‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 138 sur 170 · TET · texte numérisé non relu

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jaunâtre; elle a la première dorsale bien distincte de la seconde, et deux grosses dents rapprochées en haut de Panneau maxillaire. On la trouve dans la Méditerra- , née; au printemps, elle remonte dans les embouchures des fleures. Sa peau est fort visqueuse, et sa ebair est un meta fort estimé.

2. La Lahpboib de myièhb, Pctromyxon fiuviatilis L., Bl. ; Pricka, Sept-OBil, etc. Cette espèce atteint 45 à 50 centimètres de longueur; elle est argentée, noirâtre ou olivâtre sur le dos ; elle a la première dorsale bien distincte de la seconde, et deux grosses dents écartées en haut de Panneau maxillaire. On la trouve dans toutes les eaux douces, mais plus abondamment dans les lacs et les rivières du Nord.

3. La petite Lamproie de bitibbe, PetromyzonPlanerih]., Gesn., Sucet, etc. Longue de 20 à 25 centimètres et qui habite aussi les eaux douces, n'est, comme Pa constaté M. Aug. Millier, qu'un Petromyzon fluvialilis h l'état de larve.

G. Cuvier rapporte encore h ce genre une quatrième espèce qu'il nomme Lamproyon, mais que M. Valenciennes considère comme type du genre Ammocète. Poy. ce mot.

PETRONA (pelra, pierre), bot. cb.— Genre de Champignons établi par Adanson (Fam. pl., vol. H, p. u), et que Battarra (Fung. Ag. Arirnn., p. 62, lab. 24, fi g. B.) a décrit sous le nom de LUhodermomyces. Le chapeau est orbiculaire , sessile , résupfoé, tomenteux, et qui adhère par le centre à un rocher. Les lames regardent en haut, sont nombreuses, naissent du centre, et se dirigent en rayonnant vers la marge : elles sont de couleur améthyste. La consistance du Champignon tient le milieu entre la dureté de la pierre et celle du cuir. On ne sait encore â quelle espèce rapporter le Peirona ou Lithodermomyces ; Je pense que c'est une variété resupinée et orbiculaire du Schixophyllum commune Fr. , comme Bové et le capitaine Durieu Pont fréquemment rencontrée en Algérie. Perfoon, dans sa Mycologie «T Europe (sect. 3, p. i4), avait connaissance de cette forme, et y rapportait avec doute le Champignon de Battarra. Pour moi, Je ne doute nullement de leur identité : la forme do chapeau, |

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le duvet qui le recouyre , la couleur des lames , sont les mêmes. Pour la consistance, J'avoue que je ne me l'explique pas et que. je ne la comprends même pas; quant à l'habitat, qui a aussi quelque chose d'eitraordinaire , on ne voit pas pourquoi le Schixophyllum ne se développerait pas sot une pierre , quand on Pa vu sur des mâchoires de Cachalot.

Persoon a conservé te nom de Pétrone , mais en le modifiant légèrement (Petronia), pour les Agarics à chapeau dimidié ; don il résulte qu'il n'a plus aucun rapport avec l'espèce primitive. (Ltv.)

•PETRONIA. ou. — Nom spécifique du Moineau soulcie, converti en nom de genre par Ch. Bonaparte. Voy. moîiieac. (Z. 6.)

♦PETROPHAS A . ois.— Division établie par Gould dans la famille des Pigeons, sur une espèce de la Nouvelle- Hollande qu'il nomme P. oAipennis. Voy. mgeoji. (Z. G.)

• PETROPDILA , Swaios. ou. —Synonyme de Phœnicura, Vigors. (Z. 6.)

PETROPHILA, Brid. (Mao.), bot. ph.- Syn. d'Andreœa, Ebrh.

PETROPHILA ( w.Vpo» , pierre ; »fle< , qui aime ). bot. pb. — Genre de la famille des Protéacées, tribu des Protéioées, établi par R. Browo (in Linn. Transact. , X, 67), et dont les principaux caractères sont : Capitule multiflore , à bractées persistantes , imbriquées. Périanthe i 4 divisions caduques. E ta ruines 4 , insérées ao sommet des divisions du périanthe. Squamulei h y peines nulles. Ovaire à une seule loge unKevo- Iée. Style filiforme, à base persistante; stigmate fusiforme , aminci au sommet. Noix lenticulaire , monosperme , chevelue d'un côté, ou samare barbue à la base.

Les Petrophila sont des arbrisseaux rigides , â feuilles glabres, variées , filiformes Ou planes, indivises, lobées ou pionatifide?, quelquefois même hétéromorphes sur le même arbrisseau ; â fleurs formant des cènes ou chatons ovales ou oblongs, terminaux et axillaires , quelquefois groupés ; â strobile fructifère revêtu d'écaillés imbriquées , libres ou soudées. M. Endlicher(Ge».pto«f., p. 337, n. 2121) a réparti les espèces de ce genre en quatre sections , qu'il nomme et caractérise ainsi : a. Arthrostigma : Stigmate articulé , i article inférieur anguleux , glabre; article supérieur tomenteux ; noix len-

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Uculaire-comprimée, chevelue ; strobile revêtu d'écaillés libres ; feuilles filiformes , indivises; — b. Petrophile : Stigmate sans articulation, hispide; noix lenticulaire-comprimée, chevelue ; strobile revêtu d écailles libres; feuilles filiformes, bipiunatifides ; — c. Sympkyolcpis : SUpmaïc sans articulation, hispide; samare foliacée, dilatée; strobile revêtu d'écaillés soudées; feuilles planes, bipinnatiOdes ; — d. Xeroslole : Stigmate sans articulation , bispide; samare plane; strobile revêtu d'écaillés libres ; feuilles planes , a 3 divisions.

Ces plantes croissent principalement dans les parties méridionales de la Nouvelle-Hollande. (J.)

PETROPHILE, Knight et Salisb. (ProL, 92 ). bot. th. — Syn. de Peirophiia, R. Br.

•PETROPUILUS («t'rpoi, rocher; «p.loç, qui aime), uw.— Genre de l'ordre des Coléoptères penlamères , de la famille des (^arabiques , et de la tribu des Féroniens , établi par de Cbaudoir (Tableau d'une nouv. subdio. du genre Feronia do Dejean. — Extrait des Mém. de la Soc. imp. des nat. de Moscou, t. XVIII , p. 9 et 14). L'auteur l'a formé avec le P. Findelii Dejean (Pterostichus) ; sa patrie est l'Autriche. (C.)

PEIBOSELlKUSlou PERSIL, bot. m.

— Genre de la famille des Ombetlifères , tribu des Amrainées , établi par Hoffmann (Vmbellif. , 1 , 78 , t. 1 , f. 1 ) aux dépens des jjpium de Linné. Ses principaux caractères sont : Calice à limbe irrégulier. Pétales arrondis , infléchis , entiers ou échancrés. Stylopode en forme de cône court , un peu crénelé. Styles divergents. Fruit ovale, contracté sur le côté, didyme; méricarpes à cinq côtes filiformes , égales , les latérales marginales; vallécules à une seule bandelette; commissure a deux bandelettes. Carpophore à deux divisions.

Les Petroselinum sont des herbes bisannuelles, rameuses, glabres , i feuilles décomposées , à divisions cunéiformes. Involucre oligophylle; involucelles polyphylles. Fleurs blanches ou verdàlres , uniformes ; celles du disque souvent stériles; étamines plus longues que les pétales.

Ces plantes croissent spontanément dans l'Europe australe et l'Ile Diémen.

De Candolle (Prodr., IV, 102) cite et décrit cinq espèces de ce genre, qui sont :

| Le Petroselinum sativum Hoffm. et Koch ( Apium Petroselinum Lin. , Ap. vulgare Lamk. , Ap. tenuifolium Riv. ), à tige dressée , anguleuse ; à feuilles brillantes , dont les segments inférieurs sont cunéiformes et tridentés ; les supérieurs lancéolés, entiers, et les involucelles filiformes.

Cette espèce est fréquemment cultivée dans les jardins pour ses emplois culinaires. Sa racine simple , grosse comme le doigt , blanche , aromatique , est une des cinq racines apéritives, c'est-à-dire qui rétablissent la liberté des voies bilieuses, urinaires, etc. Ses feuilles sont employées i l'extérieur comme résolutives; et sa semence, qui est très aromatique , contient une huile essentielle très concrescîble.

Cette plante a fourni deux variétés principales : Petros. crispum (Ap. id. Mil!.) , à feuilles inférieures plus larges et frisées ; Petros. latifolium (Ap. id. Mil I . ) , à feuilles inférieures à 3 divisions dentées en scie , et à pétioles très longs.

Les autres espèces comprises dans ce genre sont : les Petroselinum peregrinum La g. , Koch (Ligusticum id. Lion., Jacq.; Sison pe~ regrinus Spreng., Apium tafi/bfiumSpreng.); — Petros. selinoides DC. ( Selmum peregrinum Willd. ); — Petros. prostratum DC.

(Apium id. Labill., Venu, Scbult. ) ; — Petros. segetum Koch ( Sison id. Linn. , Jacq., Sow. ; Sium id. Lamk.).

Le Persil s'accommode de toutes les terres ; mais il réussit mieux dans celles qui sont fraîches, légères, profondément labourées. On peut le semer en toute saison, mais principalement aux mois d'avril et de mai. Les semis se font a la volée ou bien en rayons ; dans ce dernier cas, on enterre la graine i 14 millimètres au plus. La jeune plante n'exige d'autres soins que d'être sarclée. (J.)

PÉTROSILEX. gbol. - Cette roche agrégée , nommée Eurite par divers géologues , est composée de Feldspath compacte , souvent mélangé de parties étrangères. Sa cassure est cireuse; elle est plus ou moins fusible en verre blanc; ses teintes dépendent, soit de celles du Feldspath, soit des éléments accessoires qui 7 sont mélangés, notamment le Talc, le Quartz, l'Amphibole, etc.

Le Pétrosilex forme , tantôt des couches stratiformes , tantôt des masses non strati-

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fiées, des amas ou des filons dans la partie supérieure des terrains primordiaux et dans les terrains inférieurs à l'étage houiller.

•PETUKGA. bot. ra. — Genre de la famille des Rubiacées-Cincbonacées, tribu des Gardéniées-Eugardéniées, établi par De Candolle (Prodr., IV, 398). Arbrisseaux des Indes. Voy. bubiacées.

PETUNIA (nom brésilien), bot. ra.— G . de la famille des Solanacées, tribu des Nicolianées, établi par Jussieu (in Annal. Mus., Il, 215, t. 817) aux dépens des Nicolianes, et dont les principaux caractères sont: Calice à 5 divisions spathulées. Corolle hypogyne , infundibuliforme ou hypocratériforme , à tube cylindrique ou renflé au milieu, à limbe étalé, inégalement plissé 8-lobé. Étamines 5, insérées au milieu du tube de la corolle , incluses , inégales. Ovaire a 2 loges multiovutées. Style simple; stigmate capilé, irrégulièrement bilobé. Capsule biloculaire , à 2 valves indivises, polyspermes.

Les Pétunia sont des herbes un peu visqueuses , à feuilles alternes , très entières ; les florales géminées; à pédoncules uniflores, «Biliaires et sol i la ires.

Ces plantes croissent dans l'Amérique australe.

L'espèce principale, la Pétunia nyetaginifloraSuM. (toc. cit. ), a les fleurs blanches assez semblables à celles de la Belle-de-nuit. Elle est assez commune dans les jardins botaniques où on la multiplie de graines. (J.)

PETLMOIDES, Don. bot. po. — Voy.

IIICOTIAttE.

PÉTUNTZÉ. ceol. - Voy. pegmatitb.

PËUCE. bot. foss. — Genre de Conifères fossiles établi par Lindley ( Foss. flor. , I , 39 ) , et dont les espèces qui le composent ont été trouvées dans les terrains bouillers et oolithiques.

PEL'CEDAîVE. Peucedanum ( amer ). bot. ph. — Genre de la famille des Ombellifères, tribu des Peucédanées , établi par Linné (Gen., n. 339 et 359), et auquel il faut rapporter aussi les Imperatoria du même auteur. Ses principaux caractères sont: I Calice à limbe 5-denlé ou irrégulier. Pétales oblongs , éebancrés ou entiers. Fruit comprimé à la partie dorsale, entouré d'un rebord dilaté et plan ; méricarpes à cinq côtes également distantes, les trois dorsales fili-

forrrfes , les deux latérales plus irrègulièrei, contigues ou réunies ; vallécules à une on trois bandelettes, la commissure en présente deux à quatre : ces bandelettes sont nues oa couvertes par le péricarpe. Carpopbore à deux divisions.

Les Peucédancs sont des herbes Tirâtes ordinairement glabres ; à feuilles unipiuripinnatiséquées ou triséquées ; à fleurs disposées en ombelles terminales ; iorolucre variable ou nul; involucelles souvent poljpbylles.

Ces plantes croissent en Europe , surtout dans les régions australes , dans l'Asie centrale et les Indes orientales.

Ou connaît plus de 40 espèces de Percédanes, que DeCandolle {Prodr., IV, 175- 183) a réparties en plusieurs sections, dont voici la dénomination et les caractères :

1 . Palimbia: Calice à limbe irrégulier; bord des péricarpes étroit ; vallécules souvent à trois bandelettes; commissure bifasciée. Involucre nul ou oligophylle.— Trois espèces.

2. Eupeucedanum : Calice à limbe apparent; bord des méricarpes étroit; vallécules à une seule bandelette ; commissure à deux ou quatre bandelettes nues. Involucre aul ou oligophylle.

A cette section se rapportent 16 espèces, parmi lesquelles nous citerons seulement les deux les plus répandues, savoir :

Le Peocbdake officiiul, Peueed. officinale ( P. allissimum Desf. , P. aiso/iciiin Poir. , Selinum peucedanum Sow . , P. tnojus Halicum aforis.). Tige cylindrique, rameuse, de 1 i 2 mètres de hauteur ; feuilles trois et quatre fois ailées, à folioles linéaires, allongées, acuminées, sessiles ; gaines des feuilles supérieures herbacées , étroites , à découpures ternées ou nulles; fleurs jaunes, ditposées en ombelles. Involucre à trois folioles très fines, caduques.

Celte espèce crott dans les prés humides de l'Europe , en Alsace , dans le midi de la France, en Italie, etc. Elle fleurit en juin et juillet. Les Cochons seuls semblent rechercher ses racines avec avidité; aussi l'appellet-on vulgairement Fenouil de Porc, Queue de Pourceau.

Le Peccédahk paiisiex, Pcuced. parisiens* DC. (P. officinale Thuil., P. gallicum Pers.)- Tige cylindrique un peu rameuse ; feuilles trois ou quatre fois ailées, à foliole* liaéti-

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res, nerveuses» divariquées; involucre i 8-10 folioles subulées , linéaires; involucelles sétacées ; fleurs blanches.

Cette espèce crott principalement dans les environs de Paris, dans les bois de Meudon, Sèvres, Bondy, etc.

3. Thysselinwn : Calice à limbe apparent; bord des méricarpes étroit ; vallécules à une seule bandelette; commissure à deux ou quatre bandelettes couvertes par le péricarpe. Involucre polyphylle. — Deux espèces.

4. Cervaria : Calice à limbe apparent ; bord des méricarpes étroit ; vallécules à une seule bandelette ; commissure a deux bandelettes nues. Involucre polyphylle.— Trois espèces.

5. Selinoides : Calice à limbe apparent ; bord des méricarpes très large ; vallécules a une seule bandelette; commissure à deux ou quatre bandelettes nues. Involucre polypbylle. — Huit espèces.

6. Angelicoides : Calice a limbe apparent; bord des méricarpes très large ; vallécules à une seule bandelette; commissure à deux bandelettes nues. Involucre nul. — Dix espèces dont la plupart sont peu connues.

7. Imperaloria, Linn. (toc. cit.) : Calice a. limbe incomplet ; bord des méricarpes très large; vallécules à une seule bandelette; commissure à deux bandelettes nues. Involucre nul. — Trois espèces. (J.)

PEL'CÉDANÉES. Peucedaneœ. bot. ra.

— Tribu des Ombellifères (foy. ce mot), ainsi nommée du genre Peucedanum qui lui sert de type. (Ad. J.)

PEUCOA. ois.— Genre fondé par Audubon dans la famille des Fringillidées pour le Fring. Bachmanni Aud. (Z. G.)

PEUMUS, Pers. (Eruh. , II, 609). bot.

ïh. — Syn. de Ruizia, Pav.

PEUPLIER. Populus. bot. ra. — Genre important de la famille des Saliciriées, de la diœde octandrie dans le système de Linné, établi par Tournefort et adopté sans modifications par Linné et tous les botanistes postérieurs. Les végétaux dont il se compose sont des arbres le plus souvent de haute taille, qui croissent naturellement en Europe et dans l'Amérique septentrionale ; leurs feuilles alternes , dentées , fréquemment anguleuses , sont accompagnées chacune de deux stipules écailleuses , tombantes ; leurs bourgeons sont formés d'écaillés

imbriquées , souvent agglutinées par une matière visqueuse, aromatique ; leurs fleuri diolques sont réunies en chatons qui se développent, chez les uns plus tut, chez les autres en même temps que les feuilles. Les chatons mâles présentent des bractées laciniées ou frangées, a l'aisselle desquelles se trouvent les fleurs formées d'un périantbe en godet allongé obliquement à son côté antérieur, et de 8-12 étamines ou davantage; les chatons femelles offrent des bractées également laciniées ou frangées , avec des fleurs composées d'un périantbe semblable à celui des mêles , et d'un pistil à ovaire uniloculaire, renfermant, sur plusieurs placentaires pariétaux, des ovules nombreux , anatropes ; cet ovaire est surmonté d'un style très court, que terminent deux stigmates bipartis. A ces fleurs succèdent de petites capsules bivalves, qui renferment de nombreuses graines aigrettées.

Plusieurs espèces de Peupliers sont des arbres très répandus dans les plantations d'utilité et d'agrément; nous croyons devoir nous arrêter sur les plus intéressantes d'entre elles que nous rangerons dans l'ordre adopté par M. Spach dans ses Suites à Buffon, X, p. 378.

a. Leuce , Rchb. Rameaux et ramules cylindriques. Jeunes pousses terminales et rejetons (chez certaines espèces, également les bourgeons, la face inférieure des feuilles, et les jeunes ramules) cotonneux, veloutés ou pubescents. Feuilles ramulaires en général aussi larges ou presque aussi larges que longues , à pétiole long , grêle , aplati. Fleurs mâles 4 8 andres. Bractées plus ou moins poilues, ou laineuses, pal matifides (excepté chez une espèce); stigmates à lanières étroites, divariquées. Chatons fructifères plus ou moins serrés.

1. Pedplibb blanc , Populus alba Lin. Ce bel arbre est connu vulgairement sous les noms de Blanc de Hollande, Ipréau. 11 croit communément en France et dans les parties méridionales de l'Europe, dans les lieux frais et humides. C'est un des arbres de nos contrées qui s'élèvent le plus haut , sa hauteur atteignant ou dépassa nt 30 et même 35 mètres. Son tronc, revêtu d'une écorce grise, d'abord lisse, plus tard crevassée, acquiert de 10 à 15 décimètres de diamètre; il se termine par une cime ample, conique;

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ses bourgeons ovales ou coniques , pointus, sont cotonneux et non glutineux; leurs écailles restent roussàtres et luisantes après que leur duvet est tombé ; les feuilles, portées sur un pétiole médiocrement comprimé par les côtés, sont presque arrondiea-ovales, anguleuses-dentées; celles des ramules terminaux en coeur à leur base, palmées à 5 lobes; dans leur jeunesse, elles sont revêtues, de même que les jeunes rameaux , d'une grande quantité de poils blancs, comme feutrés, qui, disparaissant ensuite progressivement en dessus, leur donnent plus tard une teinte grise-argentée , et qui même les laissent partiellement nues à l'automne; leurs stipules sont linéaires, lancéolées. Les écailles des ebatons femelles sont lancéolées , crénelées au sommet , ciliées; les capsules sont petites, ovoïdes et acuminées. Ce grand et bel arbre aime surtout les terrains frais, mais il prospère aussi dans les lieux secs et presque dans toute sorte de terre, excepté dans la glaise. 11 est très avantageux par la rapidité de son accroissement, qui est telle que, dans un sol médiocre et frais, il atteint en dix ans une bauteur de 10 mètres ou plus, sur un diamètre de 2 ou 3 décimètres. Sa durée est assez limitée et n'est guère en moyenne que d'environ 100 ans. Ses racines s'étendent au loin près de la surface du sol et donnent dans toute cette étendue un grand nombre de rejets; aussi son voisinage est-il redoutable pour les terres cultivées. Il fleurit a la Gd du mois de mars et au commencement de celui d'avril , longtemps avant l'apparition des feuilles; ses chatons miles se montrent les premiers et précèdent de huit jours environ les ebatons femelles. Ses graines I mûrissent dans l'espace de cinq ou six semaines. Le bois de ce Peuplier est blanc, parfois légèrement coloré en jaune vers le centre du tronc, léger, tenace, assez estimé pour la menuiserie, surtout celui des racines qui, de même que celui de la plupart des espèces suivantes, sert aujourd'hui i la confection de meubles recherchés. Frais, il pèse 58 livres S onces par pied cube (Loudon) ; en séchant il se réduite 38 livres 7 onces; en même temps il diminue d'environ un quart de son volume. On l'emploie en quantité pour la confection d'un grand nombre d'objets divers, pour des charpentes légères , etc. Il

prend très bien la teinture ; de plus il peut lui-même donner une teinture jaune , particulièrement pour la laine. Enfin les feuilles et les jeunes pousses de cet arbre constituent un bon fourrage pour les bestiaux.

2. r el puer cbjsabj) , Populus (OftactM Smith. Cette espèce très voisine de la précédente pour la taille , le port et la forme générale, est confondue avec elle par Willdenow et quelques autres botanistes ; elle s'en distingue par ses feuilles d'abord presque aussi blanches en dessous que celles du précédent , mais bientôt d'un vert grisâtre, et enfin nues el d'un vert clair, presque srrondies-ovales , anguleuses-dentées; celles des ramules terminaux en cœur-ovales, nais non lobées. Les écailles de ses chatons femelles sont fendues au sommet, ciliées à leur bord. Ses bourgeons sont, comme ceux du précédent, blanchâtres et non glut 11 croît dans les mêmes lieux que le plier blanc , et fleurit à la même époque. D'après Loudon, son bots est plus dur et plus durable que celui de ce dernier.

3. Peuplier-Tremble , Populva Trtmua Lin. Cette espèce croit naturellement dans presque toutes les parties de l'Europe s'étend jusqu'en Sibérie; elle reste tantôt asset basse pour ne former qu'un arbrisseau, tantôt, au contraire, elle s'élève en arbre jusqu'à 15 et 20 mètres de hauteur. Son écorce est lisse et d'un gris blanchâtre; ses feuilles , d'un vert clair, plus piles en dessous, sont pendantes à l'extrémité d'an pétiole long et très comprimé par les cotes, ce qui détermine en elles une agitatioo presque continuelle; elles sont toutes, de me que les pétioles et les ramules, glabres, ou tout au plus revêtues de poils courts dans leur première jeunesse , arrondies , légèrement acuminées, anguleuses ou sinué»dentées; ses bourgeons sont glabres, ghxteneux. Les ebatons de fleurs sont groupés a l'extrémité des rameaux , denses, de couleur brunitre, entièrement couverts par les longs cils luisants des bractées ; après la floraison, ils deviennent pendants et acquièrent jusqu'à 15 centimètres de long; les eapsole* sont de forme ovale-lancéolée. Ce Peuplier prospère dans à peu près toutes sortes .ie terres , mais plus particulièrement dans celles qui sont sablonneuses et fraîches. Ses

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racines s'étendent horizontalement sons la surface du sol, de manière, a-t-on dit, h répuiser promptement; de plus, elles pénètrent peu profondément , ce qui permet de cultiver cet arbre dans des terres peu prorondes. Son bois est blanc et tendre , susceptibled'êtreemployéà un grand nombre d'ouvrages divers. A l'état frais, il pèse 54 liv. 6 onces par pied cube (Loudon); il se réduit, en séchant, à 34 livres 1 once sous le même volume, de manière a perdre, par conséquent, 2/5 de son poids, et à réduire son volume d'environ un 1/6. Employé comme combustible , la chaleur qu'il donne est, ^ comparativement à celle donnée par le Hêtre, pris pour unité, :: 970 : 1540; il est donc de qualité très médiocre sous ce rapport. 11 donne un charbon léger, très propre à la fabrication de la poudre. L'écorce du Tremble est utilisée pour le tannage des peaux , de même que celle des Peupliers blanc et noir; Pallas dit qu'en Russie elle entre dans la médecine domestique. En analysant cette écorce , Braconnot y a trouvé de la Populine, substance qui se retrouve chez quelques autres Peupliers , de la Salitine, des acides bencolque et peclique , une matière gommeuse, des tartrates et du ligneux. En diverses parties de l'Europe, on donne aux bestiaux les feuilles de cet arbre, aoit fraîches, soit sèches; elles constituent même un très bon fourrage, dont on peut tirer un bon parti ; pour cet usage , on les cueille en été, tous les deux ans. Cette espèce se propage plus difficilement par boutures ordinaires que la plupart des autres espèces du même genre ; mais sa multiplication est tout aussi facile, au moyen de ses rejetons , de ses graines et par boutures de racines. On la plante fréquemment, aoit pour l'ornement des jardins paysagers, soit pour les produits qu'elle donne.

Dans cette même section du genre rentrent encore les Populus grandiâenlata Michaux , et P. tremuloides Michaux , l'un et l'autre originaires de l'Amérique septentrionale, et aujourd'hui assez répandus en Europe.

b. Leucoides, Spach. Rameaux et ramules cylindriques. Rejetons, jeunes pousses et Jeunes feuilles couverts d'un duvet pulvérulent, floconneux, non persistant. Feuilles palmatinerves, non palmati-lobéea, ni an-

guleuses , très larges ; pétiole aplati seulement vers le sommet, cylindrique dans sa portion inférieure (fleura incomplètement connues).

Ici se range le Pectlito Atceirri , Populus heterophylla Lin., arbre de l'Amérique septentrionale, cultivé en Europe, à grandes fleurs en cœur, dentées, cotonneuses à leur face inférieure.

c. Aigeiros, Rchb. Bourgeons et Jeunes feuilles visqueux , ordinairement glabres , jamais cotonneux. Rameaux et Jeunes pousses cylindriques ou anguleux. Feuilles aussi larges, ou presque aussi larges que longues, jamais ni anguleuses, ni palmati-lobées , presque concolores (vert clair) aux deux faces; pétiole aplati, long, grêle. Bractées glabres, indivises, fimbriées. Fleurs maies 8-30-andres; style bifurqué; stigmates réniformes ou suborbiculaires, obliquement pelles, crénelés aux bords, jaunes, minces, réfléchis. Chatons fructifères très lèches, moniliformes.

4. Pr.i PLIER ÎÏ01R , Populu$ nigra Lio. Cê bel arbre, vulgairement connu sous les noms de Peuplier franc , Osier blanc , se trouve dans les mêmes lieux que le Peuplier blanc; seulement il est moins commun que lui dans les parties froides de l'Europe. Son tronc s'élève jusqu'à 25 et 30 mètres sur 1 mètre, 4 mètre 2 décimètres de diamètre; il se divise en longues branches qui forment une cime large et conique; il est revêtu d'une écorce grise, crevassée; ses feuilles, en losange ou ovales-triangulaires, acuminées, presque toujours plus longues que larges, sont dentées en scie, luisantes, d'un vert foncé en dessus, plus pèles en dessous , glabres, glutineuses a l'état jeune, de même que les jeunes pousses et les bourgeons; elles se montrent plus tard que celles des Peupliers blanc, grùurd et pyramidal. Les chatons, ramassés a l'extrémité des branches, sont d'abord coniques, courts; plus tard pendants , cylindriques et allongés , surtout les femelles ; leurs bractées sont glabres ; les capsules coniques. Ce bel arbre, le plus utile peut-être et le plus productif de tout le genre, réussit très bien dans les sols frais , surtout le long des eaux et dana les prairies humides. La rapidité de son accroissement est considérable; en dix ans, il s'élève à 10-13 mètres; en quarante ou

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cinquante ans , il atteint son état adurVe et doit dès lors être coupé sans retard; aussi commence-t-il à décliner vers soixante ans. Bon bois est employé à des usages nombreux , et comme il est plus fibreux , plus tenace et plus doux en même temps que celui des autres Peupliers en général , il est plus communément mis en œuvre pour la menuiserie , pour la confection des caisses d'emballage, etc. Vert, il pèse 00 livres 9 onces par pied cube(Loudon); en séchant, il se réduit à 29 livres, perdant ainsi plus de la moitié de son poids, et environ 1/5 de son volume. Il forme un combustible très médiocre; la cbaleur qu'il dégage n'étant, par rapport à celle du Hêtre, que : : 792 : 1 540. Les jeunes branches et les rejets de cet arbre sont assez flexibles pour fournir de bons liens et pour être employés dans la vannerie, concurremment avec l'Osier. En le plantant dru , on en obtient de bonnes perches. Son écorce renferme une assez forte proportion de tannin pour être employée avantageusement en Angleterre, comme celle du Chêne, au tannage des peaux; en Russie, on s'en sert particulièrement pour la préparation des maroquins , ou bien on la donne aux moulons après l'avoir pulvérisée. Elle peut encore servir à la teinture en jaune. Les feuilles du Peuplier noir et ses jeunes pousses constituent un bon fourrage, que les bestiaux mangent avec plaisir. Enfin la matière résineuse aromatique qui enduit les écailles de ses bourgeons est la base de l'onguent populeum. On en frisait autrefois une solution alcoolique qu'on employait surtout en frictions dans les rhumatismes , et qui n'est guère plus usitée aujourd'hui. On pense que cette même matière fournit en grande partie aux Abeilles la matière de leur propolis. — Le Peuplier noir se multiplie avec la plus grande facilité par boutures et par rejets.

5. Pbcplikb mtuiiioal, Populus pyramiâalis Rozier (p. fastigiata Pers.). Ce Peuplier est très connu sous les noms de Peuplier d'Italie , Peuplier de Lombardie, noms asseï impropres, puisqu'il est originaire d'Orient, et qu'il avait été seulement importé dans la Lombardie , d'où il nous est venu vers le milieu du siècle dernier. Il se distingue essentiellement et de prime-abord à son port élancé et conique, qu'il doit i

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ce que ses branches sont courtes et redressées presque verticalement le long d'an tronc régulièrement conique et continu. Il s'élève jusqu'à 30 mètres , quelquefois jusqu'à plus de 40. A part sa forme caractéristique, il ressemble beaucoup, par la plupart de ses caractères, à l'espèce précédente; cependant ses feuilles sont généralement plus courtes proportionnellement à leur largeur. De plus, il donne des drageons, tandis que le premier n'en produit que rarement. Ce bel arbre, aujourd'hui si répandu daas nos campagnes, où il produit un si bel effet par le contraste de son port élancé avec celui de nos autres arbres, est regardé par divers auteurs comme croissant spontanément dans la Lombardie, sur les bords do Pô; il parait cependant bien reconnu qu'il a été introduit dans ce pays. Il a été planté en France pour la première fois, vers 1750, le long du canal de Briare , prés de Uootargis. Il a été introduit en Angleterre en 1758; mais un fait curieux, c'est qu'il e« resté étranger à la Toscane jusqu'en 1805. La rapidité de son accroissement est telle, qu'on le voit s'élever quelquefois à 13 mètres en huit ans environ; Loudon en cite même un individu qui , en cinquante ans, s'était élevé à 40 mètres, près du village de Great-Tew, dans le comté d Oiford. On a souvent répété que l'Europe n'en possède que des individus mâles; cette assertion n'est cependant pas exacte; ainsi, nous la voyons contredite positivement par II. Neilreich {Floravon Wïen.,p. 1 81), qui dil qu'on en possède en Autriche des individus femelles, seulement moins nombreux que les mâles.

Le bois du Peuplier pyramidal ressemble à celui des espèces précédentes, mais il est inférieur en qualité à celui de certaines d'entre elles , particulièrement do Peuplier noir; aussi est-il aujourd'hui à peu près abandonné pour ce dernier daos la Lombardie , du moins comme espèce mile.

On l'emploie à peu près aux mêmes usages, et uu peu plus souvent pour les charpentes légères. La rapidité d'accroissement de cet arbre et sa forme régulière font que, dès l'âge de douze ans, il fournit des pièces propres à ce dernier usage. Ce bois et récorre qui le revêt donnent une bonne teinture jaune , et quelques auteurs l'ont rerom-

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mandé pour cet emploi comme préférable au Quercitron.

6. Peuplier momlifère , Populus monilifera Ait. (P. virginiana Desf.). Cet arbre est connu vulgairement sous les noms de Peuplier suisse, Peuplier de Virginie. La différence de ces deux noms exprime l'incertitude qui règne relativement à sa patrie réelle. Ainsi les uns, et Loudon est de ce nombre, le regardent comme originaire de Suisse et d'Italie, et comme ayant été seulement importé dans l'Amérique septentrionale; cette manière de voir serait conGrmée par ce fait, que Michaux (Arbr., t. III, p. 295) dit que, ni lui ni son père ne l'ont vu sauvage en Amérique, et que Pursh le donne comme toujours cultivé dans ces contrées. D'un autre côté, Aitoo le dit originaire du Canada, et les auteurs du Nouveau Duhamel lui assignent pour patrie la Virginie. C'est un très bel arbre , qui monte très droit jusqu'à 35 et 40 mètres de hauteur, en formant une tète arrondie, large et touffue, et qui ressemble au Peuplier noir pour sa forme générale et pour plusieurs de ses caractères. Ses jeunes pousses sont relevées d'angles longitudinaux en forme de lames étroites, minces, jaunâtres, qui s'effacent dès la deuxième et la troisième année ; ses bourgeons sont bruns , visqueux, allongés et coniques; ses feuilles, portées sur un long pétiole rouge, comprimé dans sa partie supérieure , sont presque rbomboldalcs ou ovales, acuminées, quelquefois un peu en cœur à leur base, dentées, à dents incurvées vers le sommet, ou crénelées, à peu près aussi longues que larges, bordées, au moins à l'état jeune, de cils courts et très Ans, glanduleuses à leur base. Ses chatons mâles sont cylindroïdes et allongés, serrés ; les femelles sont grêles , un peu lâches. Ce Peuplier demande des sols frais et humides. Il s'y développe plus rapidement encore que tous ses congénères ; ainsi on le voit souvent atteindre et dépasser même 12 mètres en sept ans; Loudon dit même qu'on l'a vu, en Écosse, s'élever à 23 mètres en seize ans. Comme , malgré cette étonnante rapidité de développement, son bois est égal en qualité, sinon môme supérieur à celui des autres Peupliers , et que, de plus , la grosseur et la rectitude de

son tronc permettent d'en obtenir de fortes t. x.

pièces , il en résulte que sa culture présente des avantages réels.

7. Peu pli eb dc Canada, Populus Canadensis Desf. Cette espèce croit naturellement dans l'Amérique septentrionale, du Canada jusqu'à la Virginie, le long des rivières, ou dans les terrains gras, que l'inondation recouvre chaque année ; aussi demande-t-elle à être plantée dans des terrains très humides et se montre t elle, à cet égard, plus difûcile que ta précédente, à laquelle elle ressemble beaucoup pour la plupart de ses caractères et de laquelle elle se dislingue principalement par sa taille moins élevée , qui ne dépasse guère 25 mètres ; par son tronc plus crevassé; par ses jeunes rameaux plus gros, relevés d'angles plus saillants; par ses branches plus étalées ; par ses feuilles plus grandes, de forme arrondie-ovale, ou deltoïde, un peu en cœur à la base où se trouvent deux glandes, glabres, inégale* ment dentées, toujours plus longues que larges. Ses chatons femelles acquièrent jusqu'à deux décimètres de long. On ne connaît pas exactement l'époque à laquelle cet arbre a été introduit en Europe.

8. Peutlier de la Cauoline , Populus angulala Lin. Ce grand et bel arbre croit spontanément dans les parties marécageuses et très humides au midi des États- Unis, particulièrement près du Mississipi ; aussi dcmande-t-il à être planté dans des terres humides, où son accroissement est rapide. II atteint environ 30 mètres de hauteur, avec un tronc d'un mètre ou 12 décimètres de diamètre; sa cime est large et touffue; ses rameaux , de couleur vert olive , sont relevés d'angles longitudinaux très saillants, ordinairement rouges , qui finissent par devenir subéreux et qui se conservent même sur les branches ; ses bourgeons sont courts, ovoïdes, pointus, verts, légèrement ou même pas visqueux; ses feuilles, les plus grandes du genre, sont deltoïdes, ou ovales, en cœur à leur base, surtout celles des rejets, acuminées, dentées , glanduleuses à leur base; sur les rejets elles dépassent quelquefois deux décimètres de longueur.

Ce large feuillage expose le Peuplier de la Caroline à être facilement endommagé pnr le vent; de plus, dans nos départements septentrionaux, il souffre fréquemment des gelées. Il est dirikile de le multiplier par

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boutures et par marcottes ; d'ordinaire on le propage par greffes sur le Peuplier pyramidal.

A la section qui nous occupe se rapporte encore le Peuplier de la baie d'Hudsoh , Populus hudsoniana Michx.

d. Tacamahaca, Spach. Bourgeons, jeunes [t ousseset jeunes feuilles glabres ou pubest- ents (jamais cotonneux); rameaux et rejets a nguleux lorsqu'ils sont jeunes; feuille* larges ou étroites, discolores (d'un vert clair en dessus, blanches et luisantes en dessous), jamais ni anguleuses, ni palmatilobécs ; pétiole presque cylindrique, point comprimé, canaliculé en dessus; celui des feuilles des rejets et des pousses terminales très court chez quelques espèces. Bractées glabres, indivises, flmbriées. Fleurs mâles 12- 30 andres. Style 2-4-furqué; stigmates larges, subpellés, 2-Iobés. Cbatons fructifères longs , un peu lâches.

Les Peupliers de cette section sont vulgairement désigoéssous le nom de Baumiers. Le plus connu d'entre eux est le Peuplier bacmier ou Tacamahaca , Populus balsamiferaLin., arbre de la Caroline qui, dans nos pays, ne s'élève guère qu'à 8 ou 10 mètres, dont les feuilles ovales -lancéolées, dentées, sont réticulées a leur face inférieure, dont le bois a une odeur balsamique analogue a celle de la matière résineuse exsudée par ses bourgeons ; cette substance aromatique n'est autre chose que la résine connue en Amérique sous le nom de Tacamahaca, qui a été donné a l'arbre luimême. A cette section appartiennent encore le Peuplier de l'Ontario, Populus candicans H. P., et le Peuplier a feuilles de laurier, Populus laurifolia Ledeb.

PEUPLIÈRE BRUNE. Dendrosarcus populeus. bot. cr. — Paulet (Trait. Champ., t. II, p. 419, pl. 22 , fig. 2) donne ce nom i VAgaricus ostrealus Jacq. (Liv.)

PEYROUSA , Bicb. (Msc). bot. pb. - Syn. de Thibaudia, Pav.

PEYROUSEA, DC. (Prodr., VI, 76).

bot. pb. — Syn. de Lapcyrousia, Thunb.

PEYROUSIA, Sweet (ffort. brit., 499).

bot. po. — Syn. de Ovieda, Spreng.

PEZIZE. Peziza. bot. cr. — Pline a désigné sous le nom de Pezica des Champignons qui naissaient sans pédicule. Dil-

len , dans le Catalogue des plantes qui croissent spontanément dans les envirooi de Giessen , en a seulement un peu adouci la prononciation en changeant leC en Z; mais les espèces qu'il a réunies à ce geure appartenaient à d'autres. Ainsi, par exemple, le Peziza auriculam referens est VExidia auncula Judœ Fr. , la Peziza tubaformis œmula, le Cratcrellus cornu copiodes Pers., le P*ztza calyciformis lentiferalœvis , le iVûfrlaria campanulata Fr. , ou crucifcw/w»

Fr. , etc. ; le Peziza calyciformis Unifin hirsuta est le Nidularia striata. Fr. Uedvig, en 1788 , dans le second volume de son important ouvrage , intitulé : Descriptio et adumbralio Muscorum frondosomm, étudia d'une manière particulière quelques Péiizes. Frappé du nombre constant des spores que les tbèques renfermaient, il les nomma Octospora ; il fit en même temps confiai ire les parapbyses qui accompagnaient les tbèques. Ces analyses d'Hedwig ont eu sur la mycologie la plus grande influence, et pendant longtemps on a cru que presque tous les Champignons présentaient le même mode de fructification ; depuis quelques années seulement on a reconnu qu'il n'en était pas ainsi. Persoon , dans son Synopsis fungorum , réunit sous le nom de Périxes tous les Champignons, sessiles ou pédicules, qui avaient la forme d'une capsule , et qui présentaient tes caractères indiqués par Hedvrig; mais, à mesure que la sciences marché, les espèces ont tellement augmenté en nombre , qu'il a fallu les partager en un grand nombre de genres; et, pour effectuer ces divisions , on a consulté la forme, la consistance , le mode de déhiscente du réceptacle, la forme des «pores, etc. De sorte que maintenant le genre Peziza forme une grande famille, que Ton a désignée sous les noms de Péiizoldées, deCupulées.

Le genre Peziza de Persoon , de Fries et des auteurs modernes, présente pour caractères : un réceptacle (cupule) sessileou pédiculé, membraneux, charnu, mou, coriace ou friable, creusé eo forme de cupule; ss cavité est tapissée par un hyménium le plus souvent d'une couleur différente, et composé de thèques en forme de massue , mélangées avec des paraphées simples ou rameuses, filiformes ou renflées à l'extrémité;

elles renferment le plus ordinairement huit spores , qui , à une certaine époque , s'échappent brusquement sous la forme d'un nuage.

La cause de ce phénomène curieux, et qui eicite la curiosité de ceux qui le voient pour la première fois, nous est inconnue. Bulliard (//»!. des Champ. , p. 52, fig. 6) supposait que les filets qui portent les semences de ces Champignons étaient irritables , disposés par étages et placés les uns au-dessus des autres; que lorsqu'on souffle dessus ou qu'on agile l'air, les filets les plus extérieurs se contractent et se redressent presque aussitôt, et que ceux qui sont placés au-dessous, rompant dans ce moment le lien qui les retenait dans une position , gênante, se détendent et lancent les graines dans une direction verticale. Ces mouvements se répètent à différents intervalles, et ne cessent que quand il n'y a plus de semences. Malgré le dessin imaginaire de Bulliard et l'explication qu'il en donne, il est très difficile de comprendre son idée.

Palisot de Beauvois (/oc. cit., p. 153) expliquait plus simplement encore cette organisation, quand il disait • que les organes » reproductifs des Pézizes, des Clavaires, etc. » sont contenus dans l'épaisseur de l'épi- » derme et rangés entre deux fibres tendues » parallèlement, comme des grains de eba- » pelet, à la suite les uns .des autres. Lors » de la maturité, ces graines s'échappent » parla face supérieure, avec explosion, et » forment un petit nuage. Alors ces fibres » étant forcées de s'étendre, le Cbampi- » gnon se crispe , et la masse entière di- » minue de volume. » Le célèbre membre de l'Académie des Sciences ajoute que l'on n'a pas besoin du microscope pour constater ces phénomènes. Je crois, au contraire, que s'il eût employé cet instrument, même d'une faible puissance, il aurait eu des idées plus précises sur la fructification des Pézizes.

Ces Champignons sont extrêmement nombreux ; on les rencontre à toutes les hauteurs, et même au niveau des neiges fondantes ; ils végètent sur les feuilles , les tiges des plantes , les troncs d'arbres qui sont en décomposition ou qui commencent à se décomposer; il y en a même quelques uns qui croissent sur les feuilles des plantes

vivantes et qui ne leur sont pas nuisibles. Il n'y a qu'un très petit nombre d'espèces qui aient pour habitat les matières animales, et le plus ordinairement ces matières sont-elles réduites à l'état de terreau.

Si l'on en croit Palisot de Beauvois (Journ. bot., t. 2, p. 154), très rarement on trouve la même Pézize deux années de suite à la même place. « Pour m'assurer du fait, j'ai, dit-il, planté des morceaux de bois dans des lieux où j'avais remarqué plusieurs Peziza acetabulum. II ne m'est arrivé qu'une seule fois d'en retrouver è la même place où j'en avais observé l'année

précédente » Ces sortes de Champignons

se dégagent de leurs semences avec explosion ; celles-ci sont transportées au loin par le vent, raison pour laquelle il ne s'en rencontre pas deux années de suite à la même place. Mes observations ne concordent pas avec celles de Palisot de Beauvois, car souvent j'ai rencontré dans le même endroit des Pézizes et même la Pezixa acetabulum dans des endroits où j'en avais rencontré auparavant. Il est même très important de remarquer les endroits, l'époque et les circonstances atmosphériques ; c'est le seul moyen que nous ayons à notre disposition pour nous procurer des Champignons quand nous en avons besoin. C'est ainsi que les paysans se procurent les Morilles, et jamais ils ne les cherchent vainement quand la saison est favorable.

La forme de la cupule est très variable ; elle est sessile ou pédicutée , en forme de coupe, d'assiette ou d'entonnoir ; de concave qu'elle était, elle devient aplatie avec l'âge, et quelquefois se renverse au point de devenir convexe. Sa marge le plus ordinairement est entière, mais elle se déchire en différents points à mesure que le Champignon se développe ; dans quelques espèces seulement, elle est garnie de dents très marquées. Une section de ce genre offre le singulier phénomène de paraître composée d'une seule lame , dont les extrémités se roulent en dedans et forment une cupule qui parait fendue sur un des côtés, ce qui a leur donne l'apparence d'une oreille d'animal.

La consistance varie également : il y en a quelques unes qui sont fragiles comme de la cire, on ne peut les loucher sans qu'elles

se brisent ; d'antres sont membraneuses , flexibles, coriaces, et les cellules qui entrent dans leur composition ne sont pas de la même nature. Ainsi dans celles qui sont aqueuses, d une consistance de cire, les cellules sont plus ou moins arrondies et pénétrées d'une grande quantité de sucs. Dans celles au contraire qui sont coriaces, les cellules sont allongées, parallèles ; elles sont formées de deux plans : l'externe, ou le réceptacle proprement dit, présente les caractères que je viens d'indiquer ; le disque ou hyrnénium en rerouvre toute la partie supérieure et présente des thèques placées verticalement, parallèles les unes aux autres comme les fils d'un velours et le plus souvent mélangées avec un grand nombre de parapbyses. Quand on soumet cet hyménium à la pression entre deux verres et qu'on le regarde au microscope , on dirait qu'il est composé d'un certain nombre de faisceaux; est-ce le résultat d'une division mécanique ou une disposition naturelle? je n'ai jamais pu m'en rendre compte.

La face externe de la cupule est glabre , tomenteuse, villeuse, quelquefois parcourue par des fibres qui naissent du centre et s'étendent en rayonnant à la circonférence, dans un grand nombre d'espèces , surtout celles qui sont terrestres, elle est couverte de granulations ou de petites verrues; la couleur varie , et ce qui est assez singulier, c'est qu'en dedans le parenchyme est d'une couleur différente; généralement, cependant, il est d'un blanc sale.

L'hyménium est le plus souvent d'une couleur différente du réceptacle, et cette couleur est un des principaux caractères des Pézizes; aussi quand elles sont desséchées a-t-on beaucoup de peine à les reconnaître, l'humidité leur rend bien la forme primitive , mais la couleur le plus ordinairement est altérée. MM. Nées d'Esenbeck et Fries ont cherché à tirer parti de la différence d'épaisseur qui existe entre la couche de thèques et le réceptacle ; j'avoue que je n'ai jamais obtenu de résultat avantageux de ce caractère, il doit même offrir de grandes variations suivant l'âge des espèces. Je me rappelle avoir soumis a l'analyse le Pezixa vmosa et n'avoir pu constater les organes de la fructification. Les thèques étaient à peine développées et j'eipérimen-

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