CLASSIFICATION DES MOLLUSQUES
Si, reprenant la définition des Mollusques, nous disons que ce sont des animaux mous, sans vertèbres ou sans squelette intérieur , sans membres articulés , et non formés d'une série d'articles ou de segments homologues; n'ayant par conséquent jamais une chaîne ganglionnaire comme les articulés, n'étant jamais parfaitement symétriques, quoique formés le plus souvent de parties binaires et n'ayant jamais la disposition rayonnée des Entozoaires ou Zoophytes, ni les fibres musculaires rayées des Vertébrés et des Articulés; nous pourrons, à l'aide de ces seuls caractères négatifs, et en procédant par exclusion , les distinguer en général des trois grands types des Vertébrés , des Articulés et des vrais Rayonnes. Mais il est beaucoup d'autres animaux mous, confondus sous le nom de Vers ou de Zoophytes, comme aussi des Acalèphes , dont on ne les distinguerait pas suffisamment ainsi, soit parce que chez ceux-ci la disposition rayonnée ou symétrique est moins évidente, soit parce que le défaut de symétrie parfaite chez certains Mollusques, tels que les Glaucus ou les Brachiopodes, est difficile à apercevoir. Si nous cherchons un caractère général et positif, nous ne pourrons le trouver que dans la disposition de l'appareil digestif ou dans la présence des cils vibratiles sur une partie plus ou moins considérable de la surface interne ou externe qui alors est dépourvue d'épiderme. Ce caractère, qui les distingue encore de tous les Articulés et des Nématoïdes, leur est commun avec les Acalèphes, les Échinodermes et les Zoophytes; mais cet autre caractère, d'avoir un intestin complet à deux ouvertures, et le foie parenchymateux, achève de les distinguer de tous les autres animaux inférieurs. Quant aux caractères fournis par le système nerveux et l'appareil circulatoire, ils n'ont pas la valeur absolue qu'on a voulu leur attribuer en les nommant caractères dominateurs; ils ne l'auraient même pas encore , si l'on retranchait de l'embranchement des Mollusques plusieurs groupes ayant véritablement plus de rapports avec quelques uns de ceux qu'on y laisse, que ceux-ci n'en ont entre eux. C'est ainsi que si, comme Cuvier, on regarde les Tuniciers comme les
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Mollusques acéphales, il faut rapporter au même embranchement les Bryozoaires, qui n'en diffèrent que par le mode de division du sac respiratoire devenu extérieur: or, chez ces animaux, le système circulatoire a complètement disparu , comme le système nerveux lui-même a cessé d'être distinct déjà dans les Ascidies; et d'ailleurs on sait que chez les Brachiopodes le système nerveux est très peu développé , et que chez certains Gastéropodes, au moins dans le jeune âge, le système circulatoire est très incomplet.
D'après cette manière de voir, l'embranchement des Mollusques comprend plusieurs types distincts ayant plus de rapport entre eux qu'avec ceux des autres embranchements, mais en même temps ayant beaucoup moins de tendance à l'unité. Quelques uns seulement de ces types sont susceptibles d'une dégradation progressive qui les rapproche de certains types des Vers et des Zoophytes ou des Infusoires , mais qui ne suffisent pas encore pour établir une liaison parfaite entre ces différents types. Les principaux types autour desquels se groupent tous les autres sont le fondement des classes dans lesquelles on divise tout l'embranchement des Mollusques, sans qu'il soit possible d'y établir une série rectiligne.
Une première classe comprend les Mollusques pourvus d'une tête distincte avec deux mandibules cornées et deux yeux comparables à ceux des Vertébrés. Ils ont les sexes séparés; seuls , ils produisent des œufs dont le développement est comparable aussi à celui de l'œuf des Vertébrés, c'est-à-dire que l'embryon naît d'un Blastoderme distinct à la surface d'un vitellus , lequel persiste renfermé dans un sac vitellin jusqu'à son entière résorption. Ce sont les CÉPHA- LOPODES (voyez ce mot) , ainsi nommés parce que leur tête est entourée par des tentacules faisant l'office de pieds ou d'organes locomoteurs. Nous n'avons pas besoin de reporter ici les détails qni ont été donnés dans le 3e volume sur cette classe, qui n'offre aucune analogie de structure avec les autres et qui présente une organisation beaucoup plus complexe.
Une deuxième classe comprend tous les Mollusques pourvus d'une tête imparfaite plus ou moins distincte, sans yeux ou avec
des yeux rudimentaires (c'est-à-dire impropres à la perception des images), n'ayant pas les pieds ou tentacules locomoteurs de la classe précédente, mais se mouvant au moyen d'un pied musculeux étendu sous le ventre en forme de semelle (Gastéropodes). Ces animaux , que nous réunissons sous le nom de GASTÉROPODES , pour nous conformer à l'usage, ont reçu de M. deBlainville le nom plus rationnel de Paracéphalophores ; ils ont tous , au moins à l'état adulte , un cœur composé de deux cavités, et leurs œufs se composent d'une masse vitelline qui s'organise tout entière. Leur système nerveux présente généralement deux paires de ganglions, l'une au-dessus, l'autre au-dessous de l'œsophage , réunis par des cordons qui en formentun anneau autour de cet organe; mais les ganglions d'une même paire sont quelquefois soudés entre eux. Quant à l'appareil respiratoire, il offre des modifications nombreuses, d'après lesquelles, comme nous le verrons plus loin , cette classe a été divisée en ordres et en familles. Des différences non moins importantes sont fournies par la sexualité des Gastéropodes qui ont les sexes séparés ou réunis. Le type de cette classe, par ses dégradations successives , paraît se rapprocher des Planaires et des autres Turbellariées , mais non des autres classes de Mollusques.
La troisième classe, celle des PTÉRO- PODES , comprend des Mollusques également pourvus d'une tête imparfaite , et conséquemment compris sous la même dénomination de Paracéphalophores, mais caractérisés par les deux expansions en forme d'ailes qui leur servent d'organes locomoteurs.
Tous les autres Mollusques sont dépourvus de tête , ou sont dits Acéphales. Une quatrième classe, celle des BRACHIOPO- DES, comprend des Mollusques acéphales pourvus d'une coquille bivalve, dans laquelle ils sont placés à plat, de telle sorte qu'une valve est dorsale et l'autre ventrale. Un feuillet du manteau correspond à chacune des valves qu'il a sécrétées et porte à sa face interne une branchic soudée ou un réseau branchial, ce qui leur a fuit donner le nom de Palliobranches par M. de Blainville. Deux longs bras ou tentacules ciliés ou pec-
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tinés sont roulés en spirale de chaque côté de la bouche, et se développent au dehors pour attirer la nourriture de l'animal au moyen des courants qu'ils excitent dans les eaux. Il y a deux cœurs situés symétriquement un de chaque côté, et quelques ganglions nerveux autour de la bouche.
Cette classe, qui, l'une des premières, s'est montrée à la surface du globe, a presque disparu aujourd'hui , et ne comprend que des animaux marins dont l'organisation est encore peu connue; elle paraît ne se rapprocher beaucoup d'aucune des autres.
Une quatrième classe, celle des CONCHI- FÈRES ou Acéphales testacés, comprend des Mollusques acéphales à coquille ordinairement bivalve, qui sont couchés latéralement dans cette coquille , de sorte que les deux feuillets du manteau , correspondant aux deux valves sécrétées par eux , sont l'un à droite, l'autre à gauche de la ligne dorsale, qui suit la ligne de jonction des valves, au lieu d'être l'un dorsal et l'autre ventral , comme dans la classe précédente. De ces Mollusques , les uns sont fixés par leur^coquille même ou par un byssus, les autres sont libres, et quelques uns se meuvent au moyen d'un prolongement charnu rétractile, en forme de langue, qu'on nomme leur pied, et qui loge en même temps la majeure partie de leurs viscères. Entre les deux feuillets du manteau se trouvent deux paires de feuillets branchiaux , quelquefois remplacées par autant de franges très délicates, formées dans l'un et l'autre cas par des vaisseaux parallèles où le sang reçoit l'influence de l'eau aérée; c'est là ce qui leur a fait donner, par M. de Blainville, le nom de Lamellibranches. Le cœur se compose généralement d'un ventricule ou cœur aortique , et de deux oreillettes à la base des branchies; cependant ces deux derniers organes sont réunis en un seul chez certains Conchifères, et, chez d'autres, le cœur aortique est au contraire divisé en deux. Deux ganglions nerveux plus distincts sont réunis par un cordon transverse au-dessus de la bouche , qu'accompagnent ordinairement quatre lobes charnus qu'on nomme les palpes labiaux, ou des tentacules diversiformes; les sexes sont réunis ou confondus. Les œufs, d'une composition au moins aussi simple que ceux des Gastéropodes, sont ordi-
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nairement reçus en quittant l'ovaire dans des cavités spéciales des branchies ou du manteau, où ils éclosent après un séjour plus ou moins long, et où les jeunes subissent certaines métamorphoses. La classe des Conchifères se lie naturellement avec la suivante, qui paraît en différer surtout flftr l'absence d'une coquille, et par la soudure du manteau et des branchies en deux sacs concentriques.
La cinquième classe est donc celle des TU- NICIERS, que Cuvier nomme aussi les Acéphales sans coquille, qui, dans une sorte d'outre, dans une enveloppe coriace ou cartilagineuse, et cependant contractile, munie de deux orifices tubuleux, contiennent un corps semblable à celui d'un Conchifère dont le manteau serait fermé en manière de sac, ainsi que les branchies, et dont les deux siphons postérieurs correspondraient aux deux orifices tubuleux. Ainsi , l'orifice buccal se trouve au fond du sac branchial avec l'intestin replié, lequel se prolonge en dehors entre les deux sacs, de telle sorte que l'anus corresponde à un des orifices de l'enveloppe, tandis que le sac branchial correspond à l'autre. En outre des courants continuellement produits à travers la branchie par les cils vibratiles, les contractions et dilatations alternatives du sac permettent à l'eau de se renouveler dans l'intérieur. Au lieu d'un cœur, poussant toujours le liquide nourricier dans une même direction pour produire une circulation continuelle, il n'y a plus ici qu'un gros vaisseau contractile, poussant ce liquide alternativement dans un sens et dans l'autre à travers des canaux longitudinaux et transverses qui forment le réseau de la branchie. Le système nerveux est représenté seulement par quelques filets de nature douteuse. Les sexes sont réunis ou confondus.
Quelques Tunicîers vivent agrégés de diverses manières, et chez eux on observe, en outre du mode ordinaire de reproduction par oviparité , d'autres modes de reproduction par des stolons, ou par des gemmes, ou des germes multiples. Cette classe forme manifestement le passage entre la classe des Conchifères et celle des Bryozoaires, qui est la sixième et dernière classe.
Cette sixième classe , qui est celle des BRYOZOAIRES, a été confondue avec les Po-
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lypes jusqu'à ces derniers temps. Elle comprend une foule de très petits Mollusques qui vivent agrégés de telle sorte que, les enveloppes cornées ou calcaires de chacun venant à se souder et souvent à s'encroûter de plus en plus, il en résulte des lames ou des expansions, ou des ramifications cornées , cartilagineuses ou pierreuses, qu'on a nommées des polypiers membraneux, cellariés, orarninés, etc. Chaque petit Bryozoaire est complètement rétractile dans une loge ou cellule qui représente à la fois le manteau et ïa coquille d'un Conchifère, ou le manteau et l'enveloppe coriace externe d'une Ascidie ; mais il fait sortir et il épanouit au dehors une couronne de longs tentacules garnis de cils vibratiles, et représentant le sac branchial des Tuniciers. A la base de cette couronne se trouve la bouche, suivie par un intestin replié dans la loge, de telle Sorte que l'anus vient aboutir à côté. Ainsi que dans les deux classes précédentes, les sexes sont réunis ou confondus. La reproduction a lieu par des œufs, par des stolons et par des gemmes qui contiennent plusieurs embryons. La classe des Bryozoaires présente le dernier degré de simplification dans l'embranchement des Mollusques.
Division des classes en ordres et en familles,
La classe des Céphalopodes ayant été traitée dans le tome III, nous passons immédiatement à la deuxième classe.
GASTÉROPODES. On les divise en onze ordres : 1° les Pulmonés; 2° lesPEcrmiBRANches; 3° les Tubulibranches; 4° les Cirrho- Br anches; 5° les Scutibranches; 6° les Cyclobranches ; 7° les Inférobranches ; 8° les Tectibranches; 9° les Nudibranches ; 10° les Janthines; 11° les Hétéropodes, qui ont été rangés différemment par les auteurs, en raison de leurs rapports multiples qui ne permettent pas de les placer en série rectiligne. En effet, les Tubulibranches pourraient être réunis avec les Pectinibranches qui , euxmêmes, se lient aux Pulmonés par certains genres dont l'appareil respiratoire seul diffère; et d'autre part , les Nudibranches, qui offrent dans plusieurs genres les dégradations les plus prononcées du type général des Gastéropodes, semblent former 7e passage aux Hétéropodes, dont on a voulu faire une classe à part tant ils sont différents des autres, tan-
dis que ces mêmes Nudibranches se rattachent aux Pulmonés par des genres assez voisins des Limaces. Quant aux Cirrhobranches, ils paraissent également mal placés, quelque rang qu'on leur assigne, tant ils diffèrent des autres ordres par la symétrie presque complète des animaux et par la position terminale de l'anus. Les Scutibranches, les Cyclobranches et les Nudibranches montrent aussi une symétrie bien prononcée, ainsi que les Hétéropodes; tous les autres sont plus ou moins dissymétriques, et leur coquille, quand ils en ont, est contournée en spirale ou turbinée. Mais cette coquille n'offre pas toujours des caractères distinctifs aussi importants que les caractères tirés de l'organisation même de l'animal : voilà pourquoi les anciennes classifications, et notamment celle de Lamarck que nous suivons autant que possible, ont besoin d'être remaniées. Toutefois les modifications qu'on pourrait introduire ne seront définitives que quand on connaîtra les animaux de la plupart des espèces, et jusque là nous restons dans une période d'incertitude au sujet de la circonscription des familles et de leur coordination.
I. Les Pulmonés, caractérisés par la faculté que seuls entre tous les Mollusques ils ont de respirer l'air en nature, comprennent des types fort divers. Les Pulmonés, comme les entendait Cuvier, sont monoïques, et forment pour nous cinq familles , dont trois terrestres: 1° Les Limaciens qui sont nus comme les Limaces, ou munis d'une coquille rudimentaire comme les TestaceUes ; 2° les Héliciens, qui sont pourvus d'une coquille enveloppante turbinée, plus ou moins arrondie ou discoïdale, ou turriculée , comme les Hélices , les Maillots et les Bulimes, ou dont la coquille plus évasée ne peut suffire pour enfermer l'animal, comme les Vitrines et les Ambrettes; tous ils ont quatre tentacules, et sont dépourvus d'opercule; 3° les AuriculeSy dont la coquille est également sans opercule, mais qui n'ont que deux tentacules, et qui ont à la columelle un ou plusieurs plis saillants ; avec le genre Auricule, comprenant les Carychies et Scarabés, ainsi que les Conovules qu'on en sépare quelquefois , la même famille renferme aussi les genres Piétin {Pedipes) et Ringiculc, suivant M. Dcshayes.
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Deux autres familles sont aquatiques; 4° les Lymnéens , à coquille turbinée ou discoïde sans opercule, et portant seulement deux tentacules : ce sont les genres Planorbe, Lymnée et Physe, ce dernier ayant toujours la coquille senestre; 5° les Onchidies, qui sont des Mollusques nus comme les Limaces, mais entièrement recouverts par le manteau en forme de bouclier, et pourvus seulement de deux tentacules.
A ces cinq familles des Pulmonés de Cu« vier , nous devons en ajouter deux autres , pour des Mollusques que ce grand natura- J^ste classait parmi ses Pectinibranches , en maison de leur organisation. En effet, quoiqu'ils n'aient point la branchie pectinée caractéristique des Pectinibranches , ils sont dioïques et munis d'une coquille operculée: les uns sont terrestres; c'est la famille des Cyclostomés, qui ont deux tentacules et la cavité respiratoire largement ouverte audessus du cou ; tels sont les Cyclostomés et les Hélicines : les autres sont aquatiques, comme les Ampullacères qui manquent de tentacules , et dont la cavité respiratoire n'a qu'une petite ouverture ronde à droite.
II. L'ordre des Pectinibranches, caractérisé par une ou deux branchies pectinées contenues dans une vaste cavité respiratoire , formée au-dessus du cou par le manteau, avait été classé d'après la forme de la coquille turbinée, avec l'ouverture entière cbez les Trochoïdes , ou munie d'un canal ou écbancrée chez les Buccinoïdes, ou non kurbinée mais largement évasée chez les Capuloïdes de Cuvier; mais on a dû les grouper autrement d'après les caractères mêmes de l'animal. Toutefois , une première division, correspondant aux Trochoïdes et à une partie des Capuloïdes, comprend tous ceux dont le manteau ne se prolonge pas pour former un tube ou siphon, dont la présence serait indiquée par le canal ou l'échancrure de la coquille, comme chez les Buccinoïdes , quoique quelques uns aient exceptionnellement aussi une échancrure à la base de l'ouverture. Presque tous sont phytophages ou se nourrissent de végétaux; ils ont une langue armée de pointes et non une trompe comme les carnassiers ou zoophages. Leur coquille est operculée, à moins que l'ouverture ne soit très dilatée. On peut en faire plusieurs familles:
1° La famille des Paludinés se compose
des genres Paludine , Valvée , Ampullaire, Littorine et Planaxe, qui ont la tête peu allongée et la langue courte; 2° Celle des Néritacés , caractérisée par la forme semicirculaire de l'ouverture, dont le bord gauche est en demi-cloison, comprend les Nérites' et Néritines réunis en un seul genre, et déplus les Navicelles ; leur tête est prolongée en mufle allongé. 3° Les Turbinacés , caractérisés par les tentacules accessoires ou les franges du pied ou du manteau , ont le mufle peu allongé; leur langue est très longue; ils comprennent les genres Turbo, Troque, Dauphinule , Cadran, Roulette, Pleurotomaire et Phasianelle , auxquels M. Deshayes veut joindre aussi les Haliotides et les Stomates malgré la grande différence de forme qui les a fait ranger par Cuvier parmi les Capuloïdes. 4° Les Turritellés , comprenant les genres Turritelle , Scalaire et Pyramidelle, se distinguent par leur mufle allongé, et par le pédoncule resserré qui joint le pied au reste du corps; ils ont aussi le bord du manteau frangé. 5° Les Mélaniens s'en distinguent par leur tête non allongée en mufle , par le pédoncule plus court et plus épais qui joint le corps au pied, et par le bord du manteau sans franges. Ce sont les genres Mélanie, Mélanopside et Eulime, à la suite desquels se placent provisoirement les genres Rissoa et Troncatelle
Une deuxième section des Pectinibranches , sans siphon au manteau , est formée par la famille des Naticoïdes, qui seuls ont une trompe et sont zoophages. Ils ont en outre le pied très grand, et le manteau très grand et enveloppant: ce sont les Natices et les Sigarets.
Les Pectinibranches dont le manteau forme un siphon, et dont la coquille a une échancrure ou un canal, se divisent également en deux sections, d'après leur manière de vivre en rapport avec la présence d'une trompe. Ceux qui n'ont pas cet organe sont phytophages et constituent deux familles. Les uns, comme les Cérites et les CanceN laires, ayant le mufle court, les autres au contraire, comme le Chenopus et la Struihiolaire, ayant la tête en mufle allongé.
Ceux qui sont pourvus d'une trompe, et cor.séquemmeni zoophages, se divisent en
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six familles d'après la forme de l'ouverture ovale ou très étroite , échancrée ou prolongée en un canal , comme aussi d'après la présence d'un opercule et d'après le développement du manteau: 1° les Canalifères ont l'ouverture prolongée par un canal droit, souvent très long, que le siphon sécrète dans toute sa longueur; ils ont tous un opercule; ce sont les genres Pîeurotome, Turbinelle, Triton , Ranelle , Fuseau, Fasciolaire, Pyrule et Rocher ; ces (quatre derniers pouvant être réunis en un seul , sauf quelques Pyrules à transporter dans un genre Ficus, à côté des Harpes. 2° Les Ailés, comprenant les genres Rostellaire, Ptérocère et Strombe, se distinguent de tous les autres par le développement extraordinaire que prend le bord droit de la coquille de l'animal adulte, le manteau alors continuant à s'étendre et à former des prolongements divers sans se replier sur la coquille, dont le canal est comparable à celui des Canalifères. 3° Les Purpuri fères, chez lesquels le canal est très court et ascendant, c'est-à-dire recourbé en dessus ou même appliqué sur le dos de la coquille, comme chez les Cassidaires, Oniscies et Casques, ou bien qui, au lieu d'un canal, n'ont qu'une simple échancrure pour le passage du siphon, qui reste mobile et ne peut contribuer à la sécrétion du têt que par un petit repli du manteau à sa base; tels sont les Pourpres (comprenant les Ricinules, les Monocéros ou Licornes et les Concholepas ) , les Buccins (auxquels on réunit en partie les Éburnes), les Nasses, le Tritonium (formé de quelques Buccins), et le g. Vis qui, comme les précédents , est pourvu d'un opercule. A cette famille appartiennent aussi , comme section particulière, les genres Harpe, Tonne et Ficus, qui sont au contraire dépourvus d'opercule, et dont le pied très grand ne peut rentrer complètement dans la coquille. Enfin, on doit aussi ranger à la suite des Purpurifères plusieurs genres anormaux, tels que les Magile et Leptoconque qui \ivent fixés à la surface des madrépores ou engagés dans l'épaisseur de ces polypiers, et qui sont munis d'un opercule.
-4° Les Cônes, qui forment à la fois une famille et un genre unique, caractérisé par la forme étroite et très allongée de l'ouverture de la coquille , dont la spire est surbaissée, t. vin.
et qui n'est jamais recouverte par le bord du manteau ou par le pied. Ils sont pour- Vus d'un opercule, et n'ont qu'une échancrure pour le passage du siphon. 5° Les Co~ lumellaires, que Lamarck caractérisait pal les plis de la columelle, quoique les Colombelles qui en font partie n'aient pas ces plis; mais comme c'est presque la seule différence des Colombelles et des Mitres, on doit les laisser dans le même groupe avec ces derniers , avec les Volutes et avec les Marginelles réunies aux Volvaires. Tous ont l'ouverture simplement échancrée, et presque tous ils manquent d'opercule; les Volutes ont souvent la coquille enveloppée partiellement par le bord gauche du manteau ou par une expansion du pied. Les Marginelles sont enveloppées de même par les deux lobes du manteau. 6° Les Enroulés sont caractérisés par la forme de leur coquille, dont les tours s'enveloppent plus ou moins complètement. Cette coquille est recouverte par le manteau chez les Ovules et les Porcelaines, ou par une expansion du pied che-z les Tarières, les Ancillaires et les Olives, d'où résulte l'épaississement du têt par une couche externe, émaillée, luisante. Ils n'ont qu'une échancrure pour le passage du siphon, et sont dépourvus d'opercule.
III. L'ordre des Tubulibranches, très voisin des Pectinibranches, est caractérisé par la cavité respiratoire tubiforme contenant une branchie pectinée. Les Tubulibranches ont leur coquille adhérente aux corps marins , comme le têt des Serpules avec lesquelles on les a longtemps confondus. Ils ont un opercule porté par un support charnu. Ils se divisent en deux genres: les Vermets dont la coquille est entière, et les Siliquaires qui ont en dessus une série de trous pour laisser arriver l'eau sur la branchie.
IV. L'ordre des Cirrhobranches ne comprend que le seul genre Dentale , caractérisé par la disposition symétrique des organes digestif et respiratoire, et par sa coquille en forme de cornet étroit, ouvert aux deux extrémités. Les branchies sont de* cirrhes ou filaments nombreux.
V. Les Scutibranches ont une ou deux branchies en forme de plume ou de peigne cachées dans une cavité au-dessus de la tête, comme les Pectinibranches , mais leur coquille est très ouverte en cône surbaissé ou en
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bouclier : les uns, dissymétriques et n'ayant qu'une branchie, sont rangés avec les Pectinibranches par beaucoup de zoologistes ; ils constituent la famille des Calyplraciens, qui comprend les genres Calyptrée, Crépidule et Piléole, auxquels se rattachent les Hipponices si remarquables par le support calcaire sécrété par leur pied et adhérant aux rochers. Les autres, symétriques quant à la coquille et aux organes respiratoires, ont deux branchies ; on les a nommées Dicranobranches; ce sont les genres Fissurelle, Rimule, Émarginule et Parmophore.
VI. Les Cyclobranches sont également symétriques, quant à la forme externe et à la disposition de l'appareil respiratoire, mais leurs branchies forment une rangée de chaque côté sous le bord du manteau. Ils se divisent en deux familles bien distinctes : les Patelles dont la coquille est d'une seule pièce en cône surbaissé, et les Oscabrions qui, au lieu de coquille, ont sur le dos une rangée d'écaillés symétriques en recouvrement.
VIL Les Inférobranches, qui ont les branchies symétriques placées sur le côté ou sur les deux côtés du corps, entre le pied et le bord avancé du manteau. Les uns, formant la famille des Phyllidines , ont deux branchies symétriques ; les autres , comme les Pleurobr anches, n'en ont qu'une seule; c'est dans cet ordre que doit être placé aussi le petit genre Ancyle, type d'une famille particulière.
VIII. Les Tectibranches, au contraire, n'ont plus de branchies symétriques ; ils n'ont qu'une branchie composée de feuillets plus ou moins divisés sur le dos, et recouverte par un repli du manteau contenant souvent une petite coquille. Ils sont tous monoïques ; on en peut faire plusieurs familles : 1° Les Aplysiens ont les bords du pied redressés de chaque côté en crêtes flexibles, enveloppant partiellement le dos, et pouvant, par leur agitation dans l'eau, servir à la nage de l'animal, comme chez les Aplysies, ou bien soudées en partie, comme chez les Notarches et les Bursatelles. 2° Les Bulle'ens se distinguent des précédents par les tentacules très courts ou presque nuls et par leur coquille enroulée : ce sont les Bulles et les Bullées, près desquelles doit se placer peut-être aussi la Tornatelle. Quel-
ques unes d'ailleurs, telles que les Àcères, manquent totalement de coquille.
IX. Les Nudibranches, comme leur nom l'indique, ont les branchies à nu; mais ces branchies sont quelquefois de simples appendices revêtus de cils vibratiles dans lesquels ne se fait pas une circulation régulière du sang. On en peut faire plusieurs familles ayant pour types: lesDoris, dont les branchies ramifiées entourent l'orifice anal comme les pétales d'une fleur, sur la partie postérieure du dos ; les Tritonies et les Téthys , qui ont les branchies ramifiées ou en panache, rangées des deux côtés du corps; les Éolides, qui ont le dos couvert d'appendices nombreux , en forme de longues papilles ou de tentacules ; les Glaucus , qui ont de chaque côté trois branchies pédonculées formées chacune de longues lanières disposées en éventail, au moyen desquelles ils nagent librement dans la mer, etc.
X. LesJANTHiNES, qu'on a souvent classées parmi les Pectinibranches, paraissent devoir former un ordre distinct dont la place serait difficile à assigner entre les Hétéropodes et les Pectinibranches. Ce sont des Gastéropodes à coquille turbinée, dont le pied, qui ne peut servir à la marche , sécrète une masse spongieuse légère destinée à soutenir l'animal à la surface des eaux. Leur branchie est pectinée, et leur tête est prolongée en un mufle long et épais.
XI. Les Hétéropodes, au lieu de flotter seulement comme les Janthines, nagent librementdans les eaux ; leur pied, à cet effet, s'est allongé et comprimé en forme de nageoire , en conservant une petite ventouse rudimentaire en arrière; la tête est prolongée en manière de trompe épaisse; leur corps, de substance gélatineuse transparente, est susceptible de se gonfler d'eau , et leurs viscèrent forment une masse relativement très peu volumineuse , souvent enfermée dans une coquille mince comme chez les Carinaires. Les Ptérotrachées et les Firoles sont, au contraire, dépourvues de coquille.
Les PTÉROPODES, qui , peut-être, devront être réunis aux Gastéropodes ainsi que les Hétéropodes, sont caractérisés par les deux expansions en forme d'ailes qui leur servent d'organes locomoteurs pour nager librement dans les eaux. On avait cru d'abord que ces organes servaient en même
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temps d'organes respiratoires , mais on a trouvé chez eux aussi une véritable branchie. Les uns sont nus, comme les Clios et les Pneumodermes; les autres sont pourvus d'une coquille symétrique, comme les Hyales et les Cléodores.
Parmi les Mollusques sans tête ou Acéphales, nous rangeons d'abord les BRACHIO- PODES, qui, sous le rapport de la symétrie, se rapprochent davantage des Ptéropodes.
Placés à la suite des Conchifères, ils interrompraient la série naturelle, qui, des Enfermés , paraît se continuer aux Tuniciers.
Les Brachiopodes, caractérisés par la présence de deux bras ciliés contournés en spirale, ont tous une coquille bivalve dont les valves correspondent au dos et au ventre de l'animal ; mais chez les Lingules, qui constituent une première famille, les valves sont absolument égales, sans charnière, et l'animal est fixé par un long pédoncule cartilagineux. Les Térébratulés , formant la seconde famille, ont les valves inégales et réu- , nies par une charnière assez complexe. Les uns ont la plus grande valve percée d'un trou par lequel passe un pédoncule pour fixer la coquille : ce sont les Térébratulés proprement dites, dont on ne doit pas séparer les Spirifers; les autres ont les deux valves également closes , et paraissent avoir été libres : ce sont les Productus. D'autres ont également les valves closes ou non perforées; mais la plus grande valve ou l'inférieure est adhérente , d'abord par son sommet, aux corps marins. Une troisième famille, celle des Craniacées , comprend les Cranies et les Orbicules , dont la valve inférieure est complètement adhérente aux corps marins.
Les CONCHIFÈRES présentent plusieurs types distincts qui , liés entre eux par des rapports nombreux, forment, d'une part, le passage aux Brachiopodes , et d'autre part, aux Tuniciers. On les divise d'abord d'après le nombre des muscles rétracteurs, ,qui est en rapport avec le reste de l'organijsation , sauf quelques exceptions faciles à expliquer; on a donc deux groupes principaux: 1° les Monomyaires, qui n'ont qu'un muscle rétracteur traversant tout le corps et les viscères ; 2° les Dimyaires, qui ont deux muscles rétracteurs situés vers les extrémités du corps.
I. Les Monomyaires constituent un seul ordre divisé en cinq familles.
1° Les Anomiaires , dont la valve inférieure est percée d'un trou traversé par un muscle rétracteur partant de la valve supérieure, pour se fixer sur les corps marins, au moyen d'une sécrétion testacée qu'il accroît sans cesse. Ce dépôt forme ainsi un osselet indépendant de la valve inférieure chez les Anomies , et au contraire fixé partiellement à cette valve chez les Placunanomies. En outre du muscle adhérent à l'osselet, deux autres muscles partent de la valve supérieure pour s'attacher à l'inférieure , mais tout porte à croire que ce sont des dépendances du muscle rétracteur unique des Monomyaires. Les Anomiaires n'ont pas de tentacules ou de palpes à la bouche , et leurs œufs sont reçus dans l'épaisseur du manteau après avoir quitté J'ovaire; ils ont un rudiment de pied.
2° Les PlacuneSy grandes coquilles minces , nacrées , demi-vitreuses , comme celles des Anomies, mais sans perforation à la valve inférieure, devront, quand les animaux seront connus, former une famille intermédiaire entre les Anomies et les Huîtres; leur charnière présente deux saillies divergentes ; leur ligament est marginal. 3° Les Ostracés , comprenant le seul genre Huître, ont la coquille inéquivalve et le ligament dans une fossette et en partie externe ; leurs branchies forment quatre feuillets continus, et leur bouche est garnie de quatre palpes lancéolés. Ils n'ont aucun rudiment de pied; leur valve gauche, qu'on nomme l'inférieure, est ordinairement adhérente aux corps marins; mais pour quelques espèces , et notamment pour les espèces fossiles , dont on a voulu faire les genres Gryphée et Exogyre, l'adhérence n'a lieu que par le sommet, et cesse bientôt, de sorte que la coquille devient libre. 4° Les Pectinides ont aussi la coquille souvent inéquivaWe , mais régulière; leur ligament est tout-à-fait interne dans une fossette triangulaire. Leur bouche est entourée de tentacules ramifiés, ou diversement conformés, mais non de palpes labiaux , comme chez les autres Conchifères. Leurs branchies sont effilées ou divisées en filaments parallèles; leur manteau est bordé de tentacules nombreux , parmi lesquels on a voulu re-
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connaître des yeux. Ils ont un pied plus ou moins rudimentaire, et quelques uns même peuvent sécréter un byssus. Les genres Peigne et Lime ne contiennent que des coquilles libres, et souvent même remarquables par leur mode de locomotion.
Le genre Houlette a la coquille fixée par un byssus. Le genre Spondyle, auquel il faut réunir les Plicatules et les Podopsides, a , au contraire, sa coquille adhérente comme l'Huître. 5° Les Margaritacés , dont nous avons déjà parlé (voy. ce mot), complètent la série des Monomyaires.
II. Les Dimyaires, suivant le mode de réunion des lobes du manteau, se partagent en trois groupes, qu'on pourrait nommer des ordres. Le premier, qui porte le nom de Mytilacés, comme la première famille , présente encore les lobes du manteau presque entièrement désunis comme les Ostracés ; il n'y a qu'une bride postérieure entre ces lobes. On le divise en cinq familles , savoir : 1° Les Mytilacée s, comprenant le genre Pinne et le genre Moule , auquel on réunit les Modioles et les Lithodornes. Leur coquille est équivalve , mais inéquilatérale, le sommet des valves étant ordinairement très rapproché de l'extrémité extérieure, où se trouve un des muscles rétracteurs devenu beaucoup plus petit que l'autre. Leur manteau reçoit les œufs quand ils ont quitté l'ovaire ; ils ont un pied linguiforme qui sécrète un byssus filiforme abondant pour fixer Tanimal aux rochers; leur charnière est sans dents, leur ligament est externe et allongé. 2° Les Arcacées se distinguent de tous les autres par leur charnière munie d'une longue série de petites dents sur chaque Talve. Cette série est rectiligne chez les Arches , arquée chez les Pétoncles et anguleuse chez les Nucules. Leurs muscles rétracteurs sont égaux ; leur ligament est externe et étalé chez les Arches et les Pétoncles ; il est contenu dans une petite fossette chez les Nucules; le pied est toujours fendu vers l'extrémité, mais il ne sécrète pas chez tous un byssus. Le pied des Pétoncles, par exemple, sert seulement à fixer l'animal dans le sable, et d'un autre côté, le byssus des Arches est souvent confondu en une seule masse cornée. 3° Les Trigonies , caractérisées par leur charnière à deux dents divergentes et latéralement striées, ainsi que par leur pied recourbé
en forme de faux, constituent seules une troisième famille. 4° Les Nayades, comprenant les Mulettes, les Anodontes et les Iridines, ont un pied charnu , comprimé, très grand; leurs palpes sont lancéolés; leurs branchies sont grandes, creusées de lacunes assez vastes dans lesquelles sont reçus les œufs, et où les embryons se développent jusqu'à un certain point ; leur charnière présente quelquefois des dents irrégulières; le manteau, plus désuni chez les autres, est réuni en arrière chez les Iridines. C'est dans cette famille ou à sa suite qu'on doit placer les Ethéries , qui vivent dans les eaux douces, adhérentes aux rochers par une valve ou par l'autre indifféremment. 5° Les Cardites ( qu'on nomme aussi Carditacés,ce qui se rapproche trop du nom des Cardiacés) ont également les lobes du manteau réunis par une bride en arrière; mais leurs branchies sont formées de canaux beaucoup plus fins , et ne contiennent pas des lacunes aussi grandes que celles des Nayades. Elles en diffèrent d'ailleurs aussi par leurs palpes labiaux tronqués, et par la charnière de la coquille munie de dents obliques plus régulières sous les crochets. Les seuls genres Cardite et Opis appartiennent à cette famille.
Un deuxième ordre de Dimyaires, les Rudîstes, est connu seulement par des coquilles fossiles très imparfaitement conservées ou dissoutes en partie : ce devaient être des Mollusques à valve inférieure adhérente plus ou moins prolongée en cône, avec une valve supérieure mobile en forme d'opercule. On en fait deux familles : les Hippurites , dont la valve supérieure présente deux oscules indiquant le point d'attache de deux ligaments qui devaient partir du sommet de deux côtes saillantes parallèles à l'intérieur. Les Sphérulés ont deux grandes dents à la charnière, et deux impressions musculaires saillantes. Le ligament devait occuper une fossette derrière les dents cardinales. Les Rudistes ont été considérés , par quelques naturalistes , comme devant faire partie desBrachiopodes, et par d'autres , comme représentant des animaux analogues aux Ascidies par leur organisation. M. Deshayes les croit très voisins des Camacés , et les place dans le même ordre.
Le troisième ordre des Dimyaires , qu'on
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peut nommer, d'après le nom d'une des familles principales, Tordre des Cardiacés, serait le deuxième si l'on voulait y réunir les Rudistes. Il est caractérisé par la réunion des bords postérieurs du manteau, formant, ou deux orifices bordés de petits tentacules, ou deux siphons égaux ou inégaux, réunis ou distincts. Une troisième ouverture est laissée par le manteau pour le passage du pied. Les Cardiacés forment sept familles : 1° les Camacés ont le sommet des valves enroulé en spirale aplatie, et une de leurs valves, tantôt l'une, tantôt l'autre, suivant les espèces, est adhérente aux rochers ou aux autres corps marins. Leur manteau forme en arrière deux siphons très courts et ciliés; le pied est petit , cylindracé , tronqué et coudé ; les palpes sont quadrangulaircs, obliquement tronqués ; le ligament est externe ; la charnière a une grosse dent. Avec les Cames, on doit provisoirement ranger dans cette famille le Cleidothère, dont l'animal est inconnu , mais qui se distingue par la présence d'ur«osseletcalcaire allongé, que retient un ligament convexe dans des impressions profondes sur chaque valve. 2° les Tridacnés, comprenant le seul genre Tridacne, sont caractérisés par le rapprochement des muscles adducteurs , et par la position en quelque sorte inverse de l'animal dans sa coquille; car ici les parties inférieures sont les postérieures chez les autres , et le pied passe par la lunule. Ce pied est épais , cylindrique, et sécrète un byssus ; la charnière a deux dents comprimées, et le ligament est externe. 3° Les Cardiacés, comprenant les genres Bucarde, Isocarde et Cypricarde, ont les siphons très courts, et réduits presque à une bordure saillante tentaculée. 31s sont caractérisés par leur pied long et coudé pouvant servir pour le saut, et par leur charnière portant quatre dents en croix, deux à chaque valve sous les crochets , en outre des dents latérales. Le ligament est externe. 4° Les Conques ont en général un pied comprimé droit, une charnière munie de deux ou trois dents obliques sous les crochets , et des siphons plus ou moins réunis dans leur longueur. Tous ils ont l'impression palléale échancrée en arrière. On y compte beaucoup de genres qui pourraient être groupés en tribus, d'après les caractères des siphons. Ainsi les genres Cyclade,
Cythérée et Arthémis ont les siphons complètement réunis; les g. Cyrène, Cyprine, Vénus et Astarté ont les siphons réunis en partie seulement; et les g. Pullastre, Vénérupe, Pétricole, les ont encore plus séparés. 4° Les Lucinides, comprenant les genres Lucine, Corbeille, Cyprinoïde, Bornia, Erycine et Galéome, ont pour caractère commun l'intégrité du contour de l'impression palléale et l'allongement d'une , au moins, des impressions musculaires qui se confond avec le bord du manteau. Tous ont les trois ouvertures au manteau et peut-être aussi, comme les Lucines, les branchies de chaque paire soudées par le bord externe, de sorte qu'on pourrait croire qu'il n'y en a qu'une seule paire. Un seul siphon se présente chez quelques uns (Lucine et Corbeille), et l'autre ouverture est sans prolongement; d'autres manquent entièrement de siphon.
Leur ligament est seul externe chez tous. 5° Les Tellinides , comprenant les genres Donace et Telline, ont aussi le ligament externe, mais leurs branchies ne sont pas soudées, leur impression palléale est échancrée, et leurs siphons sont allongés et séparés , le siphon branchial étant frangé ou digité. 6° Les Amphidesmacés, comprenant les genres Amphidesme, Cumingia, Trigonella et Syndesmia, se distinguent par leur ligament interne très oblique; leurs siphons sont allongés et séparés. 7° Les Crassatellés ont au contraire le ligament interne et central situé dans une fossette triangulaire droite au-dessous des crochets ; leur impression palléale est échancrée; leurs siphons sont séparés. On y comprend les genres Crassatelle et Amphidesme.
Le quatrième ordre, celui des Enfermés ( inclusa ) , comprend tous les Conchifères dont le manteau, plus complètement fermé, se prolonge en un tube double, ordinairement trop volumineux pour pouvoir rentrer tout entier dans la coquille, et conséquemment alors revêtu d'un épiderme résis tant , ou bien susceptible de sécréter une portion du têt allongée en tuyau. La coquille alors est presque toujours bâillante; cependant plusieurs familles, sans avoir les siphons aussi longs et la coquille aussi bâillante, sont rangées ici d'après leurs autres rapports, et surtout parce qu'elles ont les lobes du manteau réunis sur les trois quarts
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au moins de leur contour. D'après cela on y peut compter neuf familles, savoir : 1° Les Mactracés , comprenant les seuls genres Mactre et Lutraire ; l'un à coquille presque close et à siphons plus courts, l'autre à coquille bâillante et à siphons plus longs; mais tous deux avec une dent cardinale en forme de V, sous les crochets, à côté d'une plaque saillante portant un ligament interne. 2° Les Ostéodesmés qui, dépourvus de dents cardinales, ont un ligament interne porté par deux appendices en forme de cuilleron, avec un osselet accessoire adhérent au ligament : tels sont les genres Lyonsia, Ostéodesme, Périplome, Thracie et Anatine. 3° Les My aires, comprenant les genres Mye et Corbule qui se distinguent par la présence d'une dent cardinale, en même temps que la coquille bâillante a le ligament interne. 4° Les Saxicaves, sans dents cardinales, mais avec deux siphons, et pourvus d'un pied très petit sécrétant un byssus : tels sont les genres Saxicave et Byssomye. 5° Les Pandorécs, pour le seul genre Pandore, caractérisé par l'inégalité des valves de sa coquille et parce qu'il n'a qu'une branchie ordinaire de chaque côté. Ses siphons sont courts ; son ligament est intérieur. 6° Les Solemyaires , aussi pour le seul genre Solemye, qui se distingue de tous les autres par ses branchies d'une structure toute particulière; en effet, il n'a de chaque côté qu'une seule branchie épaisse formée de lames très minces, empilées comme celles d'une branchie de Crabe. Il a en outre un seul orifice postérieur au manteau et un pied fendu dont les lobes sont bordés de petites papilles ; son ligament est extérieur. 7° Les Solénacés, qui ont aussi un ligament externe marginal et un pied charnu très volumineux sortant par l'extrémité antérieure de la coquille, forment les genres Solen, Solecurte, Glycimère, Panopée et Pholadomye. 8° Les Pholadaires, dont le manteau renferme l'animal entier avec sa coquille dépourvue de ligament, et sécrète une enveloppe testacée partielle en dehors, tandis que les siphons très volumineux peuvent sécréter un tube calcaire. Les uns, comme les Pholades, ont un pied très court, tronqué, en forme de ventouse ; leur muscle postérieur s'attache sur le bord cardinal même qui s'encroûte par suite d'une sécré-
tion correspondant à l'impression musculaire, là où devrait être le ligament. Les autres, qui forment le genre Taret, n'ont plus qu'un seul muscle adducteurdansla coquille, l'autre muscle paraissant s'être changé en un appareil spécial qui sécrète les opercules caractéristiques de ces animaux. Chez eux aussi les viscères, ne pouvant être contenus entr les valves trop petites, se sont allongés dans le siphon branchial , où la branchie prismatique même représente les quatre feuillets des autres Conchifères soudés et rapprochés. Les Pholadaires habitent tous des trous creusés dans la pierre, dans le bois ou dans le sable, et peuvent tapisser leur habitation par un enduit calcaire. 9° Les Tubicolés,, comme leur nom l'indique, habitent des tubes sécrétés par la surface du manteau et par les siphons qui en sont le prolongement. Ces tubes sont donc continus ici et ils enveloppent ou empâtent même les valves. Ainsi les Arrosoirs ont les deux valves enchâssées dans la paroi du tube; les Clavagelles n'ont qu'une valve enchâssée , tandis que l'autre reste libre; les Gastrochènes, au contraire, ont les deux valves libres; tous ont un ligament, ou du moins la place de ce ligament; ils ont aussi un pied très petit, et celui des Gastrochènes peut même sécréter un byssus.
La classe des TUNICIERS, dont nous parlerons plus loin {voy . ce mot), forme elle-même plusieurs ordres, savoir : les Biphores, les Ascidies , et les Botryllaires ou Ascidies composés.
La classe des BRYOZOAIRES, qui se rattache par des rapports d'organisation si frappants avec les Botrylliens, ne pourrait être traitée ici d'une manière assez complète. Nous renvoyons au mot polypiers ce que nous avons à en dire ; car, quoique cet article n'y soit pas à sa place, c'est là encore que beaucoup de personnes seraient conduites à le chercher d'après l'habitude qu'on a de considérer les Bryozoaires comme des Polypes. (F. Dujardw.)
MOLOBRUS. ins. — Genre de l'ordre des Diptères Némocères, tribu des Tipulaires, établi par Latreille aux dépens des Tipula. L'espèce type, le Tipula Thomœ Lin., est très fréquente dans les lieux frais et humides.
*MOLOBRUS (aoàoSpoç, gourmand), ins.
— Genre de Coléoptères pentamères , famille des Carabiques, tribu des Scaritides, créé par Putzeys ( Prémices Entomologiques, 1845, p. 10). Trois espèces du Mexique composent ce genre , les M . purpuratus, splendidus Putz., et Pasimachus rotundipennis Chev. (G.)
MOLOCH. mam. — Nom donné par Audebert au Gibbon cendré, Hylobates leuciseus. Voy. GIBBON.
*MOLOCH. Molochus. rept.— M. J.-E.
Gray a fait, le premier, connaître sous ce nom générique, en 1841, un Saurien propre à la Nouvelle-Hollande , qui paraîtrait au premier abord, aussi bien par ses caractères extérieurs que par sa physionomie , appartenir au singulier genre des Phrynosomes, dans la famille des Agamiens. Il y a toutefois cette différence entre les Phrynosomes et les Molochs, que ceux-ci ont les dents acrodontes, tandis que chez les Phrynosomes elles sontpleurodontes comme chez les Agamiens. Le Moloch a une physionomie aussi bizarre que celle des Phrysonomes, sa taille est à peu près la même que celle de ces derniers; mais son abdomen est moins discoïde et son corps un peu plus allongé. II à de même des épines sur le corps et sur Iâ tête. (P. G.)
*MOLOPOSPERMUM. bot. ph.— Genre de la famille des Ombellifères-Scandicinées, établi par Koch (Umbellif., 108 ; DC, Prodr., IV, 230). Herbes de l'Europe australe. Voy,