‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 28 sur 192 · M KL · texte numérisé non relu

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Les Bourdons construisent ieurs nids dans des prairies ou auprès des haies; la plupart emploient la mousse pour leurs constructions. Toujours ces nids sont creusés dans la terre ; c'est pour cela qu'on voit fréquemment les Bourdons entrer et sortir par un orifice assez étroit pratique à la surface du sol. Les sociétés de ces Hyménoptères, comme celles des Guêpes, ne durent jamais au-delà d'une saison; chaque automne, tous les habitants se dispersent ; les étales ont péri peu de temps après l'accouplement; les individus neutres, ou ouvrières, meurent quand les premiers froids se font sentir. Seules les femelles fécondes se cachent dans le creux des arbres, dans les fissures des murailles , dans tous les endroits propres à leur fournir un abri convenable. Elles y passent l'hiver dans un état d'engourdissement complet. Mais , dès qu'elles sentent les premières chaleurs du printemps, elles sortentdeleur retraite; le moment de pondre est venu; alors il devient nécessaire pour elles de construire une demeure pour recevoir leur progéniture.

Chaque femelle isolément choisit une cavité propice, la nettoie, la déblaie, et la dispose de la manière la plus convenable. Aussitôt après, elle apporte de la mousse et en recouvre l'habitation improvisée. La laborieuse femelle va ensuite recueillir du miel et du pollen , et en amasse ainsi une provision considérable ; elle en forme des boules, et dans chacune d'elles elle dépose alors un ou plusieurs œufs. Les larves , venant promptement à éclore, trouvent autour d'elles la nourriture qui leur convient. Quand la matière alimentaire vient à diminuer, l'industrieux Hyménoptère va recueillir d'autres provisions. Quand les larves ont pris tout leur accroissement, elles se fabriquent, au milieu des boules de pollen mêlé de miel, une coque soyeuse dans laquelle elles se transforment en nymphes, et peu de jours après les Insectes parfaits sortent cm cette étroite demeure. Comme chez les Guêpes, toutes les larves de cette première génération de l'année donnent naissance, sans exception, à des individus neutres, c'est-à-dire à des ouvrières. Alors celles-ci se mettent bientôt à l'œuvre; elles agrandissent le domicile, vont chercher de nouveaux matériaux, de nouvelles provisions.

La femelle ne participera plus à ces rudes travaux, mais bientôt elle va poudre des œufs dont il sortira des larves de mâles et de femelles, aussi bien que de neutres; et ce seront ces ouvrières qui leur donneront tous les soins nécessaires , ainsi que cela se passe dans les sociétés des Abeilles.

Les Bourdons qui construisent leur nid avec de la mousse , et c'est le plus grand nombre , forment au-dessous de l'enveloppe supérieure une seconde voûte à parois de cire. Avec cette cire , ils construisent aussi de petits godets dans lesquels ils déposent du miel. Les gâteaux sont très irréguliers, et sont composés de corps oblongs appliqués les uns contre les autres. La cire est sécrétée, comme celle des Abeilles, entre les anneaux de l'abdomen, seulement elle n'a pas les mêmes propriétés; sa couleur est d'un gris jaunâtre ou brunâtre; elle brûle facilement ; mais comme sans doute elle contient beaucoup de matières étrangères, elle ne se liquéfie pas complètement quand on l'expose à la chaleur.

On n'a pas observé si les larves des femelles reçoivent une nourriture différente de celle des ouvrières. Lepeletier de Saint- Fargeau pense qu'il doit en être ainsi par analogie avec ce qui se passe à cet égard chez les Abeilles.

Les Bourdons mâles et femelles nés au milieu de l'été produisent aussitôt une nouvelle génération qui n'arrive à l'état adulte que vers le mois d'août. Ces individus ont ordinairement une taille un peu supérieure à celle des précédents. C'est vers cette époque que les femelles , qui vont hiverner, reçoivent l'approche des mâles.

C'est dans les écrits de Réaumur qu'on trouve une série d'observations pleines d'intérêt sur les Bourdons. On doit aussi à Huber (Linnean Transactions , t. VI) un mémoire extrêmement important sur le même sujet.

La famille des Psilhyrides comprend le seul genre Psithyre , dont les espèces connues ne sont pas fort nombreuses. Les Psithyres ressemblent aux Bourdons d'une manière si frappante par leur grosseur, par leurs formes, par leurs couleurs , par leur aspect général, que pendant longtemps tous les entomologistes les ont confondus avec ces derniers, même ceux, comme Dahlbom,

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qui ont écrit spécialement sur les Bourdons. C'est Lepeletier de Saint Fargeau qui le premier les en a distingués, en montrant que ces Hyménoptères avaient des pattes postérieures simples , et se trouvaient ainsi complètement dépourvus d'organes propres à la récolte du pollen et propres aussi à construire des nuls. Cependant les Psithyrides, incapables d'élever leur progéniture, ont des larves aussi incapables de se procurer leur nourriture elles-mêmes que celles de tous les autres Mellifères. Chez ces Hyménoptères , il n'existe que deux sortes d'individus, des mâles et des femelles. Comme Lepeletier de Saint-Fargeau l'a bien observé, les femelles des Psilhyrus , si semblables aux Bourdons , pénètrent dans les nids de ces derniers sans que ceux-ci reconnaissent les Psithyres pour étrangers. Les œufs des deux espèces sont confondus, et les industrieux Bourdons nourrissent les larves de ces nouveaux hôtes aussi bien que les leurs.

C'est un instinct bien remarquable que celui qui porte la femelle du Psithyre à aller déposer ses œufs dans le nid des Bourdons. 11 n'est pas moins remarquable de voir que chaque Psithyre porte la livrée du Bourdon , chez lequel il s'introduit furtivement.

La famille des Anthophorides est divisée en trois groupes, les Euglossites , dont les jambes postérieures, très renflées dans les mâles , sont très dilatées, en forme de palette creuse , chez les femelles ; les Anlhophoriles , dont les jambes postérieures sont garnies en dessus de longs poils , ainsi que le premier article des tarses , et dont les mandibules sont pointues, et les Xylocopites, dont les jambes postérieures et le premier article de leurs tarses sont munis de longs poils touffus, et dont les mandibules sont élargies à l'extrémité.

Nous rattachons seulement au groupe des ïnglossites les deux genres Euglossa et Eulœma, dont toutes les espèces sont particulières à l'Amérique méridionale et aux Antilles. On n'a étudié ni leurs habitudes ni leurs métamorphoses. Quelques uns de ces Hyménoptères se font remarquer par l'éclat de leurs couleurs.

Le groupe des Anthophorites est beaucoup plus considérable. Nous y rattachons les genres Anlhophora, Sarropoda, Macroccra,

Eucera, Melissodes, Melillurgus. Ces Hyménoptères, assez nombreux en espèces, sont fort abondants en Europe, particulièrement dans le midi, ainsi que dans le nord de l'Afrique. Ils ressemblent, par leur aspect général, à nos Abeilles communes; mais ils sont beaucoup plus velus, généralement d'une couleur grisâtre; mais néanmoins on en connaît aujourd'hui quelques uns de nos possessions en Afrique dont le corps est orné de couleurs rouge, orangée, fauve, etc. La taille des Anthophorites est un peu supérieure à celle des Abeilles. Ces Insectes, que plusieurs observateurs ont désignés sous les noms d'Abeilles solitaires , établissent le berceau de leur postérité dans des cavités de vieilles murailles, dans la terre sablonneuse, dans les terrains escarpés et bien exposés au soleil. La plupart des espèces d'Anthophores forment un long tuyau qu'elles divisent simplement en une série de cloisons. Mais une espèce de notre pays, la plus commune du genre , celle qu'on peut en considérer connue le type, offre dans ses habitudes certaines particularités que Latreille a très bien observées. U Anlhophora pariclina Lin. pratique des trous entre les pierres qui ont été réunies par un sable fin et argileux. Eu creusant son nid, notre laborieux Hyménoptère apporte au dehors tout le sable qu'il en a retiré, en l'humectant au moyen de la liqueur visqueuse qu'il a la propriété de sécréter; il le fixe successivement sous forme de petits rouleaux , de manière à en former un tube extérieur. Toutefois ce tube ne doit pas subsister longtemps ; car, dès que le tuyau intérieur est suffisamment grand, l'Anthophore va reprendre successivement les petits rouleaux de sable pour former les cloisons qui doivent clore la loge de chacune de ses larves. Comme tous les Mellifères ou Apiens nidifiants, les Anlhophores approvisionnent leurs larves d'une pâtée composée de miel et de pollen , en quantité suffisante pour toute la durée de leur existence sous ce premier état. Ces Insectes , dont la trompe est fort longue, vont surtout pomper le miel dans les fleurs à corolle infundibulée, comme les Labiées, les Rhinanthacées , les Borraginées , les Anlirhinées, etc.

Les Systrophcs , Macroccres , Eucères , Mellitturgues, sont des Anthophorites euro-

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péens ou africains , dont les habitudes sont analogues à celles des Anthophores.

Les Melissodes sont américains (voy. les articles de chacun de ces genres pour ce qui les concerne spécialement).

Les Xylocopites sont des Mellifères qui ont un peu l'aspect de nos gros Bourdons , et dont la taHIe est quelquefois supérieure à celle de ces derniers. Les genres Ancyloscelis, Centris, Epicharis et Lestis, que nous rattachons à ce groupe, sont tous exotiques et propres aux régions les plus chaudes du globe. Les Xylocopes proprement dits, assez nombreux en espèces , sont aussi généralement étrangers à l'Europe. Le seul représentant de ce groupe dans notre pays est le Xylocopa violacea Lin. , gros Hyménoptère noir, velu, à reflets violacés. Cet insecte, fort commun , que Réaumur désigne sous le nom d'Abeille perce-bois, construit son nid un peu à la manière des Anthophores : seulement, au lieu de le placer, soit dans le sable, soit entre des pierres, il l'établit ordinairement dans du bois mort ou même pourri. La femelle xylocope creuse et perfore peu à peu ce bois à l'aide de ses mandibules, en faisant successivement tomber la sciure au dehors. Souvent elle pratique dans le même morceau de bois trois ou quatre trous à peu près parallèles, et quand ils sont achevés , ils ont , en général , jusqu'à 10 à 15 pouces de longueur. Le plus ordinairement ces galeries sont droites ; mais •- vers l'extrémité, cependant, elles se rapprochent de la superficie du bois. C'est un grand travail pour les Xylocopes que la perforation de ces trous : aussi n'est- il pas rare de voir une femelle occupée à cette rude besogne pendant plusieurs semaines.

Quand le local estenfin complètement préparé, la laborieuse femelle va recueillir du pollen, qu'elle place au fond de son tube. Elle recueille également une certaine quantité de miel, qu'elle mélange avec le pollen. Lorsque la quantité de cette pâtée est jugée suffisante, elle dépose un œuf, puis elle établit au dessus un plancher solide avec de la sciure de bois, maintenue au moyen du liquide visqueux qu'elle a la propriété de sécréter. Ce plancher devient le fond d'une nouvelle cellule. Un travail semblable s'achève ainsi successivement dans toute la longueur du tube, qui se trouve ainsi divisé

en une série de loges n'ayant entre elles aucune communication. Quand le petit Ver éclôt, il trouve sa nourriture tout autour de lui; il grossit en même temps que sa provision diminue, etquand tout est consommé il a acquis tout son accroissement, et son corps remplit alors la loge en entier. Il se métamorphose bientôt en nymphe, et sa tête se trouve tournée vers le fond de la cellule de manière que l'insecte parfait cherche naturellement à sortir do ce côté. Ceci explique pourquoi l'industrieuse mère a rapproché le fond de son tube de la superficie du bois; car l'insecte dont l'œuf a été pondu le premier doit aussi naître le premier, et sans cette précaution il ne pourrait sortir de sa retraite , car c'est lui qui pratique le chemin par lequel vont successivement sortir tous les Xycolopes nouveau-nés jusqu'à celui qui est le plus rapproché de l'entrée du tube.

Quelques uns des Xylocopes s'épargnent une partie de leur travail en profitant de trous ou de cavités accidentels. C'est ainsi que nous avons eu l'occasion de voir un de ces Hyménoptères établir le berceau de sa progéniture dans un tube de cuivre.

Les espèces exotiques de ce genre n'ont pas encore été observées dans leurs habitudes.

Les Andrénides, qui se distinguent des autres Mellifères par le lobe intermédiaire de leur lèvre inférieure, qui est très court, et en forme de cœur lancéolé , ont du reste complètement l'aspect des autres représentants de la tribu. Elles ont comme les Xylocopites, et plus même que les Xylocopites, des pattes postérieures garnies de longs poils propres à la récolte du pollen , en offrant des espaces lisses sur les hanches, à la base des cuisses et sur les côtés du corps.

Les Andrénides sont aussi des Hyménoptères solitaires. Les femelles creusent, à peu près comme les Anthophorides , des trous profonds dans les terrains sablonneux et argileux, ou dans le mortier dont on se sert pour lier les pierres entre elles. Ces trous, toujours exposés le plus possible à la chaleur du soleil, sont des tubes obliques dont la longueur est ordinairement de 6 à 8 pouces; mais en outre, chaque femelle établit au fond de la galerie principale plusieurs petits tubes ayant tous accès dans le trou

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principal. Ce sont là des loges séparées pour chaque larve, qui , convenablement approvisionnée de miel et de pollen, et ensuite enfermée entièrement dans sa cellule au moyen d'un couvercle formé de terre et de sable, doit s'y développer.

Les Andrénides, dont on connaît un assez grand nombre d'espèces, paraissent avoir toutes des mœurs très analogues. Cependant ; il existe assurément certaines petites dif- ] férences dans le mode de construction. Nous : rattachons trois groupes à la famille des : Andrénides.

1° Les Dasypodites, dont le premier article assez long est garni de poils extrêmement longs et touffus.

2° Les Andrénites, dont le premier article des tarses postérieurs est court et dépourvu de longs poils, et la langue courte et dilatée à l'extrémité.

3° Les Collétites, dont le premier article des tarses postérieurs assez long est dépourvu de longs poils , et la langue courte et trilobée.

Nous rattachons au premier de ces groupes les genres Panurgus, Dufourea et Dasypoda. Les Panurgus, qui habitent l'Europe et la Barbarie , sont remarquables par leur grosse tête. M. Lepeletier de Saint-Fargeau a vu, dans le sentier battu d'un jardin , huit à dix individus de l'espèce type du genre (le Panurgus lobatus Fab.), qui pénétraient tour à tour dans le même tube, apportant des provisions de pollen. Ceci aurait pu faire supposer que ces Hyménoptères travaillaient en commun. Il n'en est rien cependant, car chaque femelle devait avoir son nid particulier, dont l'issue seulement se trouvait être commune avec celle d'autres nids.

Nous ne connaissons pas les habitudes particulières des Dufourées. Quant aux Dasypodes, si remarquables par les énormes poils de leurs pattes , on a vu fréquemment le type du genre ( Dasypoda hirlipes Fab. ) creusant des trous profonds dans les chemins, et portant de grandes quantités de pollen qu'il maintient facilement sur ses jambes poilues.

C'est à ce groupe que paraît devoir appartenir le genre Megilla, tel qu'il est adopté par M. Léon Du four.

Fabricius avait d'abord établi sous cette

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dénomination un genre composé d'espèces très différentes, qui ont été successivement réparties par les entomologistes dans les genres Anthophora, Halictus, Nomia, Ceratina, etc. Depuis lors, M. Léon Dufour (Annales de la Société entomologique de France, t. VII, p. 287, 1838) a proposé de reprendre le nom générique de Megilla pour une espèce qu'il a bien observée , et que Fabricius plaçait dans ce genre ; c'est la Megilla labiata de Fabricius, dont la femelle est décrite par le même auteur sous le nom de M. fulvipes. C'est aussi l'espèce décrite par Latreille sous le nom (TAndrena lagopus (Gêner. Cr. et Ins. , t. IV, p. 15). Le genre Megilla ainsi constitué doit se placer dans la famille des Andrénides, près des Dasypoda, dont il diffère surtout par le corps plus glabre, par la brièveté du premier article des tarses postérieurs, etc.

Le groupe des Andrénites est le plus nombreux. On y range les genres Andrœna , Scrapler, Halictus, Nomia et Ancylus.

Les Andrènes proprement dites sont assez abondantes dans notre pays, où elles établissent leurs nids dans des chemins. Les Halictus ont été parfaitement observés par M. le baron Walckenaër. Le célèbre auteur du tableau des Aranéides a vu aussi, comme on l'a remarqué chez les Panurgus, plusieurs femelles s'introduisant dans le même nid; mais il paraît probable que c'étaitseulement une ouverture commune à plusieurs habitations.

Le genre Ancyla a été établi par M. de Saint-Fargeau pour une seule petite espèce trouvée aux environs d'Oran (A. Oranicnsis St Farg.). Voyez pour les autres genres leurs articles particuliers.

Les Collétites ne comprennent que le seul genre Colletés, dont l'espèce la plus répandue en France ( C. hirta ) a été surtout observée par Réaumur. On rencontre fréquemment les nids de cet insecte dans les murailles exposées au midi. Ca retraites consistent en cylindres divisés en plusieurs cellules placées au bout les unes des autres, et ressemblant par leur forme à un dé à coudre. Toutes ces loges sont formées d'une substance feutrée membraneuse, produite par une liqueur visqueuse et comme gommée que les Colletés ont la propriété de sécréter, surtout quand elles ont absorbé des

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matières végétales. Chaque cellule a environ 10 à 12 millimètres de profondeur sur 5 de diamètre. Les parois en sont très minces , mais la pâtée de miel et de pollen qui la remplit soutient les parois de la loge.

Les Osmiides, dont les habitudes ressemblent à celles des autres Mellifères solitaires, sont surtout remarquables par la manière dont ils récoltent le pollen. Tandis que tous les autres Mellifères le recueillent sur leurs jambes et le premier article de leurs tarses , ceux-ci, à l'aide de leurs pattes, Tentassent sous leur abdomen , où il se trouve retenu par des poils étages. Ce seul caractère suffit pour distinguer les Osmiides de tous les autres Hyménoptères.

C'est cette singulière disposition qui avait engagé Latreille à désigner les Osmiides sous le nom de Dasygastres. Nous avons admis neuf genres dans cette petite famille, et les caractères qui les séparent les uns des autres sont si peu prononcés qu'ils ne paraissent pouvoir être répartis en plusieurs groupes. Ces genres sont les Diphysis , Osmia , Chalicodoma , Megachile , Lithurgus, Anthocopa, Ànthidium , Heriades , Chelostoma.

Les Osmies proprement dites sont assez nombreuses en espèces; elles recherchent des cavités , soit dans le bois , soit dans îa pierre , pour y construire une ou plusieurs loges. Si l'espace est assez grand , TOsmie en bâtit plusieurs dans le même trou ; si au contraire il est trop petit, elle se contente d'en former une, et va ensuite chercher un endroit propice pour en construire une seconde , une troisième , et ainsi de suite. Nous avons eu l'occasion de rencontrer de ces nids de VOsmia cornuta dans des fragments d'os. Lepeletier de Saint-Fargeau ïapporte encore avoir obtenu des coquilles du genre Hélice qui renfermaient des nids d'Osmies. Chacune de ces coquilles contenait environ une dizaine de cellules construites dans l'intérieur de la spirale avec de la bouse de vache mêlée de terre.

Nous renverrons à l'article chalicodoma pour les particularités des mœurs propres aux espèces de ce genre.

Les Heriades et les Chélostomes recherchent le plus ordinairement les galeries creusées dans le bois par d'autres Insectes , comme les larves des Cérambycins. Les

Chélostomes (C. maxillosa Fabr.) choisissent fréquemment des tuyaux du chaume qui couvre les habitations des villages, ou bien encore les tiges mortes de certaines plantes , comme les Joncées. Ces Hyménoptères se contentent alors d'établir, dans l'intérieur de ces tubes tout fabriqués, des cloisons en mortier en nombre sufGsant pour y former autant de loges qu'ils ont d'œufs à déposer.

Les Anthidies, qui forment un genre nombreux en espèces , toutes reconnaissables à leur abdomen orné de bandes et de taches jaunâtres sur un fond brun ou noir, mettent une délicatesse très remarquable dans la construction de leurs nids. Les Anthidies établissent ordinairement l'habitation de leurs larves au pied des arbres ; elles l'entourent de mousse, et construisent, d'après les observations de M. Westwood, de douze à quinze loges. Chaque cellule est garnie d'un duvet extrêmement doux.

Les Mégachiles emploient surtout des feuilles dans la construction des berceaux de leurs larves {voy. l'article megachile).

Les Anthocopes emploient des fragments de fleurs , qu'elles coupent à l'aide de leurs mandibules. C'est ce qui leur a valu la dénomination générique qui leur a été appliquée par Lepeletier de Saint-Fargeau.

Ces Osmiides creusent des terriers perpendiculairement dans la terre battue des chemins. Chacun d'eux ne contient jamais qu'une seule loge, que l'industrieuse mère tapisse avec un grand soin de morceaux de pétales. L'espèce la plus commune de notre pays, celle qui a été si bien observée par Réaumur et par Latreille, est l'Anthocope du Pavot {A. papaveris Latr.), qui garnit ses alvéoles avec les feuilles du Coquelicot des champs. Réaumur la désigne dans ses écrits sous le nom d'Abeille tapissière. L'Anthocope construit en terre des trous ayant jusqu'à 3 pouces de profondeur; elle les garnit d'abord dans toute leur longueur de pétales de Coquelicots ; mais, quand son œuf a été déposé auprès de sa provision de miel, elle refoule ces pétales dans le fond, de manière que la loge de la larve n'a guère plus d'un pouce de profondeur. L'Abeille tapissière ferme alors son trou avec la terre qu'elle en a d'abord retirée , et elle l'égalise et l'unit si bien à la surface qu'il devient fort dif-

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fkile de découvrir ces modestes retraites. On n'a pas encore observé les habitudes des Diphysis et des Lithurgus.

Les Nomadides sont des insectes incapables de construire, dépourvus complètement d'organes propres à récolter le pollen. Ils vivent dans les habitations d'autres Melli fores, comme le font les Psithyres à l'égard des Bourdons. La femelle épie le moment où la constructrice d'un nid est absente pour pondre un œuf dans une cellule encore ouverte et déjà approvisionnée. L'Insecte nidifiant achève la loge qui renferme l'œuf de l'espèce parasite, et, ne s'apercevant pas de sa présence, elle y dépose aussi un œuf et clôt ensuite sa cellule. Selon toute probabilité, la larve du Nomadide naît la première, et la provision est déjà en grande partie consommée quand l'habitant légitime vient à éclorc. Ceci n'a cependant pas été suffisamment observé.

TouslesNomadides se ressemblent évidemment par certains caractères de même que par leurs habitudes. Néanmoins chaque type de cette famille ressemble en général beaucoup aux espèces dans l'habitation desquelles il vit. Aussi est-il probable que nous serons conduit, quand nous connaîtrons mieux l'organisation des Melliféres, à placer chaque petit groupe de notre famille actuelle des Nomadides auprès des types dont ils se rapprochent à beaucoup d'égards, comme les Psithyres avec les Bourdons.

Nous avons admis cinq groupes parmi les Nomadides: ce sont les Philerémites, les Épéolites, les Nomadites, les Spuécodites et les PnosopiTF.s.

Les Philerémites, qui comprennent les genres Phileremus, Stelis, Dioxys, Cœlioxis, Ammobalcs, Âllodape, Pasitcs, vivent aux dépens des Osmiides.

Il en est de même pour les Épéolites, auxquels nous rattachons le seul genre Epeolus.

Les Nomadites comprennent plusieurs genres exotiques. Le genre Aglaé, établi parLepcletier de Saint-Fargeau sur une seule espèce de la Guiane, remarquable par sa taille et ses belles couleurs d'un bleu violacé éclatant.

Les genres Mesocheirus , Hopliphorus , Mesoplia, Mesonychia, Oxœa, Ctenioschclus (fondé sur une seule espèce des Antilles, C. goryi de Romand, Magaz. de zool.), Acan-

thopus, tous exotiques, et les Crociscs , Mélectes et Nomades, dont on connaît des espèces européennes, vivant aux dépens des Anthophores, avec lesquels les Méleclesont plus d'un rapport. Les Sphécodites et les Prosopites, qui ont, comme les Andrénides, des mâchoires à lobe très court, vivent dans les nids des Hyménoptères de cette famille.

Le genre Geratina est regardé par Lepclctier de Saint-Fargeau comme ayant des habitudes analogues aux Nomadides, et vivant aux dépens de certains Osmiides. Ses caractères paraissent aussi le rapprocher de ces derniers; cependant il reste encore beaucoup de doute relativement à ses affinités naturelles, l'organisation n'ayant pas encore été suffisamment étudiée.

Tous les insectes, qui formaient pour Latreille la famille des Melliféres, et qui constituent pour nous la tribu des Apiens, étaient considérés par Linné comme appartenant à un seul genre, le genre Abeille ( Apis ). Puis vint Fabricius , qui ajouta les genres Bombus, Euglossa, Centris, Megilla, Anlhophora, Melecla, Epeolus, Anthidium.

Puis Illigcr , Scopoli , Jurine , Latreille , Spinola , qui augmentèrent successivement le nombre des genres de ce groupe considérable de l'ordre des Hyménoptères.

Latreille, dans son Gênera Crustaceorum et Insectorum, désignait tous les Insectes qui nous occupent en ce moment sous la dénomination générale d'AnlhophilesiAnthophila), puis il partageait cette division en deux familles, les Andrénètes (Andrenetœ) et les Apiaires (Apiariœ), d'après la considération de la languette.

Dans ses derniers ouvrages (Règne animal, 1829), il conserva toujours ces deux familles ; mais la dénomination d'Anlhophiles fut remplacée par celle de Melliféres.

Dans ces derniers temps , Lepeletier de Saint-Fargeau (Ins. hyménopt., suites àBuffon) a considérablement embrouillé la classification de ces Insectes, en voulant soi-disant les classer d'après leurs mœurs et nullement d'après leurs caractères organiques. Pour cet entomologiste, les Melliféres prennent place dans sa première division dei Ovititiières piivïiphagi s, et en grande partie dans sa subdivision des Piivtipiiages nidifiants.

Les Apides , Méliponides et Bombideg

{Apiarites, Meliponides et Bombides) forment la famille des Apiarides, placée dans les Sociaux pérennes, entre les Formiciens (Hélérogynes) et les Vespiens (Polislides).

Puis les Nidifiants solitaires constituent une deuxième section, dans laquelle sont rangées les Podilégides ou nos Anthophorides, les Mérilégides ou nos Andrénides , les Gastrilég.desou nos Osmiides.

Enfin nos Psithyrides et Nomadides constituent, pour Lepeletier de Saint-Fargeau , une division des Phytophages parasites, subdivisée en Psithyrides et en Dimorphides (nos Nomadides).

Il est presque inutile de montrer tout ce qu'un semblable arrangement a de défectueux , car on comprend à peine qu'un entomologiste ait cru ne pas méconnaître les affinités naturelles les plus frappantes en séparant les Apides et les Bombides des An thophorides, pour placer entre ces types un groupe d'une organisation si différente que le sont les Guêpes ou Vespiens.

Ou comprend aussi tout ce que ces dénominations nouvelles, appliquées aux tribus et aux familles, ont d'embarrassant et d'inutile tout à-la-fois. (E. Blanchard.)

MELLIEIC1ENS. ins. — Synonyme de Mellifères. (Bl.)

MELL1LITE. — Voy. mellite.

MELLIftUS. ins. — Genre de la tribu des Crabroniens , de l'ordre des Hyménoptères , établi par Fabricius et adopté par tous les entomologistes. Ce genre est distingué des autres Crabronidespardes antennes presque filiformes, des mandibules tridenlées dans les mâles, et bidentées dans les femelles. Le type du genre est le Melline des champs (Mellinus arvensis Lin.). (Bl.)

MELLISUGA, Brisson. ois. — Syn. de Trochilus, Linn. Voy. colibri.

MELLITA. ÉcniN. — Genre d'Oursins proposé par Klein , et réuni aux Scutelles par Lamarck et par les naturalistes plus récents. (Duj.)

MELLITE (mely rnellis, miel), min. — Syn. Honigstein , Pierre de miel , Alumine mellatée. — Substance d'un jaune rougeâtre et d'un éclat résineux, qui paraît avoir une origine semblable à celle du Succin, et se trouve, comme lui, dans les dépôts de Lignite. Mais elle en diffère en ce qu'elle est un sel organique, d'une composition parfaitement

définie, et qui se présente toujours à l'étal cristallin. C'est un meîlitate d'alumine hy- . draté, composé de 46 £ d'acide mellitique, de 16 d'alumine et de 38 d'eau. Elle cristallise en octaèdres à base carrée, de 93° à la base des deux pyramides. Elle est tendre, translucide et d'un poids spécifique=l,58. Elle se ebarbonne et brûle au chalumeau, en sorte qu'elle peut prendre place à côté du Succin, dans la classe des substances inflammables ou des combustibles proprement dits. On la trouve à Artern en Thuringe et à Luschitr, près de Bilin, en Bohême. (Del.)

MELLITUHGUS. ins.— Genre de la tribu des Apiens (Mellifères de Latreille), de l'ordre des Hyménoptères, de la famille des Anthophorides, établi par Latreille et adopté par tous les entomologistes. Les Melliturgus sont distingués de tous les autres Anthophorides par leurs antennes courtes, de la longueur de la face et renflées en massue. Le type du genre est le M. clavicomis Fabr., qui est peu commun dans notre pays. (Bl.)

MELLIVOBA. mam. — Nom latin du genre Ratel. Voy. ce mot. (E. D.)

*MELLOLOBIUM (p/Ae, miel; Xo'ffco», gousse), bot. ph. — Genre de la famille des Légumineuses-Papilionacées-Lotées , établi parEcklon et Zeyher {Enum., 188). Arbrisseaux du Cap. Voy. légumineuses.

MELO. bot. pu. — Voy. melon.

MELOBASÎS, Caslten. et Gor. ins. — Syn. à'Abrobapla, Dej.

MELOBESÏA (nom mythologique), polyp. (?) algues. — Genre de Polypiers établi par Lamouroux pour de petites expansions crustacées, calcaires, à la surface des plantes marines, qui se composent à la vérité de petites cellules contiguës, régulières, disposées en séries divergentes ; mais ces cellules n'ont jamais contenu de Polypes : elles sont closes et simplement encroûtées de carbonate de Chaux , comme celles des Nullipores et des Corallines; les Mélobésies sont donc aussi des Algues calcifères. Les petits tubercules dont ces minces croûtes calcaires sont parsemées sont les conceptacles du végétal, et non. des cellules polypifères. Lamouroux, qui en comptait quatre espèces , les avait d'abord classés à la suite des Corallines; plus tard il les rangea parmi les Milléporées. L'espèce type, M. membranacea, forme sur les feuilles de 7n<uka* -Je petites plaques grisâtres très

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