‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 25 sur 192 · WEL · texte numérisé non relu

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logique), infus. — Genre de Systolides ou Rotateurs, établi par Schrank pour une espèce assez commune dans les eaux douces, et que IlilletPallas rangèrent parmi les Brachiens. M. Dutrochet la désigna sous le nom de îiotifcr quadricircularis; Lamarck, Cuvier et M. Bory de Saint-Vincent Font nommée Tubicolaria quadriloba. M. Ehrenberg , en adoptant ce genre, y réunit d'abord comme seconde espèce (M. biloba) le Limnias ccralophylli de Schrank , dont plus tard il a fait aussi un genre distinct. Nous pensons que ces deux, espèces appartiennent à un seul genre que nous caractérisons ainsi : ce sont des animaux presque diaphanes, logés dans un fourreau un peu conique incrusté de matières terreuses qui le rendent opaque et cassant comme celui de la première espèce , M. ringens , ou formé de grains uniformes, longs de trois à cinq quarts de millimètre, qui sont les excréments. Ce tube est fixé perpendiculairement sur quelque tige de plante aquatique , et l'animal lui-même a le corps en massue ou en entonnoir allongé, avec un limbe ou bord supérieur épanoui en deux ou quatre lobes arrondis et entourés de cils rotatoîres. (Duj.).

MÉLICERTE. Melicertus. crust.— Genre établi par Rafinesque sur un Crustacé de l'ordre des Décapodes macroures, qui paraît excessivement voisin des Pénées, et qui a été adopté avec doute par les carcinologlstes. L'espèce type de cette nouvelle coupe générique est le Melicertus tigrinus Raf. (II. L.) *MÉLICERTIENS. infus. syst. — Famille de Systolides ou Rotateurs fixés par un pédoncule. Ce sont de petits animaux aquatiques à corps mou, diaphane, en forme de massue ou d'entonnoir, porté par un pédoncule charnu extensible, qui se contracte en se plissant. Ils vivent isolément à nu ou logés dans un tube. Leur corps est terminé par un limbe supérieur plus ou moins étalé et lobé, bordé de cils rotatoires. La bouche, située près du limbe, est armée de mâchoires en étrier à trois ou plusieurs dents. Les Mé- Iicertiens se trouvent ordinairement fixés sur des herbes aquatiques , et ils sont assez volumineux pour être vus à l'œil nu ou avec ..le secours d'une loupe: aussi ont-ils attiré l'attention de tous les anciens observateurs. * Pallas les réunissaitaux Brachions ; Eichhorn les nommait des polypes-fleurs et des po-

lypes-étoiles ; O.-F. Mullcr rapportait à son genre Vorticellc ceux qu'il a connus. Schrank le premier essaya de les distinguer génériq:iement sous les noms de Melicerta, Limnias et Linza. M. Dutrochet, de son côté , les étudia plus particulièrement et les décrivit comme des Rotiferes; mais Lamarck, d'après les observations mêmes de ce naturaliste, en forma le genre Tubicolaire.

Schweigger, pour quelques unes des mêmes espèces , avait proposé le nom générique de Lacinulaire, que M. Bory de Saint-Vincent changea en celui de Mégalotroque , en distinguant comme deux autres genres les noms de Synanthérine et de Sten:

les jeunes individus de ce genre. M. Ehrenberg, enfin, dans ses publications successives depuis 1830, a admis pour ces animaux lc^ genres Ptygura , OEcistes , Conochilus , Megalotrocha, Tubicolaria, Limnias, Lacinularia et Melicerta , qu'il répartit dans ses quatre familles des Ichthydina, desOEcistina, des Megalotrochœa et des Flosculariœa , qui contiennent en même temps d'autres genres pourvus de caractères totalement différents. Quant aux genres que nous venons de nommer, cet auteur les distinguo d'après l'absence ou la présence des yeux, au moins dans le jeune âge, et d'après le nombre des lobes de l'organe rotatoire.

Ainsi ses Tubicolaires sont toujours privées d'yeux, tandis que les autres genres en ont deux pendant le jeune âge; ses Limnias et ses Lacinulaires ont l'organe rotatoire bilobé; ils diiîèrent parce que les uns ont des étuis ou fourreaux coniques, isolés, tandis que les autres ont une enveloppe commune qui n'est qu'une masse gélatineuse ; ses Mélicertes ont des étuis isolés comme les Limnias, mais en diffèrent par leur appareil rotatoire à quatre lobes. Tous, d'ailleurs, ont la même forme générale et des mâchoires en étrier, c'est-à-dire composées d'un arc traversé par une barre sur laquelle s'appuient trois dents parallèles, partant du sommet. Nous pensons donc que ces distinctions de genres et de familles, basées sur la présence des points rouges qu'on veut nommer des yeux , ou sur la natur- de l'enveloppe, ont trop peu d'importance, et nous préférons n'en former qu'une seule famille divisée seulement en quatre genres, d'après le mode d'expansion du limbe efi

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d'après la constitution du fourreau, ou son absence. Un premier genre, Plygure, est caractérisé par le peu d'ampleur du limbe, lequel , bordé de cils courts , n'offre pas l'apparence d'une roue en mouvement; le deuxième genre, Lacinulaire, a, au contraire, un limbe' largement étalé , échancré d'un seul côté, et bordé de cils assez longs, produisant un mouvement rotatoire distinct. Les espèces de ces deux genres sont libres ou accidentellement engagées dans une masse gélatineuse , mais toujours sans étui. Les deux autres genres, Tubicolaire et Mélicerte , ont le limbe divisé en lobes comme une corolle de fleur ; mais ils se distinguent par la nature de l'étuiou fourreau, qui est membraneux , transparent chez les Tubicolaires, et incrusté de matière terreuse , opaque , chez les Mélicertes. (Duj.)

MELIGERTUS. crust. — Syn. de Lysmala. Voy. ce mot. (H. L.)

XICÏIRUS (^'-XP^ i doux comme du miel ). bot. ph. — Genre de la famille des Épacridées-Styphéliées, établi par R. Brown (Prodr.y 539). Petits arbrisseaux de la Nouvelle-Hollande.

Endlichcr a réparti (Gen. plant., p. 747, n° 4270) les espèces de ce genre en deux sections, qu'il nomme: 1° Eumclichrus , corolle en forme de roue; 2° Melidepas > corolle urcéolèe.

MELICOGGA (f«A», miel ; saxjwç, coque).

bot. pu. — Genre de la tribu des Sapindacées- Sapindées, établi par Linné {Gen. n. 47 ). Arbres de l'Amérique tropicale. Voy.

SAPINDACÉE5.

MELIGOPE. bot. pu. — Genre de la famille des Diosmécs-Pilocarpées, établi par Forster (Char, gen., 28). Arbrisseaux de la Nouvelle-Hollande. Voy. diosmées.

MELICïTUS(,a«>e, miel; xu't0ç, cavité).

bot. ph. — Genre de la famille des Bixacées, tribu des Flacourtianées? , établi par Forster (Char, gen., t. 62). Arbres de la Nouvelle-Zélande. Voy. bixacées.

*MELIDIUM(fj.vAt'ç, pommier), bot. cr. — Petite plante cryptogame décrite par M. Eschweiler (de Fructif. gen. rhizemorphœ , p. 33, t. 1, fig. 10), et qui probablement n'a pas été observée depuis. Elle appartient aux Cystisporés et est caractérisée par des filaments solides, rameux, d'abord ternes puis bifides, et qui se terminent par un sporange

globuleux renfermant quatre spores ovales ou rondes. Le Melidium subterraneum, la seule espèce du genre, croît dans les souterrains , avec d'autres Mucédinées , sur le Rhizomorpha subterranea. (Lév.)

*MELIDORA, Salisb. bot. ph. — Syn.

(VEncyanthus , Lour.

*MÉIADOKE. Melidora. ois.— Division du genre Martin-Pêcheur. Voy. ce mot.

*MELÏERAX. ois. — Genre établi par G.-R. Gray dans la sous-famille des Circinées, pour l'Épervier chanteur, Nisus musii eus Cuv. Voy. autour. (Z. G.)

*MELIGETHES ( pdiytb»; , qui cause une douce joie), ins. — Genre de Coléoptères pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Nitidulaires, proposé par Kirby, publié par Stéphens (Illust. of Brit. Ent., III, 45), et adopté par Érichson (Zeitschrift fur die Entomologie von Germar, 1843).

Ce genre a pour type une espèce de France, le M. pyrenaicus Xap. ( Strongylus floralis Dej.), qui paraît devoir habiter aussi l'Angleterre et l'Allemagne. (G.)

*MEUGLOSSUS, Schlect. bot. ph. —

Voy. MELANTIIIUM.

MÉLILITHE (pAt, mîel ; mç, pierre).

min. — Substance d'un jaune de miel , en très petits prismes droits à base carrée, découverte par Fleuriau de Bellevue dans les roches basaltiques de Capo di Bove, près de Rome. Elle paraît identique avec la Humboldtilithe de la Somma , et composée comme elle de silice, d'alumine, d'oxyde ferrique , de chaux, de magnésie, et d'un peu de potasse et de soude. Ces deux minéraux, réunis en une seule espèce, viennent se ranger à côté de la Gehlénite, parmi les silicates alumineux de la tribu des espèces quadratiques. (Del )

MÉLILOT. Melilotus, Tourn. bot. ph. — Genre de la famille des Légumineuses-Papilionacées, de la diadelphiedécandrie dans le système de Linné. Établi d'abord par Tournefort, il avait été réuni par Linné aux Trifolium; dans ces derniers temps, il a été rétabli et généralement adopté par les botanistes , qui se sont bornés à en détacher un petit nombre d'espèces, soit pour les transporter dans des genres voisins (ex. : M. cœru • lea — Trigonclla cœrulcaSer.), soit pour fa iro de l'une d'elles le type d'un genre nouveau

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(M. crelica^=PococlciacreticaScr.). Il comprend aujourd'hui environ trente espèces qui habitent l'Europe moyenne et la région méditerranéenne. Ce sont des plantes herbacées, glabres sur leurs diverses parties, dont la tige est dressée ou ascendante, souvent élevée, dont les feuilles sont pennées-trifoliolées , fréquemment bordées de dents aiguës ; dont les fleurs, presque toujours jaunes, quelquefois blanches, sont petites, réunies en grappes allongées, axillaires et presque terminales , et présentent l'organisation suivante : un calice campanule, à 5 dents allongées, peu inégales; une corolle papilionacée, dont le» ailes adhèrent, au-dessus de ,1'ouglet, à la carène , qui est obtuse; 10 étamines diadelphes ; un pistil dont l'ovaire est rétréci à sa base en pédicule, et 2-8ovulé. Le principal caractère de ces plantes consiste dans leur légume, entouré à sa parlie inférieure par le calice, qu'il dépasse, membraneux ou coriace, rugueux ou veiné à sa surface, indéhiscent, à 1-4 graines.

C'est d'après la forme et l'état de la surface de ce légume que M. Seringe 1 |ME?* tagé les Mélilots en trois sections o& h<raâgenres, dont les noms indiquent les caractères dis Une tifs.

a. Cœlorutis , Ser. Légume marqué de sillons lacuneux.

C'est à cette section qu'appartiennent la plupart de nos espèces françaises, dont les plus répandues sont les Melilotus aliissima Thuill., leucantha Koch, et officinales Willd. Cette dernière (Trifolium melilotus officinalis Lin.) est une plante annuelle, qui croît communément dans les prés et le long des champs de presque toute l'Europe ; 6a tige est droite, rameuse, à branches étalées, et s'élève à 7-8 décimètres; les folioles de ses feuilles sont lancéolées, oblongues, obtuses, découpées sur leurs bords en dents de scie écartées; ses stipules sont grêles et sétacées; ses Heurs sont jaunes, réunies: en grappes deux fois plus longues que les feuilles ; leur calice est renflé en dessus à sa base, divisé à son bord en dents inégales, de longueur égale à celle du tube; l'étendard de la corolle et ses ailes égalent en longueur la carène; le premier est marqué de stries longitudinales. Le légume est obové , pubescent dans l'état jeune, assez renflé; il renferme deux graines en forme de cœur, à

côtés inégaux. Malgré sa dénomination spécifique, le Méiilot officinal n'a que des usages très peu importants en médecine. On emploie sa décoction, à l'extérieur, en lo- ' tions, particulièrement contre les inflammations de l'œil , et en lavements. Toute la plante est regardée comme émolliente , et ses fleurs passent pour carminatives. Elle est remarquable par son odeur agréable , qui devient plus prononcée par la dessiccation, et que certains auteurs ont attribuéeà l'acide benzoïque qui existe en elle. Cette espèce, et les Mélilots en général, sont quelquefois cultivés comme plantes fourragères; mais les avantages de cette culture sont assez peu prononcés pour qu'elle n'ait pris encore que peu d'extension.

b. Plagiorutis, Ser. Légume marqué de sillons transverses , légèrement arqués. Comme appartenant à cette section, nous citerons le M. arvensis Wallr.

c. Campylorutis, Ser. Légume ové ou obové, marqué de veines arquées , rapprochées. A. cette troisième section appartiennent les M. vulcata Desf., et messanensis Desf. (P. D.)

*MEL3NA (jttjXtV/}, de couieur jaunâtre). ins. — Gen^e de Coléoptères téèramères, famille des Cycliques, tribu des Colaspides, créé par nous, et adopté par Dejean (Catalogue, 3e édit., p. 433) , qui en mentionne les trois espèces suivantes : M. calceata, decempunctata et erotyloides Dej. Elles sont originaires du Brésil. (C.)

MËLINET. Cerinthe. bot. pu. — Genre de la famille des Aspérifoliées-Borraginées» Anchusées, établi par Linné {Gen., 186), et dont ies principaux caractères sont : Calice à 5 folioles inégales. Corolle hypogyne, cylindrique, nue a la gorge, à limbe 5-denté. Étamines 5, insérées au tube de la corolle, incluses ; anthères sagittées, lobées a la base. Ovaire à 2 lobes 2-loculaires. Style simple; stigmate émarginé. Deux noix biloculaires , fixées sur un réceptacle plan. — Les Mélinets sont des herbes des contrées centrales et australes de l'Europe, velues ou lisses, à feuilles alternes, très entières ou dentelées; à fleurs disposées en grappes terminales.

Les espèces de ce genre, peu nombreuses, ont été réparties par Reichenbach (Flor. excurs., 339) en deux sections, nommées : Ceranthe: limbe de la corolle 5-fide; filaments -Ses étamines presque nuls; noixmo-

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nospermes par ravorternent de Tune des loges; Cerinthe: limbe de la corolle à 5 dents très courtes; filaments des étamines égalant les anthères; noix 2-loculaires , dispermes.

MELINIS. bot. pu. — Genre de la famille des Graminées-Panicées , établi par Palisotde Beauvois (Agrost., 54, t. II, f.4), Gramens du Brésil tropical. Voy. graminées.

*MELINOPTERUS (pfttvo's , jaunâtre ; Trr/pov, aile), ins. — Genre de Coléoptères pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides arénicoles, créé par Mulsant (Hist. nat. des Coléopt. de Fr., 1842, p. 282). Les trois espèces d'Europe suivantes y sont rapportées : M. {aphodius des auteurs) contaminants Hbst., obliteratus Heyden et prodromus Braham. (G.)

*MELINOSPERMUM ( pAiy«e , miel ; (jTr/pfxa, graine), bot. pu. — Genre de la famille des Légumineuses-Papilionacées- Lotées, établi par Walpers (tn Linnœa, XIII, 527). Herbes du Cap. Voy. légumineuses.

*IMELIOLA (:j.7ikov, pomme), bot. cr. — Genre de Champignons delà classe desClinosporés. Les réceptacles sont ronds, fragiles, placés à la base de petites soies raides ; ils renferment dans leur intérieur un clinode dont les divisions supportent à l'extrémité des spores ovales, noires et cloisonnées. Les espèces de ce genre croissent sur les feuilles, dans les contrées chaudes ou tropicales, sur lesquelles elles forment des taches noires, orbiculaires ou confidentes, qui rappellent les Fumago. On les a considérées comme des Sphéries ; mais les spores n'étant pas renfermées dans des thèques, elles doivent nécessairement en être séparées. Les longues soies au milieu desquelles les réceptacles se développent ont été prises par Sprengel, Fries et d'autres mycologues, pour desostioles, mais elles ne sont véritablement que des parties accessoires, puisqu'elles existent à la marge, où l'on ne voit pas de réceptacles. (Lév.)

*MELIOHMS, G.-R. Gray. ois. — Syn.

de Philedon, Cuvier. Voy. philedon. (Z. G.)

*MELlOSMA fjrtlt, miel; àrpî, odeur).

bot. pu. — Genre de la famille des Méliosmées, établi par Blume (Flor. Jav. Prœf., VII). Arbres de l'Asie tropicale. — Voy.

MELIOSMÉES.

*MÉLIOSMÉES. Meliosmeœ. bot. pu. — Cette famille est indiquée par M. Endltcber

plutôt qu'établie, ne comprenant encure qu'un genre unique avec les caractères duquel se confondent les siens. Elle est placée à la suite des Sapindacées avec laquelle nous l'examinerons. (Ad. J.)

MÉLIPHAGE. Meliphaga. ois. — Division du g. Philedon. Voy. ce mot. (Z. G.)

*MÉLIPIIAGIDÉES. Meliphagidœ. ois.

— Famille de l'ordre des Passereaux établi pour la plupart des espèces de cet ordre, qui ont la langue terminée par un pinceau de fibres. G.-R. Gray (A list of the gênera ) la divise en trois sous-familles : celle des Myzomélinées (Myzomelinœ), qui renferme les genres Myzomela, Acanthorhynchus et Glyciphil a ; celle des Méliphaginées (Meliphaginœ), qui comprend les genres Meliornis , Prosthemadera , Plilolis, AnLhornis, Philcmon , Phyllornis, Meliphaga, Anlhochœra% Acanlhogenys, Entomyza et Tropidorhynchus; et celle des Mélilhreptinées (Melilhrcptinœ), dont font partie les genres Plectoramphus, Manorhina, Psophodeus , Eidopsarus, Melithreplus et Entomophila. (Z. G.)

MÉLIPHAGINÉES. Meliphaginœ. ois.-~

Voy. MÉLIPHAGIDÉES.

*MELIPHLEA, Zuccar. bot. pu. — Syn.

de Sphœralcea , Saint-Hil.

MELIPHYLLUM, Bent. bot. ph. — Voy, mélisse.

1\ÎELIPQ!\TA (at/t, miel; «r&voç, travail). ins. — Genre de la tribu des Apiens (Mellifères de Latreillc), familledes Apodes, groupe des Méliponites, de l'ordre des Hyménoptères, établi par Illiger et adopté par tous les entomologistes. Voy. méliponites. (Bl.)

MÉLIPONITES. Meliponitœ. ins. -• Groupe de la tribu des Apiens (Mellifères, Lalr.), de l'ordre des Hyménoptères , caractérisé par des pattes postérieures dont les jambes sont élargies et munies d'une espèce de peigne à l'angle interne, et le premier article des tarses inerme et dilaté à l'angle externe de sa base , et par une langue cylindrique presque aussi longue que le corps.

Les Méliponites se rapprochent considérablement des Abeilles : ce sont même les Insectes qui leur ressemblent le plus. II y a entre ces Hyménoptères des caractères communs extrêmement faciles à saisir. Comme les Abeilles , les Méliponites ont une langue allongée qui leur permet de sucer dans le n-ectaire des fleurs ; des pattes propres à la ré-

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coite du pollen. Comme les Abeilles encore, les Méliponites ont trois sortes d'individus, des mâles, des femelles et des neutres, ces dernières construisant des demeures pour y élever les larves. Ce sont donc également des Hyménoptères constituant de nombreu • ses sociétés.

Les Méliponites ressemblent aussi à nos Abeilles par leur aspect général ; mais cependant elles sont plus petites , elles ont un corps plus ramassé et plus velu, des pattes postérieures beaucoup plus longues, comparativement à la dimension du corps.

Les Méliponites diffèrent non seulement des Abeilles, mais encore de tous les Hyménoptères qui construisent des nids, par l'absence d'un aiguillon. On peut, en effet, toucher les Mélipones sacs le moindre danger, car elles sont dépourvues de toute arme offensive et défensive; chez elles, on peut retrouver des traces d'un aiguillon, mais c'estici un organe tout-à-fait rudimentaire, n'ayant pas de vésicule pour la sécrétion du venin. On comprendra combien ce fait est important à noter, non seulement sous le rapport de la zoologie et de l'anatomie comparée, mais aussi sous le rapport des modifications dans les habitudes de ces Hyménoptères que doit nécessairement entraîner la présence ou l'absence d'un aiguillon. Chez les Méliponites , il ne peut y avoir entre les femelles ces combats à mort qu'on observe parfois chez les Abeilles.

Les mœurs de ces Insectes sont, au reste, fort mal connues , et cela n'a rien qui doive surprendre; les Méliponites, étant toutes étrangères à l'Europe, n'ont pu être étudiées avec tout le soin qu'exigerait l'intérêt du sujet. La plupart des renseignements ont été répandus par les récits de quelques voyageurs, qui eux-mêmes n'avaient fait que des observations très peu nombreuses et très superficielles.

Les Méliponites habitent exclusivement les régions chaudes du nouveau continent et quelques îles de l'Archipel indien. Leurs espèces paraissent fort nombreuses ; nos collections n'en renferment guère plus d'une cinquantaine, mais il est probable et même presque certain que beaucoup d'autres sont encore à découvrir. Les individus de plusieurs espèces américaines sont fort abondants. Cependant nous ne connaissons très

génvralement que les individus neutres, ou ouvrières; les mâles et les femelles n'ont presque jamais été recueillis par les voyageurs.

Ces Hyménoptères établissent leur domicile dans les creux de certains troncs d'arbres, ou quelquefois entre les branches. On les y rencontre abondamment dans les vas* tes forêts de l'Amérique méridionale. CeC industrieux Insectes construisent , comme les Abeilles , les loges de leurs larves avec la cire qu'elles ont, comme ces dernières, la propriété de sécréter. Leurs nids consistent en une série de gâteaux superposés et disposés horizontalement; mais ici ces gâteaux n'ont pas , comme ceux des Abeilles , (leur, rangées de cellules opposées. Sous ce rapport , les gâteaux de nos Méliponites ressemblent à ceux des Guêpes, n'offrant des cellules que d'un seul côté.

Le capitaine Beechy a publié la description et la représentation du nid d'une Mélipone du Mexique; M. Pierre Huber {Mém. de la Soc. de phys. et d'hist. natur. de Genève, t. VIII, 1839) a publié aussi une notice pleine d'intérêt sur une espèce également mexicaine, qui est devenue domestique au Mexique, où elle a été observée par le capitaine Basil Hall. Depuis, nous avons eu nous-même, à Paris, l'occasion de voir les constructions de deux espèces brésiliennes, ayant encore leurs habitants parfaitement vivants. Une dame, aimant beaucoup l'histoire naturelle, avait eu la patience et pris tout le soin nécessaire pour amener de Rio-Janeiro à Paris ces curieux Hyménoptères, qui ont vécu encore plusieurs mois , allant recueillir le pollen et sucer le miel des fleurs dans un jardin de la rue Saint-Lazare. Tous les individus de l'une des deux espèces ne tardèrent pas à succomber; c'était une petite Trigone ( Trigona pallida Lep. St-Farg.). Quant à ceux de l'autre espèce, d'une taille bien supérieure, c'était la Melipona anthidioidesLep. St-Farg., qui est noire , avec des bandes jaunes sur l'abdomen ; on les conserva vivants à Paris depuis le mois de mai jusqu'à la fin de septembre ; et déjà ces Insectes avaient vécu enfermés dans une petite caisse pendant toute la traversée de Rio-Janeiro en France et le voyage par terre jusqu'à Paris. Une petite provision de miel avait suffi à leur nourriture durant

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tout ce temps. Au moment où leur prison leur fut ouverte, ces Insectes étaient faibles et volaient difficilement; mais au bout de peu de jours on les voyait quitter leur ruche placée sur une terrasse, aller pomper ie miel des fleurs et recueillir le pollen dans un jardin voisin. Quand le temps était beau, on les voyait fréquemment rentrer et sortir, comme le font continuellement nos Abeilles. Ces laborieux Hyménoptères semblaient ne pas s'apercevoir qu'ils eussent change de climat. On voyait leur nid s'augmenter peu à peu par de nouvelles constructions. Déjà j'espérais pouvoir conserver en captivité, et en quelque sorte élever en domesticité , ces industrieux Insectes. Déjà j'étais heureux de penser qu'on pourrait étudier tous les détails de leurs habitudes, et savoir exactement les différences qu'elles présentent, sous ce rapport, avec nos Abeilles. Mais cet espoir devait bientôt s'évanouir. Dès ie mois de septembre, on les vit mourir successivement , et dans l'espace d'une quinzaine de jours, l'habitation était devenue complètement déserte. Je désirais bien vivement examiner l'intérieur de ce nid pourvoir s'il n'existait pas à l'intérieur des cellules de grandeurs différentes , comme chez les Abeilles , pour les larves des mâles , des femelles et des neutres, et peut-être aussi pour y trouver une ou plusieurs femelles , car jamais je ne pus voir que des neutres; mais il me fut impossible d'obtenir la permission d'examiner ce nid et d'en rompre le moindre fragment. La personne qui avait fait des sacrifices de toutes sortes pour conserver ces Méliponites se désola au plus haut degré quand elle les vit mourir. Elle tint à conserver intact leur nid , sous un bocal , comme une précieuse relique. 11 me fallut donc, à mon grand regret, renoncer à mieux connaître les constructions des Méliponites. Toutefois nous savons que leurs habitations ne diffèrent pas seulement de celles de nos Abeilles par l'existence d'une seule rangée de cellules à chaque gâteau. Elles ne placent pas, comme ces dernières, leurs provisions de miel dans des cellules analogues à celles qui servent de berceaux aux larves; elles construisent sur les côtés de leur nid , pour conserver leur miel , des godets d'une dimension dix fois supérieure à celle des loges des gâteaux ; ce sont des sortes d'amphores

un j)eu irrégulières. Les Méliponites les remplissent peu à peu, et quand elles sont suffisamment pleines , elles en prolongent les parois de manière à former un couvercle et à les clore exactement. J'ai vu moi-même quelques unes de ces amphores de la Melipona anthidioides s'agrandir et se remplir du miel puisé sur les fleurs cultivées dans nos jardins.

Il semble que cette distinction que font les Méliponites dans la construction <]: . vases devant servir à contenir le miel et 3c cellules destinées seulement aux larves i:: dique quelque chose de plus parfait encore que la construction uniforme des Abeille. Les Méliponites ménagent beaucoup moin > la matière ; car ces amphores à miel en emploient une très grande quantité , et les gàieaux n'offrant qu'une rangée de cellules, il en faut nécessairement une quantité bien supérieure pour un nombre égal de cellules.

On ignore encore si les Méliponites constituent des sociétés aussi nombreuses que nos Abeilles. D'après la dimension des nids que nous avons vus, il est certain que les habitants n'avaient jamais pu être comptés par 15, 20 ou 25,000, comme chez les Abeilles. Toutefois ceci ne prouverait rien; il serait possible qu'ils acquissent un développement plus considérable d'année en année. Nous ne savons pas non plus si les sociétés des Méliponites sont durables ou si au contraire elles sont annuelles, comme celles des Bourdons et des Guêpes; cependant le premier cas est le plus probable. On ne sait pas davantage si elles se multiplient par essaims, fondant de nouvelles colonies quand l'ancienne habitation est trop chargée d'habitants, ou bien, au contraire, si les habitations peuvent s'étendre sans limites.

On n'a pu même reconnaître jusqu'ici s'il existait , dans la ruche des Méliponites, une seule femelle féconde, une reine, comme chez les Abeilles, ou bien si, au contraire, il s'en trouve plusieurs dans la même demeure. Un entomologiste qui s'est occupé de ces intéressants Hyménoptères, M. Spinola (Ann. des se. nat., 2e série, 1640), a fait remarquer le premier combien les femelles fécondes de Mélipones étaient de petite taille. Sous ce rapport, il n'existerait pas de différence sensible entre elles;

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et les ouvrières, tandis que chez les Abeilles l'abdomen des reines est toujours d'un volume bien supérieur à celui des neutres. D'après ce fait , ce savant a été conduit à regarder les Méliponites comme devant pondre un petit nombre d'œufs, et de là la probabilité de l'existence de plusieurs femelles fécondes dans le même nid. C'est aussi ce qui nous paraît le plus probable ; rar, comme nous l'avons fait remarquer ailleurs (Hist. des Insectes, t. I, p. 15), les Méliponites n'ayant pas d'aiguillon , il ne saurait y avoir entre plusieurs femelles ces combats à mort qui ont lieu parmi les Abeilles entre les reines. Cette circonstance nous fait penser que plusieurs femelles fécondes peuvent vivre en bonne intelligence dans les nids des Méliponites. Mais l'observation directe manque; on en est réduit aux conjectures.

Les Méliponites ne sont pas farouches; elles passent même, au Brésil et à la Guianc, pour être familières jusqu'à I'importunité. Elles sont donc connues de tout le monde dans l'Amérique méridionale; elles le sont même d'autant mieux qu'on va souvent détruire leurs nids pour s'emparer du miel et de la cire. Les sauvages américains ne craignent pas d'enfumer et de tuer ces Insectes, si utiles pour eux, dans le seul but de s'emparer plus facilement de leur miel.

Cependant quelques personnes plus éclairées ont tenté de transporter du couvain dans une ruche artificielle , comme on le fait généralement pour les Abeilles. Ce moyen , assure-t-on , aurait réussi pour quelques espèces ; mais il n'en aurait pas été ainsi pour toutes.

Dans chaque localité, les sauvages et les colons ont adopté des noms pour chaque espèce ; c'est une série de dénominations assez baroques pour des oreilles européennes, qu'on trouve rapportées dans diverses relations de voyages , et , par suite , dans certains ouvrages d'entomologie.

La cire des Méliponites a été étudiée, comparativement à celle des Abeilles , par M. Lewy (Ânn. de chirn. et de phys., t. XIII, 3e série).

Ce chimiste l'a trouvée composée de 50 parties pour cent de cire de palmier, plus de 45 parties de cérosie et de 5 parties de matière huileuse. Ce résultat est plein d'in-

térêt au point de vue physiologique; car il prouve que les Méliponites , comme les Abeilles, ne sécrètent pas directement la cire, mais la récoltent sur les végétaux en lui faisant subir une élaboration. Il paraît cependant, comme l'ont montré les observations de MM. Milnc-Edwards et Dumas , que ces Insectes , absorbant une petite quantité de cire végétale, ont la faculté d'en produire une quantité beaucoup plus considérable. Des expériences faites sur des bestiaux, à l'égard de la graisse, par M. Boussingault, ont donné un résultat analogue.

Plusieurs auteurs se sont occupés des Méliponites sous le rapport de leur conformation extérieure et de leurs habitudes. Scabra a publié une notice en espagnol ; Huber a donné une notice dans les Mcm. de la société de Genève, t. VIII; M. Spinola, que nous avons déjà eu l'occasion de citer, a publié un Mémoire plein d'intérêt sur ce sujet. Ce savant entomologiste a observé le premier que les Méliponites ouvrières n'olîraient, sous les segments de leur abdomen, qu'une seule cavité propre à la sécrétion de la cire au lieu de deux, comme chez les Abeilles. Il a montré que les jambes postérieures devaient seules servir à détacher de l'abdomen les lamelles de cire, l'angle supérieur de l'extrémité étant aigu et souvent prolongé en arrière, et l'angle interne toujours armé d'une espèce de peigne pourvu de neuf à onze branches spiniformes, courbes, dirigées de bas en haut , et terminées en pointe aiguë. Dès lors le premier article du tarse, servant, chez les Abeilles, à l'extraction de la cire, est ici tout-à-fait impropre à cet usage. II est de forme presque triangulaire, avec sa base étroite et le bord complètement inerme.

Quant à la description des espèces du groupe des Méliponites , elle a été faite surtout par Latreille dans le Voyage de M. de Humboldt, et par Lepeletier île Saint- Fargeau, qui en décrit 35 espèces dans son Histoire des Hyménoptères (suites à Buffon, Roret). Depuis , M. Guérin , dans le texte de son Iconographie du Règne animal, en a fait connaître plusieurs espèces nouvelles.

Nous admettons deux genres seulement dans le groupe des Méliponites , et encore sont-ils très voisins l'un de l'autre : ce sont les genres Mclipona et Trigona. Le premier, caractérisé surtout par un abdomen

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convexe en dessus, à peine caréné en dessous, et le second , par un abdomen triangulaire et caréné en dessous. Latreille avait voulu introduire une quatrième division sous le nom de Telragona, mais tous les entomologistes l'ont réunie aux Trigones. (Bl.) *MËLISGDERA (fA&tffGè, blaireau ; Sép-n, cou), ins. — GenredeGoléoptèrespentamèrcs, famille des Carabiques, tribu des Ozœnides, créé par Westwood (Mag. zool., 1835) et adopté par Hope (Coleopt. man., 1838, p. 108). L'espèce type et unique, le M. picipennis West., est originaire de la Nouvelle Hollande. (G.)

MÉMSSJE. Melissa, Benlh. bot. pu. — Genre de plantes de la famille des Labiées, de la didynamic gymnospermie dans le système de Linné. Tel qu'il a été limité par M. Bentham (Labiat. gen. etspec, p. 383), et que nous l'admettons ici, il comprend non seulement les groupes établis par Tourncfort sous les noms de Melissa et Calamintha, et réunis par Linné dans ses Melissa, mais encore une portion des Clino podium et des Thymus du botaniste suédois. Même après la réforme que ce genre a subie , ses limites sont encore un peu vagues , comme cela a lieu du reste pour beaucoup de genres appartenant à des familles très naturelles. Les Mélisses sont des plantes herbacées, plus rarement sous-frutescentes , qui habitent presque toute l'Europe, la région méditerranéenne et le nord de l'Asie; deux d'entre elles se trouvent en Amérique et une troisième dans les Indes orientales. Leurs fleurs sont purpurines , blanchâtres ou jaunes. Elles se composent d'un calice tubulcux à 13 nervures, souvent strié, dont le limbe est divisé en deux lèvres, la supérieure à 3 dents, l'inférieure bifide, dont la gorge est nue ou velue ; d'une corolle à tube droit ou courbé-ascendant, nu intérieurement, à gorge le plus souvent renflée, à limbe divisé en deux lèvres dont la supérieure est dressée, presque plane, entière ou émarginéc, dont l'inférieure est étalée, à trois lobes plans , entiers ou émarginés , le médian ordinairement plus large ; de 4 éta •• mines didynames, le plus souvent rapprochées par paires au sommet, dont les supérieures parfois stériles; d'un style à deux lobes tantôt égaux, subulés, tantôt inégaux , l'inférieur étant allongé, re-

T. VIII

courbé , aplani. Les achaines sont secs et lisses.

Les Mélisses ont été divisées par M. Bentham en 7 sections ou sous-genres, dont nous allons donner le tableau d'après le botaniste anglais, en signalant dans chacune d'elles les principales espèces qu'elle renferme et en décrivant les plus importantes: 1. Calamintha. Grappes lâches , presque déjetées d'un seul côté. Cymes pédoncuiées, dichotomes (au moins les inférieures). Calice à peine gibbeux à sa base , velu intérieurement à la gorge. A cette section se rapportent entre autres deux espèces assez répandues et assez intéressantes pour mériter de nous arrêter un instant.

Mélisse népéta , Melissa nepela Linn.

( Thymus nepela Smith ). Cette plante est très commune dans les lieux secs, le long des chemins, etc., dans les parties surtout méridionales de l'Europe. Sa tige est herbacée, décombante ou ascendante, rameuse, à rameaux couchés, ascendants ou dressés, allongés, légèrement tétragones , revêtus de poils serrés. Ses feuilles sont pétiolées, ovales-élargies , obtuses au sommet, crénelées sur leurs bords, velues à leurs deux faces , rugueuses , d'un vert foncé en dessus, blanchâtres en dessous. Ses fleurs sont blanches ou légèrement purpurines, marquées de points plus colorés , réunies en une grappe composée, lâche, allongée, multiflore; leur calice a ses dents peu inégales, les supérieures courtes, ovales, aiguës, les inférieures subulées , un peu plus longues ; leur corolle n'est qu'une fois et demie environ plus longue que le calice. Cette plante a une odeur forte qui rappelle assez bien celle de la Menthe-Pouillot; elle a des propriétés stimulantes assez prononcées.

Mélisse calatïIent, M. calamintha Linn.

( Thymus calamintha Scop.). Celle espèce croît dans les mêmes lieux et plus au nord que la précédente, à laquelle elle ressemble et de laquelle il importe de la distinguer. Sa tige, également herbacée, est plus droite; elle émet des rameaux ascendants ; se?

feuilles ressemblent, pour la configuration, à celles de la précédente, mais elles sonl moins obtuses, leurs dents sont moins arrondies, leurs deux faces sont également vertes. Ses fleurs sont réunies en une grappe

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composée, lâche, formée de cymes très lâches, pauciflores, presque dichotomes; leur calice est nettement bilabié, au moins deux fois plus court que la corolle. Quoique d'un usage restreint, celte espèce est quelquefois substituée à la Mélisse officinale, dont elle c les propriétés affaiblies. On emploie Tinfusion de ses sommités.

2. Calomelissa. Faux verlicilles multiflores, égaux, serrés. Calice velu intérieurement à la gorge: M. Caroliniana.

3. Acinos. Faux verlicilles à 6 fleurs environ , portés sur des pédicelles courts et raides. Bractées presque nulles. Calice gibbeux en dessous à sa base , velu intérieurement à la gorge. C'est à cette section qu'appartient une espèce très commune dans nos champs, la Mélisse des champs, M. acinos Benth. {Thymus acinos Lin.), petite plante herbacée, annuelle, presque dressée , pubescente ou velue ; à feuilles ovales, un peu dentées en scie , dont les florales ont la même configuration et dépassent les fleurs ; celles-ci sont au nombre de 6 par faux verticille, presque sessiles, et leur corolle déborde à peine le calice. Une autre espèce qui se rapproche beaucoup de la précédente est la Mélisse des Alpes, M. alpina Benlh. (Thymus alpinus Lin.), plante qui croît dans les lieux pierreux de nos chaînes de montagnes ; elle est vivace ; elle se distingue de la Mélisse des champs par sa tige presque ligneuse à sa base et très rameuse; par ses feuilles plus petites et proportionnellement plus larges ; par ses fleurs plus grandes, dont le calice est rougeâtre et deux fois au moins plus court que la corolle.

4. Clinopodium. Faux verlicilles multiflores ou pauciflores, lâches, égaux, à pédoncule commun presque nul. Bractées grêles , tantôt petites, tantôt de même longueur que le calice. Gorge du calice nue ou peu velue. A celle section appartient la Mélisse clinopode, M. clinopodium Benth.

(Clinopodium vulg are Lin.), plante très commune le long des haies et des chemins, ainsi que dans les bois découverts de toute l'Europe et des parties moyennes de l'Asie. Nous nous bornerons à la mentionner. Elle a figuré dans l'ancienne matière médicale ; mais elle est aujourd'hui inusitée. Elle se fait remarquer par son défaut presque com-

plet d'odeur, particularité rare parmi les Labiées.

5. Meliphyllum. Faux verlicilles pauciflores, un peu lâches, déjetés d'un seul côté. Bractées peu nombreuses, ordinairement ovales. Calice étalé, nu ou à peine pileux à la gorge. Corolle jaune ou blanchâtre. C'est à ce sous-genre qu'appartient l'espèce du genre la plus remarquable et la plus intéressante à connaître, la Mélisse officinale, M. officinalis Lin. C'est une plante herbacée très variable sous le rapport de sa taille, de sa villosilé , de la grandeur de ses feuilles, de la longueur de sa corolle. Sa tige est droite, plus ou moins velue, et s'élève de 3 à 10 décimètres ou même un peu audelà. Ses feuilles sont ovales-élargies, crénelées sur leur bord, tronquées ou en cœur à leur base , les florales et les raméales plus petites, toutes obtuses ou les supérieures seulement aiguës, à poils assez raides sur leurs deux faces , vertes, ridées. Ses fleurs sont blanches ou d'un jaune pâle , groupées à l'aisselle des feuilles florales en faux verlicilles distants. Leur calice est béant et à peu près nu à la gorge, à lèvre supérieure plane, tronquée, pourvue de trois dents courtes, de moitié plus court que la corolle. Cette plante exhale , surtout quand on la frotte, une odeur agréable de citron qui lui a valu le nom vulgaire de Citronnelle; mais cette odeur dégénère à mesure qu'elle arrive à un état plus avancé, ce qui oblige à la recueillir pour l'usage un peu avant l'époque de la floraison. Sa saveur est amère et un peu aromatique. On en fait très souvent usage en médecine en diverses circonstances. Comme antispasmodique , elle est fréquemment usitée dans les affections nerveuses, et son eau distillée entre habituellement dans les potions calmantes. Comme excitante et tonique , on la prescrit dans plusieurs maladies accompagnées ou provenant de débilité dans les organes; les anciens en faisaient encore plus souvent usage que les modernes sous ce rapport. On l'emploie encore comme cordial, stomachique, etc., comme diurétique, emménagogue, etc. Par la distillation , on en obtient une huile essentielle qui partage les propriétés de la plante. On a recours principalement à son infusion ; enfin on se sert encore de la plante entière réduite en poudre.

6. Macromelissa. Faux verticilles lâches, le plus souvent pauciflores ; cymes en forme d'ombelles , presque dicholomes. Calice étalé , à gorge nue ou à peine pileuse. Corolle purpurine ou rouge. Étamines non rapprochées. C'est dans cette section que rentre notre Mélisse a grandes fleurs , /¥. grandiflora Lin. (Thymus grandiflorus Scop.), jolie plante, remarquable par ses corolles renflées à la gorge, les plus grandes du genre, qui croît sur plusieurs points de la France , dans les lieux frais et ombragés.

7. Heleromelissa. Faux verticilles irréguliers, déjetés d'un seul côté. Calice allongé, à peine bilabié, à dents droites presque égales : M. longicaulis. (P. D.)

*MÉLISSINÉES.JlfeItssiM<?œ. bot. ph. — Tribu de !a famille des Labiées, ainsi nommée du genre Métissa, qui lui sert de type.

(An. J.)

MELÏSSODES. ins.— Genre de la tribu des Apiens, groupe des Anlhophorites , de l'ordre des Hyménoptères, établi par Latreille , et caractérisé par des antennes filiformes très longues dans les mâles , àes palpes maxillaires de quatre articles, etc. Les espèces de ce genre sont américaines. M. de Romand en a fait connaître une espèce sous le nom de M. Foscolombei dans le Ma* gasin de zoologie. Nous en avons aussi représenté une espèce de la Guiane dans l'allas de la nouvelle édition du Règne animal de Cuvier (Ins.t pi. 12S bis); celle-ci porte le nom de il/. Leprieurei. (Bl.)

*.\1ELISS0IDES, Bent. bot. pu. — Voy.

TLECTRANTHUS.

AIELIT/EA (nom mythologique), ins. — Genre de l'ordre des Lépidoptères diurnes, tribu des Argynnides, établi par Fabricius (Ent.Syst.f t. III), et généralement adopté. Duponchel, dont nous adoptons la classification qu'il a lui-même suivie dans son Uist. tes Lcpidopl . , le caractérise ainsi : Antennes oresque aussi longues que le corps , terminées brusquement par un bouton turbîné ou pyriforme, un peu aplati en dessous. Palpes minces; leur second article hérissé de longs poils; le troisième moins velu et très aigu. Yeux moins gros que dans les Argynnis. Abdomen presque aussi long que les ailes inférieures, et dont l'extrémité dépasse la gouttière abdominale dans l'état

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de repos. Ailes entières ou à peine dentelées, et jamais ornées de taches d'argent.

Les chenilles sont garnies de tubercules charnus, cunéiformes, couverts de poils courts et raides. Les chrysalides sont obtuses antérieurement, avec six rangées de points verruqueux sur le dos; sans taches métalliques, mais de couleurs variées.

Ce g. renferme 17 espèces , la plupart d'Europe, où elles vivent dans les bois; nous citerons principalement la Melilœa Ar~ ternis, qui habite les environs de Paris. Elle a le corps noir ; les ailes d'un brun noirâtre, légèrement festonnées, ayant des taches fauves et jaunes , disposées par bandes transversales; les postérieures fauves en dessous, avec trois bandes d'un jaune pâle, et une rangée de taches ocellées.

MÉLÏTE. Melila. crust. — Synonyme d'Ischyrocère. Voyez ce mot. (IL L.)

MÉLÏTE et MÉLITÉE. Melilœa (nom mythologique), polyp. — Genre de Polypiers établi sous ce dernier nom par Lamouroux, et que, par erreur, Lamarck changea en celui de Mélite. Il fait partie de l'ordre des Isidées dans la section des Polypiers corticifères, et comprend plusieurs espèces précédemment décrites comme des Isis par Linné, Solander, Esper, etc. Les animaux de ce genre ne sont pas connus, mais ils sont très probablement analogues à ceux des Isis et des Gorgones, c'est-à-dire pourvus de huit tentacules pinnés. Le Polypier est fixé, rameux, composé d'un axe articulé pierreux et d'un encroûtement cortical contenant les Polypes à l'état frais, ou mince, ccllulifère, et persistant dans l'état sec. Les articulations pierreuses sont un peu striées longitudinalemcnt et séparées par des entre nœuds spongieux et renflés. Les Mélitées se distinguent des Isis parce que celles-ci ont les entre-nœuds au contraire plus resserrés et de consistance cornée, et en même temps l'écorce plus épaisse. Les Mélitées sont aussi beaucoup plus ramifiées et leurs rameaux sont souvent anastomosés comme ceux des Gorgones. On en connaît quatre espèces ordinairement remarquables par leur coloration en rouge vif ou rose, ou en jaune. Quelques échantillons, conservés dans les collections, ont près d'un mètre de hauteur.

(Duj.)

MÉLÏTÉE (nom mythologique), acal.—

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Genre établi par Péron et Lesucur parmi leurs Méduses gastriques, monostornes, pédonculées , brachidées et non tentaculées. 11 a pour caractères : Huit bras supportés par autant de pédoncules, et réunis en une espèce de croix de Malte; sans organes intérieurs apparents. Lamarck réunissait la seule espèce, M. purpurea, type de ce genre, à ses Orythies qui ont un pédoncule avec ou sans bras , une bouche centrale , et qui sont dépourvues de tentacules. M. dcBlainville, au contraire, a admis le genre de Péron et Lcsueur, mais il Ta caractérisé toutdifféremment, en lui attribuante une excavation intérieure , qui communique avec l'extérieur par huit ouvertures, formées par autant de pédicules d'attache percés au milieu, d'où naissent huit appendices brachidés fort courts. » Eschscholtz, déjà précédemment, avait réuni cette même espèce à ses Rhizostomes. M. Lesson , dans son Histoire des Acalèphes, a de nouveau admis le gen re de Péron, en y inscrivant une seconde espèce qu'il avait lui-même décrite d'abord sous le nom de Rhizosloma brachiura. Il pince les Mélitées dans la première tribu de son quatrième groupe, celui des Rhizostomécs ou Méduses à pédoncule central, portant des bras ou des appendices rameux ; cette tribu des Médusidées ou Méduses monostornes est caractérisée par un pédoncule plus ou moins allongé, ayant au sommet une ouverture quadrilatère qu'entourent quatre bras réunis à leur base. Les appendices du sac stomacal sont en forme de sac, et les ovaires flexueux sont surmontés par quatre cavités. La première espèce, M. purpurea, a souvent un demi-mètre de largeur et les bras très courts ; elle se trouve sur les côtes de l'île deWight. La M. brachyura est presque aussi large ; mais les bras, d'un rouge ocreux foncé, ont un mètre de longueur; son ombrelle est incolore, demi-transparente, avec le bord légèrement teint de rouille; elle habite près des côtes de la Nouvelle-Guinée. (Duj.) MÉLÏTHREPTINÉES. Melithreptinœ.

OIS. — Voy. MÉLIPHAGIDÉGS.

MELITHREPTUS, Vieillot, ois. — Syn.

de PMedon, Guvïer. Voy. fhiledon. (Z. G.)

*MELITONOMA fcAiWf , de couleur de miel; vipaq, qui partage), ins. —Genre de Coléoptères subpcntamères, famille des Tu-

bifères (Cycliques), tribu des Clythraire9 (Chrysomélines de Latreille), formé par nous et adopté par Dcjean (CataL, 3e éd., p. 443). Onze espèces font partie de ce genre; dix sont originaires d'Afrique, et la onzième est propre aux Indes orientales. Cette dernière, type du genre, est le Cryplocepkalus pollens de Fab. Parmi les autres, est la Clylliradeccmpunctalad'0\i\icv. (C.)

*MÉLïTOPHAGE. Melitopharjus, Boié.

ois. — Syn. de Merops, Linn. Voy. guêpier.

MELITOPIHLES. Melitophili ( paiera, miel, pris pour pollen des fleurs; quléu, j'aime), ins. — Sixièmesectionou tribu deColéoplèrcspentamèresjde la famille des Lamellicornes , établie par Latreille (les Crustacés, les Arachnides et les Insectes, t. I, p. 5G9), et composée d'insectes dont le corps est déprimé, le plus souvent ovale, brillant, sans cornes, avec le corselet trapézi forme ou presque orbiculaire; une pièce axillaire occupe, dans le plus grand nombre, l'espace compris entre les angles postérieurs et l'extérieur de la base des élytres. L'anus est découvert. Le sternum est souvent prolongé en manière de pointe ou de corne avancée. Les crochets des tarses sont égaux et simples. Les antennes ont dix articles , dont les trois derniers forment une massue toujours feuilletée. Le labre et les mandibules sont cachés, en forme de lames aplaties, entièrement ou presque entièrement membraneutes. Les mâchoires se terminent par un lobe soyeux en forme de pinceau, sans dents cornées. Le menton est ordinairement ovoïde, tronqué supérieurement, ou presque carré, avec le milieu du bord supérieur plus ou moins concave ou échancré. La languette n'est point saillante.

Des observations anatomiques faites par Léon Dufour sur ces Insectes , l'on peut conclure qu'ils sont de tous les Scarabéides ceux où le tube alimentaire est le plus court. Le ventricule chylifique a, communément, sa tunique extrême couverte de fort petites papilles superficielles en forme de points saillants. Le renflement qui termine l'intestin grêle n'est point caverneux, comme celui des Hannetons, L'armure copulatrice des mâles diffère aussi de celle de ces derniers. Les capsules spermatiques sont au nombre de dix ou de douze par chaque tes-

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