‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 185 sur 192 · I. VIII · texte numérisé non relu

I. VIII

ligne droite chez tous les Reptiles, et forme en dedans une plaque arrondie dont l'épanouissement constitue la rétine. Chez l'Iguane , Carus a vu naître , du milieu de cette plaque, un petit prolongement noirâtre de la choroïde, sorte de vestige du peigne que nous avons vu chez les Oiseaux. Le Caméléon présente aussi un prolongement analogue et noir, mais plus petit, de la choroïde vers le cristallin.

Le corps vitré est plus petit que dans la classe supérieure. Le cristallin est très convexe et commençant à se rapprocher de la forme d'une sphère; il a un volume considérable dans le Caméléon et les Grenouilles, tandis qu'au contraire il est petit dans la Tortue franche, et plus convexe en avant qu'en arrière. Celui des Grenouilles et des Salamandres offre, dans son intérieur, un noyau solide.

IV. De VOEU chez les Poissons. Bien que l'OEil des Poissons soit moins parfait que celui des classes précédentes, il présente cependant encore toutes les mêmes parties que celui des Vertébrés supérieurs.

Les yeux sont en général très gros, excepté chez les espèces vermiformes, comme l'Anguille, la Lamproie, les Gastrobranches, où ils sont petits. Ils sont contenus dans une cavité, mais elle n'est pas entièrement formée par les os; ils reposent habituellement sur un coussinet de graisse à demi liquide, des deux côtés de la tête ; plus rarement ils se dirigent en arrière ou en haut, comme chez l'Uranoscope; enfin , ce qui est encore plus rare, c'est qu'ils soient placés tous deux du même côté, comme chez les Pleuronectes.

La forme de l'OEil est presque toujours arrondie en arrière et aplatie en avant; ceux qui font exception sont les Poissons à petits yeux, principalement le Blennius viviparus, d'après Cuvier, et plusieurs Cartilagineux, suivant Rosenthal.

Six muscles, assez courts, dont quatre droits et deux obliques, meuvent l'OEil chez les Poissons osseux. On trouve de plus, dans les Raies et les Squales , un pédicule cartilagineux implanté sur le globe de l'OEil et au fond de l'orbite.

La profondeur de l'orbite est augmentée par le repli d'une partie de la peau épaissie, presque gélatineuse et translucide , qui e»t

OEIL

OEIL

plus considérable en avant ou en dedans, eten arrière ou en dehors. C'est de ce rebord, véritable bourrelet palpébral , que sort la peau amincie ou conjonctive, qui passe au-devant du globe de l'OEil , adhérant constamment à la cornée. Chez quelques Poissons, la peau qui passe au-devant de l'OEil est si peu amincie, que l'animal doit être presque inser.: iblea la lumière, comme le Gastrobranche et la Murena cœca. Dans plusieurs autres, chez l'Anguille en particulier, on détache facilement la peau du globe de l'OEil, et alors la portion correspondante à la conjonctive apparaît comme une tache claire et transparente. Quand la conjonctive se distingue si peu des téguments communs, on ne trouve aucun vestige des paupières, si ce n'est le bourrelet dont nous avons parlé; mais, dans beaucoup d'autres Poissons où l'OEil est plus gros et la conjonctive plus fine, on aperçoit, outre ce bourrelet, dans l'angle posiérieur, et plus encore dans l'antérieur, un repli semi-lunaire , mais complètement immobile , et qui couvre peu l'OEil. Cuvier a découvert, chez le Poissonlune, une véritable paupière circulaire, susceptible de se fermer à l'aide d'un sphincter, et de s'ouvrir par l'action de cinq muscles rayonnes.

Point de paupières, point d'appareil lacrymal : ni glandes, ni canaux de ce genre.

La sclérotique est dure , élastique et de nature aponévrotique. Elle présente un ou plusieurs disques cartilagineux , plus ou moins grands, quelquefois ossifiés, surtout à la partie antérieure. Ce disque cartilagineux est mince et s'étend peu en arrière chez la Carpe; il est large et épais, et égale la sclérotique en étendue chez l'Esturgeon.

La cornée transparente est habituellement plan-convexe à l'extérieur; elle se compose de trois feuillets, et a plus d'épaisseur à la circonférence, tandis qu'elle s'amincit à la partie moyenne.

On distingue facilement trois feuillets dans la choroïde; l'externe est d'un blanc nacré et est assez ferme; arrivé au bord antérieur de la sclérotique, à laquelle il adhère peu, il se réfléchit vers l'axe du globe oculaire , et , parvenu au bord de la pupille, il s'infléchit de nouveau en dehors, et forme ainsi un iris très étroit, dont les eflets sont également argentés ou dorés , et

qui s'accole au bourrelet de la cornée. Le feuillet le plus interne de la choroïde est noir, mou, couvert de pigments, excepté dans le Brochet, où il est pourpre. Il suit la courbure du précédent depuis le bord de la pupille, et forme ainsi l'uvée. Maintenant, entre ces deux membranes, en arrière, tout autour du nert optique, se trouve une masse rougeâtre, comme glanduleuse, sorte de glande choroïdienne , suivant Rosenthal , de réseau vasculaire, selon Blainville et Albers, ou de muscle, d'après Haller. C'est surtout chez la Carpe que l'on voit le mieux cette masse. De son bord externe part une membrane, semblable à du cruor. Cet organe ne se voit ni chez les Raies, ni chez les Squales, chez lesquels, d'ailleurs, tn ne peut bien diviser la choroïde en plusieurs feuillets. La choroïde est nacrée chez la Raie perce et chez plusieurs Squales, comme l'Esturgeon.

L'iris est étroit, comme nous venons de le voir, lisse et tout-à-fait immobile, généralement d'un éclat métallique, d'une belle couleur nacrée chez la Carpe. La pupille est ordinairement ronde et grande. Mais, d'après les observations de Cuvier, son bord antérieur se prolonge en plusieurs lanières étroites, disposées en rayons, et dont la forme est celle d'une palmette. Les lanières, dorées en dedans et noires en dehors, peuvent fermer les pupilles à la manière d'une jalousie. La pupille est double, comme l'iris et la cornée, chez le Cobitis anableps , bien que le cristallin soit simple.

Les procès ciliaires manquent chez les Poissons osseux; on ne les trouve que chez quelques Squales, où ils sont encore fort petits, ne formant que de courtes saillies qui touchent à la capsule du cristallin, et se continuent avec les stries de l'uvée. Ils sont remplacés par les autres vaisseaux ou membranes vasculaires, qui, sous forme de prolongements falciformes, vont de la capsule cristalline au bord antérieur de la rétine.

Le nerf optique pénètre ordinairement dans l'OEil sous la forme d'un petit disque arrondi , comme on peut facilement le voir dans la Carpe. De son centre partent les vaisseaux centraux de la rétine, qui se répandent sur le corps vitré pour se réunir en une couronne vasculaire à son extrémité. Chez d'autres Poissons , ce nerf perce obli-

OEIL

OEIL

quement la sclérotique , et apparaît comme une ligne blanche, des bords de laquelle naît la rétine; cette disposition est encore plus tranchée chez l'Esturgeon. Quant à la rétine, elle se partage facilement en deux feuillets: Fun interne, fibreux; l'autre externe, non fibreux; et se termine par un bord libre, à l'origine de Puvée.

L'humeur aqueuse est nulle, ou presque nulle, tant la cornée transparente est plate et le cristallin saillant en avant; elle manque d'enveloppe spéciale.

Le cristallin, entouré d'une capsule mince, est très considérable, au point de remplir presque tout le bulbe, et presque tout-à-fait sphérique. On y distingue des fibres qui se dirigent di pôle antérieur au pôle postérieur.

Par suite de ce volume et de cette saillie du cristallin, le corps vitré est très peu considérable. Cependant la membrane hyaloïde est évidente; elle est unie en avant à la capsule cristalline, à l'aide de deux ligaments qui , lorsqu'ils sont fortifiés par des prolongements de ia membrane ruyschienne, comme dans le Brochet, forment deux axes auxquels le cristallin est suspendu.

Les dissections de Muck ont prouvé que les Poissons n'ont pas de ganglion ophthalmique pour les nerfs ciliaires.

Page 1