‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 150 sur 170 · PRO · texte numérisé non relu

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maiîques. A bien prendre, on devrait peutêtre , ainsi que Ta fait Latreilte , en créer on ordre i part, que Ton intercalerait, comme l'a fait Duméril , entre les Mammifères quadrupèdes et les Cétacés. J'aimerais mieux , s'il fallait absolument changer leur nom de Phoque, connu de tous les peuples depuis l'antiquité (voir Pline, Aristote, etc.), leur donner plulôtcelui deCynomorphes, qui leur avait été imposé par Latreilte, que celui d'Amphibies , et cela par deux raisons essentielles : 1* parce que ce dernier mot donne une fausse idée de ces animaux aquatiques ou marins, mais nullement amphibies ; 2° parce que , si ce mot pouvait convenir à des Mammifères , ce qui n'est pas , ce serait plutôt aux Cétacés , aux Lamantins , etc. , qu'il conviendrait qu'aux Phoques. Quoi qu'il en soit, Cuvier leur assigne pour caractères généraux : Pieds si courts et tellement enveloppés dans la peau, qu'ifs ne peuvent , sur terre , leur servir qu'à ramper; mais comme les intervalles des doigts y sont remplis par des membranes , ce sont des rames excellentes ; aussi ces animaux passent-ils la plus grande partie de leur vie dans la mer, et ne viennent-ils à terre que pour se reposer au soleil et allaiter leurs petits. Leur corps allongé, leur épine très mobile et pourvue de muscles qui la fléchissent avec force, leur bassin étroit, leurs poils ras et serrés contre la peau, se réunissent pour en faire de bons nageurs , et tous les détails de leur anatomie confirment ces premiers aperçus.

Les Phoques, en particulier, ont quatre ou six incisives en haut, quatre en bas, des canines pointues et des màeheltères au nombre de vingt , vingt-deux ou vingtquatre, toutes tranchantes ou coniques, sans aucune partie tuberculeuse ; cinq duigts à tous les pieds , dont ceux de devant vont en décroissant du pouce au petit doigt, tandis qu'aux pieds de derrière le pouce et le petit doigt sont les plus longs , et les intermédiaires les plus courts. Les pieds de devant sont enveloppés dans la peau du corps jusqu'au poignet, ceux de derrière jusqu'aux talons. Entre ceux-ci une courte queue. Leur tête ressemble i celle d'un Chien ; leur langue est lisse , échancrée au bout; leur estomac simple; leur cœeum court; leur canal long et asscx égal. Ces

animaux vivent de poissons; ils mangent toujours dans l'eau, et peuvent fermer leurs narines, quand ils plongent, au moyen d'une espèce de valvule. Comme, en plongeant, ils restent assex longtemps sous l'eau, on a cru que le trou botal resuit ouvert chez eux comme dans le fœtus ; mais il n'en est rien. Il y a cependant un grand sinus veineux dans leur foie , qui doit les aider à plonger en leur rendant la respiration moins nécessaire au mouvement du sang, qui est très abondant et très noir.

Ici nous ferons une observation en faveur des lecteurs qui ne sont pas encore initiés à la nomenclature scientifique. Le mot amphibie , appliqué assez mal à propos aui Phoques par G. Cuvier, n'a pas du tout ici la signification que lui donnaient nos pères, et qu'on lui donne encore assez généralement dans le monde. Les anciens croyaient qu'il existe dans la nature des êtres privilégiés ayant la faculté de vivre également sur la terre et dans l'eau, ou plutôt sous l'eau. Des observations mieux suivies , et faites avec plus de philosophie , ont prouvé que, à deux ou trois exceptions près , toos les animaux n'ont chacun qu'un seul système de respiration, et ne peuvent par conséquent respirer dans deux différents éléments. Les uns sont munis de poumons ou d'organes analogues , dont l'appareil est propre à décomposer l'air pour en soutirer l'oxygène indispensable à l'entretien de la vie. Ceux-là sont obligés de respirer l'air en nature, comme l'homme, et si on les submerge pendant un certain temps , ils périssent asphyxiés. Les autres sont munis d'ouïes ou branchies , propres seulement à décomposer l'eau pour en extraire roiygêne, et ils périssentegaleineutasvbyxiés s'ils sont plongés dans l'air pur.

Comme tous les Phoques ont , à peu de chose près, la même organisation, les mêmes mœurs et les mêmes habitudes , nous pouvons esquisser ici leur histoire, afin d'éviter des redites inutiles. Ainsi que nous l'avons énoncé , ces animaux sont connus depuis la plus haute antiquité, et le* poètes se sont chargés les premiers de nous transmettre leur histoire , en la parant de toutes les brillantes Actions de leur imagination. Us n'ont probablement connu que le Phoque commun , qui se trouvait alors assez commune-

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ment sur le littoral de la Méditerranée, ai cela leur a suffi pour inventer les Tritons , les Syrèoes, les Néréides, et toute la cour aquatique de Neptune. Suivons-les un instant dans leurs gracieuses épopées.

Voici les bords heureux de la Méditerranée, dont les eaux vertes et limpides reflètent le feuillage grisâtre de l'Olivier, entrelacé aux rameaux grêles du Grenadier et aux riches pampres delà vigne. Les flots, en battant continuellement contre la roche calcaire qui enfonce sa base dans leur sein, y ont creusé des grottes et des cavernes à demi submergées , que l'imagination superstitieuse ou poétique (ce qui revient à peu près au même) a peuplées d'êtres mystérieux ou terribles. C'est l'humide demeure des Syrènes, des Tritons, des génies de la tempête; et, dans le moyen âge, ces sombres grottes sont les palais des fées de la mer. Encore aujourd'hui, lorsque le ciel est voilé de noirs nuages, lorsque le vent gémit dans les arbres de la forêt et ride la surface des eaux, par une nuit d'automne, le marin, assez imprudent pour approcher sa nacelle de ces antres ténébreux, laisse tout -à coup tomber sa rame de saisissement et d'effroi , en entendant les sons lugubres qui viennent frapper son oreille épouvantée. Qu'il se hâte de dresser sa voile triangulaire , de tourner sa proue vers la haute mer, et de saisir son aviron , car s'il tarde un instant encore il verra sa barque entourée par les fantômes des matelots morts dans les flou , et pour peu qu'il ait eu un vieux parent victime de la tempête , il le reconnaîtra probablement à la pâleur de sa figure blanche , au sombre feu qu'exhalent toujours ! les yeux caves d'un mort qui a quitté le sé- ' jour des spectres pour venir jeter encore un dernier regard sur ce qu'il aimait sur la terre. Il apercevra ces âmes fantastiques glisser sur les eaux en les ridant à peine , cl si le vent chasse un instant dans le ciel le nuage qui obscurcissait la lune, il les verra se traîner sur cette terre qu'elles regrettent , et désespérées, se replonger en gémissant dans la mer, où elles resteront jusqu'à la consommation des siècles. Telle est la superstition d'aujourd'hui. Entres dans la pauvre cabane du premier pécheur que vous renconlrerea sur la côte, asseyez-vous à côté de lui, à son foyer» et vous apprendrez , en

comparant les longues histoires qu'il vous débitera sur les cavernes de la mer , que ,

depuis Carybde et Scylla, les mêmes faits ont donné lieu à des superstitions aussi différentes que les siècles qui les ont vues naître.

Les Syrèoes , monstrueuses filles d'Achélous et de Calliope , au corps de femme et queue de poisson, au chant mélodieux et perûde , pouvaient plaire aux imaginations grecques et romaines, du temps d'Homère et de Virgile. Mais elles ont été détrônées par les fées et les génies du moyen âge; et puis sont venus les premiers naturalistes qui ont remplacé les unes et les autres, en les dépoétisant, par des évèques , des moines et des capucins. Le naturaliste Rondelet , dans le xvr siècle, a figuré le Moine et VÉvéque dans son Histoire entière des Poissous , avec leurs pourtrails au naïf. « De nos Ire temps en Norluège (Norvège), dit-il, on a pris un monstre de mer, après une grande tourmente , lequel tous ceux qui le virent incontinent lui donnaient le nom de Moine , car il avait la face d'homme, mais rustique et rai- gr a lieuse , la teste rase et lize ; sur les espaules, comme un capuchon de moine, deux longs ailerons au lieu de bras , le bout du corps finissait en une queue large ; le pourtrait sur lequel j'ai fait faire le présent m'a été donné par très illustre dame Marguerite de Valois, reine de Navarre, lequel elle avait eu d'un gentilhomme qui en pourtait un semblable à l'empereur Cbarles-Quint , estant alors en llespagne. Le gentilhomme disait avoir veu ce monstre tel comme son pourtrait le portoit en Nortuege, jeté par les flou et la Uropeste de la mer sur la plage , au lieu nommé Dièze , près d'une ville nommée Denelopock. J'en ai veu un semblable pourtrait à Rome , ne différent en rien du mien. Entre les bestes marines, Pline fait mention de l'homme marin , et de Triton comme choses non feintes. Pausanias aussi fait mention du Triton. •

Il ajoute à propos de l'Évêque: «J'ai veu un pourtrait d'un autre monstre marin , à Rome , où il avait esté envoyé avec lettres par lesquelles on asseurait pour ceruin que, l'an 1531, on avait veu ce monstre en babil d'évesque, comme il est pourtrait, pris en Pologne et porté au roi dudit pays, faisant ceruins signes pour moosirer qu'il

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avait grand désir de retourner en la mer , où estant amené te jeta incontinent dedans. »

Et si tous Toulex en savoir plus long sur ces moines et ces évéques marins, lisez leur histoire dans les ouvrages de leur époque, car on la trouve presque partout. Le Moine , quand on le sortit de Peau , poussa un profond soupir , prouvant les regrets qu'il éprouvait en quittant malgré lui son élément chéri , et il fit plusieurs signes énergiques pour qu'on le laissât 7 rentrer. On reconnut aisément que c'était un abbé du royaume des ondins , à la coiffure qu'il avait sur la tête, coiffure que les uns prirent pour une mitre à la mode du pays sous-marin , les autres pour un capuchon de franciscain. Mais l'opinion de ces derniers ne prévalut pas , sans doute parce qu'elle rapprochait le plus de la vérité. Quant à l'Évéque poisson , il était couché sur le rivage sans dire mot , ce qui fit que les pêcheurs s'aperçurent qu'il ne savait pas parler le suédois , et cela leur parut très singulier; ils pensèrent que probablement il ne connaissait a fond que la langue des poissons, comme il est dit dans son histoire. Ils voulurent le faire lever pour l'emmener à la ville où leur dessein était de le montrer aux curieux pour de l'argent; mais la chose était difficile, car le corps de l'Evéque se terminait en une queue fourchue, à la manière des Marsouins, et il manquait de jambes pour marcher; on le porta donc. Tous les curieux furent édiûés de son air grave et réfléchi , et l'on crut reconnaître quelques signes d'onction a la manière dont il tenait constamment ses mains croisées sur sa poitrine. Ce n'est pas non plus sans admiration que l'on vit comment ses cinq doigts étaient réunis par une membrane souple et mince, qui lui donnait une grande facilité pour nager.

Tels sont les éléments que les premiers naturalistes , tels que Celsius , Aldrovande, Gesner , etc., possédaient pour écrire l'histoire des Phoques; aussi ne faut-il pas s'étonner si, jusqu'à Linné, on ne pouvait parvenir à débrouiller quelque chose de certain sur ces singuliers animaux. Les voyageurs, il est vrai, en mentionnaient un assez bon nombre , mais l'amour du merveilleux présidait plus que la science

1 la rédaction de leurs voyages aventureux , et leurs descriptions mal faites, et la plus souvent mensongères , ne pouvaient être d'aucune utilité aux naturalistes.

Steller, Égède, Crantz , Molioa, Erileben, donnèrent quelques descriptions bonnes ou passables; mais comme les Phoques sont pour ainsi dire dispersés sur toute la surface de la terre, qu'il y en a fort peu de conservés dans les musées d'histoire naturelle, et que ces animaux varient beaucoup dans leur pelage , en raison de l'âge et des sexes, les travaux des naturalistes restèrent imparfaits. Boddaert, et ensuite Péron, en divisant les Phoques en raison de ce que les uns ont une conque extérieure de l'oreille, tandis que les autres n'en ont pas, firent un peu avancer la science; et enfin, Fr. Cuvier, en décrivant les crânes des Phoques qui existent dans le cabinet d'anatomie du Musée, a complété, autant qu'il était possible, l'étude de ces animaux.

Malgré tout cela , nous sommes encore bien loin de l'époque où l'on pourra faire une histoire un peu passable des Phoques , et Fr. Cuvier lui-même, tout en rendant un véritable service à la science , en a rependant retardé les progrès, parce qu'il n'a pu résister à celte malheureuse manie qu'il avait de créer de nouveaux genres, sans aucune nécessité. Il en résulte que , sur de légères différences existant dans l'ostéologie des têtes qu'il a pu examiner , il a ditisé les Phoques en sept genres , sans savoir le moins du monde si les nombreuses espèces qu'il ne connaissait pas pourraient se rapporter à une de ses divisions , ou s'il serait obligé de créer autant de genres , ou à peu près , qu'il y a d'espèces. Fr. Cuvier et la plupart des naturalistes qui ont suivi son école, tout en désavouant le maître, ont toujours mis beaucoup trop d'importance à des différences de formes et de proportions dans les os de la tête , et ils ont agi comme si ces formes et ces proportions ne pouvaient nullement changer ni dans le même genre ni dans la même espèce. Il en résulte que s'ils n'eussent pas connu le Chien , et qu'on leur eût présenté les têtes de leurs nombreuses races , ils en auraient fait autant d'espèces, de genres; et peut-être de familles si on leur eût montré la petite tête ronde d'un Carlin à coté de la longue téta

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d'une Levrette au nez pointu. Quant à nous, nous ne pensons pasqu'un caractère qui n'a nulle importance dans les Chiens , puisse en acquérir quand il s'agit d'autres Mammifère* carnassiers. Aussi ne donnerons-nous les genres de Fr. Cuvier que comme de simples divisions auxquelles nous essaierons de rattacher les espèces connues.

Les Phoques sont des animaux dont l'organisation est fort singulière. Destinés par la nature à passer la plus grande partie de leur vie dans l'eau, des nageoires leur étaient plus nécessaires que des pieds. Leurs bras et avant-bras sont courts et engagés sous la peau de la poitrine ; la main et les doigts , au nombre de cinq , sont au contraire fort longs et engagés dans une membrane , ce qui les fait ressembler tout-à-fait à une nageoire, dont ils remplissent les fonctions. Les pieds de derrière, également palmés, sont étendus le long du corps sous la peau, Jusqu'au talon , et ne laissent paraître que les deux mains attachées à l'extrémité du corps , et leur formant comme une nageoire écbancrée, au milieu de laquelle est une courte queue. Leur corps est allongé , cylindrique, fusiforme , à épine dorsale très souple, très mobile , soutenue par des muscles puissants qui lui donnent une grande force de mouvement.

Généralement ils ont les poils secs et cassants ; mais, dans quelques espèces, sous ces poils s'en trouvent d'autres qui sont doux et soyeux. Leurs lèvres sont garnies de moustaches rudes , à poils plats , noueux , paraissant souvent articulés comme les antennes d'un insecte. Rosentbal regarde ces longues soies comme l'organe du tact chez ces animaux; et en effet, elles sont creuses et tapissées de nerfs à leur base. La téle est arrondie plus ou moins, et les narines ont la faculté de se fermer en se contractant , quand l'animal plonge. Les yeux sont remarquablement grands , arrondis , doux et brillants; les paupières, presque immobiles, ne consistent qu'en un simple bourrelet dépourvu de cils. L'oreille consiste le plus souvent en un simple trou , long de deux lignes (dans le Phoque commun), ayant, comme les narines , la faculté de se contracter et de se fermer hermétiquement quand l'animal plonge. La langue est écbancrée à l'extrémité, comme fourchue , très étroite, très

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mince au sommet, large, épaisse, courte à la base, papilleuse. Le cerveau est très développé et le cervelet très grand ; aussi les Phoques ont-ils beaucoup d'intelligence.

L'estomac a la forme d'un croissant dont les deux extrémités sont tournées en avant , les intestins sont longs et forment de nombreuses circonvolutions ; le caecum est fort court ; le foie très grand , à quatre lobes pointus ; le cœur est ovoïde , placé au milieu de la poitrine, mais cependant plus à droite qu'à gauche. Le poumon a un seul lobe volumineux. Enfin , leur chair est très huileuse , et recouverte d'une épaisse couche de graisse presque liquide, dont on fait de l'huile. Leur sang est très abondant et noirâtre.

Leur squelette ne diffère guère de celui des autres animaux mammifères. Les os des bras et des jambes sont plus courts , ainsi que nous l'avons dit; les apophyses épineuses des vertèbres sont très souples , ce qui leur permet de fléchir le corps et de relever verticalement la téle et la poitrine hors de l'eau , tandis que le reste du tronc nage dans une position horizontale. Ils ont quinze côtes de chaque côté, dix vraies et cinq fausses. Le sternum est composé de dix pièces étroites. Il y a cinq vertèbres lombaires, quatre sacrées et douze caudales. Le bassin est fort long et très étroit; enûn, les pubis, fort allongés, sont, articulés comme chez l'homme.

Pour étudier les mœurs des Phoques , il faut les suivre à travers les écueils et les récifs qui bordent toutes les mers, et jusque sur les glaces éternelles des pôles. Mous les verrons se jouer à travers les tempêtes, sur les vagues irritées, passer presque toute leur existence dans les eaux , s'y nourrir de Poissons, de crustacés et de coquillages, qu'ils pèchent avec beaucoup d'adresse, et ne venir à terre, où ils ne peuvent se traîner qu'en rampant, que pour allaiter leurs petits ou s'étendre et dormir voluptueusement au soleil. Ce sont les meilleurs nageurs qu'il y ait parmi les Mammifères , si l'on en excepte les Cétacés. Un fait extrêmement singulier, mais établi de manière à ne pas pouvoir en douter, est que ces animaux ont l'habitude constante, lorsqu'ils vont à l'eau, de se lester, comme on fait d'un navire, en avalant une certaine quantité de cail-

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loux, qu'ils vomissent lorsqu'ils reviennent eu rivage. Il en est qui recherchent les plages sablonneuses et abritées, d'autres les rocs battus par la tempête; il en est enfin qui se plaisent dans les touffes épaisses d'herbes qui croissent sur les rivages. Ils ne se nourrissent pas exclusivement de Poissons , car lorsqu'ils peuvent saisir quelque Oiseau aquatique , un Albatros, une Mouette, ils n'en manquent guère l'occasion. « L'un d'eux , dit M. Lesson, qui nageait très près de la corvette, se saisit, devant nous, d'une Sterne qui volait au-dessus de l'eau en compagnie d'un très grand nombre de Mouettes. Ces Oiseaux maritimes rasaient la mer, et se précipitaient les nos sur les autres pour saisir les débris de Poissons qui étaient dévorés par le Phoque, lorsque celui-ci, sortant vivement la léte de l'eau, s'efforçait à chaque fois de saisir un des Oiseaox, et y parvint en notre présence. »

Pendant leur séjour à tme, ils ne mangent pas; aussi maigrissent-ils beaucoup.

Même en captivité , pour dévorer la nourriture qu'on leur jette, ils la plongent dans l'eau; ils ne se déterminent à manger à sec que lorsqu'ils y ont été habitués dès leur première jeunesse , ou qu'ils y sont poussés par une extrême faim.

Il faut, quand un Phoque veut sortir de la mer, qu'il choisisse une place convenable, car ces animaux ont autant de peine à avancer sur le sol ferme , que de facilité à se mouvoir dans les ondes. Ils cherchent une roche plate , s'avançant dans l'eau en une pente douce, par laquelle ils grimpent, et qui se termine de l'antre par un bord i pic, d'où ils puissent se précipiter dans les flots à la moindre apparence de danger. Pour ramper, ils s'accrochent avec les mains ou les dents à toutes les aspérités qu'ils peuvent saisir, pub ils tirent leur corps en avant en le courbent en voûte ; alors ils s'en servent comme d'un ressort pour rejeter la léte et la poitrine en avant, et ils recommencent à s'accrocher pour répéter la même opération à chaque pas. Néanmoins, malgré ce pénible exercice, ils ne laissent pas que de ramper assez vite, même en montant des pentes assex roides. Il est étonnant de voir avec quelle adresse ils se cramponnent a un glaçon flottant et très glissant, et parviennent i se hisser dessus pour

se reposer et dormir, sans craindre d'être emportés en pleine mer.

Le quartier de rocher mousseux sur lequel un Phoque a l'habitude de se reposer avec sa famille devient sa propriété relativement aux autres individus de son espère qui lui sont étrangers. Quoique ces animaux vivent en grands troupeaux dans la mer, qu'ils se protègent, se défendent, s'aiment les uns les autres , une fois sortis de leur élément favori, ils se regardent, sur leur rocher, comme dans un domicile sacré, où nul camarade n'a le droit de venir troubler la tranquillité domestique. Si l'un d'eux s'approche de ce sanctuaire de la famille, le chef, ou , si vous aimez mieux , le père, se prépare à repousser par la force ce qu'il regarde comme une agression étrangère, et il s'ensuit toujours un combat terrible, qui ne finit qu'à la mort du propriétaire du rocher ou à la retraite forcée de l'indiscret étranger. Le plus ordinairement c'est la jalousie qui occasionne ces combats; mais il est évident que l'instinct de la propriété y entre aussi pour quelque chose. Jamais une famille ne s'empare d'un espace plus grand qu'il ne lui sst nécessaire , et elle vit en paix avec les familles voisines, pourvu qu'un intervalle de quarante à cinquante pas les sépare. Quand la nécessité les y oblige , ils habitent encore sans querelle à des distances beaucoup plus rapprochées ; trois ou quatre familles se partagent une roche, une caverne, ou même un glaçon, mais chacun vit à la place qui lui est échue en partage , s'y renferme, pour ainsi dire, sans jamais aller se mêler aux individus d'une autre famille.

Ces animaux sont polygames, et chaque mâle a ordinairement trois ou quatre femelles. On en doit rigoureusement déduire que, dans cette espèce, il naît trois ou quatre femelles pour un mAle, ce qui n'est pas commun dans les Mammifères ordinaires, où le nombre des naissances maies balance à peu près celui des naissances femelles. Le chef de famille a beaucoup d'affecuon pour ses femelles, et il les défend avec un courage furieux contre toute agression étrangère. Cest surtout quand elles sont pleines et quand elles mettent bas, c'est-à-dire de novembre en janvier, qu'il redouble de soins et de tendresse pour elles. Cest ordinairement au mois d'avril qu'il s'accouple, sur

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la terre, tur la glace, ou même dans l'eau, •i la mer est calme. La remette ne fait qu'un petit.

A l'époque ou les remettes vont frire leurs petits , le mâle les conduit à terre et leur choisit, à cinquante pas au plus du rivage, une place commode, tapissée d'algues et de aquatiques , pour y allaiter et soileur jeune ramille. Dès qu'une remette a mis bas , elle cesse d'aller à la mer pour ne pas abandonner son enfant nn seul instant; mais cette privation n'est pas de longue durée, car, après douze ou quinze jours, il est en état de se traîner, tant bien que mal , et elle le conduit à l'eau. De quoi vitelle pendant qu'elle est à terre? Voilà une question que n'ont pu résoudre les naturalistes, faute d'observations suffisantes. Quant à moi , j'ai consulté, au Havre , un >t qui , deux rois, avait fait la pèche les dans le Groenland. Tous les renseignements qu'il a pu me donner sont assez insignifiants; cependant il m'a dit vu souvent, à l'époque où les femelles as, des débris de Poissons sur les rochers où elles avaient l'habitude d'allaiter leur petit. J'en ai conclu que le mâle va ar elle et lui apporte sa nourri- Cette hypothèse me parait d'autant plus rationnelle, que les mâles de différents animaux beaucoup moins intelligents que les Phoques en agissent ainsi, et que l'on ne peut pas supposer qu'elle passe quinze jours sans manger, positivement dans le temps de l'allaitement, instant où la nature exige une nutrition plus abondante.

Quand le petit est arrivé à la mer, la femelle lui apprend i nager, après quoi elle le laisse se mêler, pour jouer, au troupeau des autres Phoques , mais sans , pour cela , cesser de le surveiller. Lorsqu'elle prend fantaisie de gagner la terre pour l'allaiter, elle pousse un cri ayant, dans le Phoque ordinaire , un peu d'analogie avec l'aboiement d'un chien, et aussitôt le petit s'empresse d'accourir k sa voix , qu'il reconnaît fort bien. Elle l'allaite pendant cinq ou six i, le soigne pendant fort longtemps; aussitôt qu'il est assez fort pour subvenir lui-même à ses besoins , le père le chasse et le force i chercher un autre lieu pour s'établir.

C'est pendant la tempête , lorsque tes

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éclairs sillonnent un ciel ténébreux, que la tonnerre gronde et éclate avec fracas et que la pluie tombe à flots, c'est alors que les Phoques aiment à sortir de la mer pour aller prendre leurs ébats sur les grèves sablonneuses. Au contraire, quand le ciel est beau et que les rayons du soleil échauffent la terre, ils semblent ne vivre que pour dormir, et d'un sommeil si profond , qu'il est fort aisé, quand on les surprend en cet état, de les approcher pour les assommer avec des perches ou les tuer à coups de lance. A châle sang Jaillit

avec une grande abondance , les mailles du tissu cellulaire graisseux étant très fournies de veines. Cependant ces blessures, qui paraissent si dangereuses, compromettent rarement la vie de l'animal , à moins qu'elles ne soient très profondes; pour le tuer, il raut atteindre un viscère principal ou le frapper sur la face avec un pesant bâton. Mais on ne l'approche pas toujours facilement, parce que, lorsque la famille dort, il y en a toujours un qui veille et qui fait sentinelle pour réveiller les autres, s'il voit ou entend quelque chose d'inquiétant. On est obligé, pour ainsi dire, de lutter corps

car

à corps avec eux , et de les un coup de fusil , quelle que soit la partie ] où la balle tes aurait frappés, ne les empêcherait pas de regagner la mer, tellement ils ont la vie dure. Quand ils se voient assaillis, iU se défendent avec courage ; mais, malgré leur queue terrible, celte lutte est sans danger pour l'homme, parce qu'ils ne peuvent se mouvoir assez lestement pour ôter le temps au chasseur de se dérober à leur atteinte. Faute de pouvoir Taire autrement, ils se jettent sur les armes dont on les frappe, et les brisent entre leurs redoutables dents. Les Phoques ont, entre les muscles et la peau , une épaisse couche de graisse, dont on tire une grande quantité d'huile employée aux mêmes usages que celle de Baleine, et qui a nière l'avantage de n'« vaise odeur.

Quelques espèces de cette famille ont me fourrure plus ou moins grossière, dont néanmoins on fait des habits chef les peuples du Nord. Les Américains emploient les peaus les plus grossières à un lier; ils en i

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les ouvertures, et les gonflent d'air comme des vessies; ils en réunissent une demidouzaine, plus ou moins, les fixent au moyen de cordes , placent dessus des joncs ou de la paille , et forment ainsi de très légères embarcations, sur lesquelles ils osent entreprendre de longs voyages sur leurs grands fleuves et leurs immenses lacs. Avec ces peaux , les Kamtschadales font des baïdarty sortes de pirogues ; ils font aussi de la chandelle avec la graisse, qui en même temps est une friandise pour eux. La chair fraîche de ces animaux est leur nourriture ordinaire, quoiqu'elle soit très coriace et qu'elle ait une odeur Forte et désagréable ; ils en font sécher au soleil , ou ils la fument pour leur provision d'hiver. Les Anglais et les Américains de l'Union sont les seuls peuples, je crois, qui fassent en grand , et sous le rapport commercial , la ebasse des Phoques. Ils entretiennent, chaque année, plus de soiiante navires de 250 à 300 tonneaux au moins, uniquement équipés pour cet objet.

Celte pêche, ou plutôt cette chasse, exige des frais d'armement assez considérables. Nous citerons textuellement , à ce sujet, un article fort intéressant de M. Lesson. « Les navires destinés pour cet armement, dit ce naturaliste voyageur, sont solidement construits. Tout y est installé avec la plus grande économie; par cette raison, les ronds des navires sont doublés en bois. L'armement se compose, outre le gréement, très simple et très solide, de barriques pour mettre l'huile , de six yoles armées comme pour la pêche de la Baleine, et d'un petit bâtiment de 40 tonneaux mis en botte à bord , et monté aux Iles destinées à servir de théâtre à la chasse lors de l'arrivée. Les marins qui font cette chasse ont généralement pour habitude d'explorer divers lieux successivement, ou de se fixer sur un point d'une terre, et de faire des battues nombreuses aux environs. Ainsi, il est très ordinaire qu'un navire soit mouillé dans une anse sûre d'une Ile, que ses agrès soient débarqués , et que les fourneaux destinés à la fonte de la graisse soient placés sur la grève. Pendant que le navire est ainsi dégréé, le petit bâtiment, très fln et très léger, est armé de la moitié environ de l'équipage, fait le tour des terres environnantes en ex-

pédiant ses embarcations lorsqu'il voit des Phoques sur les rivages , ou laissant ça et là des hommes destinés i épier ceux qui sortent de la mer. La cargaison totale do petit navire se compose d'environ deux cents Phoques coupés par gros morceaux , et qui peuvent fournir 80 à 100 barils d'huile , chaque baril contenant environ 120 litres valant à peu près 80 francs. Arrive «î u port où est mouillé le navire principal, les chairs des. Phoques, coupées en morceaux , sont transportées sur la grère, où sont établies les chaudières, et sont fondues. Les fibres musculaires , qui servent de résidu, sont destinées à alimenter le feu. Les équipages des navires destinés i ces chasses sont à part; chacun se trouve ainsi intéressé au succès de l'entreprise. La campagne dure quelquefois trois années, et au milieu des privations et des dangers les plus inouïs; il arrive souvent que des navires destinés k ce genre de commerce jettent des bommes sur une Ile pour y faire des chasses, et vont, 2,000 lieues plus loin , en déposer quelques autres, et c'est ainsi que, bien souvent, des marins ont été laissés pendant de longues années sur des terres désertes, parce que leur navire avait fait naufrage, et par conséquent n'avait pu les reprendre aux époques fixées. L'huile est importée en Europe et aux États-Unis; les fourrures se vendent en chine.

Lorsque le Phoque est pris jeune, il se prive parfaitement, s'attache à son maître, pour lequel il éprouve une affection aussi vive que celle du chien. De même que ce dernier, il reconnaît sa voix, lui obéit, le caresse, et acquiert facilement la même éducation , en tout ce que son organisation informe lui permet. On en a vu auxquels des matelots avaient appris à faire différents tours, et qui les exécutaient au commandement avec assez d'adresse et beaucoup de bonne volonté. A une grande douceur de caractère , le Phoque joint une intelligence égale à celle du chien. Aussi est-il remarquable que, de tous les animaux, il est celui qui a le cerveau le plus développé . proportionnellement i la masse du corps. Il est affectueux, bon, patient; mais il ne faut pas que l'on abuse de ces qualités en le maltraitant mal à propos , car alors il tombe dans le désespoir, et il devient dan-

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g freux. Pour le conserver longtemps et en bonne santé, il est indispensable de le tenir pendant la plus grande partie du jour, et surtout Ion de ses repas , dans une sorte de cuvier ou de grand vase à demi rempli d'eau; la noit , on le fait coucher sur de In paille. Ainsi traité et nourri avec du poisson , on peut le garder vivant pendant plusieurs années. Mais sV a déjà quitté sa mère depuis quelque temps quand on le prend , le chagrin de l'esclavage s'empare de lui; il est triste, boudeur, il reruse de manger et ne tarde pas à mourir.

En nageant, les Phoques lèvent au-dessus de l'eau leur tête arrondie, portant de grands yeux vifs et pleins de douceur ; leurs épaules arrondies paraissent aussi à la surface, de manière que, vus à une certaine distance, on a fort bien pu les prendre pour des êtres extraordinaires , tels que les Syrèoes et les Triions.

L'histoire synonymique de ces animaux est fort embrouillée, et cela vient, ainsi que je l'ai dit plus haut, de ce que très rarement nous devons à des naturalises les observations qui ont été faites sur eut. Cependant nous essaierons, en décrivant et classant leurs nombreuses espèces, de nous rapprocher autant que possible de la vérité.

SECTIOS PREMIÈRE.

Les PHOQUES (Pnoca) proprement dits.

Ils manquent d'oreilles externes; leurs Incisives sont à tranchant simple, les molaires multicuspides; les doigts de derrière terminés par des ongles pointus, placés sur le rebord des membranes qui les unissent.

1" groupe. Les Calocépuales. CaUxephalus, Fr. Cuvier.

Ils ont trente-quatre dents, dont six incisives supérieures et quatre inférieures ; quatre canines et vingt molaires. Leurs mâcbelières sont formées principalement d'une grande pointe placée au milieu, d'une plus petite située antérieurement , et de deux également plus petites, placées postérieurement. Leur crâne est bombé sur les côtés, aplati au sommet; leur crête occipitale consiste en de légères rugosités.

Le Veau suris ou Phoque commun de Buffon, Phoca vitulina Lin., Caloccphalus vi-

I Minus Fr. Cuv. , Phoca liitorea Thien., a environ 3 pieds de longueur (0a,975); il est d'un gris-jaunâtre, couvert de taches , irrégulières noirâtres. Ses couleurs varient d'intensité, selon qu'il est sec ou mouillé. Sortant de l'eau, tout le corps, en dessus, est d'un gris d'ardoise, et couvert, sur les cotés, de nombreuses petites lâches rondes sur un fond un peu plus pâle ou jauuâtre ; les parties inférieures sont de celte dernière couleur. Sec, le gris ne paraît que sur la ligne moyenne, et tout le reste parait jaunâtre. On en connaît une variélé blanchâtre, qui, peut-être, n'est qu'un effet de la vieillesse. 11 se trouve sur les rivages de toutes les mers d'Europe , mais principalement dans le Nord. Il s'accouple en septembre, et met bas un seul petit en juin.

Le Kassiciacx, Phoca vitulina Fabr., Phoca maculala Bodd., me parait en être une variété dont le pelage est gris en dessus, blanc en dessous dans les jeunes, puis d'un gris livide parsemé de taches et, enfin, quand il est adulte, tigré ou varié de noir et de blanc. On le trouve dans les mêmes parages.

Le Phoque lièvik , le Phoque commun de Fr. Cuvier, Phoca leporina Lepech., Caloce* phalus lepotinus Fr. Cuv., a quatre incisives • chaque mâchoire; sa longueur est d'environ 6 pieds 1/2 (2»,tll); les poils de ses moustaches sont épais cl foris, placés sur quinze rangs; les bras sont faibles, les mains petites, la queue courte et épaisse; son pelage est long et peu serré, hérissé, d'un jaune pâle, excepté sur le cou, qui porte une bande transversale noire. Dans sa jeunesse, il est d'un gris noirâtre avec de petites taches plus foncées sur le dos. Il habile les mers boréales, la Baltique et les côtes d'Europe. Souvent on l'a vu vivre en servitude , et l'on a pu remarquer qu'il mange sous l'eau, souffle comme les Chats quand on l'inquiète , et ne cherche pas à mordre, mais à égratigner. C'est sur celte espèce et la précédente que l'on possède le plus grand nombre d'observations précises.

Le Phoque marbré , Caloccphalus discolor Fr. Cuv., pourrait bien n'être qu'une variété du Veau marin ou Phoca vitulina. Sa taille est la même; son pelage est d'un gris foncé, veiné de lignes blanchâtres, irrégulières, formant sur le dos et sur les flancs une sorte

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de marbrure. On le trouve fur les côte» de r France, et je l'ai vu plusieurs fois en caplir vilé entre les mains de saltimbanques. Ses - mœurs paraissent douces, et son intelligence très développée. Lesson le regarde comme une espèce distincte.

< Le Phoqde a queue blanche, Phoca albicauda Desm. , Phoca Utgurus G . Cuv. , phoca pelagi Less., CalocephaluslagurusV. Cuv., a 3 pieds 1/2 de longueur (1",165); il est d'un gris cendré et argenté en dessus, avec des taches éparses et d'un brun noirâtre; les flancs et te dessus sont d'un cendré près* que blanc; sa queue, mince et longue, est d'un beau blanc ; les ongles sont noirs, robustes; les moustaches médiocres, en partie blanches et en partie noirâtres, et gau Frics comme dans le Phoque commun. Il habite les côtes de Terre-Neuve.

L'Atak ou Pboque du Groenland , Phoca Groenlandica Fabr., Phoca Mulleri Less., Calocephalus Groenlandicus Fr. Cuv., à raâchelières petites et écartées, n'ayant, à la mâchoire supérieure, qu'un seul tubercule en avant ou en arrière du tubercule moyen. Il a trente-buit dents , six incisives en bas et quatre en haut, selon M. Lesson. Sa taille moyenne est de 6 pieds (l",949) ; le pelage des mâles adultes est blanchâtre, avec le front et une tache en croissant noire sur chaque flanc; la tête du mâle est entièrement noire. Les jeunes sont tout blancs en naissant, puis ils prennent une teinte cendrée avec de nombreuses taches sur les par* tics inférieures du corps. Il se trouve sur les côtes du Groenland et de la Nouvelle Zemble, et on le rencontre aussi sur les bords de la mer Blanche, mais seulement en hiver. Ces animaux s'accouplent en juin, et les petits, rarement au nombre de deux, naissent en mars et avril.

Le Kexalit, Phoca oceanica Lepccta., Caloccphalus océaniens Less., me parait étro une variété du Groenlandica. Il a quatre incisives à chaque mâchoire; le pelage du mâle est d'un gris blanc marqué d'une grande tache brune sur les épaules d'où part une bande oblique qui s'étend sur les flancs jusqu'à la région du pénis; sa tête est d'un brun marron tirant sur le noir; les ongles de sec pieds de devant sont robustes. Il se trouve dans les mêmes localités.

L UaiscE ou grand Phoque, de Buflon,

Phoca barbota Desm., Fabr., Phoca major Pers., Phoca Parsonsii Less., Calocephalut barbatus Fr. Cuv., VUrksuk takkamugak et le Terkigluk des G roén landais; le Gramselur d'Olaf., «communément 10 pieds de longueur (3",248); sa tête est longue, son museau très élargi, et ses lèvres lâches; la femelle a quatre mamelles; ses yeux sont grands, à pupille noire ; ses mains antérieures ont le doigt du milieu très long. Son pelage varie beaucoup; il est assez épais el d'un gris enfumé dans les jeunes, clair-semé et brun dans les adultes, et d'un noir foncé dans l'âge avancé. Chez les vieux miles, la peau est presque entièrement nue. Il habite la haute mer près du pôle boréal, et se rend à terre au printemps. I.a femelle ne fait qu'un petit qu'elle met bas sur les glaces flottantes, vers le mois de mars. Les Groêolandais estiment beaucoup celte espèce pour sa chair, sa graisse el ses intestins, qu'ils regardent comme un excellent mets , et pour sa peau , dont ils s'habillent.

Piioqce ok Tiiicnkiiaxk, Phoca Thienemanm'i Less., Phoca scopulicola Thien., Calccephalus scopulicolus Less., a 6 pieds de longueur (t»,949) ; son pelage est noir sur le dos, vert sous le ventre et sur les flancs, ces derniers marbrés de noir près du dos, et de gris près du ventre. Il se trouve sur les côtes d'Islande.

Le Puoqiie leucopl A ,Phoca leucopla Thien , se trouve sur les mêmes côtes que le précédent. Il est entièrement vcrdâlre, avec une teinte grisâtre sur te dos.

2* groupe. Les Haucjiobes. Ilalicharus , liornsch.

Ils ont trente-quatre dcnU, toutes coniques, recourbées, les inférieures égales, courtes, séparées également par un intervalle vide; les deux incisives externes d'en haut simulant des canines et marquées d'un canal étroit à leur partie postérieure, les quatre intermédiaires plus longues et égales entre elles; les canines inférieures rapprochées, sillonnées en arrière et en dedans, Rengageant dans un intervalle des canines supérieures qui sont semblables; molaires triangulaires , les supérieures convexes sur leur face externe, recourbées, les troisième et quatrième les plus grandes, les inférieures pyramidales , les deuxième et troisième

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plus grandes. Ongles plus longs et ptus recourbés que dans les autres Phoques. Ce genre paraîtrait faire le passage des Phoques aux Morses.

Le Neitsk, Phoca Schreberi Less.» Phoca fœtida Mull., Phoca hispida Schreb., Phoca annulala Wils., Çaloccphalus hispidus Fr. Cuv., Halichœrus hispidus Less., le Phoque tieitsoak de Buflon. Il a 4 ou 5 pieds (t",299 à lm,624) de longueur; sa tête est courte, arrondie; ses yeux sont très petits, à pupille blanchâtre ; son pelage est très épais, mou, très long, hérissé, fauve, à fla m mettes blanches sur le corps; le dessous est blanc, parsemé de taches rares et fauves sur le ventre. Les jeunes ont le dos d'un cendré livide, et te ventre blanc et sans taches. Les vieux mâles exhalent une odeur fétide et insupportable. On les trouve sur les côtes de la Suède , du Groenland, et probablement dans toutes les mers polaires.

Le Phoque gris, Phoca annellata Nills., Phoca cucullata Bodd., Phoca gryphus Fab., Phoca œnotensis Pall., Halichœrus griseus Hornscb., a le pelage composé de deux sortes de poils : celui de dessous est blanc, laineux et court; celui de dessus est long de 2 pouces (Om,054), soyeux, d'un gris plombé sur le dos, blanc sur le reste du corps. Comme le précédent, on le trouve dans les mers du pôle nord et sur les cotes de la Poméranie.

S* groupe. Les Sténorb ynqoes . Stenorhynchus, F. Cuv.

Ils ont trente-deux dents ; savoir : Quatre incisives à chaque mâchoire; quatre canines et vingt molaires; les dents sont composées, à leur partie moyenne, d'un long tubercule cylindrique, recourbé en arrière, et séparé des deux autres tubercules un peu plus petits, l'un antérieur et l'autre postérieur, par une profonde échancrure; leur museau est très proéminent, et ils ont de très petits ongles aux pieds.

Le Phoque de Hom, Phoca Homei Less., Phoca lepionyx Blainv., Stcnorhynchus leptonyx Fr. Cuv. , a 7 pieds de longueur (2-,274), et rarement 9 (2m,924) ; son peiage est d'un gris noirâtre en dessus, passant au jaunâtre sur les côtés, à cause des petites taches qui s'y trouvent; les flancs , le dessous du corps, les pieds et le dessus des yeux sont d'un jaune gris pâte; ses

moustaches sont simples et courtes. Il habite, dit-on, les lies Malouines et la Nouvelle-Géorgie.

Le Phoque Léopard, Phoca longicoUit Show, Sea Léopard Wedd. , Stenorhynchus Wedelli Less., a beaucoup de ressemblance avec le précédent. Son cou est allongé, sa tète très petite, son pelage court, lustré, ras, d'un gris pâle ou ardoisé, par semé, en dessus, d'un grand nombre de taches arrondies et blanchâtres, en dessous de taches semblables, mais jaunâtres. Il vit sur les glaces , et n'habite que les hautes latitudes des Orcades australes et du Shetland.

4' groupe. Les Pelages. Pelagius, Fr. Cuv.

Ils ont trente-deux dents, dont huit incisives, quatre canines et vingt molaires; les incisives supérieures sont éebancrées transversalement à leur extrémité, les inférieures sont simples. Les mâchelières sont épaisses et coniques, n'ayant, en avant et en arrière, que de petites pointes rudimentaires. Leur museau est élargi et allongé à son extrémité, et le chanfrein très arqué.

Le Moine , Phoca monachus Herm., Phoca bicolor Shaw, Phoca albiventer Bodd., Phoca leucogaster Péron ; le Phoque à ventre blanc, Bufl*.; Pelagius monachus Desm., a de 7 à 10 pieds ( 2*,274 à 5",2*8) de longueur; son pelage est ras , court et très serré, entièrement noir en dessus , avec le ventre blanc; ses moustaches sont lisses.

Cet animal est fort intelligent et s'apprivoise très bien ; il devient docile, afïectueux, et il obéit au commandement de son maître comme pourrait le Taire le Chien le mieux dressé. Il est commun dans la mer Adriatique, et se trouve aussi, dit-on, sur les côtes de la Sardaigne. J'ai ai vu un qui vivait depuis deux ans en servitude, et qui pa • raissait ne regretter nullement sa liberté. Il avait 6 à 7 pieds de longueur (2",025 à 2m,350); on le nourrissait exclusivement de poisson, qu'il mangeait toujours au Tondtde l'eau du cuvier où on le tenait le jour. Plusieurs fois son maître l'a lâché dans des étangs et même de grandes rivières (la Saône), et il revenait aussitôt qu'il l'appelait en sifflant.

5e groupe. Les Stebjmatoks. Stemmalopus , Fr. Cuv.

Ils ont trente dents , savoir : quatre ibei-

sives supérieures et deux inférieures ; quatre canines et vingt molaires. Leur tête est surmontée d'un organe bizarre en forme de sac dilatable , dont l'usage est absolument ignoré; leurs màcbelières sont à racines simples, courtes et larges, striées seulement à leur couronne ; leur museau est étroit et obtus ; leur crâne développé.

Le Nesaibsalik ou Capucin , Pkoca cristata Gmel. , Phoca Iconina Fabr. , Phoca mitrata Camper , Stemmatopus crislatus Fr. Cuv. , Cyslophora borealis Nills. , le Phoque à capuchon G. Cuv., le Nesaursalik et le Kakortak des Groenlandats. Il a environ 7 à 8 pieds de longueur (2",27 1 à 2", 599); il porte sur la tète, lorsqu'il est adulte, une sorte de sac caréné en dessus , mobile , et dont il peut se couvrir le nez et le museau quand il le veut ; ses narines sont dilatables , au point qu'elles ressemblent à des vessies quand elles sont gonflées. Les femelles n'ont pas ce singulier organe. Son pelage est long, laineux près de la peau, entièrement blanc dans le jeune âge, d'un gris brun en dessus et d'un blanc d'argent en dessous; à ràge adulte il est quelquefois parsemé de lacbes grises. Il babiie les côtes septentrionales de l'Amérique et du Groenland. En mars, la femelle met bas un seul petit sur les glaçons, et d'avril en juin ils m rendent à terre.

6* groupe. Les

Fr. Cur.

Ils ont trente dents, savoir : quatre incisives supérieures et deux inférieures, crochues comme les canines, mais plus petites; quatre canines fortes ; vingt molaires, dont les racines sont simples, plus larges que les couronnes qui imitent un mamelon pédiculé.

Le Miooiorao ou Phoqce a nom , Phoca coxii Desm. , Phoca leonina Lin.; le Lion

: marin , Coxe; le Lion de mer, Anson; le Phoque à trompe, Péron; Jf irounjjfa pro-

, boscidea Gray , Macrorhinus proboscideus Fr. Cuvier; le Lame, Molina; le Phoque à

1 museau ridé, Forst.; V Éléphant marin, Péron.; le Macrorhin de Vile Saint-Paul, Jard. des Plantes. Cet animal atteint jusqu'à 25 ou 30 pieds de longueur ( 8 à 10 mètres), sur 15 à 18 de circonférence (a",872 à 5m,847), si Ion s'en rapporte

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aux voyageurs. Son pelage est ras , grôâue ou d'un gris bleuâtre, quelquefois d'un brun noirâtre , rude et grossies ; ses yeui sont très grands, proéminents; les poils de ses moustaches sont rudes et contournés es spirale; ses canines inférieures, fortes et arquées, sont saillantes hors des lèvres; les ongles des mains sont très petits , et sa queue courte est très apparente. La nature semble s'être plue i parer beaucoup d'animaux , mais seulement pendant le tempo des amours , d'une robe de noce plus ou moins brillante, plus ou moins singulière Dans les Oiseaux ce sont des couleurs vires et tranchantes , des crêtes, des aigrettes; dans les Salamandres , ce sont des membranes dorsales agréablement découpées et nuancées de mille couleurs variées : elle n'a pas oublié le Phoque dont nous parlons ici, mais la parure qu'elle lui a dévolue est au moins fort bizarre. Elle consiste en un prolongement du nez , en forme de trompe membraneuse et éreclile, molle, élastique, ridée, longue quelquefois d'un pied (0",525) , et ayant beaucoup d'analogie avec celte longue crête qui pend sur le bec d'un Coq d'Inde; cette trompe manque à la femelle etaux jeunes avant l'âge adulte, et, du moins je le crois , au mâle même lorsque la saison des amours est passée. Je suppose que c'est à cette particularité que l'on doit la grande confusion qui règne dans la synonymie de ce groupe de Phoques, confusion que je tâcherai de diminuer en me basant sur ce principe.

C'est principalement sur les plages de toutes les lies désertes de l'hémisphère austral que l'on rencontre les Miouroungs. Ils y vivent en troupes de centdnquanle à deux cents individus ; comme cet animal craint également la chaleur et l'excès du froid , il émigré régulièrement pour aller passer l'été dans le nord de la zone qu'il habite, et l'hiver dans le sud. Pendant les quatre premiers mois de l'année il quitte peu la mer, où il se nourrit de Poissons, de Mollusques et de Crustacés ; alors il devient tellement gras qu'il n'est pas rare de lui trouver entre la peau et les muscles une couche de graisse huileuse ayant jusqu'à neuf pouce» (0m2U) d'épaisseur; les Américains retirent souvent une énorme quantité d'huile d'un seul individu, dont le poids de la chair seu-

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lcmenl est de mille kilogrammes. Cet animal est d'un caractère doux , paisible , et surtout d'une grande indolence. Lorsqu'il dort sur la terre , mollement étendu sur un lit de varecs , il est extrêmement facile de l'approcher, car, même lorsqu'il se réveille et voit le chasseur armé de sa longue lance, sa paresse ne lui permet ni de fuir ni de se défendre , ce qui le rend facile à tuer d'un seul coup qu'on lui porte au cœur. Dans le temps des amours il n'en est pas de même ; il emploie une activité extraordinaire , et il serait dangereux de l'approcher. Le rut a lieu dans le mois d'octobre, et les mâles se livrent alors des combats furieux pour s'approprier chacun le plus de femelles qu'ils peuvent. Le plus fort fait son choix , compose à son gré son harem et se retire; le combat recommence, et, enfln, les mâles les plus faibles restent sans femelles, mais bientôt les vainqueurs se lassent de leurs conquêtes et les abandonnent aux vaincus. Chaque femelle fait un ou deux petits qu'elle allaite pendant deux ou trois mois.

Molina pense que la trompe du Miouroung lui sert d'armes défensives pour parer en partie les coups qui , sur le nez , lui sont toujours mortels. « Ses oreilles, dit-il, paraissent au premier coup d'oeil tronquées, mais en les examinant attentivement , on s'aperçoit qu'elles s'élèvent à quatre ou cinq lignes, elles ressemblent aux oreilles du Chien. La femelle est un peu plus petite que le mâle , etc. Ces Lames habitent de préférence les lies Juan Fernandès , la côte des Arauques, l'archipel Chiloë, et le détroit de Magellan. Ils vivent presque toujours en société , pendant l'été dans la mer, au commencement de l'hiver sur les cotes, où ils font leurs petits. Ils s'accouplent de la même manière que les Urignes , et font autant de petits qu'eux. Lorsqu'ils sont a terre , ils cherchent les bourbiers, dans lesquels ils se vautrent , et on les 7 trouve souvent endormis. Pendant leur sommeil , l'un d'eux, monté sur une hauteur, fait sentinelle et avertit les autres en cas de danger par des hurlements affreux. Ce Phoque , comme le plus gros de tous, produit aussi le plus d'huile; lorsqu'il marche, on aperçoit le mouvement de la graisse à travers sa peau.

Le MinousGA , Phoca Ansonii Desm. , Mirounga Ansonii Gray, Macrorhinus Ansonii Lesson. Cette espèce, si c'en est réellement une , est moins grande , à pelage d'un fauve clair et à ongles des mains plus robustes. Elle habite plus particulièrement l'Ile Juan-Fernandez et les lies Antarctiques.

Le Phoque de Biro*, Phoca Bironii Blain., Mirounga Bironii Gray , Macrorhinus Bironii Lesson. Celte espèce ne repose que sur le squelette d'une tête observée par M. de Blainville,dans le cabinet d'Hun ter, à Londres. Elle a six incisives supérieures, dont la seconde extérieure est plus forte que les autres et ressemble à une canine ; les crêtes occipitales et sagittales sont très saillantes, ainsi que l'apophyse mastotde. L'animal avait été trouvé sur les côtes des lies Marianes.

Le Phoque des patagohs , Phoca patagonica Fr. Cuv., Mirounga patagonica Griff , Macrorhinus patagonicus, me semble ne pas être très différent du précédent, et n'en être qu'une variété. Voir Mém. du Mus. , XI, pl. 13. Il se trouve aux terres de Feu et sur les rives glacées du détroit da Magellan.

7* groupe. Les Aictocephales. Arctocophalus, Fr. Cuvier.

Us ont trente-six dents , savoir : six incisives supérieures, dont les quatre moyennes sont profondément échancrées dans leur milieu, et quatre échancrées d'avant en arrière ; quatre canines ; douze molaires supérieures et dix inférieures. Les mâcbelières n'ont qu'une racine moins épaisse que la couronne, consistant en un tubercule moyen , garni à sa base, en avant et en arrière, d'un tubercule beaucoup plus petit. Les mains de ces animaux sont placées très en arrière, ce qui leur fait paraître le cou fort allongé; les pieds ont leur membrane à cinq lobes dépassant les doigts; leur tête est surbaissée et leur museau rétréci.

L'Orjas maris , Buffon ; Phoca ursina Lin., Ursus marinus Steller, Arctocepha lus ursinus Fr. Cuvier; est long de quatre à six pieds ( 1",299 à 1B,949 ), mince, à tête ronde et gueule peu fendue , avec des yeux proéminents, et de longues moustaches ; ses oreilles sont pointues et coniques;

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son pelage est composé de deux sortes de poils : celui de dessous court, ras, doux et satiné, d'un beau roux; celui de dessus plus long , brunâtre , tacheté de gris foncé. Il habite les côtes du Kamschatka et des tles Aléouitennes. Il ce platt au milieu des rochers et des récite , sur les côtes les plus exposées à la tempête , et ses mœurs sont extrêmement sauvages. La finesse de son odorat l'avertit à une très grande distance de l'approche des chasseurs, ce qui les rend très difficiles à prendre. Cependant on le recherche beaucoup , parce que sa fourrure, assez douce, est très estimée des Chinois.

L'Oors oBHEn.Forster; Phoca Forsteri Less. , Arctocephalus lobatus Gray , n'est peut-être, ainsi que le pensait Forster, qu'une variété du précédent, ayant subi les influences d'un climat différent. C'est le Phoque à fourrures des pêcheurs américains et européens. II est ordinairement brun , et tire un peu sur le rouge lorsqu'il commence à vieillir. La qualité de sa fourrure, dit Lesson, ne diffère de celle des Castors , que parce que les poils ou le feutre soyeux qui la composent sont plus courts. Mais cependant cette fourrure est grossière sur le dos et sur le cou , et ce n'est que sous le corps , et notamment sur le ventre , qu'elle prend cette finesse et le moelleux qui la font rechercher. Les crins qui couvrent le corps et qui dépassent le feutre sont toujours arrachés. Pour cela, on chauffe doucement la peau, et on la ratisse fortement avec un large couteau de bois façonné à cet effet. Débarrassée des longs poils, la fourrure acquiert alors toute sa beauté, et se vend assez cher (12 francs). On en fait des chapeaux superfins, des garnitures de robes , des manteaux, etc. Cet animal habite l'océan Pacifique austral , les caps Horn et de Bonne-Espérance, la terre de Diemen.etc.

8* groupe. Les Platyrhtnques. Platyrhynchus, Fr. Cuv.

Ils ont le même système dentaire que les précédents, mais les incisives sont pointues, et les mlcbelières n'ont de pointe secondaire qu'A leur partie antérieure ; leur crâne est très élevé et leur museau élargi.

Le Lion *A*mt Steller; Phoca jubata Bchreb., Otaria teonina Pér., Olaria jubata

Desm. , Otaria pernetlyi Less. Le jeune est le Phoca californica Less., Platyrhynchus teoninus Lesson. Si l'on en croit Pernetty, il est long de douze pieds (3",898) et il en atteindrait quelquefois jusqu'à vingt-cinq (8",l2l). Son pelage est fauve; i ses moustaches sont noires; le mâle porte sur le cou une crinière épaisse qui lui descend jusque sur les épaules. Sa tête est assez petite , semblable à celle d'un Dogue , avec le nez un peu relevé et comme tronqué a son extrémité. II habite l'océan Pacifique boréal , le Kamschatka , les Kouriles , la Californie.

Le Lion marin , Phoca ïconina de Molina, nommé par les Indiens du Chili Thapel-larne (Lame à crinière), ne serait-il pas delà même espèce? Quant à la crinière, à la couleur générale et à la grandeur , la description de Molina s'accorde fort bien avec celle de Fr. Cuvier, mais ce dernier, ainsi que Lesson , assigne à cet animal trentesix dents , et Molina vingt-quatre. Quoi qu'il en soit , voici ce qu'en dit le naturaliste du Chili : « Il est couvert d'un poil jaunâtre, assez court, depuis l'épaule jusqu'à la queue ; mais près de la tête, et sur le cou , ce poil est aussi long que le poil de chèvre , et forme une crinière très visible , qui distingue ce Phoque de tous les autres ; sa tête ressemble encore à la tête du Lion ; il a le nez large, comprimé, et sans poils depuis le milieu jusqu'à la pointe; ses oreilles sont presque rondes et s'élèvent d'environ sept ou huit lignes; il a les yeux vifs, avec une pupille verdàtre; la lèvre supérieure est garnie de moustaches blanches, disposées comme celles des autres Phoques. Sa bouche est bien fendue et pourvue de trente-quatre dents blanches comme de l'ivoire ; elles sont grosses et solides , etc. Les pattes de derrière ressemblent à celle de l'Urigne , excepté que le Lion marin a ses doigts palmés. Les pieds de devant sont très couru relativement à la masse du corps ; ils se divisent vers l'extrémité en cinq doigts , terminés par des ongles qui sont unis par une membrane. La queue est d'environ neuf pouces , ronde et de couleur noire.

Quoi qu'il en soit, le Lion marin de Steller aie caractère doux et timide, il vit de poissons, d'oiseaux d'eau qu'il surprend avec

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adresse, et quelquefois d'herbes. La femelle, pour faire ses petits , se cache dans les roseaux, où elle les allaite. Chaque jour elle va à la mer , et gagne sa retraite le soir. La chair de cet animal est mangeable ; son huile est utile , et si peau est excellente pour des ouvrages de sellerie.

Le Pboqck a cura , ou petit lion «abin , Phoca molossina ; — Platyrhynchus molossinus Less. , Otaria molossina Lesson.

Celte espèce a de quatre à huit pieds de longueur ( 1",299 à 2",599) ; son pelage est d'un roux uniforme , ras sur toutes les parties du corps; les poils de ses moustaches sont aplatis, d'un brun rouge , à extrémité noire; les mains manquent d'ongles , et les pieds en ont trois assez gros. La tête est petite , arrondie; les oreilles sont petites, pointues , roulées sur elles-mêmes. Elle habite les Matou ines.

Le Platyrhynque, ou Otarie de Guérin, Platyrhynchus Uraniœ Less. , ne me parait pasdiiïérer assez du précédent pour en faire une espèce ; cependant Quoy et Gaimard lui donnent six incisives en haut et quatre en bas ; quatorze molaires supérieures et douze inférieures. Son pelage est brun , ras; son museau aplati, portant cinq rangs de moustaches; sa taille est d'environ cinq pieds ( i-,530 ). Comme le précédent , il habite les Iles Malouines. Il reste à savoir si ses dents ont été bien observées.

Le Phoque umgne , Phoca lupina Molina , Plathyrhynchus flavescens Pœping , a été observé pour la première fois par Molina. Voici ce qu'en dit cet auteur : « Les Français et les Espagnols nomment cette espèce Loup marin. Il varie pour la grosseur et la couleur du pelage. Sa longueur est de trois, de six et de huit pieds. Son pelage est brun , gris, quelquefois blanchâtre, composé de deux sortes de poils , l'un doux comme celui du bœuf, l'autre plus dur ; la tète est grosse, ronde, et ressemble à celle d'un Chien auquel on a coupé let oreilles près de la peau. Son nez ressemble i celui du veau ; le museau est court, obtus ; les deux lèvres sont égales , la supérieure un peu cannelée comme celle du Lion. Il • quatre doigts à chaque patte de devant, ce qui le dislingue des autres Phoques; ses pattes de derrière en ont cinq. Sa queue a trois pouces de longueur. Lorsqu'ils s'accouplent , ce qui

se fait ordinairement à la fin de l'automne, ils s'appuient sur jes pattes de derrière et s'embrassent avec les nageoires. La femelle met bas au printemps et Tait un, deux, ou, mais rarement, trois petits. Us marchent très mal sur la terre et se traînent plutôt d'un endroit à l'autre; il serait cependant très imprudent de s'en approcher, car, quoique lourds et pesants en apparence , leur cou a beaucoup de flexibilité, et l'on s'exposerait toujours aux morsures de leurs dents terribles. Lorsqu'ils voient passer quelqu'un près de l'endroit où ils sont couchés , ils ouvrent la gueule tellement, qu'une boule d'un pied de dia-' mètre y entrerail aisément. La voix des vieux Urignes peut être comparée au mugissement des taureaux ou au grognement des cochons. Ces Phoques ne peuvent pas rester longtemps sous l'eau ; on les voit souvent sortir la tête pour respirer ou pour prendre quelque Pingouin , ou autre Oiseau aquatique dont ils sont très friands. Les jeunes bêlent comme des agneaux. Les Chiliens font avec la peau de ces animaux des sortes de radeaux sur lesquels on peut passer les rivières et pêcher à la mer. On en prend deux que l'on gonfle d'air; on attache sur ces ballons plusieurs traverses de bois sur lesquelles une ou plusieurs personnes peuvent s'asseoir. On en prépare une sorle de maroquin à gros grains, surpassant le maroquin en bonté; on en fait encore des souliers et des bottes imperméables à l'eau. Les habitants de l'archipel de Chiloë font un commerce considérable d'huile d'Urigne ; elle est préférée à l'huile de Baleine. On trouve souvent, dans l'estomac de ces animaux , des pierres de plusieurs livres. •

Section deuxième.

NOTARIES proprementdiU.Ofarta,Péron.

Ils ont une conque extérieure de l'oreille enroulée, et recouvrant son oriQce ; les dents incisives sont à deux tranchants ; les molaires espacées et coniques. Les pieds antérieurs en nageoires , placés au milieu du corps et sans ongles.

9' groupe. Les Otabiks. Otaria, Pérou.

Le petit Phoqub Nom , Buû*. ; Phoca pusilla Linn., Phoca parva Bodd., YOtarit do l'Ile d* Rotlnest, Péron; Otaria pusilla

m pno

PHO

Less. , Otaria Peronii et nigra Desm. , V Otarie deDelalande, Fr. Cuv. ; le Loup marin , Pages. Il a de deux à quatre pieds de longueur (0",650 à 1*299). Ses oreilles sont pointues; ses pieds de derrière n'ont d'ongles apparents qu'aux trots doigts du milieu, et sont terminés par une membrane è cinq festons ; sa couleur est généralement noirâtre ; son pelage est doux et ses moustaches rondes et lisses. Il habite la Nouvelle- Hollande.

L'Otarie de Delalarde, Otaria Delalandii, G. Cuvier, a trois pieds et demi de longueur (l',137); son pelage, doux, fourré, laineux à la base, a la pointe de ses poils annelée de gris et de noirâtre, ce qui lui donne une teinte d'un gris-brun roussâtre; le ventre est d une couleur plus pâle. Il a été apporté du cap de Bonne-Espéraucc par M. Delalande.

L'Otamk d'Hanvills , Otaria Hanvillii G. Cuv., Otaria de Péron , de Blainville ; a quatre pieds dix pouces ( 1",535 ) de longueur ; il est d'un gris foncé et cendré en dessus ; blanchâtre sur les flancs et sur la poitrine; il a sur le ventre une bande longitudinale d'un brun roux, avec une autre transversale et noirâtre, allant d'une nageoire à l'autre. On le trouve aux Malouines. C'en peut-être à celui-ci qu'il faut rapporter les espèces suivantes :

Le Cochon de mer , Phoca porcina Molina. On ne le connaît encore que par le court passage de Molioa : « Il ressemble à l'Urigne pour la figure . le poil et la manière de vivre; il en diffère cependant par le museau, qui est plus allongé et qui ressemble au groin d'un Cochon; il a eucore les oreilles plus relevées, les pattes de devant divisées en cinq doigts bien distincts , quoique couverts par une membrane. Ce Phoque ne se rencontre que rarement sur la côte du Chili.

L'Otarie jaunâtre , Otaria (lavescens Desm. , Pftoca flavescens Shaw , du détroit de Magellan. Il est long de 1 à 2 pieds (0<",325 à 0m,650). Son pelage est d'un jaune pèle uniforme; 6es oreilles sont longues; ses mains manquent d'ongle*, et il y en a trois seulement aux doigts moyens des pieds.

L'Otario couronné , Otaria coronala Blain v. , Phoca fasciata Shaw, a le pelage noir, taché de jaune, avec une bande de cette cou-

leur sur la tète et une tache sur le museau. Il a cinq ongles aux pieds de derrière. Sa patrie est inconnue.

L'Otarie a cou blanc, Otaria albicollis Péron. Ha 8 ou 9 pieds de longueur (2™, 27 4 à 2™, 925). Ses membres antérieurs sont situés fort en arrière , et il a une grande tache blanche sur la partie moyenne et su- 1 périeure du cou. Il habite la Nouvelle- Hollande.

L'Otarie des îles Falkland, Otaria fakklandica Desm., Phoca falklandica Shaw. Il a environ 4 pieds de longueur, le nez court, la lèvre supérieure munie de moustaches noires; ses oreilles sont courtes, velues et pointues ; ses incisives supérieures marquées d'un sillon transversal, les inférieures ayant aussi un sillon, mais dans un sens opposé ; les palmures des pieds dépassent les doigts. Le pelage est d'un gris cendré, nuancé de blanc terne. 11 habite les Iles Malouines.

L'Otarie cendré , Otaria cinerea Péron, a de 9 à 10 pieds (2™, 923 à 3"\248) de longueur; son pelage est dur, d'un gris cendré. Il habile la Nouvelle Hollande , sur les côtes de l'Ile Decrès.

L'Otarie de Milbert , Otaria Milberti G. Cuv., a 3 pieds 8 pouces (0-,975) de longueur, à peu près ; il est d'un gris cendré en dessus et blanchâtre en dessous. Il habite les mers australes.

10* groupe. Les Incerta sedix.

Si j'avais prétendu mettre une complète certitude en rapportant à chaque groupe l'espèce qui lui appartient, c'est ce dixième groupe des Incertat sedis qui renfermerait le plus grand nombre de Phoques ; car, dans l'état présent de cette branche de la science, on est forcé de marcher en tâtonnant au milieu d'une confusion absolument inextricable, et, probablement pour longtemps encore. Fr. Cuvier, en créant des genres nombreux sur quelques squelettes qu'il avait à sa disposition, ne s'est nullement embarrasse de rapporter à ses nouveaux genres les espères qui pouvaient leur appartenir, et en rela il a agi comme beaucoup de naturalistes qui , pour l'amour-propre de paraître créateur d'une ombre de classification, relardent le progrès au lieu de le faire a>ancer. Tout ce qu'on a stagné à ce travail des

PHO

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