‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 131 sur 192 · YL · texte numérisé non relu

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voies indiqué par M. Isidore Geoffroy Saint- Hilaire, et comprenant le genre Desman Voy. ce mot. (E. D.)

MYGINDA. bot. ph. — Genre de la famille des Célastrinées-Elaeodendrées, établi par Jacquin {Amer., 24, t. 16). Arbrisseaux de l'Amérique tropicale. Voy. célas-

TRINÉES.

MYIADESTES. ois.— Voy. myadestes.

*MYIAGRA (p.wîa, mouche ; à'yp«, proie), ois. — MM. Vigorset Horsfield(Lmn. trans., 1825) donnent ce nom à un groupe de Gobe- Mouches. (E. D.)

*MYIIVA. ins. — Genre de la famille des Chalcidides, groupe des Encirtites, de l'ordre des Hyménoptères, établi par M. Nées von Esenbech (Hymenopt. Ichneumon. Affinia), reconnaissable surtout à des antennes eourtes, n'ayant que six articles. (Bl.)

*M YIOBIUS ( p-vra , mouche ; Gio's , vie ). ois. — M. G.-R. Gray (Gen. of Birds, 1840) donne ce nom à un groupe de Gobe-Mouches. (E. D.)

*MYIOCINCLA (p-vra, mouche; xîyxXoç, cincle ). ois. — Groupe de Merles, suivant M. Swainson (Nat. hist. of Birds, 1837).

*MYIODIOCTES (fW, mouche; Jt«xtïjç , persécuteur), ois. — Groupe de Fauvettes, Voy. sylvie. (E. D.)

*MYIOPHAGA (j*v~a, mouche; ?«>, je mange), ois. — Groupe de Merles, d'après M. Lesson (7Y. d'ornithol., 1831). (E. D.)

MYIOTHERA. dis. — Nom latin du genre Fourmilier. Voy. ce mot. (E. D.)

* MYIOTHÈRES. Myiothera. ois. — M. Ménétries a indiqué sous ce nom une famille d'Oiseaux correspondant à l'ancien genre Fourmilier des auteurs {Voy. ce mot), et il partage cette division en sept genres distincts, désignés sous les noms de Myioturdus, Myrmolhera , Myiothera ou Fourmilier , Leptorhynchus , Oxypyga , Malacorhynchus çlConophaga. Voy. ces divers articles.

Plus anciennement, Vieillot avait donné le même nom de Myiothères à une famille d'Oiseaux , comprenant les genres Platyrrhynque , Rollier , Conopophage , Gallite , Moucherolle, Tyran, Bécarde , Pythis et Ramphoçène. Voy. ces divers mots.

MYIOTHER1ÏMÉS. ois. — Voy. hyio-

TEÈRES.

*MYIOTLRDUS. ois. — Genre d'Oi-

seaux formé par M. Boié aux dépens des Fourmiliers. Voy. ce mot. (E. D.)

MYLABRIS. ins. — Genre de Coléoptères hétéromères , famille des Trachélydes, tribu des Vésicants, créé par Fabricius {Systema enlomolog . , p. 2G1 ), et adopté par tous les auteurs. Près de 150 espèces rentrent dans ce genre; nous citerons les suivantes : M. trifasciata , sidœ , lavaterœ , minuta, Capensis, punctum, ruficornis de F., oculata, cincta,variabilis, bipunctata, pusilla, sanguinolenta, flexuosa, scabiosœ, 20-punctata, 19punctata, pallipes, 6-maculala, 2-maculala 01 . On les trouve seulement dans trois parties du monde , l'Asie , l'Afrique et l'Europe , et elles remplacent avantageusement , dans la première , notre Cantharis vesicatoria. Ce sont des Insectes très difficiles à reconnaître comme espèces, en raison des variétés innombrables qu'elles présentent. Leurs larves ne sont pas encore décrites, maison sait qu'elles habitent sous terre, et vivent aux dépens des larves de certains Hyménoptères. (C.)

*MYLACÉPHALE..Mytacep/ia/us.TÉRAT.

— Genre de Monstres unitaires, de l'ordre des Omphalosites, de la famille des Acéphaliens. Voy. ce dernier mot.

*MYLACHIJS (p.u/.axoç, pierre arrondie).

ins. — Genre de Coléoptères tétramères, famille des Curculionides gonatocères, division des Cyclomides, créé par Schœnherr {Gen. et sp. Curculion. syn., t. VII, 1, p. 144 ) avec une espèce de Sibérie, nommée M. murinus par l'auteur. (C.)

*MYLANCHE, Wallr. {Orobanch., 75).

bot. ph. — Syn. d'Epiphegus, Nutt.

MYLESIS. ins. — Genre de Coléoptères hétéromères, famille des Mélasomes, tribu des Ténébrionites, créé par Pallas {Icônes), et établi avec le Tenebrio gigas de F., espèce originaire de Cayenne. (C.)

MYLETES. poiss.— Voy. bah.

*A1YLINUM, Gaudin (Flor. helvet., II, 344). bot. ph. — Synonyme de Selinum, Hoffm.

MYLIOBATES(p-w>/3, meule; Gxtoç, raie).

poiss. — Genre de l'ordre des Chondroptérygiens à branchies fixes, famille des Sélaciens, établi par M. Duméril aux dépens des Raies. G. Cuvier, qui adopte ce genre, le décrit ainsi {Règne animal, t. II, p. 600): Tête saillante hors des pectorales; celles-ci plus

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larges transversalement que dans les autres Raies. Mâchoires garnies de larges dents plates, assemblées comme les carreaux d'un pavé, et de proportions différentes. Queue très grêle, longue, terminée en pointe, armée d'un fort aiguillon dentelé en scie des deux côtés, et garnie vers sa base, en avant de l'aiguillon, d'une petite dorsale. Quelquefois il y a deux et plusieurs aiguillons.

Parmi les espèces de ce genre, les unes ont le museau avancé et parabolique. De ce nombre est celle désignée vulgairement sous les noms d'Aigle de mer, Mourine, Ratepenade, Bœuf, Pesce ratto, etc. (Raia aquîla L.). Ce Poisson habite la Méditerranée et l'Océan où il devient fort grand.

D'autres espèces ont le museau divisé en deux lobes courts, sous lesquels en sont deux semblables. Kuhl leur a appliqué le nom de Rhinoplera, généralement admis.

Le Myliobates marginala Geoffr. ( Raia quadriloba Less.) est la principale espèce de ce groupe. (M.)

*MYLL.<ENÀ (fjiwnatvw , faire des grimaces ). ins. — Genre de Coléoptères à 4 articles aux pattes antérieures et 5 aux postérieures, famille des Brachélytres, tribu des Oléochariniens, créé par Erichson (Gênera et sp. Slaphylinorum , p. 209). Il se compose des trois espèces suivantes : M. dubia, intermedia et minuta Er. ; elles se rencontrent par toute l'Europe, dans les détritus des marais. Ce sont de très petits insectes excessivement agiles. (C.)

*MYLLOCERUS (pv»o;, courbé ; xdpaç, antenne ). ins. — Genre de Curculionides gonatocères, division des Phyllobides, établi par Schœnherr (Disp. meth. , p. 178; Gen. et sp. Curcul. syn., t. II, p. 424-7, p. 3). Ce genre renferme 24 espèces; 19 appartiennent aux Indes orientales, 4 à l'Afrique, et 1 est originaire de l'Australie. Parmi ces espèces sont les C. viridanus, denlipes, dorsatus, curvicornisY., isabellinus Schcen., et Fabricii Guérin. (C.)

MYLOCARYUM, Willd. (Enum., 454).

bot. ph.— Syn. de Cliftonia, Banks.

MYLODON. paléont. — Voy. mégatbé-

RIOÏDES.

MYLŒCnUS (^v)y), meule; °î'x°f»' > courir), ins. — Genre de Coléoptères pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Scnphidites, créé par Latreille (Gênera Crus t.

et Ins., II, p. 30), et qui se compose des trois espèces suivantes : appendiculatus , bidentatus, serripes de Gyllenhal et Sahlberg. Toutes se trouvent dans l'Europe septentrionale. (C.)

*MYMAR. ins. — Genre de la famille des Mymarides , tribu des Proctolrupiens , de l'ordre des Hyménoptères, établi par M. Haliday, et adopté par la plupart des entomologistes. Les Mymar ont des antennes de treize articles dans les mâles, et de neuf dans les femelles, avec une massue sans divisions annulaires. Le type est le M. ovuloruw (Ichneumon ovulorum Lin.). (Su)

MYMARIDES. Mymandœ. ins. — Famille de la tribu des Proctolrupiens , de l'ordre des Hyménoptères, établie par M. Haliday, et caractérisée par des ailes étroites , quelquefois linéaires , élargies à l'extrémité en une petite spatule. Cette petite famille peut être divisée en deux groupes : les Mymarites, comprenant les genres Mymar , Anagyrus et Eustocus , dont les tarses ont quatre articles; et les Ooctonites , comprenant les genres Lytus, Ooctonus etAllaptus, dont les tarses ont cinq articles. (El.)

MYNOMES. mam. — Rafiuesque {Amer, mag. , 1808) a créé sous ce nom un genre de Rongeurs , auquel il donne pour caractères : Dents semblables à celles de l'Ondatra ; quatre doigts onguiculés aux membres postérieurs , et un pouce très court ; queue velue et déprimée.

Une seule espèce entre dans ce groupe : c'est le Mynomes 2^/afensisde Rafinesque, espèce qui habite la Pensylvanie, et qui est encore très imparfaitement connue. A. -G. Desmarest (Mamm.) et M. Harlan (Faun.

amer. ) pensent que l'on doit probablement r.-ipporter le M, pralensis à quelque espèce du genre Campagnol. (E. D.)

*MYOBIA {uvXa, mouche; Gioç, vie), ins.

— Genre de l'ordre des Diptères brachocères, famille des Musciens, tribu des Muscides, établi par M. Macquart (Histoire des Diptères; Suites à Buffon, t. II, p. 157), et dont les caractères essentiels sont : Corps étroit ; épistome saillant; style des antennes pubescent.

Ce genre renferme sept espèces qui toutes habitent la France et l'Allemagne (Myobiaflavipes, bicolor, etc.). Elles se reconnaissent facilement à la teinte plus ou moins

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jaunâtre de leur corps, de leurs antennes et de leurs pieds. Elles vivent principalement dans les souterrains creusés par les Hyménoptères fossoyeurs, et déposent leurs œufs sur les Insectes morts qu'ils ont destinés à nourrir leurs larves. (L.)

*MYOCEBUS (f*vÇt rat; xrîfoç, singe).

mam. — Groupe de Lémuriens correspondant au genre Myscebus de M. Lesson. (E. D.)

*MYOCERA :(p.vwv , partie charnue; XEpaç, antenne), ins. — Genre de Coléoptères subpentamères, tétramères de Latreille, famille des Cycliques, tribu des Gallérucites, formé par Dejean (Catalogue, 3e éd., p. 406) avec 3 espèces de l'Amérique méridionale, les M. prionocera, xanthodera et pallidicollis de l'auteur. La première est originaire de la Guiane française , et les deux autres se trouvent au Brésil. (C.)

*MYOCHROUS(av:, souris; xpw^«, couleur), ins. — Genre de Coléoptères subpentamères, tétramères de Latreille, famille des Cycliques, tribu des Colaspidcs (Chrysomélines de Lat. ), créé par nous et adopté par Dejean (Catalogue, 3e édit., pag. 438), qui en cite les trois espèces suivantes : M. sordidus, anobioides et melancholicus Dej.; on trouve la seconde aux États-Unis, et les deux autres sont originaires deCayenne. (C.)

MYOCONQUE. Myoconcha (^X, mye; xôyxv), coquille ). moll. — Genre proposé par Sowerby, comme intermédiaire entre les Moules ou Modioles et les Conques, pour une coquille bivalve fossile des terrains oolitiques. Cette coquille, en effet, équivalve et oblique, a la forme d'une Modiole , mais elle a deux impressions musculaires assez grandes , une grande dent cardinale oblique sur la valve gauche , et un ligament tout-à-fait extérieur et saillant. L'impression palléale ne présente pas de sinus. L'espèce type de ce genre est la M. crassa. (Duj.)

*MY0C0RY1VA (p.vwv , excroissance de chair; xopvvn, massue), ins. — Genre de Coléoptères subpentamères, tétramères de Latreille, famille des Cycliques, tribu des Chrysomélines, formé par Dejean (Catalogue, 3e édit., p. 428) cVec une espèce du Mexique : la M. eumolpoides Dej. (violacea Ch.).

*MYODA. bot. ph. — Genredela famille des Orchidées-Néottiées, établi par Lindley

(in Wallich Calalog., n. 7390). Herbes de l'Inde. Voy. orchidées.

MYODAIRES. Myodariœ. ins.— M. Robineau-Desvoidy a établi (Mém. des savants étrangers de l'Académie des sciences de Paris , t. II), sous le nom de Myodaires, Myodariœ, un nouvel ordre d'Insectes formé aux dépens du grand genre Musca de Linné, et correspondant presque entièrement au genre Musca des premières éditions de Fabricius ou à la famille des Muscides de Latreille , en en retranchant néanmoins les genres Diopsis, Scenopina et Achias.

Les caractères assignés aux Myodaires par < M. Robineau-Desvoidy sont les suivants : Trompe molle, univalve, coudée à la base, renfermant dans une gouttière supérieure un suçoir composé de deux filets; toujours deux palpes supérieurs; rarement deux ou quatre palpes inférieurs; antennes insérées au-dessus du péristome , toujours formées de trois articles, dont le dernier, ordinairement le plus développé, reçoit toujours sur son dos une soie composée de trois articles plus ou moins apparents; cuillerons souvent très développés; anus des femelles terminé par une tarière intérieure ou externe dans les races destinées à perforer. Larves apodes ayant la bouche armée de deux crochets, et vivant de substances liquides végétales ou animales. Nymphe inactive, à coque opaque, en barillet , et ne montrant aucune partie de l'insecte parfait. La trompe apparente des Myodaires les sépare nettement d'avec les OEstrides, qui n'ont que des rudiments de cet organe; leur suçoir, formé de deux soies , les distingue des Syrphies , qui ont quatre soies; enfin la soie antennaire, insérée sur les côtés ou sur le dos du troisième article, empêchera toujours de les confondre avec les Stratyomydes , qui ont cette même soie continue avec le troisième article , et étagée ou annelée.

M. Robineau-Desvoidy a pris pour bases de sa classification divers caractères tirés des cuillerons, des antennes, delà forme et de la disposition du péristome, etc. ; et il a combiné ces divers caractères avec les mœurs et la manière de vivre des Insectes qu'il étudie.

Le nombre des espèces décrites par M. Robineau-Desvoidy , dans son Essai sur les Myodaires, était de plus de 3,000 , et ce

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nombre sera encore beaucoup plus considérable dans le travail sur les Myodaires des environs de Paris, qu'il publie dans ce moment-ci dans les Annales de la Société entomologique de France.

La classification des Diptères adoptée dans cet ouvrage n'est pas celle de M. Robineau- Desvoidy ; toutefois il sera parlé des familles et des genres formés par ce savant entomologiste à chacun de leurs mots alphabétiques, et nous renvoyons , pour plus de détails sur les Myodaires, aux neuf familles qui forment cet ordre, et que M. Robineau-Desvoidy désigne sous les noms de Calyptérées , Méso-

MYDES , MALACOSOMES , AciPHOCÉES , PALOMY- DES, NaPÉELLÉES, PHYTOMYDES , MlCROMYDES

et Muciphorées. (E. Desmarest.)

*MYODERMA (pîç, souris ; <%*«, peau). ins. — Genre de Coléoptères pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides mélitophiles, formé par Dejean {Catalogue, 3e édit., pag. 187), et adopté par Burmeister ( Handbuch der entomologie ). Deux espèces du Sénégal rentrent dans ce genre , les M. alutacea Schr. {sordida Gr. P. ) et fuliginosa Dej. (C.)

*MYODES. mam.— Pallas {loogr. Rosso- Asiat., I, 1811 ) applique cette dénomination à un groupe de Rongeurs de la division des Rats. Voy. ce mot. (E. D.)

MYODES ou MYODITES fatiSn, musculeux). ins. — Genre de Coléoptères hétéromères, famille des Trachélydes , tribu desMordellones (Rhipiphorites de Laporte), créé par Latreille (Nouv. Dictionn. d'hist. nat., Déterville, t. XXII, p. 131). Il ne se compose que de trois espèces : M. subdipterus F. {Dorthesti Lat. ), Americana Guer. (Lecontei Dej.), et Lesueuri Dejean. La prejmière est originaire de la France méridionale, et les deux autres proviennent des jEtats-Unis. Les antennes sont en éventail ■ dans les deux sexes. (C.)

MYODOCHUS. ins. — Genre de la tribu des Réduviens, de l'ordre des Hémiptères :hétéroptères, établi par Latreille. L'espèce 'type, le Myodoque serripède , Myodochus scrripes, Latr., se trouve dans toute l'Amérique septentrionale.

*MYOGALEA. mam.— Synonyme de Mygale. Voy. l'article desman. (E. D.)

*MYOGALI\A. mam. — M. Charles Bonaparte ( Synops. y 1837 ) donne ce nom à

une division des Insectivores comprenant le genre Desman. Voyez ce mot. (E. D.)

*MYOGALUM. bot. ph. — Genre de la famille desLiliacées-Hyacinthées, établi par Link (Handb., I, 16i). Herbes bulbeuses, abondantes dans les régions centrales et australes de l'Europe. Voy. liliacées.

MYOLOGIE. Myologia. anat. — On fait dériver ce mot de mus , qui veut dire souris, et de (jivnv, mouvoir; ou mieux de u.vwv, muscle, et de Xoyos, discours : partie de l'anatomie qui traite des muscles. Il ne sera question dans cet article que de la Myologie au point de vue des généralités seulement, ne voulant pas entretenir le lecteur des descriptions innombrables et fastidieuses relativement aux divers muscles qui peuvent entrer dans la composition d'un animal, surteutdans de celle d'un vertébré. Toutefois, nous indiquerons avec soin, et d'après une planche très exacte de ce Dictionnaire, tous les muscles superficiels de la région antérieure du corps humain ; cette simple description suffira pour donner une idée précise de l'anatomie descriptive. Plus de détails à ce sujet, et des connaissances plus précises en Myologie , rentreraient dans le domaine de la médecine et plus encore dans celui de la sclérotomie, science toute nouvelle, dont M. J. Guérin a, le premier, posé les bases en établissant la chirurgie sous-cutanée. A part donc l'application qu'on peut faire de la Myologie, envisagée sous certains rapports , à l'art de guérir , ce qu'il y a de plus utile à connaître dans l'étude des muscles c'est assurément la direction dans laquelle leurs fibres se raccourcissent et s'allongent alternativement sous l'influence d'un stimulus vital ou de l'irritabilité musculaire. Mais de quelle nature est cette irritabilité, et d'où vient-elle? Suivant M. Straus, les fibres musculaires sont articulées et composées de petites plaques pliées trois fois sur elles-mêmes , et chaque fibre serait une espèce de pile galvanique formée de subtance musculaire et de sublance nerveuse. Le raccourcissement de la fibre serait produit par l'attraction de ses deux éléments, chargés chacun d'une électricité contraire. Quoi qu'il en soit de ces explications ingénieuses, toujours est-il que l'élément nerveux accompagne constamment la fibre musculaire, en sorte que la présence de celle-ci

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implique nécessairement celle de l'autre. D'après cela , tous les muscles se trouvent sous la dépendance d'un principe nerveux qui se transmet à l'aide d'une substance blanchâtre , revêtant diverses formes, et qui détermine le plissement en zigzag de la fibre musculaire. Seulement ce même principe de l'irritabilité qui préside au mouvement vital des muscles est tantôt soumis à la volonté de l'être et tantôt indépendant d'elle. C'est une même cause produisant souvent des effets bien distincts, la contractilité volontaire d'une part et la contractiîité involontaire de l'autre. De là cette distinction admise par les anatomistes de muscles volontaires ou de la vie animale, et de muscles involontaires ou de la vie organique. Les premiers reçoivent, chez les animaux d'une organisation élevée, des nerfs qui sont en rapport immédiat avec l'axe cérébro-spinal , et qui leur transmettent le plus souvent la sensibilité et le mouvement volontaire. Les seconds , chez ces mêmes animaux, reçoivent la majeure partie de leurs nerfs des masses ganglionnaires distribuées par groupes dans l'abdomen , le thorax, etc., et ces nerfs leur transmettent le principe d'une sensibilité obtuse en même temps que celui d'un mouvement qui n'est plus sous la dépendance du moi , ou de cet empire que l'âme exerce sur le système nerveux de la vie de relation. Mais si les muscles de la vie animale et ceux de la vie organique se trouvent, chez l'homme et la plupart des vertébrés , sous la dépendance de deux systèmes nerveux bien distincts l'un de l'autre, quoique communiquant toujours ensemble par des anastomoses, il n'est plus possible, chez les invertébrés en général , d'assigner une source distincte au principe de l'irritabilité musculaire. La disparition de l'axe cérébro-spinal chez la plupart d'entre eux ne permet plus de préciser quelle est l'origine des nerfs de la vie animale et celle de la vie organique. On serait même tenté de croire , d'après ce qui se passe dans la formation de l'organisme,que lecerveauetla moelle allongée venant à manquer, ce serait le système nerveux viscéral qui en remplirait les fonctions chez les invertébrés. Cependant la dégradation du grand sympathique chez les classes inférieures des vertébrés eux-mêmes est assez

significative, il nous semble, pour ne pas laisser le moindre doute sur la réalité des faits , et pour faire admettre que le contraire a lieu. C'est donc des masses nerveuses correspondantes aux ganglions rachidiens qu'émaneraient chez les invertébrés le mouvement volontaire, le mouvement involontaire et la sensibilité. On trouvera à l'article système nerveux tous les détails nécessaires à ce sujet. Pour le moment, il nous suffit d'établir ici que la contractilité volontaire et la contractilité involontaire des muscles en général trouvent leur source de mouvement et de sensibilité dans le système nerveux ganglionnaire, symétrique ou rachidien , et que le système ganglionnaire asymétrique , viscéral ou grand sympathique , fraction plus ou moins modifiée du premier, préside plus spécialement au mouvemeut involontaire de certains muscles, sans toutefois cesser de leur transmettre la sensibilité.

La preuve de tout ceci, c'est qu'en effet certains muscles involontaires de l'homme et de plusieurs animaux obéissent dans d'autres à la volonté ; tel est , par exemple, l'estomac des Ruminants, dont les mouvements se dirigent à leur gré dans deux sens différents. D'autres muscles paraissent d'une nature mixte; ce sont ceux de la respiration, indépendamment de cela, tout le monde sait que les passions violentes agissent sur les muscles involontaires, que la volonté a dans les maladies nerveuses qui paraissent avoir le moins de rapport avec les passions, du moins avec celles qu'on peut ressentir dans le moment, le pouvoir d'en empêcher les accès lorsqu'on prend sur soi d'y résister avec fermeté. Il n'est pas jusqu'aux mouvements du cœur qui n'aient pu par la volonté être suspendus. Bayle, au dire de Ribes, et un capitaine anglais avaient ce pouvoir porté à un haut degré. Que si nous écartons, d'après cela, la distinction établie par les anatomistes entre les muscles volontaires et les muscles involontaires , le cadre que nous nous sommes tracé d'avance, de n'envisager la Myologie qu'au point de vue des généralités , n'en sera que plus précis. Nous avons donc à examiner actuellement dans cet article quels sont les caractères essentiels, différentiels et fontionnels des muscles.

Tout muscle, et nous entendons par là

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des organes plus ou moins rouges ou blanchâtres , charnus , fibreux et éminemment contractiles , est composé de faisceaux minces, de filaments rangés les uns à côté des autres (1). Les fibres le plus déliées que nous puissions apercevoir ne paraissent point creuses, et il semble qu'on peut les regarder comme les réunions les plus simples des molécules essentielles de la substance charnue. Les éléments de la subtance fibreuse paraissent tellement rapprochés dans le sang qu'il suffit d'un peu de repos pour qu'il se coagule. Les muscles semblent être les seuls organes capables de séparer cette matière de la masse du sang et de se l'approprier. Le fluide blanc qui tient lieu de sang chez un grand nombre d'animaux contient égalementde la fibrine ; mais celle-ci neseprend pas en caillot etses filaments, d'après Hombert, nagent seulement dans le sérum. On attribue généralement la production de la fibrine aux phénomènes de la respiration, et l'on croit que cette substance entretient l'irritabilité musculaire. Cependant, quoiqu'il n'y ait point d'irritabilité sans fibrine, cette propriété ne se manifeste point dans la fibrine pure, isolée et hors de l'agrégation organique; elle ne la conserve que dans l'état de vie, et tant que subsistent, comme nous l'avons dit, ses connexions naturelles avec les nerfs d'une part et les vaisseaux de l'autre. Les animaux qui n'ont point de nerfs distincts et séparés n'ont point non plus de fibres charnues visibles. Dans ce cas l'irritabilité et la sensibilité ne paraissent point exclusivement attribuées chez eux à des systèmes

(0 Suivant Bauer et Home , la fibre musculaire se compose ieparticules du sang dépourvues de matière colorante, et dont les globules centraux se sont réunis en filaments ; telle •st l'opinion de Béciard et de MM. Prévost, Dumas et Miluc Edwards Ces fibres ont la même grosseur et la même forme ilans tous les muscles. M. Dutrocliet, en parlant de la formation de la fibre musculaire, dit que si l'on jette quelques gouttes de sang dans de l'eau légèrement alcaline , par laquelle les globules soient dissous, que l'on place sur une lame de verre un peu de cette eau, et qu'on la mette convenablement en rapport avec les deux pôles d'une pile voltaique, on voit bientôt, à l'aide du microscope, se former des fibres musculaires qui se contractent de la manière connue. Turpin, qui a répété les expériences de M. Dutrocliet, n'a point obtenu les mêmes résultats. Suivant M. Raspail , l'arrangement des molécules élémentaires du tissu musculaire est fort différent de celui qui a été indiqué par les auteurs ; la vésicule organique élémentaire du muscle résulterait de -« combinaison de l'iiydrogene , de l'oxygène et du carbone.

particuliers d'organes. Ces sensations sont dues à un principe nerveuy resté diffus dans l'organisation et en rapport avec un tissu fibreux élémentaire.

Les choses qui excitent occasionnellement les fibres à s'irriter sont, d'après Cuviert de cinq ordres : la volonté des actions extérieures dirigées sur les nerfs, les actions ex« térieures dirigées sur la fibre elle-même, les actions mixtes dans lesquelles on opéra sur les nerfs et sur la fibre , et enfin cer* tains états maladifs ou certaines passion! violentes. Les fibres musculaires du cœuf et celles des intestins se contractent parca qu'elles sont sans cesse exposées à l'action d'une cause irritante de l'ordre des extérieures, le sang d'une part et les aliments de l'autre. Un muscle également qui serait exposé à nu à l'action de causes irritantes se contracterait indépendamment de toute participation de la volonté. Mais si un nerf principal est coupé, ou lié fortement , les muscles auxquels il se distribuait n'obéissent plus à la volonté, et cessent bientôt de se contracter. A la vérité, on peut, en excitant un tronc nerveux qui tiendrait à un muscle séparé du corps, déterminer des mouvements convulsifs et produire cet effet même après la mort; mais cette imitation de la volonté ne saurait être ni complète ni durable surtout. Les expériences galvaniques rendent très probable que l'action des nerfs sur les muscles s'opère à l'aide d'un fluide invisible qui change de nature ou de quantité sur la fibre, dans des circonstances déterminées.

Les convulsions galvaniques ne peuvent donc être rapportées qu'à un changement d'état intérieur du nerf et de la fibre , à la production duquel ces deux organes concourent. On a même, dans les sensations galvaniques qui arrivent sur le vivant, la preuve que ce changement d'état peut avoir lieu dans le nerf seul , soit qu'il consiste en un simple mouvement de translation , ou en une décomposition chimique. La fibre serait donc simplement passive dans ces contractions ; mais il faudrait toujours reconnaître qu'elle est la seule partie du corps constituée de manière à recevoir cette sorte d'impression de la part du nerf, car des nerfs se distribuent à une multitude d'autres parties sans leur communiquer la moindre ap-

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parence d'irritabilité (1). Les muscles sur lesquels la volonté a perdu son empire par \ leur paralysie ou par la ligature d'un tronc nerveux peuvent également obéir aux stimulants extérieurs galvaniques ou autres, parce que le nerf, dans cet état, conserve la faculté de produire ou de transmettre le fluide qui doit faire contracter la fibre. Au 1 reste, tout prouve que l'action des nerfs sur la fibre n'emporte pas nécessairement conscience et sensation. Cela se voit par les exemples de membres insensibles qui ne laissent pas de se contracter sous l'influence des stimulus , et par ceux des viscères qui sont dans un mouvement continuel en nous sans que nous nous en apercevions. Un nerf coupé et réuni ensuite, d'après Arnemann , a pu recouvrer la faculté de transmettre le mouvement volontaire et non celle de la sensibilité. Au surplus, les nerfs paraissent pouvoir exercer par leur propre substance la partie purement physique de leurs fonctions; et si celles-ci dépendent d'un fluide, ce fluide doit pouvoir naître de tous les points de la substance médullaire.

Pour reconnaître l'action des derniers filets nerveux sur la fibre musculaire , et pour distinguer au besoin une artère d'un petit nerf, M. de Humboldt a imaginé un moyen fort simple et très ingénieux en même temps. Il se sert d'une aiguille d'or et d'une d'argent, qu'on applique, l'une au muscle, l'autre au filet dont on veut reconnaître la nature , et qu'on fait toucher par leur autre extrémité. Si c'est un nerf, les contractions doivent s'ensuivre : autrement il n'y a point de résultat obtenu. D'après cela, et d'après ce que nous avons dit plus haut , il est bien reconnu que le concours du nerf est nécessaire pour produire

(i) Pourtant, et d'après les expériences que vient d'entreprendre M. Mandl sur le système nerveux , on pourrait concevoir que des tissus non fibreux seraient mus par la contraction propre du nerf lui-même , puisqu'il a aperçu sur des nerfs de la sangsue, bien dépouillés de leur enveloppe noirâtre et isolés du corps de l'animal, des contractions vitales qui rappellent complètement celles des fibres musculaires. A la vérité, l'auteur ajoute que ces contractions de nerfs n'ont pas pu être constatées toujours ; il régnerait , même à cet égard, des variétés individuelles. Les nouvelles expériences que M. Mandl se propose d'entreprendre soit pour constater ce fait, soit pour connaître les stimulants qui pourront augmenter ou diminuer les contractions des fibres nerveuses, nous paraissent donc nécessaires , et doivent précéâer l'adoption d'un fait qui aurait une importance physiologique marquée s'il était démontré.

la contraction de la fibre, et que , de son côté, la fibre charnue paraît seule, jusqu'à présent , susceptible de subir cet effet de la part du nerf.

Les muscles, qui sont, en quelque sorte, réduits à un état rudimentaire dans les animaux inférieurs, deviennent de plus en plus nombreux dans les classes plus élevées, et forment, dans les Vertébrés surtout, la plus grande partie de la masse du corps. Ensuite, quant à l'action de ces fibres, voici ce qu'on observe : au moment de la contraction , le muscle se raccourcit; quelques anatomistes ont pensé qu'il éprouvait alors une diminution de volume; d'autres, au contraire, ont nié ce fait. Il est très probable pourtant, d'après les expériences de MM. Prévost et Dumas, Barzoletti, Mayo, etc. , que le muscle ne change point de volume, et que le gonflement qui existe est l'effet du raccourcissement des fibres. La contraction des muscles produit aussi un endurcissement momentané de leur tissu, qu'on ne saurait attribuer à l'affluence plus grande du sang pendant que les fibres se raccourcissent. Au moment de l'action contractile des muscles , les fibres sont agitées d'un mouvement continuel résultant de leur inégal raccourcissement; c'est à ce mouvement qu'on a donné le nom d'agitation fibrillaire, et qu'est dû le bruissement particulier qu'on entend, soit à l'aide du stéthoscope , soit en appliquant l'oreille sur un muscle qu'on fait mouvoir. La contraction est quelquefois très rapide dans un muscle , et sa force peut déterminer alors la rupture des parties les plus résistantes du corps, telles que des tendons des os, etc. On peut, d'après le docteur Rameaux, évaluer la force d'un muscle, lorsque celui-ci se contracte lentement , d'après le poids le plus lourd que cet organe puisse soutenir; mais comme toute force peut être représentée par une certaine masse multipliée par la vitesse, la force d'un muscle sera égale à sa puissance multipliée par la vitesse de contraction. D'où l'on voit que dans toutes les circonstances où un muscle se contractera avec une extrême vitesse , la force de cet organe augmentera avec ce facteur , et pourra même devenir prodigieuse. C'est donc à la vitesse de contraction des muscles et non à la puissance de contraction qu'il faut attribuer les ruptures de certains

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tendons et de différents os. Ce qui vient à l'appui de cette opinion , c'est que les ruptures se font non pas dans de grands efforts à soutenir, mais dans des mouvements automatiques, brusques, rapides, comme dans ceux qui ont pour but de prévenir unechute, d'éviter un choc, etc. Quant à l'étendue de la contraction , considérée dans le tissu luimême , elle est relative à la longueur des fibres musculaires; l'on a évalué, d'après des expériences directes , qu'une fibre contractée se raccourcissait d'un quart de sa longueur environ. Il est d'observation également que l'irritabilité musculaire est généralement diminuée par le froid ou la chaleur portée à un haut degré, de même que par l'application immédiate de l'opium et de quelques autres substances. Enfin la distension d'un muscle peut empêcher son action; son raccourcissement l'influence bien moins.

La contraction trop prolongée des muscles cause une sensibilité douloureuse , et lorsqu'elle a été longtemps continuée , la fatigue, ainsi poussée à l'extrême, détermine un épuisement général , qui entraîne invinciblement à un repos absolu. Ce repos alors devient indispensable, si l'on ne veut point courir de grand danger pour la vie. Indépendamment des généralités que nous venons d'exposer, les muscles sont encore, au point de vue d'autres considérations, l'objet de toute l'attention des anatomistes et des physiologistes. C'est ainsi que chez l'homme on a remarqué que les muscles sont disposés suivant des inclinaisons variées, juxtaposés par leurs faces , séparés ou groupés , ou isolés les uns des autres par des enveloppes aponévrotiques ; qu'il y en a de longs, de larges et de courts ; que Ici premiers , qui sont aussi les plus superficiels du corps, diminuent graduellement de la superficie vers la profondeur; que les seconds forment les parois mobiles des cavités abdominales, thoraciques et crâniennes, et que les troisièmes occupent toujours le voisinage des articulations. Relativement au volume des muscles , il s'exerce dans les limites les plus étendues, depuis les fibrilles microscopiques des osselets de l'ouïe et autres, jusqu'aux vastes faisceaux du grand fessier. Le volume qui dépend de la quantité de fibres est, comme nous l'avons déjà dit, un indice de la force

proportionnelle des muscles dans un même sujet : ainsi les muscles longs, dont une dimension l'emporte de beaucoup sur les deux autres , sont relativement les plus faibles ; les muscles courts, dont les trois dimensions se rapprochent, sont, au contraire, les plus forts.

La couleur des Muscles présente également chez l'homme des différences individuelles et des différences entre eux dans un même sujet. Elle est d'un rouge violacé chez les sujets bruns , d'un rouge sanguin dans les individus châtains, et d'un rouge jaunâtre chez les blonds fades. Dans un même sujet, les muscles à fibres courtes, fines et serrées , sont plus colorés que ceux dont les fibres sont larges et moins adhérentes entre elles. En général, les muscles des membres sont plus colorés que ceux du tronc, et ceux de la face les plus pâles.

L'étude de la Myologiea été portée si loin chez l'homme , que l'on a été même jusqu'à compter les muscles du corps. C'est ainsi que Chaussier en a trouvé 374 , bien qu'il soit impossible , dans un sujet aussi arbitraire, d'offrir un résultat non contestable, les mêmes faisceaux, plus ou moins confondus par l'une de leurs attaches, étant considérés par quelques anatomistes comme un seul muscle, et par d'autres comme autant de muscles différents. A part ces difficultés, il n'est pas rare de rencontrer des variétés et des anomalies dans leur nombre et dans leur situation ; tel est, par exemple, le fait d'un muscle sternal antérieur que nous avons rencontré très développé sur un fœtus de 4 mois et demi, parfaitement conformé du reste, et ceux de tant d'autres cités par les divers auteurs anciens et modernes.

Les muscles, ayant pour objet le mouvement, sont prodigués dans les parties les plus actives et où des forces opposées sont nécessaires ; aux membres ils sont multipliés dans de petits espaces , tandis que quelques uns, très étendus, suffisent pour les vastes parois du tronc. Leur nombre aussi n'est pas en rapport avec celui des os ; un seul muscle recouvre le crâne où se trouvent huit os, et par opposition l'avantbras, pour deux os, compte vingt muscles; un seul os, le fémur, fournit des attaches à vingt-deux de ces organes. Par rapport aux

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deux moitiés du corps, les muscles sont en nombre pair. Il n'y en a d'impairs que sur le plan moyen; encore sont -ils formés de deux moitiés symétriques. Indépendamment de la partie charnue , les muscles offrent dans leur structure des parties tendineuses et aponévrotiques qui lui sont accessoires. Les premières terminent les muscles longs , en s'implantant sur les os , les secondes se fixent par leurs bords. L'insertion oblique des fibres musculaires donne lieu à diverses Combinaisons : tantôt un tendon mitoyen reçoit des fibres obliques des deux côtés , ou Un tendon latéral en reçoit d'un seul côté ; dans le premier cas le muscle est dit penniforme, et dans le second semipenniforme. Lorsqueles fibres entrecoupées d'aponévroses convergent d'une circonférence vers le tendon commun , elles forment un muscle rayonné, etc., etc.

Le lieu occupé par un muscle et les obliquités qu'il présente par rapport aux divers plans sont , comme nous l'avons déjà dit, avec les attaches, les circonstances les plus importantes à considérer sous le point de vue physiologique, puisqu'elles déterminent ses usages. En général , les faisceaux charnus situés dans un même plan, par rapport aux articulations qu'ils font mouvoir, ont des usages analogues. Les muscles de l'avant-bras sont presque tous fléchisseurs en avant, extenseurs en arrière, pronateurs en dedans, et en dehors supinateurs. La direction d'un muscle est représentée par une ligne passant au milieu de ses attaches, et qui indique la résultante moyenne de ses forces. L'inclinaison de cette ligne par rapport aux divers plans ou à l'axe des os, en même temps qu'elle fixe la situation relative d'un muscle, fait préjuger des moindres particularités de ses usages et de l'intensité de son action, proportionnellement à son volume et au mode plus ou moins avantatageux d'implantation de ses fibres. Considérée sous le point de vue des forces, la direction offre des applications variées. La plupart des muscles s'insèrent obliquement sur des os, sur des angles variés. Les longs muscles superficiels des membres , presque parallèles aux leviers qu'ils font mouvoir, perdent beaucoup de leur puissance par le désavantage de leur direction. Les muscles courts sont en général dans des conditions

inverses. Enfin, dans beaucoup de muscles, la direction première est plus ou moins modifiée par les saillies articulaires , et dans quelques uns par la réflexion de leurs tendons dans des coulisses ou des poulies spéciales. Pour ce qui est relatif ensuite aux connexions des muscles , il est évident , comme nous l'avons déjà dit, que cette partie de la Myologie n'a de l'importance qu'au point de vue chirurgical ; aussi éviteronsnous d'en parler ici d'une manière spéciale, devant surtout entrer dans quelques détails arides d'anatomie descriptive.

Muscles de la face. — Voy. planche 2 des Mammifères.

Ces muscles sont tous groupés autour des ouvertures naturelles de la région antérieure de la tête, et peuvent se réduire, d'après M. Cruveilhier, à des dilatateurs et à des constricteurs ; l'orifice des fosses nasales est seul dépourvu de ce dernier. Les paupières devant s'ouvrir et se fermer en masse, les narines devant rester habituellement ouvertes, la peau qui forme ces ouvertures est doublée dune lame cartilagineuse , qui lui donne la tension, la résistance et l'élasticité dont elle avait besoin; et c'est à cette lame cartilagineuse que s'insèrent les muscles. A l'orifice de la bouche nous ne trouvons rien de semblable; les muscles s'insèrent à d'autres muscles.

Orbiculaire des paupières. — Ce muscle {voy. la planche 2), qui constitue en grande partie l'épaisseur des paupières, est un véritable sphincter, et comme tous les muscles de cette espèce, il est composé de fibres circulaires. Mais par une exception toute spéciale, il existe pour ce muscle un tendon d'origine extrêmement remarquable, tendon direct du muscle orbiculaire, appelé aussi Ugament palpébral, qui s'insère sur l'apophyse montante de l'os maxillaire, au-devant de la gouttière lacrymale. Ce tendon, aplati d'avant en arrière, se bifurque; chaque extrémité libre se fixe sur le cartilage tarse correspondant et constitue avec eux l'angle interne des paupières. Les fibres qui partent de ces tendons sont de deux ordres, les unes plus antérieures qui entourent la base de l'orbite, les autres plus centrales ou palpébrales qui sont destinées à l'une et à l'autre paupière; d'où la distinction entre les muscles orbiculaires et

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les muscles ciliaires ou palpébraux. L'orbicuiaire des paupières est en rapport antérieurement avec la peau, à laquelle il adhère par du tissu cellulaire séreux très susceptible d'infiltration, et par sa face postérieure avec le sac lacrymal, le muscle sourcilier, l'arcade orbitaire, l'os malaire, le muscle temporal (n° 1, planche 2), les attaches supérieures des muscles grand zygomatique , élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure, élévateur propre. Il est séparé de la conjonctive par une membrane fibreuse et par les cartilages tarses. Les fibres qui constituent l'orbiculaire tendent dans leur contraction à se rapprocher du centre ; mais comme elles trouvent un point d'appui dans le tendon de ce muscle , il en résulte qu'en même temps qu'il se resserre, tout l'orbiculaire éprouve une sorte de projection de dehors en dedans. Quant à la portion palpébrale, elle se contracte indépendamment de la portion orbiculaire ; de plus, la portion palpébrale est habituellement involontaire, tandis que celle de la portion orbiculaire est soumise à la volonté. La contraction de l'orbiculaire détermine l'occlusion de l'œil.

Pyramidal. — Ce muscle est une dépendance du frontal qui longe le dos du nez sur les côtés de la ligne médiane. Il est recouvert par la peau, à laquelle il adhère intimement, et il s'applique sur l'os propre du nez et le cartilage latéral qui lui fait suite. Ce muscle peut être élévateur de l'aile du nez , ou abaisseur de l'angle interne du sourcil , suivant qu'il prend un point d'appui sur l'une ou l'autre de ses extrémités. Dans l'un comme dans l'autre cas, il concourt beaucoup a l'expression de la physionomie.

Élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure. On voit ce muscle à la partie interne du bord de l'orbiculaire des paupières (Voy. pi. 2) ; il est mince, triangulaire. Son insertion supérieure se fait sur l'apophyse orbitaire interne du frontal ; de là il se porte un peu obliquement en bas et en dehors , et se termine en partie au cartilage de l'aile du nez, ou plutôt à la peau très dense qui le revêt , et en partie à la peau qui correspond à la lèvre supérieure. Le muscle élève à la fois l'aile du nez et la lèvre supérieure; il joue un grand rôle

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dans les cas de gêne de la respiration , et a été désigné par quelques anatomistes sous le nom de muscle respirateur de la face. Il concourt même beaucoup à l'expression de la physionomie; c'est le muscle du dédain.

Transversal ou triangulaire du nez. Ce petit muscle s'étend de la partie interne de la fosse canine jusque sur le dos du nez. Quoique très petit, il a été représenté sur la pi. 2 des Mammifères. Recouvert par la peau, à laquelle il est intimement uni, et par l'élévateur commun , dont nous venons de parler, le transversal du nez recouvre le cartilage de l'aile et un peu le cartilage latéral du nez. L'action de ce muscle est presque nulle chez l'homme.

Orbiculaire des lèvres. C'est le sphincter de l'ouverture buccale; il constitue essentiellement la charpente musculeuse des lèvres; il est composé de deux, demi-orbiculaires formés chacun par une demi-zone de faisceaux, se terminant de chaque côté aux commissures de la bouche. Les fibres qui entrent dans la composition de ces muscles ne se continuent point entre elles au niveau des commissures; elles s'y en tre-croisent seulement , et se continuent: celles du demi-orbiculaire supérieur avec les fibres inférieures du buccinateur, celles du demiorbiculaire inférieur avec les fibres supérieures du buccinateur. L'orbiculaire des lèvres est en rapport avec la peau d'une part, et de l'autre avec les glandes labiales et la muqueuse buccale. 11 sert à l'occlusion de la bouche, à la préhension des aliments par succion, et joue un grand rôle dans l'expression faciale.

Buccinateur. Ce muscle constitue la joue proprement dite; il est large, mince, irrégulièrement quadrilatère ; il s'insère à la face externe de l'arcade alvéolaire supérieure, à la face externe également de l'arcade alvéolaire inférieure. En arrière, les fibres naissent d'une aponévrose qui s'insère, d'une part, au sommet de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde; d'une autre part, à l'extrémité postérieure de la ligne oblique interne. De ces diverses origines , les fibres charnues se portent toutes d'arrière en avant , et vont se confondre, comme nous l'avons dit plus haut, avec l'orbiculaire des lèvres. Le buccinateur est en rapport avec le masséter(n° 2), qui le recouvre

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en partie, un peu avec le temporal (n° 1), avec les zygomatiques, le canin et le triangulaire des lèvres. Le conduit salivaire longe le buccinateur avant de le traverser. Ce muscle recouvre la muqueuse de la joue dont il est séparé par une couche épaisse de glandules buccales. Il est l'antagonisme le plus direct du muscle orbiculaire des lèvres. Ainsi Je premier eiïet de la contraction de ses fibres est de devenir droites ou de tendre à devenir droites; les corps gazeux, liquides et solides sont expulsés brusquement de la bouche lorsque le muscle orbiculaire des lèvres n'y oppose aucun obstacle, ou graduellement lorsque ce muscle contracté ne cède que peu à peu. 11 suit de là que le buccinateur remplit un rôle essentiel dans le jeu des instruments à vents , d'où lui vient son nom de buccinare, sonner de la trompette. Dans la mastication, il remplit un usage non moins important, en repoussant les substances alimentaires entre les dents, et les chassant de l'espèce de gouttière qui existe entre les joues et les arcades alvéolaires.

Élévateur propre de la lèvre supérieure. Ce petit muscle quadrilatère s'insère à la base de l'orbite , en dehors de ^'élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure, et va de là se perdre dans l'épaisseur de la peau qui recouvre la lèvre supérieure. Dans les animaux à moustaches , les fibres de l'élévateur propre s'insèrent sur le bulbe des poils; aussi a-t-on nommé le muscle en question moustachier. Il est chez l'homme recouvert par l'orbiculaire des paupières, la peau, du tissu cellulaire, etc., et il recouvre les vaisseaux et nerfs sous-orbitaires , au moment où ils sortent du canal osseux dit maxillaire supérieur. li élève la lèvre supérieure, en la portant un peu en dehors.

Grand et petit zygomatique. Il y a le plus souvent un muscle de ce nom ; sur le sujet qui a servi de modèle pour la planche , il en existait deux; ce sont des languettes charnues, cylindriques, étendues de l'os malaire, ou de la pommette, à la commissure des lèvres. Les zygomatiques sont placés sous la peau des joues, ils sont recouverts en haut par l'orbiculaire des paupières. Ils portent la commissure des lèvres en haut et en dehors. Congénères du canin dans l'élévation

de cette commissure, ils sont leurs antago*. nistesdans le mouvement en dehors. Quand ces muscles se contractent en même temps, les effets opposés se détruisent, et la commissure est élevée directement.

Triangulaire ou abaisseur de l'angle des lèvres. Ce muscle naît d'abord de la mâchoire inférieure à côté de la ligne médiane. Ces fibres, dirigées en haut, convergent un peu vers la commissure des lèvres où elles se concentrent en un faisceau étroit et épais, situé sur un plan extérieur aux fibres du buccinateur et de l'orbiculaire, en se continuant avec les zygomatiques et le canin. Le muscle triangulaire se dessine très bien à travers la peau ; il recouvre en partie le carré, le buccinateur et le bord supérieur du peaucier. Son action est d'abaisser l'angle des lèvres; il est antagoniste du canin et des zygomatiques , avec lesquels il se continue.

Carré du menton ou abaisseur de la lèvre inférieure. Situé au dedans du précédent , le muscle carré, ou plutôt losangique , naît de la ligne oblique extérieure de la mâchoire inférieure, et se continue en grande partie avec le premier; de là, il se porte obliquement en haut et en dedans , et vient se terminer à Sa peau de la.lèvre inférieure.

Il recouvre le nerf et les vaisseaux mentoniers , et le muscle de la houppe du menton. Son action est d'abaisser la lèvre inférieure et de tirer en dehors la moitié de cette lèvre.

Masséter. Ces muscles (n° 2 , pi. 2) s'insèrent d'une part au bord inférieur de l'arcade zygomatique , d'une autre part à l'angle de la mâchoire inférieure. Le zygomatique est placé sous la peau ; il est recouvert en arrière par la glande parotide , en haut par l'orbiculaire et les zygomatiques, par le conduit salivaire, les divisions du nerf facial et par l'artère transverse de la face. L'action de ce muscle est très puissante. On peut en mesurer en quelque sorte l'énergie, dans la série animale , d'un côté par le volume de l'arcade zygomatique , et d'un autre côté par la saillie des lignes et des éminenv ces que présente l'angle de la mâchoire in férieure. C'est surtout en rapprochant les deux mâchoires l'une de l'autre qu'il est très utile dans la mastication. Son action est renforcée d'une manière notable par le

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muscïe temporal (n° 1), qu'on ne voit qu'en partie sur la planche.

Ici se termine la description très abrégée des muscles de la face. Examinés sous le rapport du rôle qu'ils jouent dans l'expression des passions , on voit que ces muscles sont tantôt soustraits presque complètement à l'empire de la volonté, tantôt, au contraire, leur contraction est volontaire et calculée. Les passions gaies s'expriment par l'épanouissement des traits, c'est-à-dire par leur éloignement delà ligne médiane. Ainsi l'occipito-frontal, le releveur de la paupière, et surtout le grand zygomatique, sont les agents principaux de l'expression des passions gaies. L'expression des passions tristes, qui existe , au contraire , dans le rapprochement et la concentration des traits vers la ligne médiane, a pour principaux agents le sourcilier, le triangulaire des lèvres, les élévateurs propres et communs de la lèvre supérieure, le muscle de la houppe du menton, et le carrée. A raison de la connexion intime qui existe entre la peau de la face et les muscles faciaux qui s'identifient en quelque sorte avec elle par les fibres qui s'y implantent , la contraction fréquemment répétée d'un ou de plusieurs des muscles de la face, imprime à la peau des plis ou rides qui persistent même après la cessation et dans l'intervalle des contractions qui les ont déterminées. L'habitude des sensations tristes ou gaies, et de l'expression facile qui les caractérise , imprime donc un cachet particulier à la physionomie, et y laisse des traces en quelque sorte ineffaçables.

Muscles de la région cervicale antérieure. Après le peaucier , qui n'a pas été figuré sur la planche (n° 2), afin de laisser à découvert les autres muscles de la région du cou , on trouve :

1° LeSTERNo-CLÉiDO-MASToïDiEN.Ce muscle (n° 3) occupe la région antérieure et latérale du cou ;il est épais, bifide inférieurement , plus étroit à sa partie moyenne qu'à ses extrémités. Il s'insère, d'une part, au moyen de deux faisceaux bien distincts , à l'extrémité interne de la clavicule, à l'extrémité supérieure du sternum , et au-devant de la fourchette de cet os; d'autre part, à l'apophyse mastoïde et à la ligne courbe occipitale supérieure. Ce muscle a des rapports importants ; la face superficielle ou externe

est recouverte par la peau et le peaucier, dont le séparent la veine jugulaire externe et des branches nerveuses ; la face profonde ou interne recouvre l'articulation sternoclaviculaire, tous les muscles de la région sous-hyoïdienne, et en outre le splénius, le digastrique, etc., la veine jugulaire interne, la carotide primitive des nerfs, etc. Lorsque ce muscle agit d'un seul côté, il détermine un mouvement au moyen duquel la tête est fléchie, inclinée latéralement du côté du muscle, qui se contracte et subit un mouvement de rotation, en vertu duquel la face est tournée du côté opposé. Le sterno-cléidomastoïdien est donc à la fois fléchisseur et rotateur de la tête. Quand les deux muscles agissent simultanément, ils fléchissent directement la tête sur le cou, et le cou sur le thorax. Leur action n'est jamais plus manifeste que dans l'effort qu'on fait pour relever la tête , quand on est couché horizontalement sur le dos. Cependant, il est une position dans laquelle le sterno-cléidomastoïdien devient extenseur de la tête, c'est celle dans laquelle la tête est fortement renversée en arrière. Cet effet est dû à la disposition de l'insertion supérieure, qui a lieu un peu en arrière du point d'appui du levier représenté par la tête.

2° Le Sterno hyoïdien. Ce muscle est quelquefois double de chaque côté. Il s'étend de l'extrémité interne de la clavicule à l'os hyoïde. Recouvert par le peaucier. îe sternocléido-mastoïdien et l'aponévrose cervicale, il recouvre les muscles de la couche profonde, le corps thyroïde, etc., etc. Ce muscle abaisse l'hyoïde.

3° L'Omoplate ou scapulo-hyoïdien. Plus grêle et plus long que le précédent, ce muscle digastrique, composé de deux petites bandelettes charnues, réunies par un tendon moyen , s'insère d'une part au boni supérieur ou coracoïdien du scapuleux de l'autre, au bord inférieur du corps de l'hyoïde. La disposition anguleuse de ce muscle fait que pendant la contraction il doit porter l'hyoïde en bas et en dehors. Les autres muscles de la région antérieure du cou ne se voient pas distinctement sur la planche, aussi ne les décrirons-nous point ici.

Muscles des membres thoraciques. Ces muscles sont très nombreux; toutefois nous

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n'indiquerons que ceux qui sont superficiels.

Deltoïde. Ce muscle (n° 4), ainsi nommé à cause de sa forme qui a été comparée à celle d'un delta renversé, est un muscle épais, rayonné, triangulaire, recourbé sur lui-même, embrassant l'articulation scapulo-humérale en devant, en dehors et en arrière. Il s'insère, d'une part, au bord postérieur de l'épine scapulaire , dans toute sa longueur, au bord externe de l'acromion et à la clavicule ; de l'autre part , à l'humérus. Le deltoïde est un muscle élévateur de l'épaule, il porte l'humérus en haut, et le dirige en avant ou en arrière, suivant les besoins.

Grand pectoral. Ce muscle n'a pas été représenté en entier sur la planche; il s'insère d'une part à l'humérus, et de l'autre sur la poitrine; il élève également le bras et le porte en dedans.

Biceps hdméral. C'est un muscle long (n° 6) qui forme la couche superficielle de la région extérieure du bras , il est divisé supérieurement en deux portions, l'une courte, l'autre longue, d'où lui est venu son nom. Il s'insère supérieurement par sa courte portion au sommet de l'apophyse coracoïde , et par sa longue portion à la partie la plus élevée de la cavité glénoïde; d'une autre part, à la tubérosité bicipitale du radius. Les deux portions du biceps sont, dans leur tiers supérieur, contenues dans l'épaisseur du creux de l'aisselle en même temps que le coraco-brachial , les vaisseaux et nerfs axillaires, entre le grand pectoral et le deltoïde qui sont en avant, le grand dorsal et le grand rond qui sont en arrière. En dedans, ce muscle correspond à l'artère, aux veines brachiales et au nerf médian. Le biceps fléchit l'avant-bras sur le bras et en même temps le porte dans la supination. Le moment de la puissance de ce muscle est dans la demi-flexion de l'avant-bras; alors son insertion, perpendiculaire au levier qu'il doit mouvoir, contre-balance le désavantage de cette insertion au voisinage du point d'appui. Lorsque l'avant-bras est fixé, dans l'action de grimper, par exemple, le biceps porte le bras sur l'avant-bras et l'omoplate sur le bras.

Triceps brachial , divisé en trois portions supérieurement. Ce muscle forme à lui seul toute la région postérieure du bras. Il s'in-

sère à l'omoplate , à l'humérus et au cubitus, dans la portion la plus postérieure de l'olécrâne. Le triceps est recouvert, dans presque toute son étendue, par l'aponévrose brachiale, qui le sépare de la peau, à travers laquelle il se dessine parfaitement ; il recouvre la partie postérieure de l'articulation du coude, le plan postérieur de l'humérus, le nerf radial et l'artère numérale profonde. Ce muscle étend l'avant-bras sur le bras.

Rond pronateur (n° 11). Le plus superficiel des muscles de la région interne et antérieure de l'avant-bras, formant sous la peau la saillie oblique qui borne en dedans le pli du bras. Il s'insère, d'une part, à la tubérosité interne de l'humérus ou épitrochlée ; d'une autre part, à la partie moyenne du radius. Son action , relativement à la pronation, est d'autant plus énergique que la supination est plus considérable. Le mouvement de pronation est, chez l'homme, bien plus énergique que le mouvement de supination.

Long supinateur. Ce muscle (n° 3) est le plus superficiel de la région externe et antérieure de l'avant-bras ; il appartient à la fois au bras et à l'avant-bras, et forme, en grande partie, cette saillie oblique qui circonscrit en dehors le pli du coude. Il s'insère au bord externe de l'humérus et à la base de l'apophyse styloïde du radius. L'action du supinateur est de fléchir l'avant-bras sur le bras ; mais quand le premier est dans la pronation, il a une direction tout autre, et la contraction de ses fibres porte l'avantbras dans la supination. Tous les autres muscles de la région antérieure du membre thoracique sont fléchisseurs de l'avant-bras sur le bras , ou de la main sur l'avant-bras. Muscles des membres abdominaux. Ces muscles comprennent tous ceux qui font mouvoir le pied sur la jambe, la jambe sur la cuisse, et celle-ci sur le bassin. Nous ne parlerons que des muscles superficiels de la région antérieure des membres.

Couturier , ainsi nommé à cause de ses

usages. Le muscle couturier (n° 13) traverse

comme une diagonale la partie antérieure,

puis la partie interne de la cuisse, pour se

j terminer à la région antérieure de la jambe.

I C'est le plus long des muscles du corps hu-

i main. Il s'insère, d'une part, à l'épine iliaque

J antérieure et supérieure, ainsi qu'à la moi-

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tié supérieure de l'écbancrure placée audessous de cette épine, et en bas, à la lèvre interne de la crête du tibia , au-dessous du ligament rotulien. Le couturier est, dans sa direction, le muscle satellite de l'artère fémorale. Il est fléchisseur de la jambe sur la cuisse qu'il renverse en dedans, en la croisant sur la jambe du côté opposé. Quand ce mouvement est produit , il fléchit la cuisse sur le bassin.

Droit antérieur et triceps fémoral. Le muscle droit antérieur et le muscle triceps fémoral de quelques auteurs ne constituent, à proprement parler, qu'un seul muscle divisé en trois parties. La portion moyenne, ou longue portion , c'est le droit antérieur; les deux autres portent le nom de vaste interne et de vaste externe (n° 15). Le droit antérieur naît par un tendon extrêmement fort, qui embrasse l'épine iliaque antérieure et inférieure dont la saillie est proportionnelle à la force de ce muscle. Ses fibres se confondent ensuite avec celle du vaste interne et celle du vaste externe , et vont constituer le ligament rotulien. Le triceps étend la jambe sur la cuisse; son action est favorisée par la rotule , qui augmente son angle d'insertion , puisque le ligament rotulien inférieur s'insère au tibia. Le triceps fémoral constitue le muscle le plus puissant de l'économie; il fait à lui seul équilibre au poids de tout le corps dans la station , et c'est lui qui soulève tout le tronc dans la progression et le saut.

Droit intehrs. Ce muscle ( n° 12 ) est le plus superficiel de ceux qui occupent la région interne de la cuisse. Il s'insère , d'une part , sur le côté de la symphyse du pubis , depuis l'épine pubienne jusqu'à la branche ascendante de l'ischion ; d'une autre part, à la crête du tibia. Il est fléchisseur de la jambe; il se porte en même temps un peu en dedans, et est adducteur de la cuisse.

Jambier antérieur. Ce muscle (n° 18) est situé le long de la face externe du tibia ; il est superficiel , long , épais et prismatique. Il s'insère, d'une part, à la crête qui borne au dehors la tubérosité antérieure du tibia, au tubercule qui termine cette crête supérieurement, à la tubérosité externe du tibia, au ligament interosscux, et à la face profonde de l'aponévrose jambière ; d'une autre part, au tubercule du premier cunéi-

forme et au premier métatarsien. Le jambier antérieur est recouvert par une large aponévrose; il répond en devant à la face externe du tibia, en dehors au muscle extenseur commun des orteils, puis à l'extenseur propre du gros orteil , dont il est séparé en arrière par les vaisseaux et nerfs tibiaux antérieurs ; son action est de fléchir le pied sur la jambe, de s'opposer également au renversement du pied en dehors. Le défaut de gaîne propre pour le muscle tibial antérieur, explique pourquoi le tendon de ce muscle fait une saillie si considérable pendant sa contraction. On a aussi appelé ce muscle musculus calenœ, parce que c'est principalement sur le relief de son tendon que presse l'anneau de fer que portent au pied les galériens.

Jumeaux et soléaires. Les jumeaux (n° 16) et les soléaires (n° 17) réunis constituent un muscle triceps très puissant, qui forme à lui seul la partie charnue de la jambe. Le développement de ces muscles est un des caractères les plus tranchés de l'appareil musculaire de l'homme , et en rapport avec la destination à l'attitude bipède. Le triceps de la jambe s'insère , en haut , aux condyies du fémur, au tibia, au péroné, etc.; en bas, il concourt à former le tendon d'Achille, qui se fixe au calcanéum. Le triceps étend le pied sur la jambe; il est l'agent principal de la progression et du saut; c'est lui qui soulève avec tant d'efficacité le poids de tout le corps chargé de lourds fardeaux. D'après cela , on conçoit que son action est quelquefois assez énergique pour rompre le tendon d'Achille, et même pour fracturer le calcanéum. Une contraction souvent répétée est en quelque sorte nécessaire à ce muscle; car lorsqu'il reste dans l'inaction il s'atrophie, et passe, avec la plus grande facilité , à l'état graisseux.

Nous terminons ici la description des muscles superficiels de la région antérieure du corps de l'homme: comme on le voit , ces organes, considérés sous le rapport de leurs usages, offrent une foule de variétés; mais il suffit, en général, comme nous l'avons déjà dit au commencement de cet article, de connaître dans quel sens ils peuvent se contracter pour en déduire les fonctions. En effet, lorsqu'un muscle est curviligne, le premier temps de son action a pour effet

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'de le ramener à la direction rectiligne. Ceux qui sont disposes en sphincters , ou en anneaux , servent à resserrer les ouvertures autour desquelles ils sont placés. Un muscle droit qui se contracte tend à rapprocher ses deux extrémités Tune de l'autre. Tous les mouvements enfin qui peuvent résulter de la contraction des muscles comprennent ceux de flexion, d'extension, de rotation, d'adductions, d'abductions et de constrictions. Il y a aussi, comme nous l'avons vu , des muscles élévateurs et des muscles abaisseurs. Ceux qui concourent aux mêmes mouvements sont appelés congénères; ceux qui font exécuter des mouvements opposés les uns aux autres sont les muscles antagonistes. Ainsi, tous les fléchisseurs sont congénères , et tous les extenseurs sont antagonistes. Deux muscles peuvent être congénères sous certains rapports, et antagonistes sous d'autres; dans ce cas, les mouvements d'eEtension et de flexion sont contre- balancés ; mais le membre peut encore être porté , par leur action simultanée, vers la ligne médiane du corps, ou bien en être écarté. Enfin, deux muscles antagonistes, symétriquement placés, et qui se contractent avec une égale énergie, ne produisent aucun mouvement, leurs forces étant balancées. Quelques exemples feront encore mieux comprendre ce que nous venons de dire. Le biceps brachial ( n° 6 , pi, 2) et la brachiale antérieure servent, avons-nous dit , à mouvoir l'avant -bras sur le bras dans le sens de la flexion ; leurs antagonistes, ou les extenseurs de l'avant-bras, sont le triceps brachial (n° 10), et un autre petit muscle, l'anconé, situé aussi à la partie postérieure du membre. Le muscle conturier (n° 13) et le droit interne (n° 12) sont également des fléchisseurs qui , concurremment avec le biceps fémoral, le demi-tendineux, le demi-membraneux et le poplité, portent la jambe dans la flexion. Le muscle triceps fémoral, le droit antérieur (n° 15) et le fascia-lata (n° 14) étendent fortement la jambe sur la cuisse. Les jumeaux (n° 16) et les soléaires (n° 17), ainsi que les péroniers latéraux et le tibial postérieur , sont les extenseurs du pied sur la jambe, tandis que le jambier antérieur (n° 18) en est le fléchisseur. Les muscles qui font exécuter des mouvements de rotation se trouvent

généralement, avons-nous dit, aux alentours des articulations des membres; on les divise en rotateurs de dehors en dedan9 (rond pronateur n° 11 et carré pronateur) et en supinateurs , le long supinateur n° 8 etlecourt supinateur; les premiers occupent la région antérieure de l'avant-bras, les seconds la région externe et postérieure. Quant aux muscles adducteurs et abducteurs , ils servent à rapprocher et à écarter les membres de la ligne médiane du corps. Le muscle grand pectoral , grand dorsal (n° 7) et grand rond sont les adducteurs du bras; les abducteurs sont le deltoïde (n" 4) , le coracobrachial et le sus-épineux. Enfin , il existe un assez grand nombre de muscles élévateurs et abaisseurs. Les masséters (n° 2), les temporaux (n° 1), etc. , sont les élévateurs de la mâchoire inférieure. Le digastrique et les muscles des régions sus et sous-hyoïdiennes en sont les abaisseurs. Le petit muscle carré placé au-dessous de l'orbiculaire des paupières est l'élévateur de la lèvre supérieure; le triangulaire des lèvres (n° 3) en est l'abaisseur.

Les détails dans lesquels nous sommes entré à l'égard de l'anatomie descriptive, tout en faisant connaître l'importance de la Myologie au point de vue surtout des connexions, ne sortent pas trop cependant des généralités, et complètent (1) tout au moins la description de la planche.

(Martin Saint- Ange.)

(i) Cette même planche (2) sert à donner une idée exacte de la position des viscères renfermés dans les cavités thoracique et abdominale. Le diaphragme (n° 9), muscle impair membraneux , sépare , cliez l'Homme et les Mammifè es , la cavité de la poitrine de telle du ventre, et maintient les viscères renlermès dans ces cavités. Dans le langage ordinaire, on parle bien de la cavité de la poitrine comme si elle était simple; niais un pi. m médian, nommé métticitinla divine en deux portions bien d'Slmctes, qui servent a logeV les poumons, et que, pour cette raison , en a appelées cavités pulmonaires. Le poumon droit est formé de trois lobes, le gauclie n'en a que deux. Le cœur (c) , enveloppé de sa membrane propre, le péricarde, est situé entre les deux poumons; il est renfermé, ainsi qu'une foule d'autres organes importants, dans tes deux lames verticales qui constituent le médiastin. Dans la cavité abdominale se trouvent , à gauche et en haut le grand cul-de-sac de l'estomac (e), et un peu en arrière la rate; à droite, et immédiatement au-dessus du diaphragme, le foie (/) , qui s'étend, d'une part, vers la ligne médiane , où il rerouvre en partie l'estomac ; de l'autre il descend plus ou moins bas, suivant l'âge de l'individu , et se termine en un bord deux fois échancré; l'écliancrure inférieure sert à loger la vésicule biliaire (vb) , l'autre est destinée à rerevoir la veine ombilicale chez le fœtus. Au-dessous de l'estomac et du foie , on voit le paquet intestinal

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MYONIMA. bot. ph.— Genre de !a famille des Rubiacées-Cofféacées-Guettardées, établi parCommerson (inJussieuGen., 1067; Mag.

Mus., VI, 397). Arbustes de la Mauritanie.

Voy. RUBIACÉES.

MYOPA. (f/u~a, mouche; w|, aspect).

Ins. — Genre de Diptères de la famille des Athéricères , tribu des Myopaires , établi par Fabricius aux dépens des Conops de Linné, et adopté par tous les entomologistes, qui ont de plus en plus restreint ce groupe générique. Les Myopa ont pour caractères: Trompe bicaudée; palpes plus ou moinsallongés, quelquefois renflés; troisième article des antennes ovalaire, presque orbiculairc; style court; abdomen obtus; quatrième segment dilaté en dessous chez les mâles; ongles et pelotes des tarses grands. La tête des Myopes est grande, et sa face est revêtue d'une membrane molle, blanche et comparable à un masque; les yeux sont grands, et on voit entre eux et au-dessus trois petits yeux lisses ; la trompe est coudée à sa base, puis dirigée en avant, et se replie ensuite en dessous, près de son milieu, pour former un second coude; le second article des antennes est aussi long que le troisième, et forme avec lui une massue. Le corselet, moins large que la tête, est cylindrique, un peu convexe; il a deux points élevés aux angles numéraux. Les ailes sont couchées ; l'abdomen est sessile, presque cylindrique, un peu renflé à l'extrémité et arqué; les pattes sont fortes, avec les cuisses un peu renflées, et les tarses à deux crochets et deux pelotes.

Les Myopes habitent les prés et les lieux un peu humides; on les trouve assez communément sur les fleurs. Leurs mœurs ne sont que très imparfaitement connues, et l'on ne sait encore rien de leurs métamorphoses.

Ces Insectes ne se trouvent qu'en Europe, et principalement en France et en Allemagne. On en connaît un assez grand nombre d'espèces , et M. Macquart (Diptères , Suites à

recouvert en partie par le grand épiptoon ; celui-ci est un ample repli membraneux, libre et flottant sur les circonvolutions du tube digestif , et contenant un grand nombre de •vaisseaux et beaucoup de graisse. EnCn , la vessie (v). A la partie postérieure de tous ces organes , se trouvent le pancréas, les reins, les capsules surrénales; les vésicules séminale» clic* l'homme, l'utérus et les ovaiies chez la femme. Makiin-Saint-Aucb.

Buffon ) en décrit dix-huit. Nous ne citerons que:

La Myope ferrugineuse , Myopa ferruginea Fabr. (S. Antl., n. 2, Latr. , Macq., Conops ferruginea Lin.) Longue de 5 lignes, ferrugineuse , à front fauve ; thorax à trois larges bandes noires; abdomen étroit, cylindrique ; premier segment ferrugineux comme les autres, deuxième plus allongé, les derniers très recourbés en dessous chez les mâles. Cette espèce se trouve communément dans toute l'Europe.

La Myope fulvipède, Myopa fulvipes Rob.» Desv. (Myod., n. 15), Longue de4 lignes 1/2, d'un noir saupoudré de gris-jaune; le front noir, à côtés fauves; un peu de fauve aux antennes; pieds fauves; un anneau noir à l'extrémité des cuisses; tarses noirs; ailes hyalines, à base jaunâtre. Espèce découverte aux environs de Paris par M. Serville.

Et la Myope naine, Myopa nana Rob.- Desv. (loc. cit., n. 20). Longue de 2 lignes; noir luisant; face et front jaune-fauve; antennes fauves et brunes; jambes blanches en avant; ailes assez claires. Trouvée assez communément auprès de Paris. (E. D.)

* MYOPAIRES. Myopariœ. ins. — Tribu d'Insectes de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères , créée par M. Macquart (Suites à Buffon, Diptères, t. II, 1835), qui lui assigne pour caractères : Trompe longue, menue, le plus souvent coudée à sa base et vers la moitié de sa longeur, et dirigée en arrière; face ordinairement gonflée; front large dans les deux sexes; antennes assez courtes; dernier article ordinairement plus long que le troisième; style dorsal or* dinairement court; abdomen recourbé en dessous; cuillerons petits; ailes couchées; première cellule postérieure souvent entrouverte; anale habituellement allongée.

Cette tribu, qui était comprise par M. Robineau-Desvoidy parmi les Entomobics , et qu'il distinguait sous le nom particulier d'Accémydcs , était placée autrefois, même par M. Macquart, avec les Conopsaires.

Les genres qui entrent dans cette tribu sont ceux des Myopa, Stachynia, Stylogaster, Zodion, etc. Voy. ces divers mots. (E. D.)

MYOPHONUS. ois. — Genre d'Oiseaux proposé par M. Temminck, placé assez généralement auprès des Pyroll ou Kitta, et ayant pour caractères : Bec très gros, fort

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et dur; quelques soies raides en garnissent l'ouverture; la grande membrane qui tapisse les fosses nasales , couverte de petites plumes tournées en avant; les tarses très longs; la queue carrée, et les ailes atteignant seulement la fin de son premier tiers.

Une seule espèce entre dans ce groupe ; c'est le Myophonus metallicus , décrit par M. Temminck (9e livr. des pi. col.), d'après un Oiseau rapporté de l'archipel Indien par MM. Reinwardt et Diart. Il est d'un noir bleuâtre, variable selon les inflexions de la lumière, et marqué çà et là de plaques à reflets métalliques, un peu plus foncé sur la tête et l'abdomen que sur le reste du corps, et passant légèrement au brun vers l'extrémité des rémiges; son bec est jaune, sauf son arête qui est noire; ses pattes sont de cette couleur ; sa taille est de 30 à 35 cent. ; ses mœurs ne nous sont pas connues. (E. D.)

*M Y OPINA, ins. — Genre de l'ordre des Diptères brachocères, famille des Musciens, tribu des Muscides, établi par M. Robineau- Desvoidy aux dépens des Musca. L'espèce type et unique est la Musca myopina Fall. ( Myopina reflexa Rob-Desv. ), de la France. Cet Insecte vit sur le sable, au bord des rivières.

MYOPORE. Myoporum ( p.ûç , souris ; nôpoq, pore), bot. ph. — Genre de la famille des Myoporinées, établi par Banks et Solander (ex Forst. Prodr., 44), et dont les principaux caractères sont : Calice 5 parti. Corolle hypogyne, hypocratériforme, à tube court, ample: à limbe 5-lobé. Étamines 4, insérées au tube de la corolle, saillantes ou incluses, didynames. Ovaire à 2 loges 2-ovulées ou à 4 loges uni-ovulées. Style terminal ; stigmate obtus. Le fruit est une baie à 2 loges 2-spermes , ou à 4 loges monospermes.

Les Myopores sont des arbrisseaux souvent visqueux, à feuilles alternes ou rarement opposées , très entières , dentées en scie, souvent couvertes de points translucides ; à pédoncules axiîlaires , fascicules , rarement solitaires, uniflores, ébractéés ; à fleurs blanches ou rougeâtres, garnies à la gorge de poils épars.

Ces plantes se rencontrent assez abondamment dans les contrées extratropicales de la Nouvelle-Hollande. On en connaît une vingtaine d'espèces, dont quelques unes sont cultivées aujourd'hui dans les jardins.

Parmi ces dernières , nous citerons les suivantes :

Myopore a petites feuilles , M. parvifo- Uum R. Br. (Prodr. Nov.-Holl. , I). Arbrisseau de 1 mètre à lm,50 de haut; tiges très ramiQées; rameaux diffus, courts, grêles; feuilles spatulées-linéaires , scssiles , subobtuses, charnues , un peu dentées à leurs bords ; rameaux et feuilles couverts de glandes sur les deux faces; fleurs nombreuses, petites, blanches, réunies deux ou trois dans les aisselles des feuilles.

Myopore agréable , M. Icstum Forst.

( Prodr. ). Arbrisseau de lm,50 à 2 mètres de haut; rameaux dressés, glabres; feuilles oblongues , aiguës , un peu dentées à leur sommet, amincies à leur base, glabres, luisantes ; fleurs blanches agrégées.

Myopore a feuilles elliptiques, M. ellipticum Rob. Br. (loc. cit.). Arbrisseau de 1 mètre à lm,50 de haut; tige dressée; rameaux alternes, glabres; feuilles alternes ou éparses, lancéolées, mucronées, entières, luisantes , glabres en dessus, ponctuées en dessous; fleurs blanchâtres, petites, axiîlaires, quelquefois solitaires.

On cultive ces plantes en serre tempérée dans une terre légère, et on les multiplie de graines et de boutures. (B.)

*MYOPORÏA (fAvwv, muscle ;ttoPo;, trou).

moll. — Genre proposé par M. Brown pour les Érigonies fossiles du Muschelkalk, qui se distinguent parce que les dents cardinales , beaucoup plus petites, n'ont pas de stries transverses , et parce que la dent médiane de la valve gauche n'est pas bifide. (Duj.)

MYOPORINEES. Myoporineœ. bot. ph.

— Famille de plantes dicotylédones monopétales , établie par Rob. Brown (Prodr., 514), et généralement adoptée par tous les botanistes. Ses caractères principaux sont : Fleurs hermaphrodites. Calice libre, 5-parti, persistant. Corolle hypogyne , hypocratériforme; limbe presque égal ou bilabié. Étamines 4, insérées au tube de la corolle, alternes avec les divisions de cette dernière , accompagnées quelquefois d'une cinquième étamine rudimentaire, saillantes ou incluses, à filets filiformes. Anthères biloculaires, incombantes, à loges s'ouvrant longitudinalement. Ovaire libre, à 2 loges 2-ovulées ou à 4 loges 1-ovulées; les ovules pendants du sommet. Style terminal, simple; stigmate

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indivis, émarginéou bifide. Disque hypogyne nul. Le fruit est un drupe contenant un noyau à 2 loges bispermes ou à 4 loges monospermes. L'embryon cylindrique, entouré d'un périspcrme, a sa radicule supère proche de l'ombilic.

Les végétaux de cette famille sont des arbrisseaux glabres ou rarement un peu pubescents. Leurs feuilles sont alternes ou rarement opposées, simples , très entières ou dentées en scie , visqueuses , quelquefois couvertes de petites glandes résineuses.

Les fleurs sont fixées sur des pédoncules axillaires, solitaires ou groupées, et dépourvues de bractées.

Cette famille se distingue des Verbénacées dont elle est voisine par la situation des ovules, et des Sélaginées par le port des plantes qu'elle renferme et ses anthères biloculaires.

Les genres qu'on y a groupés sont au nombre de cinq , et nommés : Myoporum , Banks et Soland. ; Pholidia, R. Br. ; Eremophila, R. Br.; Stenochilus ,R. Br. ; Bontia, Plum. (B.)

MYOPOTAMUS (p.vç, rat; ««t«j**ç, rivière), mam. — Genre de Rongeurs indiqué depuis longtemps par Molina et surtout par Commerson , mais qui n'a été connu et bien établi que vers le commencement de ce siècle. Et. Geoffroy-Saint-Hi- Jaire , réunissant au Quouya, nom sous lequel d'Azara avait fait connaître l'espèce type du genre qui nous occupe , deux autres espèces rapportées de la Nouvelle-Hollande par Péron , Lesueur et Levillain , en avait formé, sous le nom à'Hydromys (voy. ce mot), un genre qu'il soupçonnait devoir être placé entre les Castors et les Rais d'eau ; ce n'est que d'après des caractères peu sûrs, tirés seulement des pelleteries du Quouya, que ce Rongeur avait été réuni aux deux autres espèces : aussi, plus tard , lorsque des indications plus satisfaisantes sont venues compléter ce qu'on connaissait de cet animal , les zoologistes, et Et. Geoffroy- Saint-Hilaire lui-même, ont-ils été conduits à faire du Myopotamus de Commerson le type d'un genre distinct. Les mammalogistes n'ont pas tous adopté le nom de Myopotamus pour désigner ce groupe, et quelques uns lui ont appliqué les dénominations de Potamys d'après Larrauhava, de Couïa

T. VIII

d'après G. Cuvier, etc. La place des Myopotames n'est pas non plus définitivement fixée dans la série des Mammifères, et G. Cuvier (Règ. anim.) l'éloigna des Rats pour le placer à côté des Castors et des Porcs- Épies.

Chez les Myopotames , il y a en haut et en bas des mâchoires quatre molaires de même forme à peu près que celles des Castors , c'est-à-dire composées d'un ruban osseux replié sur lui-même; la seule différence qui existe entre les molaires supérieures et les inférieures, c'est que les premières présentent une échancrure à leur face interne et trois à l'externe, tandis que les autres offrent précisément le contraire : les incisives sont fortes et teintes en jaune. La forme générale du corps se rapproche de celle des Castors ; les pieds sont longs, pentadactyles ; ceux de devant sont libres et ceux de derrière palmés; les ongles sont gros, obtus, peu arqués; la queue est ronde et allongée.

Une seule espèce entre dans ce genre; c'est le Myopotame Commerson ; Covpou et Coipu Malina ; Quouya d'Azara ; Mus coypus Molina, Gm. ; Hydromys coypus Et. Geofi*. ; Mus caslorides Burrow; Myopotamus coypus Et. Geoff. , A. -G. Desm. , G. Cuv. , Guérin (Icon. du règn. anim., Mamm. , pi. 29, fig. 3). Sa longueur totale est de près d'un mètre, sur lequel la queue a plus de 33 centim. Sa teinte générale , et nous empruntons ici la description qui en a été donnée par Et. Geoffroy-Saint-Hilaire (Ann. Mus., t. VI), est, sur le dos, d'un brun marron : cette couleur s'éclaircit sur les flancs et passe au roux vif; elle n'est que d'un roux sale et presque obscur sous le ventre ; toutefois cette couleur est assez changeante , suivant la manière dont le Coypou hérisse ou abaisse ses poils; cette mobilité dans le ton du pelage provient de ce que chaque poil est d'un cendré brun à son origine, et d'un roux vif à sa pointe. Le feutre, caché sous de longs poils, est cendré brun, d'une teinte plus claire sous le ventre : ces longs poils n'ont sur le dos que leur pointe qui est rousse, et ceux des flancs sont de cette dernière couleur dans la moitié de leur longueur. Comme tous les animaux qui vont souvent à l'eau, les poils delà queue sont rares, courts, raides, et d'un roux sale : cet organe est ecailleux

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