brésil.
*MYDASEA. rept. — Dénomination emt. viir.
ployée pour la première fois dans ce Dictionnaire (t. III, p. 457), et qui désigne un sousgenre de Chélonées dans lequel rentre la Tortue franche (Chelonia my das). Voy. cbélonée. (P. G.)
MYDASIENS. Mydasii. ras. — Première tribu de la famille des Tanystomes, dans l'ordre des Diptères brachocères, établie par Latreille, et caractérisée de la manière suivante par M. Macquart ( Histoire des Diptères, Suites àBuffon) : Trompe ordinairement courte; lèvres terminales, triangulaires, comprimées; palpes très petits , subulés. Face convexe , couverte de longues soies. Front enfoncé. Antennes ordinairement beaucoup plus longues que la tête, de cinq articles distincts; troisième très long; quatrième moins long; cinquième en massue, excavé à l'extrémité. Point d'ocelles. Cuisses postérieures fortes , ordinairement garnies de petites pointes. Cellule médiastine des ailes assez large; marginale fermée ainsi que les sous-marginales; deuxième appendiculée à la base; quatre postérieures; troisième fermée.
Les Mydasiens, si remarquables par la grandeur de la plupart d'entre eux, et plus encore par le développement de leur organisation , occupent le premier rang parmi les Tanystomes. Les mœurs de ces Insectes sont à peu près les mêmes que celles des Asiliques. Comme ces derniers, ils vivent de proie; ils font la guerre aux autres Insectes, les attaquent avec violence, les saisissent au vol, les serrent de leurs pieds robustes, et en font leur pâture.
Cette tribu ne renferme que trois genres nommés : Mydas , Rhopalie et Céphalocère.
La plus grande partie des espèces de Mydasiens sont exotiques, et appariiennentpour la plupart à l'Amérique méridionale. Quelques unes sont africaines; une seule est d'Asie. Voy. les noms des genres cités plus haut. (L.)
MYDAUS (pu<?oç, mauvaise odeur), mam.
— Genre de Carnassiers plantigrades, composé d'une seule espèce que l'on avait placée parmi les Moufettes, sous la dénomination de Mephilis javanensis, et dont F. Cuvier (Hist. nal. des Mamm., 1821) a fait le type d'une division générique, sous le nom de Mydaus mcliccps. Les Mydaus ont le même
MYD
IYIYE
système dentaire que les Moufettes (voy. ce mot); toutefois les molaires des Mydaus sont beaucoup plus écartées , et les incisives, au lieu d'être sur une ligne droite, sont sur un arc de cercle très petit. La tête des Mydaus rappelle par sa forme celle des Blaireaux ; les oreilles sont presque entièrement dépourvues de conque externe; les marines s'avancent très au-delà des mâchoires, et sont environnées par un mufle qui a de la ressemblance avec celui du Cochon. Ces animaux sont plantigrades, et leurs pieds ont cinq doigts armés d'ongles propres à fouir; la queue est presque nulle. Il y a quatre mamelles pectorales et deux inguinales. Le pelage est peu fourni aux parties supérieures, et les parties inférieures, comme îe museau , sont presque nues. Presque tous les poils sont soyeux, et les moustaches sont très rares.
Une seule espèce entre dans ce genre : c'est le Télagon Sticnhad Morsden, Mydaus meliceps F. Cuv. , Mephitis meliceps Griff. , Mephitis javanensis Desm., sir Raffles. La peau est de couleur de chair, et presque tous les poils sont d'un brun marron très foncé. On en trouve cependant quelques uns sur la poitrine, ou cachés parmi les autres , qui sont blancs et d'une apparence soyeuse. La couleur brune est la principale du Télagon; mais le sommet de la tête et une ligne qui se prolonge quelquefois le long du dos, jusqu'à l'extrémité de la queue, sont blancs.
Cette espèce répand, comme les Moufettes, une odeur extrêmement fétide, et c'est à cette même circonstance que se rapporte la dénomination générique de Mydaus, que leur adonnée Fr. Cuvier. On ne connaît rien des mœurs des Télagons; mais on peut conjecturer qu'ils vivent dans des terriers , cl qu'eux-mêmes se creusent ces retraites. Ces animaux ne sont pas rares à Java, et c'est de cette île que Leschenault, Diard et Duvaucel ont envoyé au Muséum d'histoire naturelle de Paris les peaux et le squelette qu'il possède. On les trouve aussi à Sumatra.
M. de Blainville ( Ostéographie , fascicule des Muslela) a indiqué , sous la dénomination de Mydaus de Meudon , une espèce de Mustélien fossile , trouvée aux environs de Paris, et qui doit être rapportée à ce genre.
JftfYDONOTRICHUM , Corda ( apud Sturm,lttt t. 19, 21, 24). bot. cr. — Voy.
VERMICULARIA , Tode.
*MYDRIACIS (pv^ooç, matière rouge; âxi'ç, pointe aiguë), ins. — Genre de Coléoptères pentamères , famille des Malacodermes , tribu des Clairones , proposé par Schcenherr et adopté par Hope {ColeoplerisC s manual, 1840, p. 138), qui le classe parmi ses Tillides. Le type, M. prœusta Schœn., est de la côte de Guinée. (C.)
MYE. Mya (pv*£, moule, coquille bivalve), moll. — Genre de Mollusques conchifères dimyaires, faisant partie de la famille des Myaires, dont il est le type, dans la famille des Enfermés. Il comprend des Mollusques incomplètement recouverts par une coquille bivalve bâillante aux deux extrémités , et revêtus d'un épiderme coriace sur toute la partie non recouverte par le têt. Le manteau est presque entièrement fermé; il n'offre en avant qu'une petite ouverture pour le passage d'un pied grêle en forme de languette , et en arrière se trouvent deux siphons très longs, réunis sous une enveloppe commune , brune et rugueuse ; les palpes labiaux sont longs et pointus, assez épais; les branchies se prolongent en arrière , et restent flottantes dans la cavité du manteau, jusqu'à l'orifice interne des siphons. La branchie externe se replie au-delà du point d'attache, de manière à figurer un troisième feuillet branchial; la coquille est tranverse, ovale, presque équilatérale, bâillante aux deux bouts; la valve gauche porte une grande dent cardinale comprimée, dressée presque verticalement; l'autre valve porte une fossette correspondante, d'où partie ligament interne qui s'attache à la dent de la valve gauche ; mais on doit considérer le fond de cette fossette même comme représentant une dent repliée dans la cavité du crochet.
Les Myes se tiennent toujours enfoncées dans le sable, de manière à présenter l'orifice de leurs siphons à la surface; elles paraissent peu susceptibles de changer de lieu, ou de se creuser un nouveau trou quand une circonstance quelconque les a arrachées de leur gîte. On en connaît deux espèces qui vivent sur les côtes de l'Océan d'Europe ; ce sont: la Mye tronquée (il/.
MYG
MYG
truncata), dont la coquille, longue de 6 à 8 centimètres, épaisse, presque ovale, est comme tronquée en arrière ; et la Mye des sables (M. arenaria), qui en diffère par sa coquille régulièrement ovale, non tronquée, moins épaisse et moins inéquilatérale. Lamarck inscrivait dans ce genre une M. erodona, qui est une vraie Corbule, et une M. solemyalis, que M. Deshayes a reportée dans son genre Ostéodesme. Le nom de Mye a été employé d'abord par Linné, qui confondait beaucoup de coquilles différentes avec les vraies Myes. Bruguière en tira d'abord les Anodontes, puis Lamarck en sépara les Anatines, les Glycimères , les Vulselles, une partie des Lutraires, et finit par réduire à quatre le nombre des espèces, dont on ne doit même conserver que deux. D'un autre côté, Ménard de Lagroye avait fait aussi le genre Panopée avec la M. glycimeris de Linné. (Duj.)
*MYELONEURA (^ueXo'ç, moelle; viïpov , nerf), zool. — Nom que M. Ehrenberg (Acad. Berlin, 1837) donne aux animaux vertébrés, à cause de leur système nerveux médullaire encéphalo-rachidien, un de leurs principaux caractères. (P. G.)
*MYELOPHILA (^ueioç, moelle ; yc'Aoç, qui aime), ms. — - Genre de l'ordre des Lépidoptères nocturnes, tribu des Yponomeutides , établi par Treitschke , et ne comprenant qu'une seule espèce, M. cribrella, dont la chenille vit et se métamorphose dans l'intérieur des tiges de Chardons. Ce papillon est répandu dans toute l'Europe.
MYGALE. Mygale, arachn. — C'est un genre de l'ordre des Aranéides, de la tribu des Théraphoses , établi par Latreille et adopté par tous les aptérologistes. Dans cette coupe générique, une des plus curieuses de la classe des Arachnides, les yeux sont toujours au nombre de huit, presque égaux entre eux, groupés et ramassés sur le devant du céphalothorax, trois de chaque côté formant un triangle irrégulier, dont l'angle le plus aigu est en avant; les deux autres sont situés entre les précédents et sur une ligne transverse. La lèvre est petite, presque nulle, insérée sous les mâchoires. Celles-ci sont allongées, cylindroïdes, divergentes, creusées longitudinalement à leur côté interne. Les palpes sont allongés, fusiformes , insérés à l'extrémité des mâchoires. Les pattes sont
allongées, fortes, peu égales entre elles. Les Aranéides qui composent ce genre sont répandues dans toutes les parties du monde ; elles sont chasseuses, courent après leur proie; il y en a qui se renferment dans l'intérieur des feuilles, des creux d'arbres, des rochers, et dans les retraites qu'elles se creusent dans la terre.
La Corse nourrit une espèce remarquable par ses mœurs : c'est la Mygale pionnière , Mygale fodiens Walck. Elle est d'un brun clair uniforme et sans moucheture sur son abdomen; les mandibules sont plus grosses, plus inclinées que celles de la M. cœmentaria. Le râteau dont elles sont armées se compose de cinq ou six épines principales qui garnissent leur bord supérieur, et de quelques autres moins prononcées situées en dehors des premières; la rainure que décrit le crochet dans la rétraction a, de chaque côté, cinq dents noires, fortes et courtes; les pattes sont inégalement velues, mais les tarses des deux paires antérieures et les articles correspondants des palpes sont garnis de deux piquants remarquables. Ces ongles offrent cela de particulier qu'ils n'ont qu'une seule dent, à leur base; le tarse se termine par un ergot, et les filières sont bien plus longues que chez la M. cœmentaria . Cette espèce, qui habite la Corse, a été le sujet d'un mémoire plein d'intérêt sur la manière dont son nid est construit, par V. Audouin. Latreille a fait à l'égard de ces nids une remarque judicieuse, c'est que, rapprochés comme ils le sont les uns des autres, ils doivent faire présumer que cette espèce ne craint pas la société de ses semblables. Quoi qu'il en soit, dit Audouin, la motte de terre qui renferme ces tubes est composée d'une terre argileuse d'un rouge de brique; les tubes ont, comme la masse dans laquelle ils sont creusés, 8 centimètres de hauteur et 22 millim. de largeur; droits dans les deux tiers de leur étendue, ils deviennent légèrement obliques vers leur extrémité inférieure, peut-être mêmeserecourbaient-ils davantage en se prolongeant beaucoup plus avant dans la terre; toujours est-il certain qu'en les enlevant on ne les a pas obtenus dans leur entier. En examinant un de ces tubes avec quelque soin, Audouin a remarqué qu'il n'était pas simplement creusé dans la terre, comme le sciait une excavation ou un trou
MYG
MYG
desonde qu'on pratiquerait dans la terre, mais qu'il était construit à la manière d'un puits, c'est-à-dire qu'il avait des parois presque formées par une espèce de mortier assez solide ; en sorte qu'on peut, ainsi qu'Audouin l'a fait, le dégager entièrement de la masse qui l'entoure, et, pour l'observer encore avec plus de soin, le fendre dans le sens de la longueur: on voit que son intérieur est tapissé par une étoffe soyeuse et très mince, douce au toucher, et qu'il n'existe aucune des inégalités qu'on devrait s'attendre à rencontrer sur les murs faits avec une terre grossière. En effet, cette paroi intérieure semble avoir été crépie avec un mortier plus fin ; et, de plus, elle est unie et lisse comme si une truelle eût été habilement passée dessus; mais les soins que prend l'Araignée pour terminer son ouvrage vont encore plus loin: ce que nous faisons pour nos tentures de quelque prix, elle le prodigue dans sa demeure souterraine; cette sorte de papier satiné qui orne son habitation, elle ne l'a pas posé le premier; mais elle a appliqué d'abord sur ces murailles une toile ou, pour parler plus exactement, des fils grossiers, et c'est sur eux qu'elle a placé ensuite son étoffe «yeuse.
Tout cela est bien fait pour exciter l'admiration ; mais ce qui a le droit de nous surprendre davantage, c'est la manière dont cette chambre à boyau est ouverte et fermée, au gré de celui qui l'habite. Si l'Araignée n'avait eu rien à craindre de la part des autres animaux, ou bien si elle avait été assez courageuse et assez forte pour les attendre de pied ferme et les vaincre, elle aurait pu sans inconvénient laisser libre l'entrée de la maison, cela lui eût été plus commode pour aller et venir ; mais il n'en est pas ainsi : elle a tout à redouter de la part d'une foule d'ennemis, et son caractère timide, joint au peu de moyens qu'elle possède pour leur résister, l'oblige d'être sans cesse sur la défensive. Alors, comme tous les êtres faibles, elle emploie la ruse pour se soustraire au danger, et son industrie supplée d'une manière merveilleuse à ce qui lui manque de force et de courage.
Nous avons déjà dit plus haut que l'Araignée maçonne avait un couvercle pour fermer le tube qu'elle habitait; l'Araignée de Corse ou la Mygale pionnière emploie à peu
près les mêmes précautions , mais elle montre plus de perfection dans son ouvrage , et comme l'édifice qu'elle construit est plug vaste dans l'ensemble et dans les détails, la description que nous allons en faire en donnera une idée très exacte. Pour clore nos demeures, nous avons des portes qui, roulant sur leurs gonds, viennent s'appliquer dans une feuillure et y sont retenues ensuite par un moyen quelconque. L'Araignée pionnière ne s'enferme pas autrement chez elle: à l'orifice extérieur de son tube est adaptée une porte maintenue en place par une charnière et retenue dans une sorte d'avancement circulaire qu'on ne peut mieux comparer qu'à une véritable feuillure. Cette porte ou, si l'on aime mieux, ce couvercle, se rabat en dehors, et l'on conçoit que l'Araignée, lorsqu'elle veut sortir, n'a besoin que de le pousser pour l'ouvrir. Mais le moyen qu'elle emploie pour le fermer est vraiment remarquable ; voici ce qu'Audouin nous a encore appris à ce sujet: A en juger par son aspect, on croirait que ce couvercle est formé d'un amas de terre grossièrement pétrie et revêtue du côté qui correspond à l'intérieur de l'habitation par une toile solide; mais cette structure, qui déjà pourrait surprendre chez un animal qui n'a pas d'instrument particulier pour construire, est bien plus compliquée qu'elle ne le paraît d'abord. En effet, Audouin s'est assuré, en faisant une coupe verticale au couvercle, que son épaisseur, qui n'a pas moins de 5 à 7 millim., résultait d'un assemblage de couches de terre et de couches de toile au nombre de plus de trente, emboîtées les unes dans les autres, et rappelant assez bien, à cause de cette disposition, ces poids de cuivre en usage pour nos petites balances, et dont les divisions, qui ont la forme de petites cupules, se reçoivent successivement jusqu'à la dernière.
Si on examine chacune de ces couches de toile, on remarque qu'elles aboutissent toutes à la charnière qui se trouve d'autant plus remplie que la porte a plus de volume; la rainure elle-même sur laquelle la porte s'applique, et que nous avons nommée précédemment la feuillure, est épaisse, et son épaisseur est dans un grand nombre de couches qui la constituent. Ce nombre paraît même correspondre à celui que présente le couvercle.
N'ayant pu voir l'Araignée construire son
JVJYG
MYG
habitation, et Bosc, bien qu'il ait eu pendant quelque temps des individus vivants à sa disposition, n'ayant pu jouir non plus de ce spectacle, nous sommes réduits à faire des conjectures sur la manière dont elle s'y prend pour confectionner les parties dont il vient d'être question. Supposons l'Araignée à l'œuvre et voyons-la commencer son travail. Elle aura d'abord ourdi la première toile circulaire qui forme la porte de sa demeure, puis, sans discontinuer, elle aura étendu cette toile sur la charnière etl'aura prolongée presque aussitôt sur la feuillure. On peut expliquer de cette manière pourquoi chacune de ces trois parties fait suite à l'autre , et Ton conçoit facilement comment, cette manœuvre s'étant répétée, la porte, la charnière et la feuillure se trouvent à la longue formées par un grand nombre de couches. Mais comme il existe entre celles qui constituent la porte des lits de terre, il est présumable que l'Araignée aura interrompu chaque fois son tissage pour les en pétrir plus convenablement. Quoi qu'il en soit, le travail ayant eu lieu de cette manière, il doit nécessairement exister une proportion toujours égale entre le volume du couvercle et la force de sa charnière, puisque celle-ci se trouve augmentée d'une couche à mesure que le premier en reçoit une nouvelle.
Mais plus l'on a étudié avec soin l'arrangement de ces parties, plus on découvre de perfection dans l'ouvrage. En effet, si l'on examine le bord circulaire de l'espèce de rondelle qui remplit en tout les fonctions d'une porte, on remarque qu'au lieu d'être taillé droit, il coupe obliquement de dehors en dedans, de manière à représenter, non pas une rondelle de cylindre, mais bien la rondelle d'un cône; et, d'une autre part, on observe que la portion de l'orifice du tube qui reçoit ce couvercle est taillée elle-même en biseau et en sens inverse.
Le but de cette disposition est facile à saisir. Si le couvercle avait un bord droit, il n'aurait rencontré en se rabattant, comme il le fait dans l'orifice du tube , aucune partie sur laquelle appuyer; et, dans ce cas, la charnière seule se serait opposée à ce qu'il pénétrât plus profondément dans l'intérieur, mais quand bien même cette partie délicate aurait dû supporter, sans éprouver de relâchement, ce poids continuel et le choc assez
fort que produit le couvercle chaque fois qu'il se rabat, il eût été à craindre que quelque pression accidentelle du dehors ne fui enfin venue la rompre. C'est pour obvier à ce grave inconvénient que l'Araignée a pratiqué à l'oriûce de son habitation une feuillure contre laquelle vient appuyer la porte, et qu'elle ne saurait franchir. Mais cette feuillure est faite avec un tel soin, et le couvercle s'applique si exactementsur elle, qu'il fauty regarder de très près pour reconnaître le point où les deux parties se rencontrent. En outre, l'instinct de l'animal le porte à faire cette jonction aussi parfaite que possible; car non seulement il lui importe de clore solidementsa demeure, mais il aie plus grand intérêt à en cacher l'ouverture aux yeux de ses ennemis ; c'est évidemment dans cette intention que l'Araignée a crépi extérieurement la porte de son habitation avec une terre grossière. En cela elle ne fait qu'imiter l'instinct admirable qu'ont une foule d'Insectes de tromper le regard en fabricant avec des substances variées, et très souvent avec les feuilles des fruits dont ils se nourrissent, des espèces d'habits ou de fourreaux sous lesquels ils se cachent, ou bien en fixant sur ces mêmes plantes des cocons ou d'autres demeures qui, par leur couleur et leur apparence, se confondent avec les liges, les feuilles, les bourgeons, les fleurs. La Mygale pionnière, je le répète, a recours aune ruse semblable, en crépissant la porte qui clôt son habitation avec la terre qui forme la surface' du sol, et en la rendant tellement trompeuse et inégale qu'elle se confond avec lui ; mais, en agissant ainsi, elle semble avoir prévu un autre genre de nécessité : dans l'habitude où elle paraît être de sortir souvent de sa demeure et d'y rentrer précipitamment au moindre danger, il lui a fallu pouvoir en ouvrir facilementla porte; or, cette manœuvre, qui aurait été pénible et plus ou moins longue si la surface du couvercle eût été lisse, devient très facile à cause des nombreuses inégalités qu'on y trouve, et qui donnent toujours prise aux crochets dont l'Araignée est fournie.
L'Araignée se trouve dans la nécessité d'ouvrir elle-même la porte ; lorsqu'elle vient du dehors, elle n'a pas à s'en inquiéter pour la fermer; soit qu'elle sorte, soit qu'elle rentre, cette porte se ferme toujours
MYG
d'elle-même , et c'est là encore une des observations les plus curieuses que fournit l'étude attentive de cette singulière habitation.
Quand on cherche à ouvrir ces nids, on sent que ce n'est qu'avec quelque effort que l'on parvient à soulever assez le couvercle pour qu'il devienne vertical , c'est-à-dire pour qu'il forme un angle exactement droit avec l'orifice du tube. Si on le renverse encore plus, de manière à ouvrir cet angle davantage, la résistance devient encore plus grande; mais dans ce cas , comme dans le premier, le couvercle abandonné à luimême retombe aussitôt et ferme l'ouverture. La tension et l'élasticité de la charnière sont les principales causes de cet effet ; mais en admettant que cette élasticité n'existât pas, il se produirait encore, et le couvercle , soulevé de manière à dépasser un peu la ligne verticale, pourrait retomber de lui-même et former naturellement l'orifice du tube. Ce résultat curieux est dû à une résistance sensible qui existe dans son épaisseur. Si on l'examine avec soin sous ce rapport, on remarque que la partie voisine de la charnière est plus épaisse, et comme bosselée intérieurement. Ce surcroît de poids, qui, s'il avait eu lieu loin de la charnière, eût porté le couvercle, chaque fois qu'il aurait été soulevé au-delà de la ligne verticale, à se renverser en dehors, se trouvant au contraire placé tout près du point d'attache et du côté où il se ferme , agit en sens inverse , et tend sans cesse a le faire retomber.
Comme nous l'avons déjà dit plus haut, la surface intérieure du couvercle qui clôt l'habitation de la Mygale pionnière ne resremble en rien à celle du dehors. Autant celle-ci est raboteuse , autant l'autre est unie ; de plus on a vu qu'elle était tapissée, comme les parois de l'habitation , dune couche soyeuse très blanche, mais beaucoup plus consistante et ayant l'apparence du parchemin; nous ajouterons que cette surface intérieure est surtout remarquable par l'existence d'une série de petits trous. Ces petits trous , qu'on pourrait au premier abord négliger de voir, forment un des traits les plus curieux de l'histoire de la Mygale pionnière, car c'est par leur moyen qu'elle peut , lorsqu'on veut forcer la porte,
MYG
la maintenir exactement fermée. Elle y parvient en se cramponnant, d'une part, à l'aide de ses pattes, aux parois de son tube, et de l'autre, en introduisant dans les trous de son couvercle les épines et les crochets cornés dont sont munies ses mâchoires. On comprend que la porte de son couvercle se trouve alors retenue par ce moyen , en quelque sorte aussi bon que celui que nous obtenons lorsque nous poussons un verrou dans sa gâche. Mais ce qui doit exciter davantage notre admiration , c'est la manière dont ces trous ont été disposés : on croira peut-être que l'Araignée n'en a pas épargné le nombre, et que pour ne pas se trouver au dépourvu, quand la nécessité la force à en faire usage, elle en a criblé la face interne de son ouverture. Ce n'est cependant pas là ce qu'on observe. Ces trous sont peu nombreux, on en compte au plus une trentaine, et au lieu de les avoir dispersés au hasard , ils se trouvent tous réunis dans une place déterminée, et qui est exactement la même dans les quatre nids qu'Audouiu a observés. Mais cette place est très convenable, et telle que nous l'aurions choisie nous-même après y avoir bien réfléchi; en effet, ils sont situés tout près du bord du couvercle, et toujours au côté opposé à la charnière. Il est clair que l'Araignée trouve un grand avantage dans cette disposition , car dans l'action de tirer à soi le couvercle , elle opère bien plus efficacement en se cramponnant loin de la charnière que si elle eût agi dans son voisinage. L'instinct de l'animal semble l'avoir si bien instruit sur ce point, qu'il n'a pas pris la peine de faire un seul trou, soit au milieu du couvercle, soit au voisinage du point où il s'attache, et que toutes les ouvertures qu'on y observe sont disposées sur une ligne demi-circulaire très étroite.
Audouin , auquel nous avons emprunté ces intéressantes observations, dit à la suite de son mémoire : « Je n'ajouterai à ce sujet qu'une simple remarque, c'est que plus nous avons vu de perfection dans l'ouvrage de l'Araignée de Corse, plus nous sommes forcé de reconnaître que tous ces actes dérivent exclusivement de l'instinct ; car si l'on admettait que l'animal pût les exécuter avec quelque réflexion , il faudrait lui accorder non seulement un raisonnement très par-
JVIYG
MYG
fait, mais encore des connaissances d'un ordre fort élevé , et que l'homme lui-même n'acquiert que par un long travail d'esprit , et parce qu'il a mis à profit l'expérience successive de ses devanciers. »
Le rôle de l'Araignée se réduit donc à opérer sans calcul ni *:>:. naison , mais sous une influence étrange! « #t irrésistible; et quant aux leçons que pourrait lui fournir l'expérience, elles sont entièrement nulles, comme chez tous les Insectes, c'est-à-dire, qu'après avoir vécu des mois, des années elle n'en sait guère plus , et n'en fait pas davantage que lorsque, sortant de l'œuf, elle s'est mise incontinent à construire.
Dans le midi de la France, aux environs de Montpellier, on rencontre une espèce non moins curieuse par son industrie: c'est la Mygale maçonne , Mygale cœmentaria Latr. Cette espèce établit plus particulière ment sa demeure contre des tertres secs , compactes, et exposés au midi, sur la route qui mène de Montpellier aux coteaux de Castelnau. M. L. Dufour nous a montré dans un mémoire fort intéressant les moyens dont il fallait se servir pour s'emparer de celte Aranéide. « Voici comment je m'y prenais, dit ce savant observateur, pour faire la chasse à ces Mygales : Sans avoir besoin de les poursuivre jusqu'au fond de leur tanière, qui est couverte à deux pieds de profondeur et tellement fléchie, qu'il est très facile d'en perdre la trace, il faut un œil exercé pour découvrir l'opercule circulaire du terrier, tant la rainure capillaire, qui en dessine le contour, a de finesse; si cette rainure est tant soit peu béante, c'est une preuve que la Mygale est placée en sentinelle derrière la porte; l'Araignée s'accroche unguibus et rostro à sa partie interne et bombée , et vous sentez une résistance qui s'effectue par saccades. Pendant que d'une rnain on provoque les efforts réitérés et inouïs de la courageuse Mygale, on enfonce de l'autre une forte lame de couteau à 12 ou 15 millim. environ au-dessous de la trappe , de manière à traverser horizontalement le diamètre du terrier; la retraite de l'habile ouvrière se trouve ainsi coupée; on soulève et on lance la portion de terre placée au-dessus du couteau, et la pauvre Mygale , toute stupéfaite de cette trahison , se laisse prendre sans résistance. » Je ferai
aussi observer que cette curieuse espèce , dont le nid a été figuré dans ce Dictionnaire à la pi. 2 , fig. 2, habite aussi les environs d'Alger.
Nous avons figuré dans l'atlas de ce Dictionnaire deux espèces ; la planche 2, fig. 1, représente la Mygale aviculaire , Mygale avicularia Latr. , qui se trouve dans l'Amérique méridionale, à Cayenne et à Surinam. Suivant M. Walckenaër , cette espèce fait dans les gerçures des arbres, les interstices des masses de pierres, sur la surface des feuilles, à la campagne , dans les lieux solitaires, dans les habitations abandonnées, une cellule d'une soie très blanche, fine, demi - transparente , qui a la forme d'un lobe rétréci à son extrémité postérieure; c'est un ovale allongé, tronqué antérieurement, qui a deux décimètres de long sur six centimètres de large. Le cocon est enveloppé d'une soie de trois couches , dont l'intermédiaire est plus mince et n'est pas recouverte de bourre; la femelle place son cocon près de sa demeure , et y veille assidûment; la toile de cette espèce est toujours propre, et jamais on n'y a trouvé de débris d'insectes. L'Araignée chasse pendant l'absence du soleil sur l'horizon. Suivant M. Moreau de Jonnès , elle enveloppe ses œufs dans une coque de soie blanche , au nombre de 1800 à 2000, et les fourmis rouges mangent les jeunes lorsqu'ils sont éclos.
La planche I, représente la Mygale de Quoy , Mygale Quoyi Walck., M. antipodracia Ejusd. Cette espèce remarquable, dont on ne connaît pas les manières de vivre, a été rencontrée par M. Quoy à la Nouvelle-Zélande.
Enfin , je ne terminerai pas cet article sans dire que, pendant le séjour que j'ai fait en Algérie, j'ai rencontré plusieurs espèces nouvelles de ce genre que j'ai décrites et figurées dans le magnifique ouvrage dont la publication a été ordonnée il y a deux ans par le Ministère de la guerre; ces espèces sont les M. barbaraet gracilipes Luc. La première habite l'est et l'ouest de l'Algérie; quand à la seconde, je ne l'ai rencontrée qu'aux environs d'Oran. (H. L.)
MYGALE, mam. — Nom latin des Desmans. Voy. ce mot. (E.D.)
*MYGALINA. mam. —Groupe d'Insetii
MYI