‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 111 sur 170 · PER 4M · texte numérisé non relu

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points qui méritent d'être observés, quand on la compare i quelques nouvelles espèces qui me paraissent douteuses. Dans nos pays, elle n'atteint jamais de grandes proportions, et je ne pense pas qu'on en trouve de plus de 45 à 50 cent» m. de longueur; mais il parait que ses dimensions augmentent i mesure que Ton remonte vers le nord , et » si l'on s'en rapporte à certains auteurs, on en pèche dans les lacs de Suède et de Lapon ie qui ont jusqu'à 1".38 c. de longueur.

Bloch rapporte. que l'on voit en Sibérie, dans l'église d'un village, une tète de Perche desséchée, ayant plus de 20centim. de longueur. Quoi qu'il en soit, ce Poisson est assez estimé pour la table , et il le serait probablement davantage s'il avait moins d'arétes. Les anciens donnaient le nom de Perche, Perça , non seulement i notre Perche commune, mais encore à plusieurs autres espèces voisines, dont quelques unes habitaient les mers. Ausooe est le premier qui l'ait appliqué exclusivement à notre Perche, et son exemple a été suivi par les auteurs qui sont venus après lui.

Une chose qui est très remarquable dans ce Poisson, c'est qu'il ne prend de l'accroissement que proportionnellement à la grandeur des masses d'eau qu'il habite. Dans les petits étangs et les grands réservoirs, il multiplie beaucoup, mais jamais sa taille ne dépasse 20 à 25 cenlim. Dans les petites rivières, il acquiert quelques centimètres de plus, mais cen'est guère que dans les grands fleuves et les grands lacs que sa grandeur atteint 35 i 40 centimètres. Il est exlrêmement carnassier et se jette avidement sur les Insectes, les petits Poissons, les Vers, les têtards de Grenouilles et autres petits Reptiles , et enfin sur tout ce qu'il voit remuer soit dans le sein des ondes, soit à leur surface. J'en ai vu s'élancer jusqu'à 30 centim. au-dessus de la surface des eaux pour saisir au vol des Libellules. Quand il s'élance pour saisir une proie flottante, il nage avec la rapidité d'une flèche, et on lui voit tracer un long sillon à la surface. Dans toute autre circonstance, la Perche reste le plus souvent immobile, à une petite profondeur, et elle cherche de préférence, pour se mettre en embuscade, tes endroits herbeux ou couverts de joncs. Elle se plaît particulièrement auprès des berges élevées , sous les

larges feuilles des Nénuphars. Comme elle est parfaitement armée, elle ne craint aucun Poisson vorace,et elle ne fuit jamais devant aucun ennemi , ce qui la rend fort aisée à prendre à la main , lorsqu'on est dans l'eau. Elle voit arriver le nageur sans faire le moindre mouvement , et lors* qu'elle sent la main du pécheur, pourvu que celui-ci ne la touche pas trop brusquement, elle se borne à hérisser les aiguillons de ses nageoires pour se mettre en défense, et elle ne cherche point à fuir. On peut même lui glisser la main sous le ventre et la bercer, pour ainsi dire, d'un mouvement doux et léger, sans l'effrayer. Quand on veut la prendre, on place doucement les doigts sur les opercules des ouïes , on les serre lestement , et lorsqu'elle a donné deux ou trois coups de queue, elle se laisse enlever sans faire davantage de résistance. Ce que je raconte là est certain , car je le sais par ma propre expérience. Du reste, la voracité de la Perche la rend facile à prendre à l'hameçon , surtout quand on l'amorce avec un ver de terre vivant. On la pêche aussi à la nasse , à la trouble , à l'épervier, etc. Elle vit solitairement et ne nage jamais en troupe; mais, comme elle a une prédilection pour de certains endroiu , on est presque toujours sûr d'en prendre plusieurs là où on en a déjà pris une. Ainsi que je l'ai dit , c'est sur un fond herbeux, couvert au plus de 70 c. à i».00 c. d'eau, que les Perches se plaisent davantage. Cependant en hiver, elles se retirent dans des eaux plus profondes. Ordinairement elles aiment à remonter les rivières jusque près de leur source; toujours elles évitent l'eau salée, et c'est pour cette raison sans doute qu'on n'en pêche Jamais près de l'embouchure des fleuves.

Dès l'âge de trois ans, c'est-à-dire quand elle a atteint 15 à 16 centim. de longueur, la Perche est en état de reproduire. Elle fraie ordinairement en avril ; un peu plus têt ou un peu plus tard, selon que la saison est plus chaude ou plus froide. Il parait que dans le Nord, principalement dans toutes les rivières qui se jettent dans les mers Glaciale, Baltique, Noire et Caspienne, où elle abonde, le moment du frai a lieu plus tard. On ignore le temps qu'elle met à acquérir toutes ses dimensions, et cela vient sans doute de ce que sa croissance est, ainsi que je l'ai dit,

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subordonné à de certaines causes locales.

Dans la saison dn frai, la Perche a les ovaires très volumineux, et il n'est pas rare de trouver jusqu'à 250 gratn. d'oeufs dans un Poisson d'un kilogram.; Harmers et Picot en ont compté, le premier près de 281,000, le second près de 1,000,000. Ils sont a peu près de la grosseur d'une graine de Pavot, et ils sont déposés en longs cordons , ayant quelquefois plus de 2 mètres, mais qui sont repliés sur eux-mêmes de manière à former des réseaux ou de petits pelotons. Dès l'antiquité, Aristote avait déjà fait cette remarque, ce qui prouve assez l'identité de la Perche des anciens avec la nôtre. Du reste, Pline, Oppien et Athénée ne laissent guère de doute à ce sujet. M. Valenciennes prétend qu'à Paris les maies de ce Poisson sont beaucoup moins nombreux que les femelles. J'ignore si cela est aussi vrai que des pécheurs le lui ont affirmé. Ce qu'il y a de certain , c'est que dans la Saône , dans le Rbône et dans la Loire, les deux sexes sont à peu près en même nombre. Le naturaliste que je viens de citer ajoute : « n y a tant de mâles dans le lac de Harlem, qu'un certain village nommé Lisse est renommé pour un mets que l'on y prépare avec des laitances de Perches. » Si ces deux rails étaient certains, ce dont je doute, ils constitueraient un phénomène bien singulier et bien digne des recherches des physiologistes : quelle pourrait être la raison, qui, dans la même espèce, à une distance comparativement assez rapprochée, ferait naître un mâle pour cinquante femelles, à Paris, et un grand nombre de mâles pour très peu de femelles, à Harlem?'

La Perche a pour ennemis , dit-on , les Plongeons, les Harles et les Canards, qui lui font une chasse très active, selon M. Valenciennes. Rudolphi a compté sept espèces de Vers intestinaux qui vivent dans ses viscères; et enfin, les Tories gelées et le tonnerre en font beaucoup périr. Dans les eaux stagnantes, qui ne lui conviennent pas, et dans lesquelles elle ne trouve pas une nourriture suffisante, elle contracte une maladie analogue à celle des Carpes que Ton nomme forcées; mats dans la Carpe c'est la tête qui grossit énormément aux dépens du corps, et dans la Perche, c'est le dos qui s'élève et forme une bosse monstrueuse. Linné

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en cite de semblables à Fahlun, en Suède; Pennant, dans un lac du comté de Merioneth , et on en trouve également en France, dans les étangs qui ne sont alimentés que par I?s eaux de pluie, et qui reposent sur uo fond ferrugineux.

Les Lapons préparent, avec la peau de ce Poisson, une colle-forte que l'on dit très solide , et qui, probablement, ne l'est pas plus que toute autre colle de Poissons. La chair de la Perche est ferme, blanche, facile à digérer et d'un goût excellent; ao dire de certains gastronomes, c'est, après la Truite, celle qui est le plus estimée parmi les Poissons d'eau douce de la France.

Nous terminerons cet article par la citation d'un fait très singulier, que nous extrairons de VHisloire naturelle des Poissons, de M. Valenciennes. « Dans le lac de Genève, dit cet auteur, pendant l'hiver, saison où la Perche approche le moins de la surface, il arrive quelquefois que, si l'on pêche sur un fond de 40 à 50 brasses (2 à 300 pieds), on en voit beaucoup flotter à la surface de l'eau avec l'estomac refoulé hors de la bouche, et elles périssent au bout de quelque temps, si on ne perce pas avec une épingle cette poche, qui est occasionnée par la dilatation de l'air dans la vessie natatoire; mais cet accident n'arrive point dans les lieux où les eaux ont moins de profondeur, et ois l'air de la vessie ne peut être autant comprimé. On dit qu'il suffit que la Perche ait été touchée par la corde avec laquelle on tire le filet, pour qu'elle éprouve ce renversement de l'estomac; et, en effet, il y a cause suffi* santé pour qu'il ait lieu , sitôt que la peur la détermine à monter trop rapidement vers la surface. Comme le fait remarquer M. Jurine , à 50 brasses , le Poisson est sous le poids de onze atmosphères; lorsque ce poids vient à cesser tout d'un coup, l'air se dilate plus vite qu'il ne peut être résorbé, et dans celte espèce, comme dans la plupart des Acanthoptérygiens , il n'a point d'issue ouverte vers l'oesophage et vers l'estomac. » Je laisse aux physiologistes qui ont quelques connaissances de physique le soin de commenter ce passage.

2. La Perche sans bandes d'Italie , Perça italica Valenc. Ce Poisson ressemble entièrement, par l'ensemble et les détails, à la Perche commune; seulement elle n'a

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point de baudes noires ; sa tête est légèrement plus grande proportionnellement; son préopercule a sur sou bord inférieur des dentelures plus fortes, plus aiguës, et sa deuiième dorsale est un peu plus haute. Je la regarde d'autant plus volontiers, ainsi que AI. Valenciennes, comme une simple variété de la Perche commune, que j'ai péché cette Perche d'Italie dans les petits étangs de H. de Gennonville, au château de la Cour-Roland , près de Versailles. D'ailleurs, la Perche commune se trouve très communément avec celle-ci dans toute l'Italie, comme dans toute ta France.

3. La Perche jaunâtre d'Amérique, Perça flave$cens\ ulenc. , Uodianus (lavescens Milch. Ce Poisson n'est encore qu'une variété de la précédente, dont nos naturalistes u'onl fait une espèce que parce qu'il habite l'Amérique septentrionale. Il ressemble absolument à la Perche commune , à ces légères différences près, que sa tête est un peu plus longue; sun museau, par conséquent, légèrement plus pointu; son crâne un peu lisse, et les dentelures de son préopercule un peu plus fines; la tache noire de sa première dorsale est un peu plus étendue et moins nette. Toutes ces différences peuvent se rencontrer dans nos Perches de France.

4. La Perche a opercules grercs , erca scrraiogranulala Valenc. Cette espèce se trouve à New-Yorck. Elle a les formes et les couleurs de notre Perche, mais son corps est plus épais ; son crâne plus large et â stries rayonuées et grenues; son opercule est granulé en rayons et fortement dentelé à son bord inférieur ; le lobesupérieur comme effacé, mais à pointe fort aiguë. Quelquefois le préopercule est sans dents sur les deuE tiers de sa hauteur; d'autres fois il est entièrement dentelé. Les dentelures de son bord inférieur sont toujours plus fines et plus nombreuses que celles de notre Perche commune. Le subopercule est dentelé sur les deux tiers de son bord. Les écailles de ce Poisson sont à peu près lisses.

5. La Perçue atete grenue, Perco granulata Valenc., est également de Nevr-Yorck. Elle diffère de notre Perche parles dents du vomer qui sont plus fortes; les dentelures de son préopercule sont plus fines, surtout au bord inférieur ; son crâne porte, sur ses pariétaux, des grains rayonnants et saillants

qui le rendent rugueux ; son opercule, faiblement strié , n'a que peu de dentelures; enfin ses écailles ont leur bord à peu près lisse.

6. La Perche a museau pourvu, Perça acuta Valenc, habile le lac Ontario, en Amérique. Elle ressemble assez à la Perça (lavescens , mais son museau est plus pointu et sa mâchoire inférieure plus allongée; son préopercule est finement dentelé, et l'opercule a quelques dentelures assez fortes près et audessous de sa pointe. Les sept bandes noirâtres qui descendent jusqu'au ventre, ont entre elles sept demi-bandes courtes et irrégulières. La première nageoire dorsale n'a pas de tache noire; son dernier aiguillon , ainsi que le premier de la seconde dorsale, est très court.

7. La Perche grêle, Perça gracilis Valenc, a aussi de l'analogie avec la Perça (lavescens, mais elle est moins haute proportionnellement à sa longueur. La ligne de son profil est moins concave que dans les précédentes, dit M. Valenciennes; ses bandes et sesdemibandes sont moins inégales; les dentelures du préopercule sont très fines, et elles manquent à l'opercule. La seconde nageoire dorsale a son épine très faible et très courte. Le fond de la couleur du corps parait être le fauve doré; les nageoires inférieures sont jaunes , et la tache de sa première dorsale est petite.

Celte Perche a été érigée en espèce sur des individus qui ne dépassent pas quatre pouces de longueur, et qui ont été envoyés du lac deShenkaliles, dont les eaux tombent dans l'Ontario par la Séaéga, dans l'état de New-Yorck. Comme tous les Poissons, dans leur première jeunesse , ont toujours les formes plus grêles et plus allongées qu'à l'état adulte, les ovaires et les laitances n'étant que rudimentaires, il est probable que cette Perche doit se rapporter à une des trois espèces précédentes.

8. La Perche de plumier, Perça Plumier i Valenc. , Sciœna Plumiers Btoch , Cheitodiplère chryscplère, tlCcntropome de Plumier Lacép. ; se trouve dans les Antilles. Elle a une pointe à l'opercule, une dentelure au préopercule, et la plus grande analogie avec la Perche commune. Le fond de sa couleur est blanchâtre avec quatre bandes jaunes longitudinales, et huit transversales

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et noirâtres ; la première nageoire dorsale et la pectorale sont grises, les autres sont jaunes. L'anale offre une épine noire, forte et longue ; les deux rayons de l'extrémité de la caudale sont également noirs.

9. La Perche ciliée , Perça ciliata Kuhl et Van-Hass., se trouve dans les eaux douces de Banlam, dans l'Ile de Java. Elle ressemble à notre Perche, quant à la forme, mais sa couleur est verdâtre sur le dos et argentée sous le ventre; elle a une teinte noirâtre au haut de sa deuxième dorsale et à chaque angle de sa caudale ; la tache noire manque à sa première caudale, et les rayons de cette nageoire sont moins nombreux que dans les autres espèces. Ses écailles sont très sensiblement ciliées.

10. La Perche a caudale bordée de koib , Perça marginal* Valenc. On ignore la pairie de celle espèce rapportée de ses voyages par le naturaliste Péron. Les individus que Ton connaît n'ont que 8 à 10 centimètres de longueur , d'où il résulte qu'ils sont un peu plus allongés que notre Perche commune, et probablement par la raison que nous avons dite à l'article du Perça gracUis. Elle se rapproche des Varioles par son sousorbitaire distinctement dentelé, mais le préopercule n'a point de grosses dents, et son pourtour, finement dentelé, est arrondi. L'opercule osseux se termine par une pointe et par un petit lobe au-dessus; la caudale est fourchue et bordée de noir; les autres nageoires sont grises. Son corps est argenté, un peu teinté de verdâtre.

11. La Perche a taches rouges , Perça trutta Valenc, Sciœna trulta Forster. Elle ressemble à la Perche bordée , et ses rayons sont à peu près en même nombre. Les dents sont en velours et il y en a sur le devant du palais; la mâchoire inférieure est un peu plus longue que l'autre; son dos est bleuâtre, avec des bandes plus bleues, peu terminées, ondulées, descendant jusqu'à la ligne latérale; des taches ovales, d'un rouge doré, sont semées sur uu fond argenté, audessous de la ligne latérale. Les habitants du détroit de Kook , dans la Nouvelle-Zélande, nomment ce poisson Kahavai, elle trouvent excellent. Il n'a pas été rencontré ailleurs. (Boitaro.)

PERCILLETTE. bot. ca. — Syn. de Coscinodon, Brid.

PERCIS Perçu, Bloch. miss.— Genre do Poissons osseux de l'ordre des Acanibopiérygiens et de la famille des Percoldes. Oo peut établir ainsi les caractères de ce genre : Nageoires ventrales jugulaires, c'est-à-dire placées en avant des pectorales; tète déprimée; point de dents aus palatins. Dans son tableau des genres de la famille des Percoldes, H. Valenciennes place les Perds entre les Vives et les Pinguipes, c'est-à dire avec les Poissons qui ont toutes les dents en velours; mais plus loin, dans sa description des espèces , il leur attribue des dents canines et à crochets, qu'ils ont en effet.

Si ce n'était leur tète déprimée, ces Pois* sons auraient une si grande analogie arec les Vives, que Bloch n'aurait probablement jamais eu la pensée de les eo séparer. Ils ont de plus le corps rond , allongé; le museau obtus ; les joues renflées ; la mâchoire allongée; plusieurs dents eo crochets parai celles de leurs mâchoires; leur votner en a en avant ; la dorsale épineuse est petite et a peu de rayons ; l'aiguillon de leur opercule est plus petit que dans les Vives; leur membrane branchiostège a six rayons de chaque côté, comme dans les Vives ; leurs pectorales sont tronquées , mais n'ont pas de rayons simples; leurs ventrales sont moins avancées que dans les Vives. Ces Poissons parassent tous appartenir à l'océan Indien, et l'on sait fort peu de chose sur leurs moeurs.

A . Le Pesos héscleex , Perds nebulota Valenc, parait être le type sur lequel Bloch a établi ce genre; cependant la figure qu'il en donne diffère un peu de l'individu décrit par M. Valenciennes. Sa tête déprimée a le proGI peu arqué , la courbe de la mâchoire supérieure parabolique, dépassée par la lèvre inférieure, qui est un peu aigoê ; la bouche, un peu protractile , a une lèvre charnue qui, lorsqu'elle se ferme, cache le maiillaire. Chaque mâchoire porte un rang de dents pointues, en crochets, et une bande en velours en arrière dans le milieu. Les quatre dents antérieures et quelques latérales eo haut, ainsi que les six antérieures en bas, sont de véritables canines; il n'y a de dents ni à la langue , ni au vomer ; le front , le museau , les mâchoires et la membrane bronebiostège n'ont pas d'écaillés. L'opercule osseux se termine par deux peutes épines,.dont celle d'en bas crénelée. La pre-

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mière dorsale ressemble à celle des Vives, et elle est surpassée en hauteur par la seconde, dont le dernier rayon est simple et plus grêle que les autres; il en est de même <Je l'anale, qui n'a pas d'épine en avant; la caudale a ses angles avancés en pointes aiguës; les ventrales ont leur quatrième rayon mou plus long et formant leurs pointes.

La couleur de ce poisson , conservé dans la liqueur, a été difficile à déterminer, mais la disposition de ses lâches suffit pour le faire reconnaître. Cinq ou six grandes taches brunes et nébuleuses forment deux rangs : dans celui placé au-dessous de la ligne latérale, les taches sont plus petites et plus rondes ; celles du rang au-dessus sont 1 peu près carrées, interrompues dans le milieu, et s'élèvent Jusqu'à la dorsale. La première dorsale est noire, avec un trait vertical blanc en avant de sa troisième épine, et une tache blanche depuis la cinquième jusqu'à la fin. La seconde est blanche, avec quatre points ou petites taches brunes dans chaque intervalle des rayons, ou brune avec des points blancs placés de même; la caudale a des lignes blanches en travers, et les autres nageoires sont sans taches. Ce pois* son se trouve à nie Bourbon et sur les côtes «Je la Nouvelle-Hollande. Sa longueur est de 15 à 20 centîm. On en connaît une variété, dont la patrie est inconnue. Son corps parait d'un gris-brun jaunâtre, avec des traits nuageux, d'un gris noirâtre peu apparent; ta première dorsale est entièrement noire, la deuxième grisâtre avec des taches transparentes; la caudale est rayée de brun sur un fond transparent; l'anale a des raies obliques, transparentes, sur un fond brunâtre.

2. Le Percis tacheté, Perds maculata Blocb, n'est peut-être qu'une variété du précédent , qui habiterait Tranquebar. II est d'un gris jaunâtre, avec deux rangs de grandes taches d'un brun noirâtre, arrondies; il en a de petites , de la même couleur sur la tête et les opercules, et quatre lignes longitudinales devant chaque oeil. La dorsale et l'anale ont cinq ou six bandes brunes et presque verticales; les ventrales et les pectorales sont d'un jaune orangé; la caudale est arrondie, avec des rangées transversales de points bruns.

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3. Le Pebcis pohcteé, Percis punclata Valette, est long de 20 centim., et sa patrie est inconnue. 11 a la tête plus large , le museau plus court, les yeux beaucoup plus grands, les dentelures du préopercute plus sensibles. Il n'y a pas de taches sous la ligne latérale, et celles au-dessus sont plus noires; il y a deux ou trois rangées transversales détaches plus petites sur la nuque; la rangée de derrière les yeux en a six; la dorsale , d'une couleur pâle, a trois points bruns dans l'intervalle de chaque rayon ; la caudale n'a pas ses angles aussi pointus que dans le nebulota , et elle porte 6 ou 7 lignes brunes transversales et irrégulières. Les autres nageoires et le ventre sont sans taches.

4. Le Percis pourritxi, Percis punctulata Valenc., vient de l'Ile de France, et n'a que 1 3 à 14 cent, de longueur. Il ressemble au nebulota, mais son museau est un peu moins obtus. Il a le dessus d'un gris roussâtre, et le ventre plus pâle ; des taches blanchâtres cerclées de brun, rondes et irrégulières, sur le museau ; six ou sept bandes transversales d'un brun pâle , sur le dos, avec trois rangs de points ou de petites taches noires de chaque côté de la dorsale et sept sur la nuque; des points et des lignes brunes sur la joue et l'opercule; dix à douze grandes taches de la même couleur au-dessous de la ligne latérale; la dorsale noire à sa partie épineuse, et à bord supérieur blanc, avec trois taches noires ou brunes, entre les rayons de sa partie molle : les taches supérieures sont en partie grises , cerclées de noir ou de brun. La caudale, coupée carrément , a trois petits points dans chacun de ses intervalles et dans la moitié voisine du bord; cinq taches noires se trouvent vers la base de l'anale, et un point noir dans chaque intervalle près de son bord.

5. Le Percis ctlmdriqoe, Percis cylindrica Valenc, Sciœna cylindrica et Bodianus Sebœ Blocb, a de 10 à 15 centim., et se trouve aux Moluques. Son museau est plus pointu que dans les précédents , ses canines plus prononcées , et ses ventrales sont presque tout-à-fait sous ses pectorales. Corps pale , avec trois bandes longitudinales brunes se croisant avec neuf ou dix transversales à bords irréguliers. Première dorsale noire , ayant une tache blanche dans chaque inter»

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valle de ses rayons; des point» bruns sur une partie de* rayons de la aeconde dorsale et de la caudale; des lignes obliques, alternativement brunes et blanches, sur l'anale.

6. Le Percis treillissé, Percis cancellata Valent., Labre tétracakthr Lacépèdc, peutêtre le Bodian télracoMhe, du même; il ressemble , quant aux formes, au Perds nebulosa, mais le préopercule n'est pas crénelé, et la dorsale épineuse est plus basse et plus liée à la molle; sa couleur parait être le gris roussâtre; des bandes verticales plus foncées , liserées de blanc, partent alternativement en dessus et en dessous d'une bande longitudinale, et vont les unes vers la dorsale, les autres vers le ventre où elles se joignent à celles de l'autre côté du corps: il y a, dans les intervalles, des points épars; de ebaque côté de la nuque on voit une tacbe ronde, blanchâtre, semée de points bruns et entourée de deux cercles, l'un brun et l'autre blanc; des traits bruns et des points blancs sur le front; des traits blancs et une large bande verticale brune et peu apparente, sur la joue. Dorsale blanchâtre, avec sa partie épineuse noirâtre et largement rayée de blanc au milieu , et trois gros points d'un brun noir entre chaque intervalle de sa partie molle; une ligne de cinq ou six de ces points à la partie postérieure de l'anale ; une tacbe ronde, brune, cerclée de jaunâtre près de la base de la caudale qui est ponctuée de brun dans l'intervalle de ses rayons ; les angles de cette caudale sont un peu pointus , et les pointes des ventrales ne dépassent pas les pectorales.

Le Percis ocelle, Percis ocellala Valette, le Caboes-laowf , de Renard, n'est connu que par un dessin grossier de Renard. Il est brun, avec trois rangs de taches ■oires sur les cotés du corps ; il a des taches rondes, blanches, bordées de noir, dans les intervalles des rayons de la dorsale et de l'anale; la caudale a un ocelle semblable placé sur la caudale comme dans le précédent.

7. Le Percis a six ocelles, Percis hexophthalma Ehrenb., Percis cylindrica Rupp., habite la mer rouge , près de Massuan, et a 22 centim. de longueur. Il est vert, avec le dessus du corps vermiculé de noir; le crâne est ponctué de cette dernière couleur ; des ligues étroites, noires, traversent verticale-

Iment sa joue et ses opercules; des tache» brunes et nuageuses sont semées au-deuous de la ligne latérale, et, plus bu , au-dessus de l'anale, sont trois taches noires entourées chacune d'un cercle jaune. Une grande tache noire à la base de la première dorsak, du deuxième au quatrième rayon. La dorsale marquée de deux lignes longitudinales jaunes, et de deux ou trois points bruns dans les intervalles de ses rayons; un poiet brun et deux raies jaunes entre les rayons de l'anale ; caudale pointillée de brun , arec une tache très grande, noire, entourée d'une ligne rougeâtre.

8. Le Perçu moltiockllx, Percis polyophthalma Ehrenb., du même pays et de U même grandeur. Il ne diffère du précédent, dont il est probablement une variété, que par ses yeux plus rapprochés, parce qu'il a sur la joue des points au lieu de lignes, et que sept points ocellés s'étendent dépôts U pectorale jusqu'auprès de la caudale.

9. Le Percis colus, Percis colias Valent., Gadus colias Forst. , Enchelyopus colus Bloch. Il se trouve i la Nouvelle-Zélande et atteint 55 centim. de longueur. Il est, en dessus, d'un bleu noirâtre à reflets verts; les flancs sont d'un bleu brunâtre , et le ventre d'un blanc bleuâtre; il a des uchej noires à l'opercule et à l'arrière de la dorsale ; les nageoires sont d'un bleu noirâtre : les ventrales pointues et la caudale tronquée et écailleuse ; on lui trouve une épine plaie i l'opercule.

10. Le Pbrcis nom et blaic, Percitnydketnero- Valenc, est de la Nouvelle- Zélande, et ne diffère du précédent que par le nombre des rayons de sa dorsale qui est de 5/20, tandis que dans le précédent il est de 5/25. Le dessus de son corps est d'un brun foncé, le dessous blanchâtre; cinq taches brunes , l'une au-dessus de l'autre , occupent chacun des intervalles des rayons mous de la dorsale dont toute la partie épineuse est brune; la caudale a son lobe supérieur brunâtre , et l'inférieur blanchâtre. Les pectorales sont grises ; les ventrales et l'anale blanches et sans taches. La longueur de ce poisson est de 11 centim.

1 1 . Le Percis a demi- bande, Percis sevufasciaia Valenc, a 60 centim. de longueur. Sa patrie est inconnue. Dans l'état sec, son <ios parait brun et son ventre jaunâtre. U a sur

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le dos de petites taches plus foncées qui se rapprochent pour former , sous la dorsale molle , cinq bandes verticales qui descendent un peu au-dessous de la ligne latérale, «vec une sixième moins apparente sur la queue. Une grande tache brune se voit dans chaque intervalle des rayons mous de la dorsale ; la joue et l'opercule ont de petites écailles ; sa dorsale a 5/26 rayons. (Boit.)

PERCNOPTÈRE. ois. — C'est, dans Buffou, le nom du Vautour fauve. G. Cuvier en a fait le nom d'un genre qui a pour type le Vult. percnopterus de Linné. Voy. vactoo». (Z. G.)

PERCOIDES. percoides. poiss. — Nom que l'on donne à une famille de Poissons osseux de l'ordre des Acanthoptérygiens , et dont notre Perche commune, Perça fluviatilis Linn. , a fourni le type. Quelques naturalistes, et entre autres G. Cuvier, ont laissé à cette famille le nom de Perches, au grand scandale des auteurs qui placent la science non dans les choses , mais dans les mots.

Quoi qu'il en soit, tous les genres ou sousgenres qui composent aujourd'hui la famille des Perches, étaient considérés par Linné comme ne formant que le seul genre Perça; ainsi donc, les caractères qu'il assignait à ce groupe doivent convenir, et conviennent en effet, quoique insuffisants, à la familledes Percoides. Les voici : -Mandibules inégales, armées de dents aiguës et recourbées ; un opercule de trois lames écailleuses, dont la supérieure est dentée sur les bords ; six rayons à la membrane branchiostège ; la ligne latérale suivant la courbure du dos; les écailles dures ; les nageoires épineuses ; l'anus plus près de la queue que de la tète.» Linné ne connaissait qu'un petit nombre de Poissons appartenant a ce genre, et Gmelin lui-même n'en a mentionné qu'une cinquantaine d'espèces. Depuis , nos voyageurs naturalistes en ont considérablement augmenté I nombre , d'où il est résulté la nécessité de les distribuer en plusieurs groupes, qui, d'abord, n'étaient considérés que comme de ^impies sous-genres, et qui, tout nouvellement , et dans ce Dictionnaire, ont été créés genres par M. Valenciennes. D'autres espèces , quoique très voisines , ont dû en être éliminées, d'où il résulte qu'aujourd'hui l'on est obligé de donner plus de précision aux

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