TRANSFORMATION. (R
MÉTAMORPHOSE, zool. — Voy. transformation.
METAPEEXIS. bot. pu. — Genre de la famille des Asclépiadées-Cynanchécs, établi par R. Brown (m Mem. Wemer. soc, I, 48). Arbrisseaux de la Chine boréale. Voy.
ASCLÉPIADÉES.
*METAPODHJS f^Etoc, arrière; irov; , itoSoçy pied), ins. — M. Westwood a proposé cette dénomination pour remplacer celle d'Acanthocephala de M. LaportcdeCastelnau , cette dernière étant déjà employée pour désigner un ordre du sous-embranchement des Vers. (Bl.)
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METAPTERE. Melaptera. moll. — Genre proposé par Rafinesque {Monographie des coquilles de l'Ohio), et qui diffère trop peu des Mulettes pour en être séparé. Voy.
MULETTE.
*aiETASTELMA (/«ta, derrière ; rrâpa, ceinture), bot. ph. — Genre de la famille des Asclépiadées -Cynanchées , établi par R. Browii [in Mem. Werner. soc, I, 53). Herbes des Antilles. Voy. asclépiadées.
• *METASTEMMA, Am. et Serv. ras. — Syn. de Proslemma, Lap. de Castel. (Bl.)
*METASTENUS. ras. — M.Walker {Ent.
Magaz.) désigne ainsi un de ses genres de la tribu des Chalcidiens, groupe des Ptéromalites. r (Bl.)
MÉTATHORAX. ras. — Voy. thorax au mot INSECTES.
MÉTAUX (Metallum, jutoiMov). chim. — On désigne , sous le nom de Métaux , des corps simples, généralement opaques (1) , brillant en masse et même en poussière à * moins qu'elle ne soit trop ténue, et jouissant par conséquent de Y éclat métallique. Bons conducteurs du calorique, ils le sont également du fluide électrique, qu'ils transmettent avec une rapidité incalculable; cette dernière propriété a été mise à profit pour la construction âalélégraphe électrique.
On connaît aujourd'hui quarante métaux dont les noms, déjà présentés dans l'ordre électro-chimique à l'article éléments, reparaîtront dans le cours de cet article. Plusieurs d'entre eux sont connus de toute antiquité ; ce sont l'Or, l'Argent, le Cuivre, l'Étain , le Fer, le Mercure. La découverte de quelques autres remonte aux xvc et xvie siècles; nous citerons le Zinc, le Cobalt, l'Antimoine, le Bismuth. Le Manganèse , le Molybdène, le Platine , le Titane, le Tungstène, l'Urane, furent connus au siècle dernier, le Platine peut-être plus tôt; enfin, la découverte de tous les autres a eu lieu depuis le commencement de ce siècle; le Vanadium et le Lanthane ont été les derniers trouvés (1830-1840).
Tous les Métaux sont solides à la température ordinaire, à l'exception du Mercure,
v'i) Cette opacité n'est cependant point absolue, car une feuille d'or amenée à un grand degré de ténuité possible
de millimètre ), laisse passer les rayons verts, sans
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cependant présenter au microscope la moindre solution de
continuité.
qui garde sa fluidité jusqu'à — 40°. Leur dureté varie; le Potassium et le Sodium sont mous et se laissent facilement pétrir; quelques uns, comme le plomb et l'Étain, sont rayés par l'ongle et coupés au couteau; d'autres, enfin, sont à peine attaquables par les meilleures limes. Voici l'ordre de dureté des Métaux le plus généralement employés: Fer et Acier, Platine, Cuivre, Nickel , Argent, Or, Zinc, Étain, Plomb,
La couleur des Métaux est en général d'un blanc plus ou moins éclatant, comme celle de l'Argent, du Platine, ou tirantsurle gris bleuâtre, comme celle du Fer, du Zinc. Trois cependant font exception, cesont : l'Or, le Cuivre, le Titane; le premier est d'un jaune que tout le monde connaît ; les deux autres tirent sur le rouge.
Leur densité , quoique généralement plus grande que celle des autres corps solides , n'est point cependant une propriété absolue, puisque le Potassium et le Sodium sont plus légers que l'eau. Chaque Métal jouit, du reste, d'une densité particulière qui, du plus dense au plus léger, varie d'un peu plus de vingt-deux fois celle de l'eau, la densité du Platine étant de 21,33 et celle du Potassium de 0,865. Voici l'ordre de densité des métaux que nous avons nommés plus haut: Platine, 2i,53; Or, 19,35; Mercure, 13,568; Plomb, 11,352; Argent, 10,474; Cuivre, 8,895; Nickel, 8,402; Fer, 7,588; Étain, 7,291; Zinc, 7,165. 11 est à faire observer que le martelage ou l'écrouissage augmente généralement cette densité.
Une partie des Métaux, un peu plus de la moitié, sont ductiles et malléables; les autres sont cassants. La ductilité consiste dans la propriété que possède un métal de se laisser tirer en fils plus ou moins fins; la malléabilité, dans celle de se laisser réduire au marteau en lames plus ou moins minces; mais l'une de ces propriétés n'est pas toujours une conséquence de l'autre. L'Or et l'Argent occupent le premier rang pour la ductilité; viennent ensuite le Platine, le Cuivre , l'Étain , le Fer , le Plomb , le Zinc, le Nickel. Pour la malléabilité, les deux premiers sont encore en tête , mais l'ordre des autres est ainsi modifié : Cuivre, Etain, Plomb , Titane, Zinc, Fer, Nickel.
Les Métaux ductiles ne jouissent pas tous
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de la même ténacité. D'après des expériences directes, le Fer est le plus tenace de tous; puis viennent le Cuivre, le Platine, l'Argent, l'Or, TÉtain, le Zinc, le Plomb. Un fi! de Fer de 0m,002 supporte , sans se rompre, un poids de 249k,66; un fil de Cuivre du même diamètre 137u,40; un fil de Platine 424k,00 ; un fil d'Argent 85k,062 ; un fil d'or 68k,216, etc., etc.
Les Métaux cassants ne jouissent évidemment pas des propriétés que nous venons d'énoncer. Quelques uns cependant sont employés dans les arts, mais rarement, pour ne pas dire jamais, seuls; nous citerons le Bismuth, l'Antimoine. Voyez ces deux mots. La sonorité, nulle dans les Métaux mous, varie dans les autres; dans ceux-ci elle dépend de leur élasticité et de la plus ou moins grande dureté qu'ils possèdent par eux-mêmes, ou qui 'peut leur être communiquée soit par leur combinaison avec d'autres corps métalliques, soit par une disposition particulière que certaines circonstances déterminent dans leurs molécules.
Enfin, pour en finir avec les propriétés physiques des Métaux, nous dirons que la structure, ainsi que l'odeur et la saveur , quand elles existent, présentent desdifférences dans chacun d'entre eux. La structure peut être /?breuse, comme dan s ie¥er;lamelleuse, comme dans» le Zinc; grenue, comme dans l'Étain. Ce dernier métal fait entendre, quand on le plie, un bruit particulier provenant du frottement des cristaux et connu sous le nom de cri de l'Étain. Le Cadmium présente le même phénomène. La saveur et V odeur se développent dans quelques Métaux par le frottement ou même par le simple toucher; on observe cette particularité dans le Fer, le Plomb, l'Étain, l'Antimoine et surtout dans le Cuivre. 11 est à remarquer que les Métaux qui, comme le Platine, l'Or , l'Argent, ne s'oxydent point à l'air libre, ne deviennent jamais ni odorants ni sapides.
Exposés à l'action du calorique, les Métaux se dilatent tous, mais sans uniformité; puis ils entrent en fusion à des degrés qui varient depuis -\- 58°, comme le Potassium, jusqu'au point le plus élevé qu'il soit possible d'obtenir par des moyens humains , c'est-à-dire par la combustion d'un jet d'Hydrogène et d'Oxygène dans le chalumeau de Clarke, comme le Platine.
x. vin.
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Quelques uns, arrivés au point d« fusion, se volatilisent par une addition de calorique, même à l'abri de l'air; tels sont le Mercure, le Zinc, le Potassium, le Sodium.
La plupart des autres , si on les tient fondus et fortement chauffés au contact de l'air, peuvent être mécaniquement entraînés par les courants qui se forment à leur surface.
Comme tous les corps fluidifiés par la chaleur, les Métaux sont susceptibles de cristalliser par le refroidissement. Les plus fusibles, le Plomb, l'Étain, et par-dessus tous le Bismuth possèdent cette propriété au plus haut degré.
Tous les Métaux sont bons conducteurs du fluide électrique, qui ne leur fait éprouver aucune altération, tant que leur surface suffit à son écoulement; mais si cette surface n'est point suffisante, le fluide électrique les pénètre, les échauffe, les fait rougir, et peut enfin en déterminer la fusion et la volatilisation.
Le Fer, le Nickel, le Cobalt seuls sont magnétiques ; le Fer l'est beaucoup plus que le Nickel , et ce dernier l'est plus que le Cobalt, avec lequel il a , du reste, une grande analogie. Au sujet de cette propriété maguétique, et sans prétendre en tirer aucune conséquence , nous ferons remarquer que le Fer et le Nickel se retrouvent à l'état pur dans la plupart des aérolithes, ce qui n'a lieu dans aucun des agrégats métalliques qui se trouvent à la surface du globe.
L'air sec et l'oxygène n'ont d'action à la température ordinaire que sur les Métaux qui ont une grande affinité pour ce dernier gaz. M. le professeur Thénard a fondé sur l'affinité des corps métalliques pour l'oxygène et sur l'action qu'ils exercent sur l'eau , soit à chaud , soit à froid , une classification qui a été généralement adoptée, et que nous reproduisons , à très peu de chose près , telle que l'a créée son illustre auteur. irc sEcriOiN. Métaux ayant une grande affinité pour l'Oxygène, qu'ils absorbent directement, et décomposant instantanément l'eau en mettant l'Hydrogène en liberté : Potassium, Sodium, Lithium, Calcium, Baryum, Strontium.
nc section. Métaux dont ïes Oxydes sont irréductibles par le Carbone, n'ayant point d'action , à la température ordinaire , sur l'Oxygène, sur l'Air ou sur FEau, mais
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décomposant lentement celle-ci à -f- 100° : Aluminium, Thorium, Glucinium, Yttrium, Zirconium, Magnésium. Les métaux compris dans ces deux sections sont les radicaux des corps appelés jadis alcalis et terres; ils sont électro-positifs.
n)e section. Métaux ne s'oxydant qu'à l'air humide ou à une température élevée, décomposant l'eau à une chaleur rouge, et ramenés de l'état d'Oxyde par le Charbon : Manganèse, Fer, Zinc, Cadmium, Étain.
ive section. Métaux ne décomposant l'eau à aucune température, mais absorbant l'Oxygène à une chaleur rouge; plusieurs d'entre eux forment des Acides oxygénés: Nickel, Cobalt, Plomb, Cuivre, Uranium, Cérium, Lanthane, Bismuth, Titane, Antimoine, Columbium, Molybdène , Tungstène, Chrome, Vanadium.
ve section. Métaux ne décomposant l'eau à aucune température, absorbant l'Oxygène au-dessous de la chaleur rouge, et ramenés de l'état d'Oxyde par la chaleur seule : Mercure , Osmium.
vie section. Métaux ayant si peu d'affinité pour l'Oxygène qu'ils ne peuvent l'absorber directement à aucune température, et dont les Oxydes , produits par réaction chimique, sont facilement réductibles par la chaleur : Or, Argent, Platine, Palladium, Iridium, Rhodium.
Les Métaux des quatre dernières sections peuvent être divisés, 1° en Métaux électronégatifs, formant de préférence des Acides avec l'Oxygène; ce sont : le Chrome, le Vanadium, le Molybdène, le Tungstène, l'Antimoine, le Columbium, le Titane; 2° en Métaux électro-positifs, jouant principalement le rôle d'élément électro-positif dans les combinaisons salines: ce sont tous les autres.
Il résulte de ce qui précède que les Métaux s'unissent avec l'Oxygène pour former des Oxydes ou des Acides, et par suite des Sels, dont quelques uns forment, en grande partie, la portion solide de notre globe; tels sont ceux à base de Chaux, d'Alumine, de Magnésie, de Fer, etc.
Les Métaux s'unissent aussi avec les autres Métalloïdes; mais parmi ces derniers corps, il en est pour lesquels leur affinité est plus grande ; tels sont : le Phosphore, le Soufre, le Sélénium, le Fluor, l'Iode, le
Chlore, le Brome, l'Arsenic, le Tellure. Jusqu'à ce jour, le Potassium seul s'est combiné avec l'Hydrogène ; le Fer et le Platine avec le Bore ; on ne connaît pas d'autres Siliciures que ceux de Potassium , de Fer, de Platine, d'Argent. Le Fer s'unit au Carbone pour former l'Acier ; il peut se former aussi des Carbures de Potassium, de Sodium, de Manganèse, de Zinc, etc.
Enfin ce n'est que par des moyens indirects que quelques Métaux, le Potassium , par exemple, le Sodium, le Fer, le Cuivre, peuvent entrer en combinaison avec l'Azote.
Les composés que forment les Métaux avec les Métalloïdes sont soumis aux lois qui régissent les autres combinaisons chimiques Voy. CBIMIE.
Enfin les Métaux s'unissent entre eux en toutes proportions pour former des alliages, dont un certain nombre est employé dans les Arts.
Les Métaux se trouvent dans la nature sous divers états : parfois à Y étal natif ou vierge , comme les Métaux nobles des anciens, TOr, l'Argent, par exemple; parfois encore à l'état d'alliage, comme le Platine {voy. ce mot); mais presque toujours à l'état de combinaison : soit binaires , Oxydes, Sulfures, Chlorures, etc.; soit quaternaires ou à l'état de Sels.
Quelques Métaux sont tellement rares, que c'est à grand'peine que l'on peut s'en procurer quelques grammes pour l'usage du laboratoire; nous citerons le Cadmium, l'Uranium, le Lanthane, le Cérium, et les Métaux qui accompagnent le Platine, à l'exception toutefois du Palladium. D'autres sont extrêment abondants à l'état de combinaisons salines, puisqu'ils forment ainsi la partie solide de la terre; mais la difficulté de les ramener à l'état métallique les rend aussi rares , sinon plus rares que les premiers. Ainsi , le Calcium ou métal dont la Chaux est l'Oxyde, l'Aluminium ou métal de l'Alumine (Argile), le Magnésium ou métal de la Magnésie. Il en est d'autres enfin que nous rencontrons à chaque pas, qui sont facilement réductibles de leurs combinaisons, et dont l'usage est tellement répandu , que l'on ne comprend pas comment l'homme , en état de société , pourrait vivre sans les posséder; nous les avons déjà nommés. Ces dernières questions, qui rentrent
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au surplus dans le domaine de la Minéralogie, sont traitées dans un article spécial. (A.D.)
MÉTAXITE. géol. — Voy. grès.
*METAXYTHERIUHf (f*eT«$u, intermédiaire ; Gvjpt'ov , animal), paléont. — Genre fossile de Mammifères aquatiques, établi par M. de Christol pour des animaux dont la structure semble être un composé de celle des Lamantins et des Dugongs, et dont on trouve les débris dans les terrains tertiaires. M. de Blainville {Ost. des Gravigrades aquatiques), réunissant les Lamantins, les Dugongs et les Stellères en un seul genre, ne pouvait accepter celui des Métaxythériums , et il fait des espèces qui le composent autant d'espèces de Lamantins. Comme nous ne voyons pas la possibilité d'établir de caractéristique pour un genre qui comprend des animaux aussi différents, nous suivrons l'exemple de M. de Christol , et bous dirons que les Métaxythériums forment un genre de la famille des Cétacés herbivores de Cuvier (Gravigrades aquatiques de M. de Blainville), qui portait une paire d'incisives permanentes à la mâchoire supé* rieure , qui n'avait point de canines , et dont les molaires , au nombre de six à huit de chaque côté des deux mâchoires , se succédaient d'arrière en avant et tombaient en sens contraire. La couronne des supérieures est à deux collines transverses mamelonnées, avec un pli en avant et un petit talon en arrière ; le collet est prononcé, et les racines sont au nombre de trois , deux externes et une interne plus grande; la couronne des inférieures est à deux collines et un fort talon en arrière ; le collet est marqué, et les racines au nombre de deux. L'usure détermine sur la couronne des dents des isles transversales, un peu arquées, jointes vers leur milieu par un feston de l'émail.
Dans les Lamantins, il n'y a point d'incisives permanentes, il y a douze molaires de chaque côté des deux mâchoires, à trois racines et double colline en haut , avec un petit talon en avant et en arrière; à deux racines et à triple colline en bas, la postérieure plus courte. Dans les Dugongs, on trouve une paire d'incisives permanentes à la mâchoire supérieure ; six , et peut-être même sept molaires en haut et en bas , de chaque côté, à une seule racine, à rudiment de collet et de collines ; la première est une
petite dent cylindrique; les cinq autres, composées de deux cônes réunis, et d'autant plus distincts que la dent est plus postérieure; l'usure développe un disque de la même forme que la dent, entouré d'un émail peu épais. Il existe en outre quatre paires d'incisives inférieures qui ne percent jamais la plaque cornée qui existe sur la symphyse , et qui correspond à une autre plaque cornée du palais. Dans les Stellères, il paraît ne point y avoir de véritables dents; les plaques cornées du Dugong existent seules, dit-on, mais elles sont plus grandes, sillonnées transversalement, et semblent être un rudiment des fanons des Baleines.
Les Métaxythériums, avec la forme maxillaire des Dugongs , ont celle du crâne des Lamantins. Ils ont de plus de larges et épaisses côtes, comme ces derniers; mais leurs bras sont très semblables à ceux des premiers.
Le Met. Cuvicri, Manatus fossilis (de Bi.), dont les restes se rencontrent dans les terrains tertiaires du bassin de la Loire. Cette espèce a été signalée par Cuvier sous le nom de Lamantin fossile (Oss. foss., V, lre part., de Blainville, pi. 8), et M. de Christol {Annales des sciences naturelles, II, 1834) a rapporté avec raison à cette espèce un fragment de mâchoire inférieure que Cuvier avait attribué avec doute à une espèce moyenne d'Hippopotame, et un humérus qu'il avait cru d'une espèce de Phoque, ne possédant point, lorsqu'il fît cette détermination, le squelette du Dugong , dont l'humérus est en effet assez voisin de celui des Phoques. Cette espèce, de la taille du Lamantin du Sénégal, a le crâne allongé, étroit; les crêtes temporales, saillantes et rapprochées, laissent entre elles une gouttière profonde.
Le Met. Brocchii, Man. Brocchu (dcBl.).
Les débris qui existent de cette espèce ont été figurés par M. le docteur Bruno (t. I, 2e série des Mémoires de l'Acad. des sciences de Turin), sous le nom de Cheirothcrium Brocchii, et par M. de Blainville (pi. 9); plus grande que la précédente, elle s'en distinguait par un occipital et des pariétaux larges; de faibles crêtes temporales , fort écartées l'une de l'autre, et par des dents formées d'un plus grand nombre de mamelons. Elle a été trouvée à Montiglio, dans les collines du
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Mont-Ferrat, à 60 mètres au-dessus du niveau du Pô.
Le Met. Guettardi, Man. Guettardi (deBl.). Figuré par M. de Blainville (pi. 11), ce Métaxy thérium a des dents plus simples, chaque colline n'étant formée que de deux mamelons; les incisives sont plus petites, et l'animal était d'un tiers plus petit que le Met. Cuvieri. Il a été trouvé à Étrichy, aux environs d'Étampes.
Le Met. Christolii, Man. Christolii (de 131.). Découvert dans la haute Autriche et publié par M. Fitzinger (3e livre du Mus. franciscocarolianum, Lintz 1842), sous le nom d'ffalitherium Christolii, paraît avoir eu huit molaires de chaque côté des deux mâchoires.
I! a été trouvé aussi des dents et des côtes de Métaxy thërium dans les terrains tertiaires du bassin de la Garonne, dont Cuvier avait fait un Hippopotame douteux; M. de Blainville les attribue au Met. Guettardi; on en a rencontré aussi des côtes à Belleville, dans les fouilles faites pour les fortifications de Paris, qui, par leur grandeur, annoncentune espèce particulière. M. de Christol en a trouvé aussi aux environs de Montpellier et de Beaucaire, qu'il publiera sous peu. Enfin, M. Kaup a faitconnaître des vertèbres, des côteset deux dents molaires de Métaxy thérium, trouvées dans les sablières d'Eppelsheim sur les bords du Rhin, sous les noms de Pugmeodon Schinzii et d'Halitherium dubium ; et M. Duvernoy a publié une note sur une partie de squelette trouvée à Rœdersdorf , département du Haut-Rhin; mais, comme il ne s'est rencontré aucune partie de la tête, il est impossible de dire à quelle espèce ces débris appartiennent. (Laurillakd.)
METAZANTHUS ((«*«&?, dans l'intervalle; avGo;, fleur), bot. ph. — Genre de la famille des Composées (tribu incertaine), établi parMeyer (Reise, I, 356; DC, Prodr., VII , 259 ) pour des herbes rameuses indigènes du Chili.
*METAZYCERA (per*!*, dans l'intervalle; x/pas, corne), ins. — Genre de Coléoptères subpentamères, tétramères de Latreille, famille des Cycliques, tribu des Cassidaires Hispites , formé par nous et adopté par Dejean {Catalogue, 3e édit., p. 388) qui en mentionne trois espèces américaines : les M. trimaculata 01. (Hispa), purpurea et aulica Dej. (C.)
*METAZYONYCIIA (*«t«& dans l'intervalle; ow$, ongle), ins. — Genre de Coléoptères subpentamères , tétramères de Latreille, famille des Cycliques, tribu des Chrysomélines , de nos Colaspides , formé par nous et adopté par Dejean ( Catalogue, 3e éd., p. 430), où 9 espèces ont été énumérées. Mais ce nombre est aujourd'hui presque double. Nous citerons comme faisant partie de ce genre, les Colaspis testacea, quadrimaculata 01., granulata , chloroptera Gr., et C. pictus Pert. Toutes sont originaires de l'Amérique méridionale. (C.)
MÉTÉORES. — Voy. météorologie.
MÉTÉORITE, min. — Voy. aérolitbe.
METEORIUM, Brid. bot. cr. — Syn.
de Cryphœa , id.
*MÉTÉOROLOGIE, MÉTÉORES, phys.
— La Météorologie n'a pas seulement pour objet l'observation des phénomènes accidentels autrefois connus sous le nom de Météores ; elle embrasse aussi, dans leur ensemble, tous les phénomènes atmosphériques et terrestres, soit accidentels, soit permanents, qui dépendent de Faction du calorique , de l'électricité , du magnétisme et de la lumière.
Dans les temps reculés on ne manqua pas d'entourer de merveilleux la plupart des Météores accidentels : on les considéra comme des présages de grands événements ; leur apparition excitait de l'effroi comme celle des Comètes. Combien de fois les langues de feu paraissant aux mâts des vaisseaux ou aux piques des soldats n'ont-elles pas jeté l'épouvante et la consternation parmi les légions romaines! A mesure que les sciences firent des progrès , ces frayeurs chimériques se dissipèrent pour faire place à l'esprit d'observation , et bientôt, chassés du domaine de l'imagination qui en avait fait des prodiges et des présages menaçants, les Météores sont peu à peu rentrés dans celui de la physique, qui s'est chargée de leur interprétation.
Considérations générales. — La Météorologie chez les anciens ne se composait que de croyances superstitieuses et de présages tirés de l'observation plus ou moins exacte de certains phénomènes naturels. Notre cadre ne nous permet pas d'entrer dans le détail de ces croyances vulgaires. Cet esprit d'empirisme qui a longtemps exploité la
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crédulité publique a dû nécessairement s'arrêter devant les progrès de la physique moderne. En effet, après la découverte des propriétés de la boussole, qui offrit un vaste champ d'observations, lorsque le thermomètre permit de mesurer avec exactitude la température atmosphérique , que le baromètre eut donné la mesure du poids des couches de Pair, que Descartes eut découvert la variation de la pression atmosphérique , que Pascal eut établi la Méthode pour déterminer les hauteurs par les observations barométriques, que Mariotte eut fait ses recherches sur les gaz et Peau; enfin , lorsqu'on eut créé et perfectionné tous ces instruments propres à indiquer l'hygrométrie de Pair, la quantité d'eau qui tombe dans un lieu donné, la force, la direction et la rapidité des vents, l'intensité et la nature de l'électricité et du magnétisme, etc. , la Météorologie naquit et cessa d'être une collection de maximes empiriques. Alors commença la véritable étude des Météores. L'arcen-ciel , les parhélies et les faux soleils furent ramenés aux lois ordinaires de l'optique. Franklin découvrit la cause du tonnerre; dès lors la foudre , docile aux lois de la science, descendit paisiblement des nuages orageux dans le laboratoire du physicien, pour y être soumise à une foule d'expériences.
Malgré la direction favorable imprimée à la Météorologie par les travaux de plusieurs savants célèbres, cette science est encore loin d'approcher de la perfection des autres sciences naturelles. Elle se compose de phénomènes variables et multipliés que vient encore compliquer une foule de circonstances , à l'influence desquelles il est impossible de les soustraire , et qui sont modifiées à l'infini, en raison des climats, de la constitution locale, de la configuration, la nature, l'élévation ou l'abaissement du sol. Aussi n'est-ce qu'en multipliant les observations, en les répétant sans cesse dans différents endroits , qu'on parviendra à en faire sortir des lois générales, que l'on entrevoit dans l'ensemble des phénomènes, mais dont l'application échappe dans les circonstances parliculières. Si l'on parvient jamais à ramener à un petit nombre de lois fondamentales les phénomènes nombreux de la Météorologie , peut-être arrivcra-t-on un jour à prévoir avec un certain degré de pro-
babilité la force et l'intensité des saisons. Sans parler de tous les avantages qui en résulteraient, on conçoit l'importance de celui qui permettrait au cultivateur de combiner ses travaux en raison du temps qui devrait ou les favoriser ou leur nuire. Mais ce perfectionnement est encore loin d'être la conquête de l'homme. Toutefois on ne doit pas désespérer d'y arriver un jour. Qui oserait poser des limites à la science? L'esprit humain a déjà assez dérobé de secrets à la nature pour qu'il lui soit permis d'espérer encore lui en surprendre.
La Météorologie est une science d'application qui emprunte à plusieurs autres sciences leurs principes et leurs lois : ainsi l'Astronomie, en nous donnant la connaissance des mouvements des corps célestes et celle des forces de la gravitation, conduit à apprécier leur action sur l'atmosphère et sur les eaux; la théorie des marées et des vents généraux en découle nécessairement. La Chimie, en nous faisant connaître la nature, les propriétés elles combinaisons des gaz qui composent l'atmosphère ou s'y rencontrent accidentellement , offre des éléments précieux pour la solution d'autres questions telles que la nature des Moufettes , des feux follets , etc. Les mouvements si variables, si compliqués des vents , des nuages, de la grêle, sont régis par les lois invariables de la Mécanique. Enfin , il n'est peut-être pas une branche de la Physique qui ne trouve des applications nombreuses à la Météorologie. Ainsi, les loin de la chute des corps et les effets du choc et du frottement expliquent les ravages de la pluie et de la grêle. Les lois de la formation des vapeurs et de leur condensation nous donnent la cause des nuages, des brouillards, de la pluie, etc. Les effets du rayonnement du calorique offrent une théorie complète de la rosée et des gelées blanches. On a trouvé dans les lois de la distribution de la chaleur à la surface du globe l'explication des variations de température et des phénomènes qui en résultent. Les lois de l'optique nous font découvrir la cause de ces apparences lumineuses qui se manifestent dans l'atmosphère. L'électricité a mieux fait connaître les orages, et Péleclro-magnétisme laisse entrevoir la cause des aurores boréales. La Météorologie a aussi plusieurs points
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de contact avec d'autres sciences, particulièrement avec la Géologie et la Géographie physique.
En général , on estime la hauteur de l'atmosphère à 64 kilomètres (ou 16 lieues). Celle enveloppe aérienne, qui entoure la terre de toute part, est sphérique comme celle du globe qu'elle environne, et doit conséquernment aussi être renflée à l'équateur et déprimée aux pôles. On sait que le poids de l'atmopshère, au niveau de la mer et à la température de 0°, est égal à celui d'une colonne d'eau de 10m,60 ou à celle d'une colonne de mercure de 0'",76. Il est évident qu'en s'élevant dans l'atmosphère sa pression doit diminuer; c'est, en effet, ce qui a lieu, et c'est sur ce principe que repose la mesure des hauteurs obtenues par le baromètre. On a calculé que le poids des couches atmosphériques exerce sur toute la surface du corps d'un homme d'une taille moyenne une pression d'environ 16,000 kilogrammes. Cette pression , si nécessaire à notre existence , nous paraît insensible , parce qu'elle agit dans tous les sens et que la force élastique de nos organes lui est proportionnée; mais si l'on s'élève dans l'atmosphère à une certaine hauteur, soit sur les hautes montagnes, soit dans des aérostats, la colonne d'air diminuant sensiblement de pesanteur, la respiration devient pénible, et si l'ascension était poussée à ses dernières limites, le sang s'échapperait bientôt par tous les pores.
Si la dilatation de l'air ne variait pas à mesure qu'on s'élève, on pourrait, d'après le poids connu de l'atmosphère, déterminer sa hauteur d'une manière rigoureuse. Cette dilatation ne peut cependant être supposée indéfinie, parce que l'air, étant un corps pesant, est soumis, comme tous les autres corps, aux lois de l'attraction, et qu'il existe nécessairement une limite où l'attraction doit l'emporter sur la force de dilatabilité des gaz; là aussi doit être la limite de l'atmosphère. Mais qu'y a-t-il au-delà? Existe-t-il quelque fluide, ou n'y a-t-il qu'un vide absolu? Cette question ne peut plus nous arrêter.
Comment les espaces célestes seraient-ils vides, puisqu'ils sont remplis par la lumière? Quelque opinion qu'on adopte sur la nature de cet agent, que ce soit une éma-
nation réelle de la substance des corps lumineux, ou un fluide mis en mouvement par ces derniers, il est bien évident que, dans l'une comme dans l'autre hypothèse, le vide absolu ne saurait exister.
Quant à la composition chimique de l'atmosphère, on la connaît maintenant d'une manière très exacte, dit M. de Humboldt, grâce aux excellentes analyses que MM. Dumas et Boussingault en ont faites récemment à l'aide de nouvelles méthodes. D'après ces analyses, l'air sec contient, en volume, 20,8 d'oxygène, et 79,2 d'azote; il renferme en outre : 1° 2 à 5 dix-mil- . lièuies d'acide carbonique, résultant principalement de la respiration des animaux qui extraient le carbone des substances végétales dont ils se nourrissent, tandis que les végétaux le puisent dans l'atmosphère; 2° une quantité encore plus faible de gaz hydrogène, et, d'après les importantes recherches de Saussure et de Liebig, quelques traces de vapeurs ammoniacales, qui fournissent aux plantes l'azote qu'elles contiennent. D'autres substances, des miasmes et des émanations pestilentielles, viennentsemêler accidentellement, surtout près du sol, aux éléments que nous venons d'indiquer comme formant la composition normale de l'air. Enfin, dans quelques circonstances particulières , l'atmosphère renferme, près de la surface de la terre , des substances solides, réduites en poudre fine et portées à de grandes hauteurs par les vents; telle est la poussière qui tombe vers les îles du cap Vert, en obscurcissant l'atmosphère à de grandes distances. M. Ehrenberg a reconnu que cette poussière contient d'innombrables infusoires à carapaces siliceuses. Voy. pour plus de détails l'article atmosphère de ce Dictionnaire.
La grande élasticité que possède l'atmosphère et l'extrême facilité avec laquelle elle se contracte et se dilate selon le degré de température, sont cause qu'il s'y établit sans cesse des courants dans divers sens : les vents sont donc une conséquence nécessaire des propriétés physiques de l'atmosphère. Ces mouvements de l'air sont produits par l'accumulation ou la précipitation des vapeurs aqueuses; par l'attraction des corps célestes qui agissent sur l'atmosphère de la même manière que sur l'Océan, et y pro^
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duisent des effets analogues aux marées ; par la chaleur solaire qui, en raison des saisons et des heures du jour , dilate inégalement les couches aériennes; enfin, par la forme et la nature des continents et des mers qui arrêtent , accélèrent et modifient ces mouvements de mille manières.
Pour bien comprendre tous les phénomènes météoriques, les variations de température méritent avant tout de fixer notre attention. On sait que le point le plus élevé du thermomètre s'observe généralement à deux heures après midi, et le plus bas au moment du lever du soleil. L'expérience démontré que la température indiquée par les observations de neuf heures du matin à neuf heures du soir, fournit assez exactement la température moyenne du jour. Celle de l'année peut s'obtenir en ajoutantla température moyenne de chaque mois et en divisant la somme par douze.
Les différents climats des divers pays du globe dépendent principalement de leur position par rapport au soleil. Ainsi , à l'équateur, où cet astre darde perpendiculairement ses rayons, une égale surface du sol reçoit une bien plus grande quantité de chaleur et de lumière que les pays situés vers les pôles. On conçoit que pour les pays tempérés , le climat se rapproche de celui de l'équateur pendant l'été , puisque la hauteur du soleil y est plus grande , et de celui des légions polaires pendant l'hiver. Plusieurs causes expliquent parfaitement les inégalités de température. D'abord, la constitution physique de l'atmosphère qui varie incessamment d'une saison à l'autre. En été l'air est généralement sec , mais en hiver il se charge de vapeurs et affaiblit considérablement l'intensité des rayons solaires. La seconde cause à signaler est la grande obliquité des rayons du soleil en hiver. Or, on sait qu'ils se réfléchissent en raison de cette obliquité, qu'une surface reçoit d'autant plus de rayons qu'ils arrivent plus perpendiculairement et que la chaleur est en proportion des rayons absorbés; enfin, et cette dernière cause est la principale, le soleil , en été, reste bien plus longtemps au-dessus de l'horizon qu'en hiver. La nuit, qui est le moment de la déperdition du calorique , est plus courte et le jour plus long. On a calculé qu'il suffirait même, au milieu de
l'été, que le soleil restât dix jours sous l'horizon pour que tout se congelât à la surface de la terre.
Les saisons d'une année à l'autre paraissent très irrégulières par l'influence des causes variables , telles que les vents, les pluies, les glaces polaires, etc.; mais lorsqu'on réunit une assez longue suite d'observations , on reconnaît que la température est tantôt constamment croissante et tantôt décroissante. Dans nos climats, la température va s'élevant du 5 janvier au 5 juillet, et descend du 5 juillet au 5 janvier. Suivant M. de Humboldt, c'est une supposition tout-à-fait gratuite que d'espérer un été chaud à la suite d'un hiver rigoureux, ou un hiver doux après un été froid.
Sous la zone torride , la température est à peu près la même dans tous les lieux situés sur le même parallèle, mais dans la zone tempérée il en est autrement, car la température varie beaucoup selon certaines circonstances locales. C'est ce qui a fait tracer les lignes isothermes ou d'égale température. On a remarqué que les côtes occidentales des continents sont beaucoup plus chaudes que les côtes orientales. C'est un effet des vents et de la position générale des mers. Dans nos contrées, comme en Amérique, les vents d'ouest prédominent : or , ces vents qui viennent des mers sont toujours tempérés ; car la température des mers n'est jamais ni très haute ni très basse; en effet, la mobilité de la masse liquide et l'équilibre qui tend à s'y maintenir ne permettent pas qu'une couche superficielle se refroidisse beaucoup , comparativement aux autres ; car dès que la température de cette couche s'abaisse, son poids augmentant, elle descend dans la masse, et une autre vient la remplacer.
On remarque aussi que l'hémisphère austral est plus froid que l'hémisphère boréal; ce qui provient de ce que le premier est en grande partie recouvert par les eaux. Or, on sait que les eaux ne s'échauffent pas aussi facilement que le sol, une grande quantité du calorique qui leur est envoyé étant absorbée par l'évaporation, la congélation et la fonte des glaces.
Une observation qui jette une vive lumière sur les variations de température de certaines localités, est celle qui permet d'éta-
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blir que les travaux de l'homme à la surface de la terre peuvent notablement changer et modifier la température d'un lieu. D'après les relations des anciens , on est porté à croire que le froid en Europe était jadis plus intense qu'aujourd'hui. Nous savons positivement que le climat d'Amérique est devenu plus chaud depuis qu'on a diminué Ja vaste surface de ses forêts. En effet, les forêts d'une grande étendue, dit le célèbre de Humboldt, empêchent les rayons solaires d'agir sur le sol; leurs organes appeudicu- Jaires (les feuilles) provoquent l'évaporation d'une grande quantité d'eau, en vertu de leur activité organique, et augmentent la superficie capable de se refroidir par voie de rayonnement. Les forêts agissent donc de trois manières : par leur ombre, par leur évaporation, par leur rayonnement.
Dans son beau travail sur la chaleur centrale du globe, M. Cordier pense que la plupart des différences de température qu'on observe sur un même parallèle pourraient provenir de la plus parfaite conductibilité des couches géologiques qui enveloppent le centre incandescent de la terre. On sait que le globe a une température qui lui est propre, et qu'à une certaine profondeur cette température, indépendante de l'action du soleil, demeure constamment invariable. Les expériences démontrent qu'elle s'élève à mesure qu'on descend à des profondeurs plus grandes. La loi de cette progression est à peu près d'un degré par 32 mètres.
Dans l'atmosphère, la température suit une progression inverse à celle du sol, c'està-dire qu'elle diminue à mesure qu'on s'élève au-dessus du niveau de la mer. On trouve que la température décroît également avec la hauteur , dans tous les climats , lorsqu'on part d'une même température inférieure ; mais la loi de la progression change avec ce point de départ, de sorte que dans les zones tempérées, par exemple, d'après les observations de Saussure, elle est en hiver de 230 mètres par chaque degré du thermomètre centigrade, et de 160 en été. 11 y a donc une hauteur où le refroidissement progressif atteint le terme de la glace. De là l'existence des neiges éternelles sur les hautes montagnes , et l'inégale élévation du point où elles commencent dans les différents climats. Non seulement le décrois-
sement vertical de la températur varie suivant les climats et les saisons , mais aussi suivant l'exposition , et même l'état plus ou moins transparent du ciel.
On doit à M. Al. de Humboldt la précieuse application de la géographie des plantes à la mesure de la température moyen ne des lieux. Cet illustre voyageur a déterminé d'une manière générale l'élévation et la température des zones où chaque plante semble se complaire. Chaque végétal ne peut vivre qu'entre certaines limites déterminées de température, et la proximité de ces limites est indiquée par sa végétation plus ou moins chétive. Ainsi , l'aspect des végétaux qui subsistent dans chaque contrée offre comme une sorte de thermomètre vivant, qui indique au voyageur la moyenne des températures annuelles et leurs extrêmes.
Une des questions les plus intéressante» que l'on puisse se proposer de résoudre est de savoir si l'état thermométrique du globe a changé depuis les temps historiques. Voici la manière ingénieuse dont M. Arago se sert pour trouver la solution de ce problème : Pour que la Datte mûrisse, il faut au moins un certain degré de température moyenne. D'un autre côté, la Vigne cesse de donner des fruits propres à la fabrication du vin, dès que la température dépasse un certain point du thermomètre également déterminé. Or, la limite thermométrique en moins de la Datte, diffère très peu de la limite thermométrique en plus de la Vigne; si donc on trouve qu'à deux époques différentes, la Datte et le Raisin mûrissent simultanément dans un lieu donné, on doit en conclure que dans l'intervalle, le climat n'y a pas sensiblement changé.
La Bible nous apprend que, dans les temps les plus reculés, on cultivait le Palmier en même temps que la Vigne, au centre des , vallées de la Palestine. Les Juifs mangeaient , des Dattes et buvaient du Vin. Le Raisin figurait comme symbole sur les monnaies hébraïques, tout aussi fréquemment que le Palmier. Pline, Théophraste, Tacite, Josèphe, Strabon, etc., font également mention de ces faits. Voyons maintenant quels degrés de chaleur la maturation de la Datte et celle du Raisin exigent. A Palerme (Sicile, côte nord), dont la température moyenne surpasse 17°, le Dattier croît, mais
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son fruit ne mûrit pas. A Catane (Sicile, côte orientale), par une température moyenne de 18 à 19°, les Dattes ne sont pas mangeables. Elles mûrissent à Alger, dont la température moyenne est de 21°, mais elles ne sont pas bonnes, et pour les avoir telles, il faut s'avancer jusqu'au voisinage du désert, c'est-à-dire en des lieux où la température moyenne dépasse un peu 21°.
D'après ces données, on peut déjà conclure qu'à l'époque où l'on cultivait le Dattier en grand dans la Palestine, la température ne devait pas être au-dessous de 21°.
M. Léopold de Buch place la limite méridionale de la Vigne à l'île de Fer, dans les Canaries, dont la température moyenne est de 22". Par une plus forte température, on trouve bien encore en certains lieux quelques ceps dans les jardins , mais pas de Vignes proprement dites. Nous venons de voir qu'en Palestine, dans les temps les plus reculés, la Vigne était au contraire cultivée en grand ; il faut donc aussi admettre que la température moyenne de ce pays ne surpassait pas 22°. La culture du Palmier nous apprenait tout-à-1'heure que cette même température ne pouvait être au-dessous de 21°. Ainsi de simples phénomènes de végétation nous amènent à caractériser par 21°, 5 du thermomètre centigrade le climat de la Palestine au temps de Moïse, sans que l'incertitude paraisse devoir aller jusqu'à un degré entier.
A combien s'élève aujourd'hui la température moyenne de la Palestine? Les observations directes manquent, mais en y suppléant par des termes de comparaison pris en Egypte , on trouve qu'elle doit être un peu supérieure à 21°. Tout porte donc à reconnaître que 3,300 ans n'ont pas altéré d'une manière appréciable le climat de la Palestine, que 33 siècles enfin n'ont apporté aucun changement aux propriétés lumineuses et calorifiques du soleil.
Les phénomènes météoriques ont été rangés en trois classes. En général, ils prennent les noms de Météores aériens, aqueux ou ignés , selon que l'air, l'eau ou le feu semblent y jouer le principal rôle. Les plus importants Météores de la première classe sont les Vents, les Tempêtes, les Ouragans, les Tourbillons, etc. Ceux de la seconde «lasse comprennent les Vapeurs, les Brouil-
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lards, les Nuages, la Pluie, la Rosée, la Neige, la Grêle, etc. Enfin, ceux de la troisième classe traitent des Météores électriques, magnétiques et lumineux , c'està-dire des Éclairs, du Tonnerre, des Orages, des Trombes , des Aurores boréales , de l'Arc-en-ciel , des Halos, des Parhélies, du Mirage, etc.
Notre cadre ne nous permettant pas d'entrer dans de grands développements, nous traiterons chacun de ces Météores d'une manière générale, et pour éviter les doubles emplois, nous passerons très rapidement sur ceux qui ont déjà fait, ou qui doivent faire, dans ce Dictionnaire, le sujet d'un article spécial.
Météores aériens. — Vents. Les Vents, ou, pour les désigner par une expression qui en donne une idée fort exacte, les courants d'air, tirent leur origine de condensations et de raréfactions dans la masse de l'atmosphère. La principale cause des Vents est la distribution variable de la chaleur dans l'atmosphère, laquelle modifie sans cesse sa densité, et trouble ainsi l'équilibre de ses parties. La présence du Soleil agit à la surface du globe, en chauffant et dilatant les couches inférieures de l'air; son action calorifique diminue considérablement par l'obliquité de ses rayons, elle s'accumule bien plus promptement sur les terres que sur les eaux ; ainsi l'existence des continents et des mers, les alternatives du jour et de la nuit, la succession des saisons, sont donc des sources perpétuelles de courants atmosphériques.
Les Vents se divisent en Vents généraux ou constants , Vents périodiques, et Venls irréguliers ou variables. Ils se propagent par impulsion et par aspiration; dans le premier cas, c'est ce qui arrive au courant d'air qui sort d'un soufflet ; dans le second, au contraire, c'est ce qui a lieu au Vent qui entre dans le soufflet, lorsque l'air y a été raréfié. Ce dernier mode n'est pas aussi rare qu'on le pense. Une Éclipse de Lune donna occasion à Franklin de vérifier ce fait. Avant le commencement de l'Éclipsé, un violent Vent du nord se manifesta dans les Floridcs ; à Philadelphie, qui est plus au nord, on le ressentit lorsque l'Éclipsé était déjà commencée, et enfin l'Éclipsé était terminée lorsque ce même Vent se fit sen-
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tir à Boston, qui est encore plus au nord que les deux endroits que nous venons de citer. Cette particularité semble indiquer une grande raréfaction dans l'atmosphère, produite par une subite précipitation de vapeurs.
Les Vents alizés, ce vaste courant atmosphérique qui règne constamment dans les voisinages de l'équateur, et qui s'étend de chaque côté jusqu'au 30e degré de latitude boréale ou australe, sont parfaitement expliqués par la théorie de Halley : Les rayons du Soleil, en dilatant l'air dans le voisinage de l'équateur, et en l'obligeant par conséquent à s'élever, produisent dans les régions inférieures de l'atmosphère un courant qui afflue du nord au sud vers l'équateur, pour remplacer l'air échauffé ; mais comme le mouvement de rotation de la terre est continuel et se dirige vers l'est, il en résulte que l'air qui vient des pôles ne paraît point souffler directement du nord et du sud, comme cela a lieu très réellement, ce qui donne aux Vents du nord l'apparence d'un Vent qui vient du nord-est, et au Vent du sud celle d'un Vent de sud est. Les deux courants, venant à se rencontrer, se combinent, et réunis ils soufflent directement vers l'ouest avec leur force accumulée. Cette rencontre a lieu tantôt au ilord, tantôt au sud de l'équateur, par suite de la marche des saisons qui fait qu'alternativement les deux hémisphères sont inégalement échauffés. Telle est la cause de ces Vents alizés, sur l'influence desquels les marins comptent aussi sûrement que sur le retour du Soleil.
Pendant que l'air dense des contrées polaires se précipite vers l'équateur pour remplir le vide qui s'y forme, celui que l'action permanente du Soleil a dilaté et élevé, doit nécessairement former dans les régions supérieures de l'atmosphèreun contre-courant, qui va distribuer sa chaleur en se dirigeant en sens inverse du premier. C'est ce qui a lieu en effet, et l'existence de ce phénomène, prévu d'abord par le raisonnement, a été prouvée depuis par l'observation : M. de Ilumboldt a reconnu que le sommet du pic de Ténériffe était constamment exposé à un Vent violent, soufflant dans une direction contraire à celle des Vents alizés.
Les Vents périodiques appelés moussons, ou Vents du commerce, ont pour cause la situation particulière du continent d'Asie
au nord de l'équateur. La chaleur s'accumulant sur les terres en bien plus grande quantité que sur les mers, se manifeste en raison de la révolution des saisons, alternativement de l'un et de l'autre côté de l'équateur. Le centre de cette chaleur en été s'avance donc vers le nord, et vers le sud en hiver; il en résulte que dans ces régions qui sont sous l'empire des moussons, le Vent souffle continuellement du sudouest depuis le mois d'avril jusqu'au mois d'octobre, et pendant le reste de l'année il prend une direction opposée. Le changement de ces Vents périodiques se fait graduellement, et est ordinairement accompagné de Tempêtes et d'Ouragans.
La Brise de terre et la Brise de mer, cette autre espèce de Vents périodique, reçoit une explication bien simple. Lorsque le Soleil est descendu sous l'horizon , la terre et la mer, que sa présence avait échauffées , perdent leur calorique par voie de rayonnement ; mais la déperdition éprouvée par la surface terrestre est beaucoup plus rapide et plus considérable que celle de la surface liquide. Les couches d'air qui reposent audessus de ces deux surfaces doivent par conséquent se refroidir diversement , et bientôt l'air qui recouvre le sol, plus froid et plus dense que celui de la mer, doit se précipiter dans l'espace que ce dernier occupe. C'est ce qui arrive sur la fin de la nuit, et ce qui constitue la brise de terre.
Mais quand le Soleil a reparu sur l'horizon, ses rayons échauffent bien plus rapidement la surface du sol que la masse des eaux, et l'air qui enveloppe l'une et l'autre doit s'échauffer et se dilater bien davantage sur terre que sur nier. A la fin du jour, l'air plus froid et plus condensé de la mer soufflera vers la côte, et produira la brise de mer. L'action de ces Vents légers tempère le climat et facilite singulièrement les marins, soit pour s'approcher ou s'éloigner de la terre.
Dans les zones tempérées , où l'influence solaire est beaucoup moins grande, les Vents sont soumis à d'autres causes que l'on ne connaît point encore parfaitement. On les appelle Vents irréguliers ou variables. Ils soufflent dans toutes les directions, et notamment de l'Ouest. Il paraît certain que plus on s'éloigne de l'équateur vers les
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pôles, plus l'irrégularité des Vents et des Pluies est grande, sans que l'on puisse en assigner exactement la cause. Cependant on peut regarder comme une règle générale, qui s'applique à ces phénomènes, ce que nous avons dit des Vents généraux.
Les violentes agitations de l'air qui constituent les Tempêtes, les Ouragans, sont plus communes sous les tropiques que dans nos climats. L'explication la plus satisfaisante qu'on donne de ces phénomènes, est celle qui suppose un fort courant d'air qui en rencontre un autre soufflant dans un sens opposé. Si quelque obstacle se trouve sur la ligne de séparation, il en résulte nécessairement un tournoiement ou tourbillon plus ou moins étendu et plus ou moins violent, qui pourra en même temps avoir un mouvement de progression, si l'un des deux courants a plus de vitesse que l'autre. Dans les régions intertropicales ces ouragans sont quelquefois épouvantables. Pour en donner une idée, il suffit de citer quelques traits de celui qui dévasta la Guadeloupe, le 25 juillet 1825. Des maisons solidement bâties furent renversés. Le Vent avait imprimé aux tuiles une telle vitesse, que plusieurs pénétrèrent dans des magasins à travers des portes. Une grille en fer établie devant le palais du gouverneur fut entièrement rompue. Trois canons de 24 se déplacèrent jusqu'à l'épaulement de la batterie qui les renfermait. Ces faits, de la plus grande authenticité paraissent incroyables. Cependant, pour expliquer ces phénomènes, il n'y a qu'une seule difficulté, dit M. Pouillet, c'est celle de savoir comment l'air a pu recevoir dans l'atmosphère une si prodigieuse vitesse; car cette vitesse étant donnée, les actions mécaniques les plus étonnantes en deviennent des conséquences nécessaires. C'est du gaz en mouvement, qui pousse le boulet hors du canon ; c'est aussi du gaz en mouvement qui lance dans les airs des quartiers de roches lorsqu'une mine fait explosion.
Malgré les désastres que produit quelquefois l'impétuosité du Vent, il n'en est pas moins un bienfait de la nature. C'est lui, en effet, qui entretient la pureté de l'atmosphère, et qui nous amène les nuages et la pluie. C'est le Vent qui est chargé de porter à plusieurs fleurs le pollen qui doit
les féconder, et qui répand au loin les graines d'un grand nombre de végétaux. Considéré comme force motrice, le Vent devient le principal agent d'une foule de machines chez tous les peuples. Enfin, malgré l'application de la vapeur, cette souveraine de l'industrie qui étend ses conquêtes chaque jour, c'est encore le Vent qui préside à la navigation.
La vitesse des Vents varie d'une manière considérable; le tableau suivant, extrait de Y Annuaire du bureau des longitudes, donn era une idée assez exacte des différentes vi tesses.
Vitesse
Vitesse par heure
par seconde
en mètres.
en mètres.
en lieues.
i,Soo m.
o,4o lieues
Venta peine sensible
3,Goo
Vent sensible.
Vent modéré.
ig,8oo
Vent assez fort.
36,ooo
Vent fort.
Vent très fort.
Tempête.
Grande tempête.
Ouragan.
Ouragan qui renverse les édifices et les arbres.
La décomposition des substances végétales et animales altère souvent la pureté de l'air dans certains lieux. Cette décomposition paraît être la cause des Feux follets et celle des miasmes de tous genres qui produisent la plupart des maladies pestilentielles et épidémiques. Les feux follets, que lessuperstitieux regardaient autrefoiscomme des revenants sortant du tombeau pour aller tourmenter les vivants , se manifestent principalement dans les cimetières, ce qui aura pu donner du poids à celte croyance. , Ils se développent aussi dans les lieux ma-[ récageux, sur le bord des élangs et des ri-'vières. C'est une flamme légère, qui semble sortir de terre et brûle en s'agitant, et en; suivant différentes directions. 11 est aujourd'hui constaté que les feux follets sont produits par le dégagement de gaz hydrogènes phosphores, provenant de la décomposition des matières animales, et qui ont la propriété de s'enflammer au contact de l'air atmosphérique.
Météores aqueux. — En passant de l'état liquide à l'état aériforme, l'eau acquiert une densité moindre que celle de l'air atmosphé-
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rique, et s'élève alors en vertu de sa plus grande légèreté. Cette vapeur est tantôt invisible et tantôt visible. Dans le premier cas, elle constitue l'humidité proprement dite, et sa présence est accusée par l'hygromètre. Loin de troubler, en cet état, la transparence de l'atmosphère, elle semble l'augmenter dans plusieurs circonstances. La vapeur passe à l'état visible, lorsqu'elle devient vapeur vésiculaire, c'est-à-dire qu'elfe forme de petites vésicules creuses dont la pesanteur est à peu près la même que celle de l'air. Elle trouble alors la transparence de ce gaz à cause des réfractions multipliées qu'elle fait subir à la lumière, et demeure généralement en suspension pendant quelque temps sous forme de Brouillards. Ceuxci, à cause de leur plus grande pesanteur spécifique, ont une tendance à tomber, et, quand les couches inférieures de l'atmosphère sont à la même température qu'eux, et saturées d'humidité, ils continuent de descendre jusqu'à ce qu'ils se résolvent en pluie à la surface de la terre.
Lorsque les vapeurs sont entraînées à une certaine élévation et qu'elles planent à des hauteurs plus ou moins grandes, elles prennent le nom de Nuages. Les nuages peuvent encore se former dans les airs à la rencontre de deux vents humides inégalement chauds ; alors, en raison de l'équilibre de température, le plus chaud se refroidit ,et la vapeur se condense. Il existe souvent plusieurs couches de nuages superposées les unes aux autres et qui marchent quelquefois dans des directions opposées. En général, elles sont d'autant plus élevées qu'elles sont plus blanches. Dans ce cas, elles affectent l'aspect désigné sous le nom de petites pommelures, balayures, etc., tandis que les couches inférieures sont plutôt en pommelures grandes. Rien de plus difficile à fixer et à décrire que les nuages: leurs formes et leurs couleurs varient sans cesse, et présentent souvent les figures les plus bizarres. Cependant les couleurs dominantes sont le blanc, le gris et le noir; mais le matin et le soir, quand ils sont à une moyenne hauteur, les nuages réfléchissent différentes nuances et affectent toutes les teintes.
Pluie. — Les vapeurs suspendues dans l'atmosphère sont le résultat de l'évaporation qui a lieu sur les terres et principalement
sur la vaste étendue des mers. Leur quantité est en proportion de la température, c'està-dire qu'elle varie en raison du climat, des saisons et de l'élévation du sol. Ces vapeurs s'élèvent, forment des nuages, et, lorsqu'elles ont acquis certaines dimensions et qu'elles ne peuvent plus être soutenues dans l'atmosphère, elles se pressent, se condensent et se résolvent en pluie, qui tombe tantôt légèrement, sous le nom de bruine, tantôt avec plus ou moins d'intensité, quelquefois en gouttes très grosses.
On remarque que le nombre des jours de pluie est en raison inverse de la quantité qui tombe. Il est moindre à l'équateur et augmente à mesure qu'on s'en éloigne. De même le nombre des jours de pluie est ordinairement plus grand en hiver qu'en été, et cependant il tombe plus d'eau dans cette dernière saison que durant la première.
Il résulte des expériences faites depuis longtemps à l'observatoire de Paris que le pluviomètre placé à la surface du sol reçoit une plus grande quantité de pluie que celui placé sur la plate-forme du bâtiment, qui a 28 mètres de hauteur. Cette différence, qui est environ d'un neuvième, n'est pas l'effet du hasard, puisqu'elle a lieu chaque année. On explique cette particularité remarquable en admettant que les gouttes s'accroissent aux dépens de l'humidité de l'air en traversant ses couches inférieures toujours plus saturées d'humidité et souvent chargées da brouillards.
Les vapeurs qui produisent la pluie se congèlent pendant l'hiver dans l'atmosphère et produisent la Neige, qui tombe généralement, par un temps calme, sous la forme symétrique d'étoiles à six rayons, tantôt ramifiés, tantôt sans ramifications. Passagère sur la plus grande partie du globe, la neige couvre de ses flocons éternels le sommet des hautes montagnes , où quelquefois elle prend une teinte rouge. Plusieurs naturalistes ont constaté que ces globules de matière colorante sont de petits cryptogames du genre Uredo dont la neige est le sol naturel , et que pour cette cause on appelle Uredo nivalis.
Dans les années où la neige a longtemps couvert le sol, les fontaines sont plus abondantes , les récoltes sont plus sûres. En effet , la neige trempe les terres plus que les
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pluies ; elle empêche la gelée de pénétrer profondément dans le sol qu'elle recouvre. Ce résultat est dû à son faible pouvoir conducteur, d'où il résulte que non seulement elle s'oppose au passage du froid atmosphérique dans le sol, mais qu'elle empêche aussi la déperdition de la chaleur terrestre occasionnée par le rayonnement vers l'espace.
De tous les Météores aqueux, la Grêle est le plus terrible et le moins connu. Elle se présente toujours en grêlons de glace arrondis par le frottement. Ces grêlons sont le plus souvent composés de couches con^ centriques; quelquefois ils présentent la forme de cristaux dont les angles ont été émoussés. La théorie du célèbre Volta tend à démontrer que l'électricité forme ce météore, que les grêlons sont successivement attirés et repoussés un certain nombre de fois par divers nuages chargés d'électricités contraires. Leurs couches concentriques semblent, en effet, indiquer qu'ils sont formés par une suite de mouillages et de congélations successives; lorsque leur poids l'emporte sur l'énergie électrique des nuages, les grêlons se précipitent vers la terre en faisant un bruit particulier qui ressemble assez à celui que produit un sac de noix qu'on vide. La grêle précède ordinairement les pluies d'orage; elle les accompagne quelquefois, presque jamais elle ne les suit. Les nuages chargés de grêle semblent avoir beaucoup de profondeur, et se distinguent des autres nuages orageux par une nuance cendrée remarquable. Ils sont généralement peu élevés. Aux approches de la grêle, l'électromètre indique que l'électricité change très fréquemment d'intensité et de nature. La grêle est plus fréquente pendant l'été que pendant les autres saisons. Elle se manifeste plus souvent dans les zones tempérées que sous les pôles et i'équateur. Voy. grêle.
On donne le nom de Grésil à la petite grêle peu consistante dont la surface paraît comme saupoudrée de farine. C'est une espèce d'intermédiaire entre la grêle proprement dite et la neige. Le grésil se montre le plus ordinairement au printemps pendant les orages passagers et peu intenses. Voy.