‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 80 sur 192 · POURPRE · texte numérisé non relu

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*MOïVOCERUS((;.ovoç, seul; x/Paç, corne).

ins. — Genre de Coléoptères hétéromères , famille des Trachélydes, tribu des Anthicides , formé par Mégerle , et adopté par Dejean {Catalogue, 3e édit., p. 237). 17 espèces se rapportent à ce genre ; 6 sont originaires d'Europe, 6 d'Afrique, 4 d'Amérique, et une est propre à l'Asie. Nous citerons, comme en faisant partie, les An* thicus monoceros , monodon , cornutus et Rhinocéros de Fab. (C.)

MONOCHAMUS, Dejean. ins. — Nom mal orthographié. Voy. monohammus. (C.)

MONOCHELUS (m-ovoç, seul; xeflloç, lèvre), ins. — Genre de Coléoptères pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides phyllophages, créé par Illiger et adopté par Dejean et Latreille; mais il n'a pu être conservé ainsi par Burmeister ( Handbuch der entomologie, 1844, p. 87), parce qu'il avait été formé, de même que le genre Dichelus d'Illiger, avec des mâles et des femelles d'un genre unique: par ce motif, M. Burmeister réunit ces deux genres sous la dénomination d'Heterochelus. Cet auteur décrit sous ce dernier nom 54 espèces, qui toutes sont originaires de l'Afrique australe. Nous citerons comme en faisant partie : les M. podagrica, gonagra, arthritica et capicola de F. (C.)

MONOCHELUS ( pîvoç , seul ; xi»M, pied fourchu), ins. — Genre de Coléoptères pentamères , famille des Lamellicornes , tribu des Scarabéides phyllophages , créé par Burmeister (Handbuch der Entomologie, 1844,

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p. 153), qui le comprend parmi ses Gymnosomides. Il se compose de 11 espèces , qui toutes sont originaires de l'Afrique australe. Nous citerons comme en faisant partie les espèces suivantes : M. glaberrimus B., spinipesF., scutellaris et calcaratus Dej. (C.)

*MONOCHîLES (po'voç, seul; X*M , ongle), mam. — Klein (Quadr. dist. hist. nat., 1751 ) donne ce nom à un groupe de Solipèdes. (E. D.)

*MONOCHILUS (fAo'voç , seul; x€?àoS, lèvre), bot. pb. — Genre de la famille des Verbénacées-Lippiées, établi parFischeretMeyer (Index sem. hort. Petropolit., 1835, I, 34). Herbes du Brésil Voy. verbénacées.

MONOCIIIRE. Monochirus. poiss. — Genre de Tordre des Malacoptérygiens Subbrachiens , famille des Poissons plats, établi ^par G. Cuvier (Règn.anim., t. II, p. 343) pour des Poissons qui ont de grands rapports avec les Soles. Ils en diffèrent principalement par une pectorale extrêmement petite du côté des yeux; celle du côié opposé est presque imperceptible ou manque tout-à-fait.

On n'en connaît qu'une espèce qui vit dans la Méditerranée : c'est le Lingualula de Rondelet (Pleuronectes microchirus, Lac).

MONOCHLyENA , Gaudich. (in Voy.

Freyc, t. 12, f. 3, d, e, f). bot. cr. — Syn. de Didymochlœna, Desv.

MONOCLE. Monoculus. crust. — Syn.

de Cyclops et de Cypris. Voy. ces mots.

MONOCLEA. bot. cr.— Genre delà famille des Hépatiques-Anthocérolées, établi par Hooker (Musc, exot., t. 176). Mousses des régions tropicales où elles croissent parasites sur les arbres.

*MONOCLES. Monoculi. crust. — M. Milne-Edwards, dans son Histoire naturelle des Crustacés, désigne sous ce nom une famille qu'il range dans l'ordre des Copépodes. Ce groupe est caractérisé principalement par l'existence d'un œil unique situé sur la ligne médiane, à la partie antérieure et supérieure de la tête. Les Crustacés dont il se compose sont tous d'une petitesse extrême, et sont remarquables par les méta- ;morphoses qu'ils subissent dans le jeune âge. Pour que l'accouplement puisse s'effectuer, le mâle s'accroche à la queue de la femelle à l'aide de ses antennes , qui dif-

fèrent presque toujours par leur forme de celles de cette dernière ; elles sont souvent pourvues d'un renflement préhensile. La manière dont la fécondation s'opère est des plus remarquables ; M. Siebold a constaté dernièrement qu'il n'y a pas de véritable coït, mcis que le mâle produit un spermatophore tubulaire qu'il accole à l'abdomen de la femelle, tout près de la vulve, et que, par un phénomène d'endosmose, la liqueur fécondante est ensuite expulsée de ce réservoir pour pénétrer dans l'appareil femelle, ou pour se porter sur les œufs au moment de leur passage, et l'ovaire dans le sac ovifère. La femelle, beaucoup plus grande que le mâle, l'entraîne pendant quelque temps avec elle; et, après la fécondation, pond un nombre assez considérable d'œufs qui, pendant toute la durée de l'incubation, restent suspendus sous son abdomen dans une ou deux grosses poches ovoïdes. Les petits qui en éclosent sont de forme presque circulaire, et ne sont pourvus que d'une paire d'antennes et de deux paires de pattes natatoires ; ils ressemblent alors si peu à leurs parents , qu'un zoologiste habile , Mtiller, en a formé un genre distinct sous le nom (VAmymone. Mais ils changent plusieurs fois de peau, et chaque mois leur thorax, puis leur abdomen , se développent de plus en plus, et on voit paraître en même temps les membres, qui d'abord manquaient complètement. Lorsqu'ils n'ont que six pattes, ils constituent le genre Nauplius de Miiller.

Les Monocles présentent, dans la structure de leurs antennes inférieures et de leurs pattes-mâchoires, des différences qui semblent suffisantes pour motiver leur division en trois coupes génériques, désignées sous les noms de Cyclops, Cyclopsina et Arpactiens. Voy. ces différents noms.

MONOCMNE. bot. — Ce nom, employé par opposition à celui deDicline, s'appliqut à toutes les plantes qui ont les deux sexes réunis dans la même fleur. Monocline est par conséquent synonyme d'Hermaphrodite.

*MONOCOSMIA (Pvoç,seul ; xo'^o;, ordre), bot. pu. — Genre de la famille des Portulacées-Calandriniées, établi par Fenzl (in Nov. Stirp. Mus. Vindob. Decad., X, n. 93). Herbes du Chili. Voy. portulacées.

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*MONOCOTYL AIRES. Monocoty la. UEU&.

—Première famille des Myzocéphalés (Blainville, Dict. se. nat.y t. LVII, p. 556). Elle «omprend les Hirudinées ou Sangsues et quelques autres genres également pourvus d'une ventouse à la partie postérieure du «orps. Tels sont les Nitzschia, Axine et Capsale. (P. G.)

MONOCOTYLÉDONS. bot. ph. — C'est 3e nom sous lequel on désigne l'un des trois grands embranchements que les botanistes, à l'exemple d'A.-L. Jussieu, s'accordent généralement à établir dans le règne végétal. Ce nom rappelle le principal caractère qui distingue les plantes de ce vaste groupe, c'est-à-dire l'existence dans leur graine d'un embryon pourvu d'un cotylédon unique.

L'idée de faire servira la division méthodique des végétaux les caractères fournis par les cotylédons de l'embryon remonte très haut. Césalpin (de Plantis, 1583) paraît l'avoir conçue le premier, ou du moins avoir cherché le première en tirer quelque parti, sans y attacher toutefois une bien grande importance, puisqu'il se contenta d'employer ces caractères pour des divisions secondaires. Rai comprit beaucoup mieux l'importance que pouvait avoir pour l'établissement d'une méthode la considération du nombre des cotylédons et de leur absence. « Après de longues réflexions, dit-il, nous n'avons pu trouver de différences d'ordre supérieures à celles qui sont basées sur la plantule séminale. Nous diviserons donc, en premier lieu, les plantes en celles qui ont une plantule séminale à deux feuilles ou à deux valves , ou mieux encore à deux cotylédons, et celles dont l'embryon manque de l'un des cotylédons ou des deux. » (J. Rai, Histor. plantarum, t. I, p. 52.) Cependant, dans l'application , il commença par diviser toutes les plantes, contrairement à toutes les lois d'affinité, en herbes et en arbres ; après quoi , il subdivisa chacune de ces deux grandes sections en grands embranchements basés sur les caractères fournis par les cotylédons. Cette division fut adoptée avec la même imperfection fondamentale par quelques auteurs de systèmes botaniques, tels que Bocrhaave et Heister; mais, dès 1740, Van Royen (Florœ Leydensis prodromus) renonça à la séparation irrationnelle des herbes et des arbres , et donna à la division

des végétaux d'après le nombre de leurs cotylédons l'importance majeure que lui ont définitivement assurée plus tard les beaux travaux d'A.-L. de Jussieu.

Depuis la publication du Gênera de notre célèbre botaniste, et par suite, depuis que la méthode naturelle a détrôné sans retour les systèmes de classification qui s'étaient succédé en nombre st considérable au grand détriment de la science, la division des végétaux phanérogames ou à fleurs visibles en Monocotylédons et Dicotylédons , c'est-à-dire d'après le nombre de leurs feuilles séminales, est devenue fondamentale. Cependant quelques botanistes, tout en adoptant deux vastes embranchements du règne végétal identiques, ou du moins extrêmement analogues pour leur circonscription à ceux qui sont basés sur la considération du nombre des cotylédons , leur ont assigné de nouveaux caractères que nous devons faire connaître, et qui ont introduit de nouveaux noms dans la science.

L.-C. Richard releva, en les exagérant peut-être un peu , les inconvénients que présente la division des plantes d'après leurs cotylédons, et il proposa de substituer à ce caractère ceux qui sont fournis par le mode de germination de l'embryon. Dès lors, il divisa les phanérogames ou Embryonées , en EndorhizesetExorhizes(Anal. du fruit, p. 53). Les premières correspondaient aux Monocotylédones , les dernières aux Dicotylédones, desquelles il sépara plus tard les Conifères et les Cycadées , sous la dénomination commune de Synorhizes, Voici en quels termes ce célèbre botaniste caractérisait les Endorhizes: « Extrémité radiculaire de l'embryon renfermant un tubercule radicellaire (quelquefois plusieurs) qui en sort par la germination pour former par son prolongement la racine de la plante naissante. » Cela revient à dire que tandis que la radicule de l'embryon dicotylédoné se prolonge immédiatement et directement , à la germination, celle de l'embryon monocotylédoné sort au même moment de dessous la couche superficielle qu'elle déchire et qui semble former dès lors autour de sa base une sorte de gaîne, gaîne à laquelle M. de Mirbel a donné le nom de Coléorhize. La division proposée par L.-C. Richard est restée purement théorique et n'a jamais été

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admise pratiquement dans la méthode naturelle.

L'ordre chronologique nous amènerait à parler ici de la division proposée par De Candolle; mais, pour divers motifs, nous en renverrons l'examen plus loin.

M. C.--H. Schultz (Naturliches System des Pflanzenreichs , Berl., 1832) a essayé de diviser les végétaux d'après des considérations anatomiques. Il établit d'abord dans tout l'ensemble du règne végétal deux grandes sections : 1° plantes homorganiques (plantœ homorganicœ ,Gleichorganigen Pflanzen), qui correspondent aux Acotylédones cellulaires, dont toutes les fonctions résident dans des organes simples de nature cellulaire ; 2° plantes hétérorganiques (plantœ heterorganicœ , Ungleichorganigen Pflanzen) , caractérisées par une organisation intérieure composée de trois différents systèmes d'organes, savoir : le système des vaisseaux spiraux, celui des vaisseaux vitaux ou laticifères, et le système cellulaire: ces sections correspondent, comme on le voit, à la plus grande partie du règne végétal, c'est-à-dire à toute la série des végétaux vasculaires. La section des plantes hétérorganiques se subdivise à son tour en deux : A. les Hétérorganiques synorganiqucs (heterorgana synorgana; synorganische oder knotenpflanzen), dans lesquelles les vaisseaux des deux systèmes, vital et laticifère, se réunissent en faisceaux qui restent distincts les uns des autres et dispersés au milieu du tissu cellulaire; B. les Hétérorganiques dichorganiques ( Heterorgana dichorgana , dichorganische oder slrahlenpflanzen) , qui correspondent aux dicotylédones , et dont nous n'avons pas à nous occuper ici. Enfin, les Synorganiques se décomposent en : a. Synorganiques sporiferes, entièrement analogues aux Acotylédones vasculaires ; b. Synorganiques florifères, ou pourvues de fleurs distinctes. C'est dans celles-ci que rentrent les Monocotylédones entremêlées de beaucoup de Dicotylédones, telles que les Aquatiques , les Pipéracées, Nyctaginées, Gycadées, etc., et aussi de quelques Acotylédones, les Characées. Cette méthode n'a jamais, que nous sachions, dépassé les limites de l'ouvrage dans lequel elle est exposée.

MM. Unger et Endlicher ont proposé une méthode basée sur les divers modes de vé-

gétation des plantes ; c'est cette même méthode qui a été adoptée par le dernier de ces botanistes , dans son Gênera et dans son Enchiridion botanicum, qui n'en est que le résumé. Comme les notions sur lesquelles reposent ses grandes divisions ne sont pas suffisamment indiquées dans les deux ouvrages que nous venons de citer; nous croyons devoir en donner un très rapide aperçu pour faire mieux comprendre à quelle division de cette méthode correspond rembranchement des Monocotylédones. Laissant de côté les végétaux inférieurs dont l'accroissement s'opère indifféremment dans tous les sens , et qu'ils nomment Tallophyta pantachobrya, plantes sans axe, MM. Unger et Endlicher réunissent sous la dénomination commune de Cormophyta , Chorobrya, plantes pourvues d'un axe, tous les autres végétaux chez lesquels l'accroissement a lieu selon des directions fixes et déterminées, ou chez lesquels il existe un axe distinct. Chez ceux-ci le développement général s'opère de trois manières différentes quicaractérisentautantdesections: 1° tantôt les faisceaux vasculaires de la tige se prolongent vers le haut en se développant sans se multiplier: ceci donne la végétation terminale (vegetatio terminalis, endsprossendes Wachsthum) qui caractérise la section des Acrobrya;2° tantôt les faisceaux vasculaires de la tige n'ont qu'une longueur déterminée, de nouveaux faisceaux venant s'ajouter à ceux qui existaient déjà, et se plaçant à l'extérieur et par dessus les autres , grossissent et allongent la tige ; c'est la végétation périphérique ( vegetatio peripherica , umsprossendes Wachsthum), qui caractérise la section des Amphibrya, identique à celle des Monocotylédones; 3° enfin , dans un dernier cas, non seulement les faisceaux se prolongent vers le haut, mais encore ils se multiplient vers l'extérieur: il en résulte une végétation périphérico-terminale (vegetatio peripherico-terminalis , end-umsprossendes Wachsthum), caractère essentiel de la section des Acramphibrya , à peu près identique à l'embranchement des Dicotylédones. (Voy. Unger, Ueber den liauund das Wachsthum des dicotyledon-stammes , Saint» Pétersb., 1840, § 121.)

Nous arrivons maintenant à la division du règne végétal proposée par A. -P. Do

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Candollc, que nous n'avons voulu indiquer qu'en dernier lieu, parce que nous aurons à discuter la valeur des bases sur lesquelles elle repose, et que cet examen nous conduira naturellement à exposer l'organisation anatomique des végétaux compris dans l'embranchement des Monocotylédons. Appuyée du grand nom de son auteur, cette méthode a pris une haute importance; elle a introduit dans la science deux dénominations nouvelles , que plusieurs auteurs adoptent, même aujourd'hui, préférablement à celles de Monocotylédons et de Diootylédons. En effet, nous les voyons conservées l'une et l'autre par M. Lindley, dans son Vegetable kingdom, qui vient de paraître il y a peu de mois; malheureusement nous montrerons bientôt qu'elles reposent sur une grave erreur anatomique, erreur déjà reconnue et démontrée depuis plusieurs années, et qu'on est surpris de voir partagée de confiance par des botanistes éminents, mais sans doute peu au courant des travaux modernes sur l'anatomie végétale.

Dans sa Théorie élément, de la botanique, ouvrage remarquable à tant d'égards, et qui constitue l'un de ses plus beaux titres de gloire, A. -P. De Candolle divisa les végétaux vasculaires ou cotylédonés en deux grandes sections , qu'il nomma et caractérisa de la manière suivante: I. Exogènes , dans lesquelles vaisseaux sont disposés par couches concentriques, dont les plus jeunes sont en dehors; II. Endogènes, dont les vaisseaux sont disposés par faisceaux, parmi lesquels les plus jeunes se trouvent au centre de la tige. Dans les Endogènes entraient : 1° les Monocotylédons proprement dits , sous le nom d'Endogènes phanérogames ; 2° les Acotylédons vasculaires, sous le nom d'Endogènes cryptogames. Or, nous allons montrer maintenant par l'examen anatomique de la tige des végétaux qualifiés d'Endogènes par De Candolle, que leur organisation est tout autre que ne l'avait admise le botaniste genevois, sur l'autorité de Desfontaines et Daubenton. Cet exposé servira en même temps à résumer les principaux travaux qui , depuis quelques années, ont eu pour objet cette importante portion du règne végétal.

Depuis bien longtemps déjà l'on avait remarqué une différence frappante entre le

bois d'un végétal Monocotylédon , d'un Pal • mier, par exemple, et celui d'un de nos arbres dicotylédons, tels qu'un Chêne, un Orme ou un Pêcher; on avait vu que ce dernier se compose de couches solides et concentriques, se recouvrant l'une l'autre, et dont les plus dures occupent le centre , tandis que les plus jeunes se trouvent à la circonférence; que le premier, au contraire, est formé de faisceaux fibro-vasculaires distincts et séparés les uns des autres, non réunis en couches concentriques, mais épars, rares et espacés vers le centre, nombreux et serrés vers la circonférence, qui en devient beaucoup plus dure; mais cette observation, faite comme en passant et sans vue générale , avait été stérile pour la science. Pendant ses voyages dans l'Afrique septentrionale , Desfontaines porta son attention sur ce sujet; il examina la structure de divers Monocotylédons , et il consigna les résultats de ses recherches et les conclusions qu'il crut pouvoir en déduire dans un mémoire qui fit époque dans la science. ( Sur l'organisation des Monocotylédons ; Mém. de Vînst., an vu; Journ. dephys. de Delametherie, pluviôse an vu, p. 441.) D'après lui, la tige d'un Monocotylédon ligneux est beaucoup moins consistante à son centre , parce que là se continuent incessamment la végétation et la formation de nouvelles fibres qui refoulent sans cesse celles déjà existantes; de là celles-ci finissent par être « tellement serrées les unes contre les au- » très, qu'elles ne paraissent plus cédera » l'effort de la végétation qui tend sans » cesse à les rapprocher, en les portant du <• centre à la circonférence.» Ces idées furent adoptées par les botanistes, qui, sans les appuyer sur de nouvelles observations, les modifièrent encore et les généralisèrent plus que ne l'avait fait Desfontaines lui-même : ainsi plusieurs Traités élémentaires reproduisirent cette assertion dénuée de fondement, que la tige d'un Monocotylédon se compose d'une foule de faisceaux simplement juxtaposés et parallèles , dont les plus nouveaux occupent le centre et, à mesure qu'ils se forment, repoussent les plus anciens vers la circonférence. Par là fut introduite dans la science cette théorie selon laquelle les Monocotylédons végètent et se développent par leur portion centrale, théû-

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rie que De Candolle adopta et consacra en désignant les Monocotylédons sous le nom d'Endogènes, ou à végétation centrale, et que nous voyons encore aujourd'hui adoptée sans restriction et développée par M. Lindley dans son Vegetable liïngdom, et par quelques autres botanistes.

Cependant, s'il est un point bien établi maintenant dans la science , c'est qu'il n'existe point de plantes à végétation centrale, en d'autres termes, qu'il n'y a point d'Endogènes. C'est ce qu'ont surabondammentdémontréles beaux travaux de MM. Moldenhawer, Hugo v. Mohl, Meneghini, Unger , de Mirbel , Gaudichaud, etc. (1). Voici un résumé des principaux résultats consignés dans les ouvrages de ces habiles observateurs, et par suite un expose des caractères anatomiques des Monocotylédons.

Lorsque, ne se contentant pas d'examiner la tige d'un Palmier sur une section transversale, comme le faisait Desfontaines, on îa coupe longitudinalement et qu'on suit dans leur marche longitudinale les faisceaux fibro-vasculaires qui la composent, on ne tarde pas à voir qu'au lieu d'être simplement juxtaposés et parallèles, comme on l'avait dit sans fondement, ils se croisent et s'entrecoupent, les uns paraissant monter directement, tandis que d'autres suivent Une ligne courbe de la circonférence vers le centre et du centre vers la circonférence. Mais ce n'est encore là qu'une vue incomplète de la disposition réelle des faisceaux ; c'est tout ce qu'une coupe verticale peut apprendre à cet égard. Chaque faisceau ne restant pas dans un même plan , mais formant, au contraire, une courbe à double courbure, ou gauche, comme nous le verrons plus tard, il faut donc examiner un faisceau dans toute sa longueur, et pour cela l'isoler par une dissection longue et difficile, ou en s'aidant de la macération. Voici ce qu'on observe dans ce cas : à partir

(i) Voy. Moldenhawer, Bcitraege zur Anat. der Pjlanzen. — H. Mohl, De structura Palmarum, dans les Gênera et species Palmarum de M. de Martins; Vevmischte Schriften, p. 12;». — Menrgliini, Riccrclie sulla struttura dette cuule nette piante monocotyl. , Padoue, i836. — Ungcr, Mémoire cité plus haut. — Mirbel, Mém. sur le Dattier, Compte- Rendu, 12 juin i8'(i; Annal, des se. nat., juillet i8'<3, t. 20; sur le Cordyline, Compte-Rendu, 7 octobre i84 4 ; Annales des se nat., 3e sér., juin i845. — Gaudichaud, plusieurs Mémoires insérés dans les Comptes-Rendus en 1843 , 44 «t 45.

de la base de la feuille à laquelle il correspond (1), le faisceau se porte vers le centre de la tige en formant une courbe à convexité supérieure; arrivé au centre, il descend à peu près verticalement dans une certaine longueur , après quoi il se reporte vers la circonférence suivant un arc très ouvert et dans une direction très inclinée; il arrive ainsi à la circonférence où l'on voit son extrémité se superposer à celles des faisceaux formés avant lui. C'est en formant ces deux ! arcs, l'un de la feuille vers le centre, l'autre j du centre vers le bas et vers l'extérieur de la tige, qu'il croise la direction des autres faisceaux , et de là cette sorte d'enchevêtrement sans ordre apparent qu'on remarque au premier coup d'œil sur une coupe verticale. Ce croisement est naturellement d'autant plus marqué et d'autant plus brusque, que la ligne suivie par le faisceau de la feuille vers le centre de la tige approche plus de l'horizontale , ce qui a lieu lorsque les feuilles se fixent sur la tige en grand nombre et à de très courts intervalles; de là l'organisation si remarquable du Xanlhorrhœa hastilis , qui a été signalée et figurée par A. -P. De Candolle (Organog., pi. 7 et 8) et par M. Gaudichaud {Recherches sur Vorganog.f etc., pi. X), et dans laquelle on voit les faisceaux, dans cette portion de leur trajet, suivre une ligne presque transversale

Ainsi que l'a fait remarquer M. Meneghini, et plus récemment M. Gaudichaud , les faisceaux, dans leur marche à travers la tige, ne restent pas dans un même plan vertical, mais ils se portent peu à peu de côté, de telle sorte qu'ils décrivent par là une courbe gauche, et que leur extrémité inférieure ne se trouve pas verticalement au-dessous de la supérieure, mais plus ou moins de côté par rapport à elle. C'est pour expliquer cette sorte de torsion que M. Meneghini a admis un déplacement relatif de la feuille sur la tige pendant son développement, fait qui a été récemment contredit par M. Mohl.

Une autre observation importante, c'est

(r) Il est clair qu'en prenant ici la feuille pourpoint de départ des faisceaux , nous laissons tout-à-fait de cdté la question de savoir si ces faisceaux , en se développant , des» coudent de la feuille vers le bas de la tige, ou montent de la titre vers la fouille.

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que dans les différents points de son trajet un même faisceau modifie beaucoup ses dimensions, sa consistance et sa structure anatomique. Dans sa portion supérieure il présente sa structure la plus complexe et en même temps sa consistance la plus faible. A mesure qu'il descend , sa consistance augmente; enfin, à son extrémité inférieure il est réduite l'état de filaments grêles, résistants , simples ou divisés. Il présente sa plus grande épaisseur dans sa portion qui avoisine le centre de la tige.

D'après les belles observations de M. H. Mohl , trois parties bien distinctes entrent dans la composition d'un faisceau : 1° le liber; 2° les vaisseaux propres; 3° le corps ligneux. Le liber occupe la portion la plus extérieure du faisceau. Il se compose de cellules prosenchymateuses à parois épaisses çt ponctuées, qui forment la partie la plus dure et la plus résistante du faisceau; or, comme ces cellules constituent tout le faisceau à son extrémité inférieure, et que leur quantité relative diminue à mesure que l'on considère un point plus élevé dans la tige , on s'explique très bien la diminution graduelle de consistance du bas vers le haut de ce même faisceau. Le corps ligneux occupe le côté intérieur du faisceau. Il se compose de cellules parenchymateuses allongées , à parois assez minces , ponctuées, entourant des vaisseaux de deux sortes, les uns extérieurs, très grands, souvent assez larges pour être visibles à l'œil nu, au nombre d'un ou deux, à parois ponctuées ou réticulées; les autres beaucoup plus petits, plus nombreux, et annelés ou spiraux; ces derniers forment de vraies trachées qui occupent le point le plus central. Enfin, ce que M. Mohl nomme vaisseaux propres est situé entre les deux parties précédentes , et se compose de cellules très allongées, de diamètre variable , et à parois minces.

Gomme le fait observer M. Schleiden, ce n'est autre chose que le tissu le plus jeune du faisceau , ou ce qu'on nomme le cambium. Dans sa portion inférieure grêleet très résistante, le faisceau est formé tout entier par les cellules libériennes; plus haut, on "voit se joindre à celles-ci un commencement de corps ligneux, dans lequel il n'existe encore qu'un seul gros vaisseau entouré de quelques cellules; enfin, vers la partie su-

périeure, les trois éléments constitutifs du faisceau existent simultanément, mais son liber a considérablement diminué et ne forme plus qu'une couche assez mince , en forme d'arc, tandis que son corps ligneux a pris beaucoup de développement, et constitue la plus grande partie de la masse totale devenue par là beaucoup moins résistante.

En résumé, l'on voit qu'une tige de Monocotylédon est loin d'avoir ses parties jeunes au centre, puisqu'au contraire ses faisceaux de nouvelle formation se placent toujours plus extérieurement que ceux qui existaient déjà; que dès lors ces végétaux n'ont pas une végétation centrale, et que par suite la division des végétaux phanérogames en Endogènes et Exogènes repose sur une simple erreur d'observation et doit être abandonnée. Quelques mots achèveront de faire connaître l'organisation anatomique des Monocotylédons.

D'abord, le bois de ces végétaux étant formé simplement de faisceaux fibro-vasculaires épars au milieu du tissu cellulaire, il en résulte que ce dernier ne s'agglomère point en moelle dans un canal médullaire d'organisation particulière, comme chez les Dicotylédons; cependant dans certains cas le centre même de la tige en présente une agglomération assez considérable et assez nettement limitée pour que quelques botanistes aient cru devoir la qualifier de moelle. De plus, on n'observe dans la masse ligneuse rien d'analogue aux rayons médullaires qui existent chez la grande majorité des Dicotylédons, mais non chez tous, comme le montrent plusieurs exemples cités par MM. Ad. Brongniart, A. de Jussieu et par nous-même. A l'extérieur, cette tige est revêtue d'un épiderme et d'une couche corticale, cellulaire, mince et très simple, dont l'organisation ne ressemble pas à celle des Dicotylédons, et ne présente jamais de couches fibreuses superposées comme chc^ ces derniers.

Quelques modifications généralement légères à l'organisation que nous venons de rapporter se remarquent chez divers Monocotylédons. La plus frappante est celle que présentent les Liliacées, particulièrement les Dracœna et Cordyline, par suite de laquelle leur tige, au lieu de rester toujours

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grêle comme celle des Palmiers, peut acquérir une épaisseur énorme comme celle qui a rendu célèbre leDragonnier de l'Orotava. M. Mohl explique cette particularité par ce fait que la portion inférieure des faisceaux fibro-vasculaires de ces végétaux, quoique n'étant plus formée que de cellules libériennes, comme chez les Palmiers, ne s'amincit pas comme chez ces derniers en filets très minces, mais conserve un assez fort diamètre. On sait que Dupetit-Thouars a rattaché ce fait à la production des branches , et par suite de nombreux bourgeons chez ces arbres, 'et qu'il en a fait la base d'une théorie de l'accroissement végétal , devenue célèbre par ses travaux et par ceux de M. Gaudichaud.

Les différences qui distinguent les Monocotylédons des Dicotylédons se trouvent non seulement dans la structure anatomique de leur tige, mais encore dans leurs autres organes.

Leur racine ne présente pas de pivot à la germination, leur radicule perce la couche externe de l'embryon qui lui forme une sorte de gaîne ou une coléorhize; elle s'allonge ensuite pendant un temps assez limité après lequel elle s'oblitère, et la plante n'est plus fixée au sol que par des racines adventives, nées à la base même de la radicule, et qui par les progrès de l'âge se développent souvent en grand nombre, de plus en plus haut, au point de former enfin quelquefois, à la base de la tige, une masse plus épaisse que cette tige elle-même. Les faits les plus curieux à cet égard sont ceux que présentent les Urania, Pourretia, surtout les Velîosia.

Les feuilles des Monocotylédons sont presque toujours alternes, souvent sessiles et embrassantes , ou à pétiole engainant , simples et entières, à peu d'exceptions près; leurs nervures sont généralement égales et parallèles, quelquefois cependant réticulées (Aracées, Dioscoréacées , Smilacées).

Leurs fleurs sont organisées d'après le type ternaire, c'est-à-dire qu'elles se composent : d'une enveloppe florale à 6 parties rangées en deux verticilles alternes entre eux, et de trois parties chacun ; de 3 ou de 6 étamines opposées aux pièces de l'enveloppe ; d'un pistil à trois carpelles. On trouve néanmoins des modifications de cette organisation florale exprimée en nombres si

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simples , les unes réelles, les autres apparentes. Ainsi , la famille des Alismacées nous offre des exemples des premières pour les étamines dans la Sagittaire, pour le pistil dans les Âlisma; quant aux dernières, la transformation de plusieurs des 6 étamines en pièces pétaloïdes ou en staminodes s'opère de diverses manières chez les familles du groupe des Scitaminées , et donne aux fleurs de ces plantes leur organisation singulière, dans laquelle cependant les ingénieuses recherches de M. Lestiboudois ont eu pour résultat de montrer encore la symétrie fondamentale des Monocotylédones, plus ou moins déguisée, il est vrai. Cette symétrie ternaire distingue presque toujours nettement les fleurs des Monocotylédones de celles des Dicotylédones, dont on sait que la fleur est généralement organisée d'après les types binaire et quinaire. D'un autre côté, le groupe des Glumacées est composé d'un grand nombre de Monocotylédones dont les fleurs n'ont pour toute enveloppe florale que des bractées. Voy. GRAMINÉES

L'enveloppe florale des Monocotylédones en général a été envisagée de manières très diverses parles botanistes, dont chacun l'a définie et nommée selon le point de vue auquel il l'envisageait. Discuter ici leurs manières de voir nous conduirait beaucoup trop loin ; aussi renverrons-nous pour cela

au mot PÈRIANTHE.

L'une des parties des végétaux monocotylédons dont l'examen présente à la fois le plus d'intérêt et de difficultés, est leur embryon. Longtemps mal connu, il a été étudié avec soin dans ces dernières années par M. A. de Jussieu, qui a consigné les principaux résultats de ses recherches dans un mémoire auquel nous allons emprunter les points les plus importants de son histoire. ( Voy. A. de Jussieu, Mémoire sur les embryons monocotylédones ; Ann. se. nat. , 2e sér., t. XI, 1839, p. 341-361 ; pi. 17. ) Un embryon monocotylédoné complet se compose, dit M. de Jussieu, d'un axe ou tigelle, terminé du côté intérieur de la graine par plusieurs feuilles, dont la première, beaucoup plus développée (cotylédon), enveloppe les suivantes, qui le sont à peine et qui forment par leur réunion la plumule ou gemmule. L'autre extrémité,

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qui touche la périphérie de la graine , en général en un point déterminé , le micropyle, est dite radiculaire, parce que c'est d'elle que sort la radicule. La forme la plus ordinaire de cet embryon est celle d'un cylindre arrondi aux deux bouts, ou d'un ovoïde plus ou moins allongé; sa portion la plus dilatée est tantôt la cotylédonaire, plus souvent la radiculaire, que leur situation respective dans la graine rend presque toujours faciles à déterminer. La position de la gemmule se trahit par une légère saillie extérieure sur un côté, et là se montre le plus souvent une solution de continuité ou une petite fente, que M. A. de Jussieu nomme fente gemmulaire. Rarement cette fente gemmulaire est assez largement béante , et ses côtés ou lèvres laissent voir entre elles la première feuille de la gemmule dans toute sa longueur (Ouvirandra) ; ailleurs, ses lèvres se touchent ou se recouvrent même dans leur milieu, en s'écartant en bas et en haut, où l'on voit souvent alors saillir la pointe de la gemmule [Aponogeton distachyum) ; dans d'autres cas, au contraire, celle-ci est plus courte et ne se montre pas au dehors ( Sparganium ramosum). Le plus généralement, les deux lèvres de la fente gemmulaire se touchent dans toute leur longueur, et il en résulte un petit sillon ou une ligne fine, tantôt droite, très souvent aussi courbe, ce qui indique la superposition d'une lèvre sur l'autre ( Triglochin Barrelieri). Quelquefois la gemmule se montre à l'extérieur comme un petit mamelon au fond d'un enfoncement circulaire, ou ovale , ou en losange. Dans d'autres embryons, la fente gemmulaire est transversale , à bord supérieur courbe ou sinueux ; M. A. de Jussieu explique cette disposition, en admettant que les deux lèvres de la fente primitive se sont soudées l'une à l'autre dans la plus grande partie de leur longueur, et ne sont restées distinctes que dans la portion inférieure qui se montre par suite transversale. EnGn , une soudure plus complète des deux lèvres de 3a fente gemmulaire peut la réduire à n'être plus qu'un simple petit trou , ou même la faire disparaître entièrement.

On se rend compte de l'existence de la fente gemmulaire sur les embryons monocotylédonés, en se figurant que leur cotylé-

don unique a la forme d'une sorte de capuchon , qui coiffe et recouvre la gemmule, et dont les deux bords libres ne sont autre chose que les lèvres de cette fente.

La position de la fente gemmulaire est importante à reconnaître, puisque son extrémité inférieure indique où finit la tigelle de l'embryon et où commence sa portion cotylédonaire. Or, le plus souvent, elle est située dans la moitié inférieure de l'embryon, ou même plus bas ; mais l'inverse a lieu dans les embryons dont la tigelle est très développée, et que L.-G. Richard nommait embryons macropodes : dans ceux-ci, le cotylédon étant relativement plus court, elle se rapproche du sommet de l'embryon , et même, dans un petit nombre de plantes, on la voit devenir apicilaire.

Après ces considérations sur l'organisation des Monocotylédons, il nous reste à présenter le tableau des principales divisions qui ont été établies parmi eux, des groupes naturels qu'ils forment, et des familles qu'ils comprennent.

A.-L. de Jussieu divisait l'embranchement des Monocotylédons en 3 classes, d'après l'insertion des étamines : la lre (la 2e de sa méthode), pour les Monocotylédons à étamines hypogynes , à laquelle il donna plus tard le nom de Monohypogynie , dans laquelle rentraient les familles des Aroïdes, des Massettes ou Typhacées, des Cypéroïdes, et des Graminées; la 2e, pour les Monocotylédons à étamines périgynes (Monopérigynie), comprenant les familles des Palmiers, des Asperges, des Joncs, des Lis, des Ananas, des Asphodèles, des Narcisses et des Iris; enfin, la 3e, pour les Monocotylédons à étamines épigynes (Monoépigynie), qui renfermait les familles des Bananiers , des Balisiers , des Orchidées, et des Morrènesou Hydrocharidées.

Mais ces classes de A.-L. de Jussieu étaient de grandes sections basées sur le seul caractère, souvent douteux, de l'insertion, et qui tenaient beaucoup plus des classifications purement systématiques que de la méthode naturelle. Les botanistes de nos jours ont agi dès lors plus conformément à l'esprit de cette méthode en y renonçant, et en leur substituant des groupes plus nombreux et généralement naturels dans lesquels il existe toujours des caractères généraux, et, jusqu'à

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un certain point , un air de famille souvent évident. Ces nouveaux groupes forment en quelque sorte de grandes familles, dans lesquelles viennent se grouper les familles proprement dites. Ils sont pour la plupart assez nettement tranchés chez les Monocotylédons pour que leur circonscription ne présente guère plus de variations, dans les différentes méthodes publiées pendant ces dernières 'années, que celle des familles elles-mêmes. C'est ce que montrera le tableau suivant par lequel nous terminerons cet article. Ce tableau servira non seulement à l'histoire de la méthode naturelle dans l'étendue de l'embranchement des Monocotylédons , mais encore il donnera le moyen de rattacher les unes aux autres les familles naturelles qui sont présentées isolément dans cet ouvrage.

M. Fr.-Th. Bartling ( Ordines naturelles planlar., in- 8, Goltingœ, 1830) reconnaît parmi les Monocotylédons l'existence des 10 classes suivantes : Cl . 1 , Glumacées (Fam . : Graminées, Cypéracées). — Cl. 2, Joncinées ( Fam. : Restiacées , Joncacées , Xyridées , Commélinacées). — Cl. 3, Ensatœ (Fam. : Burmanniacées, Hypoxidées, Haernodoracées, Iridées , Amaryllidées , Broméliacées ). — Cl. 4, Liliacées (Fam. : Asphodélées , Colchicacées, Smilacées, Dioscorées). — Cl. 5 , Orchidées (Fam. : Orchidées). — CI. 6, Scitaminées (Fam. : Amomées, Cannacées, Musacées). — Cl. 7, Palmiers (Fam. : Pal-' miers). — Cl. 8 , Aroïdées (Fam. : Callacées, Orontiacées , Pandanées , Typhacées ). — Cl. 9, Hélobiées (Fam. : Naïadées, Podostemmées , Alismacées , Butomées ). — Cl. 10 , Hydrocha ridées.

M. Endlicher, dans son Gênera planlar um (gr.in-8°, Vienne, 1839) et dans son Enchiridion botanicon (in-8, Leipsick et Vienne , 1841), établit les 11 classes suivantes parmi ses Amphibrya, que nous savons correspondre aux Monocotylédons. Cl. 1 (la 12e de sa méthode), Glumacées (Fam. : Graminées, Cypéracées). — Cl. 2, Enantioblastées (Fam. : Centrolépidées , Restiacées , Ériocaulonées , Xyridées, Commélinacées). — Cl. 3, Hélobiées (Fam. : Alismacées, Butomacées ). — CI. 4, Coronariées (Fam. : Joncacées, Philydrées, Mélanthacées, Pontédéracées, Liliacées, Smilacées). — CI. 5, A rtorhizées (Fam. : Dioscorées , Taccacées ). — Cl. 6, Ensatœ (Fam. : Hydrocharidées, Burmanniacées, Iri-

dées, Haernodoracées, Hypoxidées, Amaryllidées , Broméliacées ). — Cl. 7, Gynandres (Fam. : Orchidées , Apostasiées ). — Cl. 8 , Scitaminées (Fam. : Zingibéracées, Cannacées, Musacées). — Cl. 9, Fluviales (Fam.: Naïadées , Lemnacées). — Cl. 10, Spadiciflores (Fam. : Aroïdées , Typhacées, Pandanées). — Cl. 11, Princes (principes) (Fam. : Palmiers).

M. Meisner, dans son Gênera (Plantar.

vascularium gênera, in-fol., Leipsick, 1836- 1843), n'admet parmi les Monocotylédones que 9 classes , dont la première est même formée par des plantes qui ne peuvent guère appartenir à cet embranchement du règne végétal. Cl. 1, Rhizanthées (Fam. : Balanophorées, Cytinées, Rafflésiacées). — Cl. 2 , Spadiciflores (Fam. : Palmiers, Pandanacées , Typhacées , Aroïdées). — Cl. 3 , Hélobiées (Fam. : Naïadées, Alismacées, Butomées, Hydrocharidées). — Cl. 4, Gynandres (Fam. : Orchidées , Apostasiées). — Cl. 5, Scitaminées (Fam. : Zingibéracées, Cannacées, Musacées). — Cl. 6, Ensatœ (Fam. : Burmanniacées, Iridées, Amaryllidées, Broméliacées, Haernodoracées, Hypoxidées). — Cl. 7, Coronariées (Fam. : Pontédéracées, Liliacées, ?Taccacées, Dioscoréacées, Ophiopogonées, Mélanthacées, Joncacées, Philydrées). — Cl. 8, Enantioblastées (Fam. Commélinacées, Mayacées, Xyridées, Ériocaulées, Restiacées, Centrolépidées). — Cl. 9, Glumacées (Fam. : Cypéracées, Graminées).

M. Lindley a conservé de grands groupes analogues aux classes des autres botanistes ; mais il leur a donné une autre dénomination, celle d'Alliances, et il a adopté les classes de De Candolle , qui ne sont autre chose que les grands embranchements du règne végétal. Ces Alliances , que distingue la désinence commune en aies , sont au nombre de 11 pour les Monocotylédons, auxquels il conserve le nom d'ENDOGÈNEs {voy. The vegetableKingdom, in-8, Lond. 1846).

AU. 1 (la 7e de la méthode), Glumales (Fam.: Graminacées , Cypéracées , Desvauxiacées , Restiacées, Ériocaulacées). — AU. 2 , Arales (Fam. : Pistiacées, Typhacées, Aracées, Pandanacées). —AU. 3, Palmales (Fam. : Palmacées). — AH. 4, Hydrales (Fam. : Hydcocharidacées , Naïadacées , Zostéracées ). — AH. 5, Narcissales (Fam. : Broméliacées,

Taccacées , Hœmodoracées , Hypoxidacées , Amaryllidacées, lridacées). — Ail. 6 , Amomales (Fara. : Musacées, Zingibéracées, Marantacées). — Ail. 7, Orchidales (Fara. : Burmanniacées, Orchidacées, Apostasiacées ).

— Ail. 8 , Xyridales (Fam. : Philydracées , Xyridacées, Commélinacées, Mayacées). — Ail. 9, Joncales (Fam. : Joncacées, Orontiacées). — Ail. 10, Liliales (Fam. : Gilliésiacées, Mélanthacées , Liliacées, Pontédéracées). — AU. 11 , Alismales (Fam. : Butomacées, Alismacées, Joncaginacées).

Enfin nous allons terminer cet exposé en reproduisant le tableau des classes admises par M. Ad. Brongniart pour les Monocotylédons dans son Énumération des genres de plantes cultivées au Jardin du Roi en 1843 (in-12, Paris 1843), et nous y joindrons les caractères assignés à ces classes , ainsi que la division dichotomique à l'aide de laquelle on parvient jusqu'à elles.

Monocotylédones. *lre Série, PÉRISPERmées. Embryon accompagné de périsperme (il y a quelques exceptions à ce caractère dans quelques Aroïdées).

§ 1. Périanthe nul ou sépales glumacés; périsperme amylacé.

Cl. 1 (la 7e de la méthode). Glumacées. Périanthe nul; organes reproducteurs recouverts par les bractées seules; pistil 1-ovulé ; embryon placé en dehors du périsperme.

(Fam. : Graminées, Cypéracées.)

Cl. 2. Joncinées. Périanthe à sépales glumacés ou verts; pétales glumacés ou corolloïdes ; embryon souvent en dedans du périsperme. (Fam. : Restiacées,Ériocaulonées, Xyridées, Commélinées, Joncacées.)

Cl. 3. Aroidées. Périanthe nul ou très imparfait; fleurs sessiles sur un spadice simple, et le plus souvent enveloppées par une spathe, souvent unisexuées; pistil composé de 1 à 6 carpelles uni ou pluri-ovulés ; embryon entouré par le périsperme. (Fam. : Aracées, Typhacées.)

§ 2. Périanthe nul ou double, sépaloïde ou pétaloïde ; périsperme charnu ou corné , oléo-albumineux, sans fécule.

Cl. 4. Pandanoïdées. Fleurs sessiles sur un spadice; périanthe nul ou très imparfait; périsperme charnu, huileux. (Fam. : Cyclanthées, Freycinétiées, Pandanées.)

Cl. 5. Phœnicoïde'es. Fleurs sessiles sur un spadice simple ou rameux , renfermées

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dans une spathe simple ou multiple, souvent 1 -sexuées; périanthe double, sépaloïde; étamines 3-6; pistil à 1-3 carpelles 1-ovulés; fruit 1-3-sperme, indéhiscent; périsperme corné ou huileux. (Fam. : Nipacées, Phytéléphasiées, Palmiers.)

Cl. 6. Lirioïdées. Périanthe double, pétaloïde (rarement sépaloïde), libre ou adhérent à l'ovaire ; étamines 3-6 ; pistil à 3 carpelles ; ovules bisériés, nombreux (rarement 2-1); fruit capsulaire ou bacciforme ; périsperme corné ou charnu. (Fam. : Mélanthacées, Liliacées, Gilliésiées, Amaryllidées , Hypoxidées, Astéliées, Taccacées, Dioscorées, Iridées, Burmanniacées.)

§ 3. Périanthe double , l'interne ou tous les deux pétaloïdes ; périsperme amylacé.

Cl. 7. Bromélioïdes. Périanthe régulier, libre ou adhérente l'ovaire; étamines 3-6 ou rarement plus , toutes fertiles. ( Fam. : Haemodoracées , Vellosiées, Broméliacées, Pontédériacées.)

Cl. 8. Scitaminées. Périanthe irrégulier, adhérent à l'ovaire, une des divisions labelliforme; étamines en partie stériles ou pétaloïdes , souvent une seule fertile. ( Fam. : Musacées, Cannées, Zingibéracées.)

** 2e série. Apérispermées. Périsperme nul.

Cl. 9. Orchioïdées. Périanthe adhérent, irrégulier ou rarement régulier; étamines 1-3, insérées sur le style. (Fam. : Orchidées, Apostasiées.)

Cl. 10. Fluviales. Périanthe libre ou adhérent, double ou quelquefois nul, l'externe sépaloïde, l'interne pétaloïde: étamines indépendantes du pistil, souvent dans des fleurs distinctes. (Fam. : Hydrocharidées, Butomées, Alismacées, Naïadées. Lerana(Jes. (P. Duchartre.)

*MOIVOCRAlVIA (,x5vo?, seul; y.o*-/.ov, crâne), ins. — Genre de Coléoptères pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides phyllophages, créé par Laporte de Castelnau (Ann. de la Soc. Ent. de Fr.t t. I, p. 410. — Hist. nat. des An. art., II, p. 150). L'auteur a formé ce g. avec deux espèces du Brésil, qu'il nomme M. nigricans et luridipennis. (C.)

*MONOCRASPEDON (uôvoç, seul ; xoacr- «£<îov, frange , bord), acal. — Sous-genre établi par M. Brandt pour les Aurélies qui ont le bord simple du côté ventral et des

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tentacules sur un seul rang sans tentacules rudimentaires. (Duj.)

*MONOCREPIDIES (po'voç, seul ; xPW?, sandale), ins. — Genre de Coléoptères pentamères , famille des Sternoies , tribu des Élatérides, créé par Eschscholtz (Entomologischer archiv. , von Th. Thon, 1829, p. 51), et adopté par Latreille, Dejean et Germar. Une cinquantaine d'espèces, toutes américaines, font partie de ce genre: nous citerons principalement les M. castanipes , flabellicornis , vespertinus, unifascialus et rnelancholicus de Fabr., geminatusy scalaris, et abbreviatus de G. (G.)

MONOCULUS. crust. — Voy. monocle.

*MONOCYSTIS fco'vos, seul; xuVtcç, vessie), bot. ph. — Genre de la famille des Cannacées?, établi par Lindley (Introduct. edii., t. II, p. 445). Herbes de la Chine.

*MONODACNA (^ovoç, un seul; <y«xvà, morsure), moll.— Genre établi par M. Eichwald pour des coquilles bivalves de la mer Caspienne, qu'il avait d'abord classées avec les Corbules. Les Monodacnes ont la coquille un peu bâillante en avant, transverse, assez mince, concave, à côtes fines, longitudinales, avec une seule dent cardinale, simple, petite, distincte, sans dents latérales, mais avec une lamelle accessoire, quelquefois allongée en arrière. L'espèce type est la M. caspia. M. Eichwald en décrit une autre {M. pontica) de la mer Noire. (Duj.)

MONODACTYLES. mam.— Les vétérinaires donnent le nom de Monodactyles aux animaux du genre Cheval. (E. D.)

MONODACTÏLES, Merr. rept. — Syn.

de Chamœsaura. (P. G.)

MONODELPHES (uo'vo;, seul; êd^ç, matrice), mam. — M. de Blainville (Prodr. d'une classific. des animaux , Soc. phil. , 1816) a proposé ce nom, en opposition avec celui de Didelphes, pour désigner les Mammifères ordinaires, chez lesquels le fœtus prend son entier développement dans la matrice : les Didelphes ou Marsupiaux d'une part, et les Monodelphes de l'autre, formeraient, selon M. de Blainville, deux sousclasses distinctes dans la classe des Mammifères. Voy. MAMMIFÈRES. (E. D.)

*MONODESMtS(f,o'voç, seul; fc*fiiç, lien), ins. — Genre de Coléoptères subpentamères , tétramères de Latreille, famille des Longicornes, tribu des Prioniens, formé

par Dejean {Cal., 3e éd., p. 343), et adopté par Serville {Ann. de la Soc. Ent. de Fr., t. I, p. 126, 160). Le type, M. callidioides de ces auteurs , est originaire de l'île de Cuba, et se trouve aux environs de la Havane. Deux autres espèces des Antilles font encore partie de ce genre. (C.)

MONODON. mam. — Voy. narval.

MONOBONTA, DC. (Prodr., V, 558).

bot. ph. — Voy. obeliscaria, Cass.

MONODONTE. Monodonta (^o'voç, un; ôtîovç, ocJovtoç, dent), moll. — Genre créé par Lamarck aux dépens des Troques et des Turbos pour les espèces dont le bord gauche est séparé du bord droit par une ou plusieurs saillies en forme de dent. Ce genre, tout-à-fait artificiel , doit être réuni aux Troques et aux Turbos. Voy. ces mots. (Duj.) *MONODONTINA. mam. — Division de l'ordre des Cétacés indiquée par M. Charles Bonaparte (Synopsis, 1837), et dont le Narval (voy. ce mot) est le genre princi* pal. (E. D.)

MONODORA. bot. ph. — Genre de la famille des Anonacées?, établi par Duval {Anon., 79, DC. ; Prodr. , I, 87). Arbres de l'Afrique tropicale.

*MONOD\NAMIS, Gme\.](Syst., 1, 10).

bot. ph. — Syn. d'Usteria, Willd.

MONODYNAMES, Pohl {Plant. BrasiL, II, 67, t. 144). bot. ph. — Syn. à'Anacardium, Rottb.

MONQECIE. Monœcia ( ^ovoç , seul ; oîxta, demeure), bot. ph. — Vingt-unième classe du système sexuel de Linné, comprenant tous les végétaux phanérogames dont les fleurs unisexuées sont portées sur un même individu : ces végétaux sont alors dits monoïques. Cette classe a été divisée par Linné en onze ordres, qui sont : 1° Monœcie monandrie; 2° M. diandrie; 3° M. triandrie; 4° M. tétrandrie; 5° M. pentandrie; 6° M. hexandrie ; 7° M. heptandrie ; 8° M. polyandrie; 9° M. monadelphie; 10° M. syngénésie; 11° M. gynandrie.

MONOÉPIGYNIE. Monoépigynia^évoç, seul; Ui, sur; ywn » pistil), bot. ph. — Troisième division établie dans la classe des Monocotylédons. Voy. ce mot.

MONOGAMIE. Monogamia (p.0'vo;,seul ; ya'fxoç, noces), bot. ph. — Linné a donné ce nom à un ordre de la 19e classe du système sexuel (sYngénésie), qui renferme toutes les

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plantes syngénèses dont les fleurs sont distinctes les unes des autres , et munies chacune d'un calice particulier.

*MONOGOMPHIA (Fo'voç, un seul ; yc> ytoç, dent molaire ). infus. , systol. — Dénomination par laquelle M. Ebrenberg désigne les Systolides ou Rotateurs dont les mâchoires n'ont qu'une seule dent. (Dm.)

MONOGONIA, Presl. (Pterid., 146, t. 5,

f. 15). BOT. CR. — Voy. PTERIS.

MONOGRAMMA (ao'vo; , seul ; ypaW , ligne), bot. cr. — Genre de la famille des Fougères-Polypodiacées, établi par Commerson (Schkuhr, Crypt. , 82, t. 87) pour des Fougères originaires de l'Inde occidentale et de l'île de Mascareigne.

MONOGYNIE. Monogynia (f*o'voç , seul ; yvv/j, pistil), bot. ph. — Ce nom, qui désigne les plantes dont la fleur n'a qu'un pistil , a été donné par Linné au premier ordre des treize premières classes du système sexuel.

MONOGYRIA, DC. (Prodr., 325). bot.

ph. — Voy. neja , D. Don.

*MONOHAMMUS ( p&oç , seul ; â^a , nœud ). ins. — Genre de Coléoptères subpentamères, famille des Longicornes, tribu des Lamiaires, formé par Mégerle , adopté par Dabi et Dejean , dans leurs catalogues respectifs, par Mulsant et tous les auteurs contemporains. Ce genre, qui a des représentants dans toutes les parties du monde, renferme plus de 40 espèces. Nous citerons, parmi celles d'Europe , les M. maculatus Ziegler, sartor , sutor de F., Gallo-provincialis d'Ol.; et parmi les espèces exotiques, les Lamia crucifera , dentator , titillator , ruspator, rusticator, et luscus de F. (C.)

MONOHYPOGYME. Monohypogynia (uovoç, seul; yirô , sous; yuvvf, pistil), bot. ph. -— Première division établie dans la classe des Monocotylédons. Voy. ce mot.

*MONOILEMA. ms. — Genre de Coléoptères subpentamères, tétramères de Latreille, famille des Longicornes, tribu des Pi ioniens , créé par Say et adopté par M. Guérin-Meneville (le. reg. an.y t. III, 2, p. 216). L'espèce type est originaire des États-Unis. (G )

MONOÏQUES, bot. ph. — Voy. moncecie.

*MONOLABIS (,uovoç, un seul; i«€lç, agrafe ). infds., systol. — Genre établi par M. Ehrenberg, dans sa famille des Philodi-

nés qui répond à notre famille des Rotifcres, pour une espèce peu connue,.)/. c<jtuta,qm paraît devoir être rangée dans une autre famille. Elle a deux yeux frontaux et deux appendices en forme de doigts sans cornicules à la queue. (Do.)

*M©NOLEPIS(fxo»o«,seul; U**, écaille).

crust. — Ce genre , qui appartient a la section des Décapodes aaomoures , à la famille des Ptérygures et à la tribu des Poreellaniens, a été établi par Say sur des Crustacés encore jeunes et dont le développement probablement n'est pas encore terminé. Quoi qu'il en soit, les Monolepis paraissent avoir la plus grande analogie avec les Mégalopes (voy. ce mot), et surtout avec les jeunes Dromies. Ils se distinguent des premiers parleurs pattes postérieures petites, reployées au-dessus des angles postérieurs du test et terminées par des soies très longues. On ne connaît encore que deux espèces qui ont pour patrie les mers d'Amérique. Le Monolepis inerme , Monolepis inermis Say (Journ. of the Acad. of Philadelph., t. I, p. 155), type du genre, a été pris sur les côtes du Marylané. (H. L.)

*MONOLEPTA (f*ôvo;, seul; Wtbç, menu ). ins. — Genre de Coléoptères subpentamères, tétramères de Latreille, famille des Cycliques , tribu des Gallérucites , établi par nous et adopté par Dejean (Catalogue, 3e éd., p. 407) qui en énumère 30 espèces; 15 sont originaires d'Afrique, 7 d'Asie, 6 d'Australie; l'Europe et l'Amérique n'ont encore l'une et l'autre qu'un seul représentant du genre. Les Monolepta semblent faire le passage des Gallérucites aux Alticites; leurs pattes sont grêles, et leurs cuisses sont un tant soit peu renflées. Ce genre se distingue surtout par le premier article des tarses postérieurs qui est fort long.

Nous citerons, comme se rapportant a ce genre, les Crioc. humeralis, bioculata, quadrinotata de F., et la Gai. limbata d'Ol. (C>

*MONOLOBA (uo'voç, seul ; Mg;, lobe'.

ins. — Genre de Coléoptères hétéromères,. famille des Xystropides, tribu des Cistelites, créé par Solier (Ann. delà Soc. ent. de Fr.y t. IV, p. 235), qui lui donne pour type la M. dircœoides, espèce du Brésil. (C.)

*M01\OLOPHUS (,uovo; , seul ; fcqrfa aigrette), bot. ph. — Genre de la famille des Zingibéracées-Alpiniées, établi par Wallich

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(PL as. rar., 1 , 24). Herbes de l'Inde. Voy.

ZINGIBÉRACÉES.

*MONOLOPIA (povoç , seul; W?s , écaille), bot. ph. — Genre de la famille des Composées - Sénécionidées , établi par De Candolle (Prodr. , VI, 74). Herbes du Cap.

Voy. COMPOSÉES.

*MOI\OMACRA (/aovoç, seul; paxpog, long), ins. ~ Genre de Coléoptères subpentamères, tétramères de Latreille, famille des Cycliques, tribu des Alticites ( Chrysomélines de Lat.) , créé par nous , et adopté par Dejean (Catal., 3e éd., p. 413) , qui en mentionne 15 espèces d'Amérique. Parmi elles nous citerons les deux suivantes : Crioceris pollens et restituta (tïbialis 01.) Fab.; l'une est originaire de la Guadeloupe et l'autre de Cuba. (C.)

MONOMÈRES. Monomera. ins. — Dernière section de l'ordre des Coléoptères , établie par Latreille, et composée d'espèces qui n'offrent qu'un seul article à chaque tarse; elle ne renferme jusqu'à présent que le seul genre Clambus , ayant pour type le Dermestcs armadillo de Degéer. (C.)

*MONOMERIA (p.o'voç, seul ; pcpTs, tige). bot. ph. — Genre de la famille des Orchidées -Dendrobiées, établi par Lindley (Orchid., 61). Herbes du Népaul. Voy. orchidées.

*MONOMMA (p.ovoç , seul ; op.ua , vue ?). ins. — Genre de Coléoptères hétéromères, famille des Diapériales, tribu des Taxicornes, créé par Klug (Insecten von Madagascar, 1833, p. 94, tab. 4, f. 6), qui lui donne pour type le M. irroratum. Le genre Hyporagus de Dejean paraît être synonyme du genre en question ; mais ce dernier auteur en aurait alors fait, à tort, un pentamère de la famille des Clavicornes. (C.)

MOIVOMORPRES. Monomorpha. ins. — Syn. deThysanures. Voy. ce mot. (H. L.)

*MONOMPnALIENS. Monomphalii{v.6voç, seul; èp.cpaXc'ç, ombilic), térat. — Seconde famille de Monstres doubles autositaires , caractérisée principalement par la réunion de deux sujets presque complets , à ombilic commun.

Deux sections ont été établies dans cette famille par M. Isidore Geoffroy- Saint-Hilaire (Tératologie générale, t. III, p. 67) ; la première comprend les Monomphaliens à union sous-ombilicale, et ne se compose que du

seul genre Ischiopage. La seconde section, caractérisée par Yunion sus-ombilicale, renferme les genres Xiphopage , Sternopage, Ectopage et Hémipage. Nous allons entrer dans quelques détails caractéristiques et descriptifs sur chacun d'eux.

1. Ischiopage. Ischiopages ('^tov, ischion : itays'çf uni). Ce genre, le seul, comme nous l'avons dit, qui se rapporte à la premièresection, a pour caractères: Deux individus s ombilic commun, réunis dans la région hypogastrique. Un Ischiopage est ainsi un être double, de forme très allongée, terminé à chacune de ses extrémités par un thorax, deux membres thoraciques, un cou, une tête, et présentant, danslaportion moyenne, un double abdomen , de doubles membres abdominaux et, tout-à-fait au centre, l'ombilic commun.

La fréquence des cas d'Ischiopagie chez l'homme et les animaux a procuré à laseïence de nombreuses et utiles observations sur l'organisation de ces Monstres. Duverney, Dubreuil, Geoffroy-Sain t-Hilaire, ont fait sur ce genre d'anomalies des travaux remarquables, et M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire , qui a eu plusieurs fois l'occasion d'observer des Ischiopages, a publié sur leur organisation (Traité de Tératologie) un travail digne d'intérêt.

Les appareils de la région pelvienne offrent une disposition très remarquable. Ainsi, en premier lieu, les bassins, à peu près normaux en arrière, sont largement ouverts en avant, et les deux pubis de chaque sujet, rejetés tout-à-fait latéralement, au lieu de s'unir entre eux sur la ligne médiane, vont se conjoindre à droite et à gauche avec ceux de l'autre sujet. De là deux symphyses pubiennes disposées à peu près comme dans l'état normal , mais placées l'une à droite et l'autre à gauche. De là aussi l'existence, non de deux bassins , mais bien d'un seul et très vaste bassin composé de doubles matériaux.

Ce mélange de deux bassins entraîne nécessairement des anomalies dans la composition des appareils intra-pelviens. Ainsi, il existe deux vessies latérales, le plus souvent unies et communiquant entre elles plus ou moins largement, et appartenant chacune pour moitié aux deux sujets composants.

L'appareil sexuel présente de semblables modifications ; sa portion antérieure se divise

dans chaque sujet en deux moitiés dont chacune suit le pubis de son côté, et va de même s'associer à une moitié analogue fournie par l'autre sujet. Quant aux intestins qui occupent la partie postérieure de la cavité pelvienne, ils sont plus courts que dans l'état normal et se réunissent en un rectum commun qui s'ouvre ordinairement à l'extérieur, mais quelquefois, quand les deux vessies sont conjointes, dans la poche commune qui résulte de leur union. Les artères ombilicales, généralement au nombre de trois, quelquefois de deux , sont placées d'abord aux deux côtés de la vessie , et de là , suivant la disposition accoutumée, se portent à l'ombilic commun.

2. Xiphopage. Xiphopages (Sc'cpoç, épée; «ayetç, uni). Dans la Xiphopagie, la réunion des individus a lieu de l'extrémité inférieure du sternum à l'ombilic commun. Ce genre est de tous ceux du second groupe celui dont l'union est le moins étendue, et qui, par conséquent, s'écarte le moins du type normal.

Malgré le peu de rareté des cas de Xiphopagie, l'anatomie de ces Monstres est peu connue. Les recherches de Barkow (Monstra animalia duplicia per anatomen indagala) faites sur un agneau double bimâle sont les seules à l'aide desquelles il soit possible de donner quelques détails sur l'organisation interne des Xiphopages. La réunion des deux sujets composants se faisait par la partie inférieure des sternums qui, libres et offrant supérieurementladisposition normale, changeaient ensuite de direction pour se porter l'un au-devant de l'autre et se conjoindre entre eux. Il existait deux cœurs inégalement volumineux,dont le plus petit à un seul ventricule; ils étaient complètement séparés, enveloppés même chacun d'un péricarde propre, mais contigus sous la portion commune des sternums. Les deux foies se trouvaient réunis en une masse unique, mais très volumineuse, soutenue par deux ligaments suspenseurs, et pourvue de deux vésicules biliaires. Les deux diaphragmes étaient pareillement conjoints en un seul; ils n'avaient même pour eux qu'un seul centre tendineux. Quant aux intestins, aux estomacs et aux autres organes abdominaux, ils étaient tous doubles et séparés.

Les cas de Xiphopagie sont assez fréquents chez l'homme aussi bien que chez les ani-

maux. C'est à ce genre d'anomalie qu'on doit rapporter un Monstre mouomphalien devenu célèbre dans toute l'Europe; nous voulons dire cet être double, né en 1811 de parens chinois établis dans le royaume de Siam, nommé Chang-Eng, et que Paris a vu, en 1835, sous le nom des Frères siamois. Nous ne pouvons mieux faire que de rapporter ici ce qu'en dit M. Isidore Geoffroy-Saint- Hilaire dans sa Tératologie générale.

« Très semblables l'un à l'autre par les traits de leur visage, mais différant sensiblement par leur taille et par leur force, Chang et Eng sont unis entre eux de l'ombilic à l'appendice xiphoïde. Dans leur enfance, les deux frères siamois se trouvaient opposés face à face, et se touchaient mutuellement, au-dessus et au-dessous du lien d'union , par leurs thorax et par leurs abdomens. Si cette disposition première , qui est commune à tous les Xiphopages naissants, eût persisté pendant la vie de Chang et d'Eng , ils n'eussent pu ni marcher dans le même sens, ni s'asseoir en même temps, et ils se fussent réciproquement gênés et entravés dans toutes leurs actions. De là les efforts faits dès l'enfance pour arriver à des relations mutuelles plus commodes et mieux harmoniques, et par suite des modifications aussi heureuses pour les deux frères qu'elles sont physiologiquement remarquables. Les deux appendices xiphoïdes , au lieu de se continuer inférieurement dans les plans des sternums , se sont relevés et rejetés latéralement, l'un à droite, l'autre à gauche; ils forment, avec les parties musculaires et cutanées, très étendues en longueur, dont ils sont recouverts , une sorte de bande qui se porte transversalement d'un sujet à l'autre. Cette bande, par laquelle l'union primitivement intime et immédiate des deux sujets composants se trouve, en quelque sorte, changer en une union médiate et à distance , a, dans l'état présent, jusqu'à 5 pouces de longueur sur 3 de large, et est flexible, mais inégalement dans tous les sens. Les deux appendices xiphoïdes , placés bout à bout, sont-ils en rapport par des articulations très lâches, soit avec le corps des sternums , soit l'un avec l'autre? ou bien , sous l'influence d'efforts gradués et presque continus, se seraient -ils séparés peu à peu ou même écartés ? C'est ce que le tou-

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cher de ta bande d'union eût pu facilement apprendre , et cependant c'est ce que j'ignore encore, les deux frères s'étant constamment refusés à laisser achever un examen qu'ils disaient douloureux. Ils ont toutefois suppléé en partie aux données qu'eût pu fournir cet examen , en exécutant sous mes yeux plusieurs mouvements, et prenant plusieurs positions qui attestent, dans la bande d'union , une flexibilité beaucoup plus grande que ne l'ontsupposée les auteurs. Ainsi j'ai, vu l'un des deux frères restant droit, l'autre se baisser, et dans ce moment son thorax tournait sur la bande d'union comme sur une sorte de pivot. Je les ai vus aussi se placer l'un en face de l'autre comme ils l'étaient dans leur enfance. Mais ces positions, et cette dernière elle-même , dont l'organisation se plie à l'influence longtemps prolongée d'une habitude, sont pour Chang et Eng des attitudes forcées qu'ils s'empressent de quitter pour reprendre ce qui est aujourd'hui leur état ordinaire , c'est-à-dire pour se mettre l'un par rapport à l'autre de côté et à angle droit.

» C'est ainsi placés qu'ils se couchent , qu'ils s'asseoient, qu'ils se tiennent debout, qu'ils marchent, comparables à deux personnes qui, serrées l'une contre l'autre, se touchent réciproquement par un des côtés de leurs poitrines. Aussi la progression né se fait-elle ni pour l'un ni pour l'autre , directement d'avant en arrière, mais obliquement, suivaut la diagonale de l'angle qu'ils forment entre eux. Chacun d'eux a l'un des côtés de son corps placé en avant , et, relativement à l'ensemble de l'être double , en dehors ; l'autre en arrière et en dedans. De même la jambe et le bras droits de l'un des frères, la jambe et le bras gauches de l'autre, sont en avant ; les deux autres jambes et les deux autres bras en arrière. De là une inégalité très marquée d'action , d'exercice , et par suite de développement entre les deux membres, d'abord semblables et égaux, de chaque paire thoracique et abdominale. Tandis que Chang et Eng laissent leurs bras postérieurs pendre comme inertes derrière leur double corps , ou bien, et c'est le plus souvent, les entrelacent mutuellement autour de leur6 cous ou de leurs poitrines , tous les actes de la préhension , aussi bien ceux qui exigent de

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la force que de l'adresse, restent dévolus aux bras antérieurs : aussi sont-ils robustes et bien musclés ; les deux autres , au contraire, faibles et grêles. Pareillement, dans la marche, dans la course, dans le saut même, qui s'accomplit par les efforts instantanément combinés et toujours harmoniques des deux frères , les jambes postérieures ne font que seconder et pour ainsi dire que suivre les deux antérieures : aussi sont-elles faibles , maigres , et même, chez l'un des deux surtout , très sensiblement cagneuses. Les deux moitiés du corps et même de la tête, les yeux exceptés, pour lesquels a précisément lieu l'inverse, offrent des différences moins marquées, mais analogues, en sorte que, par une disposition que la simplicité de son explication ne rend pas moins singulière, le côté droit d'Eng se trouve beaucoup plus semblable au côté gauche de Chang, et réciproquement, qu'à l'autre moitié de son propre corps.

« Dans les circonstances ordinaires, lorsque tous deux sont également calmes ou également animés, la respiration et les pulsations artérielles sont simultanées chez Chang et Eng. Cependant il n'en est pas toujours ainsi. L'un des deux frères s'étant un jour baissé pour examiner le jeu d'une montre, son pouls s'accéléra aussitôt, au rapport d'un médecin instruit , le docteur Waran , tandis que celui de l'autre jumeau ne subit point de changement sensible ; mais l'isochromisme ne tarda pas à se rétablir. Les médecins de Londres et de Paris ont eu aussi occasion de constater à plusieurs reprises, et même quelquefois sans cause apparente , des différences plus ou moins marquées dans le nombre des pulsations.

» Les deux Siamois montrent de même dans leurs autres ifonctions une concordance remarquable , mais non absolument constante, comme les journaux des États-Unis, de Londres, de Paris, se sont plu à le répéter successivement, et comme le disaient eux-mêmes Chang et Eng aux personnes qui se contentaient de leur adresser quelques vagues questions. Sans doute rien de plus curieux que le contraste d'une dualité physique presque complète et d'une unité morale absolue ; mais aussi rien de plus contraire à la saine théorie. J'ai fait avec

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soin toutes les observations, recueilli tous les renseignements qui pourraient m'éclairer sur la valeur d'une assertion tant de fois répétée; et j'ai trouvé qu'entre les principes méconnus de la théorie et toutes les déclamations physiologiques dont l'unité morale des frères siamois a été si longtemps l'inépuisable texte, c'est aux premiers, comme on devait s'y attendre, que les faits donnent entièrement gain de cause.

» Jumeaux créés sur deux types presque identiques, puis inévitablement soumis pendant toute leur vie à l'influence des mêmes circonstances physiques et morales ; semblables d'organisation et semblables d'éducation, les deux frères Siamois sont devenus deux êtres dont les fonctions, les actions , les paroles , les pensées même , sont presque toujours concordantes, et, si l'on peut s'exprimer ainsi, se produisent et s'accomplissent parallèlement. Leurs heures d'appétit, de sommeil, de veille, leurs joies, leurs colères, leurs douleurs, sont communes; les mêmes idées, les mêmes désirs se font jour au même moment dans ces âmes jumelles ; la phrase commencée par l'un est souvent achevée par l'autre. Mais toutes ces concordances prouvent la parité et non l'unité; des jumeaux anormaux en présentent souvent d'analogues, et sans doute en offriraient de tout aussi remarquables , s'ils eussent invariablement pendant toute leur vie , comme les deux Siamois , vu les mêmes objets, perçu les mêmes sensations, joui des mêmes plaisirs , souffert des mêmes douleurs.

» Ghang et Eng ont l'un pour l'autre l'affection la plus tendre. Obligés de marcher, de s'asseoir, de se coucher, de se lever ensemble, de s'obéir tour à tour , et de se faire mutuellement , et presque à chaque instant de leur vie, le sacrifice de leur volonté, à peine les a-t-on vus quelquefois dans une passagère mésintelligence. Telle est même la force de leur mutuelle «affection , qu'ils ne trouvent pas acheté trop :her, au prix de la gêne constante de leurs mouvements, le bonheur de se sentir sans cesse l'un près de l'autre, et de réaliser à la lettre cette belleimage de l'amitié : Tous deux ne sont qu'un, et chacun est deux. On assure que, plusieurs chirurgiens ayant conçu le projet, trop hardi peut-être, de les rendre

à l'état normal par leur séparation, ce fut ce sentiment, bien plus que la crainte de la douleur ou de la mort, qui les détermina à se refuser à toute opération.

» Les deux frères siamois, aujourd'hui façonnés aux mœurs européennes, parlent tous deux avec la même facilité la langue anglaise, pour laquelle ils ont presque entièrement oublié le chinois. Ils s'entretiennent volontiers avec les personnes qui les visitent. Souvent même chacun d'eux suit séparément une conversation distincte avec des interlocuteurs différents ; mais entre eux ils ne s'adressent presque jamais la parole, et lorsqu'ils le font, ce n'est que pour se dire quelques mots en apparence sans suite et à peine intelligibles pour d'autres. Comment , en effet , concevoir cet échange rapide et répété de faits et d'idées que l'on appelle conversation entre deux êtres qui, unis ensemble par un lien indissoluble, voient tous les mêmes objets, entendent toutes les mêmes paroles, et sont l'un à l'autre , à chaque instant de leur vie, un confident inévitable? »

3. Sternopage. Sternopages ( ax/pvov , sternum; Traynç, uni). Ce genre est principalement caractérisé par la jonction de deux individus face à face, depuis l'ombilic jusqu'à la partie supérieure de la poitrine. Il diffère du genre précédent (Xiphophage) par l'étendue très inégale de la région d'union , et surtout par la disposition très différente des viscères thoraciques et sus-abdominaux réunis entre eux, d'un sujet à l'autre.

Les observations assez nombreuses faites sur les Sternopages par différents auteurs, entre autres par M. Isidore Geoffroy Saint- Hilaire , ont suffisamment démontré l'organisation de ces Monstres. Le sternum de chaque sujet est divisé en deux moitiés rejetées latéralement, et reportées ainsi sur les flancs. Là, rencontrant les deux moitiés semblablement disposées du sternum de l'autre sujet, elles se sont réunies avec elles ; de là deux sternums latéraux et communs aux deux sujets, du reste régulièrement conformés. Les cavités thoraciques, au nombre de deux, sont réunies en une seule et très vaste cavité, limitée par quatre parois, savoir : deux costo-dorsales , directement opposées l'une à l'autre; deux costo-ster-

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