‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 12 sur 170 · GRE · texte numérisé non relu

GRE

Chez tous les Mammifères, tans exception , se trouvent non seulement le vestibule , mais les trois canaux demi-circulaires et le limaçon. Le vestibule, de forme ir régulière , est plus petit que dans les autres classes de Vertébrés ; mais la composition est la même. Les canaux demi-circulaires varient ; ils sont très grands , en proportion du limaçon , cbex la Taupe , et ils sont presque libres, entourés seulement d'un diploë fort lâche, et laissent entre eux une fosse profonde pour loger les lobes latéraux du cervelet. Chez les Cétacés , au contraire , les canaux demi-circulaires sont si petits , que Camper les a révoqués en doute, bien qu'ils existent réellement.

Le limaçon décrit ordinairement deux tours et demi; il est en général plus grand que les canaux demi-circulaires ; il est entièrement saillant dans la caisse du tympan chez les Chauves-Souris. 11 a un tour de plus que chez l'Homme , dans plusieurs espèces, suivant Cuvier , par exemple , chez le Cochon d'Inde. Sa spire ne s'élève point, mais s'enroule presque i plat, selon Camper, dans la Baleine; en général , chez les Cétacés, il ne décrit pas tout à- fait deux tours. Les Moootrèmes nous offrent un exemple remarquable du passage de la forme du labyrinthe des Mammifères, aux classes inférieures ; ainsi , le limaçon , dans l'Ecbtdné, n'est plus qu'une corne recourbée, suivant Home , ei ressemble à celle des Oiseaux et des Crocodiles. Meckel n'a observé qu'un demi-tour de spire chez l'Ornithorynque.

Si nous passons à la caisse du tympan , nous y trouvons une trompe d'Eustacbe ; ce canal se dilate considérablement à son extrémité inférieure chez la plupart des Ongulés, comme le Cheval et l'Ane. Ce conduit s'abouche, chez les Cétacés, dans le conduit natal correspondant , et offre , à son orifice, ane valvule qui empêche l'eau d'y pénétrer; il est assez large.

La caisse même est ici bien close , les parois étant formées par l'os temporal ; et sa cavité y est accrue par plusieurs cellules accessoires. Quand cette cavité osseuse se développe en dehors, elle constitue le conduit auditif comme chez l'Homme ; si c'est en dedans, derrière la membrane du tympan, c'est l'ampoule osseuse du Chat, du Chien,

des Rongeurs, et des deux manières à lq t. x.

fois , comme chez la Brebis et la Chèvre.

La membrane du tympan est généralement concave; elle est tellement oblique chez la Taupe, qu'elle forme le couvercle du conduit auditif et le fond de la caisse. Cette disposition, secondée par l'ampleur des canaux demi-circulaires , explique la cause de la finesse de Poule chez cet animal. Si l'on s'en rapporte à Home , c'est la Baleine franche qui a la membrane du tympan la plus remarquable , où elle fait une grande saillie convexe en dehors dans le conduit auditif élargi de haut en bas. Elle laisse apercevoir, comme chez l'Éléphant, daoa sa membrane moyenne, des fibres musculaires bien distinctes , et n'a pas la moindre connexion immédiate avec les osselets de l'ouïe.

Il n'a pas été bien constaté si la corde du tympan existe chez tous les Mammifères ; mais Bajanus l'a vue dans le Veau et la Brebis.

La plupart des Mammifères ont , de même que l'Homme , trois osselets de l'ouïe, excepté l'Ornithorynque qui n'en a que deux, bien que Meckel en ait admis un troisième. D'ailleurs , les osselets offrent de nombreuses variétés , comme le prouve la collection des étriers formée par Carliste ; là on voit que cette forme d'étrier est loin de se maintenir dans la série. Ainsi, tandis que la configuration de cet os ressemble véritablement a un étrier dans les ordres les plus élevés ; chez le Cochon d'Inde , le Morse , et surtout chez l'Ornithorynque et le Kanguroo , il a tout-à-fait perdu celte forme et ressemble à celle que nous rencontrerons dans les classes inférieures à celle-ci. Rudolphi a constaté, chez la Taupe dorée du Cap, un quatrième osselet assez gros et cylindrique, placé entre le marteau et l'enclume. La pièce moyenne du marteau se prolonge , chez le Hérisson , en une large plaque osseuse, qui occupe une grande partie de la cavité tympanique. L'enclume et le marteau se distinguent , chez les Taupes, en ce qu'ils sont creux et que la cavité de ces deux os s'ouvre , par un large orifice, dans la caisse du tympan.

Les muscles des osselets de l'ouïe sont , en général , plus Torts chez les Mammifères que chez l'Homme.

Le conduit auditif externe est en générai

ORE

comme chez l'Homme, en partie osseux, en partie cartilagineux ; le conduit osseux est fort court chez les Carnivores , tel* que le Chien et le Chat , encore plus court chez les Chéiroptères; enfin, il manque tout-à-fait chez les Cétacés, tandis que le conduit cartilagineux y est étroit et long, d'après Cuvier et Home ; ee dernier estime sa longueur i 60 ou 80 centimètres dans la Baleine. Cetlç portion osseuse est très longue chez les Ongulés ; c'est au contraire la portion cartilagineuse chez les Monotrèmes.

Quont à la conque, qui doit être considérée comme un complément de l'appareil auditif, elle acquiert chez certains Mammifères , chez l'Oreillard par exemple , des dimensions considérables, tandis qu'elle est réduite à un très petit appendice chez d'autres, et qu'elle manque entièrement chez quelques uns , tels que les Cétacés , plusieurs Phoques , le Morse', les Monotrèmes, les Taupes et les Musaraignes. Il serait oiseuz de décrire les innombrables variétés de forme de l'auricule chez les Mammifères.; il suffit de savoir qu'il est composé des mêmes parties essentielles que chez l'Homme. Ainsi, on y trouve fréquemment plusieurs pièces cartilagineuses, et souvent des muscles puissants mettent en mouvement l'auricule tout eolier et ses différentes parties. Chez la Chauve-Souris l'Oreille est presque entièrement membraneuse et présente peu de muscles, comme nous le verrons chez la Chouette ; d'autres, la Musaraigne, par exemple, présentent une particularité remarquable; chez cet animal, l'anthelix et l'antitragus peuvent, à la volonté de l'animal , fermer exactement ou largement ouvrir l'orifice du conduit auditif , absolument comme le ferait une valvule.

Quant à la distribution du nerf auditif, elle est la même que chez l'Homme ; mais la mollesse de ce nerf, eu égard à la dureté du facial, varie considérablement.

2- De l'Oreille chei les Oiseaux. L'appareil de l'audition, dit M. de Blainville, loui jours construit , chez les Oiseaux , sur le

même plan que chez les Mammifères , se simplifie d'une manière évidente , en ce qu'il n'y a jamais de limaçon proprement dit, ni de conque auditive, que la chaîne d'osselets, d'abord plus simple , moins dé-

veloppée, est tout autrement disposée, et que les os qui la composent s'éloignent peut à peu de l'appareil de l'ouïe et rentrent dans le domaine des fonctions de la déglutition.

Si nous commençons notre examen par le labyrinthe, nous voyons qu'ici le limaçon est tellement incomplet, qu'il n'est plus réellement qu'un rudiment de ce que nous l'avons vu chez les Mammifères; il ne consiste plus que dans une corne légèrement recourbée; l'Autruche offrirait, au rapport de Cuvier, le plus petit développement de cet organe. Tréviranus a découvert une conformation intérieure très remarquable de ce rudiment de limaçon. Deui minces cartilages le partagent toujours, dans le sens de sa longueur, en une chambre supérieure et une inférieure; la fenêtre ronde conduit à la première et la fenêtre ovale à la seconde. Au bout du cartilage et i l'extrémité libre du cone osseux, se trouve un réservoir cartilagineux, que Tréviranus appelle la bouteille , et par lequel cet organe commence chez les Serpents , d'après Windisebmann. Il reçoit une branche particulière du nerf coebléaire. Entre les deux plaques cartilagineuses, on aperçoit une ouverture oblongue , par laquelle pénètre la plus grosse branche du nerf coebléaire, et , de chaque côté de celte ouverture , se trouvent au-dessus des cartilages cochléaires, les feuillets auditifs sur le cdté conveie desquels un réseau de vaisseaux sanguins se répand, d'après Windischmann. Nous avons donc ici , dit Carus , un organe fort compliqué , qui représente en quelque sorte la lame spirale du limaçon humain dans ses nombreux replis, et quanta la forme totale du limaçon, qui figure au moins le commencement d'un premier tour. Les canaux demi-circulaires sont entourés d'un diploë qui se brise aisément, de sorte qu'il est facile de les mettre en évidence, bien qu'ils soient encore encroûtés.

La caisse du tympan est bornée, en avant, par la cote auditive (os carré). Elle s'ouvre, en différents points, ce qui est extrêmement caractéristique chez les Oiseaux, dans le riiploê celluleux et plein d'air des os du crâne, par l'intermède duquel s'établit une communication entre les caU»s tympaniques des deux cotés. Cette caisse

ORE

communique, d'un autre edté, «a avant, par la trompe d'Eustacbe, avec la cavité gutturale. Quant à la trompe, elle eat presque entièrement logée dans l'os ; partant de la saisie, par un orifice peu évasé, elle te rétrécit ensuite et t'ouvre du fond d'une large cavité, sécrétant beaucoup de mucus, qui se trouve à la voûte de Perrière-gorge, derrière l'orifice postérieur du conduit nasal et à peu de dû tance de cet orifice. En dehors, le caisse du tympan est fermée par une mince membrane à laquelle s'attache une petite colonne osseuse, dont la plaque ovale interne, qui est mobile, ne remplit qu'a demi la fenêtre ovale du vestibule, mais dont l'extrémité externe tient ordinairement à la membrane du tympan par le moyen de trois cartilages fleiibles. Un muscle venant de l'occiput peut la tendre, ainsi que la membrane du tympan, et sa forme varie dans les divers genres.

La membrane du tympan est convexe en dehors ei se dirige obliquement en bas. Elle est beaucoup moins cachée que cbei les Mammifères, étant située à l'extrémité d'un court conduit auditif, uniquement membraneux, dont l'orifice externe est garni de plumes roides, la plupart courtes, rarement longues. Point d'Oreille externe ou auricule charnue et cartilagineuse; cependant la grande valvule membraneuse de plusieurs Chouettes parait en tenir lieu, car elle occupe le bord postérieur d'une grande conque divisée en plusieurs compartiments, et qui est formée en partie par les os du crâne recouverts seulement par la peau, eo partie également par le bord postérieur du globe de l'œil et par plusieurs ligaments tendineux transversaux.

L'appareil nerveux est ici tout-à-foit analogue à celui de l'Homme; c'est le nerf auditif, dont une branche va au rudiment de limaçon, les trois autres se rendant aux canaux demi-circulaires; le nerf facial traverse également l'Oreille moyenne.

3* Dâ l'Oreille chez les ReplUes. L'appareil acoustique occupe ici une place moins considérable dans les parois postérieures du crâne que dans les Oiseaux ; la partie essentielle du labyrinthe augmente en étendue; tandis que les canaux demi-circulaires diminuent, non pas en nombre, mais en grandeur; le limaçon est encore plus rudimen-

taire que nous ne venons de le voir; la substance crétacée de l'humeur du vestibule augmente; la caisse du tympan a, pour ainsi dire, disparu dans un certain nombre de genres, et le conduit auditif externe, ainsi que la conque, ne sont plus; il y a cependant une exception à l'égard de cette dernière pour le Crocodile, qui possède une sorte d'oreille externe, sous la forme de deux lèvres charnues, qui ressembleut assez à des paupières.

Plusieurs Sauriens se rapprochent, pour l'organisation du tympan , des types supérieurs; ainsi le Caméléon a une membrane du tympan couverte de parties charnues, et le Crocodile offre un développement encore plus parfait de l'Oreille. En effet, chez lui, le labyrinthe est exactement enveloppé par une matière osseuse, toujours pourvue de noyaux crétacés, et présente un appendice inférieur, de forme conique et courbé en avant, dont l'intérieur est partagé, par une cloison transversale, en deux conduits qui s'ouvrent, l'un dans le vestibule, l'autre dans la caisse du tympan, dans cette dernière, au moyen d'un petit trou bouché par une membrane , que l'on peut comparer à la fenêtre ronde de l'Homme. D'après la situation de cet appendice, d'après sa forme et ses ouvertures , on le considère comme le rudiment du limaçon ; et les recherches de Windiscbmaon ont confirmé ce point.

La caisse du tympan, cbei les Sauriens , est spacieuse, et les osselets de Poule, réduits i un seul , ne se présentent plus que sous forme d'un long pédicule osseux (columelle) , qui adhère à une membrane du tympan mince et ovale, tout-à-fait perpendiculaire lorsqu'elle est extérieure , comme dans l'Iguane, mais se dirigeant en haut chez le Crocodile.

Chez les Chéloniens , le vestibule membraneux est renfermé dans Pos, et leurs canaux circulaires sont disposés comme nous allons le voir chez les autres Reptiles; mais la chambre correspondante au sac vestibulairedes Poissons et contenant une concrétion crétacée est séparée ici d'une manière plus distincte, tamis que le vestibule est rempli d'une eau limpide. Les recherches de Windiscbmaon ont démontré encore ici un rudiment du limaçon , avec une fenêtre ronde, déjà entrevue par Cuvier, et qui,

placée à côté de la fenèlre ovale, derrière

Ce rudiment de limaçon ne forme qu'une simple vésicule légèrement plissé©, qui est unie au sac da labyrinthe par un

elle est côtoyée par le nerf racial; la caisse est complètement ossifiée, longue, et divisée en deui portion*, l'une interne (antivestibutum de Bajanus), l'autre est bouchée par une épaisse tympan , composée de deux couches membraneuses, entre lesquelles on aperçoit un disque cartilagineux adhérant à la columelle; cette cavité communique d'ailleurs avec la cavité gutturale par une trompe d'Eustache longue et étroite. L'osselet de Toute ressemble à celui des Sauriens , et sa base ovalaire repose- sur la fenêtpe ovale.

Plusieurs Batraciens, les Grenouilles et les Crapauds, ont un labyrinthe garni d'un noyau crétacé , avec une fenêtre ovale ; et ,

Cette caisse n'est plus entièrement enveloppée de parois osseuses; elle est en grande partie membraneuse et située derrière la côte de la dernière vertèbre auditive. Elle contient encore des osselets de Poule, qui, indépendamment de l'opercule cartilagineux de la fenêtre ovale, consistent en une petite

osseux, uni, à angle obtus , avec la colunulle, et adhèrent à la membrane du tympan. Cette caisse ty m panique s'ouvre dans la gorge par une courte et large trompe d'Eustache. Les orifices des deux trompes sont même faciles à voir dans la Grenouille quand on écarte fortement les mâchoires l'une de l'autre; d'après Mayer, ils offrent, dans le Pipa, cela de particulier, qu'ils se confondent en un seul. Le Bufo igneus n'aurait pas de trompe d'Eustache, ni de caisse, ni de membrane du tympan, d'après

que, comme le remarque Scarpa, la trompe d'Eustache ne se rencontre que chez les animaux qni ont un» caisse du tympan. Mais, chez la plupart des Grenouilles, des Crapauds et des Orvets, où Ton rencontre encore cette trompe , elle a des dimensions énormes , ce qui tendrait à établir que son but principal est d'être le premier canal audiiif pour la conduite du son a L'Oreille in-

terne. En s*él étant plus haut , tout au contraire, une membrane du tympan se mani*

proprement dit. Chex les Batraciens, cette membrane est tout-à-fart à la surface extérieure du corps , à peu près perpendiculaire, derrière I articulation de la mâchoire, couverte par les téguments communs.

Chez la plupart des vrais Serpents, une pièce osseuse adhère bien à l'opercule de la fenêtre ronde . mais, au heu de se joindre, d'un autre côté, à une membrane du tympan , elle se perd dans les muscles de l'articulation de la mâchoire. Les Orvets font exception à cet égard , suivant la remarque de Scarpa , car leur organe auditif est conformé à peu près comme celui des Grenouilles et des Crapauds, et ce que l'on ap* pelle improprement la membrane du tympan est également couvert encore par des parties charnues. Dans les Serpents proprement dits, on aperçoit, auprès du labyrinthe, un petit appendice en forme de bonteille qui contient une branche nerveuse particulière, et qu'on doit coosidérer, suivant Windiscbmano, comme un dernier rudiment du limaçon , que déjà un peu plus développé chex I et les Cbéloniens. Voilà ausii pourquoi les Serpents ont, outre une fenêtre ovale, une

Batraciens, tels que la Salamandre, le liufo igneus, servent de transition aux Poissons cartilagineux. Ils n'ont plus qu'un petit

naux demi-circulaires, où se voit un noyau crétacé. Voilà tout l'organe auditif; il est situé dans les parois latérales du crâne, de manière cependant que, chez le Protée, la cavité du labyrinthe communique avec la cavité crânienne par une large ouverture. 11 s'ouvre également à l'extérieur par une sorte de fenêtre ronde, qui , au lieu de sa montrer à la surface du corps, est cachée par un opercule cartilagineux, par la peau et les muscles de la tête.

D'ailleurs le nerf auditif qui se distribue au labyrinthe, chex tous les Reptiles, constitue un nerf à part. Il aboutit au sac v es tabulaire et aux renflements des canaux demi-

Page 1