‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 96 sur 192 · Moutarde noire, Sinapis nigra Lin · texte numérisé non relu

Moutarde noire, Sinapis nigra Lin

Cette espèce est des plus communes dans les champs, dans les lieux pierreux, etc., de presque toute l'Europe. Sa tige , haute d'environ un mètre, est rameuse, légèrement velue ; ses feuilles varient assez de configuration ; celles du bas de la plante sont lyrées ou sinuées, avec des poils rares; ses fleurs sont jaunes, petites; ses siliques sont glabres, lisses, légèrement tétragones , redressées contre l'axe de l'inflorescence; sa graine, d'abord rougeâtre, devient brune foncée ou noirâtre à sa maturité , mais moins que celle de la Moutarde des champs qui s'y trouve ordinairement mêlée dans le commerce; elle est lisse, arrondie, marquée de ponctuations fines , visibles à la loupe , inodore lorsqu'elle est entière. C'est cette graine qui donne à la plante toute son importance ; tout le monde connaît, en effet, ses usages comme condiment et comme agent thérapeutique.

Tout entière, elle est inodore et très peu active; au contraire, lorsqu'elle a été pulvérisée et soumise à l'action de l'humidité, ou même mouillée, elle développe des propriétés très énergiques; dans le premier cas, son amertume est médiocre, tandis que dans le second elle devient acre et très piquante: aussi c'est toujours à l'état de poudre et en l'humectant qu'on en fait usage. Cette poudre est de couleur verdâtre, entremêlée de points plus foncés et noirâtres, qui proviennent des débris des téguments. Mise sur le papier, elle y laisse des traces très visibles de l'huile qu'elle renferme, et dont la présence la fait rancir après quelque temps; lorsqu'on veut remédier à cet inconvénient, on extrait cette huile, qui, du reste, pourrait elle même être utilisée. Dans tous les cas , la graine de Moutarde conserve pendant longtemps ses propriétés. Outre l'huile fixe jaune-verdâtre dont nous venons de faire mention, elle renferme encore une huile volatile, de couleur jaune-clair, dense, qu'on en retire en la distillant dans huit ou dix pintes d'eau. Le résultat de celte distillation est un liquide très énergique qui produit sur la peau une rubéfaction instantanée, et dont une seule goutte mise sur la langue, donne la sensation

d'une brûlure vive. On a signalé encore dans cette grainede l'albumine végétale, du mucilage, du soufre, des sels à base de chaux, etc. On emploie fréquemment la graine de Moutarde noire pour la confection de ce condiment très usité et très connu sous la seule dénomination de Moutarde ; cependant elle n'entre que dans les qualités inférieures , la plus estimée étant faite avec la grainede Moutarde blanche. Ses usages les plus importants sont ceux auxquels on l'emploie en médecine, à l'extérieur, pour sinapismes, cataplasmes résolutifs , pédiluves , etc. , ou même quelquefois à l'intérieur.

b. Ccratosinapis, DC. Silique surmontée d'un bec conique qui ne renferme pas de graine. A cette section , la plus nombreuse du genre, se rapporte l'espèce suivante :

2. Moutarde des champs, Sinapis arvensis Lin. Plante très commune dans les champs, les jachères, les vignes d'une grande partie de l'Europe. Sa tige, haute de 5-6 décimètres , est rameuse et dure. Ses feuilles sont presque glabres, seulement dentées dans une variété, dans l'autre divisées en 7-9 lobes dentés , dont les inférieurs ressemblent à des pinnules. Ses fleurs sont jaunes , plus grandes que celles de l'espèce précédente, et leur calice est très étalé. Les siliques sont glabres, cylindracées, mais relevées de plusieurs nervures longitudinales saillantes, renfermant dans chaque loge 9-12 graines qui déterminent autant de bosselures à leur extérieur, longues de près de 3 centimètres, avec un bec subulé qui égale le tiers de leur longueur. Sa graine est noirâtre, plus foncée que celle de la précédente, à laquelle elle est presque toujours mêlée, et dont elle altère la qualité.

c. Leucosinapis , DC. Silique hérissée ou glabre, à valves bosselées, surmontée d'un granc bec comprimé et ensiforme. En établissant cette section, De Candolle se de' mande si elle ne devrait pas être réunie aux Eruca, ou si elle ne devrait pas former un genre distinct. De même M. Endlicher, en l'admettant après De Candolle, émet un doute semblable. D'autres botanistes ont décidé la question en proposant de faire de ce sous-genre un genre à part , auquel Andrzeiowsky , et , d'après lui , Rcichenbach , ont donné le nom de Ramphospcrmum , et Presl (l. c.) celui de Donannia. Cependant

MOU

nous suivons ici la manière de voir de M. B. Webb , qui conserve ces plantes parmi les vraies Moutardes.

Page 1