‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 7 sur 192 · III. Les ZOR1LLES {Zoiitta, Is. Geoff · texte numérisé non relu

III. Les ZOR1LLES {Zoiitta, Is. Geoff

Système dentaire des Putois, mais ongies longs, robustes, non pointus, propres à fouir la terre , mais non à grimper sur les arbres. On n'en connaît qu'une espèce.

Le ZoniLLE, Zorilla variegata Less., Viverra zorilla Gm., Muslela zorilla Desm., le Blaireau du Cap, Kolbe; le Zorille, Buîî. Cet animalaplusdelpied (0m,325)du bout du museau à l'extrémité de la queue, qui a 8 pouces (0m,217) à peu près de longueur. II est noir, avec plusieurs taches blanches sur la tête, et des lignes longitudinales blanches sur le corps en dessus, ou blanc, avec des taches ou des lignes noires. La première variété se trouve au cap de Bonne-Esperance, et la seconde au Sénégal et sur les bords de la Gambie. Du reste, cet animal a le même genre de vie que les Martes, à cela près que, ne pouvant grimper sur les arbres, il se creuse un terrier qu'il habite pendant le jour, et dans lequel il se retire à la moindre apparence de danger. (Bûiïard.)

MARTEAU. Zygœna. roiss. — Genre de l'ordre des Chondroptérygiens à branchies fixes, famille des Sélaciens, établi par Cuvier (Règne animal, t. II, p. 393) aux dépens des Squales. Ces poissons ont à peu près les caractères des Requins; ils en diffèrent par leur tête aplatie horizontalement, tronquée en avant, et dont les côtés se prolongent transversalement en branches qui la font ressembler à un marteau; les yeux sont aux extrémités des branches, et les narines à leur bord antérieur. On connaît 4 espèces de ce genre ; la plus commune dans nos mers est le Marteau commun, vulgairement appelé Maillet {Zygœna maliens Val.). Ce poisson a le corps grisâtre, la tête très large, noirâtre et légèrement festonnée. Il atteint quelquefois 4 mètres de longueur, et son poids s'é •

MAR

lève jusqu'à 34 myriagrammes. On le prend ordinairement en juillet, août et septembre. Sa chair est peu estimée. Les autres espèces sont : le Z. Blochii Val., reconnaissable à ses narines placées bien plus près du milieu, et dont la deuxième dorsale est plus près de la caudale ; le Pantouflier ( Z. tudes Val. ), espèce à très large tête ; le vrai Pantouflier {Squalus tiburo L. et Val. ) , qui a la tête en forme de cœur. La chair de cette dernière espèce est moins désagréable que celle du Marteau commun ; on la pêche souvent sur les côtes de la Méditerranée.

MARTEAU. Maliens, moll. — Genre de Mollusques bivalves monomyaires , établi par Lamarck aux dépens du genre Avicule de Bruguière , lequel était lui-même un démembrement du grand genre Huître {Ostrea) de Linné. Lamarck avait d'abord rapproché ce genre des Vulselles et des Avicules, dans la famille des Ostracées ; mais plus tard il l'en sépara pour le porter dans la famille des Byssifères ; et enfin , dans son Histoire des Animaux sans vertèbres, il le prit pour type de sa famille des Malléacées , qu'il séparait alors des Byssifères. Mais presque tous les autres zoologistes, au contraire, ont rapproché les Vulselles et les Marteaux dans une même famille, nommée par M. deBlainville les Margaritacés. L'animal du Marteau est inconnu ; sa coquille est presque équivalve, raboteuse , difforme , souvent allongée à l'opposé de la charnière et plus ou moins élargie à la base en deux lobes figurant des oreillettes ou les deux côtés d'un marteau ; la charnière , dépourvue de dents, présente une fossette obliquement allongée, conique, destinée à contenir un ligament très fort, et située sous les crochets, qui sont petits, divergents. Chaque valve est terminée audessus de la charnière par un talus oblique, qu'on nomme le talon , et dont la réunion forme un grand sillon triangulaire entre les crochets. A l'origine du bord supérieur de l'oreillette antérieure se voit une échancrure qui, lorsque les valves sont réunies, correspond à celle du côté opposé, et forme un trou perpendiculaire communiquant à l'intérieur et donnant passage au byssus ; à côté de cette échancrure est une surrace plane, un peu saillante et triangulaire, derrière laquelle est creusée cette fossette dont nous avons parlé, destinée à contenir le ligament.

MAR

Ce ligament n'est pas , comme le croyait Lamarck, étendu sur toute la longueur du talon; il est, au contraire , resserré dans une fossette cardinale très analogue à celle des Avicules , des Limes ou des Peignes, ainsi que l'a démontré M. Deshayes.

La coquille des Marteaux varie singulièrement avec làge , et suivant les diverses circonstances locales dans lesquelles ils ont vécu , de sorte qu'on n'en peut trouver deux semblables. II paraît même que la coquille des jeunes individus est toujours dépourvue d'oreillettes latérales. M. Deshayes a remarqué aussi que, chez les vieux, le manteau abandonne peu à peu ces oreillettes, qu'il avait sécrétées d'abord. Il résulte donc de ce retrait successif du manteau des stries semblables à celles d'accroissement, mais qui se succèdent en sens inverse.

On a décrit six espèces de Marteaux provenant de la mer des Indes et de la mer Rouge. Ce sont des coquilles longues de 9 à 15 millimètres, très recherchées dans les collections. (Duj.)

MARTELLA. bot. cr. — Nom que donne Scopoli dans ses plantes de Hongrie à YHydnum echenis. (Lév.)

MARTESIA. — Voy. martisia.

MARTIA. bot. ph. — Leandr., syn. de Neurocarpum, Desv.-Spreng. — Syn. d'J£îodes , Àdans.

MARTIN, ins. — L'un des noms vulgaires des Coccinelles du pays. (C.)

MARTIN. Acrydotheres et Pastor. ois. — Genre de la famille des Sturnidées (Étourncaux) dans l'ordre des Passereaux, caractérisé par un bec plus ou moins long, comprimé , très peu arqué, à mandibule supérieure légèrement échancrée à la pointe, à angles membraneux; des narines latérales, ovoïdes, recouvertes par une membrane en partie emplumée; un espace nu autour des yeux; des tarses allongés, assez robustes, et des ailes longues, pointues.

Lesespècesquicomposent ce genre étaient confondues par Linné, Gmelin et Latham avec les Mainates, les Étourneaux et les Merles. Elles en ont été distraites par les ornithologistes modernes pour être groupées génériquement sous le nom que Buffon donnait à l'une d'elles. Nous ne devons point nous préoccuper, pour le moment, des démembrements que, vers ces dernières années,

MAR

on a fait subir à la division qui renferme les oiseaux dont il est question ; nous verrons plus bas quels sont parmi eux ceux qui en ont été l'objet; ce que nous devons faire ici, c'est l'histoire collective de toutes les espèces que G. Cuvier, Vieillot, Temminck, Wagler, etc., ont classées dans leur genre Martin.

LesMartins, déjà si voisins des Étourneaux par leurs caractères physiques, semblent l'être plus encore sous le rapport des mœurs; ils en ont les habitudes, les allures, la docilité. D'un autre côté, tous lesMartins dont on a pu observer les actes dans l'état de nature, ont une manière de vivre tellement identique, que l'histoire de l'un d'entre eux est applicable à tous les autres. Ce sont des oiseaux très portés à vivre dans la société de leurs semblables. Ils fuient la solitude autant que d'autres espèces la recherchent, et sont toujours réunis en troupes plus ou moins nombreuses, même à l'époque de la reproduction. On a remarqué que tous les Martins d'un canton, au lieu de former, durant le jour, une bande unique, se divisent en plusieurs volées qui vont chacune de leur côté exploiter les environs ; mais, quand vient le soir et au moment où le soleil disparaît à l'horizon, ces diverses volées se réunissent en une seule. Ce rapprochement a pour cause le besoin de repos; en effet, la bande unique quelquefois innombrable que forment, à re moment, les Martins, après quelques évolutions dans les airs, s'arrête sur les arbres ou sur l'arbre qu'elle a adopté pour gîte. Le plus touffu et le plus élevé est toujours celui sur lequel se portent de préférence ces oiseaux. Ils s'y entassent, pour ainsi dire, en se serrant les uns contre les autres. C'est lorsqu'ils sent ainsi rassemblés que commence leur babil, babil qui se transforme bientôt en un concert bruyant et discordant, en un mélange d'un millier de voix et de cris confus qui ne cessent qu'à la nuit.

Le vol des Martins est vif et saccadé ; en d'autres termes, il s'exécute par de fréquents battements d'ailes. Rarement ils s'élèvent très haut dans l'air; assez souvent ils rasent la terre et passent avec la vitesse d'un trait. Lorsque, cependant, ils n'ont qu'un court trajet à faire, leur vol est bien moins rapide. Les individus qui composent une bande volent en se tenant toujours serrés, ainsi

MAR

MAR

que le font les Étourneaux, ainsi que le font encore les Jaseurs de Bohême. Comme ces oiseaux, on ne les voit également jamais dévier de leur route; toujours ils se dirigent en ligne droite. 3N1 Nordman, qui a parfaitement observé le Marlinroselin, a vu que, lorsqu'une volée de cette espèce descend à terre , tous les individus qui la composent se dispersent bientôt dans toutes les directions, qu'il est rare d'en surprendre quatre ou cinq très rapprochés, et qu'en marchant dans l'herbe, ils observent strictement une certaine direction générale et avancent peu à peu avec une certaine vitesse. « Les Roselins, ajoute-t-il, sont très adroits à enlever, en sautant, les insectes de dessus les brins d'herbe; quelquefois aussi, mais rarement, ils saisissent de cette façon des Sauterelles qui volent bas. Celui d'entre eux qui vient de faire ime bonne trouvaille pousse un cri de joie qui attire sur-le-champ quelques uns de ses compagnons désireux de partager sa bonne fortune. Dans un pareil cas, surtout lorsqu'il s'agit d'une grosse Sauterelle ou de quelque autre morceau friand, on voit souvent de petites disputes s'élever entre ces oiseaux, d'ailleurs paisibles, toujours de bonne humeur, gais et d'une grande agilité. »

Les Marlins ne fuient pas trop la présence de l'homme; ils sont peu timides, et s'approchent avec confiance des lieux habités. lis fréquentent les prairies et les pâturages, se plaisent surtout dans le voisinage des eaux, se mêlent volontiers à d'autres bandes d'oiseaux et principalement aux bandes d'Étourneaux , et, comme ceux-ci, ils aiment à se percher sur le dos des troupeaux, au milieu desquels leur instinct les appelle souvent.

Il est peu d'oiseaux qui rendent à l'agriculture des services aussi grands que les Martins, parce qu'il en est peu qui soient aussi grands destructeurs de toute sorte d'insectes. C'est surtout dans les contrées exposées aux ravages des Sauterelles voyageuses {Gryllus migratoriusLinn. ) que la présence des Martins peut être considérée comme un précieux bienfait de la providence. Ils mettent un acharnement incroyable à poursuivre les essaims dévastateurs de ces redoutables insectes; ils les détruisent sous tous leurs états, et les attaquent même dansleur germe. Du reste, le fait cité parGuéneau de Montbeillard (Hist. nat. des Ois.), d'après le té-

moignage de M. Poivre , démontre de la manière la plus positive quel est le rôle, quelle est la part que prennent ces oiseaux dans l'économie de la nature. Il fut un temps où l'île Bourbon était, pour ainsi dire, dévorée par des Sauterelles , qui , ayant été apportées de Madagascar, dans de la terre, à l'état d'œufs , s'y étaient développées et avaient fini par s'y multiplier d'une façon prodigieuse et vraiment inquiétante. A cette époque , MM. Desforges-Boucher et Poivre, l'un gouverneur général et l'autre intendant de cette île, eurent l'heureuse idée, pour arrêter les ravages toujours croissants que faisaient ces insectes, de tirer des Indes quelques paires de Martins (Acr. tristis), de les faire propager , et de les opposer, comme auxiliaires, à leurs redoutables ennemis. Cette mesure eut d'abord un commencement de succès; mais, lorsqu'on s'en promettait les plus grands avantages, ils furent proscrits, parce que les colons, les ayant vus fouiller dans les terres nouvellement ensemencées, s'imaginèrent qu'ils en voulaient aux grains, lorsque, selon toute probabilité, ils n'étaient qu'à la recherche des œufs d'insectes. L'espèce entière fut donc détruite, et avec elle la seule digue qu'on pouvait opposer aux Sauterelles; car cellesci, ne trouvant plus d'ennemis acharnés à les dévorer, multiplièrent au point que les habitants de l'île eurent bientôtà se repentir de leur arrêt de proscription, et se virent forcés de rappeler les Martins à leur secours. Deux autres couples furent donc rapportés et mis cette fois sous la protection des lois. Les médecins, de leur côté, leur donnèrent une sauve-garde encore plus sacrée, en déclarant que leur chair était une nourriture malsaine. Enfin, quelques années plus tard, les Sauterelles étaient entièrement détruites. Malheureusement les Martins, dont le nombre s'était considérablement accru, devinrent à leur tour un fléau redoutable, en ce sens que, ne trouvant plus assez d'insectes pour satisfaire leur appétit, ils s'attaquèrent non seulement aux fruits, mais encore au blé, au mais, aux fèves, etc.

Quoi qu'il en soit, les Martins sont de véritables bienfaiteurs pour les contrées exposées aux ravages des Sauterelles. Partout où ces insectes se montrent, on est à peu près certain de rencontrer ces oiseaux. Au rap-

IvîAR

MAR

port de M. Nordmann, lesTartares et les Arméniens considèrent le Martin roselin comme étant en quelque sorte sacré, et ont en lui une grande confiance pour la destruction des Sauterelles: « C'est au point, dit-il, que toutes les fois que leurs terres sont menacées des ravages de quelque essaim de Sauterelles, non seulement les habitants des provinces situées au-delà du Caucase, mais encore les Tartares de la Crimée, emploient un procédé particulier au moyen duquel ils espèrent attirer les Martins roselins. Voici qiel est ce procédé: Non loin ducouventd'Etchcmiadsin, en Arménie, etdu villaged'Argoui isitué au pied de l'Ararat, il se forme une source dont l'eau passe pour être sacrée, Dès que les Sauterelles se montrent, on va chercher une certaine quantité de cette eau, et celle-ci n'est pas plus tôt arrivée que les oiseaux paraissent pour commencer la destruction. Dans la Crimée et dans plusieurs endroits des provinces transcaucasiennes, on conserve constamment de cette eau sacrée, et, lorsqu'elle vient à manquer, on dépêche des exprès pour aller, au pied de l'Ararat, en chercher une nouvelle provision. »

Les Martins font la chasse non seulement aux Orthoptères , mais encore à d'autres insectes de la classe des Coléoptères et de celle des Hémiptères. Ils sont également très friands de cerises et de mûres, et font une consommation ou plutôt un dégât considérable de ces fruits.

Réduits en captivité, les Martins deviennent bientôt aussi privés et aussi familiers que les Étourneaux, et se font aimer à cause de leur docilité et de leurs gentillesses. Ils retiennent facilement et répètent avec assez de fidélité ce qu'on veut leur apprendre, et apprennent même sans qu'on leur fasse la leçon ; car bien souvent ils imitent le chant ou les cris des animaux qui restent quelque temps leurs voisins. Dans plusieurs contrées de l'Inde , on se plaît à les élever à cause de leur talent imitateur.

Les faits qui se rapportent aux circonstances de nidification des Martins ne sont pas encore bien et entièrement connus. On a seulement quelques détails sur la manière dont nichent le Martin triste et le Martin roselin, et sur leur ponte. Le premier donne à son nid une construction grossière et Pattache aux aisselles des feuilles du Palrnier-

Latanier ou d'autres arbres ; quelquefois même il l'établit dans les greniers, lorsqu'il peut s'y introduire; le second recherche, pour faire ses pontes , les gradins escarpés de quelque montagne, les masures abandonnées , les ruines et aussi les arbres creux. L'un et l'autre font une ou deux couvées dans la saison, et chaque couvée est de quatre à six œufs.

Une particularité des plus remarquables est celle dont M. Nordman a été le témoin. II a vu que de grandes volées de Roselins, composées d'un nombre à peu près égal de mâles et de femelles (ce qui rend le fait encore plus extraordinaire), ne vaquaient pas à l'œuvre de la reproduction et vivaient, comme il le dit lui-même, dans un Célibat complet. Il a acquis la certitude que, parmi ces volées , il n'y avait pas un seul couple apparié. On pourrait croire que les individus qui forment ces bandes vagabondes sont de jeunes oiseaux incapables encore de se reproduire ; mais M. Nordman a bien positivement constaté qu'elles se composaient d'individus âgés d'un , de deux , de trois ans et même au-delà. Ce fait, que nous sachions , est sans exemple, et demeure , jusqu'à présent, sans explication.

Les Martins sont des oiseaux voyageurs.

Levaillant a assisté-aux migrations des espèces qui habitent l'Afrique, et a pu acquérir la preuve que leur passage, qui se fait toujours par bandes considérables, dure une semaine environ. Les jeunes de l'année, comme cela a lieu pour une foule d'autres oiseaux, ne voyagent pas en compagnie des adultes : les uns et les autres forment des bandes à part. Tous les Martins actuellement connus appartiennent à l'ancien continent.

Nous ne saurions admettre avec quelques auteurs les coupes que l'on a voulu fonder sur certaines espèces de Martins , ces coupes n'étant motivées par aucun caractère d'une importance vraiment générique. Il y a chez toutes même organisation et mêmes mœurs. Bien plus , les Martins diffèrent si peu des Étourneaux sous ces deux rapports, que quelques ornithologistes, M. Nordman entre autres, malgré l'opinion générale, ont persisté à en faire des oiseaux congénères. Si Ton éprouve déjà de la difficulté à pouvoir distinguer génétiquement les Étourneaux

Page 1