‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 75 sur 192 · MINÉES · texte numérisé non relu

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MOLLASSES, iielm. — Lamarck appelle ainsi une partie des Vers intestinaux ainsi caractérisée :

Ils sont nus, d'une consistance molle*

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sans raideur apparente, dive réformes et la plupart irréguliers.

Les Mollasses constituent le premier ordre des Vers , et sont partagés en trois sections:

1° Vésiculaires : Hydatide, Hydatigère, Cénure, Echinocoque et Bicorne;

2° Planulaires : Ténia, Bothryocéphale , Tricuspidaire , Ligule, Linguatule, Polystome, Fascioie;

3° Hétéroviorphes : Monostome, Amphi- Stome, Géroflé, Tétragule, Massette, Tentaculaire, Sagittule. (P. G.)

MOLLE, Clus. (Exot., 332). bot. ph.— Syn. de Schinus, Linn.

MOLLÏA ( Moll , naturaliste allemand ).

polyp. — Genre proposé par Lamouroux pour deux espèces que Moll avait décrites comme des Eschares sous les noms de E. patellaria et E. planula. Elles paraissent établir le passage entre les genres Flustre et Eucratea, leurs cellules étant presque libres ou pédonculées et réunies les unes aux autres par un seul point de leur bord, ou par des prolongements spéciaux. M. Milne Edwards rapporte à ce même genre le polypier figuré par M. de Savigny dans la description de l'Egypte, et nommé Flustra Brongniartii par M. Audouin , ainsi que le Cellepora folinece de M. Délie Chiaje. (Duj.)

MOLLIA , Gmeï. (Syst. , 303). bot. ph.

— Syn. ù'Escallonia, Mutis. — Gmel. (Syst., 420), syn. de Bœckea, Linn.

MOLLÎA. bot. ph. — Genre de la famille des Tiliacées-Grewiées , établi par Martius et Zuccarini (Nov. gen. et sp., I, 96, t. 60). Arbres du Brésil. Voy. tiliacées.

MOLLÎA , Schr. ( FI. salisb. , n. 832 ). bot. cr. — Syn. de Barbula, Hedw.

MOLLINEDIA. bot. ph.— Genre dont la place dans la métbode n'est pas encore fixée. Endlicher le range avec doute à la suite des Monimiacées. Il a été établi par Ruiz et Pavon (Prodr., 72, t. 15) pour des plantes qui présentent pour caractères principaux : Périanthe ovale, renflé au milieu, à limbe bifide à peine ouvert. Étamines nombreuses; filets nuls; anthères cunéiformes, fixées sur ie réceptacle. Ovaires nombreux, ovales. Styles nuls; stigmates tubulés. Le fruit est un drupe oblong , charnu. Les Mollinedia sont des arbres ou des arbrisseaux de l'Amérique tropicale, à feuilles opposées, pétiolées, très

entières ou dentées en scie, à pédoncules axillaires, multiflores.

MOLLIPENNES. ins. — Voy. apalytres.

MOLLUGO. bot. ph. — Genre de la famille des Portulacées-Molluginées , établi par Linné ( Gen. , n. 139 ), et caractérisé comme suit : Calice 5-parti, persistant. Corolle nulle. Étamines 3-5, rarement 6-10, hypogynes; filets courts, subulés; anthères globuleuses, à 2 loges s'ouvrant longitudinalement. Disque hypogyne nul. Ovaire libre, à 3 loges pluriovulées. Stigmates 3, linéaires, cylindriques ou cunéiformes. Le fruit est une capsule légèrement membraneuse, à 3 loges et à 3 valves.

Les Mollugo sont des herbes basses , annuelles, à feuilles planes, linéaires, très entières; à fleurs disposées en cymes axilaires dichotomes , ou en ombelles sessiles ou pédonculées. Elles croissent en abondance dans toutes les régions tropicales de l'ancien continent, principalement dans les lieux cultivés.

MOLLUSQUES ou MALACOZOAIRES.

zool. — Un des embranchements ou des groupes primaires du règne animal , qui comprend des animaux mous, sans squelette interne ou externe , et sans membres articulés , mais pourvus d'un appareil circulatoire plus ou moins complet et d'un système nerveux ganglionnaire non sériai; possédant un appareil digestif complet, c'està-dire à deux ouvertures; et formés généralement de parties paires plus ou moins parfaitement symétriques , mais non de parties homologues disposées en série rectiligne, comme les Annelés , ou en rayons autour d'un axe, comme les Zoophytes.

Les Mollusques ont été longtemps confondus avec les Vers et les autres animaux mous sans vertèbre*. Les coquilles dont ils sont souvent pourvus ont d'abord fixé l'attention des naturalistes et des collecteurs , et la classification des coquilles, ou la Conchyliologie, a précédé de beaucoup la connaissance des animaux d'où elles proviennent, et dont elles sont une partie accessoire, en quelque sorte, relativement aux organes essentiels. C'est la présence d'une coquille, en latin Testa , qui fit donner le nom de Testacés ou Vers testacés à une partie des Mollusques, confondus d'après ceseulcarae

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tère avec des Annélides , des Echinides et des Cirrhipèdes , tandis que d'autres Mollusques sans coquille , quoique présentant une organisation semblable , étaient placés séparément avec d'autres Annélides, avec des Acalèphes, des Échinodermes, des Zoophytes et des Helminthes.

L©i premières bases de l'histoire naturelle des Mollusques ont été posées par Aristote , qui distingua des coquilles terrestres et marines , et parmi celles-ci fit aussi la distinction des univalves et des bivalves; il avait d'ailleurs mis à part certains Mollusques mous ou sans coquille , et particulièrement des Céphalopodes. Jusque vers le milieu du xvie siècle , l'histoire naturelle des Mollusques , comme toutes les autres branches de la même science, resta ce qu' Aristote l'avait faite. A partir de cette époque , Rondelet et Belon donnent déjà quelques notions nouvelles sur les animaux aquatiques, et d'autres publications sans grande valeur succèdent encore pendant plus d'un siècle. Mais enfin, en 1678, Lister, le premier, en décrivant les animaux de la Grande-Bretagne, donne une histoire naturelle un peu plus méthodique des Mollusques , et la complète encore dans son Synopsis en 1685- 1693. Il traite d'abord des Mollusques terrestres , les uns pourvus d'une coquille, les autres nus , puis des coquilles d'eau douce univalves et bivalves ; en troisième lieu , des coquilles marines bivalves , les unes ayant les valves égales, et les autres inéquivaîves ; après quoi il décrit aussi les Testatés multivalves. Son quatrième livre enfin est consacré aux coquilles marines univalves, qu'il divise en seize sections, dont plusieurs correspondent à des familles assez naturelles. Lister aussi fit l'anatomie de plusieurs Mollusques, autant du moins qu'il était possible à cette époque. A partir du xviil* siècle , la classification des Mollusques continue à se perfectionner ; mais elle n'était guère basée encore que sur les caractères des coquilles : c'est ainsi que Tournefort prit en considération pour les bivalves d'avoir la coquille parfaitement close ou bâillante; Rumph, en 1711 , distingua les coquilles univalves pourvues d'un opercule, suivant que cette pièce est ronde ou semi-luna<ire; d'autre part, il sut assez bien circonscrire, d'après leur forme, plusieurs genres, tels que les

Cônes , les Porcelaines et les Ptérocères ; c'est à lui enfin qu'on doit les premiers détails dignes d'attention sur le Nautile. Depuis 1710 jusqu'en 1723, Réaumur publia divers mémoires sur quelques points de l'histoire naturelle des Mollusques , et contribua puissamment ainsi à développer le goût de cette étude. Une publication bien plus importante , en 1737, fut celle que fit Boerhaave du Biblia naturœ de Swammerdam , ouvrage composé plus de soixante ans auparavant, et qui contient des anatomies de Mollusques demeurées longtemps les meilleures.

Dargenville, dont le nom est fréquemment cité comme conchyliologiste, publia en 1742 un traité spécial que plus tard il augmenta de la Zoomorphose , c'est-à-dire de la description des animaux, et qui, malgré ses nombreuses imperfections , eut le mérite de fixer un des premiers l'attention sur les Mollusques eux-mêmes autant que sur leurs coquilles. Ce mérite d'ailleurs appartient plus encore à Guettard , qui, dans un mémoire sur les caractères des coquillages , proposa d'établir des genres , non seulement d'après la coquille , mais encore d'après l'animal , d'où l'on doit tirer des caractères plus essentiels. Guettard, en effet, d'après cette méthode , établit plusieurs genres très naturels qu'on a fini par adopter. Mais plus qu'aucun autre, c'est Adanson qui a contribué à l'établissement d'une classification rationnelle des Mollusques.

Ce grand naturaliste, en effet, divise d'abord tous les Mollusques en Limaçons qui sont les univalves, et en Conques ou bivalves. Il considère, d'une part, dans la coquille des Limaçons, six choses : 1° les spires, 2° le sommet, 3° l'ouverture, 4° l'opercule, 5° la nacre, et 6° l'épiderme; et, d'autre part, dans l'animal cinq choses, qui sont: 1° les cornes, 2° les yeux, 3° la bouche, 4° la trachée, 5° le pied. D'après cela, il distingue les Limaçons sans opercule, et les partage en cinq familles, savoir: 1° ceux qui n'ont ni yeux, ni cornes ; 2° ceux qui ont deux cornes et les yeux placés à la base de la partie interne; 3° ceux qui ont quatre cornes, les extérieures portant les yeux à leur sommet; 4° ceux qui ont deux cornes, les yeux à la base, au côté externe ou par derrière; 5° enfin ceux qui ont deux cornes, les yeux vers

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le milieu, sur le côté externe. Quant aux Limaçons operculés, ils forment trois familles: 1° ceux qui ont deux cornes avec un renflement, et qui portent les yeux au-dessus de la base au côté externe; 2° ceux qui ont lieux cornes sans renflement, les yeux à la base au côté externe ; 3° ceux qui ont quatre cornes dont les deux extérieures portent les yeux au sommet. Adanson n'employait ainsi qu'un oudeux caractères; il en avait bien esiajé d'autres, mais la bouche, par exemple, ne îui avait fourni que deux caractères principaux, selon qu'elle était pourvue de mâchoires ou prolongée en trompe sans mâchoires. Le canal respiratoire, qu'il nommait la trachée, ne lui offrait également que deux modifications principales en raison de sa longueur, Les Conques ou Bivalves lui présentèrent sept choses à considérer dans la coquille: 1° les battants ou valves, 2° les sommets, 3° les charnières, 4° les ligaments, 5° les attaches, 6° la nacre, 7° le périoste ou l'épiderme ; et quatre parties à considérer dans l'animal, savoir : 1° le manteau, qui estou entièrement divisé en deux lobes, ou divisé d'un côté seulement, ou qui forme un sac ouvert seulement aux extrémités ; 2° les trachées ou siphons, qui sont réunis en une seule ouverture, ou qui forment deux ouvertures distinctes, ou qui sont allongés en deux tuyaux distincts ou réunis; 3° le pied, qui manque tout-à-fait, ou qui ne se présente pas au dehors, ou qui paraît au dehors; 4° le byssus, qui existe ou n'existe pas. D'après cela Adanson forme trois familles de ses Conques: j° celles dont les deux lobes du manteau sont séparés dans tout leur contour, comme l'Huître; 2° celles chez lesquelles les deux lobes du manteau forment trois ouvertures sans aucun tuyau, comme les Cames; 3° celles chez lesquelles les lobes du manteau forment trois ouvertures, dontdeux prennent la figure d'un tuyau assez long, comme les Tellines. Une dernière section, consacrée au Conques multivalves, comprenait deux familles, Tune pour les coquilles telles que les Pholades, dont aucune pièce ne prend la forme d'un tuyau; l'autre pour lesTarets, chez lesquels une des pièces de la coquille prend la forme d'un tuyau qui enveloppe toutes les autres.

Linné, qui plaçait les Mollusques dans sa classe des Vers , essaya de perfectionner successivement leur classification en publiant

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les diverses éditions de son Systema naturœ. Il n'avait considéré d'abord que la coquille; mais, éclairé par les travaux d'Adanson, il voulut prendre aussi en considération l'organisation même des animaux d'où proviennent les coquilles , et quoiqu'il n'ait pu y réussir entièrement, sa classification devint beaucoup meilleure que toutes celles qui l'avaient précédée. Laissant les Mollusques nus dans son ordre des Vers mollusques, avec des Helminthes , des Acalèphes , des Anthozoaires, etc., il comprend dans son ordre des Vers testacés tous les Mollusques à coquille, avec quelques animaux qu'on a dû en séparer. 11 le9 divise d'abord, comme on le faisait déjà , en Multiyalves , Bivalves et Univalves. Ses Multivalves comprennent les trois genres Chiton , Lepas et Pholas , qui ont dû être répartis aujourd'hui en trois classes bien éloignées ; car le premier est un Gastéropode, le second un Cirrhipède de la classe des Articulés , et le troisième est un Conchifère. Ses Bivalves forment 14 genres : \°Mya; 2° Solen; 3° Tellina; 4° Cardium; 5° Mactra; 6° Donax; V Venus; 8° Spondylus; 9° Chama; 10° Arca; 41° Oslrea ; 12° Anomia; 13° Mytilus; 14© Pinna. Les Univalves enfin, comprenant leTaret, qui est un Conchifère, la Sabelle et la Serpule, qui sont des Annélides , se divisent en 19 genres, qui sont : 1° Argonauta ; 2° Nautilus; 3° Conus; 4° Cyprœa; 5 Bulla; 6° Voluta; 7° Buccmum; 8° Strombus; 9° Murex; 10° Trochus; 11° Turbo; 12° Hélix, 13° Nerita; 14° Hahotis ; 15° Paiella ; 16° Dentalium; 17° Sabella; 18° Teredo, 19° Serpula. Presque tous ces genres ont dû être subdivisés; mais ils indiquaient dès lors des groupes assez naturels qui sont restés dans la classification. Après que la classification de Linné eut déjà été amenée à ce point, Geoffroy , en 1767, dans un Petit traité des coquilles terrestres et fluviatiles des environs de Paris, établit avec assez de netteté quelques genres qui ont dû être conservés , tels que l'Ancyle et le Planorbe. 0 -F. Mûl 1er, dans son Histoire des Mollusques terrestres et fluviatiles , établit en outre les genres Valvée, Carychie, Vertigo, et divisa les Bivalves en 3 genres, dont les noms Moule, Telline et Mye ont été changés depuis en ceuxd'Anodonte, Cyclade et Muîette. Ces genres d'univalves furent d'ailleurs ran-

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gés d'après la forme et le nombre des tentacules , et d'après la position des yeux : VHelix ayant quatre et le Vertigo deux tentacules linéaires; YAncylus et le Carychium ayant les tentacules tronqués avec les yeux eu dedans chez l'un , et par derrière chez l'autre; le Buccin (Lymnée) ayant les tentacules triangulaires; et les trois autres genres ayant les tentacules sétacés avec les yeux en dehors chez la Nérite, en dedans chez le Planorbe, et par derrière chez la Valvée.

Le même auteur, dans sa Zooîogia danica, a établi un grand nombre de genres nouveaux parmi les Testacés , qu'il divise d'abord comme Linné en Univalves, Bivalves et Multivalves, mais qu'il distribue ensuite d'une manière un peu différente. Une première section de ses Testacés univalves à coquille percée de deux ouvertures, comprend les genres Echinus et Spatangus , qui sont des Échinodermes , avec le genre Dentale; une deuxième section, à coquille béante ou non operculée , contient les 11 genres suivants : Akera , Argonauta , Bulla , Buccinum , Cerithium , Vertigo , Turbo , Hélix , Planorbis, AncyluSyPalella etHahotis. Enfin la troisièmesection, celle des Univalves operculés, contient seulement les 5 genres Tritonium , Trochus , Nerita , Valvata et Servula. Il est bien entendu qu'il n'avait mentionné ici que les genres trouvés dans les mers du Nord , et que les autres genres de Linné pouvaient rentrer aussi dans son cadre. Quant aux Testacés bivalves , il ne s'éloigna de la classification de Linné qu'en séparant avec raison les Térébratules du genre Anomie. Après quelques autres publications moins importantes, Bruguière commença, en 1792, le Dictionnaire des Fers de l'Encyclopédie méthodique y et fit faire toutà-coup un grand pas à l'histoire naturelle des Mollusques testacés, quoiqu'il ait laissé encore les Mollusques nus confondus avec beaucoup d'autres animaux mous , et qu'il n'ait pas toujours su reconnaître les véritables rapports des différents genres de coquilles , qu'il classe encore en Multivalves, Bivalves et Univalves. Ainsi, dans ses Multivalves , comme Adanson , il comprend les Tarets et les Pholades, en ajoutant, d'après ! Linné, les Oscabrions et les Lepas , dont il fait les deux genres Balane et Anatife; puis il ajoute un genre Fistulane voisin du Taret,

un genre fictif, Gioenia, établi par l'Italien Gioeni avec les pièces osseuses de l'estomac des Bulles, et enfin les deux genres Anomie et Cranie ; de sorte que, parmi ces neuf genres , déduction faite de la prétendue Gioenie, il y a deux Cirrhipèdes, un Gastéropode , quatre Conchifères et un Brachiopode. Les Bivalves de Bruguière se divisent en deux parties : celles à coquille irrégulière forment les genres Came, Huître, Spondyle, Placune, Perne et le g. Acarde, qui a dû disparaître de la méthode comme établi sur des épiphyses de vertèbres de Cétacés. Les Bivalves à coquille régulière forment les treize genres Mye , Solen, Pinne , Moule, Telline, Bucarde, Mactre, Donace, Venus, Trigonie, Arche, Peigne et Térébratule.

Ses Univalves sont uniloculaires ou multiloculaires; les premières sont subdivisées suivant la forme de la coquille, avec ou sans spire régulière; celles-ci constituent les six genres suivants : Fissurelle, Patelle, Dentale et Siliquaire, qui sont des Gastéropodes ; Arrosoir, qui est un Conchifère voisin des Fistulanes ; et Serpule, qui est un Annélide. Les Univalves à spire régulière forment vingt-trois genres, dont plusieurs sont nouveaux, savoir: Cône, Porcelaine, Ovule, Olive, Volute, Buccin, Pourpre, Casque, Strombe, Murex, Fuseau, Cérite, Vis, Toupie , Sabot, Bulle, Bulime , Hélice, Planorbe, Natice, Nérite, Haliotide, Argonaute. Les Univalves multiloeulaires enfin forment les quatre genres Camérine, Ammonite , Nautile et Orthocérate. Mais , en outre des perfectionnements que Bruguière apportait ainsi dans la classification des coquilles, il en indiquait d'autres encore dans l'arrangement des figures de l'Encyclopédie, et si sa mort n'eût été prématurée, on peut croire qu'il eût contribué puissamment à l'avancement de cette partie de la zoologie. Toutefois disons encore qu'il admettait huit genres de Mollusques nus qu'il plaçait dans son ordre des Vers Mollusques, comme nous l'avons dit, avec des Vers, des Zoophy tes, etc. Trois de ces genres, Ascidie, Biphore et Téthys, sont dans une première section caractérisée par l'absence de tentacules; les cinq autres genres, Seiche, Clio, Doris, Laplysie et Limace, sont pourvus de tentacules.

Dans le même temps, Poli, à Naples,

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commençait la publication de son grand ouvrage sur l'anatomie des Mollusques multivalves et bivalves, qu'il divise, d'après leur organisation, en quinze genres formant six familles. La première famille , comprenant les Mollusques à double trachée et munis d'un pied , se divise en six genres, savoir : 1° Hypogœa , qui correspond aux Solens et aux Pholades ; 2° Paronœa, qui correspond au genre Telline de Linné; 3° Calista, correspondant aux Vénus de Linné; 4° Arthemis, pour la Venus ou Cytherea exoleta de Lamarck; 5° Cérastes, correspondant aux Bucardes. La deuxième famille, comprenant les Mollusques à une seule trachée et munis d'un pied , se compose des deux genres Loripes, établi sur la Tellina lacleade Linné, et Limnœa, correspondant aux Mulettes et Anodontes. La troisième famille, pour les Mollusques à une seule trachée, ne comprend aussi que deux genres , Chimera et Callilriche , qui correspondent aux Pinnes et aux Moules. La quatrième famille , pour les Mollusques à une trachée abdominale et sans pied , contient le seul genre Argus , qui correspond aux Peignes , aux Spondyles et aux Limes.

La cinquième famille, pour les Mollusques pourvus d'un pied sans trachée, ne contient aussi qu'un seul genre Axinœa correspondant aux Pétoncles de Lamarck. Enfin la sixième famille, pour les Mollusques sans trachée et sans pied, se divise en quatregenres, savoir : Daphne, comprenant une partie des Arches ; Peloris, correspondant aux Huîtres; Echion, auxAnomies; elCriopus, pour VAnomia imper f or ata.

Quelques années plus tard, en 1798, Cuvier, qui avait de son côté fait l'anatomie de beaucoup de Mollusques, sépara ces animaux des Vers et des autres animaux mous sans vertèbres, pour en faire un embranchement ou un groupe primaire qu'il plaça à la suite des Poissons et avant les Articulés , d'après la considération de leur appareil circulatoire. Il ne considère plus alors la coquille que comme un organe protecteur, non indispensablement nécessaire pour établir les rapports. D'après cela, il dut réunir les Mollusques nus et ceux qui sont pourvus de coquille ou les Vers testacés de Linné et Bruguière, et les divisa d'abord en trois grands ordres, que plus tard il nomma des

classes : les Céphalopodes , les Gastéropodes et les Acéphales. Mais ensuite il établît encore trois autres classes : les Ptéropodes, ayant pour type la Clio borealis que l'on avait précédemment classée dans les Mollusques nus auprès des Seiches ; les Brachiopodes, établis pour des Mollusques bivalves ou acéphales, tels que la Lingule, qui occupent dans leur coquille une position tout autre que les autres bivalves , et les Cirrhopodes, que Lamarck nomme Cirrhipèdes, et qui sont aujourd'hui classés parmi les Articulés. Sans nous arrêter à rapporter ici les modifications successivement introduites par Cuvier dans sa classification des Mollusques d'après ses recherches et d'après les travaux de ses contemporains, nous parlerons seulement ici de la classification définitive qu'il a adoptée dans la dernière édition de son Règne animal, en 1830. La première classe, celle des Céphalopodes, se divise en six genres principaux dont deux, Actinocamax et Camerine, doivent disparaître de l'embranchement des Mollusques, l'un comme double emploi des Bélemnites, l'autre comme renfermant les Rhizopodes ou Foraminifères qui se placent auprès des Infusoires. Les quatre autres, les Seiches, les Nautiles et les Ammonites, se subdivisent en un grand nombre de sousgenres ou genres secondaires. Quant aux Bélemnites, qu'on ne connaît qu'à l'état fossile, elles paraissent devoir être une des subdivisions du grand genre Seiche. La deuxième classe, celle des Ptéropodes, comprend les sept genres suivants : Clio, Cymbulie, Pneumoderme, Limacine, Hyale, Cléodore et Pyrgo. Les Gastéropodes, formant la troisième classe, sont subdivisés en neuf ordres, savoir: 1° les Pulmonés, qui sont terrestres ou aquatiques, les uns comprenant les genres Limace, Escargot (Hélix), Nompareille (Clausilia) et Agathine. Les Pulmonés aquatiques sont divisés en sept genres : Onchidie, Planorbe , Lymnée , Physe, Scarabe, Auricule et Mélampe ; 2° les Nudibranches comprennent les Doris, les Tritonies, les Eolides, les Scyllées , les Téthys, dont Cuvier a publié des anatomies, et dix autres genres; 3° à l'ordre des Xoférobranches se rapportent seulement les Pbyllidies et Diphyllidies ; 4° celui des Tectibrancb.es contient les neuf genres Pleurobranchus , Pleurobranchœa , Aplysie, Dolabelle, No-

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tarche, Bursatelle , Acère, Gastroptère et Ombrelle ; 5° le cinquième ordre , celui des fiétéropodes, qui est pour Lamarck un groupe de même valeur que les Céphalopodes , ne comprend aussi que deux genres , les Phylliroés et les Ptérotrachées , subdivisés en Carinaire , Atlante , Firole , Timorienne et Monophore ; 6° le sixième ordre , celui des Pectinibranches, est divisé en trois familles, les Trochoïdes , les Capuloïdes et les Buccinoïdes , comprenant chacune un grand nombre de genres , et caractérisées par l'ouverture ronde ou ovale, sans échancrure , des premiers , par l'échancrure ou le prolongement en canal de l'ouverture des derniers , et par la coquille évasée et largement ouverte , ou même sans spire , des Capuloïdes , qui précédemment appartenaient à l'ordre des Scutibranches ; 7° le septième ordre, celui des Tubulibranches, plus récemment établi , comprend les genres Vermet, Magile et Siliquaire ; 8° le huitième, les Scutibranches, contient les genres Ormier ( Haliotis ), Fissurelle , Emargifiule et Pavois (Parmophorus Lk.) ; il contenait primitivement aussi les Capuloïdes, qui sont reportés avec les Peclinibranches, et les Carinaires, qui sont des Hétéropodes; 9° enfin l'ordre des Cyclobranches contient seulement les Patelles et les Oscabrions.

La quatrième classe des Mollusques de Cuvier, celle des Acéphales , se divise en deux ordres, les Acéphales testacés et les Acéphales sans coquille. Le premier ordre comprend les cinq familles des Ostracés, des Mytilacés , des Camacés , des Cardiacés et des Enfermés. Chacune de ces familles contient beaucoup de genres distincts, que nous mentionnerons plus loin. Les Acéphales sans coquille , correspondant à la classe des Tuniciers de Lamarck, forment deux familles, suivant qu'ils sont Simples ou Agrégés:

ceux-ci sont les Botrylles , les Pyrosomes et les Polyclinum; les autres sont les Biphores et les Ascidies.

La cinquième classe , celle des Brachiopodes, ne comprend que les quatre genres Lingule , Térébratule, Orbicule et Cranie. Quant à la sixième classe, celle des Cirrhopodes , nous avons déjà dit qu'elle doit être reportée avec les Articulés.

Parallèlement aux travaux de Cuvier sur les Mollusques , nous voyons ceux de La-

marck, dont la classification se perfectionne également, tout en réagissant sur celle de son illustre rival, et en profitant des découvertes anatomiques de manière à devenir le guide de presque tous ceux qui se sont occupés de cette partie de l'histoire naturelle, sauf les modifications rendues nécessaires par la marche des sciences, et que M. Deshayes y a faites ou indiquées avec l'autorité d'une longue étude.

Lamarck déjà, en 1801 , dans son Sys~ terne des Animaux sans vertèbres, avait augmenté de 98 le nombre des genres admis par Bruguière, lequel avait lui-même porté de 35 à 61 le nombre des genres établis par Linné. 11 les divisait en onze groupes ou ordres , dont six pour les Mollusques céphalés ou pourvus d'une tête, et cinq pour les Mollusques sans tête ou acéphales. Les Mollusques céphalés, divisés en Mollusques nus, les uns nageant vaguement dans les eaux (Seiche, Lernée, Firole, Clio) , les autres rampant sur le ventre (Gastéropodes nus et Oscabrions) ; et en Mollusques céphalés conchylifères, les uns à coquille univalveuni-loculaire, à coquille non spirale recouvrant l'animal, tels que les Patelles et les Fissurelles, les autres à coquille univalve uniloculaire , en spirale ou spirivalve, et engainant l'animal , mais soit avec l'ouverture échancrée ou canaliculée , tels que les Cônes , les Buccins, les Cérites , soit avec l'ouverture entière et sans canal, tels que les Troques, les Lymnées, les Hélices, la Carinaire et l'Argonaute ; un troisième groupe enfin de Mollusques céphalés conchylifères présente une coquille multiloculaire , tels sont les Nautiles et les Ammonites, avec lesquels Lamarck réunissait les Hippurites. Parmi ses Mollusques acéphales, il séparait d'abord ceux qui sont nus, comme les Ascidies, dont il fit plus tard sa classe des Tuniciers; les autres Acéphales sont les uns pourvus d'une coquille à deux valves égales , sans pièces accessoires , tels que les Moules , les Bucardes et les Vénus ; les autres ont deux ou plusieurs valves, dont les principales sont inégales : dans un premier groupe> comprenant le Taret et la Fistulane, la valve principale est tubuleuse; dans un deuxième groupe, deux valves inégales sont opposées ou réunies en charnière , comme chez les Huîtres, les Peignes, les Cranies, les Té-

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rébratuîes, etc. ; le troisième groupe enfin, présentant plus de deux valves inégales, sans charnière, correspond aux Cirrhipèdes ou Cirrhopodes.

Dans son Histoire des Animaux sans vertèbres , commencée en 1815 et terminée en 1822, il donna enfin la classification à laquelle il s'était arrêté, et pour laquelle il avait profilé autant que possible de tous les travaux contemporains. Allant du simple au composé, il forme les trois premières classes des Infusoires, des Polypes et des Radiaires, et arrive ainsi à sa quatrième classe des Tuniciers, qui sont les Acéphales sans coquille de Cuvier, et qu'il divise en Botryllaires, ou Tuniciers réunis, et en Ascidiens, ou Tuniciers libres , comprenant les Biphores et les Ascidies. Les six classes suivantes sont consacrées aux Vers et aux Articulés; mais deux de ces classes , celles des Annélides et des Cirrhipèdes , contiennent des animaux qui avaient précédemment été classés avec les Mollusques; celle-ci même en est totalement formée. La onzième classe est celle des Conchifères, correspondant aux Acéphales testacés de Cuvier. Elle se partage en deux ordres : les Corichifères dimyaires, qui ont deux muscles d'attache entre leurs.valves, et les Monomyaires, qui n'en ont qu'un seul. Les Dimyaires forment deux sous-ordres , suivant que la coquille est régulière, le plus souvent équivalve ou irrégulière , et toujours inéquivalve ; ce dernier sous-ordre ne comprend que la famille des Camacées; l'autre contient treize familles réparties ainsi en quatre groupes : Une première section renferme les coquilles généralement béantes aux extrémités, et se subdivise en Conchifères crassipèdes , qui sont les Tubicolées, les Pholadairej, les Solénacées et les Myaires, et en Conchifères ténuipèdes ; les unes à ligament intérieur, ce sont les Mactracées et les Corbulées ; les autres à ligament uniquement extérieur, ce sont les LUhophages et les Nymphacées.

Dans une deuxième section se trouvent les coquilles closes aux extrémités, qui forment les cinq familles des Conques , des Cardiacées, des Arcacées9 des Trigonées et des Ndiades. Les Conchifères monomyaires comprennent sept familles formant presque autant de groupes distincts. En effet, une première section , caractérisée par un liga-

ment marginal allongé, se divise en deux sous-sections , les Tridacnées , qui ont la coquille régulière , transverse , et les Mytilacées , formant avec les Mallcacces une autre sous-section , dans laquelle la coquille est longitudinale. Une deuxième section, caractérisée par un ligament non marginal, resserré dans un court espace sous les crochets , comprend d'une part les Pectinides , qui ont la coquille régulière et le ligament intérieur, et d'autre part les Oslracées , qui ont la coquille irrégulière , feuilletée, et le ligament interno-externe. La troisième et dernière section ne présente pas de ligament comme chez les Rudistes, qui ont la coquille très inéquivalve, ou bien n'a qu'un cordon tendineux pour soutenir la coquille, comme chez les Brachiopodes , qui sont d'ailleurs pourvus de deux bras extensibles.

La douzième classe de Lamarck est celle des Mollusques, divisée en cinq ordres, les Ptéropodes, les Gastéropodes, les Trachélipodes, les Céphalopodes et les Hétéropodes. Les Ptéropodes forment la seule famille des Hyales. Les Gastéropodes (Mollusques nus pour la plupart) se divisent en deux sections : les Hydrobranches qui ne respirent que l'eau par des branchies saillantes, et les Pneumobr anches qui ne respirent que l'air reçu dans une cavité spéciale tapissée par un réseau vasculaire, et qui constituent la seule famille des Limaciens. Les Hydrobranches au contraire forment six familles, savoir: les Tritoniens, qui ont les branchies extérieures au-dessus du manteau, sur le dos ou sur les côtés ; les Phyliidiens et les Semiphy llidiens y qui ont les branchies extérieures sur le rebord du manteau, autour du corps chez ceux-ci, et d'un seul côté chez ceux-là ; les Calyptraciens, qui ont les branchies dans une cavité particulière sur le dos; les Bulléens et les Laply siens , qui ont les branchies dans une cavité particulière vers la partie postérieure du dos, et recouvertes soit par le manteau , soit par un écusson operculaire, mais qui diffèrent parce que ceux-ci ont des tentacules dont ceux-là sont privés. Les TrachéHpodes se partagent en deux sections: les uns, sans siphon respiratoire, sont presque tous phytiphages, munis de mâchoires, et ils ont la coquille à ouverture entière. Ceux qui ne respirent que l'air se placent dans la classification à côté des

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Limaciens; ils constituent les deux familles des Colimacés, vivant hors des eaux, et des Lymnéens, qui sont aquatiques. Ceux qui ne respirent que l'eau sont fluviatiles, comme les Mélaniens, les Péristomiens, qui diffèrent par la forme de l'ouverture dont les bords sont désunis ou réunis ; ou bien , comme les Néritacés marins ou fluviatiles , ils ont le bord gauche en manière de demi-cloi- £on; ou bien encore ils sont marins sans avoir le bord gauche en manière de demicloison, et ils forment alors cinq familles: les Janthines , qui ont la coquille flottante; les Macroslomes , qui ont la coquille non flottante , et l'ouverture très ample sans columelle ; les Plicacés, dont l'ouverture sans évasement particulier présente des plis à la columelle; les Scalariens et les Turbïnacés, qui n'ont pas de plis à la columelle, mais qui diffèrent parce que les bords de l'ouverture sont désunis chez ceux-ci, et réunis chez ceux-là. Les Trachélipodes de la deuxième section ont un siphon saillant, ils ne respirent que l'eau, ils sont tous marins, zoophages, et ils ont l'ouverture de la coquille canaliculée, échancrée ou versante à la base; ils forment cinq familles: les Canalifères, qui ont la coquille canaliculée à la base, et dont le bord droit de l'ouverture ne change point de forme avec l'âge ; les Ailées, qui en diffèrent parce que le bord droit change de forme avec l'âge, et présente un sinus inférieurement ; les Purpurifères , qui ont un canal court remontant en arrière, ou une échancrure oblique en demicanal dirigée vers la face dorsale; les Columellairesy qui n'ont point de canal, mais une échancrure à la base de l'ouverture, et dont la columelle porte des plis; les Enroulées, dont la coquille est échancrée à la base de l'ouverture, et dont le dernier tour de spire enveloppe tous les autres.

L'ordre des Céphalopodes se divise en trois sections, savoir: les Polylhalames , dont la coquille est à plusieurs loges, séparées par des cloisons simples chez \esNautilacées, les Liluolées et les Orthocérées, avec lesquelles Lamarck range les Cristacées, les Sphérulées et les ïiadiolées, qui sont des Rhizopodes ou Foraminifères, ainsi que la majeure partie des deux premières familles. Les loges de la coquille sont séparées par des cloisons découpées sur les bords dans la famille des '

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Ammonées;les Céphalopodes dont la coquille présente une cavité unique, ou les Monothalames, forment la seule famille des Argonautes, et les Céphalopodes sans coquille extérieure forment la famille des Seiches.

Le cinquième et dernier ordre des Mollusques, les Hétéropodes, que Lamarck croyait plus élevés que les autres dans la série animale, et conséquemment plus rapprochés des Poissons, constituent la seule famille des Carinaires, qu'on a dû, contrairement à son opinion , classer parmi les Gastéropodes, auxquels on réunit aussi les Trachélipodes, comme nous le dirons plus loin.

Dans le même temps que Lamarck et Cuvier, divers auteurs concoururent aussi plus ou moins à développer la connaissance des Mollusques. Montfort établit un grand nombre de genres, dont quelques uns seulement sont restés, tel est le Magilus. Draparnaud, dans une histoire des Mollusques terrestres et fluviatiles de la France , créa les genres Vitrine, Ambrette ( Succinca), Clausilie et Physe. Férussac, en s'occupant des mêmes animaux d'une manière plu?

générale, avait ajouté les genres Littorine, Mélanopside et Parlula. Le genre Rissoa a de même été créé par Freminville, le genre Onchidie par Buchanan, le genre Plocamère par Leuckardt, les genres Firole et Ph\lliroé par Péron , le genre Atlante par M. Lesueur, les genres Thracie et plusieurs autres par Leach , les genres Busiris et Eulima par M. Risso, les genres Creseis, Cuvieria, Melibœa par Rang, les genres Galeomma et Lacuna par Turton. Plus récemment aussi d'autres genres ont été créés par MM. Schumacher (Periploma), Studer (Bu~ linus), Webb et Berthelot (Cryptella), Quoy et Gaimard, Gray, Scacchi , Forbes , Lca, Eichwald, Johnston, Broderip, Troschel , Benson , Rossmasler, d'Orbigny, van Beneden,Kiener, Philippi, Quatrefages,etc. L'étude des coquilles fossiles, si importante pour la géologie, a d'un autre côté apporté de nombreux matériaux pour la classification des Mollusques; elle a donné lieu à rétablissement des genres Pleurotomaire, Ilipponix, Hinnites, Gervilie, Thécidée par M. Defrance, des genres Potamide et Catillus par M. Brongniart, du genre Panopée par Mé'

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nard de Lagroye, du genre Inoccramus de Parkinson, des genres Evomphalus, Productus , Plagiosloma , Dianchora, ete., de MM. Sowerby, auxquels on doit aussi certains genres de coquilles vivantes (Siphonaria, Cleidolhœrus, Lyonsia, etc.). Plusieurs des mêmes auteurs, ainsi que MM. Siebold, Milne-Edwards et Valenciennes , ont beaucoup contribué aussi à mieux faire connaître l'organisation des Mollusques.

Mais il nous reste à parler des travaux bien plus importants de MM. de Blainville et Deshayes. M. de Blainville , depuis 1814, a travaillé à perfectionner sa classification qui, basée plus diversement sur l'organisation des animaux, eût sans doute été généralement adoptée, si l'ouvrage de Lamarck, à cause de ses descriptions spécifiques de coquilles, n'eût obtenu la préférence des collecteurs. Il change d'abord le nom de Mollusques en celui de Malacozoaires , en séparant sous le nom de Malektozoaires les Oscabrions formant la Classe des Polyplaxjphores , et les Balanes ou Cirrhipèdes formant la classe des lématopodes. Le type des Malacozoaires se partage en plusieurs classes et sous-classes. Les Céphalophores, dont la tête est distincte, correspondent aux Céphalopodes , et forment trois ordres. Les Paracéphalophores , qui n'ont qu'une tête imparfaite, forment trois sous-classes : ils sont dioïques , ou monoïques, ou hermaphrodites, et se subdivisent en ordres. Les Acéphalophores ou la troisième classe des Malacozoaires est divisée en quatre ordres : les Palliobr anches (Brachiopodes), les Rudistes, les Lamellibranches (Conchifères), et les Hétérobranches (Tuniciers ). Les Céphalophores d'un premier ordre sont les Cryptodibr anches , caractérisés, comme leur nom l'indique, par la présence de deux branchies cachées dans le sac du manteau; ils se divisent en deux familles d'après le nombre de leurs tentacules: les Octocères, tels que les Poulpes, en ont huit; et les Décacères , tels que les Seiches et les Calmars, en ont dix. Le second ordre des Céphalophores, les Cellulacés , comprend seulement des Rhizopodes ou Foraminifères qu'on ne classe plus aujourd'hui parmi les Mollusques. Le troisième ordre , les Polythalamacés , se divise eu sept familles comprenant à la

fois des Rhizopodes et des Mollusques.

Les Paracéphalophores dioïques , tous munis d'une coquille, forment les deux ordres des S iphonobr anches et des AsiphonobrancheSy suivant que le manteau est ou n'est pas prolongé en un tube destiné à conduire l'eau aux branchies. Les Siphonobranches, qui correspondent aux Pectinibranches buccinoïdes de Cuvier, forment trois familles : les Siphonostomes, tels que les Fuseaux et les Pleurotomes, dont la coquille a un prolongement en forme de tube ou de siphon à la base de l'ouverture; les Ento- , moslomes, tels que les Buccins, les Pourpres, les Vis, dont lacoquiile, au lieu d'un canal ou siphon, n'a qu'une échancrure, par laquelle passe le tube du manteau; les Angistomes enfin , tels que les Cônes, les Olives, etc., caractérisés par la forme longue et étroite de l'ouverture de leur coquille. L'ordre des Asiphonobranches , correspondant aux Pectinibranches trochoïdes de Cuvier, se divise en cinq familles, d'après la forme de l'ouverture de la coquille; savoir: les Goniostomes , qui ont cette ouverture anguleuse, tels que les Troques et les Cadrans; les Cricostomes , qui l'ont arrondie, comme les Sabots, les Dauphinules, les Turritelles, les Cyclostomes, etc. ; les Ellipsostomes , à ouverture elliptique comme les Mélanies et les Phasianelles; les Hémicyclostomes, qui l'ont en demi-cercle, comme les Nérites et les Natices ; les Oxystomes, comprenant le seul genre Janthine, dont l'ouverture présente inférieurement un angle formé par la columelle et le bord droit.

Les Paracéphalophores monoïques ont les deux sexes réunis, mais ils ont besoin d'un accouplement réciproque. Ils se divisent en symétriques et non symétriques; ceux-ci forment trois ordres qui sont : 1° les Pulmo- Lranches (Pulmonés), respirant l'air en nature, et divisés en trois familles : les Limnacées, les Auriculacées et les Limacinées; 2° les Cfaismobranches, contenant quelques genres seulement, tels que le Sigaref, qu'il vaudra mieux réunir dans un autre groupe; 3° les Mocopleurobranch.es, respirant l'eau par un appareil branchial situé d'un seul côté, comme leur nom l'indique, forment quatre familles : les Subaplysiens, les Aplysiens, les Patelloïdes (Ombrelle, Siphonaire) et les Acères comprenant les Bulles, les

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Bullées et le genre fossile Bellérophe. La section des Paracéphalophores monoïques symétriques se divise en cinq ordres, savoir: 1° les Aporobranches, comprenant les Ptéropodes deCuvier, partagés en deux familles : les Thécosomes, pourvus d'une coquille, et les Gymnosomés, sans coquille, comme leur nom l'indique, plus le genre Phylliroé qui est un Hétéropode de Lamarck et qui constitue seul ici une troisième famille, celle des Psilosomes ; 2° les Polybranches, divisés en deux familles, les Tétracères et les Dicères, ayant les uns quatre et les autres deux tentacules, et répondant avec l'ordre suivant aux Nudibranches deCuvier; 3° les Cyclobranches, constituant une seule famille ayant pour type le g. Doris ; 4° les Inférobranches, constituant aussi une seule famille nombreuse dont fait partie le genre Phyllidie; 5° enfin les Nucléobranches, formés de Mollusques nageurs répartis en deux familles: les Nectopodes, qui sont les Hétéropodes de Lamarck moins le genrePhylliroé, et les Ptéropodes, comprenant les Atlantes et les Limacines, mais non les Mollusques désignés sous ce nom par les autres zoologistes.

Les Paracéphalophores hermaphrodites qui, possédant les deux sexes, se fécondent euxmêmes ou n'ont pas besoin d'accouplement, comprennent aussi deux sections caractérisées par la symétrie ou la non symétrie de la coquille et des organes respiratoires. Un premier ordre de ia section des Symétriques, celui des Cirrhobranches, secomposedu seul genre Dentale; le second ordre, celui des Cervicobrauches , ainsi nommé parce que l'appareil branchial est censésitué sur lecou, comprend deux familles: l'une, formée du seul genre Patelle, est nommée famille des Rétifères, parce que M. de Blainville prétend que la respiration s'opère dans un réseau spécial de la paroi cervicale, et non, comme on l'admet généralement, dans les lames qui entourent le pied au-dessous du manteau ; la deuxième famille, celle des Branchifères, comprend les genres qui, comme la Fissurelle, montrent une double branchie bien distincte dans cette même cavité cervicale. La deuxième section des Paracéphalophores hermaphrodites est constituée par le seul ordre des Scutibranches, comprenant les familles des Otidées et des Calyptraciens.

Parmi les quatre ordres des Àcéphalophores,

les deux premiers, Falliobranches et BLudistes, et le dernier, Hétérobranches , donnent lieu à peu de subdivisions. Mais il en est tout autrement pour le troisième ordre, celui des lamellibranches , qui renferme presque tous les Conchifèrés de Lamarck ou les Acéphales testacés de Cuvier. M. de Blainville les divise en dix familles dont plusieurs correspondent presque complètement aux familles de Lamarck : telles sont les Ostracces, les Mytilacées, les Arcacées ; telles sont aussi les Subostracées et les Margaritacées que Lamarck avait nommées les Pectinides et les Malléacées. La sixième famille, celle des SubmytUacées , comprend celle des Naïades de Lamarck avec le genre Cardite, formant une section particulière. La septième, celle des Camacées , comprend, avec celle du même nom chez Lamarck, les Tridacnées et les genres Isocarde et Trigonie de cet auteur. La huitième, celle des Conchacées, renferme dans trois sections, mais tout différemment disposées, les Nymphacées-Tellinaires, les Conques , les Mactracées, et en grande partie les Cardiacées , les Lithophages et les Corbulées. La neuvième famille, celle des Pyloridées , comprend le reste des Corbulées et des Lithophages, avec les Nymphacées-SoIénaires, les Solénacées, les Myaires et une partie des Tubicolaires divisées en deux groupes, suivant que le ligament est interne ou externe. La dixième famille, celle des Adesmacées , caractérisée par l'absence d'un ligament à la coquille, se compose des genres Pholade , Térédine, Taret, Fistulane et Cloisonnaire, rangés ainsi plus convenablement que dans la classification de Lamarck. M. de Blainville avait pu d'ailleurs baser son travail sur l'anatomie d'un grand nombre de types, et particulièrement des animaux rapportés par MM. Quoy et Gaimard de leur voyage autour du monde. Il avait été conduit par là aussi à créer plusieurs genres nouveaux qui ont été adoptés, tels que l'Onchidore, le Laniogère, la Bursatelle , le Coriocelle, la Cryptostome, le Solecurte, etc., et à en supprimer plusieurs autres.

M. Deshayes avait commencé sur les Mollusque?, dès 1823, une série de travaux qui doivent le placer au premier rang parmi les conchyliologistes, autant par leur importance même qu'en raison du sage esprit de

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critique porté par lui dans cette étude. C'est lui en effet qui, plus qu'aucun autre, a empêché que la conchyliologie, comme d'autres parties de l'histoire naturelle, fût envahie par la manie de créer sans cesse de nouveaux genres. Il avait publié avant 1836 sa Description des Coquilles fossiles des environsdeParis, et les articles relatifs aux Mollusques, soit dans le Dictionnaire des Vers de l'Encyclopédie méthodique, interrompu depuis la mort de Bruguière, soit dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle. A cette époque, il commença les annotations d'une deuxième édition de Y Histoire des Animaux sans vertèbres de Lamarck , et dans ce travail consciencieux il résuma en quelque sorte toutes ses observations antérieures, en indiquant la véritable circonscription des genres à conserver. Une nouvelle publication plus importante que les précédentes, V Histoire naturelle des Mollusques , qui doit faire partie de l'ouvrage intitulé Exploration scientifique de l'Algérie, l'en) pêche seule en cet instant de continuer sa collaboration à ce Dictionnaire; mais, pour suppléer autant que possible à son absence, nous profiterons soigneusement de tout ce qu'il a publié et des renseignements qu'il a bien voulu nous donner personnellement. Mais d'abord nous devons rappeler que , tout en réduisant beaucoup le nombre des genres fictifs ou qui formaient double emploi, il a dû aussi en créer quelques uns très caractérisés, et qui doivent rester dans la classification : tels sont en particulier les genres Mésodesme et Ostéodesme.

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